Coucou mes lapins ! Comment allez-vous ? Merci pour vos reviews et vos encouragements !
Ca y'est, mon roman est sorti en version numérique ! Je suis hyper stressée xD
Allez, pour oublier le stress, rien de mieux qu'un nouveau chapitre… J'espère qu'il vous plaira ! ( Il est assez long. Pour de bonnes raisons héhé...)
Chapitre 36
Wade et Peter avaient disparu sur une conclusion un peu brusque de Wade.
« On se tient au jus », et puis plus rien.
Lucie et Tony échangèrent un regard, puis ne purent retenir un petit rire. Le mercenaire était décidément un personnage incroyable.
- On rentre, belle gosse ? proposa le futur ingénieur à sa compagne.
Lucie referma ses bras autour des épaules de Tony et ils atterrirent au beau milieu de la chambre du Jotun. L'héroïne du jour déposa un baiser sur les lèvres de l'étudiant.
- C'était sympa de t'avoir avec moi, reconnut Tony.
Comme simple réponse, un nouveau baiser, prolongé. Des doigts frais qui s'activèrent sur les pièces de l'armure pour tenter de libérer l'homme caché à l'intérieur. Tony frissonna et murmura, alors que son plastron savamment retiré libérait son torse :
- Tu ne veux pas reprendre ton apparence… Normale ?
- Tu ne m'aimes pas comme ça ? Chuchota la voix suave de Lucie.
Ses longs cheveux noirs tombaient un peu devant ses yeux gris. La combinaison blanche revêtue pour l'occasion épousait parfaitement sa silhouette féminine.
- C'est pas… Enfin… Disons que…
Tony soupira.
- Je t'aime dans tous les cas, mais je suis plus à l'aide avec le vrai Loki.
Un instant de silence surpris fit résonner ces mots à ses oreilles. Il fit un bond en arrière, les mains en avant comme pour se dédouaner de ses propres propos :
- AH ! Enfin je…
- Tu m'aimes alors ? répéta Lucie, visiblement amusée par la gêne de son amant.
Peu à peu, les traits de la sorcière se modifièrent pour qu'elle puisse laisser place à Loki, prince d'Asgard, vêtu d'un simple jean délavé et d'un tee-shirt trop ample pour lui.
- Je… Rho, oui, bon, bien sûr que je t'aime abruti, grogna Tony. C'est ridicule cette habitude de ne pas vouloir le dire. Ça fait dix ans qu'on se connaît, dix mois qu'on est ensemble, je pense que tout dans mon attitude, mes mots et mes gestes le dit déjà !
- Ne t'emporta pas, voyons, répondit Loki, joueur.
- Je ne m'emporte pas! C'est vrai quoi, c'est débile cette règle de ne pas dire aux gens... Cette pudeur déplacée...
- C'est toi qui est pudique, le taquina Loki.
- Tu ne m'as jamais dit " je t'aime " non plus, rétorqua Tony, vexé, alors que Loki bataillait avec ses jambières pour les lui retirer.
Une fois qu'il eut réussi, il vint déposer un nouveau baiser au coin de lèvres de l'ingénieur, avant de chuchoter :
- Mais tu as raison, mon tendre. Après tout, pourquoi dire à voix haute ce que mes mots, mes gestes et mon attitude te crient tous les jours depuis des années ?
Et Tony se dit que, décidément, la vie était belle.
Loki s'amusait. Jamais auparavant, dans sa longue vie d'Asgardien, il n'avait vécu une telle situation. L'excitation du jeu, l'adrénaline, la peur constante d'être découvert... Le fait d'être le seul à posséder toutes les cartes en mains, à maîtriser la situation à cent pour cent, lui procurait un sentiment de puissance très agréable.
Il aimait comploter avec Amora et les autres, voir Harry se morfondre de sa relation avec Peter, écouter Richard parler de ses grands projets pour la cause mutante. Planifier des braquages, des évasions et, plus récemment, de grosses manifestations au cours desquels les mutants libérés du Centre correctionnel d'Attica affrontaient les forces de l'ordre.
Il aimait être Lucie, aussi. Rencontrer Wade et Peter pour essayer de mettre au point une stratégie visant à capturer les quintuplés maléfiques. Même si le mercenaire l'insupportait rapidement, il éprouvait une certaine affection pour l'araignée et sa bonne humeur constante. Il aimait les regards entendus que lui lançait Tony, des regards qui disaient " Moi, je sais qui tu es réellement ". Ce qui était faux, bien évidemment, et ce n'en était que plus intéressant.
Il se découvrait un goût pour le mensonge qu'il ne se savait pas posséder. Pas à ce point. Bien sûr, dans son enfance, il avait de multiples fois menti, magouillé, comploté contre son frère. Mais la situation prenait une toute autre dimension à présent : il mentait tout le temps, à tout le monde. Amora, leurs amis, Tony, Peter, Wade.
Et lui, au milieu de ce maelstrom d'évènements, exultait. Jamais il ne s'était autant amusé. La curiosité de voir ce qui se passerait ensuite l'emportant sur les doutes qu'il aurait pu ressentir.
Les deux mois qui suivirent sa première sortie en tant que Lucie, de nouvelles altercations eurent lieux entre les deux bandes ennemies. Richard, accompagné des pires criminels mutants libérés de prison, organisa de nombreux rassemblements. Ensemble, ils attaquèrent plusieurs lieux emblématiques de personnalités ouvertement hostiles aux mutants. L'opinion publique était partagée à leur sujet. Un nouveau dérapage eut lieu au cours d'une manifestation. Les forces de l'ordre avaient dû tirer à balle réelles pour contenir l'assaut enragé de plusieurs mutants qui contrôlaient la foudre, faisant tonner l'orage pendant de longues heures au-dessus du centre-ville, causant plusieurs millions de dollars de dégâts matériels. Les mutants enragés avaient riposté : un mort chez les mutants, deux blessés grave chez les agents du SHIELD venu contenir le rassemblement.
Le courant prit de l'ampleur. Chaque jour, de nouveaux mutants rejoignaient Richard. Calypso se prit au jeu, alors que Loki, Harry et Amora restaient en retrait, plus amusés à l'idée d'aller terroriser la population que convaincus par les valeurs défendues par le groupe. Plusieurs fois, Spiderman, Deadpool, Iron Man et Lucie venaient contrecarrer leurs plans, sans jamais néanmoins que l'une des équipes n'arrive à prendre l'avantage sur l'autre : Loki y veillait très scrupuleusement.
Il s'assurait également de contenir les envies meurtrières d'Amora. Si lui-même voyait assez peu d'inconvénients à ce que d'autres mortels perdent la vie au cours de leurs affrontements, il souhaitait bien évidement épargner ce sort à Tony. Il sentait qu'Amora avait de plus en plus de mal à accepter son autorité. Il faudrait y remédier en temps voulu, il en était bien conscient.
Malheureusement, lorsque l'on attend trop, on prend le risque d'arriver trop tard.
Une nuit de la fin d'automne, Loki fut réveillé par une perturbation aux abords de sa conscience.
Il était difficile d'expliquer la perception qu'il avait de la dimension magique, mais certaines activités et certains évènements attiraient son attention. Une importante utilisation de sorcellerie, par exemple.
Il repoussa lentement les draps pour ne pas réveiller Tony qui dormait sereinement à côté de lui. La sensation désagréable ne le quittait pas. Quelque chose était en train de se produire. Il se glissa dans le salon, ombre parmi les ombres. Le parquet gardait une certaine fraîcheur sous ses pieds.
Il se servit mécaniquement un verre d'eau, sans parvenir à déterminer précisément ce qui le chagrinait. Porté par son instinct, il se dirigea à pas mesurés vers les autres chambres. Il entendit Zeke ronfler à travers la porte de la sienne. Quand il se glissa dans la chambre d'Amora, celle-ci était déserte. Un mauvais pressentiment étreignit la poitrine du sorcier, mêlée à l'excitation qui précède le jeu. Un jeu dangereux mais fascinant. Loki étendit ses sens dans la cinquième dimension et détecta un pic d'activité magique très intense à quelques kilomètres à peine.
" Amora... Qu'as-tu fait?"
Il se téléporta. Chat pressé de mettre la main sur une souris.
Atterrissage au milieu du chaos.
- Tony debout! Tony putain c'est la merde. Réveille-toi !
L'étudiant fut tiré de son sommeil par la voix paniquée de Zeke qui enfilait un jean en titubant.
- Quoi? Laisse-moi dormir...
- Tony c'est hyper grave.
Le ton employé acheva de tirer l'intéressé du sommeil. Il se redressa en grimaçant.
- Il est où Loki? Demanda-t-il, étonné de voir les draps vides à sa droite.
- Je sais pas. Et Amora aussi est introuvable. C'est pas ça le souci. Tu sais, les quintuplés et leur front de libération mutant?
- Oui? Et bien?
Tony réceptionna le jean que lui lançait Zeke avec son visage. Il jura.
- Ils ont trouvé la nouvelle adresse de Peter Parker.
- Ils l'ont déjà kidnappé une fois, grommela Tony.
Il enfila rapidement des vêtements et suivit Zeke jusqu'au placard ou ils dissimulaient l'armure. Son ami entreprit de l'aider à fixer les différentes plaques de métal.
- Sauf que la dernière fois, ils étaient cinq. Là, ils sont cinq-cents, et ils ont foutu le feu à l'immeuble.
La nouvelle glaça l'estomac de Tony. Il sentait bien, depuis plusieurs semaines, l'escalade de violence. D'abord, les petits délits, puis l'évasion de la prison, où il y avait eu une victime. Puis les manifestations, de plus en plus agitées, l'incapacité des forces de l'ordre à endiguer le flot de colère qui se propageait comme un virus destructeur.
Ezekiel l'aida à revêtir son heaume et lança dans la visière une retransmission de la principale chaîne d'information du pays.
Tony sentit ses jambes flageoler en apercevant les images. Effectivement, l'immeuble ou vivait Peter Parker était dévoré par les flammes. Les rues alentour étaient pleines à craquer de mutants en colère qui brandissaient des affiches et faisaient étalage de leurs pouvoirs. Plusieurs voitures brûlaient. Des camionnettes du SHIELD tentaient de contenir en vain la masse grouillante dans une rue. Plusieurs hélicoptères survolaient les lieux, mais les pompiers ne pouvaient pas intervenir, retenus en amont de l'incendie par une dizaine de mutants hargneux.
Iron Man décolla dans l'air frais du soir. Zeke lui-même montait dans une voiture, son ordinateur portable à portée de main. Peut-être pourrait-il donner un coup de main, sur place.
- JARVIS, appelle Peter Parker, commanda Tony en négociant un virage serré entre deux buildings.
Ils avaient enfin intégré JARVIS comme logiciel embarqué dans l'armure, plus tôt dans la semaine. C'était le premier test de l'intelligence artificielle sur le terrain. Une avancée remarquable.
L'appel resta sans réponse.
- Jarvis, appelle Loki.
De nouveau, les longues sonneries dans le néant.
- Jarvis, appelle Wade Wilson.
Cette fois, quelqu'un décrocha. Le son était mauvais, saturé de cris.
- Ramène ton cul ! Cria la voix de Wade, en partie couverte par le brouhaha alentour.
- J'arrive. Tu sais où est Peter?
-Putain, non! Lucie?
- Je... J'arrive pas à la joindre! Ça donne quoi sur place? Je suis là dans cinq minutes.
Il apercevait déjà au loin la lueur dansante et macabre de l'incendie mêlée à celle des gyrophares.
- C'est le bordel !
Plusieurs coups de feu retentirent.
- Wade, tu tires à balles réelles?
- Bien sûr putain! Il faut que je retrouve Peter et ces mecs empêchent les pompiers d'intervenir ! Faut pas qu'il crame, un seul défiguré dans notre binôme, ça suffit !
Un horrible grésillement coupa brusquement la conversation. Le téléphone de Wade venait d'exploser, traversé par une balle qui profita de son élan pour venir se loger dans la tempe du mercenaire.
A peine dérangé par le petit désagrément que constitue une balle dans la tête, il hurla :
- Ah putain, vous savez le prix que coûte un téléphone?
Puis il entreprit de vider le chargeur de ses deux fusils automatiques sur le malheureux qui avait osé s'en prendre à lui.
Autour de lui, affrontement confus : agents du SHIELD abrités derrière de larges boucliers antiémeute, déluges de grêle, d'animaux, d'énergies multicolores ricochant partout, voitures et bâtiments en flammes... A court de munitions, il dégaina ses katanas fétiches, bien décidé à embrocher quiconque se présenterait sur son chemin.
Iron-Man atterrit à sa droite une petite minute plus tard, scandalisé par le chaos qui régnait en plein cœur de New York.
- Comment on a pu en arriver là? murmura-t-il, paralysé par cette situation qui lui échappait totalement.
Il avait l'impression d'être un enfant brutalement propulsé dans le monde des adultes.
Wade essuyait ses lames sur le jean d'un individu étendu, inanimé, au sol.
- On est arrivés là parce que t'as pas les couilles de mettre une balle dans la tête des méchants quand t'en as l'occasion, rétorqua Wade, sa bonne humeur habituelle envolée. Et maintenant, on retrouve Peter, ou je m'énerve vraiment. Bordel, je vais lui mettre une laisse, à celui-là.
- Amora.
-Loki.
Le feu dévorait la moitié basse de l'immeuble. Il régnait une chaleur infâme sur le toit du building où se tenait l'enchanteresse. A ses pieds, inanimé, gisait Peter Parker. Il se tortillait sur lui-même, les yeux révulsés, probablement plongé dans une transe surnaturelle.
- Alors c'est ainsi, je ne suis même plus invité? Nous ne prenons plus la peine de nous dissimuler?
Amora lui fournit un piètre sourire d'excuses. Bien droite face à lui, ses mains brillaient de cette énergie magique bleutée qu'elle maîtrisait de mieux en mieux.
- Les garçons ont un peu bu ce soir, ils sont partis sur un coup de tête... Une petite fête improvisée ?
Loki ne savait pas s'il était en colère, déçu ou amusé. Probablement amusé. D'un geste de la main, il habilla Amora de l'illusion qui la transformait en cette silhouette banale, marque de fabrique des quintuplés. Il s'octroya le même châtiment et ils se firent face, dans la lueur des flammes et des étoiles lointaines, silhouettes identiques en opposition.
- J'aurais au moins aimé être consulté sur le sujet, nota-t-il.
Il aurait pu provoquer Amora en duel, pour asseoir son autorité. Mais il préférait éviter un affrontement capable de raser la ville, tant que Tony était dans les parages. Et puis, il ne souhaitait pas réellement diriger le front de libération mutant, c'était le projet de Richard. La mort d'autres humains n'était qu'un petit inconvénient, un dégât collatéral négligeable.
Amora haussa les épaules. Elle scrutait les environs, attentive. Elle attendait quelqu'un.
- Tu sais, ils ont préféré qu'on ne te prévienne pas, car... Ils te trouvent trop doux. Ils avaient peur que tu refuses.
- Et que fais-tu, sur ce toit avec ce mortel?
- J'attends ses copains. Il sert d'appât.
- Quand l'homme de fer et le mercenaire fou arrivent, je me débarrasse des trois. Définitivement, grogna la voix empâtée d'Harry, les rejoignant sur le toit via l'accès de secours.
Il avait les yeux rougis et du sang sur sa chemise blanche. Ses mains tremblaient, il titubait : il avait clairement beaucoup trop bu. Ou beaucoup trop consommé de substances illicites. Peut-être un peu des deux.
- Je les bute et on en parle plus. C'est le seul moyen de faire sortir cet enfoiré de ma tête, geignit Harry, les mains pressées sur ses tempes.
La chaleur grimpa d'un cran alors que les flammes se rapprochaient du haut de l'immeuble. Plusieurs hélicoptères les survolèrent à bonne distance.
- C'est ennuyeux, répondit Loki, accordant d'une pensée à Harry son apparence maléfique.
Les triplés encerclaient un Peter Parker qui se réveillait peu à peu, pâle, la tête dodelinant.
- Ah ouais? Et pourq...
Une pluie de balles interrompit Harry, qui roula sur le côté pour se mettre à l'abri.
- KYAAAAH, bande d'enfoirés! Cette fois ça va chier putain !
Un Wade surexcité, porté par Iron-Man, roula sur le toit, un M16 dangereusement pointé vers le petit groupe.
Il ne fit pas de sommation : il tira. Œil de Cobra, ennuyé par l'interruption de cette importante mise au point, fit un simple geste de la main : les balles disparurent, aspirées dans le néant. Wade insista un peu : chacun des projectiles subit le même sort, alors que Tony atterrissait derrière-lui.
- Rendez-nous Peter, ordonna-t-il de sa voix métallique. On peut encore trouver un terrain d'entendre, personne n'a à être blessé ...
Il y croyait assez peu lui-même, mais il ne pouvait se résoudre à tuer qui que ce soit.
Wade ne semblait pas s'encombrer de ce genre de considérations. Voyant que ses armes à feu étaient inutilisables, il attrapa un poignard sanglé à son mollet et se jeta sur le premier des triplés, qui, bien que plus petit et moins imposant que le mercenaire. le repoussa avec une force colossale. La jumelle maléfique profita de cette distraction pour foncer droit vers Tony. Elle aussi tenait un poignard en mains : le jeune homme comprit vite qu'il ne s'agissait pas d'une arme ordinaire.
- Non!
Œil de Cobra venait de crier. Il maintenait Wade au sol par la simple force de sa volonté. Le mercenaire gesticulait en criant des insanités.
Le meneur de la bande de criminels leva une main juste à temps : alors que Tony découvrait les propriétés de la lame qui visait son bras. Elle tranchait le métal comme s'il s'était agi d'une simple feuille de papier. Il sentit la morsure de la lame qui s'enfonçait profondément dans son bras après avoir pénétré le métal. Le sang chaud ruissela sur sa peau, et une douleur aiguë lui vrilla le cerveau.
Une déflagration d'énergie propulsa la jumelle à plusieurs mètres de là, alors qu'Œil de Cobra s'interposait physiquement entre eux. Son alliée, ébahie par ce retournement de situation, montra les dents.
- Que fais-tu?
- J'ai dit non !
Amora, sous couverture de l'illusion, se redressa, furieuse et surprise. Loki protégeait l'homme en armure! Il venait d'intervenir, de s'opposer à elle, de les séparer alors qu'elle s'apprêtait à enfin mettre fin aux agissements de leur adversaire. Cette ennuyeuse créature qui tentait toujours de contrecarrer leurs plans.
- Tu as perdu la tête? Hurla-t-elle.
Wade piaillait toujours, immobile au sol, écrasé par la volonté du Jotun. Peter rampait vers lui, encore un peu déphasé par sa transe, tâtonnant le torse du mercenaire comme pour trouver le lien invisible qui le retenait prisonnier. Harry, qui assistait à la scène un peu plus loin, se jeta vers eux, exalté. Il écrasa Peter de son poids, distribuant coup de coudes et de poings à l'araignée qui se protégea au mieux, sous les encouragements de Wade.
- J'ai dit non. Je n'ai pas l'habitude de me répéter, gronda Œil de Cobra, toujours devant Iron-Man.
Amora tressaillit. Elle hésita à envoyer un pieu de glace en direction du Jotun, à le provoquer vraiment. Elle n'était pas sûre de remporter ce combat. En revanche... Le fait qu'il protège ainsi un ennemi était intriguant et ne pouvait signifier qu'une chose: il connaissait l'identité de la personne sous l'armure. Et il l'appréciait. Ou, du moins, il avait de bonnes raisons de vouloir la garder en vie.
Il y avait plus fin à jouer, comme manœuvre, que d'affronter Loki dans un combat direct.
Un petit sort tout simple, tout fragile.
Lever l'illusion.
Loki était fort occupé. Sur le qui-vive, une partie de son être se concentrait vers Amora pour pressentir ses attaques, l'autre maintenait Deapdool hors d'état de nuire. Sa concentration pour conserver leur aspect de triplés était réduite.
Amora s'insinua dans la brèche.
La tromperie vola en éclat.
Amora, Harry et Loki reprirent instantanément leur apparence habituelle. L'enchanteresse banda sa volonté pour contrer celle de Loki, qui tentait désespérément de réajuster l'illusion. Trop tard, bien trop tard. Tony, dans son armure, eut un mouvement de recul.
- Amora? Loki? Que...
Les différents éléments s'imbriquèrent dans son cerveau, cascade de dominos terrifiante. Zeke criait dans son oreillette, Peter et Harry criaient en se battant, la rue toute entière hurlait de mécontentement à leurs pieds, mais Tony n'écoutait pas. Il n'entendait plus que son sang bourdonner à ses tempes. Une vague délirante de souvenirs, d'indices et de non-dits le percuta de plein fouet, reléguant la douleur physique qui irradiait de son bras au second plan.
- Je vais t'expliquer, dit précipitamment Loki en tendant les mains en avant, avec un sourire qui se voulait rassurant.
Un jet de propulseur bleu s'écrasa à ses pieds, le défiant de faire un pas de plus. Tony avait les pupilles dilatées et la respiration saccadée. Il semblait sur le point d'exploser.
- Ne m'approche pas.
-Je ...
- NE M'APPROCHE PAS!
Tony avait crié. Amora jubilait, ravie de voir son partenaire dans une telle situation. Visiblement, il lui avait menti, mais pas uniquement à elle… C'était un juste retour de bâton.
Tony se sentait perdu, blessé, trahi. Il avait placé sa confiance, toute sa confiance, et deux de ses meilleurs amis en avait abusé.
Il avait le vertige. Chaque seconde, il comprenait davantage à quel point on l'avait trompé. Depuis tout ce temps, Loki et Amora étaient des criminels ? L'homme qui était mort dans l'hélicoptère lors de l'évasion de la prison, l'homme qu'il n'avait pas pu sauver, l'homme qui hantait ses cauchemars… Il était mort par leur faute.
Et, quand il se morfondait dans les bras de Loki d'avoir cette mort sur la conscience, et que son amant le rassurait, pendant tout ce temps… Il était en fait responsable des évènements.
Son premier ami. Son meilleur ami. Son premier amour. Le pilier fondateur de sa vie d'enfant et de jeune adulte. Avait-il été si aveugle ? Pouvait-on autant se tromper sur le compte de quelqu'un ?
Menteur, traître, voleur. Tueur. Tony eut soudain envie de vomir. Il avait l'impression qu'une partie de lui venait de mourir, brutalement arrachée à son âme. En pensant aux baisers et aux caresses de son amant, qui lui chuchotait des mots d'amour tout en le trahissant depuis des années, il se sentit souillé. Il voulait prendre une douche. Un bain. S'y ouvrir les veines et attendre, peut-être, que la souffrance qui l'inondait disparaisse.
Il inspira profondément, fit le vide dans son esprit. S'il s'écoutait, il se serait immédiatement jeté dans le vide depuis le rebord du toit, pour ne pas avoir à gérer ce déluge de souffrances. Il ne fallait pas laisser cette tempête émotionnelle le détruire. Pas maintenant. Il aurait tout d'être détruit, lorsque ses amis seraient en sécurité.
- Tony, tenta de nouveau Loki. Laisse-moi…
- Je vais partir, l'interrompit froidement Tony. J'emmène Peter et Wade. Demain, quand je reviens à l'appartement, toi et Amora vous avez quitté les lieux. Vous prenez vos affaires, vous dégagez.
- Tony…
- Ferme-là. Je te jure, ferme-là.
Il arracha le heaume de l'armure pour pouvoir regarder Loki dans les yeux. Il avait besoin de voir une dernière fois cette image. Pour la graver dans sa mémoire. Le visage de Loki renvoyait plus de surprise que de tristesse. Tony se sentait si mal qu'à ce moment précis, recevoir une balle en pleine tête ne l'aurait pas dérangé, si cela avait pu interrompre ses pensées douloureuses. Ses yeux brillaient.
- Je ne veux plus jamais te voir. Repars sur ta putain de planète. Si je te revois, ce sera avec le SHIELD, pour te faire enfermer là où tu devrais être.
Il traversa dignement le toit, attrapa brutalement Wade et Peter par les épaules. Sur un geste de Loki, Harry avait suspendu son altercation avec Peter. L'araignée saignait de la lèvre et un joli bleu fleurissait sur son arcade sourcilière.
- Wade, on dégage d'ici.
Le mercenaire, contrairement à son habitude, ne dit pas un mot. Il pianota sur sa ceinture de téléportation et les trois alliés disparurent.
Ils atterrirent dans un salon en désordre. Des barils de produits chimiques, des armes, des cibles abîmées, des puzzles Hello Kitty, et beaucoup de restes de nourriture. Impossible de se tromper, ils étaient chez Wade.
- Tony ? Tony, qu'est-ce qui se passe ? demanda Peter, la voix encore un peu hésitante.
Tony ne lui répondit pas. Il fonça à travers l'appartement, s'enferma à clé dans la salle de bain, arracha l'oreillette où Zeke criait toujours. Il batailla pour ôter les pièces d'armure qui couvraient ses bras. Il saignait abondement : la coupure infligée par Amora l'élançait, profonde, irrégulière. Il lui fallait des points de suture.
Le miroir au dessus de l'évier lui renvoya l'image d'un homme désespéré. Les cheveux couverts de cendres et de sueur, le visage tâché de poussière et de sang. Il n'avait même pas senti couler les larmes qui ruisselaient sur ses joues.
Il vomit le contenu de son estomac dans l'évier.
Voilà pour ce chapitre. Ça va ? Vous êtes vivants? Vous m'aimez encore ? Allllleeeez, dites-moi que oui pitié, je vous aime moi !
Si jamais, je vous rappelle que Les Cygnes de fer, roman d'urban fantasy avec une romance MM en arrière trame, est disponible au format numérique sur les sites d'amazon et de la fnac ! J'ai trop hâte d'avoir votre retour sur ce projet qui m'occupe depuis de longues années ! La version papier c'est pour le 15 juillet. Sauf si vous venez à la Japan Expo, où vous l'aurez en avant-première ! ( Je serais là pour dédicacer le 4 et le 5 juillet, mouahaha ! Si vous voulez m'insulter pour ce chapitre par exemple, c'est l'occasion de me voir en vrai…)
Plein de bisous en attendant le prochain chapitre,
Charlie
