Yow!
Bon ça fait un petit temps dites-moi!
Tout d'abord je voudrais remercier les reviewers, c'était tellement drôle de lire vos impressions, surtout ce qui concernait la suite des évènements! On m'a signalé par ailleurs que l'écriture commençait à plus trop être bien, et ça me soulage qu'on me le dise directement, comme ça je peux essayer de rendre ma fic un peu meilleure.
Ca me fait énormément plaisir de savoir que cette histoire tient la route niveau persos et scénario, c'était vraiment ce que je voulais travailler en créant cette fic. Donc encore une fois, merci les gars!
Voici un chapitre spécial (un peu long pour un chapitre spécial), mais voilà, j'me suis un peu emporté on va dire... Bref, ce chapitre concerne Isis Bastet, une perso qu'on voit plus depuis un sacré bail mais qui va sans doute jouer un rôle crucial dans le reste de la fic. Si vous avez oublié qui c'était, vous pouvez toujours vous reporter au deuxième arc ( si vous en avez la détermination bien sûr). Je voulais créer un contrepoids à Camryn, quelqu'un qui soit complètement son opposé. Je crois même que je suis tombé dans la Mary-Sue en y repensant, mais l'avantage c'est qu'elle n'ai pas le premier rôle! :)
Je ne sais pas si je vais publier bientôt vu que je rentre en période d'exam intensifs donc on verra bien. Sinon tout est en place pour que le prochain arc commence!
Enjoy!
Chapitre Spécial: La petite démone d'Alabasta
Zénith.
Oui, c'est le mot… Zénith. Comment serait-il possible de décrire autrement ce pays ? La chaleur, le ciel se teintant de sang, le soleil aveuglant, le sable brûlant… Une atmosphère insupportable, chargée de tensions et de rires. Des rires ? Des rires inhumains, qui résonnaient à travers tout le désert. Les charognards commençaient à pointer le bout de leur museau, l'heure étant à la chasse. Ces rires ne couvraient pourtant pas les sanglots discrets d'un enfant. Les rayons de lumière filtraient à travers de frêles croix en bois plantées grossièrement dans le sable. Les ombres commençaient à se faire plus nettes sur le sable. Cela faisait maintenant des heures qu'ils étaient ici. A mesure que le soleil disparaissait, la brise commençait à se lever. Les yeux bleus glacés d'une fillette fixaient la boule de lumière qui se couchait dans l'horizon sablonneux. Ses yeux s'accordaient avec ses cheveux courts et ébouriffés d'un blond doré. Mais tout contrastait avec sa peau mate, rendue encore plus sombre avec le soleil. Elle se tenait là, vêtue de haillons, plantée sur ses deux pieds devant toutes ces croix, ces tombes si fragiles en apparence, mais si fortes en symbolisme. Elle était entourée d'autres enfants, eux aussi l'air misérable. Ils n'avaient pas l'air aussi fort qu'elle. Certains gémissaient, d'autres n'osaient pas pleurer, ayant trop peur de briser ce silence morbide. Tous se tenaient derrière la petite fille au regard perçant. Elle ne pleurait pas. Son regard devint encore plus froid à mesure que la température chutait, signalant la venue de la nuit. Cependant, une intense flamme semblait naître en elle. Ses poings se serrèrent, ses lèvres se pincèrent.
- Qu'est-ce… Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Hein, Isis ? Résonna une voix fluette, tremblante.
L'intéressée se retourna vivement vers le petit groupe.
- On va survivre…. On va survivre pour tous les tuer, déclara-t-elle.
Un frisson parcouru le corps d'un des enfants. Il avait très bien entendu. Ces propos étaient habités par une intense et monstrueuse haine.
La tâche ne partait décidément pas. Elle se gratta le derrière de la tête, embêtée… Pourtant elle avait appris au cours du temps à bien les enlever, elle avait même concocté des produits qui s'étaient toujours révélés efficaces ! Elle poussa un profond soupir. Décidément, il y avait toujours un problème. Pourtant, le temps leur était plutôt favorable, à elle et à son groupe. Elle était plutôt fière de leur parcours, ils avaient réussi à échapper à la Marine tant de fois… Non, en vérité elle était plutôt fière de son parcours à elle. Isis avait assemblé assez de force pour survivre dans le désert aride du pays d'Alabasta. Elle n'avait pas d'autre alternative que la pègre pour rester en vie, pensant que ce milieu l'aiderait à tuer les responsables de ce massacre. Une ride se forma au coin de ses lèvres. Elle ne voulait pas y penser. Cela faisait tant d'années, Isis était devenue jeune adulte, elle s'était établie un réseau propre et assez de notoriété pour inquiéter les autorités. Ses yeux se fermèrent doucement. Quelque chose la tourmentait, mais elle ne savait ce que c'était. Un sentiment d'impuissance l'habitait, ce qu'elle détestait plus que tout au monde. La faiblesse.
La porte d'entrée s'ouvrit brutalement.
- Patronne ! On l'a trouvé ! Hurla une voix.
Des rires gras suivirent cette exclamation. Isis prit un air blasé, jetant une dernière fois un œil à la tâche qui couvrait sa bague. Le sang coagulé partait difficilement…
Les compagnons d'Isis firent s'agenouiller un homme devant elle, complètement recouvert de blessures, le visage sanguinolent. Isis haussa les épaules, un sourire en coin se dessinant sur son visage. Ses hommes avaient commencé à s'amuser sans elle…
Isis attrapa une chaise et s'assit en face de son prisonnier, celui-ci soutenant courageusement son regard. La blonde toisa son uniforme blanc et bleu marine puis dévisagea l'individu. Il continuait de la défier du regard, malgré ses nombreuses blessures encore récentes et sa respiration saccadée.
- C'est peine perdue, tu le savais ? Finit par demander Isis.
L'homme acquiesça difficilement. Il ne semblait pas craindre ce qui allait lui arriver. La blonde soupira, presque déçue.
- Ah ! Voilà pourquoi j'aime pas les marines… Toujours à sortir des conneries au moment de mourir ! S'exclama-t-elle, lâchant un rire cynique au passage. Ya pas moyen de s'amuser !
Le soldat ne réagissait toujours pas. Isis se rapprocha de lui et planta son regard froid dans ses yeux boursouflés.
- Dis-moi juste un dernier truc. C'était quoi le délire de Tôshizo en t'envoyant m'espionner ? Sérieux, qu'est-ce qu'il est têtu…
- Vous… Ne comprenez donc… Pas ? Articula difficilement le marine.
Isis dressa l'oreille, pleinement attentive.
- Votre position est stratégique… Vous possédez des ressources importantes pour le pays et vous jouez avec ça… Vous n'aurez pas seulement la Marine sur le dos, croyez-moi.
- Donc Tôshizo espérait partager, c'est ça ? Pour le bien de la population, genre…. Du pays ?
Le soldat acquiesça une nouvelle fois. Isis se leva et s'approcha du bac d'eau qu'elle utilisait pour laver ses affaires. Elle saisit un verre qui traînait par là et le remplit à ras-bord. Ensuite elle se rassit devant le soldat.
- C'est bien l'eau que vous voulez en fait ? Demanda-t-elle une dernière fois en souriant.
Le soldat fronça les sourcils. Cette femme se jouait de lui, il n'y avait aucun doute. Cela faisait des jours qu'ils la poursuivaient, ils avaient enfin trouvé sa planque. Un vieux bidonville niché au milieu des étendues sablonneuses qui se trouvaient près de la mer. La mer. C'était elle qui pouvait assurer la fuite de la criminelle si jamais il y avait un problème quelconque…. Cette zone était contrôlée par Isis Bastet, une petite criminelle qui tenait tête au roi Nerfertari Cobra. Ce petit bout de terre était capital car un immense puit s'y trouvait. Or l'eau était la ressource la plus précieuse dans ce pays aussi aride, ce qui faisait la fortune de la blonde. Son or à elle était bleu. En parallèle elle lançait des assauts sur de riches marchands qui s'approchaient de trop près de son territoire, les dévalisant, les tuant, puis jetant leur dépouille à la mer, où les requins se faisaient une joie de terminer le travail. Ces actes cruels lui donnèrent une rapide notoriété, ce qui alarma le roi, mais aussi la marine. Isis n'avait à l'époque que 18 ans, ce qui faisait d'elle une rookie dans ce milieu. Elle comptait sur l'aide de ses hommes de main, qui partageaient la même aspiration qu'elle : la vengeance. Le gouvernement tentait de négocier avec eux, et il était hors de question qu'Isis accepte. Elle ne pouvait pas laisser tomber tout ce qu'elle avait accompli alors qu'elle commençait justement à se faire un nom. Dans un soupir, elle versa lentement tout le contenu de son verre sur la tête de son prisonnier. Ce dernier ferma lentement les yeux, l'eau lui procurant un certain soulagement dans cette cale sombre et étouffante.
- Dis à Tôshizo qu'il peut aller se faire voir, affirma-t-elle simplement. Marine ou pirates, je me fiche bien de tout ça. Un ennemi reste un ennemi.
Le marine écarquilla les yeux. Isis Bastet semblait le laisser partir… Etait-ce un piège ?
- Attendez…
Isis l'attrapa par le col brusquement. Le soldat étouffa un cri.
- Va le rejoindre. S'il pense qu'il peut avoir ce qu'il veut dans MON territoire, il se trompe royalement. Je ne tolèrerais aucun marchandage de votre part… Le menaça-t-elle, son regard perçant chargé de colère.
Le marine déglutit. Isis le lâcha et il s'effondra par terre, avant de s'enfuir laborieusement de la planque. Le soldat marchait tant bien que mal dans les méandres du bidonville. Le crépuscule était déjà là, laissant doucement place à la nuit. S'étant extirpé de cette montagne d'habitations bancales, il se précipitait vers l'horizon, butant dans chaque motte de sable. Enfin, il escalada une dune et se laissa tomber par terre, complètement abattu. Plusieurs autres hommes portant le même uniforme se précipitèrent vers lui, lui épongeant la figure ou lui vérifiant son pouls. Soudain, les soldats se figèrent, leur attention mobilisée vers un marine qui s'avançait. Il était plus grand que les autres, sa cape blanche d'officier était intacte malgré le sable et la poussière. Sa casquette était vissée sur sa tête, d'où quelques mèches bleu nuit s'échappaient. Ses yeux noirs se posèrent sur l'espion. Il s'agenouilla à côté de celui-ci et posa une main sur sa joue sanguinolente.
- Je suis désolé, lui dit-il.
L'espion tenta d'esquisser un sourire, mais il ne fit qu'étirer une grimace.
- Colonel Tôshizo… Je crois qu'il va difficilement s'en sortir, lui murmura un soldat, portant une blouse blanche.
Le colonel claqua sa langue. Cela se relevait plus compliqué que prévu… Il se redressa, le visage grave.
- Qu'on rappelle les autres espions. Dites-leur de se cacher et de ne pas tenter de sortir, ils nous feraient repérer ! Déclara Tôshizo.
Les soldats s'affairèrent après avoir exécuté un salut militaire. Tôshizo reporta son regard vers le sommet de la dune qui les cachait depuis maintenant quelques jours. Ils avaient appelé des renforts pour boucler le port et ainsi encercler ce bidonville. Normalement, il pouvait reprendre ce camp, mais quelque chose n'allait pas dans ce plan. Etrangement, la criminelle n'avait pas tué l'espion. C'était certainement pour le suivre. Ou alors, c'était peut-être une invitation à négocier… Ou peut-être qu'elle préférait lui laisser le soin de tuer son propre subordonné pour le punir de s'être fait découvert. Dans tous les cas, elle semblait se douter que la Marine tentait maintenant de la piéger. Il était également étrange que cette dernière n'ai pas exercé cette stratégie plus tôt… Puis un détail le frappa. Au même moment, on l'appela.
- Colonel ! Nous avons reçu le dernier rapport.
- Merci, répondit-il en arrachant des mains du marine la liasse de papiers qu'il lui tendait.
Il se mis à la feuilleter frénétiquement. Soudain, son cœur rata un battement. Sa crainte s'était confirmée. Ils ne pouvaient tout bonnement pas envahir cet endroit. Certes, il y avait des civils, mais cela n'était pas suffisant pour freiner le gouvernement. Non, la principale raison, c'était justement l'eau. Ce fameux puit se trouvait bien sûr sous terre, ils avaient d'ailleurs effectué plusieurs recherches. Le rapport venait de donner son emplacement : le puit se trouvait tout simplement sous le bidonville. Il leur était impossible d'attaquer, sans quoi ils endommageraient la réserve en plus de causer des pertes civiles. Tôshizo se frotta les yeux, mort de fatigue. Quelle emmerdeuse… Qui sait d'ailleurs si elle n'avait pas elle aussi mobilisé des renforts, se sachant observée.
Cette tactique semblait perdue d'avance, il fallait absolument l'attirer quelque part pour qu'elle bouge… Il attrapa son Den Den Mushi.
- Oui… Passez-moi le vice-amiral s'il-vous-plaît.
Un silence suivit. A mesure que le colonel patientait, la lune se dessinait haute dans le ciel, et un vent froid commençait à se lever, présageant une autre nuit glaciale dans le désert.
- Oui… Bonsoir, vice-amiral.
Tôshizo fit alors son rapport, d'une voix monotone. Cela faisait plusieurs semaines qu'il était venu en renfort à Alabasta, des rumeurs sur une possible crise politique circulant dans tout Grand Line. Le colonel était épuisé par cette situation qui ne semblait pas évoluer. Son supérieur le réprimanda plusieurs fois, l'interrompant dans son rapport. Lorsqu'il termina enfin son récit, tout devint silencieux au bout du fil. Tôshizo avait également fait part de son idée, histoire de ne pas décevoir davantage son chef.
- Repliez-vous, colonel. Nous avons pensé à cette stratégie de toute façon, je crois qu'il est temps de l'appliquer. Laissez-nous la suite et attendez notre arrivée.
- A vos ordres…
Il raccrocha. Le marine soupira. Il avait donc perdu un homme pour rien, mais la marine s'en foutait éperdument.
- Patronne, t'es sûre que c'est une bonne idée ?
- Ouais t'inquiète. On a prévenu tout le monde à la planque, normalement ils pourront tenir jusqu'à l'aube !
- Regarde, on arrive !
Isis fit signe au groupe de s'arrêter. Trois jours s'étaient écoulés depuis que cette information s'était relayée. Tôshizo avait lancé son fameux plan pour piéger Isis. Il s'agissait de l'attirer, la faire bouger de son territoire pour mieux la neutraliser. Alors la marine avait décidé de tuer Isis dans une embuscade, lorsqu'elle attaquerait un convoi de marchandises par exemple. La marine avait réussi à rassembler de faux biens et de se procurer un moyen de transport. Ensuite, il suffisait de créer une rumeur parmi les informateurs de la jeune fille. Isis, méfiante car consciente qu'elle se faisait pister, avait pris le soin de laisser plus de la moitié de ses hommes à la planque. Une lance à la main, elle guettait ce fameux convoi depuis un dune, prête à bondir. Un bruit se fit soudain entendre dans la pénombre. Les rayons de la lune éclairèrent alors une carriole fermée qui s'avançait tranquillement, tirée par deux chevaux. Des hommes sur des chameaux chargés l'encadraient. Isis plissa les yeux. Ils ne semblaient pas avoir remarqué leur présence… Pourtant ils se trouvaient plutôt proches des animaux…La blonde commençait à se méfier… Tant pis. S'il s'agissait d'un piège, elle s'occuperait de ses informateurs une fois le massacre terminé. D'un geste de la main, elle fit signe de lancer l'attaque. Un de ses hommes attrapa des couteaux et les lança vers le convoi.
Un cri déchirant interrompit le silence de la nuit. Les couteaux s'étaient plantés dans les mollets d'un des hommes à monture. A ce moment précis, Isis et sa bande s'élancèrent, rapides et agiles, sortant de leurs haillons leurs armes. Tandis que ses hommes s'occupaient des gardes, Isis se concentrait sur la carriole. Le conducteur jura et sortit un pistolet. Isis le transperça sans cérémonie. Mais sa victime avait eu le temps de tirer en l'air. La blonde claqua de la langue, sachant très bien la signification de ce geste. Sans perdre une minute, elle entreprit de détruire la carriole, mais elle fut interrompue brusquement dans son élan. Précisément, Isis sentait quelque chose de froid et de métallique se poser sur son front.
- Merde…, murmura-t-elle entre ses dents.
Elle eut juste le temps de baisser sa tête pour éviter le tir. D'un bond, elle descendit de la carriole pour retomber dans le sable.
Il s'agissait donc vraiment d'un piège… Isis bouillonnait intérieurement lorsqu'elle découvrit les soldats vêtus de blanc et bleu marine sortir de l'intérieur du convoi, leur fusil braqués sur elle et ses hommes. Ce n'était pas tout. D'autres marines étaient arrivés depuis les dunes, encerclant complètement les bandits. Isis esquissa un sourire. Ces imbéciles ne savaient pas ce qui les attendait au bidonville, les trois quarts de ses hommes étant restés pour défendre le puit. Elle vit les prétendus marchands se diriger avec hâte vers un marine, les mains ouvertes. Ce dernier leur remis des pièces d'or, les remerciant. Le visage de la blonde se crispa devant cette manœuvre. La marine se mettait donc à corrompre même les habitants du désert… Elle lança un regard assassin aux marchands qui se mettaient en retrait, mal à l'aise. Le marine esquissa un sourire cynique.
- Je vous ordonne de vous rendre si vous ne voulez pas subir des représailles! Aboya-t-il.
- Il se fout de nous, murmura un des subordonnés à l'oreille d'Isis.
Cette dernière étouffa un rire, ce qui déplut au marine. Apparemment ils ne semblaient pas impressionnés par cette embuscade… Avait-elle prévu le coup ? Quant à Isis, elle n'avait pas de temps à perdre. Il fallait absolument qu'elle en finisse rapidement, Tôshizo devait déjà avoir lancé l'assaut sur le bidonville. Elle se mit en garde.
- Tuez tout le monde sauf Isis Bastet ! Hurla le marine.
A ces mots, les deux côtés se rentrèrent dedans dans une formidable mêlée. A mesure qu'Isis se battait, son visage se couvrait de tâches de sang. Les marchands qui se tenaient à l'écart hallucinaient devant l'absurdité à laquelle ils assistaient. La gamine blonde ne semblait pas connaître de pitié, chaque atrocité qu'elle commettait confirmait les rumeurs. Il n'y avait aucune limite à la violence. Heureusement, même si les bandits se défendaient bien, les marines les surpassaient en nombre, si bien qu'ils se retrouvèrent vite acculés.
- Prenez tout ce que vous pouvez et foutez-moi le camp ! Hurla-t-elle à ses hommes.
Simultanément, elle trancha les sacs de marchandise que portaient les chameaux. Naturellement il n'y avait aucun objet de valeur, si ce n'était que des vivres que les marines avaient apporté pour leur propre voyage. Mais cela n'arrêtait pas les bandits qui récupérèrent la nourriture au passage. Alors que tout semblait perdu pour Isis, dont les hommes se faisaient tirer dessus dans leur fuite, un sifflement inquiétant s'éleva dans l'air. Un tourbillon de sable apparu subitement et s'enroula uniquement autour des soldats marines. Isis se mit tout de même en garde, sceptique. Ses hommes de main se précipitèrent vers leurs alliés blessés.
Ce fut à cet instant qu'il apparut. Dominant toutes les personnes présentes, il inspirait directement de la crainte. Sa silhouette se dessina enfin au milieu de cette tempête de sable. Il s'avança tranquillement au milieu des cadavres desséchés des soldats marines, sous les yeux horrifiés des bandits. Cependant, Isis passa rapidement du dégout à la curiosité. L'individu se dirigea vers elle, tirant une bouffée de son cigare, des volutes de sable frémissant autour de lui. Ses habits raffinés auraient pu le rendre incongru dans ce désert. Mais cela lui conférait au contraire une certaine grandeur. Son regard menaçant se posa sur la jeune fille qu'il dévisagea. Ses cheveux blonds courts, complètement ébouriffés lui donnaient un air sauvage, ses yeux perçants d'un bleu glacé étaient grands ouverts. Sa peau couleur cuivre était complètement tâchée de sang, ainsi que ses haillons. Elle tenait sa lance fermement, le regard figé sur lui. Il y décelait de la peur, certes, mais autre chose. En effet, Isis semblait complètement subjuguée devant lui. En même temps, Sir Crocodile avait longtemps fait parler de lui dans le monde de la pègre, avant de devenir Grand Corsaire.
Personne ne bougeait, n'osant interrompre le combat de regard qui se déroulait entre Crocodile et Isis Bastet. Cette dernière essayait de reprendre son sang-froid, attendant que Crocodile parle le premier, ayant trop peur de commettre une bêtise.
- C'est donc ça qui causait tout ce raffut dans la région, lâcha-t-il de sa voix grave, d'un ton dédaigneux.
Isis sourit nerveusement. Elle semblait se calmer lentement mais sûrement. Il y avait des chances que la Marine se batte en ce moment-même contre son clan au bidonville, qui n'allait d'ailleurs pas tenir longtemps si elle ne se dépêchait pas. Mais les choses pouvaient bien tourner en sa faveur… Elle glissa un regard vers les marines vaincus. Son pouvoir était vraiment terrifiant… Mais elle avait une idée.
- Tu tues des personnes de ton propre camp maintenant ?
- ça ne te regarde pas, gamine… Ou plutôt, si, puisque tu vas accepter mon offre.
- Je vois, répondit prudemment la jeune fille.
Isis savait déjà ce qu'il voulait. Ça ne l'étonnait pas qu'il convoitait lui aussi sa réserve… Mais peut-être qu'il allait lui proposer quelque chose d'intéressant en échange. Isis se sentit un peu fière, voyant qu'un personnage aussi puissant vienne vers elle. C'était précisément ce que voulait Crocodile : il voulait qu'Isis rentre sous ses ordres et participe à son plan pour reprendre le contrôle du pays. A l'écoute de ce fameux stratagème, les yeux d'Isis brillèrent de convoitise. Cet homme lui proposait un marché honorable… Isis obtiendrait plus de pouvoir, de notoriété, et probablement plus de vivres. De plus, si elle n'acceptait pas, Crocodile la tuerait de sang-froid. Voilà ce qu'il lui fallait. Paradoxalement, Isis croyait sincèrement qu'elle avait beaucoup à gagner en lui étant asservie. Il était également temps de secouer un peu ce pays, de lui laisser une profonde cicatrice dont il aurait bien du mal à s'en débarrasser. D'ailleurs, elle pourrait plus facilement retrouver ceux qui avaient massacré son village il y a des années. Non, ils trembleraient de peur en la sachant aussi forte…
- C'est d'accord… Vous nous rejoignez donc au bidonville. Les marines sont en train d'attaquer la réserve, fit innocemment Isis, souriant légèrement.
Crocodile tira une bouffée et acquiesça. Il jeta un dernier regard vers cette gamine. Malgré son jeune âge, elle venait de commettre un joli massacre… Sa puissance était assez intéressante. Les jambes du Grand Corsaire s'effritèrent pour se transformer en sable, qui le transporta à toute vitesse vers sa prochaine cible : la marine. Il n'avait plus l'intention de cacher ses ambitions maintenant que tous les pions étaient en place.
- Patronne ! On a trouvé un truc !
Isis rejoignit celui qui l'avait interpellé après avoir jeté un dernier regard vers l'horizon, où Crocodile avait maintenant disparu. Son subordonné se tenait avec d'autres de ses hommes autour d'un cadavre. La blonde reconnu les vêtements d'un des marchands qui avait été acheté par la marine, son visage totalement méconnaissable après le passage de Crocodile.
- Qu'est-ce qu'il y a ? S'impatienta Isis.
- Regarde ce qu'on a trouvé sur lui !
Son homme de main lui tendit un étrange objet. Il s'agissait d'une espèce de fruit gris recouvert de petits tourbillons, ressemblant vaguement à une poire. La jeune fille regarda d'abord son subordonné d'un air blasé. Puis son regard se reporta sur le fruit. Quelques secondes plus tard ses yeux s'illuminèrent, comme si elle venait d'avoir une révélation. Elle lui arracha des mains et le porta à ses lèvres. Un sourire s'y dessina.
- Finalement on n'a pas perdu notre temps ici… Lança-t-elle à ses hommes.
Ces derniers semblaient d'accord. Il suffisait qu'elle mange ce fruit pour qu'ils soient remplis de fierté, ayant enfin un leader digne d'entrer dans la cour des grands. Qui l'eut cru ? Ils avaient toujours traîné dans la boue, rejetés de tous, des marginaux qui erraient sans vraiment de but. Même s'ils étaient guidés par un chef qui savait se faire craindre, ils sentaient ses moments d'incertitude, peut-être dû à son jeune âge. Maintenant elle semblait pleine de confiance, et surtout plus puissante que jamais. Il suffisait qu'elle mange ce fruit pour qu'elle soit propulsée dans la cour des grands.
- Allez ! Allons leur régler leur compte à ces bleus ! Leur déclara-t-elle, en levant le fruit en l'air.
Des cris de joie l'acclamèrent. Ses hommes se précipitèrent vers les chameaux, tandis que leur jeune leader contemplait le fameux fruit. Dans un petit rire elle le croqua à pleines dents, le jus dégoulinant de ses lèvres qui esquissaient un sourire triomphant.
Il était si tard. Mais elle se sentait toujours éveillée. Tant qu'il resterait à ses côtés, elle ne faiblirait pas… Depuis qu'il était revenu, elle maintenait fermement sa main dans la sienne, s'apaisant mutuellement. Elle, pour son inquiétude, et lui, pour ce qu'il avait vécu lors de sa mission à Alabasta. Sa femme n'avait aucune idée de ce qu'il s'était passé, mais elle savait qu'il allait tout lui raconter, comme toujours. Il lui fallait juste un peu de temps. Dans les bras de son mari reposait une tierce personne. Son corps frêle était entouré du bras protecteur de son père, dont le regard se perdait au loin. Il prit une profonde inspiration.
- Définitivement pas… Elle ne sera définitivement pas un hors-la-loi. Jamais.
Sa femme le regardait, sans émettre aucune réaction.
- Nous avons perdu… Je n'aurais jamais cru que notre ennemie serait aussi jeune… Si jeune et pourtant capable d'autant d'atrocités…, Murmurait Tôshizo, serrant de plus en plus fort la main de son épouse.
Cette dernière posa ses yeux sur le petit corps lové sur les genoux de l'officier. Son unique fille. Elle soupira puis offrit son plus beau sourire à son cher et tendre.
- Ne t'inquiète pas, Haru, j'ai confiance en elle. Elle ne sera jamais comme eux… Jamais. Tu me l'avais promis, non ?
Ce dernier répondit à son sourire, mais un air mélancolique traversa aussitôt son visage.
Il espérait tellement qu'elle dise la vérité.
- Tu as raison… Pardonne-moi.
Et voilà!
J'espère que ça suffira à vous faire patienter...
Portez-vous bien et à bientôt!
Merci de lire.
