Chapitre 34: Eileen
Devant la porte de la maison, Severus l'inspecte de haut en bas et lui remet le col de sa veste en place.
– Elle est maniaque.
Severus laisse appuyer le doigt sur le bouton de la sonnette. Il s'acharne.
– Elle n'entend rien... Elle doit être au grenier ou alors elle fait exprès pour m'agacer. Un jour, j'ai eu le malheur de lui dire qu'elle devenait dure d'oreille. Et depuis, c'est récurant... Ma-man!
La porte qui s'ouvre brusquement, la mère de Severus, essoufflée:
– Désolée j'étais... Ah mais qui voilà!?
– Petit Chéri, ma mère. Ma mère, Petit Chéri...
La mère de Severus, en articulant:
– Eileen. Tiens tu as mis tes lunettes, aujourd'hui.
– Oui, contrairement à toi, Petit Chéri trouve que j'ai la classe avec.
– Je n'ai jamais dit le contraire, Cher Monsieur.
Harry, en riant:
– Bonjour, moi c'est Harry, enchanté de vous rencontrer Eileen.
Eileen, franchement:
– Oh qu'il est mignon! Rien à voir avec l'autre et sa veste en cuir, le jeans déchiré, les cheveux gominés et la boucle d'oreille. Malpoli comme ce n'est pas permis, jamais un bonjour, il faisait comme si je n'existais pas.
Un signe de main de Severus, ma mère yoyote.
– Il faut te remettre maman, c'était il y a 20 ans.
Eileen, innocemment:
– Pourquoi tu ne me présentes jamais personne?
Severus, ironique:
– Qui sait... Sans doute que tu es trop cordiale.
– Pas de biscuits pour toi... Toi, mon petit chou, tu peux en avoir... Entrez seulement.
Severus lui tend un bouquet de tulipes:
– Tiens, j'ai trouvé ça dans le jardin du voisin.
– Merci, chéri. Tu peux aller me chercher un vase dans la cuisine?
Severus fait mine de murmurer à Harry:
– Elle veut rester seule avec toi pour te cuisiner et dire du mal de moi. Ne te laisse pas faire Petit Chéri.
Eileen, mi-figue:
– Qu'est-ce que tu dis?! Je suis dure d'oreille!
Un ricanement, puis, Severus les abandonne.
Eileen, franchement:
– J'adore mon fils, même s'il est un peu... particulier. Il ne sait pas montrer son affection, il est obligé de faire tout un cirque.
– Vous avez l'air très complice.
– Harry, je vais être franche... Quel âge avez-vous?
– 18.
Eileen, gentiment:
– Je m'inquiète. Ce n'est pas contre vous, vous avez l'air d'un gentil garçon. Maintenant vous voyez mon fils, je ne sais pas très bien ce que vous lui trouvez... Mais plus tard, à un moment donné, vous aurez peut-être envie de faire d'autres expériences... J'ai peur qu'il soit déçu.
Harry, fermement:
– Non, Madame. Votre fils, ce que je lui trouve? C'est l'homme avec qui j'ai envie d'être pour le reste de ma vie.
– Dans ce cas... Severus, tu peux arrêter d'écouter et revenir avec le vase!?
Silence.
Eileen, mi-figue:
– Il s'est peut-être noyé dedans. Vas-voir... Première porte à droite.
Harry entrouvre la porte et guigne. Severus, les yeux fermés, qui expire profondément. Harry repousse la porte.
Il rejoint Eileen au salon. Elle, assise sur le canapé, le Cavalier King Charles couché sur ses genoux. Quand il le voit arriver, il aboie. Eileen, au chien:
– Non, Prunelle, ce n'est pas un voleur c'est le futur mari de Severus... Il en est où?
Harry s'installe dans le fauteuil.
– Il cherche toujours le vase.
– Parles-moi de toi, Harry... Comment as-tu connu mon fils?
– C'était mon professeur de potions.
Eileen, les yeux au ciel.
– Ah les potions! Ça et les bouquins, c'est tout ce qui l'intéresse.
Severus, qui revient et pose le vase sur la table basse:
– Désolé, c'était très mal rangé.
– Avec le temps que tu as pris, tu aurais pu ramener du thé et des biscuits... Non laisse, j'y vais...
Eileen se dirige vers la cuisine. Severus à Harry, doucement:
– Ça va?
– Nickel. J'ai vu Prunelle.
– Une menace... Regarde ça.
Severus s'approche du canapé.
– Titan!
Le chien qui grogne. Harry, mort de rire.
Eileen revient avec une boîte de biscuits et du thé.
– Arrête d'embêter mon chien...
Eileen sert le thé. À Harry:
– Il lui apprend à faire n'importe quoi.
Severus, l'index pointé sur Prunelle:
– Pan!
Le chien roule sur le dos et fait le mort. Harry rigole.
Eileen en tendant sa tasse à Severus:
– Assis!
Severus se laisse tomber sur le canapé. Eileen, mi-figue:
– Tiens, un biscuit.
– Wouf. Tu vois comment elle me traite!?
Harry, amusé:
– Vous êtes exactement pareil.
Eileen, en riant:
– Je ne sais pas comment je dois le prendre.
Severus, en caressant négligemment le chien:
– Venant de lui, c'est probablement un compliment... Comment c'était ton stage de Taï Chi avec Maître... Dong?
– Chu. Ça m'a fait un bien fou.
Severus fait mine de murmurer à Harry:
– Ma mère est à la retraite avant elle était fleuriste mais depuis, elle a viré hippie et s'est fait une salle de méditation au grenier. Je ne sais pas quoi en penser.
– Mon fils est terre à terre et réfractaire à toute forme de spiritualité. Pour lui, faire une retraite, c'est s'enfermer dans son laboratoire durant des jours et oublier de manger. Et toi Harry, qu'est-ce qui te botte?
– Voler. Quand je suis dans le ciel, je m'évade.
Severus, à sa mère:
– Il fonctionne à l'adrénaline. Il aime tout ce qui est risqué et qui lui fait battre le cœur plus vite. Tu crois que je dois m'inquiéter?
Eileen, placide:
– Avec ton petit côté plan-plan, je me méfierais...
Severus, à Harry:
– Tu vas me quitter, chéri?
– Non, je ne peux plus me passer de toi.
Eileen, en riant:
– J'ai reçu votre carte postale, qu'est-ce qui vous a pris?
Harry avoue:
– C'est de ma faute, je fais un rejet par rapport à Noël.
– En tout cas, vous avez bonne mine! Même toi, Severus.
Severus, rêveur:
– C'était si bien... Dommage qu'on ait dû rentrer pour venir te voir.
– La prochaine fois, tu peux rester là-bas.
– Je dois voir ses amis le 2. Ils ne peuvent pas me blairer. Qu'est-ce que je fais?
Eileen, index pointé:
– Tu la boucles et tu souris.
