Je me contente de vous souhaiter une bonne lecture, en espérant que ce chapitre vous plaira :)


Le bourdonnement du moteur était maintenant le seul bruit qui troublait le silence qui régnait dans la voiture de fonction du sheriff. La tension était palpable et les mines des deux jeunes filles s'assombrissaient de plus en plus à mesure qu'ils approchaient de Storybrooke. Regina était blottie contre Emma, la tête posée sur son épaule, et leurs cœurs se serrèrent quand la voiture passa devant la pancarte indiquant qu'ils venaient d'entrer dans la petite ville.

Adieu espoirs d'évasion et de bonheur.
Bonjour interdits et séparation.

* Flash-back *

Emma et Regina savaient pertinemment qu'il était trop tard, s'enfuir n'aurait servi à rien. Alors au lieu de ça, elles décidèrent d'affronter la réalité. La blonde serra fermement la main de sa petite amie dans la sienne, cette dernière répondit par la même pression, et alors elles s'avancèrent en direction du campement.

David parla, mais aucune des deux n'écouta ce qu'il avait à dire. Il semblait énervé, principalement en raison de la peur qu'il avait ressentie pendant ces trois jours où elles avaient disparu, mais elles ne s'en préoccupèrent pas. La seule chose que la vampire perçut parmi tout ce que disait son père, c'était qu'un ranger et deux secouristes l'avaient accompagné pour l'aider à les retrouver.

Elles rattroupèrent leurs affaires sans dire un mot, échangeant simplement de temps à autre des regards entre elles. Une fois qu'elles furent prêtes, toujours sans rien dire, elles se placèrent face à David. Celui-ci, encore plus énervé par leur absence de réaction, arrêta de parler et ils partirent tous pour rejoindre le véhicule du ranger. Ce dernier les reconduisit jusqu'à l'orée de la forêt. De là, le sheriff de Stroybrooke fit monter les deux jeunes filles dans sa voiture de fonction et prit le volant.

Les premières minutes du trajet furent marquées par un silence de plomb, jusqu'à ce que David prenne la parole.

- Vous avez conscience qu'il aurait pu vous arriver n'importe quoi ? commença-t-il d'un ton sec et autoritaire.

Pas de réponse.

- Vous auriez pu vous blesser dans cette forêt, et même avant ça vous auriez pu être enlevées, ou agressées. Il y a des dérangés partout, on n'est jamais à l'abri, encore moins quand on est deux jeunes filles comme vous.

A ces mots, sa fille lâcha un rire sec.

- Tu as quelque chose à dire, Emma ? lança le blond en la regardant par l'intermédiaire du rétroviseur intérieur.

- Ne nous prends pas pour des idiotes, on sait très bien que ce n'est pas réellement ce qui vous inquiétait. Tu ne nous feras pas croire que vous pensiez qu'une lycanthrope et une semi-vampire ne pourraient pas se défendre si on les agressait.

- Ne te crois pas invincible parce que tu as du sang de vampire.

- On ne risquait rien ensemble, on peut très bien se défendre nous-mêmes. La vérité c'est que vous voulez à tout prix nous pourrir la vie et nous séparer, alors en voyant qu'on s'était enfuies et qu'on voulait vivre comme on l'entendait et pas comme vous l'avez décidé, vous n'avez pas supporté.

La voiture pila brutalement, secouant tous ses passagers et prenant par surprise les deux jeunes filles qui ne s'attendaient pas à une telle réaction.

David venait de s'arrêter sur le bas-côté et il se retourna brusquement vers sa fille, le regard noir et autoritaire, les traits crispés, presque effrayant. Emma ne l'avait jamais vu comme ça.

- Maintenant écoute-moi bien Emma, commença-t-il d'une voix vibrante de colère. Tu as l'air persuadé que ta mère et moi on ne cherche qu'à ruiner ta vie et à te rendre malheureuse, mais tu te trompes sur toute la ligne. Ta petite crise d'ado a assez duré, il est temps que ça s'arrête !

Cette fois il avait crié, faisant sursauter la vampire et la lycanthrope. Aucun des deux n'osa l'interrompre et il reprit.

- Tu dois nous trouver injustes, et je peux le comprendre, mais tout ce que nous voulons c'est te protéger. Nous savons pertinemment de quoi la mère de Regina est capable, nous savons ce qu'elle a fait à Daniel et nous savons qu'elle n'hésiterait pas à le refaire en se couvrant de la même façon.

Sur ces mots, David lança un regard désolé à la brune, s'excusant silencieusement d'en être arrivé là. Pour autant, il ne s'arrêta pas. Les choses devaient être dites une bonne fois pour toute.

- Si ça ne tenait qu'à nous, vous pourriez être ensemble. Bien sûr, nous ne sauterions pas de joie parce que Cora est ce qu'elle est, mais nous ne vous empêcherions pas d'être ensemble. Malheureusement nous ne sommes pas les seuls à entrer dans l'équation, Cora est là aussi, et elle est loin de partager notre avis. J'ai déjà dû batailler avec elle pour la convaincre de me laisser venir vous chercher, et ça n'a pas été une mince affaire. Je peux t'assurer que si c'était elle qui était venue, le retour aurait été bien différent de ce qu'il est.

Regina approuva ses paroles en hochant faiblement la tête.

Voyant sa fille déboussolée par tout ce qu'il était en train de lui dire, le blond reprit d'un ton plus calme.

- Nous ne voulons que ton bonheur ta mère et moi, je t'assure. Mais ta sécurité passe avant tout, alors s'il faut que tu te tiennes éloignée de Regina pour te protéger, nous le ferons. Je suis désolée Emma.

La louve s'empressa de prendre la main de sa petite amie et de la serrer dans la sienne en la voyant plus pâle qu'à l'accoutumée.

- Maintenant profitez des quelques heures qu'il vous reste ensemble, je ne veux pas m'être opposé à Cora pour rien, dit-il avec un sourire qui se voulait chaleureux mais qui restait forcé.

Sur ce, David se remit en place dans son siège et il redémarra.

A l'arrière, Regina se détacha pour quitter la place qu'elle avait choisie initialement et s'asseoir juste à côté de sa petite amie. Elle l'embrassa tendrement mais sans s'attarder, mal à l'aise en raison de la présence du sheriff, puis elle se blottit contre elle en mêlant étroitement leurs doigts.

Emma quant à elle, encore sonnée par tout ce qu'elle venait d'entendre, se ressaisit tant bien que mal. Elle offrit un sourire rassurant à la brune qui l'observait d'un air inquiet, puis elle se serra contre elle, bien décidée à suivre le conseil de son père : profiter des quelques heures qu'il leur restait à partager.

* Fin du flash-back *

La voiture de patrouille s'arrêta devant le manoir Mills.

Pas un mot ne fut échangé pendant un long moment, et ce fut finalement Regina qui parla la première.

- Bon, je vais y aller.

Elle et Emma se regardèrent longuement, hésitant sur la conduite à tenir, et la blonde finit par lancer un regard insistant à son père qui se racla la gorge, gêné.

- Je vais aller dire à ta mère qu'on est de retour, Regina.

Il sortit rapidement de la voiture pour laisser un peu d'intimité aux deux jeunes filles et se dirigea vers la maison.

La louve se rapprocha alors de sa petite amie avec empressement. Elle s'agrippa à sa nuque avec l'énergie du désespoir et la plaqua contre la portière en l'embrassant fougueusement. La blonde ne tarda pas à répondre au baiser, et elles restèrent ainsi un long moment. Elles finirent tout de même par se séparer, et alors chacune plongea les yeux dans ceux de l'autre.

- J'imagine que c'est ici qu'on se dit adieu, souffla Regina d'une voix tremblante.

- Non, pas adieu.

- Emma, ma mère va-

- Je sais, elle va être encore plus stricte, à supposer que ce soit possible. Mais on ne se dit pas adieu, on se dit au revoir.

Un court silence s'installa, rapidement brisé par la blonde qui reprit.

- Je… J'ai compris qu'il fallait qu'on arrête vraiment de se voir, au moins pendant quelques temps. Mon père a raison, c'est sûrement mieux comme ça, pour toi comme pour moi. Mais je n'abandonne pas pour autant, d'accord ? Je ne cesserai jamais de t'aimer.

- Moi non plus.

- Une fois qu'on aura notre diplôme on ira à l'université, ta mère ne pourra plus constamment te surveiller. Et d'ici là, on pourra au moins s'apercevoir au lycée.

La brune hocha faiblement la tête, les larmes au bord des yeux. Puis elle plongea ses deux orbes sombres dans celles émeraude de sa petite amie.

- Promets-moi de m'attendre.

- Je te le promets. Il n'y aura jamais que toi dans mon cœur, et j'attendrai aussi longtemps qu'il le faudra pour qu'on soit enfin réunies.

- Je t'aime.

- Je t'aime aussi.

Sur ce, elles échangèrent un long baiser qui les laissa à bout de souffle. Quand elles se séparèrent, Regina quitta précipitamment la voiture avant de craquer et de fondre en larmes devant Emma. Elle savait que si elle le faisait, il lui serait ensuite impossible de partir.

La blonde regarda sa petite amie remonter l'allée menant à sa maison. Cora lança un regard sévère à sa fille qui entra après avoir dit quelques mots à David, sans doute pour le remercier. La mairesse n'eut pas cette politesse et elle claqua la porte au nez du sheriff.

La vampire ne dit rien quand son père remonta dans la voiture, et lui aussi garda le silence. Ils repassèrent au poste pour déposer la voiture de patrouille et récupérer la leur, puis ils rentrèrent chez eux.

David entra le premier.

- C'est nous ! lança-t-il.

Aussitôt, Mary-Margaret arriva du salon. Elle ne se préoccupa pas de son mari et se dirigea directement vers sa fille.

- Emma !

On pouvait sentir dans sa voix tout son soulagement après les jours d'angoisse qu'elle avait sans doute vécus. Elle prit sa fille dans ses bras et la serra si fort qu'un humain normal aurait sans doute pu y perdre une côte.

Emma n'eut d'abord aucune réaction. Elle resta inerte, les bras le long du corps. Puis, n'y tenant plus, elle se laissa aller et rendit son étreinte à sa mère. Cette dernière fut surprise mais ne fit aucune remarque, trop heureuse de cette marque d'affection à laquelle elle n'avait pas eu droit depuis des mois.

- Papa, appela faiblement la jeune fille.

L'intéressé répondit immédiatement et rejoignit sa femme et sa fille pour les entourer d'une étreinte protectrice.

A cet instant, dans les bras de ses parents qu'elles savait maintenant de son côté, la jeune vampire se permit enfin de craquer et se laissa aller.

- Elle me manqua déjà, parvint-elle à articuler entre ses sanglots tandis que des larmes coulaient déjà sur ses joues.

- On sait ma chérie, on sait, lui murmura sa mère.

- Il a fallu du temps avant que nos parents respectifs acceptent notre amour, et ça n'a pas été une mince affaire, on sait ce que c'est, dit son père. Mais on est là tous les deux, et on ne te laissera pas tomber.

Sur ces mots, Emma pleura de plus belle et alors ses parents la serrèrent contre eux.

- SwanQueen -

Bientôt un mois qu'Emma et Regina n'avaient plus le moindre contact. C'était sans surprise que la blonde avait constaté que le numéro de sa petite amie n'était plus en service seulement deux jours après leur retour. Sans doute Cora avait-elle voulu s'assurer qu'elles seraient complètement et définitivement séparées. Mais c'était sans compter sur la ténacité de la vampire.

Elle s'était résignée, mais c'était seulement provisoire. Comme elle l'avait dit à Regina, elle n'abandonnerait jamais. Un jour la brune prendrait son indépendance, elle se détacherait de sa mère, et alors Cora n'aurait plus son mot à dire. Ce jour-là, elles pourraient se retrouver et vivre leur vie comme elles l'entendaient.

En attendant, Emma se contentait des quelques mots qu'elles échangeaient furtivement quand elles se croisaient dans les couloirs ou dans leurs cours communs. Elle passait également par les amis de la louve pour prendre de ses nouvelles, notamment Graham. Elle avait finalement accepté de passer une soirée avec lui à la demande de Ruby, et elle avait fini par admettre à contrecœur qu'il avait changé et méritait une deuxième chance.

C'était lui qui avait dit à Emma qu'un homme d'une trentaine d'années était venu dîner chez les Mills, et ce alors que la mairesse ne recevait que rarement. Il n'avait pas fallu longtemps à la blonde pour comprendre qu'il s'agissait sans doute de Leopold, le loup garou dont la brune lui avait parlé et que Cora lui avait choisi comme futur mari. L'idée qu'il ait pu rencontrer Regina lui donnait envie de vomir, mais elle ne pouvait rien faire. Néanmoins, elle avait rapidement abordé le sujet avec la lycanthrope qui lui avait assuré qu'elle faisait tout pour retarder les choses et que sa mère ne voulait de toute façon pas la marier avant qu'elle ait fini ses années d'université. Emma n'avait pas été rassurée pour autant, mais elle s'était contentée de cela.

Même si la situation était telle qu'on aurait pu dire que les deux jeunes filles n'étaient plus ensemble, il n'en restait pas moins qu'elles s'étaient mutuellement promises de s'attendre l'une l'autre. Par conséquent, tout comme Emma voyait parfois Regina lancer des regards noirs à ceux qui étaient trop familiers avec elle, la blonde elle aussi n'appréciait guère de voir certains garçons tourner autour de celle qu'elle considérait encore comme sa petite amie. Elles n'étaient plus véritablement ensemble, mais la jalousie n'en restait pas moins présente. C'est ainsi qu'environ une semaine après leur retour à Storybrooke, Emma avait saisi l'occasion de mettre les choses au point avec Robin.

C'était un jeudi après-midi, la blonde avait décidé d'aller voir Regina pendant son entraînement de cheerleading. Elle était installée dans les gradins et observaient l'équipe qui venait de terminer le dernier enchaînement de la journée. Chacun papotait et Regina était en pleine conversation avec l'une de ses coéquipières quand Robin l'avait apostrophée. L'équipe de football, qui s'entraînait de l'autre côté du stade sur les même horaires, venait de terminer et il avait immédiatement rejoint la brune. En le voyant approcher, celle-ci avait immédiatement semblé mal à l'aise. Regina avait pris ses distances avec le jeune homme depuis ce baiser qu'ils avaient échangé, mais malgré tout il persistait à lui parler.

Voyant qu'il était proche de la lycanthrope et ne cessait de poser sa main sur son bras et d'avoir des gestes tendres envers elle, Emma fit de son mieux pour ne pas craquer. Elle préféra serrer les dents et attendre, sachant pertinemment que si elle s'emportait maintenant une dispute éclaterait et que le scandale aurait tôt fait d'arriver jusqu'aux oreilles de Cora. Alors elle se contint aussi longtemps que ce fut nécessaire.

Quand Regina parvint enfin à se débarrasser du jeune homme pour rejoindre les vestiaires, Emma ne perdit pas un instant et bondit sur ses pieds. Elle descendit des gradins en hâte et se dirigea droit sur Robin. Ce dernier rejoignait ses coéquipiers qui étaient en train de s'étirer quand il entendit son prénom être appelé d'une voix forte. Il se retourna et tomba nez à nez avec la blonde qui avançait à grands pas vers lui, l'air déterminé. Dès qu'il la reconnut, il blêmit. La rumeur d'une éventuelle relation entre Emma et Regina avait commencé à courir dès que les deux jeunes filles s'étaient rapprochées, mais elle n'avait jamais été confirmée et était restée ce qu'elle était : une rumeur. Néanmoins, à cet instant, Robin aurait pu jurer que c'était bien pour cette raison que la blonde semblait vouloir lui parler. Il avait vu la réaction de cette dernière aux écuries le jour où ils s'étaient rencontrés pour la première fois, et il n'avait eu aucun mal à y déceler de la jalousie. A partir de là, le doute s'était transformé en certitude. Mais pour Regina, pour la protéger, il n'avait rien dit. Il connaissait la mairesse et savait qu'elle n'aurait jamais accepté l'idée que sa fille fréquente une autre fille. Il s'était donc tu, décidé à préserver leur secret. Une chose qu'il n'avait pas su faire cependant avait été de résister à la tentation et de ne pas embrasser la brune quand il en avait eu l'occasion, et quelque chose lui soufflait qu'il était temps d'assumer ses actes.

- Comment ça va, le prince ? commença Emma.

- Je t'ai déjà dit que ce surnom ne me correspondait pas vraiment. A vrai dire, je préférerais voleur.

Les mots étaient sortis d'eux-mêmes, sans que le jeune homme n'ait prémédité de provoquer la blonde de la sorte. Mais voyant dans quoi il s'était engagé en réagissant ainsi, il prit le parti de continuer dans sa lancée. Après tout, il avait beau savoir qu'il avait mal agi, il n'en restait pas moins qu'il avait un honneur à défendre et qu'il aimait Regina. Il était prêt à assumer ce qu'il avait fait, mais aussi à se battre pour elle.

Sa réponse arracha un rire sec mais moqueur à Emma dont les lèvres s'étirèrent en un fin sourire.

- Mais c'est qu'il a de l'humour en plus d'être un putain d'inconscient.

Robin fronça les sourcils. La blonde n'en faisait-elle pas trop ? Il était normal qu'elle cherche à l'intimider, il aurait fait la même chose à sa place, mais elle avait beau être élancée et musclée, il avait une carrure bien plus imposante que la sienne, et pour commencer il était un garçon alors qu'elle était une fille. Pour toutes ces raisons, il était évident que des menaces n'avaient aucun sens.

- Le truc c'est qu'il faudrait que tu revois ta définition de voleur je crois. Un voleur c'est quelqu'un qui prend des choses qui ne sont pas les siennes sans demander la permission, t'es d'accord avec moi ?

Le sportif ne répondit pas. Qu'aurait-il pu dire à cela ?

- Mais au final, un voleur a ce qu'il voulait, pas vrai ? reprit la blonde. Je veux dire, il a obtenu l'objet de ses convoitises.

A nouveau, le jeune homme resta silencieux. Ses coéquipiers, interpelés par l'altercation qui débutait à quelques mètres d'eux, ne tardèrent pas à arrêter leurs exercices d'étirement pour s'intéresser de plus près à l'échange.

- Toi, ce que tu convoitais c'était Regina, c'est bien ça ?

Tout en parlant, Emma s'approcha de son interlocuteur jusqu'à n'être plus qu'à un mètre de lui.

- Mais tu peux me dire qui l'a eue au final ?

Robin serra les mâchoires mais ne répliqua pas, et la blonde eut alors un sourire satisfait.

- Je pense que tu as compris où je veux en venir. Tu lui as peut-être volé un baiser, et elle a peut-être répondu à ce baiser, mais au final c'est avec moi qu'elle est restée. Tout ce que tu as réussi à voler, c'est un pauvre petit baiser, et c'est tout ce que tu auras venant d'elle. Alors voleur si tu veux, mais permets-moi d'y ajouter raté.

Cette dernière phrase fit naître quelques rires parmi les autres adolescents qui s'étaient approchés et Emma vit son opposant encore plus vexé. Néanmoins, celui-ci n'avait pas dit son dernier mot, et il ne comptait pas se laisser dénigrer sans réagir.

- Tu devrais peut-être te poser des questions si un voleur raté a réussi à la faire craquer. Méfie-toi de ceux qui sont plus expérimentés et qui pourraient bien menacer ce que tu sembles tant chérir, conseil d'ami.

- Tu n'es pas mon ami, gronda la vampire.

- Alors j'espère que je pourrai le devenir une fois que je sortirai avec Regina. Ce sera quand même plus convivial si je m'entends bien avec son ex.

Cette provocation fut celle de trop. Emma sortit de ses gonds et se jeta sur le jeune homme. Elle le fit reculer sans mal et le plaqua au poteau de but qui se trouvait pourtant plusieurs pas derrière lui. Aussitôt, des exclamations s'élevèrent des autres joueurs de l'équipe qui formèrent un cercle autour des deux opposants. En temps normal ils auraient sans doute stoppé cet échange qui s'envenimait dangereusement, mais ils semblaient avoir perçu qu'Emma n'était en rien comparable à une jeune fille ordinaire et qu'elle pouvait être une adversaire redoutable.

- Ecoute-moi bien belle gueule, commença la blonde d'un ton hargneux. Tu as voulu jouer au malin et ça n'a pas marché. Tu t'es bien amusé, t'as eu ta petite poussée d'adrénaline, mais maintenant c'est fini. Regina t'a repoussé, elle ne veut pas de toi. Elle te voit comme un ami et elle ne te verra jamais comme autre chose.

Robin serra les dents, furieux de se faire tourner en ridicule de la sorte, qui plus est devant ses coéquipiers. Emma l'avait saisi par le col d'une poigne de fer, et il avait lamentablement échoué à se libérer bien qu'il ait tenté de le faire à plusieurs reprises, ce qui avait déclenché des rires parmi ceux qui les observaient.

- C'est ton jour de chance, reprit la blonde d'un ton moqueur. Je pourrais te refaire le portrait tout de suite, mais vu que t'es un ami de Regina, je veux bien oublier pour cette fois. Seulement je te préviens… Tente encore quoi que ce soit avec elle et je peux t'assurer que ça ira au-delà du simple échange verbal. Demande à Elsa, j'ai une bonne droite, dit-elle avec un sourire en coin.

Sur ce, elle lâcha négligemment sa victime. Le jeune homme s'empressa de se redresser et de remettre son maillot en place, tentant de garder un soupçon de dignité.

- Ne t'approche plus d'elle ou tu le regretteras amèrement.

Emma tourna les talons sans rien ajouter et les autres joueurs s'écartèrent respectueusement pour la laisser passer quand elle partit.

Robin la regarda s'éloigner, blessé dans son orgueil et humilié devant ses coéquipiers qui ne manquèrent pas de le charrier tandis qu'ils rejoignaient tous les vestiaires. Il n'aurait peut-être pas dû faire preuve d'autant d'audace et oser se mesurer à celle qu'on aimait à surnommer Charming et qui de toute évidence, n'était pas une fille comme les autres.

- SwanQueen -

Ce soir, la Lune serait pleine. C'était la pensée qui hantait Emma depuis son réveil. La dernière nuit de pleine Lune qui avait eu lieu, elle l'avait passée avec Regina à parcourir la forêt québécoise. Elles étaient libres, elles étaient ensemble, et rien ne semblait pouvoir perturber leur bonheur. Pourtant dès le lendemain matin tout s'était écroulé, et cela faisait maintenant un mois qu'elles n'avaient pas pu réellement se voir.

La blonde afficha une mine défaite tout au long de la journée, déprimée en repensant à ces trois jours merveilleux qu'elle avait passés avec sa petite amie, ces trois jours qu'elle aurait voulu voir durer toute sa vie. Malheureusement, il semblait que le bonheur ne leur était pas permis. Cora était là, encore et toujours, et bien que ce soit apparemment le seul véritable obstacle à leur relation, c'était pourtant le plus problématique. Si Regina n'avait pas eu une telle mère, peut-être auraient-elles pu être heureuses et vivre comme elles l'entendaient. Si Henry n'avait pas été tué par ces chasseurs, peut-être les aurait-il défendues. Si… Emma préféra mettre fin à ses suppositions qui la hantait tandis qu'elle tentait de trouver le sommeil. Après tout, ne disait-on pas qu'on aurait pu refaire un monde avec des si ?

Le lendemain matin, elle se sentait un peu mieux, mais son mal être persistait. Son air fatigué n'échappa pas à ses parents qui la questionnèrent. D'abord tentée de mentir, elle décida finalement de leur dire la vérité. Ils tentèrent de lui remonter le moral du mieux qu'ils le purent, mais ils furent finalement contraints de la regarder partir au lycée la mort dans l'âme.

La journée parut interminable à la blonde, et seule l'idée qu'elle verrait Regina le soir même pour leur cours de français parvint à la dissuader de prétendre être malade pour rentrer chez elle. La dernière heure arrivée, elle s'empressa de rejoindre sa salle. Elle s'installa à sa place habituelle, surprise de voir que la brune n'était pas encore arrivée. La sonnerie finit par retentir, la porte fut fermée pour que le cours commence, et alors elle constata que Regina n'était toujours pas là. Etonnée, elle demanda à Belle et Ruby si elles l'avaient vue, mais elles répondirent toutes les deux négativement. Bien que préoccupée, la vampire fit de son mieux pour suivre ce que disait la remplaçante de Monsieur Glass.

Dès que la sonnerie retentit, elle alpagua Ruby.

- Tu vas voir Graham là ?

- Oui, pourquoi ?

- Je peux venir avec toi ? Je voudrais lui demander s'il a vu Regina.

- Elle est peut-être malade tu sais, tu ne devrais pas t'inquiéter comme ça.

- Elle n'a jamais manqué un jour depuis le début de l'année. Et puis elle est tellement impliquée dans ses études qu'elle pourrait venir en cours alors qu'elle est mourante.

La brune rit à cette remarque mais accepta sans problème que son amie l'accompagne.

Dès qu'elle vit Graham, la vampire pressa le pas pour le rejoindre.

- Salut Graham !

- Hey Emma ! Ça va ?

- Oui, répondit vaguement la blonde. Dis-moi, tu as vu Regina aujourd'hui ?

- Non. Pourquoi, il y a un problème ?

- Elle n'était pas là au cours de français.

- Elle est peut-être simplement malade.

- C'est ce que je lui ai dit, intervint Ruby qui venait d'arriver et qui embrassa son petit ami. Mais elle ne veut rien entendre.

- Tu pourrais essayer de l'appeler s'il-te-plaît ? reprit la blonde.

- Bien sûr, pas de problème.

Le jeune homme s'exécuta. Il chercha quelques secondes le numéro dans son répertoire puis colla le téléphone à son oreille. Après un instant, il raccrocha.

- Elle ne répond pas, je suis tombé sur le répondeur.

- Est-ce que tu pourrais demander à Kathryn si elle l'a vue ? reprit la blonde.

Le brun appela immédiatement la jeune fille. Après un cours échange il mit fin à l'appel.

- Elles devaient manger ensemble ce midi, mais Regina n'est jamais venue. Elle a essayé de lui envoyer un message, mais elle n'a pas eu de réponse. Elle a supposé qu'elle était malade et donc qu'elle était restée chez elle.

- D'accord, merci Graham.

Emma était prête à partir quand Ruby la retint.

- Tu ne veux pas rester un peu avec nous ? proposa-t-elle gentiment.

- Merci Ruby, c'est adorable, mais je vais y aller. Je vais passer voir la mairesse pour m'assurer que Regina va bien.

- Tu es sûre que c'est une bonne idée d'aller la voir ? Je doute qu'elle te fasse un accueil très chaleureux.

- Son accueil ne sera pas chaleureux, ça c'est sûr, rit la blonde. Mais je m'inquiète, je veux m'assurer qu'il n'est rien arrivé à Regina.

- Que veux-tu qu'il lui arrive ? On est à Storybrooke, il ne se passe jamais rien ici, s'amusa Ruby.

- Oui, tu as raison, je me fais sûrement du souci pour rien. Mais je préfère être sûre.

- Bon, comme tu voudras.

- A demain !

Ses deux amis la saluèrent et partirent main dans la main tandis qu'Emma prenait la direction de la mairie. Il y avait une chose que Ruby ne savait pas, et pas des moindres. La nuit précédente, Regina s'était transformée. Emma n'était jamais complètement sereine lors des nuits de pleine Lune, et elle craignait que pour une fois ce ne soit justifié et qu'il ne soit réellement arrivé quelque chose à la louve.

Une fois arrivée, elle demanda à la secrétaire de signaler sa présence. Celle-ci appela Cora qui décrocha après quelques sonneries et aboya dans le téléphone.

- Oui ?

- Mademoiselle Swan est ici, elle voudrait vous voir.

Un court silence lui répondit, puis la mairesse reprit.

- A quel sujet ?

- C'est à propos de votre fille.

Nouveau silence, qui se prolongea cette fois. Emma fronça les sourcils, intriguée. Il n'était pas habituel que Cora tarde tant avant de lancer ses répliques cassantes.

- Faites-la entrer.

Sur ce, la secrétaire raccrocha.

- Vous pouvez y allez, Madame Mills va vous recevoir, dit-elle.

- Merci, répondit la blonde avant de se diriger vers les escaliers.

Elle les monta d'un pas énergique puis elle frappa quelques petits coups brefs à la porte où figurait l'inscription Bureau du Maire.

- Entrez ! entendit-elle.

Elle s'exécuta et ouvrit. Après avoir refermé, elle se dirigea vers le bureau et se posta face à la rousse qui y était assise.

- Je vous écoute, Mademoiselle Swan. Je vous prierais de faire vite, comme vous pouvez le voir je suis très occupée, dit-elle d'un ton sec en indiquant une pile de dossiers d'un léger mouvement de tête.

- C'est à propos de Regina.

- Je sais.

Une réponse froide, cassante, destinée à lui montrer que c'était elle qui dirigeait et personne d'autre. Emma fit son possible pour ne pas perdre son calme et poussa un long soupir avant de reprendre.

- Je ne l'ai pas vue en cours aujourd'hui et je-

- J'espère bien puisque je lui ai interdit de vous voir.

- Je suppose qu'elle est malade, continua la blonde sans se démonter. Je suis donc venue vous demander si vous souhaitiez que je lui transmette les cours de français par votre biais ?

Emma fut satisfaite de voir qu'elle semblait avoir réussi l'exploit de prendre la mairesse au dépourvu. Celle-ci la fixa d'un regard perçant, mais la vampire ne céda pas et garda ses yeux ancrés aux siens.

Après quelques instants de silence, Cora posa les coudes sur son bureau et croisa ses mains.

- Je vous remercie de votre initiative, Mademoiselle Swan, mais je me permets de penser que vos cours ne sont pas vraiment exhaustifs.

Emma serra les dents à cette nouvelle pique.

- Je demanderai à Mademoiselle French de me transmettre les siens. Après tout, son nom à lui seul prouve qu'elle est digne de confiance pour ce qui est des cours de français.

La rousse sembla fière de cette réponse, mais la vampire ne cilla même pas et reprit la parole.

- Regina va bien ?

Pour la deuxième fois en quelques minutes à peine, la mairesse sembla déstabilisée, et alors les soupçons de la blonde s'alourdirent.

- Est-ce qu'elle pourra rapidement revenir au lycée ? fit-elle mine de préciser.

La lycanthrope se ressaisit et reprit son masque froid et impassible habituel.

- Elle devrait être de retour dans les jours à venir. Les sangs purs sont beaucoup plus robustes que les bâtards, vous savez.

Cette fois Emma ne put rester insensible à cette énième attaque et elle serra les poings, ce qui fit naître un sourire satisfait sur les traits de son interlocutrice.

- Très bien, c'est tout ce que je voulais savoir.

Sans attendre d'avoir été congédiée, la blonde se dirigea vers la porte et l'ouvrit d'un geste plein de colère. Mais alors qu'elle s'apprêtait à sortir, elle s'arrêta et se tourna de sorte à voir la réaction de la mairesse à ce qu'elle s'apprêtait à dire.

- Au fait, il est possible que j'ai laissé un peu de terre derrière moi. On ne nous apprend pas à nous essuyer les pieds à nous les bâtards, vous savez.

Le sourire qui étirait jusque-là les lèvres de Cora mourut instantanément. Elle baissa les yeux sur le sol de marbre et constata qu'il était souillé de terre et de graviers. Elle s'apprêtait à prendre la parole, mais avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit, Emma quitta les lieux en claquant la porte.

Une fois sortie de la mairie, elle ne put empêcher un rire de lui échapper en repensant à l'air consterné et vexé qu'avait affiché la lycanthrope en voyant le petit souvenir qu'elle lui avait laissé. Cependant, elle se reprit rapidement. Cora avait menti, c'était évident. Même malade, Regina n'aurait jamais raté une seule journée de cours, et les réactions de sa mère prouvaient bien qu'elle ne disait pas la vérité. Déterminée à tirer cette histoire au clair et à s'assurer que la brune allait bien, Emma reprit sa route, direction le manoir Mills.

Sur place, elle ne perdit pas de temps et se dirigea directement derrière la propriété, là où donnait la fenêtre de la chambre de Regina. Dans un geste devenu presque habituel, elle empoigna la gouttière et commença son ascension. Elle inspecta l'intérieur et fut forcée de constater que Regina ne se trouvait pas là. Dans le doute, elle fit le tour de la maison et vérifia toutes les fenêtres donnant sur l'extérieur, mais pas une seule trace de la brune.

Devant ce constat, l'inquiétude d'Emma monta d'un cran. Personne n'avait vu Regina pendant la journée, elle n'était pas chez elle, et Cora mentait en disant qu'elle était malade. Elle devait se rendre à l'évidence : ses craintes avaient fini par devenir réalité et il était arrivé quelque chose à Regina pendant la nuit.


Ne vous énervez pas tout de suite, peut-être bien qu'Emma se fait des idées et qu'il n'est rien arrivé à Regina après tout ! ... Bon ok, c'est pas crédible. Dans toutes les histoires et particulièrement dans les miennes, ce genre de fin n'annonce rien de bon, j'avoue. Mais vous êtes habitués à ce que je truffe cette fic de catastrophes maintenant, n'est-ce pas ?

Teaser :
Il est arrivé quelque chose à Regina, Emma en est persuadée. Mais comment la retrouver ? Où la chercher ?

On se retrouve demain pour la suite ! Je publierai sûrement deux chapitres, c'est ce qui paraît le plus approprié pour préserver un peu de suspens d'un jour à l'autre tout en publiant quotidiennement.

A bientôt :)