Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Railler la virilité d'un mâle est toujours un bon moyen de le foutre en rogne. »
-Mercy Lecay.
Chapitre 36 : Maxime Reed, ou quelques petites choses.
Quand Sara Wood lui avait parlé de « lui montrer quelque chose », envisagé plusieurs hypothèses mais aucune telle que cette petite fiole emplie d'un liquide blanchâtre. Il avait d'abord cru à une nouvelle potion, une de plus et avait espéré que celle-ci au moins ne serait pas trop amère… Il se préparait déjà à se boucher le nez mentalement avant de l'avaler le plus vite possible… Parfois un médicament pouvant vous sauver la vie est quelque chose vous donnant envie de la quitter se disait-il résigné. Sara Wood avait ensuite pris une pensine et là Maxime s'était rendu compte de son erreur. Un souvenir. C'était bien entendu un souvenir. Il en avait déjà vu durant ses études ainsi que dans le service du troisième sous-sol chargé de les entreposer, preuves collectées lors des enquêtes, étant soigneusement gardées en vue d'éventuels jugements ou recherches ultérieures. Il devait être bien fatigué pour ne pas l'avoir identifié immédiatement…
Sara Wood posa la pensine, sur une petite table près de lui. Puis elle déboucha la fiole. Une vapeur s'en échappa et se déposa d'elle même, doucement, dans le récipient. Maxime Reed s'approcha. Il entra dans la scène. Un salon minuscule, sombre, impeccablement ciré. Une vieille femme, quoique pas si vieille que ça, en tous cas, insignifiante et triste entra. Elle se mit à sourire largement. Reed se retourna, cherchant ce qui provoquait cette réaction : un homme grand, blond, élégant, la soixantaine soignée l'attendait. Elle était radieuse, s'apprêtant à lui parler quand un « avada kadavra » jaillit des lèvres fines de l'homme. Elle s'écroula. Un meurtre, c'était un meurtre vécu en direct. Cette femme avait été assassinée par cet homme qui présentait si bien. Il regarda Sara interrogatif.
-Elle s'appelait Mabel Mary March. Habitait Sleepy Hollow et avait remarqué un « manège inhabituel » aux alentours du manoir des Grayson. Elle avait essayé de prévenir Seraphina Picquery au MACUSA. C'est en rentrant chez elle qu'elle est morte. Je pense que cet homme est quelqu'un qu'elle a connu durant ses études à Ilvermorny et dont elle était amoureuse depuis toujours. Voilà, vous savez ce que je sais.
-C'est un point de départ. Je pense que ce qu'elle avait vu avait un rapport avec mon enquête, j'ai moi-même assisté à des réunions en cet endroit. Il faudrait que l'on sache exactement ce qu'elle savait, nous devrions interroger Picquery pour cela…
-Je vous rappelle que vous êtes mort, donc, vous, vous ne ferez rien au grand jour.
Il était bien vivant, au contraire. Et il allait le prouver… Quand il pourrait faire trois pas sans s'effondrer. Sara l'aidait, mais, elle ne pouvait pas se permettre de passer tout son temps à s'occuper de lui.
-J'ai autre chose à vous montrer. Elle agita sa baguette, un panneau de verre apparut devant lui. Elle fit un autre mouvement et des images s'affichèrent : une grande pièce lumineuse, carrelée, des tables au centre, des armoires à tiroirs au mur. Un frisson froid parcourut son échine : une morgue, il détestait ce genre d'endroit… Le plus tard possible en ce qui le concernait… Deux personnes y étaient : une jeune femme ouvrant un tiroir, découvrant un corps… LUI… Il était là étendu dans ce tiroir, ce n'était pas possible… IL N'ETAIT PAS MORT. Il le savait, il était là, dans ce lit, bien au chaud sous sa couette, bien vivant avec Sara Wood à côté de lui. D'ailleurs, il la trouvait bien jolie, c'était un signe, non ? La femme bougea : Ann Blanchard, l'amie de Mercy. C'est drôle dès qu'il avait un problème grave, cette chère Mercy était dans le coup… Sara le regardait attentivement, elle semblait rire intérieurement comme si elle lisait ses pensées et les trouvaient très… hilarantes ! A côté de cette Blanchard, l'homme qui jusque là été resté dans l'ombre, apparut : Bluesky ! Il était vivant et en activité ! Première bonne nouvelle depuis longtemps….
-Vous n'êtes pas mort. Mercy, avec mon aide je dois l'avouer, a substitué un double-fantôme à votre corps ensanglanté après votre évanouissement.
-Evanouissement ?
-A vrai dire, oui. Pour tout vous dire, il y avait dans le sucre des donuts que vous mangiez, la cause de cet évanouissement.
-La cause ?
-Vous vous en rappelez ? Je vous en ai parlé à votre réveil, la potion du Dernier Jugement. À vrai dire, c'est un poison, un simple poison servant à faire croire à la victime qu'elle va mourir pour la forcer à parler, l'éminence de la mort poussant à se confesser. Elle n'est plus utilisée depuis plusieurs siècles, seuls quelques personnes doivent encore le connaître. Vous ne risquez pas de tuer quelqu'un, à condition d'administrer convenablement la dose exacte, bien sûr, sinon il peut-être létal. Mais Mercy est une personne douée...
-Bien sûr…
Maxime Reed sentait la moutarde lui monter au nez… Il avait été victime d'un amusement de Mercy. La prochaine fois, elle pourrait se contenter d'un coussin-pêteur, ça aussi c'était efficace comme blague.
-Pourquoi ?
-Elle voulait que Grindelwald la trouve intéressante…
-Intéressante ? Et elle avait besoin de me tuer pour cela ? Elle ne pouvait pas tout simplement aller le voir et lui demander de l'enlever ?
-Elle savait que vous l'en auriez empêchée. De plus comme cela, vous êtes hors de danger, les amis de Grindelwald vous pensent mort, vous pouvez enquêter sans qu'ils ne s'en doutent.
Le pire dans l'histoire était que ce raisonnement se tenait. À la place de Mercy, il aurait sans doute fait un coup du même genre.
-Et maintenant où est Mercy ?
-Elle a disparu depuis une semaine maintenant.
Et voilà, les blagues continuaient… Elle était intéressante et bien elle avait dû intéresser un peu trop Grindelwald. Décidément, elle se croyait trop maligne… Et qui devrait la sauver ? Je vous le donne en mille ! Moi, encore et toujours, moi ! D'un autre côté, s'il devait être honnête, parfois, elle lui rendait la monnaie de sa pièce en lui sauvant les miches.
-Une dernière chose, nous allons compter une aide précieuse. Venez avec moi, je vais vous mener à mon bureau. Là le Grand Maître de notre Coven de Sleepy Hollow voudrait vous rencontrer. Je préfère vous avertir, il est impressionnant, très impressionnant.
Très impressionnant ? Un vieux sorcier, aussi puissant soit-il, ne pouvait pas l'impressionner, lui, un auror de grande classe… Il en avait vu d'autres au cours de toutes ces années passées à se battre partout, dans tous les coins de pays et contre tous les malfrats possibles et inimaginables… Elle le prenait pour qui cette Sara Wood ? Ce n'était pas parce qu'il avait été malade, qu'il était devenu une demi-portion !
-Je préfère vous avertir. Quand vous entrerez dans la pièce, soyez calme, il est sous contrôle et ne vous fera aucun mal.
« Il est sous contrôle et ne vous fera aucun mal ». Son grand Maître ? Quelque chose n'allait pas.
-Qui est sous contrôle ? Votre Grand Maître ?
-Mais non, voyons ! Son garde du corps : le cavalier sans tête.
-Le… alors là, y'avait plus rien à dire… Ou plutôt si, y'a pas à dire : vous avez le même humour étrange que votre cousine ou alors c'est que vous êtes toutes deux folles. Je ne saurais déterminer laquelle de ces deux hypothèses est la bonne...
-Si vous le dites.
-Après toutes ces choses, y a-t-il autre chose, une dernière chose que vous voudriez m'avouer ?
-Pas encore, mais si vous voulez, je vais vous chercher quelque chose pour vous soulager et vous donner des forces.
-Non, merci, ce ne sera pas la peine.
C'était lui ou les yeux de Sara brillaient de malice ?
