Je restai bouche bée en imaginant ce que donnerait un Randy comme celui-ci le lendemain. Oui, John Cena était de sortie.
Demain, demain joli cœur, tu seras sauté.


- … Jouer sur nos statuts de stars internationales auprès de vous. Les conditions ne nous conviennent pas, mais nous comptons terminer ce reportage coûte que coûte. Le contact continuel et trop intime avec les fans joue sur notre métabolisme et…

- Pensez-vous qu'un général puisse être homosexuel et être tout de même un bon général ?

Je me figeai. Le général m'avait fait asseoir, mais la raideur froide de ma voix avait été palpable, signe que je me forçais. J'entrouvris les lèvres, fronçai les sourcils dans une moue d'incompréhension.

- Répondez… Invita-t-il doucement, et ses yeux semblèrent bien plus perspicaces que ce que j'avais pensé en entrant il y avait dix minutes.

Il m'avait coupé dans un long discours, un long discours pompeux et cassant, et j'avouais qu'être proche d'un homme aussi irrespectueux et sans-gêne que Randy m'avait aidé. Je veillai à ne pas laisser trop de silence pour éviter qu'il ne devine quoi que ce soit à propos de ma relation avec mon Golden Boy.

- Oui mon général. Bien entendu, mon général.

- Alors il serait légitime de penser qu'un chef, quel que soit son domaine, puisse aimer un homme et tout de même être un excellent chef ?

Cette fois la coïncidence était trop grosse. Un petit rire amical avait jaillit d'entre mes lèvres étirées en un sourire. Il faisait allusion à moi et la WWE. Mais il oubliait une dimension : ce n'était pas parce que j'avais peur de montrer mon attirance pour Randy, que je faisais cette requête sans dire mes intentions. C'était justement à cause de Randy. De sa… Enfin, je ne pouvais plus le laisser comme ça. L'épisode d'hier me montrait qu'il serait bientôt à enfermer si je ne le baisais pas profondément. Le regard du général semblait avoir suivi mes pensées, son visage posé contre ses mains jointes sur son bureau. Il sembla comprendre le dilemme. Les mains s'aplanirent sur ledit bureau, et il me sembla que l'entretien deviendrait moins formel.

- Je comprends. Vous le protégez.

Qui avait dit que l'armée était pour les débiles ? … Ceux qui avait dit que j'y étais ? Je restai silencieux. Au péril de ma vie, je le protègerais. Le général reprit, balayant quelque chose machinalement de ses doigts :

- Vous avez de la chance de tomber sur moi, vraiment beaucoup de chance, je peux vous assurer que les généraux homosexuels ne courent pas les bases.

Il sembla résonner dans ma tête comme une musique de rebondissement inespéré. « Tatatata ! » Inhalations surprises du public en suppléments. « Haaan ! Homosexuel ? » Puis il se releva. Je l'imitai, les bras plaqués le long du corps.

- Que ce qui a été dit lors de cet entretien reste entre nous. Officiellement ce sera pour les raisons que vous me citiez tout à l'heure, pas pour prévenir une catastrophe médiatique. Voici les clés.

Un instant je me demandai s'il en avait le double. Frissonnai mentalement. Brrr… Ce serait glauque. Lundi midi, treize heures. Vivement le soir.

Toute l'après-midi fut occupée à l'entraînement. J'étais en plein parcours d'obstacle, rampant dans la terre. Et mes lèvres étaient toujours étirées en un demi-sourire, malgré la chaleur, la poussière, malgré le fait que j'étais désespérément coincé entre deux rondins de bois à cause de mon postérieur qui ne respectait définitivement aucun standard, malgré Randy qui me collait précautionneusement pour deviner ce qu'il se passait. « Qu'est-ce qui te prends ? » demandait-il. Je devinais la bestialité contrôlée de ses yeux. Il semblait avoir pris conscience que la veille il avait été ridicule. Adorable, bandant. Ma promesse semblait l'avoir un peu calmé… mais l'image de cette nuit me resterait à vie en tête. Je pouffai. Trop chou, bébé. Je l'ignorai, et, vexé que je ne réponde pas et qu'en plus je lui pouffe au visage au souvenir honteux, il contracta la mâchoire, lèvre supérieure agitée de tics enragés, impuissants. Il devait vraiment regretter son ancien contrôle de la situation. Me voir diriger devait déshériter sa splendeur, sa fierté.

Tu es mien Randy. Ce que tu m'as montré hier, oh je ne l'oublierai pas. Tu es à moi, tu es à moi dans le désir, et ce soir tu comprendras à quel point.

- Je croyais, commença-t-il bien plus tard, cassant, que la salle du caméraman était du côté ouest.

Je souris dans la pénombre de ce passage obscur et serré où il s'était enfoncé en premier. Jeu de mot parfait pour l'occasion. Il était impossible de distinguer quoi que ce soit, ce qui rendait la scène encore plus insupportable. Le couloir était vraiment, vraiment étroit, si bien que j'étais presque collé derrière Randy. Je le sentais se raidir lorsque je m'approchais trop. Ça m'excitait. Mon bel homme prude… Tu ne vas pas le rester longtemps. Je me collai davantage à lui, mon torse épousant la forme de son dos en uniforme… Mes lèvres s'approchèrent de son oreille, soufflant chaudement derrière :

- Je t'assure que je te conduis… où je veux t'emmener…

Il remarqua combien je devenais émoustillé au fur et à mesure de la progression. Je souris derrière son oreille, puis, anticipant une autre phrase nerveuse, en léchai lentement le lobe de toute la langueur de ma langue. Je devinai au cambrement de son dos qu'il avait fermé les yeux. Il pinça les lèvres. Frustré. Retenant un gémissement. Sur les nerfs, lança :

- Si tu continues, je ne réponds plus de moi John.

Et persista d'avancer tout droit, mais lentement, comme à tâtons. Il croyait que nous allions voir le caméraman. Sourire attendri dans l'obscurité. La chambre était au tournant. C'était le soir, la nuit, pas de couvre-feu avant une heure… Je m'évertuais à réveiller tous ses sens, faire monter la température avant le grand final… Mais il devait sûrement voir ça comme une torture. Autant dire que je m'amusais beaucoup, lueur bestiale dans les doigts. Quand il dépassa une porte, je l'amenai fermement à moi d'une main. Plaquée contre son entrejambe. Il faillit bondir lorsque je resserrai ma prise en souriant, mais il retint un cri de justesse. Innocent, je glissai mon menton contre son épaule large et musclée, chuchotai :

- Désolé, je croyais que c'était là…

Un autre sourire avant que mon bas-ventre ne proteste d'impatience. Randy lui était raide, tendu. Dans tous les sens du terme, ma main me le confirmait. Il expirait de plus en plus fort, les paupières closes, agitées. Concentré. Je maintins la prise sensible, et ne pus empêcher mes lèvres de glisser le long de son uniforme, en traçant le col. Puis ma main libre l'écarta avec soin, et ma bouche se glissa dans le cou chaud et avide de Randy. C'était limite s'il ne se laissait pas faire… Mmmmh trop bon, cette façon dont tu perds dans ce combat du désir et de la raison… Mes lèvres dévorèrent sa peau miel de baisers, puis ralentirent, rêvés, tentateurs lorsque Randy poussa un premier halètement nerveux. En l'embrassant, j'appuyai la prise de ma main sur ses parties enflées. Il gémit dans un son outragé et haineux. Sa voix emplie de sensualité incontrôlée grinça, irascible :

- Arrête. On va encore être dans un… état… douteux… en… arrivant.

Il voulut continuer à marcher, mais je repris mes caresses du bout des lèvres, plus autoritaire. Randy m'attrapa la cuisse pour se contrôler, râla de désir. Je dus me faire violence pour ne pas me vendre en lançant un ordre, mais le stoppai, incapable maintenant de m'arrêter. L'envie de baise grimpait en moi à une vitesse effarante. Haletant, mes baisers glissèrent dans le creux de son cou, puis près de l'épaule à moitié dévêtue. Son épaule virile et émouvante. Tapissé d'arômes fruits des bois… La démence érotique gagna mes poumons. Randy resserra sa prise sur ma cuisse. Plus que quelques minutes… Tension sexuelle.

- Contrôle-toi… Ordonna-t-il entre ses dents. Bon sang John… con…trôle…toi… Je ne peux…

Je mordis son cou. Un vigoureux gémissement franchit sa bouche ignorée. Mon membre se raidit. Ça y était, je n'en pouvais plus, je n'en pouvais plus… Mes mains se firent avides, mon souffle court. J'inspirai son odeur démente au rythme de mes inhalations. Touchai les muscles développés, bandants. Bébé je te veux tout de… Randy, que j'avais poussé en avant, se sépara de moi d'un geste désinvolte. Se retourna à moitié à l'angle pour me lancer un supérieur, mais perdant, perdant regard meurtrier. Il était maintenant insupportable à mon corps de ne pas le toucher.

Avant qu'il n'ait pu me lancer un reproche qu'il ne pensait pas, je m'approchai de lui. M'arrêtai lorsque je tournai la tête à gauche.

L'impasse. La porte. La chambre.

Randy s'y dirigea. Complètement dingue d'envie, je l'attrapai pour le plaquer contre la porte. Il cria de surprise. J'immobilisai ses mains dans son dos. Il tenta de bouger. Haleta de me savoir si proche. Deux catcheurs militaires, encastrés contre une porte… Un dernier sourire m'anima, tandis que je descendais vers le cou de Randy où courait une veine folle. Je m'approchai de son visage, vit ses dents grigner de douleur. Souffrance du sexe. Je saisis la poignée de la porte, accaparai en les mordant ses lèvres au supplice.

- Tu en voulais… Susurrai-je.

Maintenant.

La porte s'ouvrit brusquement et je lançai Randy à l'intérieur. La refermai à clé et allumai la lumière à la va-vite, me retournai pour voir Randy atterrir à plat ventre sur le lit.

- Tu vas en avoir.

Je réduisis en une seconde la distance me séparant de l'extase. Empoignai la croupe merveilleuse de deux mains rudes. Randy n'eut pas le temps de s'appuyer sur ses mains que je baissai son pantalon d'uniforme, le mien, nos boxers bien trop serrés. Et le pénétrai brutalement. Randy hurla de douleur. Un flash aveuglant m'explosa en pleine figure. Que c'était bon ! Je commençai aussitôt des va-et-vient qui m'électrocutèrent entièrement, brulèrent mon membre gorgé de sang et ma gorge qui râlait déjà de brûlure.

- Bâtard ! Grogna-t-il entre ses dents. J'…avais… du… lubrifiant…

Il ne put continuer car les mots intenables de sa voix sensuelle m'avait fait accélérer, et il se cambra contre le matelas, gémissant. Il tenta de l'empoigner lorsque je lui donnai de vigoureux coups de hanches, mais son corps tressauta entre mes doigts. J'accélérai encore, perforé d'un désir fou qui se frottait avec ardeur en Randy. Merde, merde… Les sons qu'il produisait m'atteignait sous la peau, remplaçaient mon sang, mon être, me transportaient. Je contractai la mâchoire et fit des va-et-vient brutaux, sauvage. Randy cria de nouveau. Profond râle d'envie. Je continuai, plus fort, plus vite. Ma frustration augmentait de plus en plus, insatisfaite. Je le voulais entier. Dans ce lit, hurlant, suppliant, hurlant à la mort mon nom. Qu'il admette ! Mon regard devint féroce, rouge Randy, bleu Randy, acier Randy. Lorsqu'il tenta brutalement de se relever, se cambrant, je plaquai ma main sur son dos, appuyai. Le chevauchai sans ménagement. Il jura de honte. Dissimula son visage contre le matelas. Ses halètements se multiplièrent, et malgré tous ses efforts, il ne parvint pas à retenir ses cris d'extase. Ils émanaient de mes lèvres, de son corps qui se faisait prendre avec passion. Randy, Randy… Son corps était irrésistible. J'empoignai fermement l'uniforme, le plaquai plus fort contre le lit, augmentai la cadence agressive. Encore, encore… Plus vite en toi… Réclame ! Réclame ! Je veux tout te donner ! A cet instant, il gémit, intense. Je l'imitai sous le plaisir. Il bafouilla contre le matelas, étouffant le son qu'il s'interdisait.

Frustré, je ralentis pour l'empaler furieusement contre moi, serrant ses reins. Un hurlement. Deux. Trois. Il releva la tête en arrière, gémit. Quémanda en silence. Se cambra. Je perdis les pédales, accélérai dans des halètements frénétiques. Laissai couler la sueur le long de ma tempe, goutte qui glissa dans mon cou, sous mon uniforme militaire, sur mes pecs… Je me léchai la langue. Randy n'y tint plus, et s'écria :

- Encore !

Je fermai les yeux sous le plaisir, m'exécutai tandis que l'homme sous moi se maudissait, continua ses suppliques. « Encore, encore ! » « Plus vite ! » Ma bouche s'entrouvrit sous l'extase, et je plantai solidement mes cuisses sur le matelas pour baiser bestialement Randy, la taille dans les mains. Bientôt la sienne tenta d'agripper ma hanche, et son corps sursauta dans un mouvement obscène. A genoux, les épaules rivées au sol. Randy Orton, hurlant de plaisir. Ses cuisses à moitié dévêtues, obscènes. Mon bas ventre ardent me faisait souffrir le martyre, et c'est avec une ardeur plus forte encore que l'homme sous moi encaissait son délice. Mon prénom jaillit d'entre les lèvres mouillées de phéromones, pur, profond. Mes mains tremblèrent. Il rugit plus fort, d'un coup, lorsque la souffrance et le plaisir fusionnèrent :

- John ! John ! John, John, JOHN !

Sa nuque se contracta, et je vis ses muscles dorsaux suivre le mouvement à travers l'uniforme. Je bandai plus fort, faisant gémir Randy, qui se cambra, m'attrapa, dingue. Je lui donnais tout. Le vêtement me mettait en sueur, une sale sueur délicieuse contre notre parcelle de peau unie, l'eau dégoulinant de nos corps exaltés. Les cris continuaient, insensés. Je fermai les yeux étroitement, au bord de l'orgasme.

- Randy ! Appelai-je, perdu de plaisir.

Il jura, et, adorant la souillure, m'offrit ses reins avides une dernière fois. Je criai d'un délice infini et m'enfonçai plus loin en lui, effréné. Je laissai ses doigts sexuels s'accrocher aux draps. Son corps était de plus en plus chaud, étroit… facile. Emporté, je lui assenai des coups animaux, au-dessus de lui, haletant furieusement. Imposant le plaisir violent. Lorsque Randy contracta tous ses muscles, comprimant mon membre durci, je jouis dans un éclatement de plaisir brut. Je continuai, bougeant grâce à l'extase. Satisfaire ce gouffre d'envie en lui. La grande main serra mon pantalon, puis m'attira brusquement à elle lorsque le corps se cambra. « Han ! »

Je m'écroulai enfin dans un râle à son hurlement de délivrance. Mon corps effondré sur le sien en eau. Pantelants. Haletants. Epuisés. Souriant. Je mis une bonne minute pour reprendre mes esprits. La cage thoracique de Randy montait et descendait dans un rythme inégal, précipité. Tellement rassurant. Je respirai sur sa nuque trempée et tendue l'habituelle odeur de mâle qu'il dégageait après le sexe, m'en repaissant, me souvenant. Nous haletâmes encore. L'orgasme filait à toute allure dans mon corps, resta sur mon visage ravi lorsque je roulai sur le côté. Randy tenta d'en faire de même, mais un cri de douleur le fit ralentir. Grimace délicieuse sur le visage. Il aurait probablement mal pendant deux jours avec ce que je venais de lui mettre !

Je le regardai, grand sourire aux lèvres, moiteur sur les paupières. Ah, une bonne vieille baise… J'aperçus le visage en extase de Randy, demi-sourire aux anges. Mon estomac se renversa. Il avait fermé les yeux, transporté. Pendant quelques minutes, aucune ride de haine ne gâcherait la magnificence de son visage. Je déglutis difficilement, hors d'haleine. M'approchai de lui, me postai au-dessus de son visage à l'aide de deux mains encadrant le sien. Il semblait satisfait. Mais le voir comme ça… Raffoler de sexe… Je me sentais déjà d'attaque.

- Alors… C'était…bien ? Demandai-je, inquiet.

Il s'empressa de hocher la tête, et je souris. Ses yeux bleu-érotique s'ouvrirent lentement sur mon visage pour se refermer aussitôt, comme brûlés. Sa bouche étirée soulevait une pommette rosie d'essoufflement. Tout son visage détendu hurlait le bonheur, vociférai contre mon cœur. Il haleta, soupirant presque :

- Lai…Laisse-moi redescendre… Tu m'as… envoyé au… septième… ciel…

Il garda les yeux clos, me laissant apercevoir le demi-sourire rêveur qui carbonisa mes phéromones. Mes yeux brillèrent de fierté. Il était trop beau. La masculine figure virile, le corps en sueur… trop habillé d'ailleurs… Il avait remis son bas d'uniforme entre temps. Nos respirations se calmèrent, mais le rouge de mes joues resta encore longtemps après, accompagné d'un sourire radieux. Je basculai sur un coude lorsque Randy commença à reprendre conscience, me poignardant de deux lacs embués de désir. Était-il redevenu Randy Orton ? J'avançais timidement une main qui se posa sur sa poitrine. Lorsqu'il ne bougea pas, je fis courir un doigt le long de l'uniforme, ne me départant pas de mon sourire. Je venais de me souvenir de quelque chose… Randy observa le manège, souleva un sourcil intéressé qui fit le va-et-vient entre mon doigt joueur et mon visage qui se rapprochait. Nos lèvres se touchaient presque lorsque je penchai la tête d'un air narquois et débauché. Un souffle rieur glissa. Le regard entre nous se prolongea, jusqu'à ce que je susurre, tout doux, hilare :

- Vous êtes sûr que ça ira ou vous voulez-vous que je vous embrasse pour que vous ayez un autre orgasme ?

La réaction fut immédiate : Randy plissa aussitôt le visage, vexé. Il contracta la mâchoire au souvenir méprisable du dortoir où il s'était joui dessus quand je l'avais embrassé. La honte embrasa entièrement son visage, et la réplique fusa :

- Ta gueule Cena.

J'éclatai de rire, me prit un coup de poing dans l'estomac que j'ignorai. Je n'en ris que plus fort. Son visage était tout rouge. Je t'aime ! Maintenant qu'il avait retrouvé ses esprits, lui rappeler cette scène… Ses yeux lancèrent des éclairs métalliques, assassins. Sa bouche était secouée de tics rageurs, mais il se taisait. Il se taisait. Une petite moue blessée se forma sur sa bouche, et en les fixant, je n'entendis pas le regard fasciné qui observa mon grand rire. Avant de ne me prendre un coup mal placé, je m'arrêtai dans un sourire affectueux, puis, épuisé, m'allongeai.

Je me perdis quelques minutes sur la belle voix d'homme qui chuchota des « Merci » et autres « C'était génial, vraiment. Mais ne crois pas que tu me baiseras à chaque fois. » … Ses babillages finirent par fondre sous le sommeil d'après-nique masculine. Randy clignait doucement des yeux aux derniers mots. Dans un ultime effort, il m'attrapa par le cou. Une légère pression me fit comprendre qu'il voulait m'attirer à lui, et je m'exécutai avec joie, nichant mon menton dans son cou. Une chaleur de miel envahit ma poitrine gonflée de contentement. Il s'évanouit sous un baiser.


J'avais décidé d'accorder à John une nuit. Goûter au bonheur d'une unique, nuit. Le lendemain je m'éveillai complètement nu, et le corps blotti contre moi l'était également. Chaud… Fort… J'ouvris les yeux sous ma bêtise. Attrapai mon portable non loin de mon oreiller. Bientôt cinq heures. Soupir. Je n'avais dormi que quelques heures, mais j'étais… totalement reposé. Pourquoi ? Depuis des jours, je n'avais pas dormi à cause du manque et là… John poussa un ronflement entrecoupé d'un sourire.

Sam. Dans la pénombre, mes yeux s'écarquillèrent. Ma femme. Je semblai m'éveiller d'un long coma. Je reprenais enfin mes esprits. Grâce à John. Je dormais avec Cena. Alors que… Mais je n'avais pas eu le choix. Il avait fallu que je le remercie. Je n'avais pas eu le choix. Que je dorme avec lui, une nuit. Quelque chose fit se contracter ma main autour de la hanche puissante reposant contre la mienne. Ne la lâchant pas. Une seule nuit.

J'avais cru en effet que John allait devoir rendre les clés dès le matin, mais une conversation avait suivie. Rendre les clés était la meilleure des solutions. La pire, chuchota une voix… Lorsqu'il s'était réveillé, ses bras puissants m'avaient serré. Je m'étais laissé faire quelques secondes, troublé, reconnaissant depuis la veille. Un soupir apaisé avait suivi. J'avais repris conscience. John dut le sentir, car les bras furent moins forts ; son corps, discret. Il ne me laissa pas reculer. De très longues minutes passèrent ainsi dans le silence, chacun les yeux ouverts de son côté. Je me haïssais. Adultère. Chaque jour. Pire… Depuis une semaine. Je n'avais plus pensé une seule fois, plus une seule fois à -

- La chambre…

La voix éraillée de John me coupa dans mes pensées. Elle était faible, était-ce seulement dû à l'heure matinale ? Il continua :

- … On pourrait peut-être la garder, tu sais… jusqu'à ce qu'on parte.

Je clignai des yeux, puis, me reculant assez pour lui faire face, fronçai les sourcils. Son visage était limpide, franc. Pourquoi ne cachait-il jamais ses sentiments ? Les sentiments… ceux… de ses yeux… « S'il te plaît » ; de sa bouche… « Mon cœur ».

De son corps… « Toutes les nuits ».

- D'accord.

Il hocha la tête, essayant de rester impassible, mais ses lèvres se pincèrent pour réprimer un sourire radieux, que ses yeux bleu tentèrent de cacher en se baissant.

Avais-je déjà vu John plus heureux que la matinée qui suivit ? Entre deux entraînements, il nous avait obtenu une demi-heure de repos. Nous étions de retour à la chambre. Je le regardai tandis que mes mains rangeaient distraitement des affaires. Il semblait revivre. Plusieurs fois j'avais ignoré superbement le sourire qu'il m'adressait. Ignoré le superbe sourire ? Nous avions ramené nos sacs contenant nos effets personnels. John se baladait dans la chambre, rangeant, l'organisant comme une nouvelle petite maison que nous aurions achetée. Il ne laissait rien au hasard, mettait sa brosse à dents à côté de la mienne, grand sourire enfantin, le cœur battant. Je ne le regardai pas la plupart du temps, il ne fallait pas. Il prit soin de chaque objet, réfléchissant quelques secondes, puis repartant en trouvant l'idée. Nous ne parlâmes pas beaucoup, il ne tenta même rien par rapport à moi. C'était donc ça son bonheur ? Pulvérisation d'un désir. Peu importe quel était son bonheur. Peu importerait en fin de compte.

Le silence s'était établi. Je relevai la tête. Mon cœur eut un raté. John était près de ma valise, et observait quelque chose qu'il tenait entre les mains. Son visage était figé dessus. Je tentai de contrôler ma respiration.

Un cadre de moi, Alanna et Samantha.

Un sourire doux se peignait sur son visage qu'il avait penché légèrement. Mon corps se refroidit. J'avais peur. Le sourire se força à s'agrandir, les yeux clignotèrent doucement. J'étais figé sur place, penché en position de défense.

- John… Appelai-je.

Sa main passa doucement sur le cadre, avec envie.

- John, rends-moi ça.

Prudent, je tendis une main, ne bougeai pas. Froide nervure. Il tenait un obus entre les mains. Ses yeux ne quittèrent pas la photo.

- Vous êtes bien… Dit-il avec un sourire fade. Elle a été prise au dernier Noël ?

Sa voix était étrange. Elle s'infiltra de force dans ma vie. Un instinct animal était sur la défensive, voulait protéger cette partie qui lui avait toujours été cachée.

- Oui. Rends-moi cette photo, John.

Voix hostile. Il s'ébroua tout à coup, et releva la tête vers moi en s'excusant, me tendant le cadre. Encore ce sourire pincé. Il resta immobile mais me suivit du regard lorsque je m'avançai vers ma table de chevet, dont le premier tiroir était ouvert. Je l'avais laissé ainsi, fatalement il l'avait vu. J'y remis rapidement la photo, fermai le tiroir. Lorsque je me relevai, j'aperçus la mine déconfite de John qui le regardait toujours. Il ne bougeait plus, les bras ballants, mais détourna la tête quand il se rendit compte que je l'avais surpris. Le silence s'étendit. C'était un sujet tabou pour nous deux, le sujet qui nous rongeait à petit feu, nous déchirait à sang…

- Tu as toujours cette photo prise au self ? Coupai-je brusquement.

John me regarda enfin, quelques secondes de cet air qui vous ferait lui décrocher la lune si vous étiez n'importe quelle femme au monde, puis dans un « Oui » intrigué mais revigoré, alla la chercher dans son sac. Revenu vers moi, il me la tendit. J'observai quelques secondes la grande main virile qui ébouriffa ma nuque, puis glissai jusqu'à la photo. De ma faiblesse, de mon erreur. Je la pris, la regardai intensément quelques secondes. Je m'en souvenais… Cela paraissait à mille innocences d'ici… le t-shirt blanc XXL « The Champ is here »… le… lendemain d'où je l'avais pris pour la première fois.

- Je peux la garder ? Demandai-je en relevant la tête vers lui.

Un sourire naquit dans ses yeux, les tiédissant. Le bleu humide brilla de nouveau, et il répondit, utilisant un geste de la main :

- Oui vas-y, mais fais-y bien attention, j'y tiens beaucoup.

Alors, sans un mot, je me tournai à gauche pour aller de nouveau à ma table de chevet. La rouvris. Quand un immense sourire éclata dans mon dos, je l'ignorai. Je tentai de me dire qu'il ne me faisait rien, exactement. Rien dans ces lèvres qui comprennent ton intention ne te donnent envie de toujours les satisfaire, Randy ?

Je plaçai la photo de mon sourire amusé embrassant la frimousse endormie de John Cena juste à côté de celle de ma famille, puis refermai le tiroir.


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