La plupart des personnages ne m'appartiennent pas (ils appartiennent à Akira Amano).

Cependant, l'histoire m'appartient.


Tsunayūki regarda une dernière fois Bianchi avant de déployer ses ailes et de s'envoler vers un Reborn impatient. Quand elle arriva au sol près de lui, il tendit immédiatement la main vers le chapeau qu'elle tenait précieusement contre elle. Elle le lui céda avant de rire sous cape quand il le remit avec attention sur sa tête.

- C'est vrai, ce que dit Irugorn-san : c'est un peu ton doudou, lui sourit-elle.

- Pff... n'importe quoi, grogna le Dragonnier. J'y fais juste attention, c'est tout.

Tsuna fut tentée de répliquer par autre chose, mais elle se ravisa de ne rien rajouter.

Dans les airs, elle vit alors la succube prendre à son tour son envol et foncer droit sur M.M. L'ange l'observa avec appréhension : se battre seule contre une détentrice de flûte de Hamelin était un énorme désavantage, d'après elle.

- On ne peut rien faire pour elle ? demanda-t-elle.

- Hm... on peut tenter de lui faciliter son premier coup, remarqua l'homme au fédora.

Il se mit à découvert pour que la joueuse de flûte le remarque, puis la salua joyeusement de la main pour la distraire au mieux. Le leurre marcha à merveille puisque Bianchi lui envoya un bon coup de pied au visage qui lui fit perdre l'équilibre. Le Dragonnier se hâta de rejoindre Sawada avant de l'inciter à rentrer dans le bâtiment.

- On ne peut vraiment rien faire d'autre que ça ? insista-t-elle, toujours inquiète pour la succube.

- Écoute, Tsuna, soupira-t-il, Bianchi est assez grande et débrouillarde pour arriver à battre une joueuse de flûte. Donc arrête de te faire du mouron pour rien et dépêchons-nous.

À moitié convaincue, elle décida de le suivre malgré tout.

En rentrant dans le bâtiment, l'adaptation à la lumière se fit lentement pour Tsunayūki et elle dût se tenir à Reborn pendant dix mètres pour ne pas se prendre de mur par inadvertance.

- Bon sang... personne ne connaît l'usage de lampes ou d'interrupteur ou quoi ? désespéra-t-elle. Tu veux vraiment toujours pas allumer tes flammes ?

- Il faut croire que certaines personnes se sentent mieux dans la pénombre, souligna le Dragonnier quand il finit par céder au caprice de la jeune femme et éclaira son bras. Bon, on va où, maintenant ?

Ils se retrouvèrent à une intersection qui partait soit à droite, soit à gauche. À gauche, il y avaient en plus des chandelles qui s'étalaient sur le long du chemin. À droite, on ne distinguait rien du tout. Le Dragonnier se retourna vers l'ange, en attendant son verdict.

- J'en sais rien, moi ! finit-elle par paniquer par le silence et le regard pesant. Personnellement, avec mon intuition, quand il y a pas de lumière, il y a forcément un truc glauque au bout... le mieux, c'est de passer à gauche.

- On va à droite, trancha Reborn qui marchait déjà dans cette direction.

- Eh oh ! T'as entendu ce que je viens de dire ou pas ?!

- S'il faut qu'on retrouve les autres, il y a plus de chances que ce soit dans un endroit où on a le moins envie d'y aller de base.

- Tu sais, tout le monde ne pense pas comme toi... remarqua la jeune femme en le rejoignant en courant.

- En effet : certains pensent pire que moi.

La réplique fit taire Tsuna, puis ils s'engouffrèrent sans un bruit dans le couloir. À chaque virage effectuée, Sawada avait peur de tomber sur un ennemi - et dans les pires des cas, sur ce fameux Mukuro Rokudo... - ou sur un quelconque piège qui les tuerait sur place. Cependant, malgré les nombreux détours, ils ne croisèrent rien et tombèrent sur un cul de sac. Les deux furent surpris de s'arrêter ainsi.

- Ben... c'est tout ? haussa du sourcil Reborn. J'avoue être presque déçu, là...

- Non, mais s'en est mieux ainsi ! affirma Tsuna avec le sourire. Comme ça, on retourne dans le couloir de gauche, bien éclairé et tout bien... et on fait un peu plus confiance à mon intuition ! accentua-t-elle davantage sur la fin.

- Tu n'as jamais dit que ton intuition disait d'aller à gauche, rappela-t-il. T'as simplement dit que tu ressentais quelque-chose de pas net en passant par là, pas qu'il fallait forcément prendre l'autre chemin. Parce que, sans mentir... on est d'accord que ton intuition a dit d'aller par là, hein ?

Il eut un petit sourire carnassier quand l'ange détourna du regard. Elle s'assit parterre en s'appuyant contre le mur, les jambes et ses ailes repliées contre elle.

- Bon... c'est pas totalement faux, ce que tu dis... avoua-t-elle à mi-voix. Mais aller dans le noir, comme ça... qui a dit que le danger que j'ai ressenti à ce moment nous aurait pas tué sur le coup ? Tu peux me prendre pour une idiote, ou une « Dame-Tsuna » comme tu le dis, mais en réalité, je ne suis en rien courageuse et je ne voulais pas nous envoyer stupidement vers notre mort. C'est tout.

Sa voix s'était légèrement brisée vers la fin. Reborn soupira avant de s'accroupir en face d'elle.

- Bon, ce n'est pas forcément le moment de parler de nos problèmes ici, mais il faut les régler avant qu'on continue : tu n'es en rien lâche ou trouillarde. Partir de chez toi toute seule, ce n'est déjà pas rien, mais à maintes reprises, tu as eu le choix d'arrêter ton voyage et de rentrer chez toi, mais tu ne l'as pas fait. À ce que je vois, ton seul problème, c'est le manque de confiance envers toi-même... mais aussi envers les autres. Si tu t'écoutais un peu plus, ou les autres aussi, et que tu acceptes les choses, je pense que ça ira beaucoup mieux.

D'un mouvement vif, l'ange s'essuya les yeux. Elle regarda sa main ouverte, comme si la réponse à ces questions venaient de là.

《 Je dois maintenant avoir plus confiance en eux... mais aussi en moi ! 》

Elle referma brusquement sa main, décidée de changer la donne.

- On peut y aller, Reborn, se décida-t-elle.

- Bien ~, se réjouit l'homme au fédora.

Il se redressa rapidement avant de regarder l'ange se relever à son tour. Mais alors qu'elle prenait appui sur une pierre qui dépassait légèrement du mur, celle-ci s'abaissa comme un levier et les rochers derrière Tsunayūki disparurent immédiatement. Celle-ci perdit l'équilibre et tendit désespérément une main vers le Dragonnier pour la rattraper ; celui-ci arriva à la saisir au dernier moment, mais il fut à son tour entraîné et ils tombèrent tous les deux dans le passage secret.

...

Gokudera avait l'impression de se battre depuis des heures face à ses bêtes sauvages, toujours aussi nombreux qu'au départ. Ils n'arrêtaient pas de le blesser à tout bout de champs ; lorsque le chat-garou arrivait à éliminer l'un d'entre eux, un autre le remplaçait. Hayato avait perdu de vue Yamamoto, mais il se doutait fort qu'il arrivait à s'en sortir de son côté. Mais le pire d'entre tous, c'était Ken : il avait l'agilité et la rapidité des loups, mais avait en plus la ruse d'un humain. Il prévoyait davantage les attaques de Gokudera et décuplait les ripostes. Il fut alors de plus en plus fatigué, alors même que la lune apparaissait et pourrait augmenter sa puissance.

Soudain, les loups qui l'attaquaient arrêtèrent de se jeter sur lui et s'en allèrent autre part. Gokudera regarda alors par où ils venaient de partir : il constata avec stupéfaction que le zombie était dans une situation délicate et qu'il se faisait maintenant attaquer par tous les côtés, son épée de fortune ayant échappé à ses mains. Gokudera allait alors partir le secourir, mais il se mit dos à Jōshima qui se jeta alors sur lui et le mit à terre. Le chat-garou tenta de se libérer, mais se fut sans succès. Impuissant, il regarda alors avec effroi Takeshi se faire déborder par les bêtes sauvages qui le blessaient de partout. Il vit même un mordre le bras de son ami avant de l'arracher : un cri de douleur s'ensuit alors que le sang colorait le sol avant qu'il tombe par terre, inconscient au minimum. Hayato n'arriva plus à le voir à cause des loups qui continuaient de le massacrer. Dans un ultime effort, il voulut se relever et partir à la rescousse de Yamamoto, mais Ken fut le plus rapide et l'assomma avec un coup du lapin. Tout ce qu'il vit en dernier, c'était que la pluie commençait à tomber.

...

Durant la chute, Tsuna n'avait pas arrêté de crier ; elle avait l'impression que ça s'éternisait pendant des heures alors que ça n'avait duré en vérité que quelques secondes. Finalement, elle finit par tomber sur le sol violemment ; seulement, elle eut moins mal que ce qu'elle dû car Reborn avait limité la casse en la serrant contre lui. Quand elle le remarqua, elle se libéra de son étreinte à la vitesse de la lumière, les joues en feu, avant d'essayer de discerner quelque-chose autour d'elle. Mais elle ne voyait rien, malgré le fait que le Dragonnier avait gardé ses flammes allumées. Elle sentait la fraîcheur de la salle dans laquelle ils étaient tombée et elle regrettait de n'avoir rien pris de plus chaud pour maintenant - elle n'avait qu'un sweat blanc et un jean troué -. Il y avait aussi une drôle d'odeur qui planait et qui lui donnait envie de vomir.

- Reborn... t'as une idée d'où on est ? murmura-t-elle, de peur quelqu'un d'autre puisse les entendre et les attaquer.

- Je ne suis jamais venu ici : donc non, répondit directement l'homme au fédora en replaçant le chapeau. Par contre, on serait dans une salle de torture que ça ne m'étonnerait pas...

- Une... quoi ?!

Elle eut un bond de surprise et, comme si c'était elle qui venait de le provoquer, de grandes lampes rondes aux plafonds s'allumèrent une par une, révélant petit à petit le long couloir blanc sale. Des tuyaux défoncés étaient construits au plafond. Avec horreur, Tsunayūki vit tout au long des prisons où il y avaient à l'intérieur des Élus morts, la plupart ayant dépassé le stade de décomposition. Quelque uns avaient à côté d'eux différents armes comme une lame ou un fouet. Elle eut un frisson d'horreur et commença à avoir les larmes aux yeux. Le Dragonnier regarda furtivement les prisons avant de se reboucher le nez, l'odeur de la mort le prenant à plein nez.

Cependant, dans ce couloir absent de tout être vivant, ils entendirent des gémissements, non loin d'eux. Ils décidèrent de se relever et d'aller voir de suite un des seuls rescapés à ces tortures. C'était un petit garçon, à peine âgé de neuf ans, avec des cheveux bruns courts avec une frange. Il portait une écharpe noire à rayures blanches sur un veste noire et un pantalon bleu foncé. Il y avaient du sang tout autour de lui et des larmes coulaient de ses yeux marron foncé, alors que des menottes et un bâillon le retenaient de s'échapper. Sans attendre un instant de plus, Reborn démonta la porte et le libéra immédiatement. Le petit garçon continua de les fixer, incrédule, avant de prendre peur et de reculer jusqu'au fond de la salle. Tsuna se demanda alors si c'était pas eux qui le faisaient peur. Elle lui tendit la main doucement en signe de paix.

- Ne t'inquiètes pas, assura-t-elle, tu n'as rien à craindre.

Cependant, le garçon ne semblait pas être autant rassuré. Sans que l'ange le remarque, le Dragonnier se retourna pour voir si ce n'était autre chose qui l'effrayait...

- A... attention ! bégaya le petit garçon, apeuré.

- À terre ! hurla en même temps Reborn.

Au moment-même où Reborn prévint, il la bouscula en avant et elle sentit un courant d'air passer au-dessus de sa tête. L'instant d'après il y eut un bruit sourd où les murs des différentes prisons alignées explosèrent les unes après les autres. Effrayée, Tsuna n'arriva plus à trouver la force de bouger, mais le Dragonnier la saisit par le col et la projeta à côté du petit garçon prisonnier qui fixait avec des yeux apeurés l'homme qui venait de provoquer ces dégâts à lui tout seul. Il avait les cheveux noirs courts avec une vilaine balafre à sa joue droite et des yeux encore plus sombres que ses cheveux. Il portait des vêtements déchirés dont une veste pas fermée, qui mettait en valeur tous ses muscles disproportionnés et ses multiples cicatrices sur son torse. Cependant, ce qui était le plus impressionnant et le plus effrayant pour Tsuna, c'était la taille qu'il faisait, qui devait dépasser toutes les personnes qu'elle connaissait : il mesurait deux mètres cinquante au minimum. L'ange comprit alors rapidement à qui ils avaient affaire : à un géant, de redoutables Élus avec qui on confondait souvent avec des humains. Malgré les légendes portées sur eux, ils étaient nullement débiles et étaient aussi agiles que n'importe qui en plus de leur force. Ça expliquait aussi comment il arrivait à manipuler une espèce boule d'acier noire avec des rainures creusées à la surface comme des serpents. Il l'utilisait grâce à l'aide d'une chaîne de la même matière.

Le géant lança un regard noir sur les trois qui lui faisaient face, gardant cependant indifféremment le même visage. De colère, il abattait une nouvelle fois son arme pour essayer de les avoir cette fois-ci : Reborn entraîna la jeune femme et le petit garçon sur le côté juste à temps, avant que l'arme créé un énorme trou de dix mètres. Les trois se dépêchèrent de sortir de l'espace étroit avant de se prendre une boule sur la tête. Au dernier moment, alors que l'homme au fédora faisait attention à ne pas perdre son chapeau, celui-ci s'envola soudainement, attiré par l'arme destructrice. Reborn se retourna vers lui, légèrement boudeur.

- Bon sang, ça va pas être facile pour le récupérer… se plaignit-il.

- Comment t'as fait pour le perdre ? demanda Sawada. Il a quand même pas la capacité d'attirer ce qu'il veut, ce géant ?!

- Non, ce sont les rainures, murmura le petit garçon caché derrière eux. Avec ça, il arrive à créer des courants d'air afin d'imiter une force centripète.

- Qu… hein ?

Elle regardait le petit Élu avec incrédulité : d'où il connaissait déjà des termes aussi compliqués à son âge ?

En face d'eux, le géant se mit alors à sourire narquoisement.

- Le gosse a fini par comprendre, à ce que je vois, déclara-t-il d'une voix grave. En effet, les rainures dans le Jakōkyū permettent d'attirer n'importe quoi, et surtout n'importe qui, pour empêcher d'esquiver mon attaque mortelle. Quelqu'un veut y goûter ?

- Volontiers, provoqua le Dragonnier.

Et il s'avança vers le géant, confiant. L'Élu fut d'autant plus amusé et commença à tourner le Jakōkyū devant lui : imperceptiblement, Tsunayūki vit les courants d'air attirés passer dans les brèches. Reborn, lui, se retrouva plus proche du géant plus vite que prévu, et au moment où l'ange se doutait le moins, l'adversaire lança à pleine puissance l'arme sur l'homme au fédora. Tsuna ferma les yeux et fit de son mieux pour protéger le petit garçon des morceaux de pierre qui volaient à cause du souffle de l'attaque. Quand elle les ouvrit, elle chercha du regard le Dragonnier avant de le trouver : il avait réussi à récupérer son chapeau et à survivre ; par contre, ses écailles étaient endommagées et à quelques endroits il saignait. C'était la première fois que Tsuna voyait Reborn blessé même s'il a été protégé par son bras draconique.

- Hm... pas mal... constata-t-il en regardant son bras meurtri.

- Se jeter dans la gueule du loup n'est pas la solution pour tous les problèmes, remarqua le géant. Pour maintenant, vous n'avez le choix qu'entre deux choses : soit vous me rendez cet Élu, soit je serai obligé de le prendre de force.

- Bien sûr, on va t'obéir gentiment, ironisa l'homme au fédora avant de retourner au côté de Sawada. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais je suis plutôt d'avis qu'on le défonce, non ?

- Mais vous ne pouvez pas le battre ! contesta le petit Élu apeuré. Il vaut mieux que je me rende pour que vous puissiez partir ensuite...

- Pas question ! s'opposa la jeune femme avant de s'accroupir devant le petit garçon. Écoute, c'est vrai qu'il est très fort, mais jusqu'à maintenant, tu as été seul : maintenant, il y a nous. On peut changer la donne.

- Par contre, c'est vrai que sa boule d'acier fait un peu de dégâts, avoua le Dragonnier. J'ai un bras en dragon, donc j'ai limité la casse. Mais toi, Tsuna, tu risques de pas faire long feu. T'as une idée pour contre-carrer ?

- J'ai une idée, en effet...

Une flamme apparut sur son front et ses yeux virèrent à l'orange : elle enfila ses gants pour être parée au combat. En face, le géant perdait impatience et commença de nouveau à tournoyer le Jakōkyū.

- Je n'ai pas tout mon temps pour votre décision ! s'exclama-t-il. Je compte bien vous presser un peu !

- Ok toi, tu restes bien derrière-moi, ordonna Reborn à l'Élu.

- Vous deux, vous restez derrière-moi, ordonna à son tour Tsuna. On va voir maintenant si mon idée marche...

- Euh... d'accord...

Pendant qu'ils se rapprochaient inéluctablement, elle déploya grand ses ailes avant de les battre vers l'avant le plus rapidement possible, tout en restant au sol. Comme par miracle, personne ne fut aspiré par le Jakōkyū, aussi longtemps que le géant le faisait virevolter. Finalement, à bout de souffle, le géant cessa son attaque : Tsunayūki profita de cet instant pour foncer sur lui pour faire un crochet du pied qui le fit reculer de quelques pas. Avant même qu'il n'abatte son arme, l'ange retourna auprès des autres grâce à ses ailes.

- Intéressant... approuva Reborn avec un petit sourire.

- He-hein ? bégaya le petit garçon. Comment ça se fait qu'on n'ait pas été attiré ?

- Comme tu l'as dit tout à l'heure, si on était aimanté, c'est à cause des courants d'air qui passaient par les rainures, commença Tsuna. Plus précisément les courants d'air qui étaient derrière nous. Cependant, si à la place de prendre l'air derrière nous, il en prendrait devant nous, alors, on ne serait pas attiré.

- Et ce, grâce au souffle produit par ses ailes, elle a réussi à compenser et à annuler l'effet centripète, termina le Dragonnier. Simple comme un jeu d'enfant, d'une certaine manière.

- Encore, fallait-il avoir les moyens pour produire ce vent... lui fit remarquer Tsuna.

Le géant, lui, n'avait plus l'air assuré comme tout à l'heure. En fusillant du regard ses adversaires, il gonfla davantage ses muscles pour se mettre au top du niveau, faisant déchirer encore plus ses vêtements. L'ange déglutit.

- J'aurai voulu qu'il reste dans le soft... murmura-t-elle, inquiète.

- Ce n'est que de l'intimidation, remarqua l'homme au fédora. Avec ta technique, on réussit à contrer son « effet aspirateur » et à nous deux, on le met K.O. On a réussi à affronter plus dur que lui, à nous deux, non ?

Elle se força à sourire, retrouvant un peu de volonté.

C'était vrai : à eux deux, ils n'avaient jamais perdu et ce n'était certainement pas face à un géant qu'ils céderaient.

- Oui ! approuva-t-elle.

Cependant, tout ne se passa pas comme prévu - un peu comme d'habitude -.

Par là où étaient tombés Tsunayūki et Reborn débarqua une forme humanoïde, sans pour autant que ça en soit un. Il regardait avidement le petit Élu qui eut un frisson d'angoisse alors que l'homme au fédora jura à voix basse.

- Comme si c'était l'occasion qu'il déboule, lui ! pesta-t-il.

- Euh... c'est quoi, cette chose ? demanda Sawada avec un soupçon de peur.

- Ça, c'est une goule, répondit l'homme au fédora avec dégoût. Et c'est ça qui a failli te kidnapper, tout à l'heure, en plus d'Iru et de Ryuko...

Il se rappela alors du dragon avec qui il n'avait pas eu de nouvelle depuis un certain temps - un temps trop long pour le Dragonnier -. Il allait se décider de tenter de communiquer avec lui, sauf que l'ange le coupa dans ses pensées.

- Reborn, il faut absolument qu'on trouve une solution ! implora-t-elle.

- Comme si je n'y avais pas pensé ! remarqua-t-il.

Du coin de l'œil, il vit la goule se jeter sur le petit Élu pour le kidnapper à son tour : seulement, Reborn lui prit la main au dernier moment et le tira pour éviter les mains effrayantes du désarticulé. Tsuna en profita pour l'éloigner avec un nouveau coup de pied. Le géant se saisit de cette distraction pour utiliser de nouveau son arme. L'ange réagit au quart de tour et battit de nouveau ses ailes.

- Reborn ! l'interpella-t-elle. La goule veut capturer l'enfant : il faut le protéger de lui !

- Je m'occupe de lui ! se décida le Dragonnier. J'essayerai de te filer un coup de main quand les moments seront bons !

- Non, je m'en occupe seule !

Il se retourna vivement pour la regarder, surpris.

- Tu vas t'en sortir seule, face à lui ? s'inquiéta-t-il.

- T'inquiètes pas !

À peine finit-elle que le géant arrêta de nouveau son attaque : Tsuna le surprit alors par derrière pour lui donner un coup de poing remplie de flammes de dernière volonté. L'ange se concentra de nouveau sur le Dragonnier.

- Je peux y arriver seule, continua-t-elle. Fais-moi confiance, ok ?

Il la regarda longuement avant d'approuver de la tête.

- Ok.

Au départ, Reborn et Tsuna s'en sortaient pas mal chacun de leur côté. Au bout d'un moment, comme le petit garçon était à chaque fois malmené à cause de la goule, le Dragonnier s'était décidé à le porter avec un seul bras, et l'autre pour l'attaque et la défense. Ça s'était révélé plus dur, et il avait finalement cédé l'attaque pour se concentrer pleinement sur les assauts de la goule. De toute façon, au bout d'un moment, il finira bien par l'avoir par l'usure...

Par contre, du côté de Tsuna, elle utilisait toujours cent pour cent de ses capacités et réussissait à affaiblir le géant. Seulement, tout à coup, l'Élu face à elle avait feinté : elle avait remarqué qu'à chaque fois qu'il tentait de l'attirer et qu'il arrêtait son attaque, il ne se servait plus du Jakōkyū. Grosse erreur car il réussit à utiliser son arme au dernier moment pour que Tsuna ne puisse pas esquiver et elle fut projetée brutalement contre un mur. En plus d'avoir mal au ventre à cause du coup, sa douleur entre ses omoplates se réveilla aussitôt et elle fut alors incapable de bouger ses ailes, le seul moyen de défense qu'elle avait trouvé contre le géant sans souffrir atrocement par derrière. Elle se maudit sur le coup car elle avait oublié les médicaments de Shamal qui lui permettaient de faire passer la douleur. Cependant, c'était maintenant qu'elle en avait le plus besoin, et fatalement elle les avait oubliés. Elle se tenait le ventre, comme si celui-ci allait se séparer d'elle, alors qu'elle se relevait paresseusement sous le regard satisfait du géant.

- Enfin, je t'ai eu ! sourit-il sadiquement. Maintenant, il reste plus que le bouquet final...

Reborn ne remarqua que maintenant l'état de son amie et irait porter à son secours si la goule ne le retenait pas si longtemps. Il se rappela alors une nouvelle fois d'Irugorn - qu'il avait oublié entre-temps à cause de son combat - et essaya de communiquer avec lui.

Il était beaucoup plus efficace de communiquer mentalement avec quelqu'un lorsqu'on connaissait sa position. Ce qui n'était pas le cas en ce moment. Le Dragonnier dût donc envoyer un signal de détresse « dans tous les sens », sauf que rien ne garantissait le succès car il ne savait même pas s'il envoyait concrètement un signal ni si ce qu'il faisait servirait à quelque-chose. Il tenta d'oublier momentanément le combat qui se déroulait et se remémora le dragon avec le plus de détail possible.

Pendant cinq minutes il se força à y penser sans aucun résultat en retour. Lorsqu'il songea que ses efforts seraient vains, il abandonna et se concentra de nouveau au combat - il s'était pris deux coups de griffes au visage pendant sa concentration -. Alors, ce fut à ce moment-là qu'il l'entendit :

- Chibi ? Il y a quelque-chose qui ne va pas ? communiqua Irugorn au final.

L'homme au fédora aurait sauté de joie s'il n'était pas en train d'affronter un humanoïde désarticulé. Il s'empressa alors de résumer la situation à Iru :

- Je t'avoue que nous sommes un peu dans la merde : d'un côté, Tsuna est en train de galérer contre le chef des agresseurs, et moi j'essaye de me battre contre une goule tout en protégeant un petit Élu. Un petit coup d'aide ne sera pas de trop.

Il y eut alors un petit silence dans la tête de Reborn avant qu'Irugorn ne lui réponde :

- Ok, je vais faire de mon mieux pour vous rejoindre au plus vite : vous, restez en vie en attendant.

Reborn jeta alors un coup d'œil à l'ange mal au point, dans un pire état qu'avant.

- Rester en vie, hein ? pensa-t-il pour lui-même. Plus facile à penser qu'à le faire...


Voilà, le chapitre est là ^^. Bon, comme vous l'avez sûrement remarqué, ce chapitre se passe entre le combat Bianchi/M.M et le combat Iru/Birds. Oh, et je tiens à préciser qu'il n'y aura peut-être pas de chapitre dans deux semaines ^^'.

Reborn : Pardon ?! Dites, vous avez vu ce qui nous arrive ?

Tsuna : Vous voulez vraiment nous laisser dans cette situation-là pendant aussi longtemps ?

Moi : Écoutez, je vais à la plage et je ne suis pas sûre de pouvoir publier sur cette histoire...

Tsuna : Moi aussi, j'aimerai aller à la plage...

Irugorn : Ouais, mais vous avez vu ce qui se passe du côté de Chrome ? Et celui de Gokudera ? Ils sont tous en train de crever !

Moi : Ben ils feront un effort pour mourir en silence.

Reborn : Non mais c'est pas vrai !

Bianchi : On attendant, je pourrai vous cuisiner quelque-chose pour tenir ~. D'ailleurs j'ai déjà fait un petit gâteau.

Tsuna : Oh, mais ne te gêne pas pour nous, Bianchi-san.

Irugorn : Tu ne cuisines pas que du Poison Cooking, de toute façon ?

Tsuna *chuchote* : Irugorn-san !

Bianchi : Quelle insolence ! Lorsque je cuisine pour tuer, évidemment que ça sera du poison ! Mais si je fais ça par amour, alors on peut en manger ~ ! N'est-ce pas, mon Reborn ~ ?

Reborn *dort* : Ronpish !

Tsuna : Aahh ! Il fait semblant de dormir pour échapper à la sentence !

Bianchi : Tant pis, nous lui garderons une part pour plus tard : on attendant, vous deux, venez en manger : vous avez bien travaillé pour aujourd'hui ~

Irugorn : Honneur au femme.

Tsuna *pleure* : Bouhh, adieu, monde cruel...

Moi : Allez, ça sera tout avant le désastre qu'il va avoir. Merci à Tsuki Banritt pour le commentaire et ciao ciao !