Hello tout le monde !

Comment allez-vous en cette belle journée/nuit ?

RAR

Erra-slyth :
Whoah ! Je suis trooop contente que même en la relisant et après tout ce temps tu apprécie toujours cette p'tite histoire ! Ensuite, bon... comment dire... oui, maaaaiis... nan. C'est pas ce sphinx la, tu vois... :/ Je sais que du coup tu as eu de l'espoir mais va falloir attendre bien plus que ça. J'aime beaucoup ton raisonnement ! Je te trouve très logique et en plus tu tiens bien compte de plein de détails pas forcément évidents. Et tadaaaa ! La suite arrive !

adenoide :
Les jumeaux Weasley sont vraiment tout un poème... Grindy en elfe, pourquoi pas ? Je trouve que ça lui va bien...

Non Anonymes :
Merci à Meli Hope pour ta review !

Autres :
Merci à Ialka-Yuika pour avoir followerer l'histoire !

Bonne lecture à tous !


Lorsque la bataille se termina, plusieurs heures après, le groupe n'avait toujours pas bougé de l'endroit où il s'était figé.

Ils avaient toujours une expression bovine placée sur le visage, les yeux agrandis comme pas possible et la mâchoire traînante sur le sol.

Mais quand le guerrier qu'ils fixaient depuis tout ce temps commença à s'en aller, les fonctions motrices des adolescents et des adultes revinrent et ils se mirent à courir à sa suite.

Afin que le mage, enfin l'elfe, ou quoi qu'il soit ne les remarque pas, ils se faisaient les plus discrets possibles. Et mettaient cent mètres entre eux. Et des sorts de discrétion.

Puis, au bout d'une bonne heure de course, ils arrivèrent en vue d'un charmant petit village, qui avait quand même plus la gueule d'une méga ville fortifiée tout droit sortie d'un roman d'heroic fantasy.

Ils entrèrent donc dans la ville, tout en passant sous le nez des gardes et des habitants insouciants.

Ils suivirent l'empreinte magique de Gellert et durent entrer dans le palais. Ils traversèrent des salles, des couloirs, passèrent devant de jolis jardins, de magnifiques vitraux laissant entrer la lumière, des couples, des gardes et tout un tas de nouvelles choses plus belles les unes que les autres.

Ils atterrirent finalement devant deux grandes portes, immenses, qui devaient très sûrement les amener dans une pièce importante.

Avec des grands sourires face à une entrée qu'ils savaient d'avance être spectaculaire, ils neutralisèrent les deux gardes qui gardaient les portes, enlevèrent leurs sorts de discrétions et poussèrent les portes, une fierté débordante plaquée sur leurs visages.

-Coucou c'est nous ! Déclara Rodolphus, un sourire niais traversant sa figure de long en large.

Tous les elfes présents se retournèrent comme un seul homme et les gardes se jetèrent sur les intrus.

Mal leur en prit, car ils se retrouvèrent à dire bonjour aux murs en compagnie de trente-six chandelles.

Le seul qui n'en croyait pas ses yeux était Gellert qui se demandait, de un pourquoi ces mioches étaient là, de deux comment ils avaient fait, et de trois... QUOI ?!

-Bonjour messieurs, bonjour mesdemoiselles, la Lumière et les Feux Sacrés sont dans la place ! Déclara Draco en effectuant une révérence.

Les guerriers présents dans la pièce se mirent en position de combat mais Gellert calma le jeu :

-Baissez vos armes. Ils ne sont pas nos ennemis.

-Les connais-tu ? Demanda une elfe qui était assise sur un trône, au fond de la salle.

Le blond soupira et répondit :

-Oui... pas tous, mais oui.

Il regarda le groupe absolument hétéroclite et soupira en voyant Alice lui faire un coucou de la main.

Le groupe s'avança, défiant du regard ceux qui les regardaient avec mépris ou méfiance, ou les deux en même temps.

Nathanaël s'inclina devant les souverains et enjoignit ses camarades à faire de même.

-Seigneurs elfes, je suis ravie de faire votre connaissance. Mon nom est Nathanaël. Mes amis et moi même voudrions vous faire part de quelques requêtes.

L'homme le regarda avec méfiance mais la femme lui répondit avec un regard doux :

-Nathanaël, dis-tu ? Je serais ravie de pouvoir t'aider dans ce que tu entreprends. Que désires-tu me demander ?

-Lïaly ! C'est à moi de parler ! Je suis le roi ! Déclara le roi, vexé de s'être fait mouché.

-Maridel, je suis leur reine autant que tu es roi, ces enfants ont l'air d'avoir voyagé, leur fatigue est visible et ce ne sont que des enfants ! Tu n'as pas à les regarder avec autant de méfiance !

Le roi eut une moue vexée qui fit pouffer certains des enfants en question.

-Reine Lïaly, nous voudrions simplement savoir si vous avez connaissance de sorciers naissant elfe.

La reine parut réfléchir quelques secondes puis sourit et déclara :

-Des sorciers naissant elfe, non. Mais des elfes naissant sorcier, vous en connaissez déjà un.

-Ah, oui ? Qui ? Demanda Edmond, étonné.

Le regard de la reine se décala de quelques centimètres et le groupe le suivit pour tomber... sur Gellert Grindelwald.

Le blond soupira et prit la parole :

-Techniquement, n'importe quel elfe pourrait être considéré comme sorcier s'il s'en donnait la peine... tenta l'elfe.

-Mais en pratique ? Demanda Theodore.

-En pratique, seuls de très rares exceptions parviennent à saisir et à maîtriser leur affinité avec la magie. Répondit la reine, les yeux rieurs face à l'elfe désespéré.

Le blond soupira une énième fois et regarda la reine de travers avant de reprendre :

-C'est exact. Mais pourquoi cette question, monsieur Snape ?

-Un beau jour, alors que nous nous baladions en forêt, nous décidâmes de nous arrêter pour la nuit. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque, à notre réveil, nous nous retrouvâmes enfermés dans une ville inconnue. Il se trouva heureusement que nous ne fûmes pas en présence hostile, mais en celle d'elfes noirs charmants. Nous discutâmes donc avec leur chef, civile et accueillant et nous nous rendirent compte, pour notre plus grande surprise, que quatre d'entre nous parlaient votre splendide langue ! Deux, les jumeaux bruns ici présents, l'avaient apprise. Les deux autres, ces jumeaux roux ici présents également, ne l'avaient jamais apprise mais la comprenaient et la parlaient sans s'en rendre compte. Puis, vos guerriers sont arrivés et, voyant notre professeur, nous le suivîmes. Nous nous rendîmes dans ce merveilleux château et nous eûmes le plaisir de vous rencontrer. Mais la bilinguité de ces deux garçons reste un mystère. Nous comptions donc sur votre science et votre savoir afin d'éclairer nos lanternes.

Le silence suivit cette déclaration enflammée de Draco.

-Ça fait pas un peu trop ? Chuchota le garçon à son voisin, Blaise.

-Non, ça allait. Répondit-il.

-J'aurais p'tet dû le chanter...

-Non, c'était parfait, t'inquiètes.

Puis, des applaudissements retentirent. Les regards convergèrent vers la reine qui avait l'air de s'amuser comme une petite folle.

Le roi, lui, paraissait vouloir s'enterrer très très loin sous terre et ne plus jamais en sortir.

Quand à Gellert, il regardait les enfants sans trop vouloir y croire. Il n'avait pas encore réalisé ce fait jusqu'à présent, mais maintenant, il lui sautait à la tronche.

-VOUS AVEZ TRAVERSÉ LA MONTAGNE ?!

-Ouais ! Répondit Alice, enjouée.

-Et le fleuve, et la forêt, et tapé la discute aux elfes noirs, et retrouvé votre trace, et... énuméra Charlie en comptant sur ses doigts.

-Ça va, ça va... le coupa Gellert en grognant.

-Le dôme, c'était vous, hein ? Demanda Hermione.

L'elfe acquiesça.

-Bon, c'est pas tout ça, mais si on parlait des choses sérieuses ? Reprit Edmond. Pourquoi Fred et Georges parlent et comprennent naturellement l'elfique ?

Gellert se retourna vers les souverains et déclara :

-Roi Maridel, reine Lïaly, maintenant que vous n'avez plus besoin de moi, puis-je me retirer ?

-Bien sûr. Répondit la reine, tandis que le roi continuait de bouder.

-Suivez moi. Déclara le blond au groupe de malades mentaux.

.

Ils traversèrent la ville, la forêt et se retrouvèrent devant une petite maison, tout à fait charmante.

Ils entrèrent, s'attendant à se trouver à l'étroit, et se retrouvèrent finalement dans ce qui aurait pu largement concurrencer la bibliothèque d'Alexandrie.

Il y avait des livres, des livres, des livres, des livres, des livres, oh tiens un fauteuil, des livres, des livres et, étonnamment, des livres.

Gellert conjura un canapé et le groupe s'affala dessus, tandis que lui allait fouiller une étagère.

Il revint quelques minutes plus tard, un pavé dans la main. Il s'assit et prit la parole :

-L'un de vous peut-il me dire de quoi fait mention ce livre ?

Il lança l'ouvrage qui fut rattrapé au vol par Nathanaël qui lut le titre : « Mythes et Légendes Magiques Éternelles».

-Oh putain... lâcha Alice, manquant de tomber du canapé.

-Qu'est ce que c'est ? Demanda Ginny.

-Ça, les gars, c'est le saint Graal des livres. Répondit Alice.

Combien d'heures Luka avait-elle passée à rechercher ce livre avant de découvrir qu'il était... Attendez une seconde...

-Ce livre est perdu ! Depuis des millénaires ! Il est considéré comme le plus vieux livre créé à ce jour, mais aussi comme le plus légendaire. C'est un mythe ! Comment... ? S'écria Alice.

-J'ai découvert ce livre dans cette forêt. Il était posé, sur le sol, abandonné. J'ai fait des milliards de recherches sur ce livres, et la seule chose qui peut être une micro possibilité d'un début de réponse est la préface de ce bouquin.

Nathanaël l'ouvrit et se mit à lire à voix haute :

« Ce livre recense les Légendes et les Mythes. Tous. Quelle que soit leur origine. Quelle que soit leur nature. Quelle que soit leur déclencheur. Les gendes et les Mythes sont fait pour être découverts, appris, légués, racontés et gardés en mémoire. Quoi qu'il arrive, ce livre recense et recensera toujours les Mythes et les Légendes de ce monde, et de bien d'autres encore. Les Mythes et les Légendes ont des buts, des origines, des héros. Chacun d'entre eux à un but à accomplir. Le temps ne compte pas lorsqu'il s'agit d'aventures. Le passé, le présent et le futur se mêlent, et rien ne pourra enrayer ce processus. Les Mythes et les Légendes sont emplis de magie. Les Mythes et les Légendes ont un commencement et une fin, mais se renouvellent toujours et se renouvelleront à jamais. Toi qui a découvert ce livre, tu es désigné pour être le messager de ce monde. Toi qui a découvert ce livre, n'oublie jamais ce but, car tu es né pour cette tâche, et tu ne mourras pas sans l'avoir accomplie. Qu'importe que des obstacles te barrent la route, tu devras faire face, car ton destin est en marche. Toi, quelle que soit ta race, tes origines, ton parcours, ce livre t'es confié, et avec lui le destin du monde. »

Un silence prit place dans la petite maison et un sifflement admiratif le brisa :

-Et ben dis donc, rien que ça, tiens. Lâcha Bill.

-Mais c'est plus une micro possibilité d'un début de réponse, ça ! C'est carrément une pancarte lumineuse ! s'écria Alice.

-Donc, vous êtes une sorte de messager de la Magie ? Tenta Draco.

-Je suis totalement un messager de la Magie. Répondit Gellert.

-Je suppose que l'une des légendes nous concerne directement ? Demanda Nathanaël.

-Tu supposes bien. Page 237.

Nathanaël tourna les pages jusqu'à arriver à la page demandée. À nouveau, il lut à voix haute :

« La Magie un jour créa
Et depuis sans s'arrêter veilla,
Ses créations, les éléments
Ses créatures, ses enfants.

Il y eut cependant des Guerres
Que nul ne sut arrêter
Alors ses larmes coulèrent
Et créèrent son plus fidèle guerrier.

Celui-ci monta une armée
Afin de protéger le monde de la dévastation
Mais il rallia tant de monde à sa nation nouvellement créée
Qu'il en perdit la notion
de vie, de mort, de raison
À tel point qu'il oublia pourquoi il avait été appelé.

Chaque fois que le monde fut déchiré
La Magie créa des Messagers
Qui, pour elle, défièrent sans peur l'Univers
Et rassemblèrent ses champions sur Terre
Afin de sauver le monde de sa folie et de ses guerres.

Ce jour là, la créature par la haine enchaînée
Devint, pour la Magie, un Messager
Et jura sur la tombe de sa moitié
Qu'il la vengerait de ces atrocités.

La folie qui ronge le monde en cet instant
Est due à un être puissant
Mais cet être, mauvais et cruel
Sera défait par la paire éternelle.

Ces héros, blanc et noir, ténèbres et lumière
Alliés a d'autres races, fidèles et fières
Ensemble ils forment dans la nuit un éclair
Pour illuminer tel cette éclatante Lumière.

Elfes jumeaux, créatures des bois
Vampire, Incube et Âme Damnée, créatures de la
Nuit
Âme sœur des Eaux, créature d'Amour et de Foi
Ange messager, créature des Cieux et de l'Esprit.

Et bien sûr il ne faut pas oublier,
Ceux pour qui ces Héros sont conviés
Ces créatures nées de la Terre et qui en font leur foyer
Ces humains qui par le sang sont liés.

Eux tous sont le salut du monde
Une lueur d'Espoir venue d'Outre Tombe
Une
attirante Lumière brillant sur le chemin
Un message de paix pour ceux qui
se battent en vain.

Mais dans ces héros, deux sont liés
Plus que les autres afin de sauver
Le savoir perdu de cette humanité
Eux qui
ont été déchirés.

Ces deux Héros, qui sont ils ?
Créatures des Bois, de la Nuit, d'Amour, de Foi, des Cieux ou de l'esprit ?
Ou bien sont-ils de cette Terre
Vouée par tous, à une disparition amère ?

Ces Héros pour tous seront le Salut
Car en la Magie ces créatures ont cru
Lorsque la Lumière pour eux était perdue
Et que l'Espoir n'était plus.

Prenez garde à leur vengeance
Car pour eux se formera une alliance
Quand les Héros connaîtront leur passé enfouit sous la Terre
Alors commencera une nouvelle ère.

Ces héros venant des ténèbres sombres et cachées
Combattront le mal et le Fou sera défié
Et alors le Fou sera annihilé
Si ainsi l'auront décidé
Les Jumeaux séparés.
»

Le silence se fit dans la pièce.

Tous digérèrent et inscrivirent dans leurs mémoires ces paroles emplies de magie.

Puis, après quelques minutes, Gellert reprit la parole, d'une voix douce et teintée de... regrets ?

-Un jour naquit un elfe forestier. Une créature dite « de la Lumière ». Pourtant, il avait une sœur jumelle. Née elfe noire. Une créature dite « des Ténèbres ». Savez-vous ce qu'ils ont fait de ces jumeaux magiques, elfes différents ? Ils auraient pu les tuer. Cela leur aurait épargné toute une souffrance. Non. Ils ont été plus cruels encore. La mère fut mise à mort par le père qui renia sa progéniture quelques heures après la naissance. Les noyaux magiques de ces deux enfants eurent ainsi le temps de presque fusionner. Ils s'irriguaient l'un l'autre. Mais l'elfe noire fut enlevée à son frère, et l'elfe forestier fut enlevé à sa sœur. Leurs noyaux magiques furent donc privés de leurs jumeaux et les enfants vécurent milles souffrances. Souvent, l'elfe forestier voulut mourir. Il ne savait pas pourquoi il souffrait, il ignorait qu'il avait une sœur. Mais il restait fort, vivant. Il ne savait pas pourquoi. Il ne savait pas pourquoi ce vide était présent dans son cœur. Alors il restait fort. Pour l'être qu'il voyait dans ses rêves. Des années plus tard, alors que l'elfe forestier chassait, il croisa une jeune femme. Des cheveux verts foncés, des yeux dorés, et la peau noire comme la nuit. Lorsque leurs regards se croisèrent, ils sentirent tous deux qu'ils étaient enfin complets. Qu'ils étaient enfin eux-même. Une douce musique résonna à leurs oreilles et la joie déborda dans leurs magies qui coulaient l'une sur l'autre, comme deux amies trop longtemps séparées. Mais l'elfe noire dut repartir. La séparation fut plus douloureuse encore que tout ce qu'ils avaient pu vivre auparavant. Un soir, ils se retrouvèrent dans la forêt et partirent. Loin. Loin de ces guerres, de ces affrontements, de ces déchirements entre peuples si semblables dans leurs différences. Mais des elfes les prirent en chasse, et une flèche empoisonnée blessa l'elfe noire. Son frère la confia à des gens de confiance et partit chercher de quoi la sauver. L'elfe forestier eut une vie remplie. D'Amour, de voyages, d'apprentissages, de quêtes et de pouvoir. Mais également d'erreurs. Quand la plus grande de toutes se termina enfin, il revint, dans l'ignorance du monde qu'il l'avait enfermé par erreur, par peur, par manipulation de l'Homme qu'il pensait aimer et dont il pensait être aimé en retour. Il retourna voir sa sœur, sa douce et tendre moitié d'âme. Il la retrouva en forme, guérie de tout mal. L'elfe noire courut dans ses bras et lorsqu'elle tomba sur son frère, celui-ci ne put que sentir le sang de sa sœur s'écouler sur le sol. Il vit la flèche plantée dans son dos. Il vit les elfes se tenir à quelques mètres de lui, les arcs bandés. Il vit ces peuples, qui se haïssaient, faire front commun face à ce qu'ils trouvaient être le mal. Lui qui croyait avoir vu tous les déchets possibles. Il y avait encore pire. Cette horreur lui retourna les tripes et il dut se retenir de vomir face à tant de cruauté, d'horreur et de saleté. C'était la bassesse de l'Univers, le mal incarné. Sans finir leur travail, laissant l'elfe forestier dans la douleur et la haine, les horreurs partirent, un sourire aux lèvres. Comment ? Se demanda l'elfe forestier. Comment de telles atrocités peuvent-elles exister ? Pourquoi tant de mal est-il fait ? Pourquoi ? L'elfe forestier arrêta de se retenir et vomit. Il vomit à la gloire de ce monde pourri. Il vomit pour la démonstration d'immoralité qu'il venait de voir. Il vomit face à tant de saleté, de déchets et de pourritures. Il enterra sa sœur et jura sur sa tombe qu'il la vengera. Qu'il se battrait pour rendre ce monde plus juste. Qu'il doive le détruire centimètre par centimètre, le brûler jusqu'à ce qu'il n'en reste que des cendres. Oui. Il vengera. Et il détruira. La rage, la haine, la colère, le dégoût et la détermination enflammèrent ses yeux autrefois verts bois et brillant de lumière, devenus vert pâles et brillant d'un amour perdu, illuminés par sa rage.

Le groupe observa sans rien dire cet homme brisé. Brisé par les années, par des créatures qui n'étaient plus que des déchets. Ils observèrent ses yeux pâles, mais toujours aussi enflammés. Ils observèrent cet homme qui n'en était pas vraiment un, mais qui venait de parler à cœur ouvert de son histoire.

Cet homme, cet elfe ou quoi qu'il soit, venait de confier une vie de malheurs, de joies, de haines, de vies et de morts à des enfants.

Ces enfants, ces adolescents, ces adultes, connaissaient autant que lui les malheurs de ce monde. Certains avaient même vécu pire que lui. Mais comment pourrait-il y avoir de créature revendiquant une quelconque supériorité là-dessus ?

Il n'y avait que des personnes brisées, chacun à sa manière.

Il n'y avait que des personnes brisées, avec son lot de malheurs.

Il n'y avait que des personnes brisées qui se tenaient d'égales à égales.

Gellert soupira et reprit le livre des mains de Nathanaël.

Il alla le ranger et retourna ensuite s'asseoir face au groupe silencieux, respectueux de l'instant de paix et de partage.

-Fred et Georges, vous êtes-tous deux des elfes. Je sens des sorts de glamour sur vous. Je peux vous rendre votre apparence. Puis, vous partirez.

Les deux roux se regardèrent et acquiescèrent.

Gellert ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il y avait deux splendides elfes adolescents qui lui faisaient face.

Les jumeaux se regardèrent. Fred avait la peau blanche, mais légèrement bronzée et des yeux bleus roi. Ses pupilles n'étaient plus noires mais carmins. Ses cheveux étaient rouges vifs. Georges avait la peau noire et des cheveux rouge foncés. Ses yeux étaient bordeaux et ses pupilles bleues foncées. Leurs lèvres étaient fines et leurs oreilles, pointues. Mais ce qui détonnait le plus, c'était le tatouage qui était présent sur leurs fronts. Deux arcs partaient d'entre leurs sourcils, remontaient tout en haut de leurs fronts et redescendaient autour de leurs yeux pour terminer aux coins de ceux-ci. Celui de Fred était bleu foncé tandis que celui de Georges était carmin.

Les deux garçons se sourirent et se prirent dans les bras l'un de l'autre.

-Partez, maintenant. Souffla Gellert.

Tous acquiescèrent et sortirent de la maison.

-Qu'est ce que tu fais encore là, toi ? Demanda le blond à Nathanaël qui ne semblait pas avoir bougé.

-Je voudrais simplement savoir quelque chose. Ta sœur. Comment s'appelait elle ?

-...Nathaël. Elle maîtrisait l'eau, comme toi.

-Ce jour là, où tu m'avais proposé de m'entraîner. C'était...

-Pour elle, oui. La ressemblance entre vous deux était frappante. Tu me la rappelais tellement. Je voyais ses cheveux dans tes yeux, je voyais ses yeux dans ta magie et je voyais la sienne dans tes sortilèges. Tu étais comme elle...

-Je suis désolé de te l'avoir rappelée.

-Tu n'y es pour rien. Et au contraire, je te remercie. J'ai revu les plus beaux moments de ma vie en ta présence. Et je suis heureux d'avoir pu t'aider, toi et tes amis.

-Pourquoi étais-tu dans ce village, pour te battre ?

-Tu le sais, je les hais. Tous. Ces elfes. Qu'ils soient noirs, blancs, beaux, laids, vieux ou coupables. Mais j'ai vu dans la ville des forestiers des enfants. De jeunes enfants qui n'étaient pas coupables. Ces enfants sont le futur de ce monde. De même, je suis allé dans ce village et j'ai vu les même enfants, entraînés à haïr ce qui es différent d'eux. Je ne pouvais pas continuer de voir ça. Mais la reine Lïaly n'a pas connu cette époque maudite et ne comprend pas la guerre. Je lui expliquais les grandes lignes quand vous êtes arrivés. Et je sais qu'elle n'est pas mauvaise. C'est le monde qui l'est et qui corrompt ce qui foule sa Terre.

Nathanaël inclina la tête dans un geste de compréhension.

-Merci.

-De rien.

Ils restèrent ainsi quelques secondes, appréciant le silence et la paix installée entre eux. Le tutoiement était venu naturellement. Après tout, en cet instant, ils n'étaient que deux personnes brisées, égales et qui se comprenaient mutuellement.

-Maintenant, pars.

Nathanaël se leva et se dirigea vers la porte.

Il jeta un dernier regard par dessus son épaule et la franchit, lâchant quatre mots :

-J'espère te revoir.

Il s'en alla et ne vit pas le fin sourire qui s'installa sur les lèvre de la créature.

-Moi aussi... chuchota t-il.

Sans doute le vent porta ses paroles au garçon car un sourire doux apparut également sur son visage, figeant de stupeur les camarades qu'il avait rejoint.

-Bon, on y va ? Demanda Edmond, plaçant une main sur l'épaule de son frère.

-Bien sûr. Répondit le brun.

Et ils repartirent, rejoignant ceux qu'ils avaient quittés pour ce voyage qui fut court mais instructif.


Voilà.

Pour voir le tatouage de Fred et Georges, www. photo-tatouage /sites/default/files/styles/image _ large/public/modele-tatouage-motif-elfique. jpg

J'espère que ce chapitre vous a plu, laissez moi pleeeeiiins de reviews !

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La rubrique de mémé Shiro :
-Je sais pas vous, mais moi, j'ai lâché ma petite larmichette sur la fin.
-Franchement, je suis déprimée par l'histoire de Gellert...
-La seule chose qui rattrape tout ça, c'est que ça va gueuler du côté de Remus...
-'Fin moi, je dis ça, je dis rien, hein...

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Passez tous une très bonne semaine et pour tous les lecteurs/lectrices nyctalopes, bonne nuit !

~Sh'Ak.