Non non j'ai pas abandonné ! je voulais simplement écrire la fin d'une traite. Les chapitres suivant jusqu'à la fin de cette fic sont en correction actuellement ! vili. Bonne lecture et toutes mes excuses pour le retard !

Arrivée dans le hall de Poudlard, Hermione décida de ranger ses émotions dans un tiroir dont elle venait de confier la clé à Drago. L'ancienne école n'était plus qu'un vieux bâtiment délabré. Les courants d'air semblaient maîtres des couloirs et chassaient l'ambiance chaleureuse qui avait toujours imprégné les murs. Aucune chance de se sentir chez soi comme avant, à présent. Comment une telle tragédie avait-elle pu se produire si vite ? Cette école avait abrité des générations d'étudiants dont quelques gravures sur les murs ici et là attestaient de leur présence jadis. Mais les réminiscences de rires, de joies et de peines avaient totalement été balayées.
Une présence fit cependant sursauter la Gryffondor : Peeves passa devant elle en flottant comme une âme errante, la tête basse et les épaules courbées, il tourna à peine la tête vers elle, sans aucune expression et continua son chemin. Plus rien n'était comme avant, mais après avoir réussi à transplaner à l'intérieur de l'enceinte, difficile d'être surprise par quoi que ce soit. Poudlard avait définitivement perdu toute sa magie.
« Heureusement que Dumbledore n'est plus là pour assister à ce carnage. Ça l'aurait tué ! » pensa-t-elle avec une ironie morbide.
Elle se dirigea lentement vers la Grande Salle. Le long du couloir, les torches n'étaient plus que des bouts de bois calcinés. La nuit régnait en ces lieux, une nuit sombre et froide, une nuit dont le jour n'arriverait probablement plus jamais à triompher. Sans savoir précisément où elle devait aller, la jeune femme se dirigea instinctivement vers la Grande Salle. A peine y mit-elle les pieds qu'une silhouette postée vers l'ancienne table des professeurs s'évanouit de son champ de vision. L'apparition avait été si brève qu'elle n'eut même pas le temps de sursauter ni même d'être surprise.
« Un garde » pensa-t-elle. Forcément, le roi de ce peuple si puissant n'allait pas l'attendre planté comme un piquet toute la nuit.

Elle se dirigea alors vers la table des Gryffondor, compta scrupuleusement les chaises et s'assit à sa place de toujours. Résignée, il ne lui restait plus qu'à attendre la venue du roi ou d'un garde, peu lui importait. A cet instant, elle mourrait. Ses pensées divaguaient sur les moments les plus heureux de son existence, tel un suicidaire en chute libre qui verrait défiler le film de sa vie devant ses yeux. Ses parents, ses amis, Poudlard, Drago…

« Elle est donc venue ! » s'exprima une voix froide et méprisante qui la sortit de son état léthargique. Sans se lever, Hermione regarda la créature en face d'elle. Parfaite nouvelle Serpentard, aucune de ses émotions ne transparaissait de son visage. Les deux ennemis restèrent un moment à se jauger ainsi.

- Voldemort ! prononça-t-elle distinctement sur un ton neutre.
- Dis-moi comment une sous-espèce de l'humanité comme toi peut-elle oser prononcer mon nom ? s'indigna-t-il d'un faux amusement. Mais Hermione ne répondit rien.
- Debout, sang impur ! ordonna-t-il. Je dois te conduire vers le dernier lieu de ta sinistre vie.

Cette information, en revanche, fit réagir la belle. Un immense sourire se dessina sur son visage, rendant son interlocuteur d'abord perplexe, puis irrité comme un enfant de six ans.

- Les Sang de Bourbe sont-il si simples d'esprit que tu ne comprennes pas quelle est ta destinée à présent ?

Hermione se leva doucement et se dirigea d'une démarche assurée vers lui, se posta juste devant le mage noir et le regarda bien dans les yeux ce qui, en soi, était une véritable marque de défi.

- Vous n'êtes que le chien du roi Morgole. Il vous envoie chercher son nonos et vous le lui rapportez fidèlement et sagement. Pathétique ! ricana-t-elle pour le provoquer.

- Il suffit ! hurla-t-il en la frappant violemment au visage, la faisant pivoter d'un quart de tour, mais la jeune femme n'en perdit pas la parole pour autant.

- Alors ? Quel effet cela vous fait d'avoir à servir une fille de Moldus ? Dites moi, ô vous le plus grand mage de tous les temps ! reprit-elle avec une moquerie non dissimulée dans la voix. Que ressentez vous à l'idée de me servir ? Parce que oui, vous allez me servir. Ne croyez pas qu'une fois unie à cette bête je n'essayerai pas de la diriger. Il vous méprise tout comme vous méprisez les Moldus. Vous n'êtes qu'une bande de cloportes pour eux.

- Tais-toi ! hurla-t-il.
Mais cet excès de colère n'eut pour effet que de conforter Hermione dans son raisonnement. C'est donc avec un petit sourire en coin qu'elle poursuivit.
- Je vous ferai exterminer. Les plantes que vous leur apportiez, je leur apprendrai à s'en passer. La pseudo-aide que vous leur fournissiez ne servira plus à rien. Ils feront de vous des esclaves et je vous prendrai comme mon jouet personnel.

Au fur et à mesure qu'elle prononçait ces paroles, elle voyait le visage de Voldemort passer par plusieurs expressions plutôt déconcertantes. Il réalisait qu'en effet, elle n'avait peut-être pas tort. Sa baguette commença à se lever dans sa direction. Une lutte intérieure s'opérait, il voulait à tout prix se servir du collectif comme convenu pour assurer sa victoire sur le monde sorcier, mais ses lèvres étaient au bord de l'Avada Kedavra devant ce sous produit de la race humaine qui osait le défier. Comprenant tout à fait la dualité de son esprit, le regard de la Gryffondor se durcit et elle continua de plus belle.

- Posez cette baguette, Voldy, ce n'est pas une posture que l'on doit prendre devant sa reine, le défia-t-elle.

Ces paroles furent celles de trop

-Avada…
-NON ! hurla une voix derrière eux coupant Voldemort en plein élan alors qu'Hermione souriait, prête à accueillir la mort à bras ouverts.
- Maître, s'excusa Rogue, Maître, elle vous provoque pour mourir de votre main ! Mais pensez aux conséquences que cela aurait. Nous avons besoin du collectif. Cette misérable Sang de Bourbe ne sera que l'objet sexuel du roi.

Le mage noir mit quelque temps à intégrer ces paroles et la jeune femme put voir à regret la haine diminuer dans son regard, et sa baguette se baisser progressivement. Il reprenait le contrôle de lui même.
- Je salue ta tentative… admit-il sadiquement avant de poursuivre : en route !

Alors qu'il se tournait, Hermione fusilla Rogue du regard, il venait de faire échouer son plan alors que, d'après la Directrice, il devait être de leur côté. Mourir de la main de Voldemort lui aurait évité le calvaire qu'elle allait vivre, sans parler que les Morgoles n'auraient pas laissé passer son meurtre et qu'ils auraient probablement anéanti Voldemort. Le dernier espoir de victoire venait de s'envoler.

- Maître… s'inclina Rogue. Laissez-moi la conduire jusqu'à eux. Une telle besogne n'incombe pas à votre prestance.
- Tu as raison, j'ai bien d'autres préoccupations que de livrer un vulgaire paquet, cracha-t-il avec dédain pour reprendre le contrôle. Cette nuit est une grande nuit.

Sur ces paroles, le maître des Mangemorts transplana, laissant la jeune femme seule face à Rogue.

- Alors McGonagall se trompait ! Vous êtes bien de son côté à lui, le méprisa-t-elle du regard.
- Et moi, je pensais Miss « je sais tout » plus réfléchie !

A ces mots, l'orgueil d'Hermione fut piqué au vif et elle se redressa légèrement, à la fois surprise et vexée, attendant une explication.
- Mourir ne vous servira à rien. Vous aviez raison, nous avons besoin d'un allié pouvant influencer les actes des Morgoles. Sans cela, nous n'arriverons jamais à vaincre ses troupes à lui, croyez-moi. Ils ont construit un réseau que vous ne pouvez soupçonner. Les horcruxes ont peut-être été tous détruits avec le miroir, mais il n'en reste pas moins un des mages les plus puissants de tous les temps et Potter n'est encore qu'un gamin capricieux. L'Ordre du Phénix a moitié moins de forces que son adversaire. Vous comprenez maintenant ?

Un long silence s'installa entre les deux interlocuteurs. Rogue laissait chacun de ses mots pénétrer dans l'esprit de la jeune femme pour qu'elle fasse rapidement le calcul. Mais leur temps étant compté, il reprit donc aussitôt son argumentation :

- Vous allez vous rendre en Morgolie et épouser, ou je ne sais pas quelle est leur coutume, mais vous unir au roi. Ensuite, et peu à peu, vous pourrez diriger ses actes. Au début, il ne vous écoutera probablement pas, mais vu votre caractère, je compte sur vous pour ne pas abandonner. Il faudra construire votre autorité pierre par pierre.
- Mais nous n'en avons pas le temps ! Voldemort va lancer son attaque contre le monde de la magie d'une minute à l'autre, je présume, et comment pourrons-nous résister si ce que vous dites est vrai ? Il faut agir immédiatement !
- J'y ai pensé. Il faudrait amener Voldemort en Morgolie et le pousser à la faute devant le roi morgole. Il s'arrêta quelques instants pour réfléchir. Et si… si je me débrouillais pour organiser une rencontre rapidement et que vous le provoquiez de nouveau en présence du roi morgole ?
- C'est une possibilité, répondit-elle sérieusement. Lors de la cérémonie d'union peut-être ?
- Soit !
- C'est un peu léger comme plan, s'inquiéta-t-elle.
- Certes, mais nous n'avons pas le temps d'en discuter plus longuement. D'ailleurs, en route !

Il sortit sa baguette, et décrivit un cercle dans l'espace autour d'eux. Hermione l'entendit vaguement psalmodier des phrases dans une langue qui ne ressemblait ni à de l'anglais, ni à du latin. Puis il la prit par le bras et la fit reculer de quelques pas. En une seconde, un vortex bleu apparu à l'endroit où il avait dessiné le cercle fictif. Sans dire un mot ni lâcher son bras il s'avança droit dans le cercle phosphorescent et prit la route de la Morgolie. Hermione se sentit happée par une force énorme et n'eut pas le temps de se rendre compte de ce qui arrivait. L'instant d'après, elle était dans la salle du portail, là où elle avait trébuché lors de leur tentative d'évasion avec Drago. Le froid la saisit de nouveau, puis ses poumons réagirent à l'atmosphère putride des lieux en lui provoquant une quinte de toux. Ses yeux mirent également quelques secondes à s'habituer à la lumière artificielle ambiante. Elle y était. Une vague de frissons la parcourut avant que des tremblements plus importants ne la secouent. Etait-ce la peur, le froid, les souvenirs trop lourds ou bien une combinaison de tous ces éléments ? Peu importait. De toute manière, les alarmes sonnaient déjà, provoquant des vibrations jusque dans les murs.
Rogue ne la regardait même pas. L'espace d'un instant, Hermione s'imagina qu'il avait un peu de compassion pour elle, mais cette idée lui sortit vite de l'esprit lorsqu'il la poussa en avant vers le premier garde en disant :
- Voilà, le contrat est rempli. A vous d'en faire ce que bon vous semble et il traversa de nouveau le portail sans un regard pour elle.

Hermione fut emmenée devant le roi directement. Elle remarqua qu'elle restait libre, aucune chaîne, aucun lien n'entravait ses mouvements. Alors qu'on la guidait dans le dédale de la nouvelle cité, ses repères se brouillaient. Elle reconnaissait certains lieux, mais l'angle nouveau sous lesquels elle les découvrait mettait l'équilibre de ses sens à mal. Machinalement, elle tentait de repérer les fenêtres par lesquelles on pouvait accéder à la nouvelle cité. Mais à quoi bon cela lui servait ? Si elle s'enfuyait, l'ensemble des otages serait probablement exécuté. Elle était venue ici de son plein gré alors une tentative de fuite serait totalement vaine. Mais à chaque pas, la jeune femme comprenait que sa formidable volonté s'effritait en dépit de tous ses efforts. Le silence qui régnait en ces lieux paraissait maître de la vie. Personne ne semblait respirer sous cet amas de terre, comme une étuve aux portes de la désolation. Pourtant, au fur et à mesure de leur progression, le garde et sa prisonnière volontaire croisaient d'autres Morgoles, mais aucun d'entre eux ne lui accorda un seul regard. Pour le plus grand bonheur d'Hermione, ils ne passèrent pas devant la nurserie, les champs de culture ou encore les geôles, son cœur de Gryffondor ne l'aurait probablement pas supporté.

Une fois proche de la salle du conseil, on la fit attendre dans l'entrée. Un des gardes alla annoncer sa venue.

- Votre Majesté, votre reine est arrivée, annonça le garde dans une révérence très solennelle.
- Très bien. Faites-la entrer.

Le cœur d'Hermione battit à tout rompre. Elle n'était désormais plus une femme libre, mais bel et bien une esclave au même titre que les autres filles détenues. Une seule pensée lui permit de conserver ses esprits et de trouver le courage d'avancer lorsqu'on lui en donna l'ordre : elle avait une rôle à jouer. Une mission si importante que le sort du monde sorcier en dépendait. Tout reposait sur ses épaules, aucune erreur ne lui était permise. Puis vient l'instant du face à face.

La créature ordonna à ses sbires de se retirer. Ils eurent un instant d'hésitation mais son regard ne leur laissa pas le loisir de la protestation. Une fois seuls, ils se jaugèrent l'un et l'autre, droit dans les yeux et Hermione refusa de baisser les siens. C'est le roi qui perdit la bataille, mais ce n'était que pour mieux observer l'ensemble de son corps.

- Il va falloir vous trouver une tenue adéquate. Nos femelles s'en chargeront. Je vous donne trois de vos lunes pour vous préparer et être digne de votre nouveau roi. Ensuite, nous organiserons la cérémonie de liage. Et ensuite…
- Et les otages ? Vous allez les libérer ? le coupa-t-elle de but en blanc.

Aussitôt le roi s'immobilisa, choqué devant l'impertinence dont elle venait de faire preuve.
- Refaites-moi un coup comme ça et vous êtes morte. On n'interrompt pas le roi morgole, assena-t-il sur un ton ferme et menaçant, sans pour autant hausser la voix.
- Oui, mais il me faut des réponses, nous avions un engagement et le temps presse, poursuivit-elle en dépit du danger. De plus, si vous me vouliez pour reine, ce n'est pas pour m'injecter votre poison et que je devienne comme les autres filles, donc ne vous attendez pas à ce que je reste sans rien dire.
- Vous marquez un point !

Hermione écarquilla les yeux. Elle s'attendait à des représailles physiques mais rien… elle resta ainsi, la bouche ouverte à le regarder, sans pouvoir bouger une seule parcelle de son corps. Dans ses tempes résonnaient les battements de son cœur tels des tambours sinistres. Pourquoi le grand roi du peuple le plus puissant de tous les temps acceptait de lui concéder un point ?

- Fermez la bouche, ce n'est pas très élégant. Les otages sont libérés en ce moment même. Et quant à vous, je vais vous expliquer comment vont se dérouler les évènements. Je suis le roi de ce peuple et les factions rivales montent, même si le sort du dernier rebelle jeté dans la fosse en a calmé plus d'un. Mais il n'en reste que mon trône est menacé. Asseoir une reine soumise à mes cotés apaisera grandement les esprits. Et j'ai bien dit soumise. Mais, la coupa-t-il alors qu'elle commençait à ouvrir la bouche, mais je vous autorise à vous exprimer librement avec moi, lorsque nous serons seuls et uniquement dans ce cas-à. Compris ?

La jeune femme prit le temps de la réflexion, mais après tout, elle n'avait même pas osé espérer en avoir autant. Les otages allaient être libérés. Si elle se pliait à ces règles, peut-être pourrait-elle le manipuler plus facilement et plus rapidement imposer ses idées…

- Marché conclu. Je ne prononce aucun mot en présence d'autres personnes. Mais avec vous j'expose mes idées ?
- C'est cela même.
- Très bien. Et pour l'union dont vous parlez, en quoi consiste-t-elle ?

- Nous allons être unis selon les anciens rites de liages. Ceci consiste à lier nos cœurs. Ce principe n'est plus appliqué chez nous depuis des générations. Nous ne pouvons lier nos cœurs à des filles sans âme. Donc nous le ferons et ensuite vous deviendrez mienne.
- Nos pouvoir seront-ils liés ?
- Non ! répondit-il sincèrement. Le seul moyen de lier des pouvoirs est de… puis il s'arrêta. Vous n'avez pas à le savoir. Mais nos pouvoirs ne seront pas liés.

Ce point rassura Hermione qui souffla de soulagement avant de se reprendre. Elle ne partageait ses pouvoirs qu'avec un seul homme. Si ce rituel n'avait aucun engagement magique, peut-être pourrait-elle conserver un lien avec Drago, même si, depuis son arrivée en Morgolie, elle ne ressentait désespérément plus sa présence.

- Si je deviens votre liée, poursuivit-elle pour bien comprendre ce qui allait lui arriver, je serai la reine de ce peuple également ! Autant que je sache qui est votre peuple et comment le diriger.
- Ne confondez pas tout. La reine des Morgoles n'est qu'une parure pour le roi, un objet lui permettant de briller et en aucun cas elle ne doit ouvrir la bouche et ne peut prendre aucune décision. Je suis le roi, je dirige mes sujets seul. Si vous dépassez vos prérogatives, je n'attendrai pas une seule seconde que les membres du conseil ne vous punissent, je vous tuerai moi-même.
En signe de défi, Hermione ne répondit rien. Elle savait que prononcer un mot à l'encontre de cette créature ne lui apporterait rien de bon, mais sa fierté lui interdisait de confirmer qu'elle n'allait être qu'un animal de compagnie docile. Au moins, elle trouvait là un exutoire. Si respirer en ce milieu lui devenait trop insurmontable, elle savait au moins maintenant comment en finir. Mais il lui fallait encore tenir. Elle était de la maison de Godric Gryffondor ! Il fallait qu'elle fasse honneur à sa famille d'adoption. Cette pensée lui insuffla un courage grandissant. La créature face à elle ne lui semblait pas si inébranlable que cela. Il n'avait rien de menaçant, ne s'approchait pas d'elle et la discussion engagée ne différait en rien d'un cours de Rogue.

- Il suffit maintenant, la brusqua-t-il. Il faut vous préparer pour la cérémonie.
- Et si je refuse ? se risqua-t-elle, submergée par un élan de courage inconscient.

En une fraction de seconde, le regard du roi devint noir opaque et son faciès jusque-là neutre exprima de la folie et de la brutalité mêlées.
- Dans ce cas-là je vous tuerai, vous et des centaines de personnes de la surface, sans aucune distinction. Je piocherai au hasard et de préférence chez vos jeunes gens, sans oublier de vous faire regarder, une mort sans torture n'est pas une punition.

Hermione blêmit. Telle une enfant, elle venait de tester les limites auxquelles elle avait droit. Elle connaissait la folie de cette créature pour avoir assisté à bon nombre de ses sautes d'humeurs. Voilà jusqu'où s'étendaient ses libertés. Immédiatement, afin de ne pas perdre le bénéfice de ses prérogatives accordées peu avant, elle reprit la parole :

- Et si nous avancions la date du liage ? proposa-t-elle. Demain ? En fin de journée chez nous. J'aurai largement le temps de me préparer.

Cette prise d'initiative surprit tellement le roi qu'elle crut même discerner l'ombre de l'esquisse d'un sourire.

- Qu'il en soit ainsi.
- Mais puis-je vous demander une faveur ?

Devant son regard plein d'interrogation, elle poursuivit sa demande :
- Je voudrais que le mage Voldemort y assiste.
- Pourquoi ?
- Il m'a toujours dénigrée à cause de mes origines. Demain, je serai reine du peuple le plus puissant de tous les temps. Je veux qu'il assiste à ça.

Le roi morgole sembla jubiler devant la remarque de sa future compagne.
- J'ai eu raison de vous choisir comme future liée, vous avez tout d'une reine !

Au square, le matin se levait. Drago restait tapis au fond de la chambre, dans le noir, tel un serpent replié sur lui-même. Il entendit les premiers bruits matinaux, probablement Madame Weasley et Pansy allant préparer le petit déjeuner. Il n'était que 5h30 du matin, soit une heure plus tôt que d'habitude, mais personne n'avait réellement dû dormir cette nuit. Il fallait leur dire. Il fallait les tenir au courant, mais il n'en avait pas le courage. Inévitablement, les reproches allaient fuser de toutes parts et l'absence d'Hermione à ses côtés l'avait amputé de toute son assurance. Surtout, il n'avait rien à leur dire. Heureusement que Pansy était là. Si elle voulait bien arrêter de s'occuper de la gamine nommée Karina deux minutes, il savait qu'il trouverait un soutien auprès d'elle.

Sans qu'il ne s'en rende compte, le soleil blafard imprégnait maintenant la pièce. Combien de temps s'était-il écoulé depuis les premiers bruits matinaux ? Maintenant, la maison entière avait pris vie. Des bruits émanaient du premier, les tuyauteries chantaient leurs douleurs de vieilles dames en conduisant les eaux des bains à l'extérieur. Tout semblait presque… normal. Il fallait aller leur dire. Pour qu'Hermione soit fière de lui, il devait réagir et sortir de son trou. Et puis l'Ordre devait faire son maximum pour accueillir les otages à Poudlard. Merlin, et si les Morgoles ne tenaient pas leur promesse de les relâcher sains et saufs ? Hermione se serait livrée pour rien alors ? Non… il devait écarter ces pensées immédiatement et se reprendre. Pour garder sa santé mentale, il lui fallait des points de repère. Dans l'ordre, voilà comment tout allait se passer : il annonçait le départ d'Hermione et tous partiraient récupérer les otages à Poudlard. Aussitôt, une expédition s'organiserait pour la récupérer et porter l'attaque aux Morgoles. A quoi cela servirait d'attendre ? Désormais, ils savaient dupliquer l'apnaya et que Voldemort allait passer à l'attaque.

Soudain, un coup frappé à la porte le sortit de ses rêveries.
- Levez-vous, il y a du nouveau, nous vous attendons en cuisine.

C'était la voix de Remus. Ils avaient dû tirer à la courte paille pour savoir qui allait déranger les amoureux dans leurs dernières minutes ensemble. Seulement voilà, le « ils » s'était changé en « il » et l'amour résidant à l'intérieur de cette pièce était réduit à néant à présent. Sans même se soucier de son apparence, il poussa un long soupir et sortit enfin affronter son destin.

Arrivé dans la cuisine, il ne fallut pas deux secondes à Ron pour poser la question fatidique :
- Où est Hermione ?
Sans même réfléchir un instant de plus, Drago débita tout :
- Partie.

En un seul mot à peine prononcé du bout des lèvres, il avait capté l'attention de l'assemblée. Le temps s'était figé. Madame Weasley portait une gamelle de lait entre la table et la cuisinière et Pansy tenait une cuillère au-dessus du pot de confiture. Tous attendaient la suite. Il lui fallait à peine deux minutes pour expliquer le raisonnement de la Gryffondor. Le résultat obtenu ne le surprit en aucune façon. Ron lui reprocha immédiatement de ne pas avoir attaché la lionne au pied de son lit (ce à quoi il aurait répondu qu'il l'aurait bien fait volontiers en d'autres circonstances, mais à cet instant, Drago n'avait même pas le cœur à faire enrager le rouquin). Pansy se rapprocha de lui pour le prendre dans ses bras, ce qu'il laissa faire sans pour autant s'impliquer dans ce câlin dont il avait pourtant besoin. Les adultes tentaient de calmer l'ensemble des ados dont les paroles dépassaient les pensées. De toute manière, l'inévitable devait arriver peu de temps après.

- Hermione n'est plus celle que nous avions connue, cracha brutalement Ron. Ce n'est pas une attitude de Gryffondor ça, de partir en cachette sans nous dire au revoir. Elle est devenue aussi fuyarde qu'un vulgaire Serpentard ! Et il parti au premier s'enfermer.

Pansy s'excusa alors auprès de Drago et partit à sa suite en maugréant un « je vais lui faire voir, moi, ce qu'est un « vulgaire » Serpentard ! »

Remus prit alors la parole comme s'il ne venait rien de se passer :

- La guerre est déclarée. Les factions des Mangemorts se sont levées partout dans le monde. Certains ministères sont tombés alors que d'autres résistent. Ici, le ministère est aux mains de Voldemort ! Nous savons tous ce que cela implique. La sécurité des Moldus n'est plus assurée. Déjà, des mages se baladent dans tout Londres en exerçant leurs pouvoirs à tort et à travers pour les effrayer, dehors c'est la panique totale. La guerre est dans la rue. Les morts s'entassent à chaque minute qui passe. Il faut faire cesser toute cette boucherie et le seul moyen d'y arriver est d'anéantir les Morgoles. Oui, je sais… s'interrompit-il lui même devant l'énormité de tout ce qu'il venait de dire. Mais déjà nos forces reculent après une seule nuit de lutte, alors imaginez si Voldemort se sert du collectif des Morgoles ? Nous aurons perdu. Tous les Horcruxes sont maintenant détruits, c'est un bon point. Harry va pouvoir jouer son rôle.

- J'ignore comment faire… énonça Harry du bout des lèvres.
- Ne t'en fais pas pour ça Harry. La prophétie va jouer son rôle pour toi. Tu n'auras pas le choix, un concours de circonstances ou on ne sait quoi, mais tu vas devoir affronter Voldemort et, vu la tournure des évènements, il se peut que cela soit plus tôt que prévu. En revanche, nous serons là pour toi, quoi qu'il arrive nous t'aiderons du mieux que nous le pourrons. Nous sommes derrière toi ! Et je ne parle pas au sens figuré, nous serons toujours physiquement à côté de toi, tu ne seras jamais laissé seul. Compte sur nous.

Tout le monde acquiesça et la discussion se poursuivit sur les modalités de l'attaque en Morgolie. Tous étaient du même avis que Drago sur le déroulement des évènements. Ce soir, tout allait basculer dans un sens ou dans un autre. Ils allaient mourir ou vivre, mais ne seraient pas ignorants.

A l'étage, Pansy frappait à la chambre de Ron mais n'attendit en rien qu'il lui demande d'entrer. Elle fit irruption à coté de lui, le regard en feu et les mains sur les hanches.

- Ça suffit, espèce de morve de troll ! La maison Serpentard est une maison tout à fait honorable avec de grands noms et je ne veux rien entendre à ce sujet. Nous ne sommes pas des lâches, seulement nous ne fonçons pas tête baissée comme des corniauds sans réfléchir face au danger. Nous sommes juste plus réfléchis et Hermione a eu raison d'agir ainsi, il lui a fallu un grand courage.

A ces mots, elle s'arrêta toute seule et son visage se décomposa ! « mais qu'est-ce qu'il m'arrive ?» pensa-t-elle. La voilà qui se mettait à défendre la Sang de… arg, même le penser la dérangeait à présent.
Ron était devant elle, d'abord particulièrement énervé, puis dubitatif face aux expressions faciales de son interlocutrice. Elle semblait en proie à une myriade d'émotions passant de l'étonnement au dégoût sans oublié l'interrogation totale.

- Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-il un peu froidement.
- Comment ça, qu'est-ce que je fais là ? Je suis en train de te l'expliquer, t'es bouché ou quoi ?
- Arrête ! Défendre l'honneur de la maison Serpentard parce que j'ai fait une remarque déplaisante ? Fais-moi rire. C'est d'usage entre nous, vous dénigrez les Gryffondor et nous vous le rendons bien, alors qu'est-ce que tu fais là ?

Il avait fait mouche.
- Je n'en sais rien, répondit-elle plus bas.
- Je croyais voir débarquer Patricia ou encore Ginny, mais toi…

Un blanc s'installa mais aucun d'eux ne bougea. Pansy cherchait une argumentation quelconque pour justifier sa présence mais elle avait absolument rien à dire pour sa défense. Elle regarda autour d'elle pour comprendre, mais rien, même elle ne savait pas.

- J'en sais rien.

- Moi, je crois savoir, lui répondit Ron plus sérieusement. Mais ce n'est ni le jour ni l'endroit.
Elle baissa les yeux, un peu honteuse et cherchant à nier farouchement ce qu'il suggérait, mais c'était plus fort qu'elle, aucun son ne sortit de sa bouche… Il lui fallut la plus grande concentration pour relever la tête et jouer son rôle à la perfection.
- Hein ? Mais qu'est-ce que tu sous-entends, là ? Tu ne penses quand même pas sérieusement que j'aurais envie de… avec toi ? Non mais tu rigoles là ! C'est une plaisanterie ? Tu as vu ta famille ? Je suis promise à un avenir bien plus brillant que ça, les fils des plus grands mages ont déjà fait leur demande et…
- La ferme Parkinson ! Je te signale que ta famille t'a reniée et que maintenant tu possèdes encore moins que la mienne ! Alors dis-toi que dans cette maison, qui est désormais la tienne puisque nous t'y avons acceptée, je suis le plus beau parti dont tu puisses rêver. Elle resta la bouche ouverte sans savoir quoi rétorquer. Et puis n'oublie pas que je réponds quand même à un de tes critères des plus importants : ma famille est composée de sorciers uniquement depuis des temps très anciens, lui lança-t-il ironiquement pour lui rappeler les carquois étroits de son mode de pensée.
- Alors tu n'as vraiment rien compris, hein ? La pureté du sang tout ça… enfin, laisse tomber, mais au fait ! Tu essayes de me convaincre Weasley ou quoi ? chercha-t-elle à lancer pour retourner la situation en sa faveur. Je te signale que Drago aurait tout à fait pu parler comme tu viens de le faire.

Alors que Ron rougissait jusqu'à la pointe des oreilles, se rendant compte de ce qu'il venait effectivement de dire, elle poursuivit plus sérieusement.
- Et Miss je sais tout ?
-Elle n'est plus la même, répondit-il sans hésitation aucune, la voix un peu mélancolique mais tout à fait sincère. Mais tu ne me demandes pas plutôt ce que je pense de Patricia ?
- Non.

Décidément, Pansy n'était pas très expressive et Ron voulait en savoir un peu plus qu'un « non » tout sec comme elle venait de l'énoncer. Voyant que Weasley n'allait pas ajouter un mot supplémentaire, elle soupira d'agacement et se lança.
- Je pense que tu resteras toujours épris de ta Miss Gryffondor et que Patricia n'a été qu'une épaule sur laquelle pleurer à un moment donné. Je me trompe ?
- Peut-être.
- Comment ça peut être ? Je me serais trompée pour tes sentiments envers Patricia ? Ce n'est pas juste une épaule pour toi, c'est simplement que tu n'es pas doué pour les relations de couple ?
- Ah, je t'en prie arrête avec tes sarcasmes !Tu ne peux pas être sérieuse deux minutes ? Ce n'est pas de ça dont je doute ! C'est de toujours aimer Hermione dont je doute. Je veux dire, oui je l'aime mais… mais elle a tellement changé ! Je n'en sais rien, peut-être que je cours après un fantôme… et puis… il s'arrêta pour soupirer. Pourquoi je te parle de tout ça à un moment pareil ? Retournons en bas… cela vaudra mieux. Il s'approcha d'elle pour sortir de la pièce, mais lorsqu'il arriva à son niveau Pansy le stoppa et l'embrassa.

Dans le reste de la maison, chacun s'afférait à préparer son départ et plus un mot ne rompait le silence. Tous se concentraient et étaient perdus dans leurs pensées. C'est alors qu'Harry frappa à la chambre de Drago.

- Ca va aller ? lui demanda-t-il.
- Depuis quand ça t'inquiète ?

Harry ne rétorqua rien mais fit peser un regard lourd sur son ancien ennemi.
-Enfin je veux dire… Il était impossible à Drago de s'excuser, mais il remarquait lui-même qu'il n'avait en aucun cas à ouvrir les hostilités ainsi.
- Elle est en vie. Sois en sur. Et nous allons la ramener.
- Evidemment qu'elle est en vie, s'emporta-t-il, surprenant Harry. Je le sais, je le sens. Notre lien magique s'est rompu, probablement depuis qu'elle est arrivée là-bas, mais je sais qu'elle est envie. Hermione est… Elle est mon âme sœur, tu comprends ? Nous sommes liés. Si elle meurt ou qu'il lui arrive quelque chose, je le saurais. Tu m'as compris Potter ? Je le saurais !
- J'ai compris, rétorqua-t-il aussi calmement qu'il pouvait l'être en pareilles circonstances. Ce que je voulais te dire, c'est que je t'ai vu avec elle. Je pense que tu es sincère. Et il est important que tu saches que nous voulons la même chose, Malfoy. Pour partir à la guerre, j'ai besoin que les personnes qui m'entourent aient confiance en moi et que j'ai confiance en eux aussi. Je peux compter sur toi de notre coté ?

Drago lui lança un regard étonné et méfiant, il s'était attendu à tout sauf à ça.
- Je peux compter sur toi ? lui demanda-t-il à nouveau.
- Tu peux compter sur moi.

Au même moment, un émissaire Morgole arrivait devant Voldemort :
- Le roi vous convoque pour assister à la cérémonie de liage entre sa reine et lui d'ici la fin de votre journée. Un garde viendra vous chercher. Il honorera ensuite sa part du marché en vous laissant un accès au collectif. Puis il t aussi vite qu'il était apparu devant le mage noir, lui laissant un sourire carnassier et conquérant sur le visage.