18 mars 2018
Note de l'auteur : Wouah. ça y est : c'est le dernier chapitre de cette fiction ! Des chapitres bonus seront postés suite à ce chapitre, alors n'hésitez pas à formuler vos demandes / questions si vous en avez ! Elles pourront être développées dans ces bonus !
Plus de 12000 vues actuellement, 29 favoris, 39 alertes et 76 reviews ! J'en profite pour remercier Shiriliz et slash-nono pour leurs reviews du chapitre précédent ! Elles m'ont encouragées tout au long de cette fiction et m'ont fait sourire par leur enthousiasme :)
Merci également à lune patronus, JMVL, tralaloute, lola, Lea44C, Seena, Gilgalad Swiftblade, Cliaa,Aywen, Little Lazuly, math62370, Lohh, Maluna, PonyoLeChat, Gryffondor, avonbathory et AnkaaBlack pour leurs reviews postées au long de la fiction :)
Chapitre 36
Avril 1985
La fin d'une histoire, le début d'une autre
- C'est ta mère … Elle est morte.
Il me fixe, sans aucune réaction. Finalement il cligne des yeux, se lève, et part dans le jardin, son mug à la main. Sélène me regarde, ses boucles brunes pointant dans tous les sens, son regard gris interrogatif, puis reporte son attention sur son petit déjeuner. Je ne sais pas si « désolée » était le terme le plus approprié. Enfin, même s'ils se détestaient, j'imagine que ça doit être un choc pour lui. La lettre ne donne pas de détails. Simplement que Walburga Black est décédée pendant la nuit, de mort naturelle. En tout cas, rien ne semble suspect dans sa mort. L'expéditeur nous demande simplement de nous rendre au bureau des Gobelins pour en savoir plus au sujet de l'héritage. Regulus Black étant certainement mort il y a des années, tout revenait à Sirius. Restait à déterminer ce que représentait le « tout ».
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- Je suis désolé.
- Ce n'est rien.
Sirius attrape sa baguette et répare le mug qu'il a lancé contre la cabane de jardin. Sélène, qui me tient la main, regarde avec émerveillement les morceaux s'envoler et se coller les uns aux autres.
- Je ne comprends même pas pourquoi j'ai fait ça. ça ne m'atteint même pas.
- Sirius …
- Elle n' est … Elle n'était pas ce qu'on peut appeler une mère. Elle aurait pu mais …
- Mais quoi ?
- Si on ne se conformait pas à ce qu'elle souhaitait alors … elle s'arrangeait pour nous faire vivre un enfer. Elle voulait tout contrôler. Regulus s'est laissé embobiné par ses idées mais ce n'était pas mon cas. Elle n'a jamais réussi à me faire admettre que les moldus étaient inférieurs … conclut-il avec un rictus douloureux.
Je tends ma main libre vers lui et serre son bras, en tentant un faible sourire.
- Heureusement, c'est derrière toi tout ça …
- Hmm … si tu savais …
- Quoi ?
- Je suis le dernier des Black. Le seul héritier. Si elle est morte alors j'ai droit à la maison et à cette saleté d'elfe, s'il est toujours vivant. Crois moi, cet enfer est loin d'être derrière moi.
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L'enterrement est prévu quelques jours plus tard. Sirius n'a pas voulu participer, mais il s'est quand même rendu avec moi au cimetière. Il est resté à l'écart, tenant Sélène par la main. C'était déjà beaucoup trop, avait-il dit.
Andromeda, sa cousine, n'avait pas voulu venir du tout, et Bellatrix était en prison. Je me retrouvais donc, seule membre de la « famille », devant le cercueil. Quelques personnes étaient là aussi, sûrement de vieilles connaissances, et ont quitté les lieux sitôt le cercueil entré dans le caveau familial. Je ne sais pas si je l'ai fait par superstition, mais je suis restée quelques instants, et j'ai posé une fleur sur le couvercle.
Je sens une présence glaciale dans mon dos qui me fait me retourner. Narcissa Malfoy, grande blonde élégante, avait daigné faire une apparition. Elle a l'air légèrement surprise de me trouver là, autant que son visage puisse exprimer la surprise en tout cas, mais ne dis rien, m'adressant seulement un vague hochement de tête. Au bout de quelques minutes, Narcissa et moi nous sommes éloignées dans un même élan. Elle jette un regard à Sirius et les deux se fixent un long moment, aucun des deux ne voulant détourner le regard en premier. Ils ont le même regard gris acier et déterminé. Elle baisse le regard pour dévisager Sélène et repart ensuite comme elle est venue, silencieuse et hautaine.
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- Nous y voilà, je déclare en examinant l'immense maison devant nous.
- Oui.
Après de longues négociations, les agents chargés de l'héritage de Sirius ont fini par avoir gain de cause : il doit s'y rendre pour inspecter les lieux et assurer que la maison ne comporte pas d'éléments dangereux. Apparemment, les sorciers ayant récupéré le corps de Mrs Black avaient eu quelques déconvenues …
- Oui …
Sirius et moi faisons face à la maison de son enfance. Elle fait partie d'un bâtiment aussi long que la rue, et partagé entre plusieurs maisons. Les perrons se succèdent et les numéros indiqués nous ont guidés jusqu'au numéro 12. C'est la seule maison a être restée intacte, entière. Les autres sont partagées en plusieurs appartements si l'on en croit la multitude de noms apparaissant sur les boites aux lettres voisines.
De l'extérieur, la maison a l'air un peu sinistre. D'après Sirius, c'est encore pire à l'intérieur. D'ailleurs, rien que la porte, noire avec une poignée en forme de serpent, me donne froid dans le dos. Nous montons lentement les marches et, une fois devant la porte, Sirius se fige. Je vois presque défiler les souvenirs dans ses yeux. Sa mâchoire se crispe, plusieurs fois.
- Hey … On peut faire ça un autre jour si tu veux ?
- Non … Non, ce n'est pas la peine. Autant être débarrassé.
- Comme tu voudras.
Malgré tout, je le laisse prendre le temps d'ouvrir lui même la porte. C'est sa décision.
Quand il se décide, nous entrons dans une grande pièce dont les murs sont couverts d'un élégant papier peint vert, strié d'argent. A l'opposé de la porte d'entrée, un escalier mène vers les étages et deux portes semblent s'ouvrir vers d'autres pièces du rez de chaussée. Je me fige quand je découvre, face à moi, une vieille femme aux cheveux noirs. Ces petits yeux gris me dévisage et se pose ensuite sur Sirius.
Et tout à coup, elle pousse un long cri strident.
Je sursaute violemment, la main sur mon coeur. Rapidement, je dois plaquer mes deux mains sur mes oreilles. La femme, qui est en fait partie intégrante du tableau grandeur nature la représentant, ne semble pas décider à arrêter de hurler. Son cri se transforme rapidement en un flot d'insultes. Sirius, le visage plus crispé que jamais, se dirige à grands pas vers le tableau.
- Tais-toi ! Mais tais-toi, bon sang !
Je comprends qu'il essaye de refermer les long rideaux argentés qui entourent le tableau. Une fois la stupeur passée, je me précipite pour l'aider.
Après de longues minutes d'efforts, nous arrivons enfin à les fermer, et le portrait cesse enfin d'hurler.
- Héléna, tu viens de rencontrer ma mère. Comme quoi, même décédée, elle sait se rappeler à notre bon souvenir !
- Tu plaisantes ? C'est ta mère ?
- Et oui … Je me demande si on doit s'attendre à trouver celui de mon père. Enfin, il sera sûrement plus discret, il ne parlait pas beaucoup.
- Je pense qu'on pourrait difficilement trouver plus … expressif, comme portrait.
Sirius ne dit rien, et se contente de jeter un oeil rapide au reste de la pièce. De nombreux autres portraits sont accrochés aux murs, mais ils restent immobiles et silencieux. Finalement, il m'entraine vers les escaliers. Avec effroi, je remarque les plaques accrochées au mur : toutes présentent une série de têtes appartenant à des elfes de maison.
- Sirius …
Il se tourna vers moi, interrogatif.
- Oh. Une vieille tradition, instaurée par une grande-tante. Quand les elfes devenaient trop vieux pour assurer le service, ils étaient décapités …
- Tu rigoles ?
- J'aimerais beaucoup, mais non.
- Je comprends mieux pourquoi tu n'avais pas très envie de revenir ici …
- Et encore, ce n'est pas grand chose, comparé au reste.
Sirius me montre plusieurs pièces de la maison. Des salons, des bibliothèques, des chambres. Une pièce notamment, retient mon attention : celle de la tapisserie. L'arbre généalogique des Black y figure.
- Là, ce sont mes cousines. Bellatrix est à Azkaban comme tu le sais. Et Andromeda, qui a épousée un né-moldu, a été supprimée de l'arbre. Et là, c'est mon oncle Alphard, celui qui m'a donné l'or. Lui aussi, il a été effacé … Sans doute pour ça d'ailleurs, m'explique Sirius en me désignant plusieurs endroits de la tapisserie.
- Et toi ?
Il se recule un peu, et pointe du doigt un petit trou brûlé, juste à côté du nom de Regulus Black.
- Ici.
- C'est ta mère qui … ?
- Oui, j'imagine. Le soir où je suis parti d'ici.
- Elle devait être sacrément rancunière …
- Tu n'as pas idée !
Il jeta un regard tout autour de lui, le visage plus assombri que jamais.
- Aller, viens.
Nous poursuivons notre visite dans les étages, et nous arrivons finalement tout en haut. Il n'y a que deux portes : celle de droite indique sobrement « Sirius ». Il pousse la porte et entre, lentement. Un sourire nait enfin sur son visage quand il voit la succession d'affiches accrochées au mur, près de l'immense lit à baldaquins qui trône au milieu de la pièce.
- Ah ! Je le savais ! Elle n'a pas réussi à s'en débarrasser ! s'exclame-t-il, triomphant.
- Et bien, et bien … Elles sont … charmantes ! je réponds, en découvrant les photos de magazines moldus montrant des jeunes femmes souriantes et juchées sur de grosses cylindrées.
Il éclate de rire.
- C'était principalement pour faire enrager ma mère, tu sais !
Mon sourcil levé illustre clairement mon scepticisme.
- Bon d'accord, je les trouvais plutôt sympathiques aussi. Tu sais à quel point j'adore les motos ! ajoute-t-il avec un clin d'oeil.
- Bin voyons ! Mais c'était celle là, la plus importante de toute.
Il me montre une photo, au centre de l'assemblage d'affiches dépareillées. Elle représente Sirius, James, Remus et … Peter. Il soupire.
- On était tellement sûrs d'avoir la vie devant nous. Tellement sûr de réussir tout ce qu'on entreprendrait … Maintenant je sais qu'on ne peut avoir aucune certitude. Sirius …
Il m'adresse un sourire résigné, mais ne répond pas. Tout à coup, un grand fracas retentit dans les étages inférieurs.
- Reste ici.
Et il s'éloigne rapidement, baguette à la main.
Les pièces que nous avons parcourus jusque là était dans un état impeccable. La chambre de Sirius, en revanche, est recouverte d'une couche de poussière. Je me dirige vers la fenêtre pour aérer un peu, mais une violente migraine me prend, et je dois m'assoir sur le lit. En fait, c'est plutôt une nausée aussi soudaine et violente qu'inattendue qui me prend. Je pose ma tête sur mes genoux et inspire profondément. Cela ne suffit pas … La salive commence à envahir ma bouche et je me lève pour atteindre la salle de bain la plus proche. Elle se trouve à l'étage d'en dessous et je dois courir pour me jeter juste à temps sur les toilettes.
Quelques minutes plus tard, je tire la chasse d'eau et reste assise par terre, la joue reposant sur le carrelage noir et froid du mur le plus proche.
- Héléna ? Tout va bien ? Tu n'as pas été attaquée par le rideau de douche, j'espère ?
Le pire, c'est qu'il a l'air réellement inquiet.
- Non, pourquoi ? ça t'est déjà arrivé ?
- Disons que Regulus et moi nous partagions cette salle de bain. Il nous arrivait de nous faire des blagues, alors …
- Je vois … Non, ne t'inquiète pas. C'est plutôt moi qui ait agressé les toilettes, j'ajoute, penaude.
Il fronce les sourcils.
- J'ai vomi … Le plateau de fruit de mer d'hier soir n'était pas une si bonne idée que ça finalement …
- Oh … Tu te sens mieux ?
- Oui, oui … Enfin, le pire est passé mais je vais restée assise encore un peu …
- Tu veux un peu d'eau ? Du jus de fruit peut être ?
- Oh, euh …
- Kreattur !
Je le dévisage, surprise.
- Qu'est ce que …
Presque instantanément, une petite créature chauve, avec des oreilles immenses et remplies de poils blancs, se présente devant nous.
- Oui, maitre ? demande-t-il en s'inclinant profondément, un air de dégoût néanmoins plaqué sur le visage.
- Vas donc chercher un verre propre et une boisson fraiche.
L'elfe regarde Sirius en clignant des yeux, puis se tourne vers moi. Il semble me jauger du regard et finit par répondre :
- Oui, maitre …
Il repart en marchant à reculons, la tête à nouveau courbée.
Tu m'expliques ?
- C'était Kreattur. L'elfe de maison de ma mère.
- Je croyais qu'il était …
- Moi aussi ! Ils ne m'ont rien dit pendant le rendez-vous à propos de la succession. J'imagine qu'il a dû se cacher quand ils sont venus prendre le corps … C'est lui qui a fait tout ce raffut.
- Comment il a fait pour vivre seul pendant tout ce temps ?
- Oh, Kreattur est plein de ressources, tu verras …
- Il a l'air … enchanté de te revoir, en tout cas.
- Il ne m'a jamais aimé. Même quand j'étais petit. Il a toujours été l'oreille attentive des plaintes constantes de ma mère, qui étaient surtout à mon sujet …
- Je vois… Qu'est ce que tu vas faire de lui?
- Je ne sais pas …
Sirius m'aide à me relever et à m'assoir sur les toilettes dont j'ai fermé la lunette.
- ça va mieux ? demande-t-il.
- Oui … Mais j'ai hâte de rentrer, pour tout te dire.
- Moi aussi ! Malheureusement, je crois que nous allons devoir l'emmener …
Quelques secondes plus tard, Kreattur revient, portant un plateau d'argent entre ses mains.
- Maitre ?
Sirius hoche la tête, et l'elfe s'approche de moi.
- Voici Héléna McKinnon, Kreattur. Ma fiancée. C'est la fille d'Henry McKinnon et de Victoria Fawley, précise Sirius.
Etrangement, il a l'air de le prévenir plutôt que de l'informer : les Fawley sont une famille de sang pur reconnue.
- Hmm. Kreattur ne connait pas la famille des McKinnon. Mais il connait les Fawley., marmonne l'elfe.
Il fait léviter le plateau et me sers un verre d'eau pétillante.
- Merci …
J'hésite un peu à boire, vu l'air de désapprobation que l'elfe affiche en me regardant. Sirius approuve néanmoins, et je bois d'une traite : l'eau est fraiche à souhait. J'imagine que mon affiliation avec les Fawley me vaut d'avoir été servie convenablement.
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Kreattur a protesté autant qu'il a pu, mais quand Sirius lui a ordonné fermement de venir avec nous, il n'a pas eu le choix. Sirius et lui avaient l'air aussi « ravis » l'un que l'autre de devoir vivre à nouveau ensemble, mais nous n'avions pas d'autres possibilités. Kreattur ne pouvait pas continuer à vivre seul dans cette maison, à obéir à toutes les extravagances du portrait de son ancienne maitresse. La maison était néanmoins impeccable : il avait continué à faire son travail pendant toutes ces semaines, malgré que personne ne soit là pour en profiter.
Quand nous entrons à la maison, Remus Lupin, babysitter attitré de Sélène pour l'après midi, fixe Kreattur, perplexe.
- Je croyais qu'il était … ?
- Et bien non, malheureusement ! rétorque Sirius, sans aucune gêne.
Je lui donne un coup de coude dans les côtes, désignant Kreattur du menton. Il ne semble néanmoins pas faire attention à nous, car il inspecte du regard mon salon. Et ce qu'il voit ne correspond pas à sa conception d'une « noble et ancienne » maison.
- Kreattur, vas donc préparer du thé !
L'elfe hoche la tête et s'éloigne vers la cuisine, bien visible depuis l'entrée. Je fais les gros yeux à Sirius et chuchote :
- Tu n'as pas honte ? il vient à peine d'arriver !
- Quoi ?
- Il faut que d'abord que je lui trouve un endroit où s'installer pour le temps qu'il restera avec nous …
- Tu n'as qu'à lui mettre une couverture dans un placard de la cuisine … gromelle-t-il.
- C'est hors de question !
Je pose mon manteau et me dirige vers la buanderie où je pense pouvoir aménager un coin confortable pour Kreattur, même s'il n'est pas censé rester longtemps avec nous … J'ai du mal à reconnaitre Sirius quand il s'adresse à Kreattur ou parle de lui : il a l'air tellement froid, implacable ! Tous les mauvais souvenirs qui sont associés à sa famille doivent remonter à la surface en sa présence ...
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Dix jours plus tard
C'est enfin le moment du procès. Depuis plusieurs jours, nous passons notre temps au tribunal, Remus, Sirius et moi. Judy qui est revenue des Etats Unis pour des vannes et rendre visite à ses parents, surveille Sélène pendant notre absence. Avec Kreattur à la maison, je ne pouvais pas demander à ma voisine moldue de garder la petite.
Peter est là, au milieu de la pièce, petit, recroquevillé dans une cage. Les barreaux de cet espace et sa cellule à Azkaban sont adaptés à sa condition d'animagus : même une souris ne passerait pas à travers. Et d'après Sirius, c'est un immense privilège à Azkaban. Cela complique les choses pour l'observer, mais les espaces s'agrandissent à hauteur du visage.
Plusieurs témoins se sont succédés. Sirius bien sûr, puis Remus et même Dumbledore qui était présent le soir où j'ai retrouvé Peter chez les Weasley. Arthur Weasley termine d'ailleurs son récit : il a parlé de notre rencontre au ministère puis de mon arrivée chez lui. Le président du jury le remercie et il est invité à retourner s'asseoir.
- J'appelle maintenant Mademoiselle Héléna McKinnon pour recueillir son témoignage.
Je me lève et expire lentement. ça y est. Le moment est venu. Je me place face à l'ensemble des juges, Peter restant dans mon champ de vision. Je ne résiste pas à essayer de croiser son regard, mais il le garde baissé sur le sol.
- Nous vous écoutons.
- Cet homme… Cet homme que vous voyez là, a déjà la chance immense d'avoir un procès. Sirius n'a pas eu cette chance. Il n'a pas eu la chance de voir sa femme enceinte. Il n'a pas eu la chance d'assister à la naissance de son enfant. De voir ses premiers pas, d'entendre ses premiers mots. Peter Pettigrew lui a pris tout ça. Il a trahi ses amis mais il a aussi trahi le monde des sorciers. Il a donné à un monstre le pouvoir de détruire nos existences. De détruire notre famille. De détruire la famille d'Harry Potter. Je demande la justice pour moi-même. Justice pour Sirius et pour ma fille. Justice pour le Survivant, Harry Potter.
Je reste derrière le pupitre, tremblante. Ma voix heureusement, est restée ferme. Je croise le regard de Sirius, qui hoche la tête d'approbation. Il est ému, mais déterminé : tout comme moi. Les juges me posent encore plusieurs questions, qu'on m'a pour la plupart posées des centaines de fois.
Depuis le début de l'audience, de petits sanglots étouffés retentissent régulièrement : ceux de Mrs Pettigrew. Je n'arrive pas à me résoudre à la regarder. Je comprends sa douleur, mais à la différence de la mienne, elle n'est pas teintée par l'injustice.
Sirius était innocent.
Peter est coupable.
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- Alors ? ça s'est passé comment ? demande Judy.
Le procès, qui s'est déroulé sur près d'une semaine, nous a gardé occupés Sirius et moi de longues heures chaque jour.
- Comme hier. Difficile ! je soupire.
Sirius et moi accrochons nos manteaux dans l'entrée, éprouvés. Remus, qui est rentré avec nous, fait de même. La fatigue physique des longues heures passées au tribunal n'est rien à côté de la fatigue mentale due au stress, à l'incertitude et à la douleur de revivre nos pires moments.
- Enfin, c'était le dernier jour …
- Il ne reste plus qu'à attendre la fin des délibérations, ajoute Sirius.
- Et Dumbledore ?
- On a enfin réussi à lui parler. Harry vit toujours chez sa tante et ils n'ont pas déménagés depuis la dernière fois que je lui ai rendu visite … j'explique.
- Et vous pourrez le récupérer ? demande Judy.
Sirius se détourne et s'assoit près de Sélène sans rien répondre.
- Dumbledore n'a pas voulu entrer dans les détails mais il est essentiel d'après lui qu'Harry reste avec sa tante. Nous devons le rencontrer à Poudlard pour en discuter … Mais je suis sûre qu'on pourra trouver une solution !
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Mai 1985
La nouvelle de la condamnation de Peter a finit par tomber. Il restera à Azkaban pour le reste de ses jours. Cela ne nous rends pas heureux, mais j'avoue avoir ressenti une sorte de soulagement. A vrai dire, sa culpabilité ne faisait aucun doute pour le tribunal. Le véritable enjeu était de savoir s'il allait rester en prison, ou être embrassé par les détraqueurs. Certains diront que les juges se sont montrés cléments. Sirius, lui, ne s'est pas prononcé. Deux années passés à Azkaban font de lui un connaisseur de ce milieu impitoyable : il ne saurait dire si un baiser des détraqueurs est préférable à une vie entière dans cet endroit …
Mais aujourd'hui, nous sommes ensemble, et c'est tout ce qui compte.
Après notre rendez-vous avec Dumbledore, Kreattur est parti travailler à Poudlard. Sirius et lui ne supportaient pas de vivre ensemble plus longtemps. Nous avons compris la nécessité pour Harry de vivre avec sa tante. Ou au moins de considérer que la maison de sa famille était son foyer : d'après Dumbledore, cela lui assurera une protection magique pendant de nombreuses années.
Heureusement, cela ne nous empêche pas de le voir et de passer autant de temps avec lui que possible. La première fois que Sirius a revu Harry, j'ai bien vu à quel point il était ému. Bien sûr, le petit n'a pas semblé le reconnaitre, pas vraiment : il était trop petit la dernière fois qu'il avait vu son parrain. Mais la voix de Sirius lui a semblé familière et un petit sourire a illuminé son visage. Je ne saurais dire si les Dursley, l'oncle et la tante d'Harry, étaient soulagés de nous voir l'emmener pour quelques week-ends, ou de longues promenades au parc, ou s'ils étaient déçus que nous ne puissions le prendre définitivement avec nous. La magie qu'Harry manifestait déjà par moment semblait les terrifier. Mais Dumbledore avait été très clair et nous l'avions tous compris, moldus ou sorciers.
Sirius, Sélène, Harry et moi sommes sortis au parc. Il fait très beau, et un vent frais vient apaiser la chaleur naissante du mois de mai. Sélène et Harry jouent dans le bac à sable : ils se sont tout de suite bien entendus. Assis sur un banc à quelques mètres de là, Sirius et moi les regardons, sans rien dire. Je pense au secret que je garde depuis des jours, et cela me fait sourire …
- Sélène a l'air contente d'avoir quelqu'un avec qui jouer, non ? demande Sirius en continuant à les observer.
- Oui, c'est vrai ! Même si, en étant un peu patiente, elle aura bientôt un autre camarade de jeu …
Mon sourire s'agrandit encore quand je sens sa main se resserrer sur la mienne. Il n'est pas encore sûr d'avoir bien compris, et pourtant …
- Tu veux dire … ? Tu es …
- Enceinte, oui …
Sa main glisse sur mon ventre et enfin, je vois le dernier voile posé par Azkaban sur son regard disparaitre. Enfin, je retrouve complètement mon Sirius Black.
Enfin, tout va bien.
Fin
Note de l'auteur : Et voilà. ça fait tout drôle d'en être arrivée là ! Cette fiction m'a accompagnée pendant deux ans et j'ai commencé à la poster il y a un peu plus d'un an : c'est donc aussi un chapitre qui se finit aussi pour moi ...
Merci à tous / toutes de m'avoir accompagnée et d'avoir suivi Héléna pendant tout ce temps !
A bientôt dans de nouvelles fictions,
Sirya
