Chapitre corrigé
Chapitre 36 : Meredith et la rébellion.
En début d'après-midi, Meredith et sa fille s'installèrent à la table du salon. Autour d'elle étaient empilé plusieurs livres sur la généalogie des sorciers. Au milieu de la table, la fameuse liste.
– Pas Lestrange ! dit brusquement Molly.
– Il ne te plaît pas ?demanda Meredith.
– Sûrement pas.
– Son père aurait pu devenir mon époux à une certaine époque, confia Meredith. Il était vers le haut de ma liste à moi.
– Tes parents ont essayé de te marier de la même manière ?demanda Molly.
– Non, ils n'avaient pas de nom précis et ils voulaient bien prendre mon avis en compte... et puis je me suis rendu compte que j'étais enceinte.
Elle ne dit rien de plus, malgré le regard insistant de sa fille.
– Crabbe, il ne te plaît pas ?enchaîna Meredith.
– Je ne sais pas qui c'est, confia Molly.
– Tu ne sais pas ? dit Meredith étonnée. C'est vrai qu'à ton époque, j'allais à des soirées mondaines qui me permettait de rencontrer toutes les personnes qui compte dans notre société.
– MacMillan... connaît pas non plus, continua Molly penchée sur la liste. Flint non plus.
– Nous allons organiser des thés pour que tu puisses rencontrer ces personnes, dit Meredith. Ou du moins certains d'entre eux.
Le lendemain Madame Crabbe et son fils vinrent prendre le thé chez Meredith. Dès qu'ils furent partit, Molly confia à sa mère l'irrésistible envie de vomir qui l'avait envahie depuis qu'elle avait vu Mr Crabbe.
– Alors passons au suivant, dit Meredith.
Le lendemain, elle invitèrent un nouveau sang-pur, et un autre le jour d'après puis le suivant. Rapidement la fin des vacances arrivèrent pour Molly.
– Je vais essayer de gagner du temps, dit Meredith à sa fille. Nous pourrons reprendre nos petits stratagèmes.
– Je ne veux pas épouser ce Malefoy, dit Molly les larmes aux yeux.
– Tu ne l'épouseras pas, assura Ignatus. Ne t'inquiète pas.
Après un dernier regard, Molly traversa la cheminée.
– Si tu ne cherches pas plus de solution que ça, elle finira par l'épouser, dit Meredith furieuse.
– J'ai contacté Kerian, dévoila Ignatus. Il dit qu'il serait ravi d'héberger Molly tant qu'elle le voudra. Dès qu'elle reviendra de l'école en juin, je la conduirais chez lui. Et ensuite nous devrons nous tenir éloignés d'elle un moment. Le temps que ta famille l'oublie un peu.
– Tu vas m'enlever ma fille, s'écria Meredith.
– Tu préfères que tes parents s'en chargent ! s'écria Ignatus. Au moins une fois en Nouvelle-Zélande elle pourrait faire ce qu'elle veut.
– Mais elle sera loin de sa famille, riposta Meredith.
– S'il le faut...
Meredith tourna le dos à son mari et sortit de la maison. Elle se posa dans un pub moldu et bu la première boisson qu'on lui servait. Lorsqu'il fut temps de payer, Meredith sortit sa baguette. Elle rentra bien après l'heure du dîner. Pinguy accouru dès qu'elle passa le pas de la porte.
– Madame, nous nous inquiétions, dit-il. Voulez-vous dîner ?
– Non merci Pinguy, je vais me coucher.
Meredith monta dans sa chambre, le lit était vide. Ignatus était retourné dans la chambre de Gideon. Pinguy avait beau dire « nous nous inquiétions », Ignatus n'apparut pas de la soirée.
Le lendemain, à la table du petit-déjeuner, Meredith et Ignatus ne se regardèrent pas. Ils mangèrent en silence.
– Madame ? demanda Pinguy.
– Oui.
– Il faut que vous veniez, dit l'elfe d'une drôle de voix.
– Que se passe-t-il ?
– Je ne sais pas trop, ou plutôt... essaya l'elfe.
Meredith se leva de son siège attendant que Pinguy lui montre le chemin. Il la conduisit dans une petite pièce qui faisait office de débarra et de volière pour les chouettes de Meredith et de Molly. Pinguy ouvrit la porte. Sur le sol gisait Marquise de Polichinelle. Meredith se précipita, mais l'animal était bien mort.
– Je l'ai trouvé comme ça lorsque je suis venu remplir sa soucoupe d'eau ce matin, expliqua Pinguy.
Meredith prit sa chouette entre ses mains. Marquise de Polichinelle avait été son alliée depuis le début et l'était restée jusqu'à son dernier souffle. Une larme glissa sur la joue de Meredith.
– C'était une vieille chouette madame, dit Pinguy hésitant.
– Oui c'est vrai, dit Meredith. Elle était souffrante depuis quelques temps, j'aurais du m'y attendre. C'est un miracle qu'elle ai pu voler encore cette semaine.
– Je m'occuperais du corps si vous le souhaitez, dit Pinguy.
– Oui, enterre-la sous le marronnier, elle aimait bien s'y poser. Et puis c'est le plus bel arbre du jardin.
Elle reposa le corps de l'animal sur le sol, puis recula pour voir une dernière fois son amie la plus fidèle. Elle s'arrêta de reculer lorsqu'elle sentit la présence de Ignatus derrière elle.
– Je suis désolé, dit-il d'une voix cassée.
Meredith serra des dents pour ne pas pleurer encore plus, elle bifurqua de coté et s'éloigna de son époux. Elle redescendit à table, mais ne put manger.
Quelques minutes plus tard, Meredith regardait Pinguy en train de creuser un trou sous le marronnier.
Durant les mois qui suivirent, Meredith passa le plus clair de son temps à revoir sa liste, elle écrivait tous les jours à Molly pour lui tenir compte de ses avancés. À présent Meredith utilisait la chouette de Molly pour communiquer avec sa fille. Molly l'avait appelé « Miss Léopoldine ». Puis Meredith commença à aller voir sa mère de plus en plus régulièrement. Elle voulait la convaincre de laisser le temps à Molly de souffler après l'école pour officier la futur union. Mais Marine Moon ne semblait pas apprécier cette idée.
– C'est inutile, elle s'y fera très bien. Et puis, elle restera fiancée durant de longs mois de toute façon. Je pourrais en profiter pour refaire son éducation de femme. Tu sembles l'avoir complètement négligée sur les devoirs d'une femme et mère idéale.
– C'est possible, admit Meredith lasse.
Ignatus et Meredith ne se parlaient toujours pas. Ou seulement lorsque c'était nécessaire.
– Molly nous a écrit, dit Ignatus.
– Que dit-elle ? demanda Meredith tout en se jetant sur la lettre.
– Elle a trouvé une solution seule. Elle est fiancée.
Meredith se figea une seconde, elle regarda Ignatus. Il semblait avoir une petite lueur de bonheur dans ses yeux. Meredith prit la lettre et la lu pour avoir confirmation de ses espérances. Le futur époux de Molly s'appelait Arthur Weasley. C'était un ami de Molly depuis déjà longtemps, il était sang-pur. Mais sa famille avait de drôle de fréquentations qui pourrait ne pas convenir aux Moon.
Ce fut la grande angoisse de Meredith lorsque la veille de l'arrivée du Poudlard express à Londres, elle rendit visite à Marine et Augustin Moon, Ignatus l'accompagna mais assura qu'il resterait silencieux. Les parents de Meredith les accueillirent avec froideur, Poudlard avait laissé échapper des rumeurs.
– Pourquoi ne pas nous avoir dit plus tôt que Molly avait trouvé un fiancé, dit Marine. Elle s'affiche avec lui depuis des semaines !
La réponse était que Meredith était terrifié par la réaction que pourrait avoir ses parents. Ainsi elle s'était tut, repoussant jusqu'au dernier instant les révélations qu'elle devrait faire.
– À un moment nous avons eu une angoisse, dit Augustin.
Il parlait calmement et scrutait le visage de sa fille. Jetant par moment des petits coups d'oeil à son gendre.
– Au départ le nom qui circulait sur le petit-ami de Molly n'était pas Arthur Weasley, dit-il.
Il fit une pause, plissant les yeux comme pour décrypter les expressions de sa fille. En l'occurrence, Meredith ne voyait absolument pas de quoi il voulait parler.
– Le nom que nous avions entendu était celui de Calvin Melfi, dit-il.
– Il est dans la classe de Molly, il me semble, dit Meredith. Molly n'en parle pas beaucoup.
– C'est un sang-de-bourbe.
– Oui je crois, dit Meredith tout en sachant pertinemment que son père ne lui posait pas de question.
– Ce devait être une erreur, dit Marine. Dès le lendemain on nous a parlé de Weasley.
– J'imagine, répondit Meredith.
Elle se tut, attendant que ses parents reprennent la parole. Elle sentait la respiration de son époux derrière elle. Elle savait que si Ignatus la soutenait dans l'échange qui allait suivre, ses parents n'en seraient que plus furieux et moins arrangeant.
– Ce Weasley... reprit Augustin. Il ne me semble pas très digne d'une Moon. Même s'il est sang-pur. Il serait très assidu des cours de « étude de moldu ».
– Il est encore jeune, tenta Meredith. Avec les années, il peut parfaitement devenir un digne membre de notre famille.
– Encore faudrait-il que nous donnions notre accord, dit Marine.
Meredith fut parcourut d'un frisson.
– Moi et Ignatus donneront sûrement le notre, dit Meredith. Ce sera suffisant pour que Molly se marie avec Arthur Weasley.
– Ah oui ? s'écria Marine stupéfaite.
Elle regarda Augustin puis revint vers Meredith le regard hargneux.
– Ta fille n'épouseras qu'un homme de son rang, dit-elle férocement.
– Arthur Weasley me semble être un homme de son rang, répondit Meredith d'une voix calme et posée. Nous verrons lorsque Molly nous le présentera à nouveau.
– C'est toi qui a lui as mis cette idée dans la tête, demanda Augustin à Ignatus.
– Meredith prend ses propres décisions, répondit Ignatus. Le fait que nous avons la même opinion sur le sujet n'y est pour rien.
– Molly épousera Malefoy, s'écria Marine.
– Non, dit Meredith.
Marine se figea avec horreur.
– Nous allons rentrer chez nous à présent, dit Meredith.
Elle bifurqua suivit de près par Ignatus. Elle ouvrit la porte, Ignatus la referma, ils échangèrent un regard et transplanèrent. Ils atterrirent dans le salon.
– Merci, dit Ignatus.
– Ce n'est pas pour toi, mais pour Molly que j'ai fait ça, dit Meredith.
Il se pencha vers sa femme et l'embrassa pour la première fois depuis de longs mois. Le soir, il revint se coucher dans le lit conjugal, mais Meredith l'ignora. Elle ne lui pardonnerait pas de sitôt ce qu'il lui avait fait subir. Mais avec le temps... et puis le temps passait très vite avec Meredith.
Le lendemain Ignatus et Meredith se rendirent dans la gare de Londres pour accueillir Molly. Lorsque le train entra en gare, Meredith jeta des regards frénétiques sur les wagons pour trouver sa fille. Molly descendit bientôt entourée d'un groupe d'amis. Parmi eux, Meredith vit un jeune homme roux, elle devina aussitôt qu'il s'agissait d'Arthur Weasley. Molly le lui avait présenté après sa première année à Poudlard. En effet, dès qu'elle aperçut ses parents, Molly salua ses amis, agrippa le bras du jeune homme et avança vers ses parents.
– Mère, père, dit Molly. Je vous présente, à nouveau, Arthur Weasley.
Meredith lui adressa un grand sourire et tendit une main qu'Arthur serra.
– Je suis très heureuse de te revoir, dit-elle.
– Moi aussi madame, répondit Arthur gêné.
– Le voyage n'était pas trop fatiguant ?demanda poliment Ignatus.
– Non ça allait, répondit Arthur.
Deux personnes qui devaient être les parents d'Arthur approchèrent. Arthur serra ses parents dans ses bras. Meredith se sentit irrité par cette exhibition d'affection. Cependant elle n'en montra rien, sourit, et salua les parents d'Arthur. Meredith les trouvait horriblement banal, et pas très digne de leur rang.
– Tu crois que Arthur pourrait changer un peu ? demanda Meredith à sa fille un peu plus tard. Devenir un peu plus...
Elle s'arrêta, ne trouvant pas les mots qui convenaient.
– Non, répondit Molly. Je pense qu'il restera comme ça.
Meredith sentit un vent de panique monter un elle.
– Soit, dit-elle finalement. Je suppose qu'il fera un bon mari pour toi.
Molly sourit à sa mère.
– Je le pense aussi, dit-elle.
Ignatus assistait en retrait à cette scène. Il regardait Meredith avec affection. Leur réconciliation était en marche, mais prendrait du temps.
