- Ça n'en vaut pas la peine, tente Himchan. Elle n'en vaut pas la peine.

- Si.

Il la tuera à mains nues s'il le faut. D'ailleurs, il est déjà en train de s'éloigner.

- Attends ! Prends ça Yongguk !

Et il glisse entre ses doigts une arme à feu. Yongguk sent le contact si particulier de la crosse dans la paume de sa main.

- Où t'as eu… ?

- C'était à côté du cadavre de … du type qui … Peu importe, prends-le.

Yongguk ne se le fait pas dire deux fois.

- Fais attention à toi, implore Himchan.

Tout ça ne pourra rien donner de bon. Rien du tout.

- Ramène-les, dit celui qui recherche la vengeance. Je compte sur toi.

Himchan plonge ses yeux noirs dans ceux de Yongguk, bien sûr qu'il allait ramener les autres à l'extérieur. Il répond avec détermination :

- Pour qui tu me prends ?

- Attendez ! interrompt Daehyun. Moi aussi, je vais avec Yongguk.

- Quoi ?

Les deux hyungs ont réagi en même temps.

- Je viens aussi, répète Daehyun.

Yongguk fronce les sourcils, il ne tient pas à partager avec qui que ce soit les risques qu'il a choisis de prendre. Il sait trop bien qu'il se jette dans la gueule du loup, ça lui est complètement égal d'ailleurs. Mais il ne veut pas que Daehyun en face de même. Pourtant, ce qu'il voit quand il fixe son ami chanteur, c'est une froideur sans égale, une froideur qui n'attend plus rien. Yongguk ne peut rien faire contre ça.

Ils seront donc deux.

- On bouge ! clame le leader. Tu vas t'en sortir tout seul ?

Pour seule réponse, Himchan reste bouche bée. Il va devoir laisser derrière lui Yongguk ET Daehyun. Ça ne lui plaît pas du tout. Mais il n'y peut absolument rien. Zelo dans ses bras perd de la vie à chaque seconde. Il n'a définitivement pas le temps d'argumenter.

- Oui, je vais m'en sortir tout seul. Mais… je vous en prie ! Ouvrez les yeux. On pourrait tous s'en sortir. C'est ce qui compte, non ? Je pense que vous devriez…venir avec moi.

- Notre décision est prise, réplique Daehyun. Va-t'en avec Zelo.

Et le duo fait un tour à 360 degrés et retourne s'enfoncer dans les couloirs du love-hôtel. Himchan les observe s'éloigner et lorsqu'ils disparaissent totalement en arrivant au bout du long couloir, son ventre se tord. Il redresse un peu son lourd fardeau. Zelo est conscient mais il ne tient pas sur ses jambes.

- Tiens bon, dit Himchan. On se tire tous les deux, hein !

Le trajet lui semble durer une éternité. Arrivé devant la porte de sortie, il dépose doucement le blessé et fouille dans ses poches pour en tirer les deux clés si chèrement acquises. Il les glisse dans les deux verrous qui interdisent la sortie. L'un après l'autre ils cèdent. La porte s'ouvre devant lui. Himchan songe qu'il aura été le portier aujourd'hui, celle-ci sera la dernière, il l'espère de toutes ses forces.

De l'autre côté, il y a un escalier qui monte et au sommet la lumière du jour. Himchan a envie de pleurer, jamais le soleil ne lui avait semblé si essentiel, il saurait s'en souvenir. Il retourne porter Zelo et ils sortent. Ils sont en pleine ville, les trois premiers passants à les frôler les ignorent. La suivante croise le regard d'Himchan, il lui dit :

- Aidez-nous, s'il vous plait, aidez-nous ! Mon ami a besoin de soin appelé les secours.

La passante met la main devant la bouche d'effroi en découvrant l'état du jeune homme que son interlocuteur tient dans les bras. Elle sort immédiatement son téléphone et appelle une ambulance.

- Appelez la police après. La police aussi. Il y a encore des gens en danger à l'intérieur.

La femme passe tous les coups de fil qu'on lui demande. Elle répète les informations données par Himchan, qui la surprenne un peu plus à chaque nouvel élément : « prise d'otage », « groupe de musique », « assassinat » …

Peu de temps après, Himchan tient la main de Zelo à l'arrière d'une ambulance. A l'instant précis où leur véhicule démarre, cinq personnes s'engouffrent dans le love-hôtel que les deux musiciens viennent de fuir et, sous leur manteau, ses hommes sont lourdement armés.


Tout en marchant rapidement, Daehyun juste derrière Yongguk questionne :

- On va où ?

- Chambre 18, elle m'y a donné rendez-vous !

- Qu'est-ce qu'on fait une fois là-bas ?

- Je la tue !

- Tu as conscience qu'il s'agit probablement d'un piège ?

- Ça n'a pas d'importance…

- Si, souffle Daehyun.

Discourir au pas de course n'est pas simple. Mais Daehyun est bien obligé de se presser car Yongguk est un projectile, un missile qui va vite, très vite.

- En réalité, halète-t-il. Je pense comme Himchan. On devrait faire demi-tour tout de suite. Je viens parce que c'est de la folie de te laisser y aller seul.

Yongguk jure intérieurement. Il ne sait pas ! Daehyun ne peut pas comprendre ! Il ne sait pas tout ce qu'il a perdu. S'il savait, il lui foutrait la paix avec ses grands discours. Le plus embêtant, c'est qu'il est venu, qu'il risque sa vie pour ça.

- Tu aurais dû rester avec Himchan. Je m'en serais très bien sorti tout seul.

Yongguk pile soudainement. Ils y sont déjà ! Chambre 18.

- On fait quoi maintenant ? questionne le plus jeune.

Yongguk répond par un geste impulsif. Il donne un grand coup de pied dans la porte. Celle-ci s'ouvre à la volée et il pointe aussitôt son arme devant lui.

Il entre en balayant la pièce de son arme, à la recherche d'une menace.

Les ex-otages, reconnaissent aussitôt la chambre rose, pièce sinistre, celle où Jongup est décédé. Une personne est assise au centre de la pièce, maintenue dans cette position par la force. Elle est en effet scotchée à une chaise comme eux l'avaient été précédemment. Les chevilles retenues, les poignets liés. Elle ne peut bouger. En apercevant les nouveaux venus, elle se débat et on entend sa voix étouffée derrière son bâillon de scotch.

- Ça veut dire quoi ça ? s'étonne Daehyun.

- J'en sais pas plus que toi, mais…

Yongguk s'avance, pas après pas, vers le prisonnier. Daehyun observe son ami et il voit bien toute la haine qu'il y a dans ses yeux quand il met en joue cet homme. Yongguk dévisage le détenu. Alors c'est à cela qu'il ressemble sans cagoule ? C'est rare que l'on reconnaisse plus difficilement une personne parce qu'elle a enlevé sa cagoule et non l'inverse. Pourtant là, l'absence de cet accessoire rend plus difficile l'identification de C. aux yeux des nouveaux arrivants.

Yongguk est venu pour Sunhee. C'était elle sa cible. Pourtant, là, il n'y a plus que lui et cette pourriture. Elle est à sa merci. Yongguk devrait sans aucun doute se poser des questions, se mettre sur ses gardes. Il n'y parvient pas. Tout ce qu'il a en tête, c'est des rêves de meurtre. Cela, le pauvre homme l'a bien compris. Il voit sa dernière heure venir vers lui. Il la devine dans ce regard sans compassion. Il a raison d'avoir peur. C'est un loup qui le vise de son arme à feu. Loup qui s'est approché si près que le canon n'est qu'à un doigt du front du prisonnier. C. hurle. Il ferme les yeux de douleur et de peur. Il va mourir !

- Attends ! Ne fais pas ça !

La paume de Daehyun se retrouve tout d'un coup entre la tête de C. et le canon de l'arme de Yongguk. A présent, si l'homme veut tirer, il devra blesser son dongsaeng. Lui qui vivait sur une planète dans laquelle Daehyun n'avait pas sa place est obligé de le considérer. Il hurle sans regarder son ami, toujours fixé sur sa cible. Sa voix est enragée.

- Qu'est-ce tu fous !? Enlève ta main tout de suite ! J'étais sur le point de tirer, Dae ! J'ai failli…

- Je sais ! Mais écoute. Ecoute-moi ! Ne le fais pas ! C'est ça son piège. Elle veut que tu tues à cause d'elle. C'est exactement ce qu'elle veut !

- C'est ce que je veux aussi. Enlève ta main, Dae !

- Non ! T'es pas obligé de faire ça. De toute façon, il peut plus nous échapper. Il est foutu là ! On va le livrer à la police. Laisse-la s'occuper de ça. Qu'il aille moisir en prison. Lui et pas toi, parce que c'est toi qui vas moisir en prison si tu fais cette connerie.

- J'en ai tellement rien à foutre de…

- Mais non ! Ouvre les yeux ! C'est un meurtre, un meurtre. Il y a pas de légitime défense. Tu vas tuer quelqu'un qui est attaché sur une chaise, sans défense.

Les mots qu'il ne fallait pas prononcer devant Yongguk mais ça, malheureusement, Daehyun n'en sait rien.

- Sans défense ? répète Yongguk, … attaché sur une chaise ?… Ça ne lui a pas posé de problèmes … à lui. Tirer sur quelqu'un qui… qui peut pas se défendre. C'est exactement ce que ce type a fait. Et lui, ça lui a pas posé de problèmes. Ça lui a pas posé de problèmes.

Yongguk tremble de rage. Il désire tellement tirer ! La main, seule la main de Daehyun l'en empêche. Il faut qu'il la retire, avant qu'elle ne devienne une victime collatérale du conflit qui l'oppose à ce type.

- Il a pas hésité, lui ! C'est exactement ce qu'il a fait. Enlève ta main, Dae ! Enlève la, parce que … Parce que ce chien a vidé son chargeur sur Yongnam, alors rien ne pourra m'empêcher de tirer. Même pas toi. Je vais le tuer. Je vais le tuer ! ENLEVE TA MAIN !

Mais il ne lâche pas. Daehyun tient le canon, toujours la paume face à l'ouverture. Il prend le risque d'être blessé. Il faut dire que la souffrance de Yongguk le perfore bien plus cruellement qu'une balle. Les tripes de Daehyun se retournent à la mention de Yongnam. Alors c'est ÇA ! Ça allait être très compliqué de convaincre son hyung. Pas sans lui expliquer les véritables raisons de son comportement…

- Je … je suis vraiment désolé pour Yongnam, explique Daehyun avec émotion. Mais… tuer ce mec, ce vendu, ça changera rien. Franchement, Yongguk, réponds-moi ? Tu crois que tu seras plus léger après ça ?

Yongguk réfléchit derrière ses yeux injectés de colère, rougis de rage. Il fait oui de la tête. Oui, il espère sincèrement que tuer lui apportera un peu de paix, un certain équilibre. La justice lui apportera une forme de délivrance. Il en est persuadé.

- Et bien non, tu te trompes. Ça ne sera pas le cas. Tu seras plus lourd, encore plus lourd, après avoir fait ça… Je te jure.

- Putain ! Dae ! Depuis quand t'es militant anti peine de mort ? Si ça te dérange autant, ferme les yeux ! Cette affaire ne te regarde pas… T'es pas à ma place… Moi, je suis sûr que je me sentirais beaucoup mieux après avoir tué ce chien. Tu jures… tu jures mais t'en sais rien…

- Si je sais ! crie Daehyun. Si je sais ! J'ai tué ! Yongguk, j'ai tué…

L'émotion dans la voix de Daehyun l'interpelle autant que le sens, inattendu, de ses mots. C'est la première fois que Yongguk détache ses yeux de sa cible. Il se tourne pour la première fois vers Daehyun. Qu'est-ce qu'il raconte ?

- J'ai pris la vie… je m'en remettrai jamais… fais pas pareil ! Fais pas pareil !

Celui qui menace toujours sa potentielle victime réfléchit à toute vitesse. Mais qu'est-ce que Daehyun a vécu durant les heures où ils ont été séparés ? Yongguk n'a même pas eu la présence d'esprit de se questionner à ce propos. Il s'est apitoyé sur son sort. Il ne s'est pas interrogé sur les blessures que pouvaient porter les autres survivants. Sauf pour Zelo, parce qu'elles étaient sur son corps, évidentes. Mais Daehyun ? Il ne s'était pas posé la moindre question. Il fait un bien médiocre grand frère spirituel, un bien médiocre hyung.

- C'est ? C'est toi qui as tué le … celui qui ? Celui dont je tiens l'arme… ?

Le jeune homme ne voit que ça. Il ne pas imaginer que cela. Bien sûr comment pourrait-il imaginer ? Daehyun se prépare à faire la plus grande confession de sa vie. S'il veut obtenir le pardon, il va falloir qu'il avoue ses crimes. Il doit vider son sac, il en a besoin. Pas dans une heure, pas dans un jour, maintenant. Il doit avouer, cesser de laisser croire à tout le monde qu'il est propre. Il veut tout déballer, au moins à une personne de confiance, au moins une personne pour partager sa peine et son dégoût. Qui d'autre mieux que Yongguk !?

- Non, ce n'est pas un monstre que j'ai tué. C'est tout l'inverse… Je croyais que j'allais abrég…

Des bruits de pas nombreux en provenance des couloirs interrompent cruellement la conversation. Le duo se retourne simultanément vers l'ouverture. Daehyun lâche le canon du pistolet au moment où Yongguk, par réflexe, le pointe vers l'entrée de la pièce. Plusieurs hommes entrent. Son unique pistolet se retrouve alors à faire face à pas moins de quatre de ses copies qui le pointent en retour. On lui hurle dessus :

- Baisse cette arme où t'es un homme mort dans trois, deux…

Il ne fait pas le poids. L'ex-otage capitule et baisse son arme avant le numéro « trois ». Face à eux se trouvent cinq hommes. Qui sont-ils ? Des policiers ? Non. Malheureusement non. Ils n'ont pas l'allure de policiers.

- Ne bougez pas, maintenant. Ne bougez pas.

Celui qui s'exprime si calmement, malgré les tensions, est un homme que les traits fatigués vieillissent prématurément. Vêtements blancs et cheveux gris, lunettes aux verres fumées et orange viennent confirmer les craintes du musicien : cet homme ne fait pas partie de la police, c'est bien plus probablement un gangster. Véritables clichés sur pattes, ses hommes tatoués jusqu'au cou, continuent de le menacer. Pourtant, Yongguk sent sa peur instinctive diminuer devant ce sentiment plus fort encore, qui commence à lui être douloureusement familier : la rage.

Les cinq hommes sont entrés avec elle.

— Sunhee ?

Yongguk a prononcé son nom avec toute la haine si viscérale qu'il porte en lui. Il la fixe. Il pense à son pistolet, toujours dans sa main. On lui a ordonné de ne pas s'en servir. Si Daehyun n'était pas avec lui …

— Je savais que tu viendrais, répond la démente en retour.

Sunhee est si heureuse de le retrouver là. Elle avait parié sur le fait qu'il reviendrait. Elle lui avait laissé un cadeau. Il n'y avait apparemment pas touché. Sans doute n'avait-il pas eu le temps ? Interrompu par leur arrivée. Sunhee aussi a été surprise par leur arrivée. Le timing du plan de Sunhee était très très serré. Trop ! A l'instant où Aiji était mort, le risque de voir débarquer la cavalerie mafieuse existait. Sunhee a joué avec le feu, elle vient de perdre. La cavalerie est bien arrivée, trop tard pour Himchan et Zelo, mais suffisamment tôt pour elle. Elle n'a pas eu le temps de fuir.

L'homme en costume blanc s'est avancé vers Yongguk, il tend sa main et lui ordonne :

- Donne-moi ton arme.

Yongguk s'exécute malgré lui. On l'attrape par l'épaule, contact physique désagréable qui le fait grogner. Le connard qui lui serre l'épaule lui fait mal. Il l'entraine dos au mur et le force à se mettre à genoux. Yongguk remue mais ploie néanmoins. On assied également Daehyun à sa gauche et, là c'est la douche froide, Sunhee à sa droite. Si proche, côte à côte. Ils se dévisagent en silence. Lui, la regarde avec défiance, elle parce qu'elle ne sait pas faire autrement lorsqu'il se trouve dans les parages.

- Alors c'est comme ça que ça va finir, ironise-t-elle. La vie est pleine de surprise.

Yongguk ne dit rien. De toute façon, les deux cessent toute forme d'échange lorsqu'un coup de feu très proche vient les surprendre. Ils sursautent pareillement. Daehyun pousse un cri et se colle aussitôt à son collègue.

Les trois personnes que l'on vient d'assoir tournent la tête vers l'origine du bruit. C'est le chef de gang qui a tiré. Il a utilisé l'arme qu'il vient de subtiliser à Yongguk. Et il vient de réaliser le geste que ce dernier s'employait à faire depuis plusieurs minutes.

La tête de C. vient d'exploser. Quelques éclaboussures écarlates parsèment à présent le sol, la manche du costume du meurtrier et la joue de Daehyun.

- Voilà ce que deviennent les traitres, déclare l'homme en costume blanc.

Sa voix était neutre, profonde. Il sort un mouchoir pour essuyer ses vêtements tâchés tout en s'approchant davantage de Sunhee et de ceux qui venaient, à en croire les apparences, de redevenir des otages. Il commence lentement, articulant chaque mot :

- Je suis terriblement déçu, ma belle. J'ai pris ta défense si souvent. C'est surtout Aiji qui me parlait souvent de toi en de mauvais terme. Je n'aimais pas qu'il fasse ça, mais il avait le droit de me donner son opinion et il ne s'en privait jamais. C'était un homme important pour moi, Aiji. Tu le sais cela, ma belle ? Oui, tu le sais. Aiji disait de toi qu'il ne fallait pas te faire confiance, que tu n'étais pas nette, que tu ne pensais qu'à tes propres intérêts et qu'un jour, tu pèterais un câble et que ça ne serait pas bon pour nos affaires. Il m'avait prévenu. Et sais-tu ce que je lui ai répondu, ma belle ?

Le patron des mafieux essuie à présent consciencieusement l'arme qu'il tient en main. Il s'arrête, attend apparemment une réponse de la part de la preneuse d'otage à ses pieds. Sunhee réplique, normalement :

- Non, Oppa ! Je ne sais pas.

- Je lui ai, bien sûr, répondu que même si tu étais … spéciale, même si effectivement tu ne pensais qu'à toi, je pouvais te faire confiance, parce que tu fais partie de ma famille et que la famille c'est sacré. Alors quand je vois ça.

Il montre l'environnement autour de lui, la chambre, faisant référence à l'ensemble du love-hôtel.

- Quand je vois ça, je me dis que ça ne peut pas être toi.

- C'est elle ! C'est elle ! intervient Daehyun.

L'homme regarde le garçon avec consternation.

- Mais qui t'as donné l'autorisation d'ouvrir la gueule à toi ?

- C'est qu'elle est responsa…

Daehyun n'échappe pas au coup de botte dans la tête. Un acolyte vient d'interrompre brutalement sa sortie insolente. Le jeune otage grogne, saisit sa tête entre ses mains. Yongguk réprime de justesse un geste qu'il aurait pu regretter. Se jeter sur le type qui vient de malmener Daehyun n'est probablement pas la meilleure chose à faire.

- Je sais bien qu'elle est responsable, malheureusement, je le sais bien. Tu nies Sunhee ?

- Non.

- Alors tu comprends que je n'ai pas le choix, c'est une question d'honneur, c'est la seule chose qui soit au-dessus de la famille : l'honneur. Il va falloir que je te tue, comme Crow.

Yongguk digère l'information. Il y a beaucoup d'informations en peu de temps. Il ne sait pas si Himchan et Zelo ont pu sortir à temps, probablement, songe-t-il, puisqu'ils ne sont pas là. Il ne sait surtout pas ce qu'on va faire d'eux. Par contre, les règlements de comptes font son affaire, C., et Sunhee, ils connaissent finalement le sort qu'ils méritent.

- Mais, puisque tu es ma fille, je vais te faire une fleur. Je vais écouter tes dernières volontés. Tu as carte blanche, seulement dans une demi-heure, je te tue et nous y allons, car mes contacts dans la police ne m'ont promis que cette demi-heure avant que les poulets nous rejoignent. Alors, je t'écoute, ma belle. Dis-moi, ce que tu désires. Concernant ces deux garçons par exemple. Alors, je les tue ? Tu les tues ? On les laisse partir ?

L'homme a un rire jaune.

- Avec toi, je ne sais plus à quoi m'attendre.