Bonjour à tous, ouiiiiii je sais qu'on est jeudi, et que je suis en retard, mais hier soir j'étais dans le train, je n'ai pas pu poster ! Et de toute manière, je NaNote en ce moment, donc je perds complètement la notion du temps, ce qui est une excellente excuse pour justifier mes oublis ^^
Aujourd'hui, on rencontre Janet. Mais si, vous savez, la sexologue ! Ma très chère Janet Douglas ! :D
Reviews anonymes :
Lunarde : en même temps c'est Sherlock, il va pas laisser une bête chimiothérapie l'empêcher d'enquêter, ce foutu détective ! ;) Merci pour la review ! :)
Si vous vous en ennuyez, n'hésitez pas à faire un tour sur mon autre publication "La Mémoire du corps" ;)
Comme d'habitude, gloire/disclaimers/remerciements à mes bêtas/dieux/lecteurs et revieweurs.
Bonne lecture !
Crabe Partie 4
Chapitre 3
Le mercredi matin, les deux hommes saluèrent donc Mrs Hudson, qui leur recommanda de s'habiller chaudement car le temps était frais pour cette fin du mois d'avril, et le réchauffement climatique, mes garçons, le réchauffement ! avant d'aller rejoindre Greg, plein de bonne humeur et d'enthousiasme. Sherlock avait gardé tous ses repas depuis le premier jour, et il avait pris un copieux petit déjeuner juste avant de partir. Certes, il avait râlé tout le long de l'entreprise en arguant que toute cette nourriture allait avoir une longue digestion qui allait entraver sa réflexion, mais John avait été inflexible.
Greg leur fut très reconnaissant d'être venu, car dire qu'il était débordé était un euphémisme. Une bombe avait explosé en banlieue de la capitale, et leurs effectifs étaient majoritairement mobilisés pour cette affaire de vaste ampleur médiatique. Du coup, personne n'avait le temps de s'occuper d'un meurtre étrange d'un homme retrouvé au volant de sa voiture, ladite voiture au bout d'une rivière.
Le fait intéressant qui enthousiasma Sherlock était que, d'après les relevés, la voiture roulait, moteur allumée, dans elle était entrée dans la rivière. Son conducteur était seul au volant, et la fermeture centralisée de la voiture était enclenchée, ce qui impliquait que personne n'était sorti de la voiture juste avant ou après l'accident, sinon la fermeture centralisée se serait déverrouillée et les portières auraient été ouvertes. Le fabricant de la voiture (achetée neuve très récemment) les avait renseigné : il n'existait qu'un jeu de clé vendu avec la voiture. Les clients pouvaient en demander un autre, gratuitement, immédiatement lors de l'achat ou après, mais cet homme ne l'avait pas fait. Il était célibataire, gaucher, et ex-trader qui venait de se faire virer, d'après Sherlock qui observa les photos pendant une demi-minute. Lestrade corrobora.
L'étrangeté du crime était que l'homme n'était pas mort noyé dans la rivière, ou à cause de l'accident qui avait fait sortir sa voiture de la paisible route de campagne sur laquelle il était engagé. Il était mort avant.
En résumé, il était mort au volant de sa voiture, alors que celle-ci roulait, et lorsque plus personne n'avait été en mesure de diriger l'engin, le véhicule avait gaiement foncé dans une rivière, et s'y était enfoncé. Personne n'était avec la victime au moment du meurtre, et personne n'était sorti de la voiture. Après avoir vérifié qu'il ne s'agissait pas d'une crise cardiaque ou d'une mort pour raison médicale, les légistes avaient donc naturellement conclu à un meurtre en voiture close.
Au moment même où ces conclusions avaient atterri sur le bureau de Lestrade, la bombe avait explosé, et le DI n'avait pas tergiversé longtemps avant d'appeler Sherlock, concentrant 100% de son énergie à l'explosion.
- Et pourquoi je n'enquête pas sur la bombe ? avait râlé Sherlock après que Lestrade lui ait fait l'exposé détaillé de l'enquête de la voiture close.
John et Greg avaient levé les yeux au ciel dans un bel ensemble.
- Parce qu'il n'y a pas de mystère quant à l'explosion de la bombe, peut-être ? avait proposé John. Ça a explosé hier, et c'était déjà revendiqué dans le journal du matin. Les coupables sont connus.
- Qui ? demanda Sherlock.
Il était heureux comme un gosse devant ses cadeaux de Noël avec l'affaire qu'on lui confiait (et Greg avait tant à faire ailleurs qu'il lui laissait carte blanche), mais il en demandait toujours plus. Juste pour prouver qu'il aurait pu s'occuper des deux affaires en simultané, lui. Et au cas où la presse se trompait, il envisageait déjà d'aller apporter son grain de sel. De force.
- Un gang du quartier, répondit Lestrade. Ce n'est pas Notting Hill, là où ça s'est produit. On compte quelques morts dans l'explosion, mais pas grand monde pour les pleurer. C'était principalement des membres du gang adverse. Les premiers, le clan Sharks, font d'une pierre deux coups. Revendiquent à la police l'explosion et signifient ainsi qu'ils ne veulent plus voir des flics sur ce qu'ils considèrent comme leurs terres. Et rappellent à leurs concurrents qu'ils étaient là avant.
- Ah.
Le ton plat et ennuyé de Sherlock laissait transparaître tout ce qu'il ressentait à l'égard d'une affaire aussi inintéressante.
- Puisqu'on sait de qui il s'agit, vous allez les arrêter ? demanda naïvement John.
Greg secoua la tête de dépit et Sherlock renifla méprisant.
- Ne sois pas stupide John. Même avec une revendication écrite et signée, tu peux être sûr que les leaders de ces bandes ont des jobs de façade très propres et fournissant des alibis tout aussi factices et efficaces. Ils n'ont évidemment pas participé d'eux-mêmes à l'élaboration de l'explosion, et on ne peut rien trouver contre eux. Quant aux seconds couteaux sous leurs ordres, ceux qu'on coffre habituellement avant de les relâcher à cause d'un avocat ayant trouvé une micro faute de procédure et qui fait tout annuler pour vice de forme, ils ont cette fois recruté des bleus un peu trop motivés. Ce sont les seuls dont on retrouvera les empreintes. Les seuls qu'on pourra arrêter et condamner. Ce sont généralement des gamins qui n'ont jamais eu de casier avant, et cette malheureuse erreur de jugement les poursuivra toute leur vie.
Sherlock avait débité ça à une vitesse ahurissante, accompagnant ses propos de toutes les grimaces dégoûtées et les haussements d'épaules méprisants qui allaient avec. Une chose était sûre, malade ou non, Sherlock Holmes savait toujours être Sherlock Holmes lorsqu'il le fallait.
- Euh, oui, c'est ça, acquiesça Greg.
- J'ajouterai que Jerry, à la tête des Sharks, vient d'une mafia italienne et a fricoté avec les pires famaglias corses avant de venir s'installer ici. Il est aussi intelligent qu'un mafieux russe, et en a sans doute l'argent.
- Comment tu sais tout ça, toi ? demanda Lestrade, complètement ahuri. Ces informations sont confidentielles.
Sherlock lança un regard désabusé au DI.
- Pendant ton absence ? L'anti-Moriarty ? Un de ses financeurs ? proposa John.
Le ton laissait clairement sous-entendre que si Sherlock répondait oui à cette question, le médecin allait se mettre dans une colère noire, comme à chaque fois qu'il découvrait jusqu'où était allé son ami mettre sa vie en danger pour sauver les leurs.
John ne se doutait pas que la vérité était pire à entendre encore. Sherlock hésita, mais se résolut à dire la vérité.
- Non. Jerry n'aime pas les meurtres inutiles. Il aime l'argent. Moriarty n'aimait pas l'argent, il aimait le Jeu. Ils étaient trop opposés pour collaborer.
- Alors comment... ?
- Avant. Longtemps avant. Il m'avait recruté, débita soudainement Sherlock rapidement, comme si le dire pouvait le brûler.
- QUOI ? explosèrent de concert John et Lestrade.
- Je viens de le dire, il aime l'argent. Je t'avais déjà raconté, John, que j'étais bon au poker. Il voulait m'embaucher. Pas pour jouer, j'étais trop...
- Arrogant ? proposa John avec humeur.
- ... pour tenir plus de trois parties avant que l'un des autres joueurs ne mette à exécution sa menace de m'exploser la tête contre la table si je ne me taisais pas.
- Tu t'es fait jeter en cellule au simulacre de procès de Moriarty pour les mêmes raisons, releva cyniquement John.
- Jerry voulait juste que je devine le jeu des autres tandis que ses joueurs miseraient des grosses sommes. Je trouvais ça ennuyeux. J'ai décliné. Il n'a pas beaucoup apprécié.
- Comment t'es-tu sorti de là ?
- J'ai oublié. C'était il y a longtemps. Ça a de l'importance ?
John n'était pas toujours capable de deviner les mensonges de son colocataire mais celui-là était aussi visible que le nez au milieu de la figure.
- Menteur. Comment Sherlock ? exigea-t-il.
S'il n'y avait pas eu Greg dans la pièce, le médecin n'aurait pas hésité à empoigner Sherlock pour l'obliger à le regarder et lui dire la vérité. Mais le souvenir du pari et des 720£ était trop vif pour qu'il agisse ainsi. Il devait donc se contenter des pupilles fuyantes de son ami.
- Je ne m'en suis pas sorti. Jerry comprenait très bien comment acheter un homme. Si me payer ne servait à rien, il lui suffisait de me proposer autre chose. Peu après, je me suis réveillé sur un lit d'hôpital et Mycroft secouait la tête d'un air déçu. Je suis parti de cette cure de désintox comme des autres, mais plus jamais Jerry Sharks ne m'a approché. Je ne sais pas ce que Mycroft a fait.
Le grand détective baissait la tête, manifestement gêné et honteux de reconnaître l'utilité de son frère. Greg et John eux, ressentaient une bouffée de reconnaissance pour le génie politique.
- Bien, coupa soudainement Greg. Je dois y aller. N'oubliez pas mon meurtre en voiture close. Tout ce qu'on a est sur la clé USB que je vous ai donné. Vous pouvez aller voir le corps. Et j'ai fait donner des ordres pour qu'on réponde à toutes vos questions le cas échéant. Faites-moi savoir si vous rencontrez des difficultés. Bonne journée.
Et il fila. Sherlock refusant toujours de regarder John, le médecin comprit qu'il était inutile d'être en colère contre son ami. Il haïssait entendre ce genre d'histoires sur la vie d'avant du détective, mais reconnaissait qu'il ne pouvait rien reprocher à Sherlock. Il ne le connaissait pas, à l'époque.
- Bon. Morgue en premier ? demanda-t-il d'un ton badin en mettant la parenthèse derrière eux.
Sherlock releva les yeux vers lui, pupilles illuminées d'un fragile espoir, vite remplacé par une gratitude incommensurable.
- Morgue en premier, valida Sherlock.
Bien plus tard dans l'après-midi, Sherlock cogitait à sa nouvelle affaire et John bloguait dans le calme le plus complet de Baker Street lorsque le portable de John émit un « bzzzz » caractéristique d'un SMS ou d'une alerte. En temps normal, Sherlock aurait fondu sur le portable de son ami, puisque Lestrade envoyait désormais tout en double aux deux amis, pour le cas où l'information soit urgente et que Sherlock n'ait pas son téléphone à proximité ("Oui Sherlock, même ton portable, qui est celui d'un génie mais qui reste un malheureux bout de plastique et quelques circuits imprimés, a besoin d'être rechargé pour fonctionner. Et non, tu as déjà vidé toutes les trois batteries portatives de secours que nous possédons", rappelait John à son colocataire ce qu'il lui semblait être tous les trois jours). Mais Sherlock savait qu'en cet instant très précis Lestrade avait bien mieux à faire que de lui envoyer des infos, et le détective ne jeta même pas un coup d'œil à l'appareil.
Résigné, John délogea son ordinateur de ses genoux et se leva pour attraper l'engin.
- Oh, commenta-t-il simplement en lisant l'écran.
Sherlock releva aussitôt la tête du relevé d'autopsie qu'il était en train de consulter (Lestrade avait explicitement dit qu'il pouvait faire des photocopies mais n'emporter aucun original mais Molly avait été d'une facilité déconcertante à berner). Il n'avait cure du téléphone de John, mais s'inquiéta immédiatement du ton de son ami. Ce ton avec lequel il était devenu familier, le ton « spécial Crabe ».
- Que se passe-t-il ? Qui est-ce ? interrogea-t-il, priant pour que la réponse soit « rien une pub stupide », mais ne croyant pas lui-même à sa propre théorie.
Nous devons nous préparer. On doit partir. Nous avons rendez-vous à la clinique avec Janet Douglas dans une heure.
Sherlock grimaça.
- Tu es sûr ? Ce n'était pas demain ?
John renvoya un regard sceptique à son colocataire pour toute réponse, mais consentit néanmoins à aller voir le papier affiché sur le frigo, maintenu par un aimant indiquant la formule chimique du potassium (John avait offert tout le tableau périodique des éléments à Sherlock en magnets un Noël. C'était la première fois qu'il surprenait son ami et le résultat avait été au-delà de toutes ses espérances).
- Non, non, confirma-t-il en lisant la lettre officielle mentionnant le rendez-vous. C'est bien aujourd'hui. Va t'habiller.
- Je suis habillé ! protesta Sherlock.
John lui lança un regard complètement désabusé. De la part d'un homme qui avait osé aller à Buckingham seulement vêtu d'un drap, il se considérait sans doute comme habillé, mais non, une robe de chambre ne serait jamais une tenue appropriée pour sortir.
Boudant, Sherlock quitta la pièce quand il comprit que ses moues n'auraient aucun effet sur son ami. John le regarda faire. Et une fois qu'il fut certain que son colocataire soit entré dans sa chambre, il s'autorisa à relire encore une fois la lettre de convocation. Et vérifia encore une fois qu'elle était bien adressée à Sherlock Holmes ET John Watson.
Mal à l'aise, le médecin ne savait pas tellement quoi en penser. Il se souvenait très bien de la plantureuse Janet Douglas, et de sa spécialité : sexologue. John n'avait pas le moins du monde envie d'assister à l'entretien entre elle et Sherlock. Contrairement à tous les autres praticiens du détective, John n'aurait aucune légitimité pour parler à la place de son ami. Et il ne comprenait donc pas ce qu'il allait faire dans cette galère.
Peu de temps après, Sherlock ressortit de sa chambre vêtu d'une vraie chemise (bleue glace, du même ton que ses yeux) et d'une veste noire parfaitement cintrée (cet enfoiré savait parfaitement comment jouer de son charme), il avait bouclé ses cheveux (John sentait d'ici l'odeur de sa mousse spéciale pour cheveux bouclés qu'il appliquait toujours avant de sortir quand il voulait de sa tête ressemble à quelque chose. Sherlock Holmes était une petite princesse fragile, parfois) et il partit presque sans attendre John. Qui n'eut d'autre choix que de faire taire ses questionnements et suivre le mouvement.
Avec une extrême ponctualité, ils furent accueillis dans la salle d'attente du docteur Douglas (à l'intérieur même de la clinique) une minute et cinquante-trois secondes avant l'heure du rendez-vous. Ils n'eurent pas le temps de s'appesantir sur les magazines mis à la disposition (mais John aurait pu jurer en avoir vu avec des femmes et des hommes nus sur la couverture) que la porte du bureau s'ouvrit et que la magnifique femme en sortit, un sourire éclatant aux lèvres.
- Monsieur Sherlock, docteur Watson, bonjour ! les salua-t-elle énergiquement.
Sherlock l'identifia immédiatement comme une femme intelligente et avec de la mémoire, puisqu'elle ne l'avait pas appelé « Monsieur Holmes ». John se contenta de lui rendre sa poignée de main en essayant de refermer la bouche et de ne pas baver.
- Commençons par monsieur Sherlock, voulez-vous ? Veuillez patienter, docteur Watson.
C'était une question qui n'admettait pas de non pour réponse. Avant même qu'ils aient eu le temps de dire ouf, Sherlock fut précipité à l'intérieur de la pièce et la porte claqua derrière. Bien. Maintenant, John allait pouvoir essayer de vérifier cette histoire de magazines avec des gens nus.
Sherlock avait une sainte horreur des hôpitaux, cliniques et médecins en tout genre. Seul John avait été l'exception qui confirmait la règle. Et le détective n'avait supporté ses premières hospitalisations que grâce au soutien indéfectible de son ami, toujours présent à chaque instant. Mais une fois la porte refermée dans son dos, privé de son John, il sentit ses angoisses refaire surface, comme s'il était pris au piège. La dernière fois qu'un sentiment pareil avait fait son apparition, il était sur un toit, Jim plaçait un flingue dans sa bouche et John arrivait. Cela ne s'était pas très bien terminé.
- Asseyez-vous, Monsieur Sherlock, ordonna Janet.
Il y avait un bureau dans un coin, mais de toute évidence il ne servait qu'à la jeune femme, pour taper ses comptes rendus ou vérifier ses rendez-vous, car il n'y avait qu'une seule chaise, d'un seul côté. A l'autre bout de la pièce en revanche, de larges et confortables fauteuils les attendaient, pile sous les fenêtres qui diffusaient leur claire lumière de fin d'après-midi de printemps. En plus du malaise que cela représentait d'être séparé de John, Sherlock se remémora des douloureuses séances avec des psychologues et des psychiatres tous plus incompétents les uns que les autres, et il eut un mouvement de recul.
- Je ne compte vous forcer en rien, annonça la jeune femme. Vous pouvez même arrêter la séance maintenant si vous le voulez. Mais je ne suis pas votre psy. Je ne compte absolument rien changer à votre manière de vous percevoir en tant qu'autiste, sociopathe, génie, ce que vous voulez. Je suis juste là pour parler de votre rapport à votre corps à travers les différentes étapes de la maladie, Sherlock. Je peux vous appeler Sherlock ?
Elle parlait doucement et tranquillement, déjà installée à sa place dans un fauteuil. Elle se mettait clairement en position de faiblesse par rapport à son patient, afin de lui montrer que c'était lui qui avait le contrôle de la séance.
- Oui, acquiesça Sherlock, qui préférait toujours l'utilisation de son prénom plus que les fausses formules de politesse.
Comme d'habitude, il détailla son interlocuteur, essayant d'en apprendre le plus possible sur elle tout en avançant précautionneusement, pas après pas, en direction de sa place.
Parfaitement consciente d'être ainsi détaillée, la sexologue se laissa faire.
La première chose qui frappait chez elle était sans doute possible ses longs cheveux roux, ses yeux verts et le fait qu'elle était très, très belle. Elle n'avait pas la taille fine des magazines ou des défilés de mannequin, mais elle assumait clairement la volupté de ses formes rondes avec une fierté non dissimulée. Elle était bien plus en chair qu'Irène Adler (Sherlock pouvait lire ses mensurations aussi facilement qu'il l'avait fait avec La Femme) et ne dégageait pas du tout la même sensualité (Irène Adler avait été un serpent vicieux, Janet Douglas était une lionne), mais de ce que Sherlock pouvait en juger, c'était une femme magnifique. En témoignait d'ailleurs le regard légèrement vitreux de John lorsqu'elle était apparue tout à l'heure, essayant de regarder tout en prétendant ne rien voir.
Le problème, c'est que Sherlock avait beau savoir avec certitude que cette femme était belle parce que toutes les preuves allaient dans ce sens, lui était parfaitement incapable de le voir. Janet Douglas ne lui faisait aucun effet.
Et le plus dérangeant de cette conclusion était probablement le fait qu'elle semblait le savoir parfaitement. Finalement, peut-être que cette femme avait quelque chose à lui apprendre. Résigné, il s'assit. Elle lui adressa un éblouissant sourire en retour. La séance pouvait commencer.
Sherlock ouvrit la bouche, bêtement, mais ne sut pas vraiment quoi dire. Cela ne lui arrivait absolument jamais en temps normal, et le rendait furieux contre lui-même. Fort heureusement, son interlocutrice vint à sa rescousse.
- Nous sommes là pour parler de votre rapport à votre corps, votre image de vous-même, notamment physique, avant, pendant et après la maladie. Je vais donc vous poser une question simple. De votre propre opinion, et votre opinion uniquement, êtes-vous beau ?
Sherlock en resta comme deux ronds de flanc. Ce n'était pas une question qu'il s'était déjà posé, et il n'avait aucune idée de la réponse. Bien sûr, il mentirait en affirmant ignorer qu'il était plaisant à regarder et qu'il avait du charme. Il s'habillait avec des vêtements de luxe d'abord par confort, mais également parce qu'il savait que cela lui apportait du charme. Chez les gens ordinaires, cela avait généralement pour but de susciter l'envie, le désir, l'exposition. Chez Sherlock, c'était une armure. Paradoxalement, ses costumes sur mesure attiraient l'attention sur lui, et le protégeaient à la fois. Car les gens voyaient alors ce que Sherlock souhaitait montrer. Ils croyaient comprendre et se laissaient berner. Et le vrai Sherlock, le Sherlock d'en-dessous, le Sherlock du palais mental, l'enfant autiste qui avait tué son chien, grandi trop vite, avait testé plus de produits en quelques années de vie dissolue qu'un camé dans une vie entière aux enfers, et avait rencontré John Watson, restait protégé au chaud.
Alors bien sûr, Sherlock se savait perçu comme unanimement beau. Mais le pensait-il lui-même ? La question de l'apparence n'existait pas dans son monde. Il ne savait pas ce qu'était la beauté.
- Je ne sais pas ce qu'est la beauté, répondit-il très honnêtement.
Cela ne devait pas être une réponse que la sexologue entendait très souvent, et elle parut étonnée. Sherlock évalua qu'on devait plus souvent lui répondre des « non » authentiques, des « oui » arrogants et mensongers et des « je suis dans la norme et je me plais à moi-même ainsi » honnêtes que de gens qui n'en savaient rien.
- Alors selon votre entourage... Pensez-vous que les gens qui vous entourent vous trouvent beau ?
De nouveau Sherlock prit le temps de réfléchir avant de répondre. Et une image apparut très soudainement dans son esprit, si claire et si nette qu'elle en était douloureuse. Elle n'était pas vieille et datait de seulement deux jours, mais John et lui avaient fait tellement attention à ne surtout pas en reparler et adopter un comportement gêné ou fuyant et avaient si facilement retrouvé leur complicité d'avant qu'il semblait à Sherlock que cela datait d'une éternité.
L'image était vue par les yeux de Sherlock, et il y voyait John, en contre plongée. Le médecin était donc placé au-dessus de lui, dans le lit du détective. Ils étaient nus tous les deux, bien que les souvenirs de Sherlock ne lui montrent pas sa propre personne. La peau de John brillait, couverte de sueur, et une fine perle naissait à la lisière de sa tempe, sur son visage. Bien qu'il aurait fallu que Sherlock repasse l'intégralité du film de ses indécentes activités avec son ami dans sa tête pour se souvenir de ce moment précis, il pouvait dater rien qu'avec l'image qu'il s'agissait du moment où John avait commencé à le pénétrer, et que Sherlock avait perdu les pédales pour de bon. Il se souvenait nettement que son cerveau avait complètement déconnecté et qu'il n'était plus capable de ne réfléchir à rien, sa bouche hurlant des sons inarticulés sans que personne ne la commande.
Mais plus que le souvenir sexuel et terriblement gênant, cette image évoquait la beauté à Sherlock. A cause des yeux de John. Pupilles dilatées, yeux écarquillés, paupières frémissantes et iris brillant. John, à cet instant, regardait Sherlock droit dans les yeux, et son amant avait pu alors y lire distinctement toute la beauté de son corps reflété dans les prunelles de John Watson qui le faisait sien.
- Oui, répondit-il à la thérapeute sexuelle. Parce que je le veux bien.
Il voyait les regards de fierté de Mrs Hudson sur le physique de celui qu'elle considérait comme un fils. Il avait déjà surpris des coups d'œil de Donovan, au tout début de ses enquêtes avec Lestrade, avant que leur animosité commune ne fasse son apparition. Il n'était un secret pour personne que Molly le désirait. Même les femmes de Mike Stamford (il était incapable d'avoir des petites amies, il finissait toujours par les épouser et le tout s'achevait dans un divorce retentissant et une pension alimentaire) le regardaient un peu trop longtemps quand, par hasard ou par folie, Mike les présentait mutuellement.
Les hommes n'avaient jamais été en reste non plus. Sebastian avait passé ses années d'université à le reluquer sous la douche, Lestrade (qui n'avait jamais été un hétéro très affirmé du point de vue de Sherlock, expliquant sans doute l'échec total de son mariage) l'avait également maté plus souvent qu'à son tour. Et un des collaborateurs de Mycroft avec lequel son frère avait eu l'indélicatesse de coucher dans son bureau (dans un moment de faiblesse, assurément, et Mycroft s'était ensuite assuré que l'inopportun n'apparaisse plus jamais devant lui) avait un jour commenté qu'il adorerait se faire le petit frère Holmes après le grand.
Oui, Sherlock Holmes était beau dans le regard de ses (plus ou moins) proches, parce que c'était ce qu'il voulait montrer de sa carapace.
Et puis il y avait John. John avait toujours admiré et trouvé belle son âme et son esprit avant d'aimer et de chérir son corps. John qui ne réalisait même pas qu'il y avait une armure. Pour la bonne et très simple raison qu'avec son colocataire, Sherlock ne s'embarrassait plus d'armure depuis bien trop longtemps. Sherlock n'avait jamais su qu'il était beau physiquement avant de le voir, de le voir vraiment, dans le regard de John.
- Parce que vous le voulez ? Vous vous rendez donc désirable – beau – volontairement ? Parce que ça vous plaît ? Vous aimez cela ? Vous désirez cela ? proposa Janet.
- Non. Mais c'est plus simple pour ensuite faire passer la pilule de « sale con arrogant » dont on me taxe généralement dès que j'ouvre la bouche.
La jeune femme rit.
- Donc c'est un moyen de défense. Le poisson lanterne qui apporte de la lumière et qu'on bénit parce qu'il chasse les ténèbres, avant de réaliser qu'il veut simplement vous gober.
- Je ne suis pas aussi vicieux que ça, se défendit Sherlock. Je n'agis pas volontairement pour froisser mes interlocuteurs.
- Mais vous vous moquez de si vous le faites ou non, nota pertinemment Janet Douglas. Mais revenons-en à votre physique. Ma métaphore n'était effectivement peut-être pas la mieux choisie, car vous usez de votre physique comme d'un moyen de défense, et non d'attaque. Exact ?
Elle était perspicace et Sherlock grommela un oui inintelligible. Il n'aimait pas donner raison à un autre que lui-même. (Et John, ajouta une voix dans son esprit, mais il la fit taire immédiatement).
- Donc, reprit la jeune femme, d'une certaine manière, votre corps et votre physique font partie de vos outils de travail.
Sherlock grimaça immédiatement, dégoûté. Dit comme ça, il avait la sensation d'être un strip-teaseur ou un prostitué (et il avait fréquenté suffisamment de lieux mal famés au cours de sa vie, que cela soit à la recherche d'une dose ou lors de ses enquêtes qu'il savait que trop bien comment on finissait par exercer ce genre de métiers) et cela le répugnait. Seul son cerveau comptait. Son cerveau, son palais mental, et John. Les trois éléments essentiels à son Travail, pour la résolution de ses chères énigmes. S'il fallait être parfaitement exhaustif, il aurait probablement ajouté ses yeux à cette liste, puisqu'aveugle Sherlock ne serait pas en mesure d'analyser et déduire, mais le reste de ses sens ou de son apparence physique n'avaient aucune prise sur son travail.
- Je vois à votre visage que vous n'êtes pas d'accord avec cela.
- Non, affirma Sherlock. Je vois, je déduis. Mon cerveau seul travaille.
- Mais vous êtes un personnage public. Votre image a une importance.
- Je l'ai été. Après, tout le monde m'a traité d'imposteur.
- Vous avez été blanchi et réhabilité.
- Je ne vais pas apprendre à une spécialiste du genre humain qu'un soupçon est déjà trop. La foule des moutons vous condamne, et vous êtes fini.
- Pourtant vous travaillez de nouveau, et avec la même efficacité qu'avant, rétorqua la sexologue, ne se laissant pas démonter que l'aigreur de Sherlock.
Ce dernier haussa les épaules.
- La foule des moutons oublie. C'est bien là son seul avantage.
- Et vous avez donc une image à préserver pour ladite foule des moutons.
- Uniquement l'image de sale con arrogant. Ce que, physique ou non, j'arrive très bien à maintenir sans effort, puisque c'est ce que je suis.
Janet rit doucement.
- Je n'en crois pas un mot. Mais soit. Votre physique n'a donc aucune prise sur votre travail.
- Non.
- Les changements physiques qui vont s'opérer en vous n'auront donc, selon vous, aucun impact sur votre travail.
- Non, répéta Sherlock, catégorique.
Il n'aimait pas cette conversation. Pourquoi John n'était-il pas là ? Il n'aurait même pas su dire depuis combien de temps cet entretien durait.
- Dans ce cas, sourit la jeune femme, c'est une excellente chose. La plupart de nos patients souffrent d'un regard différent de leurs collègues, ce qui affecte leur travail et les empêche de se sentir normaux. Ils changent dans le regard des autres, à cause justement de leur physique qui évolue, et de fait changent dans leur propre regard. Entre autres choses, ils ne parviennent plus à travailler correctement, ce qui les fait douter d'eux-mêmes, et ils se définissent alors seulement par la maladie. Ils ne sont plus comptables, architectes ou banquiers, ils sont cancéreux avant d'être eux. Or c'est très important de continuer d'être soi-même.
Sherlock hocha la tête, montrant qu'il suivait le raisonnement. En son for intérieur néanmoins, il secouait la tête, navré par tant de stupidités. Le cancer ne le définirait jamais. Il était et serait Sherlock Holmes, unique détective consultant au monde.
- Donc, dans votre cas Sherlock, si votre travail ne change pas du fait de la maladie, c'est déjà une énorme avancée. On passe au deuxième sujet qui fait changer le regard du malade sur lui-même ?
Le détective fonça les sourcils, ne voyant pas où Janet Douglas voulait en venir. Il avait cru qu'il pourrait s'esquiver bientôt (et s'en retourner à son meurtre en voiture close qui le passionnément follement), mais de toute évidence, ce n'était pas le cas.
- Je parle du sexe, poursuivit-elle, totalement décomplexée alors que Sherlock avait violemment rougi. Vous n'êtes pas obligé de répondre à ma prochaine question. D'ailleurs, de manière générale, vous n'êtes pas obligé de répondre à aucune de mes questions. Avez-vous des relations sexuelles régulières, ou comptez-vous avoir des relations sexuelles régulières durant vos semaines de chimiothérapie ? Nonobstant toute relation amoureuse bien sûr, sur lesquelles je n'émettrai jamais de jugement ni ne poserai de questions.
Si Sherlock avait voulu un jour imiter un poisson rouge, jamais il n'aurait mieux réussi qu'en cet instant très précis, tandis qu'il ouvrait et fermait la bouche bêtement pendant ce qui lui parut être une éternité.
- Sherlock ? Vous avez le droit de ne pas répondre. Cela entacherait peut-être l'efficacité de notre travail, mais vous en avez le droit. Cependant, vous devez me le spécifier afin que je puisse l'inscrire dans votre dossier.
Sherlock continua son imitation du poisson rouge tout en ayant la sensation d'être complètement stupide, ce qui le faisait s'énerver contre lui-même et mettait sens dessus dessous son palais mental. Il haïssait être aussi humain et faillible, et dans ce genre de moment, haïssait également John, qui était celui qui l'avait rendu comme ça.
Faux, répondit la désagréable voix de Mycroft dans sa tête. John n'a rien fait d'autre que te montrer que ça existait déjà en toi.
Sherlock le chassa d'une pichenette, sous le regard perplexe de sa sexologue.
- Sherlock ? appela-t-elle encore une fois, consciente qu'elle perdait son patient un peu plus à chaque seconde.
Ledit Sherlock se débattait encore avec son palais mental. Ce n'était pas qu'il ne voulait pas en parler. C'est plutôt qu'il n'y avait rien à en dire. Il n'y avait jamais rien eu à en dire. Jusqu'à lundi dernier. Et jusqu'à John.
- Il n'y a rien à dire, finit-il par articuler. Fin de la discussion.
- Oh ? Rien, vraiment ? Pourtant vous avez une nette trace dans le cou, et à moins que vous n'ayez une très bonne explication que j'écouterai avec plaisir, j'appellerais ça un suçon. Et même un suçon passionné. Donc, que vous souhaitiez en parler ou non, si, il y a quelque chose à en dire.
Sherlock prit deux nuances de rouges supplémentaires sur ses joues, et porta vivement la main à son cou, dérobant la marque au regard inquisiteur de son interlocutrice, hélas bien conscient que c'était déjà trop tard. Cette femme était pire que le diable, et il se mit à la haïr sur le champ. Il n'aimait pas être piégé.
C'était entièrement sa faute. En se réveillant, bien avant John, le mardi matin, il avait constaté le résultat de l'empressement du médecin sur sa peau, et n'en avait pas fait grand cas. A grand renfort de fond de teint (Sherlock avait une palette à maquillage plus développée que n'importe quelle star de cinéma. Il était maître dans l'art du déguisement), il avait dissimulé la trace sur son cou. Peut-être devinait-on quelque chose, une ombre, mais rien de suffisamment pour affirmer que cela était un suçon. La preuve, Madeline et Jude, lors de sa première séance de chimio, n'avaient rien remarqué.
Il avait ainsi procédé de même lors de leur visite à Scotland Yard le matin même et personne n'avait rien remarqué. John lui-même n'avait pas l'air au courant qu'il avait marqué son amant d'un soir. (Mais comme les deux hommes jouaient brillamment à « faisons comme si de rien n'était », il était difficile de savoir ce que John savait en réalité).
Mais depuis Scotland Yard, ils étaient retournés à la maison, Sherlock avait passé sa robe de chambre, le fond de teint avait naturellement disparu peu à peu au cours de la journée, et quand John lui avait ordonné d'aller se préparer, le détective n'était passé que brièvement devant un miroir. La marque n'étant pas douloureuse, il l'avait complètement oubliée. Pour son plus grand malheur.
- Il n'y a rien à en dire, affirma de nouveau Sherlock, la main plaquée sur son cou.
Janet Douglas lui jeta un regard pénétrant, mais n'insista pas.
- Si vous préférez en rester là, cela est votre choix. Nous aborderons ce point de nouveau lors de notre prochaine séance, prévue dans un mois. D'ici là, vous êtes libre de m'appeler quand vous le désirez pour prendre rendez-vous ou simplement parler de ce que vous traversez dans votre rapport à votre corps face à la maladie.
Sherlock haussa les épaules, ou du moins essaya, entravé par sa main toujours au même endroit. Il réalisa subitement qu'il n'allait vraiment pas pouvoir rester comme ça, mais l'alternative d'exposer le suçon à la vue et au su de tous ne lui paraissait guère plus enviable.
- Y-a-t-il autre chose dont vous souhaitez discuter avant que nous ne mettions un terme à la séance, Sherlock ?
- Je n'ai jamais demandé à subir cette séance en premier lieu, grinça le détective pour toute réponse.
Contre toute attente, la sexologue sourit.
- La beauté physique comme moyen de défense et de dissimulation, l'acidité de vos propos pour l'attaque. Vous faites un homme passionnant, vraiment. On en viendrait presque à comprendre le masochisme étonnant dont fait preuve le docteur Watson en restant à vos côtés.
Les iris de Sherlock se rétrécirent de rage, et il fut à deux doigt de balancer une diatribe bien sentie à la jeune femme, mais il avait conscience que cela reviendrait à rentrer dans son jeu et choisit donc de se taire, bien qu'il lui en coutât clairement.
- Bonne fin de journée, le salua-t-elle en le raccompagnant à la porte.
Et juste avant de le faire quitter les lieux, elle tendit sa main droite pour la lui serrer. Sherlock avait toujours sa main droite en protection de son suçon. Il n'avait pas d'autre choix que de l'enlever pour répondre au geste de politesse (qu'il exécrait, certes, mais y cédait de temps à autre).
- Je vous offre le moyen de redescendre votre main de là où elle se trouve tout en conservant votre dignité, vous pourriez être plus chaleureux ! lui reprocha-t-elle.
Sherlock n'arrivait plus à savoir si elle l'horripilait ou s'il la haïssait purement et simplement, mais il devait reconnaître qu'elle avait raison. Lentement, il détacha chacun de ses doigts de sa nuque, et fit descendre son bras centimètre par centimètre. Professionnelle, la jeune femme ne braqua pas immédiatement le regard sur le suçon dévoilé, mais continua de le fixer dans les yeux. Brièvement, il prit sa main et la secoua, la retirant aussitôt, comme s'il s'était brûlé.
- J'en ai pour au moins quinze minutes avec le docteur Watson, souffla Janet Douglas tout en appuyant sur la poignée de la porte.
Sherlock se coula dans l'embrasure plus rapidement et plus souplement qu'une aiguille. Le temps que la jeune femme appelle John, qui lisait des magazines tranquillement dans la salle d'attente, il avait déjà disparu dans le couloir sous le regard éberlué de son colocataire. Il avait quinze minutes pour trouver du fond de teint à voler à une quelconque demoiselle avant de revenir chercher John, et il n'avait pas de temps à perdre.
Prochain chapitre le Me 16 Novembre !
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