~ Comment te sens-tu aujourd'hui ? ~ 36
BPOV
- Tu es un vampire ? La répétition, ça marche aussi pour la concentration et faire croire que l'on sait ce que l'on va dire.
- Définitivement.
- Bien.
- Comment bien ?
- Oui, tout le monde a son lot de petits soucis dans la vie. Heu, la non-vie, l'existence devrais-je dire. Je commençais à me tripoter les doigts sans fin pendant que des images de films d'épouvante me bombardaient le cerveau. Dracula et tout le tralala. Lestat était plus sexy a bien y réfléchir, celui de la Reine des Damnés pas celui de Confessions d'un vampire avec Tom décoloré. Quoique Angel dans Buffy, il était super baraqué…Hum.
- Tu es perturbée ?
- Non, non, dis-je en marchant sur mon propre pied et en m'affalant de tout mon long avant que des bras puissants ne me retiennent. Je me raidis à son contact. Tu vas me sucer le sang alors ? Dis-je avec une moue de dégout.
- Bien sûr que non. Si je te mords un venin mortel se répand dans le sang et tu te transformes dans des souffrances intolérables…ou alors tu meurs si je suis pris de frénésie et que j'aspire tout ton sang.
- Charmant comme programme ! Je remettais mes cheveux en place pour me donner une contenance perturbée par ces nouveaux développements.
- Je ne te le fais pas dire, ça limite beaucoup les contacts humains cette affaire. Il me remit une mèche de cheveux derrière l'oreille et me sourit avec son petit air craquant, celui qui me remuait les tripes.
- Tu as vraiment plus de 92 ans ? Mon premier mec est un vieillard !
- Oui. J'ai 109 ans. Précisa-t-il.
- Et tu n'as pas besoin de dormir dans un cercueil ? Parce que je suis plutôt claustro sur les bords.
- Ce sont des racontars. Les vampires ne dorment pas.
- Il y a d'autres choses qu'ils ne font pas ? Ne dis pas des mots commençant pas S.E.X.
- Ils ne vieillissent pas. Ils sont comme figés dans le temps.
- Ho, c'était à mon tour de faire grise mine. Je ne trouvais rien de mieux pour me rassurer que de retourner dans ses bras. Il me berça doucement. Qu'allons-nous faire alors ?
- Je ne sais pas.
- Quand je pense que mon plus gros souci était de savoir si tu allais m'inviter au bal de promo ou si tu allais me larguer dès que tu aurais obtenu mes faveurs ou si tu resterais aussi prévenant.
- Oui, non, oui.
- Pardon ?
- Oui, j'aimerais t'inviter au bal de fin d'année, non je ne te larguerai pas, jamais, surtout si tu m'accordes tes faveurs et oui, je serai attentionné jusqu'à ce que …
- Non ! Ne finis pas ta phrase. J'ai 17 ans. C'est beaucoup pour une pauvre adolescente américaine moyenne. Laisse-moi le temps.
Des coups se firent entendre à la porte.
- Oui, Rosalie ?
- Je peux faire visiter l'atelier à Bella ?
- Oui, j'arrive. Je fis un sourire que je voulais rassurant à Edward et me dirigeais vers la porte. Comment as-tu su pour Rosalie?
- Son odeur et ses pensées.
- OK, pratique vos dons quand même. J'ouvris le battant pour me trouver face à la plus belle fille de Forks. Je te suis.
- D'accord, viens c'est par là. Je te montre le chemin. Me sourit-elle en passant devant moi.
Moi qui pensait décompresser dans la chambre d'Edward. Où étaient le calme et la sérénité dont j'avais besoin ?
Un peu plus tard dans le garage de la résidence Cullen.
- Là, ce sont tous mes outils et là il y a un élévateur de voitures pour accéder plus facilement sous la carrosserie.
- Génial.
- Oui, je sais. Je suis très fière de cette pièce. C'est la seule dont je sois responsable à 100%.
- Et les autres pièces de la maison ?
- Esmée est décoratrice, elle a mis sa patte partout.
- Votre maison est vraiment superbe. Admis-je admirative.
- Oui, malheureusement, nous sommes toujours obligés d'en changer. Soupira-t-elle.
- Pourquoi donc ? M'étonnais-je.
- Nous ne changeons pas, les humains risqueraient de le remarquer. C'est une mesure de précaution.
- Ha oui. Excuse cette question ridicule. J'ai du mal à intégrer tout. Edward vient juste de me mettre au courant. D'ailleurs, tu as dû l'entendre avec tes super-sens ?
- Oui, parce que mon attention était tournée vers la chambre vers laquelle je me dirigeais, mais ne t'en fais pas, nous essayons de tourner nos pensées ailleurs pour ne pas nous espionner les uns les autres, sinon la vie serait insupportable. Ici, j'ai de la chance car du garage personne ne peut entendre les sons, même Edward ne perçoit pas les pensées.
- C'est bien pratique, effectivement pour avoir une vie privée. C'est vrai aussi qu'il n'entend pas mes pensées ?
- C'est ce qu'il nous a dit et Edward n'est pas un menteur, c'est même tout le contraire. Il est limite naïf.
- Tu me rassures parce que j'ai eu à son endroit des pensées peu catholiques. J'en rougis à cette évocation, que d'images censurées m'avaient traversé l'esprit !
- Bella, je pensais que tu n'étais pas aussi dévergondée. Rigola-t-elle. Petite coquine !
- Je ne suis qu'une fille ordinaire qui a eu la chance de retenir l'attention d'un garçon hors norme. Me justifiais-je.
- Si tu es silencieuse pour Edward, alors, toi aussi tu es hors norme. Ne l'oublie pas. Tenta-t-elle de me rassurer.
- Ouais, si tu le dis. Je ne comprends pas un point aussi. Il m'a dit qu'il était vampire. Mais les vampires boivent du sang, non ?
- Oui, nous ne sommes pas comme la plupart de nos congénères. Nous buvons le sang d'animaux.
- Ah, vous n'êtes pas les seuls ?
- Rassure-toi, il n'y en a pas d'autres dans les environs. Nous le saurions grâce à Alice. La majorité des vampires ne suit pas le même régime que nous. Nous nous considérons comme des végétariens.
- Entendu.
- Tu n'as pas d'autres questions ?
- Euh…non, je me balançais sur mes jambes de plus en plus mal à l'aise.
- Tu n'as pas de questions de fille à fille ?
- Euh, si. Edward a déjà eu une autre petite copine ?
- Pas que je sache et j'ai rejoint la famille seulement quelques années après.
- Rien depuis presque un siècle ?
- Tu comprends notre enthousiasme à ton égard.
J'étais atterrée, pourquoi moi ?
- Et il a…enfin tu vois.
- Pas que je sache, mais je soupçonne qu'avec ses livres et ses études préparatoires en médecine, il a toutes les connaissances théoriques.
- Ah.
- C'est surprenant, hein ? S'il ne m'avait pas rejeté, je crois bien que j'en aurais fait mon quatre heures. Me dit-elle en me donnant un coup de coude complice.
- Il t'a rejeté ? Il a quoi dans les yeux ?
- Eh oui. Les Barbies blondes décérébrées ne font pas rêver tous les mâles. La preuve. D'ailleurs, même si elle est énervante, tu ferais bien de donner sa chance à Miss Irma. Elle est vraiment douée en stylisme. Sache que tu n'en as pas besoin pour Edward. Le pauvre est prêt à baiser la terre que tu foules. C'est pour toi que cela fera le plus grand bien.
Après tout pourquoi pas ? Il y avait bien un bâillon qui traînait dans cette maison.
