Bonjour les gens !
8500 et quelques mots, c'est la taille du premier chapitre que je vous ai promis pendant les vacances. Heureux ?
Un grand merci à Chocolate Kangoo, Hikaru. Valentine, Kimo gaig (x2), Lune noire, Incarndu91 et Skylia pour leurs reviews !
Chocolate Kangoo : Non, Hopkins comme l'acteur de Hannibal Lecter, et Stefen comme Stephen King ^^ (oui, je suis allée chercher loin !)
Ils sont tous les trois géniaux, personne ne pourra vaincre Vinnie !
Merci, et à la prochaine ^^
Kimo gaig : Ne t'inquiètes pas, je n'arrêterai cette histoire qu'une fois qu'elle sera finie ) merci pour tes encouragements et oui, pour répondre à ta question, Angeal aura bien son rôle dans cette histoire ^^
Lune Noire : Oui, Chaos est un tordu, mais c'est pour ça qu'on l'aime ) Il agit comme ça souvent, mais plus discrètement généralement. Et Genesis avait vraiment besoin d'être remis à sa place.
Mettre un commentaire n'est pas une obligation, ça motive l'auteure mais ça l'aide aussi à recevoir des avis pour s'améliorer )
Un gros bisou à toi aussi ^^
Skylia : Coucou ! Oui, Vincent est un coincé du cul ! Etonnant n'est-ce pas ? Mais il n'est pas gay (enfin j'espère…) Je suis aussi volontaire pour l'aider :P
Il est même très mûr par rapport à Alix, mais c'est ce qui fait tout son charme.
C'est vrai que Genesis ressemble à Cloud niveau caractère, mais il est plus retord et rusé que notre blond ^^ (et moins bourrin !)
Tu vas détester la fin du prochain chapitre xD
N'est-ce pas ? Pour moi c'est la meilleure du fandom *bave* Pour la tension sexuelle, sa fic sur DMC est juste cent fois pire *bave à nouveau*
Merci pour tes encouragements ! Même si ce que je fais est dur, l'écriture reste une passion, je n'écris pas quand ça vient pas (d'où parfois les délais ^^'')
Je connaissais Heart Of Courage sans connaitre ni le titre ni le groupe xD (je connaissais aussi Protector of the Earth ^^) du coup j'ai écouté les autres et j'ai adoré 0.0 Les chansons que j'indique en fin de chapitre ne sont que des indications sur ce qui m'a inspiré sur le coup. C'est d'ailleurs un ensemble assez hétéroclite xD
Merci pour ton soutien et à la prochaine avec des bisous !
Chapitre corrigé par ma super béta 3 !
Chapitre 32
Qui des Dieux osera, Alix, être ton juge ?
Nous ne nous précipitâmes pas en direction du scientifique, comme j'avais pensé qu'on allait le faire. Au contraire, nous prîmes notre temps. Une fois le TURK parti, nous reprîmes nos activités habituelles. Mais l'ambiance était différente, plus électrique. Si je devais prendre un point de comparaison, c'était un peu comme un jour de finale en coupe de monde de foot, quand votre équipe était qualifiée et que tout le monde retenait son souffle avant le match alors que l'excitation montait au fur et à mesure que le temps passait. Je ne pus reprendre ma lecture tranquillement, trop secouée. Il faut dire que la dragonne ne me facilitait pas la tâche : elle était sur le qui-vive, l'annonce l'ayant brutalement sortie de sa tranquillité habituelle. Je la sentais repasser des souvenirs, les siens comme les miens, pour être sûre de reconnaitre un de nos tortionnaires. Je savais, sans que personne ne me l'ait dit, que j'allais être la juge de cet homme, de ce Stefen Hopkins. Si on ne le reconnaissait pas, tout irait bien. Dans le cas contraire… Je me mis à douter. J'avais promis à ma Dragonne de tuer tous ces hommes, pour le mal qu'ils nous avaient fait. Mais était-ce le bon choix ? Je n'arrivais déjà pas à tuer les monstres qui voulaient ma peau, alors tuer un innocent…
- Tu as l'air inquiète. Tout va bien ?
Je relevai la tête au son de la voix froide de Vincent. Je devais lui donner un beau son et lumière pour qu'il vienne prendre de mes nouvelles.
- Je vais bien… Je crois…
Il ne me répondit pas.
- Tu as besoin de te défouler. Va chercher Cloud et va lui taper un peu dessus. Ça te fera du bien, tu verras.
Je grimaçai. Je doutais fortement d'avoir besoin d'aller mordre proprement la poussière. Mais le dieu des filles qui ne savent pas manier une épée ne m'entendit pas car le blond surgit derrière le vampire.
- C'est une bonne idée.
Et il partit en direction de l'extérieur.
- C'est un complot ! fulminai-je en pointant Vincent du doigt.
Il leva les yeux au ciel et fit demi-tour dans un grand bruit de cape. Je me levai de mauvaise grâce pour sortir moi aussi, attrapant mon arme au passage. Je me rendis à l'endroit habituel où je m'entrainais avec Cloud. Il faisait plutôt beau ce jour-là, et ce fut un plaisir de sortir un peu. Le blond était déjà en place, l'épée dégainée. J'eus juste le temps de sortir la mienne de son fourreau avant qu'il n'ouvre le bal. Je parai son coup de justesse mais reculai de plusieurs pas. Nous commençâmes alors à nous tourner autour, les pas calmes de Cloud contre les miens, encore désordonnés. Il prit de nouveau l'initiative de l'assaut. Cette fois-ci, j'eus moins de chance que précédemment car je volai pour atterrir sans douceur contre le sol. Je me relevai immédiatement pour me jeter à mon tour sur l'homme en face de moi. Nous pûmes échanger quelques coups avant que Cloud ne me repousse loin de lui. Notre manège perdura un long moment, entrecoupé de mes nombreuses chutes. Mais je revenais toujours sur lui, plus déterminée que jamais. Lorsqu'enfin le blond accepta de me laisser tranquille, j'étais en sueur, sale, exténuée mais heureuse. Vincent avait eu raison, une fois de plus, j'avais vraiment besoin de me défouler.
- C'était pas trop mal, tu tiens mieux debout, me gratifia le blond avant de me laisser plantée là.
Un léger rire perça mes lèvres alors que je m'allongeais sur le sol le temps de reprendre un minimum mon souffle. Deux minutes à peine plus tard, je sentis un mouvement sur ma gauche qui manqua de me faire paniquer. Ce fut ma dragonne qui me rassura en m'expliquant qu'il s'agissait de Vincent. Je reconnus d'ailleurs son aura, maintenant que les battements de mon cœur s'étaient calmés. Je me demandais juste depuis combien de temps il était là. Un joli ensemble de sensations me répondit.
- Depuis le début ? soufflai-je à ma dragonne, un peu surprise.
Elle confirma. Je repris mon souffle avant de faire savoir que je savais qu'il était là.
- T'avais raison, j'avais vraiment besoin de courir un peu. En fait, je me demande s'il t'arrive d'avoir tort !
Je n'avais pas crié, et pourtant ma voix me parut forte au milieu du silence du lieu. Un froissement de cape plus tard, le vampire se tenait au-dessus de moi.
- Il m'arrive fréquemment d'avoir tort. Je reste un être humain malgré tout.
Je rigolai doucement sans pour autant me lever.
- Si tu fais des erreurs, elles paraissent minimes par rapport aux miennes !
Un air douloureux parcourut son visage et je me crispai, brusquement alertée par le fait que je venais sans doute de dire une grosse bêtise.
- Je veux dire, enchaînai-je, désireuse de me rattraper, j'ai toujours tenu à vous accompagner partout, mettant vos vies en danger et la mienne avec. Je ne t'ai jamais vu faire ça pour le moment.
Il soupira, mais ne me regarda pas.
- Tu n'as pas idées des erreurs que j'ai commises.
- Non, pas la moindre, lui répondis-je. Et tu sais quoi ? Je m'en fiche. Tout comme je me fiche de savoir si Cloud faisait parti d'un groupe de claquettes ou si Nanaki a déjà bouloté un être humain pour le ptit déj'. Ce que je vois moi, c'est un homme intègre et intelligent. Après, tout le monde fait des erreurs, j'en ai fait, t'en feras encore sûrement plein, mais on s'en fout ! Regarde, ça fait la je ne sais combientième de fois que Cloud m'envoie tutoyer le sol, c'est pas pour autant que j'ai cessé d'aller m'entrainer.
Le vampire me jeta un regard surpris, avant de lever le regard vers le ciel, l'air torturé. Finalement, au bout de ce qui me parut une heure, il reposa son regard sur moi. J'avais eu le temps de reprendre mon souffle, et je commençais à me sentir inconfortable, ainsi allongée sur le sol.
- Tu les regrettes ?
Il me fallut quelques instants pour comprendre ce dont il parlait.
- Mes erreurs ? Non, pas forcément.
- Je voulais parler de tes choix.
- Non plus, ou alors que très peu. De toute manière, ils appartiennent au passé, et rien ne peux changer le passé.
De nouveau, il laissa son regard flotter sur l'horizon, avant de de nouveau le poser sur moi.
- Tu as sans doute raison. Viens, rentrons.
Quelque chose avait changé entre son lui de tout à l'heure et son lui de maintenant. Il semblait plus calme, et était-ce un fantôme de sourire qui courrait sur ses lèvres ? Il me tendit la main, celle humaine, que j'attrapai avec surprise mais sans hésiter. Il me remit debout et fit demi-tour sans plus rien dire de plus. Je me mis en route derrière lui après avoir épousseté mes vêtements, souriant pour ma part franchement. Je préférais décidément le voir ainsi que morose.
-A-
Après ma douche j'étais de nouveau d'attaque, tout sentiment négatif envolé. Je me postai près du bar écoutant le futur plan de bataille.
- Nous ne bougerons pas aujourd'hui. Nous ne savons pas où nous allons, nous attendons des infos supplémentaires des TURKS, m'apprit Barret.
Comprenant, je hochai la tête avant de retourner lire Loveless.
Lorsque le soir vint, Tifa ouvrit le bar et je me mis au service. Etonnamment, les plus fidèles clients du bar étaient Barret, Vincent and Co. puisqu'ils y passaient la nuit, de l'ouverture à la fermeture. Après bien sûr, il y avait d'autres clients réguliers comme Joe, qui venait prendre un verre tous les soirs. En fait, les clients étaient généralement toujours les mêmes en début de soirée, puis des nouveaux venaient s'installer au fur et à mesure que le temps passait. Étrangement, il y avait plus de femmes depuis que les membres mâles d'AVALANCHE restaient tous les soirs au bar…. Je recevais toujours autant de regards noirs, mais plus personne n'osait lever la voix depuis le coup de colère de Tifa. Il arrivait d'ailleurs que nous échangeâmes toutes deux des regards amusés lorsqu'une de ces demoiselles essayait d'attirer le regard de Vincent ou Cloud et qu'elle échouait lamentablement, soit parce que Cloud était en pleine discussion avec Barret (et n'avait d'yeux que pour Tifa…) soit parce que Vincent était plongé dans la contemplation de son verre de rouge. Tous assis à la même table, Nanaki près d'eux et Cait Sith carrément au milieu des verres, ils formaient un ensemble unis qui me fit sourire. Mais au bout d'un moment, une jeune femme se leva, bien éméchée, pour venir se planter devant eux.
- Un plan cul, ça te branche ?
Leur réaction fut immédiate : Cloud s'étouffa avec la gorgée qu'il venait de prendre dans son verre, Barret la toisa d'un air scandalisé, Nanaki et Cait Sith explosèrent de rire et Vincent ne broncha pas. La barmaid me fit signe de la rejoindre pour que j'assiste à la scène avec elle.
- Pardon ?! fit Cloud, incrédule.
La jeune femme ne lui adressa pas un regard.
- Vincent, ricana Nanaki, je crois que c'est à toi qu'elle parle.
Le brun daigna enfin lever les yeux de son verre pour regarder l'inconnue.
- Ca te tente ? répéta-t-elle, crâneuse.
- En tout cas, s'il veut pas, moi j'veux bien, plaisanta un homme au bar à voix basse.
Vincent adressa un regard polaire à la jeune femme.
- Tu es mineure et tu as trop bu, lui dit-il. Rentre te coucher.
Je jetai un regard étonné à Tifa, qui fit un signe vers la table d'où elle venait.
- C'est elle qui commande, dit-elle en pointant la plus âgée.
Je hochai la tête, rassurée qu'elle ne vende pas de l'alcool à des enfants.
- Oui, mais pas toute seule ! répondit-elle pleine d'arrogance.
- Et bah, marmonnai-je à Tifa, elle en veut !
- Tu es bourrée, répéta Barret. Rentre chez toi, ça vaut mieux.
- Je sais ce que je veux, cracha-t-elle presque. Et je le veux lui !
Elle me faisait presque peur.
- Je n'ai aucune envie d'avoir le moindre rapport, quel qu'il soit, avec toi, plaqua calmement le vampire.
- Abandonne petite, il viendra pas ! lança l'homme qui avait plaisanté plus tôt.
- Tu es célibataire, lâcha-t-elle sans aucune gêne. Je te propose une alternative à tes activités nocturnes en solo.
Là, elle devenait vulgaire…
- Je préfère être tout seul que mal accompagné.
- Il reste calme quand même, fit un autre homme sur ma droite. J'aurais hurlé à sa place.
Une des personnes assises à la table d'où venait l'inconnue se leva pour se porter à son côté.
- Viens, lui souffla-t-elle, t'es en train de te ridiculiser.
La jeune femme, dégouttée, la suivit à contrecœur.
- Viens pas me dire qu'il préfère coucher avec ça ! fit-elle en me pointant.
Je sentis un poids me tomber dans l'estomac alors que je m'efforçais de ne pas baisser les yeux devant le regard désolé de la deuxième fille. Le cœur lourd, je continuai mon service, alors que le groupe d'amis emmenait l'adolescente bourrée avec eux. Le service plié, le bar rangé, je partis me coucher avec une envie de pleurer que je n'expliquais pas.
-A-
Lorsque j'ouvris les yeux sur la plaine fleurie d'Aerith, je m'attendais à trouver face à moi une chevelure rousse. Mais ce fut une crinière argentée qui m'accueillit. Brusquement beaucoup plus enthousiaste, je sautai sur mes pieds.
- Sephiroth ! m'écriai-je. Je suis vraiment heureuse de te revoir !
Ce dernier haussa un sourcil.
- Vraiment ?
- Bien sûre que oui !
Je devais avoir l'air convaincue car il fit un petit signe navré de la tête.
- Et je persiste à croire que ce n'est pas un signe de bonne santé mentale.
Sa répartie me fit sourire. C'était rassurant parce que cela me montrait que certaines choses ne changeraient jamais.
- Je ne suis pas sûre que de parler avec le dragon que j'ai enfermé sous le crâne sois un bon signe non plus ! lui répondis-je, joyeuse.
Il leva les yeux au ciel, mais ne répondit pas.
- Tu tiens le coup ? soupira le Général.
- Physiquement ou mentalement ? ironisai-je.
Il resta impassible à ma tentative d'humour.
- Je suis désolé, me dit-il brusquement.
Je lui jetai un regard surpris alors qu'il plantait son regard dans le mien.
- Je n'ai pas réussi à te sortir de là quand ta dragonne a décidé de jouer à l'apprentie médecin.
Je sentis un léger sourire étirer mes lèvres.
- Hey, lui dis-je doucement, tu ne pourras pas toujours être derrière moi.
- En effet, mais s'il est en mon pouvoir de t'éviter des souffrances inutiles comme celle-là, je le ferai.
Malgré moi, je me sentis rougir. Compte tenu de la froideur du bonhomme, cela tenait presque de la déclaration d'amour. Il s'aperçut de mon état car un léger sourire ironique vint étirer ses lèvres.
- Et bien, on a perdu sa langue ?
- Tu es plus beau quand tu souris, répliquai-je du tac au tac.
Il m'adressa un regard mauvais, et moi un malicieux.
- Je ne comprends pas pourquoi tu t'occupes autant de mes petites fesses, marmonnai-je quand même.
- J'ai mes raisons.
Je compris au ton de sa voix que je n'aurais aucune information de plus.
- Tu ne m'as pas répondu, finit-il par dire. Comment vas-tu ?
Je soupirai, mal à l'aise, mais l'argenté me fit un léger signe de la main. Grimaçante, je me laissai tomber dans l'herbe et les fleurs. Qui sait, peut-être que vider mon sac me ferait du bien.
- Tu sais quoi ? J'en sais rien. Rien du tout. Ce matin, quand je discutais avec Vincent, j'allais bien. Et j'étais à deux doigts de pleurer quand je me suis couchée. En vérité, je suis complètement perdue.
- Ils te traitent mal ? demanda froidement Sephiroth.
- Non, ils sont même plutôt gentils avec moi. C'est juste que… Il y a toujours cette barrière entre eux et moi, qui fait que j'ai toujours l'impression qu'ils gardent leurs distances. C'est tellement infime que certains jours j'ai l'impression de rêver cette sensation, mais au final elle est toujours là.
Le Général fit quelques pas dans l'herbe, se détournant de moi.
- Ta vision des choses a changé. Sans ta dragonne, tu ne percevrais pas ces sensations. Est-ce un sentiment général ou est-il plus fort avec certaines personnes ?
Sa question me surprit, mais je plissai les yeux, tentant d'y répondre.
- Maintenant que tu en parles… Elle est plus forte chez Nanaki, Cloud et Barret, et quasiment absente chez Tifa. Comment ça se fait ?
Il soupira.
- La peur de s'attacher pour te voir partir ensuite, je suppose.
Je haussai les épaules.
- Si tu le dis…
- Je suis sérieux. Arrête de penser à ton hypothétique départ et vis l'instant présent. Ça ira mieux.
Je clignai des yeux. Si ça pouvait lui faire plaisir…
- Et Valentine ?
Je fronçai les sourcils. Pourquoi m'interrogeait-il sur Vincent en particulier ?
- De quoi Valentine ?
- Comment ça se passe avec lui ?
Je soupirai.
- Mieux qu'au début, je suppose…
- Tu n'as pas l'air heureuse de cet état de fait.
Sa remarque me fit grimacer.
- Ce n'est pas ça, c'est juste que… J'en ai marre que tout le monde passe son temps à me critiquer parce que je ne suis pas « assez bien pour lui » !
Il cilla.
- Je ne te suis pas, me fit-il remarquer.
Je me mis debout d'un bond pour me mettre à faire les cent pas.
- Tout le monde passe son temps à me critiquer dès que je m'approche de lui à moins de cent mètres ! Quand c'est pas Yuffie, c'est les inconnues dans la rue et dans le bar ! Et j'en prends plein la gueule gratuitement !
- Je ne te suis vraiment pas. Tu risques ta peau et tout ce qui t'importe c'est des critiques superficielles ?
- Mais je ne sais même pas pourquoi ça compte ! Je ne sais même pas pourquoi la remarque de cette fille m'a autant touché tout à l'heure !
- C'est pourtant pas très important.
- Oui mais ça compte, OK ? criai-je presque.
- Tu vas commencer par me parler sur un autre ton, siffla-t-il en réponse, glacial.
Je reculai d'un pas, un peu penaude.
- Désolée…
Je me sentais assez nulle de m'être énervée contre lui sans raisons valables. Sephiroth soupira.
- Peut-être parce que tu te sens mal à l'aise dans ce monde, et donc que les critiques t'atteignent malgré toi ?
Je sentis mes yeux s'écarquiller.
- C'est… C'est une bonne hypothèse.
Il leva les yeux au ciel.
- Tu es décidément trop impertinente à mon goût. La seule personne capable de juger ce qui est le mieux pour lui, c'est Valentine lui-même après tout.
Je lui souris doucement et nous passâmes le reste de la nuit à nous disputer plus ou moins gentiment.
-A-
Le lendemain matin, ce fut une jeune femme gênée qui entra dans le bar. Nous levâmes la tête, surpris, car le Seventh Heaven était encore fermé.
- Je… je suis désolée pour hier soir ! s'écria-t-elle, rouge cramoisi.
Ce fut avec surprise que je reconnus la fille de la veille, celle qui était venue demander un plan cul à Vincent. Elle s'inclina devant le vampire profondément.
- Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, commença-t-elle. L'alcool m'est monté à la tête. Je sortais d'une mauvaise rupture et… Enfin, ce n'est pas le sujet. Je tenais à m'excuser, parce que j'ai clairement dépassé les bornes.
Vincent hocha la tête, mais ne lui adressa pas un mot. Avec surprise, je la vis se tourner vers moi.
- Je suis désolée, je sais que je n'ai pas été très gentille avec toi non plus.
J'ouvris et fermai la bouche d'un air niais, étonnée qu'elle puisse à moi aussi présenter des excuses.
- Ce… Ce n'est rien ! bafouillai-je.
Elle m'adressa un dernier regard désolé, avant de faire précipitamment demi-tour pour sortir du bar à toute vitesse.
- Et bien, marmonna Barret, s'ils pouvaient être tous comme ça…
Je grimaçai, d'accord avec lui sur cet état de fait.
- Que faisons-nous à présent ? demanda la barmaid.
Le colosse se leva de sa chaise, et s'étira profondément.
- Je ne sais pas. Nous avons une piste sérieuse, mais je me répugne à emmener Alix avec nous pour la confirmer, grogna-t-il avant de se tourner vers moi. Sans vouloir te vexer bien sûr.
J'inclinai la tête sèchement pour lui faire comprendre que je comprenais bien sa position.
- Nous attendons alors ? s'enquit Cloud doucement.
- Non, marmonna Barret. Nous allons faire du repérage.
Je crus voir un léger sourire déformer les babines de Cait Sith et Nanaki.
- Ça, ça me plait, souffla le petit chat en peluche. J'enverrai les infos collectées à Reeves.
- Bien, continua Barret. Nanaki, Cait Sith et Vincent iront en repérage. Nous allons rester ici avec les autres, appelez-nous en cas de danger.
Les trois concernés acquiescèrent de bon cœur et disparurent en moins de temps qu'il faut pour le dire. J'hésitais sur ce que je devais faire. J'avais envie de sortir, mais je n'étais pas sûre que les AVALANCHIENS me laissent faire.
- Heu, Barret… commençai-je doucement.
- Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
- Est-ce que… Est-ce que je peux sortir faire un tour ? Je veux dire, je n'irai pas loin, mais juste pour me dérouiller les pattes…
Il me contempla et explosa de rire.
- Bon sang, Alix, je ne suis pas ton père, tu fais ce que tu veux tant que tu restes prudente !
Un large sourire éclaira mon visage.
- Ok, à tout à l'heure alors !
Je bondis en dehors de la sortie sans attendre, heureuse de pouvoir voir la lumière du jour. Je me dirigeai, plus par habitude que par envie vers le terrain d'entraînement de Cloud. Je m'assis sur un rocher qui délimitait mon terrain de course à pied, laissant mon visage cuire au soleil.
- Humaine…
La voix me fit sursauter et je jetai un rapide coup d'œil autour de moi. Rien. Suspicieuse, je ne me laissais pas aller comme auparavant, car le souvenir que je pouvais me faire attaquer ici même me rattachait à la réalité. Il n'y avait pourtant aucun bruit autour de moi, aucun mouvement suspect…
- Drôle d'humaine…
Cette fois-ci, il n'y avait pas de doute. Je bondis sur mes pieds, jetant un regard terrifié autour de moi.
- Humaine a bougé !
- Qui, qui est là ! soufflai-je, pas très sûre de moi.
Je n'avais même pas embarqué mon katana.
- Humaine a peur ?
La voix, faible et sifflante, semblait venir de par terre. Baissant les yeux, je scrutai le sol à la recherche de n'importe quoi sachant parler. Mes yeux furent arrêtés par une forme tout en long qui glissait tout doucement vers moi.
- Un serpent… marmonnai-je.
Le souvenir des crochets de vipères perçant ma peau m'arracha un long frisson.
- Humaine a très peur… Pourquoi ?
Il y eut un long moment d'incompréhension, puis la lumière se fit dans mon cerveau.
- Attends, soufflai-je. C'est lui qui parle ?
La dragonne bougea et concentra son attention sur le reptile.
- Humaine très très très bizarre…
La dragonne sembla surprise mais acquiesça. C'était bien le petit serpent que j'entendais parler et que je comprenais.
- C'est toi qui parle ? ronchonnai-je quand même en direction du petit animal.
Je ne reçus aucune réponse. Ma dragonne se déplia doucement en moi et je la laissai faire, ne sentant aucune animosité en elle.
- C'est toi qui parle ? fis-je à nouveau.
Cette fois-ci, le reptile tourna la tête vers moi.
- L'humaine parle ma langue ?
Et bien, apparemment oui…
- Je… Oui…
- Très drôle d'humaine. Est-ce véritablement une humaine ?
Le serpent darda sa petite langue fourche et rose vers moi, reniflant l'air à sa façon.
- Humaine sent comme gros lézard ! s'exclama-t-il.
- Oui, heu, c'est fort probable parce que heu… Je suis un dragon !
Le serpent opina du chef. Oui oui, il bougea la tête et ça voulait dire oui.
- Tu es une humaine-dragon ?
- Je suis une humaine-dragon, confirmai-je.
Le serpent s'approcha doucement de moi et me renifla plus attentivement.
- Tu es méchante ?
- Ah, heu… non, tant que tu ne me mords pas !
Je prenais sur moi pour ne pas partir en courant tant la présent du petit être à écailles me dérangeait.
- Tu as peur ? Pourquoi ?
- Heu, j'ai peur parce que…
« Parce que j'ai dérangé certains des tiens en train de copuler ? » ne me semblait pas être une réponse adéquate.
- Parce que j'ai été mordu par des serpents comme toi il y a quelques temps ! évasai-je.
- Et tu es vivante ? Tu es une drôle d'humaine-dragon.
J'opinai du chef alors que le petit reptile faisait demi-tour et s'éloignait de moi.
- On parle aux serpents nous maintenant ? grognai-je à voix basse en direction de la dragonne.
Elle semblait aussi surprise que moi. Pire, elle était carrément stupéfaite car pour elle, les serpents étaient une race cousine mais inférieure, dénuée d'intelligence et de sens moral (même si je ne voyais pas ce que le dernier point venait faire là…). Haussant les épaules, je repris mon chemin en direction du Seventh Heaven.
-A-
Il fallut attendre le soir pour que les choses bouge à nouveau. Tifa ouvrit même le bar à midi, ce qui ne s'était pas produit depuis mon arrivée dans la petite bande. C'est ainsi que nous attendîmes le retour de nos éclaireurs, mêlant service au bar et longs moments d'attente. Finalement, vers neuf heures du soir, ce fut un Nanaki harassé qui poussa la porte d'entrée.
- Nanaki ! s'exclama Tifa. Venez donc vous asseoir et vous reposer !
À la suite du grand lion rouge, le petit chat en peluche et le vampire entrèrent dans le bar. Ils avaient tous l'air à moitié mort de fatigue. Rapidement, je leur préparai un plat de pâtes solide et une bonne cuisse de Chocobo chacun. Ils se jetèrent dessus avidement (sauf le petit robot) et purent ainsi souffler avant de prendre la parole.
- Ce Hopkins est plus dur à pister qu'un agent de la SHINRA, commença Cait Sith. On a eu du mal à le reconnaître, heureusement que Reeves m'avait envoyé une photo. Il était amaigri et se déplaçait furtivement. Il a le profil type du type qui cache quelque chose.
- Il regardait à chaque coin de rue avant de s'y engager, continua Vincent.
Nous gardâmes le silence un long moment. Alors on en avait trouvé un…
- Demain ! décida Barret. Nous irons le voir demain. Pour l'instant vous avez besoin de repos. Tout le monde au lit, même toi Alix. Surtout toi d'ailleurs, je veux que tu sois en état de te contrôler si jamais… Enfin... Si jamais.
Je me fis donc envoyer au lit avant la fin de mon service, comme une petite fille. Tifa se débrouillait très bien toute seule, mais ça me gênait de l'abandonner comme ça. Mais enfin, je supposais que Barret avait raison et qu'il me faudrait toutes mes forces demain.
Le lendemain matin, ce fut une équipe sur le pied de guerre qui partit du Seventh Heaven. Je suivis les autres, beaucoup plus inquiète que ce que je laissais paraître. Nanaki marchait à ma droite, Vincent à ma gauche, me faisant la garde rapprochée la plus classe du pays. Il n'empêche que sans eux, j'aurais probablement fait demi-tour au bout d'une centaine de mètres tellement la confrontation qui allait suivre me faisait peur. Et cette horrible promesse que j'avais faite à ma dragonne me hantait toujours autant. Qu'allais-je bien pouvoir faire une fois en face de ce Stefen ? J'étais armée, bien sûr, mais je n'étais pas certaine que cette vieille lame rouillée me soit d'un grand secours aujourd'hui. L'homme qu'avaient décrit les éclaireurs était inquiet, à l'affut. Il semblait se douter que quelque chose (ou plutôt quelqu'un) allait lui tomber dessus.
Nous marchâmes ainsi pendant des heures, scrutant les passants autour de nous. La zone où ils m'emmenaient m'était totalement inconnue avec ses grands entrepôts rouillés. D'après Nanaki, c'était ici le centre industriel de la ville. En effet, malgré le fait que certains étaient en mauvais état, tous les entrepôts s'ouvraient régulièrement pour laisser passer des camions chargés de choses diverses et variées. Des bruits de métaux que l'on frappait, d'engins avec leur sirène d'avertissement et des cris de travailleurs pressant un de leur coéquipier chargeaient l'air d'une tension électrique qui me fit presque baver.
- Il se terre par ici, nous apprit le vampire à voix basse.
Je vis Cloud hocher la tête, alors que le petit groupe reprenait la route vers un nouvel endroit inconnu. Je ne vis pas l'homme en première, par contre je sentis parfaitement son odeur. Dernière l'âcreté de la sueur et de la peur, il ne me fut pas difficile de reconnaitre ce fumet, qui hantait un certain laboratoire dans mes souvenirs. Un grognement sauvage franchit mes lèvres alors que la dragonne, pour la première fois depuis longtemps, se mettait en colère. Elle respectait mon choix, certes, et son intelligence, plus développée que ce qu'on pourrait croire au premier abord, lui soufflait qu'il nous fallait questionner avant, tuer après et que surtout la discrétion était de mise. Néanmoins Cloud se posta juste devant moi, me barrant la route de vue. Comme si mon grognement avait suffit à confirmer les craintes des autres, ils se mirent en route, suivant le fumet odorant alors que je m'efforçais de garder la dragonne calme encore un moment. Vincent se rapprocha un peu de moi, prêt à intervenir si je perdais momentanément le contrôle.
Nous marchâmes ce qui me parut brusquement des heures jusqu'à nous retrouver isolés entre un bâtiment gris et un autre, marron, portant l'inscription « Obania » à moitié effacée. En face de nous se tenait un grillage imposant de bien trois mètres de haut, et derrière s'étendait la plaine marronnasse entourant la ville. Notre homme ne fit pas mine de s'enfuir car il se retourna calmement, la peur à présent bien présente dans son odeur.
- Que puis-je pour vous ? fit-il d'une voix chevrotante.
- Nous aimerions vous poser quelques questions, Monsieur Stefen Hopkins.
Cloud se décala brusquement, révélant à ma vue le scientifique et donc moi à la sienne. Il blêmit fortement et recula d'un pas alors que je sentais un nouveau grognement furieux s'échapper de mes lèvres.
- Comment… ? commença-t-il.
Puis il avisa notre petit groupe avec plus d'attention, plissant les yeux fortement.
- AVALANCHE, hein… siffla-t-il.
Barret lui jeta un regard mauvais.
- Je vois que cette jeune fille vous dit quelque chose, ricana-t-il.
Il hocha très sèchement la tête, ne me lâchant pas des yeux, et moi de même. Ma dragonne commençait déjà à se débattre pour lui sauter dessus, mais, en un souffle, je lui rappelai qu'il nous fallait des réponses.
- En effet, répondit-il glacial.
Il nous jeta un regard apeuré, puis se mit à se tordre les mains. Physiquement, il était plutôt grand mais chétif, avec une crinière de cheveux grisonnant et une vieille paire de lunette. Malgré son allure, il était plus proche du bibliothécaire que du savant fou.
- Misère, j'aurais dû m'en douter, depuis l'assassinat de Lierick… Oh, j'aurais dû fuir la ville, oui oui oui, bien plus tôt… Oh misère…
Il n'aurait pas été responsable des diverses situations actuelles que j'aurais presque eu pitié de lui.
- Vous reconnaissez donc votre implication dans les récents problèmes que nous rencontrons en ce moment avec les monstres ? continua Barret, d'un calme absolu.
- Oh les monstres, oui oui les monstres… Toujours plus forts, toujours plus rapides… Oh oui oui les monstres !
Il avait l'air à moitié fou, en vérité.
- Qu'avez-vous fait exactement ? cracha Cloud.
- Oh rien rien, quelques petites modifications par-ci par-là…
Ses yeux fuyaient notre contact, et il se tordait à présent tellement fort les mains que j'avais peur qu'il se les casse.
- Et ce que vous avez fait à cette jeune femme, c'est aussi « des petites modifications » ? siffla Tifa.
L'homme reporta enfin son regard sur moi, et ses yeux luisaient d'une lueur étrange.
- Oh elle, elle, notre plus beau chez d'œuvre, notre pièce maitresse… La plus belle d'entre toutes…
- Que lui avez-vous fait exactement ? demanda Vincent en détachant distinctement chacun des mots prononcés.
- Vous… Vous ne comprendriez pas ! Notre chef d'œuvre, notre ultime pièce !
La colère enflait en moi comme la mer lors d'une marée. Cet homme était fou !
- Je ne me répéterai pas, recommença Vincent. Que lui avez-vous fait, et pourquoi ?
- Pourquoi ? Pourquoi ?! reprit l'homme d'un air extatique. Pour créer l'arme parfaite, notre ultime chef-d'œuvre, celle qui allait nous conduire à la victoire.
- Vous alliez vous servir d'elle pour annihiler les monstres, n'est-ce pas ? cracha Nanaki.
Il explosa de rire.
- Les monstres ? Alors qu'elle est la pire d'entre eux ? Notre ultime chef-d'œuvre ? Notre plus belle création ? Celle qui allait nous conduire à l'utopie parfaite ?
- Je ne le suis pas, marmonna Cait Sith.
À vrai dire, moi non plus.
- Qu'est-elle alors ? souffla Tifa.
- Une pièce incomplète, un prototype de ce qu'elle aurait dû être. Une créature monstrueuse réduite à l'état de chaton inoffensif. Tout notre travail sur les monstres, tout notre savoir faire, et elle s'est enfuie avant !
- Avant quoi ? soufflai-je.
- Avant d'être terminée, avant d'être parfaite !
Sa voix était devenue étrangement aigüe, presque insupportable et nasillarde.
- Parfaite pour tuer des monstres, elle l'est déjà, fit doctement remarquer Cait Sith.
- Les monstres ? Non, non pas les monstres !
Il ne semblait même pas savoir ce qu'il racontait.
- Quel est votre but ? demanda tout de go Cloud.
Un sourire froid et cruel étira alors les lèvres de l'homme en fasse de moi.
- Réduire le monde en cendres. Marcher sur ces villes, sur la SHINRA ! Imposer un ordre nouveau, faire régner la terreur et la misère. Devenir Rois !
Un frisson glacé parcourut mon dos. Mais alors, à quoi pouvais-je donc bien servir ?
- Et quel était le but des transformations que vous lui avait fait subir ? s'enquit nerveusement Barret.
- Elle était l'arme, la plus puissant, la plus terrifiante. Elle était l'arme ultime conçue pour annihiler l'espèce humaine !
Un poids chuta brusquement dans mon estomac, alors que tous les membres d'AVALANCHE portèrent sur moi un regard paniqué. Un maelstrom de sensations s'empara de moi, alors que ses derniers mots résonnaient dans ma tête comme une litanie.
« Pour annihiler l'espèce humaine »
« Pour annihiler l'espèce humaine »
« Pour annihiler l'espèce humaine »
« pour annihiler l'espèce humaine »
Cette information me déconnecta de la réalité, trop difficile à affronter. Sentant ma peine et mon horreur, la dragonne se déploya, prête à me défendre, à se défendre. Terrifiée, je me sentis sombrer alors que la dragonne prenait place sur moi. La transformation me parut bien douce après les mots prononcés à mon égard. Je m'étais crue sauveuse de l'humanité, je serais la raison de sa chute. Je perdis pied, me laissant glisser dans les abîmes que représentait la transformation. Je vis l'homme écarquiller les yeux alors que mon corps laissait place à celui de la dragonne.
Je me sentis décoller alors que Barret hurlait un « Merde ! » retentissant. Par contre, ma surprise fut totale lorsque je me vis basculer la tête en arrière fortement et ouvrit la bou… la gueule. Puis, d'un mouvement brusque, la dragonne rejeta la tête en avant, crachant un immense rayon blanc éblouissant. Il heurta le sol et continua sa route jusqu'à Stefen et même au-delà. Le rayon me brûlait presque la bouche, j'avais l'impression que mes cordes vocales fondaient sous la chaleur. Mais rien ne se produisit en apparence. Jusqu'à ce que le trajet suivi par ce que je venais de cracher explose. Le bruit, assourdissant, se répercuta jusque dans ma moelle de dragon, alors que nous paniquâmes toutes les deux, autant la dragonne que moi. Je vis passer dans ma tête des images de dragons crachant des flammes, et non un rayon blanc mille fois plus meurtrier.
Les membres d'AVALANCHE s'étaient planqués dans un coin alors que nous étions toujours en vol stationnaire au-dessus d'eux. Je sentis une immense lassitude s'emparer de moi alors même la panique se voyait reléguer au second plan. Stefen était mort, atomisé par la puissance destructrice que j'étais. Je laissais la dragonne décider de ce qu'on allait faire pour la suite et aussi étonnée que moi elle ne bougea pas d'un mètre.
- Alix ? fit une voix en dessous de moi.
Ma transformation prit alors fin et je me sentis chuter vers le sol. Je tombai de tout mon poids sur Cloud, qui se laissa chuter avec moi pour ne pas que je me fasse mal. D'un simple mouvement, il m'attrapa et me tira vers lui dans une accolade à mi-chemin entre l'entrave et l'étreinte. Je savais qu'il faisait ça dans le but de me rassurer autant que dans celui de prévenir une nouvelle transformation, mais je m'en moquais éperdument alors que j'étais toujours nue dans ses bras. Je sentis finalement quelque chose se déposer sur mes épaules alors que l'ex SOLDAT me relâchait enfin. L'odeur de Vincent emplit mes narines alors que je sentais qu'on m'enveloppait dans sa cape. Je me laissai faire sans broncher, complètement déconnectée de la réalité, les yeux perdus dans le vide. On me souleva doucement alors qu'une voix douce résonnait à mes oreilles.
- Elle est en état de choc.
À l'aura, je reconnus Vincent.
- Nous aussi, fit une voix glaciale sur ma droite.
Je sentis qu'on resserrait l'étreinte autour de moi alors que d'autres personnes semblaient entrer dans le cercle que nous formions.
- Reno ? entendis-je dire Cloud, incrédule.
- Lui-même ! fulmina le rouquin. Alors, ce n'est qu'la nouvelle serveuse de bar, hein ?
Je ne disais rien, alors que Barret se postait devant Vincent et donc devant moi.
- Pas touche, Reno ! siffla le baraqué.
- Oh, je ne risque pas, ricana-t-il. Rufus va être ravi de savoir que vous planquiez une telle merveille depuis tout c'temps… N'est-ce pas Rude ?
Le black acquiesça.
- Qu'allez-vous faire ? demanda froidement le vampire.
- Pas grand-chose, le rassura Rude. On a tout entendu. Si elle n'y peut rien…
Le roux soupira.
- J'comprends que vous vouliez la protéger, mais l'patron va pas être content.
- Et que pouvons-nous y faire ? s'agaça Tifa.
- Rien, lui rétorqua Rude. On va calmer le jeu, amenez-la le rencontrer demain.
Ils firent demi-tour sans que cela m'affecte. J'en avais marre et je voulais dormir. Juste dormir. Les yeux grands ouverts, soutenue par Vincent, je sentis que l'on reprenait la route. Je ne sais pas comment ils se débrouillèrent pour me faire traverser la ville à moitié nue, seulement couverte par la cape du brun, mais je ne repris conscience de mon environnement qu'une fois le seuil du Seventh Heaven franchi. Le vampire me lâcha alors, et Tifa me conduisit à l'étage sous les yeux éberlués des enfants.
- Allez, rhabille-toi ! me souffla-t-elle doucement.
Même la dragonne sembla d'accord avec elle. Je redescendis quelques secondes plus tard, de nouveau en tenue décente.
- Tiens ! marmonnai-je en direction du vampire en lui rendant sa cape.
J'évitai sciemment le regard des personnes présentes et je fuis littéralement le bar, prenant les jambes à mon cou. Je courus ainsi pendant un long moment, finissant par m'effondrer sur un vieux morceau de route désaffectée pas bien loin de l'église aux fleurs d'Aerith. Les jambes pendantes dans le vide, je fixai l'horizon. Je n'arrivais pas à me sortir de la tête les mots, ces mots, ceux qui avaient changé ma vie. Malheureuse comme les pierres, je me laissai sombrer dans des pensées de plus en plus dures. Qu'allais-je devenir ? Les membres d'AVALANCHE ne pouvaient décemment plus me garder avec eux. Barret n'allait plus me laisser m'approcher de sa fille et de Denzel, pire, Tifa ne me laisserait plus l'aider au bar. J'étais trop dangereuse pour les clients. Ma dragonne ne cherchait pas à me réconforter, bizarrement secouée elle aussi. Et demain… Rufus Shinra. Ce nom me terrifiait, un peu comme celui de Vincent quelques semaines plus tôt. J'en avais au final peu entendu parler, et il semblerait que les membres d'AVALANCHE aient une dent contre lui. Les TURKS m'avaient laissé une impression mitigée de professionnalisme et de je-m'en-foutisme et je ne savais pas quoi penser de leur chef.
Je me laissai m'enfoncer dans l'abîme noir de mes pensées, préférant ne pas regarder la vérité en face. J'étais un monstre. J'étais monstrueuse. J'étais une arme de destruction massive, j'allais condamner l'humanité. Si je perdais le contrôle, il ne resterait probablement plus rien de cette ville. Que devais-je faire, à part quitter cet endroit ? Mais où irais-je ? À pied en plus ! Le vide sous mes pieds semblait m'attirer inexorablement. La dragonne voulait s'y jeter pour partir vers un endroit où l'on nous foutrait la paix. Elle voulait s'envoler loin, loin d'ici et des humains et j'étais prête à la suivre.
- La vue est belle d'ici.
La voix de Vincent ne me fit même pas sursauter même si je ne l'avais pas senti approcher.
- Va-t-en ! marmonnai-je.
Je voulais juste que l'on me laisse tranquille. Le vampire se tenait assez loin derrière moi, et ne semblait pas vouloir s'approcher.
- Tu veux sauter ? demanda-t-il posément avec sa voix froide.
Me demandait-il vraiment aussi posément si je voulais me suicider ?
- Non, grognai-je. Aucun intérêt, je survivrai à la chute.
Le bruit de ses bottes en fer frappant le sol rompit le silence des lieux.
- Que vas-tu faire, alors ?
- Rien ! attaquai-je. Je vais juste me barrer d'ici.
- Pourquoi ? s'étonna-t-il.
- Parce que je suis un monstre ! hurlai-je enfin. Parce que je suis un monstre, et que plus personne ne voudra m'approcher ! Je suis juste une arme, juste… juste une expérience !
Je vis le vampire surgir à ma gauche alors qu'il s'asseyait lui aussi sur le morceau de route, à bonne distance de moi.
- Je suppose que si je te dis que tu n'en es pas un, tu ne m'écouteras pas ? me fit-il.
Je l'ignorai simplement.
- Je vais annihiler l'humanité, soufflai-je alors.
Il se passa plusieurs secondes avant qu'il ne reprenne la parole.
- Alix, dis-moi, à quoi sert un couteau ?
Sa question me fit sourciller.
- À couper, je suppose.
- Oui. Alors explique-moi où se trouve la différence entre celui qui l'utilise pour couper sa viande et celui qui s'en sert pour tuer quelqu'un.
Je sentis mes yeux s'écarquiller.
- Je… Je ne sais pas.
- L'arme n'est pas mauvaise en elle-même, c'est la manière dont on l'utilise qui fait d'elle un objet de sang et de terreur.
- Vincent, je ne suis pas un couteau ! marmonnai-je.
- Non, c'est vrai. Mais contrairement au couteau, tu es libre de tes choix. Annihiler l'humanité, c'est ce pour quoi tu as été créée, comme le couteau l'a été pour couper un morceau de viande. Il ne tient qu'à toi de savoir ce que tu comptes faire : couper ou tuer ?
Sa litanie avait fait naître en moi un sentiment oublié depuis bien longtemps : l'espoir. L'espoir que malgré ma condition je restais libre et humaine.
- Tu penses que j'ai le choix ? soufflai-je.
- On a toujours le choix. Ils ne t'ont pas enlevé ton libre arbitre aux dernières nouvelles.
Je fermai les yeux.
- Qu'importe le libre-arbitre, si je ne peux pas me contrôler.
- Le contrôle vient avec le temps et la patience.
- Et si… Et si je perds le contrôle, comme aujourd'hui ?
- Tu n'y es pas encore, et maintenant tu sais qu'il te faudra juste éviter d'ouvrir la gueule un peu trop grand.
Je soupirai, peu sûre de ce qu'il disait mais sensible à son humour.
- Et en plus, je suis incomplète. Qu'est-ce qu'ils auraient bien pu rajouter, hein, à part un trou de balle qui crache des flammes !
J'entendis Vincent glousser. Surprise, je tournai la tête vers lui pour voir qu'il rigolait doucement.
- Effectivement, souffla-t-il d'une voix douce.
Je le contemplai un long moment, avant de m'apercevoir de quelque chose de bizarre.
- Tu… Ton aura est étrange.
Il soupira.
- Cela va te paraitre étrange, mais je crois que Chaos a… peur de toi.
J'étais stupéfaite.
- Co… Comment ça il a peur de moi ?
Il leva les yeux au ciel, observant les étoiles.
- Ta démonstration de force l'a remis à sa place. Il te pensait faible, mais voilà que tu lui as prouvé le contraire. Il cherche à se repositionner maintenant.
- C'est pour ça que tu t'es mis aussi loin de moi ! compris-je.
Et bien, c'étais le monde à l'envers ! Ma dragonne, elle, semblait ravie. Ce qui était normal vu la relation qu'elle entretenait avec le démon.
- Oui, répondit-il.
Nous reprîmes notre silence monacal.
- Et pour demain ? finis-je par soupirer.
Le vampire reporta son regard sur moi.
- Je viendrai avec toi. Rufus n'est pas idiot, il ne te fera rien tant que je suis dans un rayon de deux cents mètres autour de toi.
Je hochai la tête, maintenant un peu rassurée.
- D'ailleurs, comment m'as-tu trouvé ?
Un léger sourire vint étirer ses lèvres. Il avait l'air fier de lui.
- Tu ressens ma présence quand Chaos s'énerve, n'est-ce pas ?
- Oui, bien sûr ! Mais qui ne la ressentirait pas ?
- À peu près tout le monde.
J'étais légèrement surprise.
- Et pourquoi moi plus que les autres, alors ?
- À cause de ta dragonne. Tu ne t'es jamais demandé comment je t'ai retrouvée à l'église il n'y a pas si longtemps ?
- À vrai dire, j'y ai pas pensé…
- Chaos ressent la présence de ta dragonne à des kilomètres à la ronde. Ne me demande pas pourquoi, je n'en sais rien. Je pense à une espèce de connexion due à leur nature extrêmement proche.
Je clignai doucement des yeux pour lui faire comprendre que j'avais compris. Un nouveau mystère de résolu.
- Pourquoi je ne peux pas faire de même, moi ? lui demandai-je doucement.
Je crus voir un léger sourire étirer ses lèvres.
- Disons que j'ai plus d'expérience que toi. Et que tu n'essayes pas vraiment non plus.
Ce n'était pas une critique, plus une remarque ou un fait avéré. Nous restâmes tout deux silencieux après ça, perdus dans nos pensées. L'aura du vampire à côté de moi fluctuait doucement, mais sans agressivité. Il me semblait, au vu de ce que je ressentais, que ma dragonne était en pleine discussion avec Chaos.
- On devrait y aller, finit par dire Vincent au bout d'un moment. Les autres vont s'inquiéter.
Je hochai la tête alors qu'il se remettait sur ses pieds. Surprise, je le vis tendre la main vers moi, le visage neutre. Doucement, je posai ma main dans la sienne, plongeant mon regard au fond de ses yeux couleur sang. « Mon dieu », pensai-je avec surprise, « qu'est-ce qu'il est beau ! ».
- Je sais pourquoi j'avais peur de toi, soufflai-je doucement.
Je le vis froncer les sourcils alors qu'il resserrait l'emprise de sa main sur la mienne.
- De quoi parles-tu donc ?
- Tu sais, le jour où tu étais alité ? Et bien tu m'as demandé pourquoi j'avais peur de toi. J'avais été incapable de répondre.
- Cela commence à dater un peu, tout cela, me fit-il remarquer.
- Je sais. Mais aujourd'hui, j'ai la réponse.
- Et quelle est-elle ?
Je lui souris doucement.
- Tout le monde passait son temps à me dire que toi seul pourrais véritablement décider de mon sort. Si ce constat m'avait horrifié à l'époque, maintenant je le comprends parfaitement.
- Je ne te suis pas, marmonna-t-il en fronçant les sourcils. Tu me prenais pour un juge ?
- Un bourreau, plutôt. Et c'est vrai que tu es un homme impressionnant. Mais très sage.
Il grimaça.
- C'est un compliment ?
- Bien sûr que oui !
Il me sourit alors presque franchement en me remettant sur mes pieds. Je remarquai alors, gênée, qu'il avait gardé ma main dans la sienne pendant tout le temps de notre discussion.
- Alors c'en est un bien beau.
Il fit demi-tour dans un bruissement de cape alors que je lui emboitai le pas en souriant doucement. Décidemment, on ne le changerait pas.
-A-
Lorsque j'ouvris les yeux sur la plaine fleurie, je me redressai surprise. Il y avait beaucoup de monde aujourd'hui, puisque la totalité de la petite bande était là.
- Et bien, fit Aerith, tu en as mis du temps à venir jusqu'à nous.
Je retins de justesse la remarque amère qui allait s'échapper de mes lèvres.
- Aerith, sois gentille avec elle ! la sermonna doucement Angeal.
- J'ai cru qu'elle s'était perdue, s'expliqua la brune.
- J'aurais du mal à me perdre, je n'ai jamais connu le chemin, lui fis-je remarquer.
- Il ya une différence entre connaître et savoir, me fit-elle remarquer. Tu connais le chemin, mais tu ne le sais pas, c'est là toute la différence.
Je me retins de lever les yeux au ciel. C'était plus fort que moi, j'avais vraiment du mal avec la Cetra.
-Que me vaut l'honneur de votre présence à tous ? m'intriguai-je enfin.
- Nous voulions voir comment tu allais après… Après tout ça.
Sephiroth fit un geste évasif à la fin de sa tirade.
- Pas très bien, avouai-je.
C'était vrai. Même si la tirade de Vincent m'avait permise de relativiser, je restais assez mal dans ma peau. Je ne m'étais jamais considérer comme un monstre avant hier. J'avais accepté ma condition d'hybride humain-dragon sans me poser plus de questions que ça. Comme si cela faisait partie du lot « voyage-interdimensionnel ». Mais maintenant, que dire ? J'étais devenu un monstre à mes propres yeux et je n'osais savoir ce que les autres pourraient en penser. Je m'étais débrouillée pour monter me coucher sans croiser personne.
- L'inverse m'aurait étonné, marmonna Genesis.
- Pour une fois, je suis d'accord avec lui, continua Angeal, son vieux sourire en coin fixé sur ses lèvres.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? soupira l'argenté.
- Je suis un monstre, voilà ce qui ne va pas ! grognai-je fortement.
Je vis sans comprendre le regard équivoque que se lancèrent les trois plus anciens SOLDATS présents.
- Comme si ça allait changer quelque chose pour nous, plaqua calmement Zack.
- Ça change quelque chose pour moi, fis-je d'une voix amère. Et ça doit aussi changer quelque chose pour ceux d'en bas !
- C'est pas ce que j'ai compris du discours de Valentine, me coupa Angeal.
- Vincent est un cas à part ! marmonnai-je.
Il y eut un soupire collectif.
- Et bien, si l'on doit en passer par là pour convaincre la demoiselle… commença Genesis avec une voix théâtrale.
Les deux autres acquiescèrent. Puis Genesis remonta la main gauche vers son visage avant de brusquement la rejeter vers le côté. Au même moment, une immense aile d'un noir profond jaillit de son épaule. Il en fut de même pour Sephiroth, pour qui une aile noire surgit de son épaule droite et pour Angeal dont l'épaule droite fut traversée par une aile d'un blanc pur. Estomaquée, je regardai le résultat final avec la bouche entrouverte et les yeux écarquillés.
- Que… ?
-Vois-tu, on est tous trois des expériences. Tous les trois, nous sommes des monstres, commença Genesis.
Je ne l'écoutai pas et bondis derrière Sephiroth pour observer l'appendice duveteux de plus près.
- Mais c'est génial ! glapis-je.
Sans attendre, j'avançai les mains pour caresser doucement les plumes noires du Général qui manqua de s'étrangler de surprise.
- C'est tout doux ! soufflai-je, subjuguée.
- Et bien, marmonna Angeal, ce n'était pas tout à fait la réaction attendue, mais ce n'est pas plus mal.
Je me tournai alors vers lui.
- Tu n'as jamais aussi bien porté ton prénom, lui dis-je. On dirait un ange !
- Mais bien sûr ! ironisa Genesis.
Je me dirigeai vers lui pour observer son aile de plus près comme je l'avais fait pour celle de l'argenté.
- Mais vous arrivez à voler avec, ou c'est déséquilibrant ?
- On peut voler avec, marmonna le Général, glacial après la mini frayeur que je lui avais causée.
- Mais c'est trop génial ! repris-je.
Zack soupira.
- Une vraie gosse, les étoiles dans les yeux et tout. Je me demande encore pourquoi vous aviez si peur de lui montrer ça…
Je fronçai les sourcils, me tournant vers eux.
- Comment ça « peur » ?
- Comprends-nous, commença Sephiroth, neutre. C'est déjà beaucoup pour nous que tu ne nous aies pas jeté comme des malpropres, alors on voulait éviter d'en rajouter.
- Et si tu veux mon avis, j'aurais préféré que tu le prennes mal, que tu monstres une émotion normale une fois dans ta vie, finit le roux.
Je sentis un léger sourire étirer mes lèvres.
- Moi je vous trouve géniaux, confiai-je.
- C'est parce que tu n'as pas gouté à la cuisine de Genesis, me souffla Zack sur le ton de la confidence.
J'explosai de rire alors que Genesis dégainait sa Rapière pour lui courir après.
Fin du chapitre 32
Alors ?
Le prochain chapitre s'intitule « Chaos » :3 Devinerez-vous pourquoi ?
Le titre de celui-là est tiré d'un des poèmes condamnés de Baudelaire dans Les Fleurs du Mal, Lesbos. Le vers original étant « Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge ? »
Play list : Fan, Obispo Lettre à Elise, Beethoven Carmina Burana-O Fortuna- Fortuna Imperatrix Mundi, Carl Orff, version de André Rieu et de Koninklijke Chorale ^^
