Bon, certaines ont peut-être remarqué que j'étais plus douée en français qu'en maths… ça fait trois semaines que je vous ai abandonnées, et pas deux ! Mais la date de mon retour était juste, au moins ! Et si ce ù%§¤£ de site n'avais pas bugué une fois de plus, j'aurais bien mis ce chap en ligne le 9 mai !
Donc :
Popo : heu, oui, voilà, tu vas enfin pouvoir lire la suite de la GRANDE discussion où les choses vont peut-être un peu se gâter !
Marina63 : merci, et à l'avenir, tu ne devrais plus attendre aussi longtemps entre deux chapitres !
Lily01 : merci, ton commentaire est super flatteur !*rougis*. Mon objectif serait le zéro faute, mais j'ai beau me relire, il y en a qui passent au travers et qui ne me sautent aux yeux que quand j'ai posté le chap.. . Mais j'ai deux corectrices de choc sur le coup, ça devrait s'améliorer ! Ah, et bon retour parmis nous, j'espère que tes exams se sont bien passés !
Et, (transition de pro), une gande pensée pour toi, Butterfly, qui plonges joyeusement dans les partiels aujourd'hui ! Courage !
CHAP 36 UNE MERE EN COLERE
Louis examina son fils en fronçant les sourcils.
« Oh mon Dieu, je n'aime pas du tout la tête que tu fais, toi… », soupira-t-il, ayant compris la précédente leçon. « Alors, qu'est-ce que tu vas nous apprendre, encore ? » dit-il en se tournant cette fois vers sa fille.
- - Argh. - -
« Et bien, il s'avère que la mère de Matthew en est une. Enfin, à moitié…
- Une quoi ?
- Une vampire. A moitié, seulement, hein ! » répéta Johanna, comme si elle pouvait diminuer d'autant l'horreur de sa révélation.
Gabrielle prit la bouteille de bière de la main de son fils et but trois gorgées, tandis que son mari fermait les yeux en se pinçant l'arrête du nez.
Terriblement mal à l'aise, Johanna se trémoussa sur son siège. Cela acheva de déranger Pimprenelle, que la tension ambiante perturbait déjà, et elle sauta des genoux de sa jeune maîtresse pour aller voir ailleurs s'il n'y avait pas moins d'électricité dans l'air.
Jordy prit de nouveau la parole pour exprimer son point de vue sur la belle-mère de sa sœur :
« Elle est super canon ! »
Ses parents le dévisagèrent comme s'ils doutaient de son état mental. Cela ne le démonta pas le moins du monde :
« Nan, sérieux, elle est vraiment très belle !
- Et vraiment très gentille, aussi ! renchérit Johanna. Comme toute sa famille, d'ailleurs ! »
Gabrielle se raidit brutalement, le visage très pâle :
« Attends, deux minutes… les gens chez qui tu es allée au Canada… c'était quelle côté de sa famille, à cette demi-vampire ?
- … ben… le côté… pas humain…
- Bordel de merde », jura Gabrielle en français dans un murmure, et elle but deux nouvelles gorgées de bière, avant que son fils ne lui reprenne de force sa bouteille des mains.
« Il n'y avait aucun danger, reprit précipitamment Johanna avant que ses parents ne sombrent dans une hystérie collective comme elle l'avait craint. Ils ne se nourrissent pas de sang humain !
- Ah, eux aussi ne sont pas les vampires « comme on les imagine » ? dit Louis d'une voix plate.
- Et bien, ils sortent le jour, et je crois qu'un pieu dans le cœur ça les effraie autant qu'un cure-dent… par contre, ils se nourrissent de sang animal par choix… »
Louis regarda droit devant lui en tambourinant du bout des doigts sur la table, et Gabrielle se leva pour marcher nerveusement sur la terrasse. Le bruit de ses pas raisonnait comme une sentence.
« Harry est au courant ? demanda Louis au bout de quelques secondes.
- Bien sûr que non ! répondit Gabrielle à la place de sa fille. Tu penses bien qu'il serait allé la chercher et l'aurait ramenée ici par la peau des fesses s'il savait quelque chose ! »
Elle s'arrêta devant la jeune femme, ses yeux bleus plissés de colère. Johanna sentit la moutarde lui monter dangereusement au nez.
« Bon, stop, c'est fini, on se calme ! dit-elle en haussant un peu le ton. Maman, assieds-toi, s'il te plaît. Papa, si tu pouvais arrêter de pianoter sur la table, c'est exaspérant. »
Gabrielle fut sur le point de répliquer, mais Louis la saisit par le poignet et lui fit signe de s'asseoir.
« Elle est encore en vie, à ce qu'il me semble, dit-il à son épouse qui ressemblait furieusement à Tina une heure avant. Laisse ta fille s'expliquer. »
Johanna le remercia d'un signe de tête. Ce n'était pas la première fois que Louis faisait le tampon entre sa mère et elle, mais la jeune femme sentait bien que cette fois-ci, elle marchait sur des œufs, et plutôt de cailles que de poules.
« C'est vrai, je suis tombée amoureuse d'un type qui se change en loup, dit-elle d'une voix qui tremblait un peu. Et oui, je suis allée passer quelques jours chez des vampires. Ça existe. Et il a fallu que ça tombe sur moi. Mais pour rien au monde je ne voudrais changer quoique ce soit ! Matthew c'est… un véritable cadeau du ciel. Et si le cadeau est livré avec toute une famille de monstres d'épouvante, je prends quand même et je dis merci. »
La jeune femme fit une pause pour donner à ses parents l'opportunité de faire un commentaire. Voyant qu'ils gardaient le silence, sa mère, les sourcils froncés, le regard rivé sur son verre qu'elle faisait tourner sur la table, et son père au contraire les yeux plantés dans les siens, elle poursuivit :
« Je t'ai dis au téléphone que j'avais des tonnes de choses à t'avouer, maman. »
Gabrielle leva les yeux de son verre pour fixer sa fille.
« Je ne pouvais pas tout te dire à ce moment là ! Comment j'aurais pu t'expliquer ça ? Comment tu aurais réagi si je t'avais dit : « Je vais aller dans un endroit secret perdu au fin fond du Canada où se cache une famille de vampires ! Mais non, ne t'inquiète pas, je ferai attention, je me couvrirai bien, je n'attraperai pas froid ! Et j'enverrai une carte postale si j'ai le temps ! »… ça nous aurait avancé à quoi, que vous vous fassiez un sang d'encre, ici, alors que je ne risquais absolument rien ? »
Louis soupira en laissant son regard se perdre au loin, dans son jardin. Gabrielle reprit l'examen attentif de son verre.
« Parce qu'il y a une dernière chose que vous devez savoir : je ne cours aucun danger quand j'ai Matthew avec moi. Quand je dis que c'est un cadeau du ciel, c'est pas des paroles en l'air. Les hommes comme lui, qui ont la faculté de se changer en loup, ont une autre particularité : ils reconnaissent celle qui est faite pour eux. Un seul regard, et ils tombent éperdument amoureux ! Ils aiment de façon absolue, et leur compagne est plus importante que leur propre vie !...
- Je l'ai vu, elle n'exagère pas, renchérit Jordy, pour une fois sérieux. Quand j'ai été hébergé par des amis de Matt… Seth et Lucia sont ensembles depuis plus de quarante ans, et je vous assure que j'avais l'impression de voir deux adolescents qui s'étaient rencontrés la veille ! C'était limite flippant ! »
Johanna leva les yeux au ciel, et enchaîna :
« C'est pas du tout flippant, c'est juste merveilleux. »
Les joues un peu rouges et les yeux brillants, la jeune femme inspira longuement pour retrouver un peu de calme et attendit patiemment de voir comment ses parents comptaient réagir.
Son père la regarda un court instant, puis prit la main de sa femme en même temps que la parole.
« Tu sais, Jo, je dois être le seul type dans toute l'histoire de la paternité qui souhaitait sincèrement que sa fille fasse sa vie avec un homme, un jour. Que tu trouves quelqu'un qui serait capable de te guérir de ce que l'autre fumier t'a fait subir. J'aurais dû me douter que si cet homme existait, ça ne serait pas monsieur tout le monde… mais j'avoue que là, tu as fait fort, quand même ! »
Johanna lui fit un petit sourire contrit.
« Un type qui se change en loup… avec une mère à demi-vampire… » marmonna Gabrielle en hochant doucement la tête. « Tu m'étonnes que Jordy le trouve génial !… » gronda-t-elle en le regardant comme s'il était responsable du choix sentimental de sa sœur.
- Eh, j'y suis pour rien, moi ! » protesta le jeune homme.
Les Martin toutes générations confondues restèrent quelques secondes silencieux, à se jauger les uns les autres. Finalement, Louis esquissa un semblant de sourire :
« Tu crois qu'il pourra se changer en loup, juste pour voir ?
- Louis ! protesta sa femme.
- Quoi ? Jo a dit que ça ne risquait rien ! Attends, c'est pas tous les jours qu'on a des invités comme lui !
- Encore heureux… » maugréa Gabrielle.
Jordy soupira en levant les yeux au ciel tandis que Johanna se levait et entourait les épaules de sa mère.
« Allez, maman, arrête de faire la tête ! Tu verras, tu vas l'adorer ! Tu le trouves déjà superbe, mais attends un peu de le voir en loup, il est carrément époustouflant !
- Tu le trouves superbe ? » questionna Louis, faussement outré.
Gabrielle haussa les épaules. Puis elle prit la main de Johanna et lui serra brièvement.
« Bon, il est passé où, ton phénomène de foire ? dit-elle d'un ton plus calme. Il en a des choses à raconter à son père ! Tiens, d'ailleurs, son père, il est quoi ?
- Pareil que Matt, métamorphe.
- Tu veux dire loup-garou.
- Si tu préfères… Bon, c'est vrai qu'il met du temps, je vais aller voir ce qu'il fabrique… »
Johanna abandonna sa famille sur la terrasse et entra dans la maison. Elle trouva Matt dans la cuisine, face à la fenêtre qui donnait sur la rue.
« Tu as peur qu'on vole ta voiture ? demanda la jeune femme ironiquement.
- C'est le sud, ici, c'est plutôt mal fréquenté, c'est bien connu ! »
Il se tourna vers sa compagne, le regard un peu triste.
« Ils ne l'ont pas très bien pris, hein ? dit-il d'une voix amère.
- Tu as entendu ?
- Désolé, mais j'aurai carrément dû sortir de la maison pour ne pas vous entendre…
- Alors tu sais que c'était moins tendu sur la fin !
- Si tu le dis… »
Mais le loup-garou ne paraissait pas vraiment convaincu. Il se passa la main dans les cheveux en soupirant, et Johanna sentit son cœur se serrer. Elle n'aimait pas le voir dans cet état, si… malheureux. Elle se rapprocha de lui en quelques pas et prit son visage entre ses mains :
« Hé, ne te fais pas de soucis ! Ils vont digérer tout ça, et ils vont t'adorer ! Mon père veut déjà te voir en loup ! Et ma mère ne va pas résister longtemps à ton charme ravageur ! »
Elle conclut son petit discours par un léger baiser sur ses lèvres chaudes. Elle fut récompensée en le voyant sourire.
« Et puis vous avez un allié de taille : moi ! »
Johanna se retourna pour voir son frère les rejoindre dans la cuisine.
« D'ailleurs, je me demande ce que tu fabriques ici, dit Matthew en prenant instinctivement la main de Johanna. Tu n'as pas un boulot à Los Angeles ?
- Si, mais j'ai demandé un congé exceptionnel à mon patron, afin de soutenir ta candidature pour faire partie de la famille. Et vu comme c'est parti, mon appui ne sera du luxe…
- N'exagère pas ! … protesta Johanna.
- C'est très gentil à toi, le remercia Matthew, moqueur.
- Ouais… en réalité, j'ai d'abord demandé qu'on me fournisse un ordi comme celui qu'a eu ma sœur dans ta boîte », avoua Jordy.
Johanna ouvrit de grands yeux stupéfaits : « Quoi ? »
Il poursuivit, ignorant totalement l'air outré de sa sœur :
« Mais il parait qu'on n'a pas assez de moyens… tu y crois, toi ? Je suis censé bosser comme un pro de l'informatique, et on n'est pas foutu de me fournir du matos correct ! Bon, du coup, mon patron n'a pas pu me refuser ces congés…
- Je vais te l'offrir, ton ordi, s'il n'y a que ça pour te faire plaisir ! » proposa Matthew.
Jordy le regarda comme si l'Indien venait de marcher sur l'eau tout en multipliant les croissants et les pains au chocolat.
« Tu plaisantes ? souffla-t-il.
- Pas du tout. »
Jordy s'avança vers le couple, mit un genou à terre et prit la main libre du loup-garou.
« Matthew, accepterais-tu de m'épouser ? » dit-il d'une voix solennelle.
Ce fut le moment que choisit Louis pour passer la tête par la porte de la cuisine. Il émit un « Ah ! » interloqué et resta un instant à fixer la scène avec des yeux ronds tandis que les trois jeunes gens restaient figés, Jordy toujours un genou à terre, la main de Matt dans la sienne, la tête tournée vers la porte en entendant l'exclamation de surprise de son père.
« Je ne veux absolument pas savoir ce qui se passe ici ! finit par dire le maître de maison. Je venais juste vous prévenir qu'on vous attendait sur la terrasse… Matthew, je ne sais pas ce que Jo vous a rapporté de notre conversation, mais je tiens à vous assurer que vous êtes toujours le bienvenu dans cette maison. »
Il embrassa une nouvelle fois du regard le tableau qu'offraient sa progéniture et leur hôte, et conclut avec un sourire jaune:
« Par contre, si vous pouviez faire votre choix entre mes deux enfants, ça éviterait pas mal de complications ! »
Puis il s'éloigna en maugréant.
Jordy réagit enfin et se leva en lâchant la main de Matthew, et suivit son père en l'appelant pour s'expliquer.
Johanna se tourna vers le loup-garou, rayonnante :
« Tu vois, je te l'avais dit : ils t'adorent déjà ! »
…
Le reste de la journée se passa dans une atmosphère un peu particulière. Comme le lourd secret des origines de Matthew avait été révélé, Johanna put parler beaucoup plus librement de son séjour canadien. De fait, seuls ses câlins répétés avec son beau-père et la raison de ce rituel furent passés sous silence.
La jeune femme préféra de même faire l'impasse sur les vampires italiens.
Comme elle l'avait prévu, Jordy se montra littéralement fasciné et terriblement envieux de l'expérience de sa sœur au pays des vampires. La bataille dans la neige lui arracha des exclamations enthousiastes, digne d'un gamin devant un match de catch.
« Qu'est-ce que j'aurais pas donné pour voir ça… murmura-t-il, les yeux dans le vague.
- Je n'en doute pas ! bougonna Gabrielle. Vous n'avez pas de sœur, ou de cousine célibataire, Matthew ?
- Non…
- Tant mieux. Sans vouloir vous vexer, un seul comme vous dans la famille, ça suffira…
- Maman ! protesta Johanna.
- Excuse-moi, ma chérie, mais je connais ton frère comme si je l'avais fait ! Si on m'avait dit que j'aurais un jour un loup-garou comme gendre, je n'aurais pas parié que ce serait toi qui me le ramènerais ! dit sa mère, interprétant sciemment de travers l'expression scandalisée de la jeune femme.
- Oh ! s'exclama Jordy. Depuis quand j'ai la réputation d'être gay ?
- Depuis tout à l'heure, dans la cuisine », répondit Louis d'un ton affable.
Jordy ne répliqua pas, les sourcils froncés en regardant la piscine d'un air plutôt contrarié. Johanna en fut étonnée, elle ne pensait pas que son frère manquerait d'humour sur un sujet aussi anodin.
Comme s'il avait lu dans les pensées de sa sœur, le jeune homme retrouva le sourire et dit :
« Pour un PC comme il va m'offrir, ça vaudrait presque le coup !
- Mon Dieu, soupira Gabrielle, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre… je retire ce que j'ai dit, concéda-t-elle en se tournant vers le loup-garou. Je préfère encore que Johanna se soit entichée d'un phénomène comme vous plutôt que d'un taré d'informatique comme ce qui me sert de fils ! »
Etonnamment, Jordy afficha une expression encore plus réjouie que Matthew aux paroles de sa mère.
