Coucou ! Voilà mon nouveau chapitre assez long. Le chapitre m'a posé plusieurs problèmes, je savais les grandes lignes mais c'était quand même pas facile. Comme la confrontation entre Lucius et John qui n'aura pas lieu dans ce chapitre, ce sera Narcissa qui viendra, ce que je n'avais pas du tout prévu, c'est venu comme ça. La scène de prison (vous verrez de quoi je parle) a été très difficile pour moi à écrire parce-que Rowling ne l'a pas réellement décrite dans Harry Potter, alors je savais pas vraiment où j'allais. Il y a plusieurs personnages pour lesquels je n'avais que gratté la surface, j'ai essayé de leur donner plus de profondeur et j'espère avoir réussi. J'adore écrire les scènes dans la forêt, je me les imagine plus facilement.
Je voudrais remercier Fanfiction-Dy' parce-que ça fait un bout de temps qu'elle me suit et ça fait vraiment...comment dire...DU BIEN ! Alors merci ! Merci aussi à Jindri qui m'aide beaucoup quand je me pose des questions et qui m'aide également à mieux cerner mes propres personnages ! Merci pour les patronus également même s'ils n'apparaîtront pas dans ce chapitre. Enfin, merci à Alexou1993 pour avoir reviewé et aussi à Yume-cry même si elle n'a pas reviewé elle m'a ajouté dans favoris.
Alors voilà je voudrais m'excuser pour le retard mais j'espère que vous me pardonnerez en voyant la longueur du chapitre (...ou pas :p) qui doit bien faire 50 pages sur openoffice. Le problème c'est que je n'ai pas mis tout ce que je voulais. Je m'étais donné un point d'arrivée à mon chapitre mais quand je me suis rendu compte que c'était vraiment long j'ai hésité. J'ai voulu d'abord le couper en deux mais j'ai refusé pour en mettre une partie un peu plus longue. Même si c'est plus que la moitié, je ne suis pas parvenu à atteindre mon point d'arrivée. En clair, il manque un tiers que j'aurai du rajouter, mais bon je trouve ce chapitre déjà assez chargé alors voilà. La suite sera pour le prochain chapitre.
Bon maintenant je mets un problème avant, comme vous le savez déjà, mon histoire suit celle de Rowling mais du point de vue de mes propres personnages. C'est la septième année pour Harry, donc vous devez vous doutez (surtout après avoir vu HP7.2) qu'une bataille va avoir lieu. Maintenant j'ai une question très importante pour la suite. Est-ce que vous avez lu le livre ? Parce-qu'il y a quelques différences entre le film et le livre, pour ma part je vais suivre le livre car certains éléments seront très utile pour moi (vous verrez que Hyden, Isa, John et les autres auront leur propre rôle à jouer dans la bataille de Poudlard). Donc voilà si vous n'avez pas lu le livre vous risquez de pas tout comprendre, voilà c'est tout. Bon chapitre.
Lena ne savait plus où mettre la tête. Tout ce qu'elle savait c'était qu'elle était seule dans cette grande salle de théâtre pleine de morts, de découpés, de brûlés. L'odeur qui émanait du massacre était tout simplement horrible, la jeune fille avait la nausée mais elle tenait bon, elle faisait comme elle pouvait. Elle ne tenait pas pour elle mais pour la dizaine de personnes qu'elle entendait gémir et appeler à l'aide dans tout le théâtre.
« AIDEZ-MOI ! OU EST MON FILS ? MON FILS ! »
Une femme venait de se lever près de la scène, rescapée de l'attaque des mangemort, elle titubait en hurlant des choses incompréhensibles. Lena accourut vers elle en lui conseillant de s'asseoir et de lui raconter ce qu'il se passait rapidement. Cette dernière suivit son conseil et s'accrocha à elle en hurlant qu'elle avait perdu son fils, qu'elle ne savait pas où il était, qu'il était encore vivant, quelque part. La jeune fille ne put supporter plus longtemps la douleur, la peur qui émanait de cette femme.
« Je vais le retrouver...vous vous restez là ! Vous avez l'air indemne mais on ne sait jamais ! Décrivez-moi votre fils ! »
La femme lui décrivit un petit garçon lui arrivant à la taille, aussi blond qu'elle, des yeux clairs. Tout en pensant amèrement que la couleur des yeux ne servirait à rien s'il était mort, Lena fit le tour du théâtre essayant de rester stoïque face aux plaintes des survivants, l'enfant était plus important pour le moment. Pourtant, elle avait un mauvais pressentiment, comme si elle savait qu'il était mort tout comme la plupart de ceux qui avaient assisté au concert des ses amis.
En effet, au bout d'une minute, à l'opposé de sa mère en haut des gradins, elle découvrit une petite tête blonde entre deux corps. La jeune fille poussa les deux morts qui le cachaient et retourna délicatement le petit, la petite lueur d'espoir qui avait brillé dans ses yeux jusqu'à présent disparut subitement et elle comprit. Elle comprit qu'elle n'allait pas juste faire face à un carnage et à des morts, mais aussi à des vivants, à la famille de ceux qui avaient perdu la vie. Elle lança un regard à la femme qui réalisa qu'elle venait de perdre son enfant.
Le tonnerre de cris qui retentit fit hoqueter Lena qui eut également envie de relâcher la pression et de pleurer devant cette femme qui venait de perdre sa raison de vivre. Pourtant elle se retint, se força à reprendre le contrôle de son corps, puis repartit aider des survivants. Le fait qu'elle soit toute seule parmi les victimes entassées de tous les côtés la déstabilisait d'autant plus. Hyden était parti chercher Amy, Kiril était parti chercher de l'aide moldue. Personne n'était encore revenu.
Pendant une seconde, Lena se demanda si ses amis l'avaient laissée là avec tous les corps qui jonchaient le sol, s'ils l'avaient abandonnée, mais elle chassa cette idée bien vite pour se concentrer sur sa tâche, sauver ceux qui étaient encore vivants. Un homme hurlait à la mort, des morceaux du plafond lui étaient tombés dessus, elle déblaya d'abord les rochers à l'aide de sa baguette en criant des sortilèges de lévitation, mais ce qu'elle vit sous les pierres la persuada que tout était fini pour lui. Ses membres étaient littéralement broyés, l'homme perdit connaissance et mourut instantanément, comme cela, en une seconde, ses yeux s'étaient refermés et son corps s'était détendu.
Se détournant du mort qui s'ajoutait aux autres, Lena fila vers un autre homme qui gémissait de plus en plus faiblement, sombrant doucement dans une mort lente. Elle s'approcha de lui et remarqua ce qu'elle ne voulait pas remarquer, ce qu'elle ne voulait surtout pas affronter depuis qu'elle soignait les blessés. Ce blessé à ses pieds n'était pas un innocent, il la regardait fixement avec désespoir, priant pour qu'elle l'aide, il était un mangemort.
« Aidez-moi, murmura-t-il, s'il-vous-plaît... »
La jeune fille secoua la tête de gauche à droite, ses traits se tirèrent, elle retira les mains qu'elle avait posées sur la blessure en tremblant et regarda pendant une minute l'homme se vider de son sang sous ses yeux. Tout était de sa faute, elle voyait tout autour d'eux les victimes des personnes comme lui, tout était de sa faute, elle refusait de l'aider, de le sauver. Pourtant quelque chose lui nouait la gorge, lui donnant envie de vomir, elle se dégoûtait de faire cela, de laisser un homme mourir.
« Je suis désolé pour ce que j'ai fais, souffla-t-il, s'il-vous-plaît, aidez-moi !
- Je ne peux pas...je ne peux pas, répéta Lena inlassablement en secouant la tête pour se convaincre qu'elle faisait la bonne chose. »
De nombreux « POP » retentirent dans le théâtre, une dizaine d'aurors apparurent menés par Amy. Cette dernière était finalement arrivée en renfort, elle noua ses cheveux dans sa nuque, releva ses manches et chercha des survivants parmi l'amoncellement de morts, les autres aussi commencèrent à se baisser. Ils étaient là pour sauver des vies, alors pourquoi Lena ne pouvait-elle pas le faire elle aussi. Pourquoi refuser de soigner cet homme couché près d'elle qui mourrait ? Qu'est-ce qui était le plus moral ? Laisser un tueur mourir ou le soigner ?
Kiril déboula aussi dans le théâtre, menant une nuée de moldus pompiers qui contemplèrent le massacre avec stupeur mais se mirent immédiatement au travail, ils ne cherchèrent pas à comprendre qui avait pu causer tant de dégâts, ils étaient là pour faire leur boulot peu importe la situation incompréhensible dans laquelle ils étaient. Ils se déployèrent pour compter les blessés, se demandant en silence quel genre d'arme pouvait tuer sans faire de blessure.
De son côté, Lena hésitait toujours, son coeur rata un battement lorsque finalement elle posa une main sur la blessure et entama un sortilège de soin qui résorbait les blessures lentement mais sûrement. Le mangemort, les yeux ancrés aux siens, essayait de la remercier mais la jeune fille ne supportait pas de voir cet homme survivre alors que tant étaient morts par sa faute. Une fois soigné, l'homme la remercia:
« Merci, merci, je ne sais comment vous remercier !
- Suicidez-vous, rapidement ! Cracha la jeune fille en réponse. Comme ça je n'aurai pas besoin de vous soigner, vous serez déjà morts et ce ne sera pas sur ma conscience ! Et si vous n'avez pas le courage de le faire, alors ayez le courage de quitter les mangemorts, sale con ! »
Elle ne put s'empêcher de lui décocher un coup de poing en plein visage, lui brisant le nez au passage, ravie de l'entendre hurler de douleur. Lorsqu'elle se retourna pour chercher d'autres blessés, Lena tomba sur Amy et Kiril qui la regardaient sans savoir quoi dire. Ensemble, ils décidèrent qu'il était temps de rentrer, les autres avaient tout pris en main, eux devaient récupérer le mangemort qu'ils avaient neutralisé dans les coulisses et le ramener dans la cabane hurlante, il pourrait s'avérer utile.
Adèle essayait de dormir depuis déjà une bonne heure sans pouvoir fermer l'oeil lorsqu'un cri puissant retentit dans la pièce d'à côté, la faisant pâlir. Cela lui rappela douloureusement ce qu'elle avait vécu un jour plus tôt au moment où ses parents avaient été assassinés sous ses yeux. Des cris avaient également retenti à ce moment là et le cri qu'elle entendait ne lui rappelait que trop bien ce qu'il s'était passé. Elle pouvait presque sentir l'odeur de chair brûlée qui avait empli ses narines la veille.
Les autres étaient revenus du théâtre, ils avaient réussi à obtenir de l'aide moldue et avaient pu sauver quelques vies grâce à Lena, Amy et Kiril qui les assistaient. Ces derniers avaient passé la nuit à combattre la mort, à la défier pour sauver la vie d'une poignée de personnes qui avaient survécu aux horreurs du massacre. Ils avaient ramené une personne avec eux, un mangemort qu'ils avaient réussi à neutraliser dans les coulisses. Ils l'avaient ramené dans la cabane hurlante pour l'interroger d'une manière ou d'une autre.
Hyden avait déposé Adèle dans une chambre en lui intimant de ne pas en sortir puis il avait fermé la porte...quelques secondes plus tard, des cris et des bruits de coups retentissaient à intervalles réguliers provenant du salon, la faisant frissonner de peur dans sa chambre sombre. Son nouvel ami avait eu l'air très énervé quand il avait vu le mangemort. Comme si l'homme était la cause mais aussi la réponse à tous ses problèmes, le jeune homme s'était immédiatement détourné d'elle. La petite fille ne comprit pas vraiment ce qu'il allait faire, il allait essayer de glaner des informations...mais aussi de se défouler. Tout ce qu'elle comprit c'était qu'il allait faire du mal au mangemort.
Tenter de fermer les yeux pour oublier et s'assoupir était inutile, le chaos des évènements était trop présent dans ses pensées. Malgré sa jeunesse elle comprenait très bien quel danger elle avait encouru dans ce théâtre et ce qu'elle avait perdu. Elle le savait très bien, de même qu'elle savait que si elle s'endormait...des cauchemars la hanteraient. A présent que Hyden l'avait laissée pour aller frapper un homme et ne chantait plus pour repousser les mauvais rêves.
Dans le salon, Hyden se tenait debout face à un homme vêtu de noir, ce dernier était suspendu dans les airs sous l'emprise d'un charme qui le ligotait et le tenait à des cordes invisibles. L'homme ne pouvait réellement bouger, tous ses mouvements étaient ralentis lorsqu'il essayait de se débattre, comme si de l'eau entravait ses mouvements, comme s'il se noyait. Assis sur le canapé, Amy, Lena et Kiril regardaient vers les deux autres hommes avec pitié, sans savoir pour lequel ils en ressentaient le plus...l'homme qui subissait les foudres de l'ex-Serpentard ou lui qui ne pouvait rester calme sans son amant, qui perdait son sang froid sous leurs yeux.
« Dis-moi où ils ont emmené les prisonniers du théâtre ! Où sont ceux que tes amis mangemorts ont pris ? Demanda Hyden, foudroyant sa victime du regard.
- Mes amis comme tu dis n'ont pas fait de prisonniers. Répliqua le concerné en affichant un sourire narquois. Ceux qui ont survécu sont ceux qui ont pu s'échapper. Nous avions pour ordre de tuer tout le monde, si ton petit copain est toujours en vie c'est qu'il a pu s'échapper. »
Le brun faisait les cent pas autour de l'homme qu'il interrogeait, il réfléchissait à toutes les options qui s'offraient à lui, son cerveau bouillonnait. Kiril pouvait distinctement voir une veine qui pulsait inlassablement sur son front, il pouvait presque imaginer de la fumée sortant de ses oreilles tellement son ami se concentrait pour trouver quelque chose à demander, une information à obtenir. Pour le moment leur conversation était inutile tout autant que sa proie elle-même.
« Je sais qu'il ne s'est pas échappé, il ne pouvait pas, ils étaient trois sur lui à le bombarder de sorts ! Je n'ai pas demandé s'il s'est échappé, j'ai demandé ce que tes amis en ont fait ! REPONDS ! Où emmenez-vous les gens que vous prenez ?
- Je te l'ai dit ! Nous ne faisons pas de prisonniers ! Sauf si...-le mangemort baissa les yeux- mais je ne pense pas que ce soit le cas de ton ami.
- Sauf si ? Répéta le brun, se doutant de la réponse.
- Non...relâche moi ou tue moi, je ne te sers à rien ! »
Le jeune homme eut un petit sourire leva un doigt qui semblait futile mais alors que le mangemort souriait, il lui planta son doigt dans les côtes qu'il avait brisées une poignée d'heures plus tôt. Un cri de douleur déchira le silence de la pièce, Lena serra les dents, se retenant de se boucher les oreilles tellement le cri la bouleversait. Elle avait passé la nuit à se débattre contre des blessures, à les soigner, ce n'était pas pour voir un homme quel qu'il soit subir la même chose ! Pourtant par respect pour Hyden et sa peine elle se tut et attendit patiemment.
« Tu sais très bien ce que je peux te faire, tu l'as vu dans les coulisses du théâtre. Je ne te laisserai pas partir, ou du moins pas vivant, mais en attendant je veux que tu me révèles le fond de tes pensées. Finis ta phrase, sauf si...?
- Sauf si ton ami est quelqu'un que l'on peut utiliser. »
Les yeux de son interrogateur s'illuminèrent soudain et l'homme comprit qu'il voyait juste, que c'était précisément ce renseignement que l'autre cherchait, qu'il était à deux doigts d'avoir la réponse à la plus grande question qu'il se posait. Les lèvres du brun tremblèrent lorsqu'ils s'assit finalement dans un des fauteuils et prit une grande inspiration sous le regard déconcerté de ses amis.
« C'est à dire ? S'empressa Hyden nerveux, explique toi !
- Il y a certaines personnes qu'on peut récupérer lors de raids comme celui de ce soir. Ces personnes nous sont très utiles, elles sont en quelques sortes notre bonus. Cela peut être le fils d'une personne importante, d'un homme influent du ministère ou d'un auror confirmé, parfois même de mangemorts. Ensuite on se débrouille pour contacter les parents de nos victimes et on leur fait du chantage en quémandant une somme. La somme dépend de la personne qu'on a capturé. Par contre il y a un risque, il faut vraiment être sûr que la personne concernée ait un réel lien avec celui à qui on fait du chantage. Et puis il ne faut pas s'attaquer à un trop gros poisson. Quelquefois tout dégénère, il faut bien faire attention car le parent à qui on fait du chantage peut se retourner contre nous et nous tuer puis récupérer son fils purement et simplement. Il faut être sur de notre proie et ne pas s'attaquer à quelqu'un de trop puissant. »
L'ex-Serpentard se prit la tête entre ses mains et se demanda où se trouvait John à ce moment précis. Selon l'autre, John était retenu prisonnier chez un des mangemorts qui avaient attaqué le théâtre en attendant que le chantage marche. Cela était pratiquement certain mais la vraie question n'était pas là. Tout reposait sur les épaules de Lucius Malefoy. C'était un homme important même si les rumeurs disaient que son influence diminuait grandement. Allait-il décider une bonne fois pour toutes de se débarrasser de ce fils illégitime ou allait-il le sauver encore une fois ?
« Mon ami est le fils de Lucius Malefoy...
- Oh alors ça change tout, répondit le mangemort. Ceux qui ont essayé de lui faire du chantage vont mourir. Ils se sont attaqués à trop gros pour eux. Malefoy va les tuer et sauver ton ami. »
Le problème n'était pas là, lui ne savait pas que John n'était qu'un fils illégitime, que Lucius avait enfin la possibilité de mettre fin à cette gêne, au fruit de son propre adultère. Hyden et les autres le savaienyt et ce n'était pas du tout rassurant. Il fallait retrouver l'homme qui retenait son amant avant que Lucius ne le trouve, et le seul moyen de le trouver était de demander à leur prisonnier son adresse.
« Trois autres de nos amis ont disparu, s'immisça Amy les bras croisés, ils ont transplané, que sais-tu à propos d'eux ?
- Si ils ont transplané, c'est qu'ils ont réussi à échapper aux mangemorts, je n'ai donc rien à voir avec eux. Je ne peux pas vous aider sur ce point.
- Dis moi où se trouve l'homme qui a kidnappé mon ami, ordonna l'ex-Serpentard en changeant de sujet. Je suis sûr que tu le connais, tu as l'air d'en connaître un rayon sur le kidnapping.
- Je ne sais que ce que les autres savent. Je n'agis pas, vous l'avez vu de vos propres yeux, je surveillais les coulisses. »
Personne ne s'attendit à ce qui arriva une seconde plus tard, l'ex-Serpentard se leva d'une traite et lui lança un coup de pied en plein ventre, faisant sursauter Lena et Kiril. Le mangemort émit un borborygme dégoûtant et s'affaissa dans les airs. Amy fut la seule qui ne réagit pas devant le soudain accès de colère de son ami. Elle comprenait très bien sa manière de s'extérioriser, elle aurait fait la même chose à sa place, elle restait stoïque devant sa réaction et attendait patiemment qu'il reprenne le contrôle de lui-même. Lena était à deux doigts de le retenir. Elle ne pouvait supporter qu'on torture cet homme même s'il était de la pire espèce.
« Calme-toi, Hyden, murmura-t-elle.
- Dis-moi, continua le concerné en ignorant la jeune fille, qui était votre chef pendant l'attaque du théâtre, qui vous a réuni pour organiser le raid ?
- Je...je ne peux pas te dire petit. Tu sais très bien que j'ai été entraîné contre la torture depuis longtemps. Je finirai bien par te dire où habite l'homme qui garde ton ami mais le temps que j'avoue il sera bien trop tard. J'ai compris que quelque chose clochait, tu ne veux pas que sa famille retrouve ton copain avant toi. L'heure tourne et je ne révélerai rien. Je n'ai plus rien à perdre après tout. »
Il avait parfaitement raison en parlant de John, ils étaient tous les deux bloqués. Peut-être que le mangemort ne serait pas relâché mais lui ne se battait pas contre le temps, Hyden si. Ce dernier devait vite retrouver son petit-ami avant que les choses ne dégénèrent. La situation s'était inversée en l'espace d'une minute, tout le pouvoir reposait entre les mains de l'homme qui lui faisait face, flottant au milieu de la cabane hurlante.
Quelques heures étaient passées depuis le moment où John s'était réveillé en sursaut dans cette chambre délabrée. Les mangemorts qui le retenaient prisonnier étaient toujours dans la pièce d'à côté mais ils montraient le bout de leur nez toutes les dix minutes pour vérifier s'il était toujours là. A chaque fois qu'ils venaient le jeune homme faisait semblant d'être endormi.
Il n'avait aucune envie de parler ou de se faire torturer par ces gens qui parlaient bruyamment dans l'autre pièce. Ces derniers étaient trois, ils étaient deux hommes quand John s'était réveillé mais une femme les avait rejoint en déclarant qu'elle avait passé la commission. John comprit qu'elle avait été chargée de prévenir Lucius Malefoy et que ce dernier avait accepté de venir chercher son fils.
« Helena, fit le chef des trois kidnappeurs en apostrophant la femme, garde la baguette du garçon je ne sais pas où la mettre et puis tu pourras t'en servir si les choses dégénère avec Malefoy. On est trois contre un il ne fera pas le poids. A qui as-tu fait passer le message pour son fils ?
- A sa femme, elle était bizarre, elle avait l'air insensible, comme si ce n'était pas son fils. Elle m'a dit qu'elle préviendrait son mari puis elle est repartie dans son gigantesque manoir. »
Le Gryffondor entendit la réponse de la femme et comprit immédiatement ce qui allait se passer. Narcissa Malefoy allait prendre le chantage sur elle-même sans en faire part à son mari. C'était elle qui allait venir pour payer la rançon...peut-être. Elle pouvait aussi décider de le laisser pourrir dans cette chambre jusqu'à que ses kidnappeurs se lassent et finissent par le tuer. Dans tous les cas le jeune homme n'allait pas voir Lucius Malefoy, il n'allait pas voir son père, et ce seul fait lui fit mal au coeur.
Au même moment, un bruit retentit dans la pièce adjacente, faisant sursauter John de surprise. Ne pouvant voir de quoi il s'agissait il tendit l'oreille et son doute se confirma. Quelqu'un toquait à la porte. Il tendit l'oreille avec espoir et entendit les trois mangemorts se lever précipitamment puis essayer de faire un minimum preuve de charisme avant l'entrée de ce qu'ils croyaient être Lucius Malefoy. La femme nommée Helena alla ouvrir la porte et avisa la personne qui se trouvait devant elle. Une autre voix retentit, une voix que le garçon prisonnier avait déjà entendu une année plus tôt mais qu'il n'oublierait jamais, la voix de Narcissa Malefoy.
« Où est mon fils ? Demanda-t-elle subitement avec une agressivité feinte. Montrez le moi immédiatement ! »
Tout en s'exclamant cela, la jeune femme entra sans permission dans la maison en avançant d'une manière noble et jetant un coup d'oeil un brin dégoûté aux trois déchets qui lui faisaient face. Elle était accompagnée de deux mangemorts, du moins le blond le devina lorsqu'il entendit le chef des kidnappeurs s'insurger d'une voix moins forte que quelques minutes auparavant.
« Nous étions censé rencontrer le réputé Lucius Malefoy, et seul ! Maugréa-t-il. Je pourrai savoir ce que vous faîtes là ma bonne dame, avec ces deux hommes à vos côtés.
- Pfff...maintenant même les mangemorts de seconde zone me parle comme si je n'étais rien du tout, c'est affligeant, soupira Narcissa pour elle même. Mon mari n'est pas disponible pour le moment, je suis donc là pour récupérer mon fils. Ses deux hommes à mes côtés sont là pour assurer ma sécurité, que cela fasse partie du marché ou pas, c'est la même chose. »
La jeune femme aux longs cheveux blonds et aux traits fins avait un charisme naturel, une aura autoritaire qui empêchait étrangement les autres de répondre négativement. Ils ne purent qu'opiner devant elle et la laisser avancer dans la pièce, toujours entourée par ses deux gorilles qui avaient pour fonction de la protéger. Elle haussa un sourcil perplexe en remarquant que son prétendu fils n'était pas là, dans la pièce.
« Où est-il ? Je ne risque pas de vous donner mon argent sans l'avoir vu ! »
Le chef de la bande lui montra la porte d'un signe de tête désintéressé. Narcissa fit signe à ses gorilles de rester là puis s'avança vers la chambre, ses talons claquèrent contre le parquet qui parsemait le sol. John se prépara mentalement à retrouver cette femme qui avait sa vie entre les mains et pouvait en faire ce qu'elle voulait. Tout dépendait d'elle à présent or leur précédente et première rencontre ne s'était pas bien passé. Elle l'avait mis à la porte de son manoir sans poser de questions. Obnubilée, il ne se rendit pas compte que l'objet de ses pensées se trouvait dans la chambre face à lui.
« Bonjour, dit-il stupidement la bouche grande ouverte..
- John Etan, répliqua la jeune femme froidement en refermant la porte derrière elle. Encore toi...tu te mets toujours dans des situations plus grosses que toi et c'est toujours ma famille qui t'en sort. Tu crois que je ne sais pas pour la fois où mon fils t'a sauvé alors que le ministère prévoyait de t'envoyer à Azkaban ? Je sais tout ça ! Je sais tout de toi !
- Pourquoi l'avez-vous laissé faire ? Ne put s'empêcher de rétorquer John. Pourquoi n'avez-vous pas empêché votre fils de me sauver ? »
La jeune femme baissa les yeux et retira ses gants noirs avec une lenteur insupportable. La question qui lui était posée n'était pas dénuée de sens. Elle avait eu une occasion de se débarrasser de lui et elle ne l'avait pas fait, pourtant ce qu'elle avait dit était également vrai. John dépendait de sa famille à chaque fois qu'il était dans de beaux draps, c'était eux qui le sauvaient. Allait-elle le faire cette fois encore ?
« Je ne sais pas. J'ai l'impression de te devoir quelque chose. »
De lui devoir quelque chose ? Narcissa avait dit cela sur un ton tellement las, fatigué que le blond écarquilla et se demanda si l'histoire de ce fils illégitime lui gâchait la vie à ce point. Elle ne semblait pas l'oublier, à présent qu'il la voyait de plus près, il remarquait ses traits tirés, comme si un poids reposait sur ses épaules. Le blond se demanda si ce fardeau qu'elle portait était du sa présence, au simple fait qu'il soit vivant. Non...il n'y avait pas que ça...elle semblait fatiguée de tout.
« C'est à cause de mon mari si tu es là...et je dis cela dans tous les sens du terme. J'aurai préféré que Lucius ne me trompe pas avec une autre femme mais il l'a fait, et tu es né par sa faute. Tu es là tous les jours dans ma tête pour me rappeler ce qu'il a fait et ce qu'il n'assume pas aujourd'hui. »
Le jeune homme écoutait attentivement sans pouvoir donner son avis sur l'adultère de cet homme qu'il n'avait jamais vu. Narcissa se confiait à lui d'une traite, comme si elle retenait ses mots depuis longtemps mais qu'elle était aussi réticente à l'idée de montrer le fond de sa pensée. Cela semblait dur pour elle de garder l'air froide et hautaine alors qu'elle voulait lui parler simplement. Elle ne voulait pas montrer qui elle était vraiment, du moins ce fut ce que ressentit le Gryffondor tandis que l'autre continuait son explication.
« Regarde-toi maintenant ! S'exclama-t-elle. Si tu t'es fait rafler par le ministère il y a peu de temps, et si tu es là attaché dans cette chambre, c'est à cause de mon mari ! Il fait partie de ceux qui ont installé ce nouveau régime, c'est un partisan du seigneur des ténèbres et même si je suis d'accord avec ce régime je n'aurai jamais laissé mon propre fils mourir comme ça. Regarde ce qu'il te doit ! Il t'a abandonné à la naissance, mettant ses responsabilités de côté. C'est pour cette raison que j'ai l'impression de te devoir quelque chose. Tout ce qui t'est arrivé jusqu'à présent est de sa faute et s'il n'a pas la force de se racheter je crois que je dois le faire. »
John n'aurait jamais pensé trouver autant de lucidité chez une femme comme celle qui se tenait devant elle. Il pouvait voir ce beau visage maquillé même dans ce genre de situation, il pouvait sentir son parfum puissant et entendre le son de son bracelet lorsqu'elle bougeait les bras. Ce qu'il n'avait pas vu en revanche, c'était une femme prête à aider ses pires ennemis. Ce qu'il n'avait pu voir elle le lui montrait en quelques mots, elle lui montrait son sens du devoir, ce qui se cachait sous tout cela. John comprit qu'elle ne changerait jamais de camp, il comprit quel fond elle avait mais aussi qu'elle ne pouvait s'exprimer, elle avait trop de responsabilités.
« Si Lucius savait que tu as essayé de le contacter ou que des mangemorts essaient de lui faire du chantage par ton intermédiaire il n'aurait aucune pitié envers toi. Il te laisserait mourir entre leurs mains mais il ne viendrait pas de son propre chef pour te tuer et mettre fin à cette histoire qui menace sa réputation. Il ne te laisserait pas mourir par sadisme...juste par peur. C'est pour cette raison qu'il ne sait rien, sur l'aide que Draco t'a apporté, j'ai également étouffé l'affaire auprès des employés du ministère pour qu'ils ne dévoilent pas le second fils de Lucius. Si tu es encore là c'est grâce à moi ! »
Le Gryffondor se doutait fortement que son père n'était pas un ange, qu'il n'était qu'un mangemort très préoccupé par sa réputation et sa puissance, pourtant entendre sa propre femme lui avouer cela sur un ton aussi glaciale lui serra la gorge. Lui qui s'était langui de rencontrer son père aussi affreux soit-il pour la première fois...il se rendit compte que cela aurait pu lui être fatale. Son propre père n'aurait pas hésité à le tuer pour éviter que son adultère soit révélé au grand jour.
« J'allais accoucher de Draco quand il m'a trompé ! Je portais son enfant dans le ventre, je n'en reviens toujours pas qu'il ait...osé faire cela. Je sais tout, je sais que Lucius a payé ta mère pour qu'elle se taise à jamais, cela lui a permis de financer ses études d'avocate et lui a permis d'ouvrir son cabinet, je sais tout sur ta mère, je l'ai surveillée toute sa vie. Tu veux savoir le plus ironique dans tout ça ? C'est lui qui a organisé l'attaque qui a tué ta mère au chemin de traverse sous les ordres du Seigneur des ténèbres. Ton père a tué ta mère. »
John sursauta violemment et essaya de se débattre inconsciemment, en braquant ses yeux sur cette femme qui lui faisait face et qui lui disait la vérité. Le problème était qu'il n'était pas sûr de vouloir entendre toute la vérité, il n'était pas prêt. Une envie de meurtre s'insinua dans tout son corps, il eut soudainement envie de tuer son géniteur, de tuer l'homme qui avait détruit sa vie en tuant la personne la plus chère à ses yeux, des larmes coulaient lentement de ceux-ci.
« Taisez-vous ! Grogna John.
- Tu as peur de la vérité, sourit Narcissa, de toute façon j'ai tout dit. Je me suis racheté envers toi en te sauvant du ministère. Mais maintenant je ne te dois plus rien...je suis venu pour te donner un petit cadeau, la vie. Je ne vais pas te relâcher, je vais juste m'assurer que personne ne te tue...puis je vais t'envoyer à Azkaban. Tu sais, cette prison dont on dit qu'elle est pire que la mort. »
Elle allait quoi ? Elle allait le sauver de trois mangemorts pour le jeter juste après dans la pire prison au monde ? Quel était ce raisonnement stupide ! Sauver quelqu'un de la mort pour le jeter dans un endroit pire ensuite ? Qui était assez cruel pour faire cela ? Pour prendre la peine de secourir un garçon pour l'enfoncer encore plus la minute d'après. Narcissa s'approcha de lui et lui murmura quelques mots.
« Je ne m'abaisserai jamais à tuer un garçon pour qui j'ai racheté mes fautes,ajouta-t-elle en aplatissant un pli imaginaire dans sa robe. Mais il y a trop de risques que tu détruises ma famille en révélant des choses. Tu l'as déjà fais par deux fois ! Tu t'es servi de ton appartenance à la famille Malefoy pour te sauver la mise, au ministère et aujourd'hui. Je t'ai dit que j'acceptais pour le ministère mais pas pour cette fois. Je dois te mettre hors d'état de nuire. Si il y a une chose que tu dois savoir, c'est que tu n'es qu'un bâtard, rien de plus, j'aime mon mari peu importe ses erreurs et j'aime mon fils. Je ne te laisserai pas détruire leur réputation. Et puis...la guerre fait rage, tu souffriras un peu à cause des détraqueurs...mais tu seras en sécurité dans cette prison, plus qu'à Poudlard en tout cas. Vois les choses du bon côté.-elle se retourna vers la porte de la pièce où tous les autre se trouvaient- ALLEZ-Y ! »
Le Gryffondor réalisa qu'elle avait donné le signal à ses acolytes pour neutraliser les kidnappeurs et lui permettre de finaliser son propre plan, le jeter dans une prison. Il se demanda ce qu'il aurait préféré s'il avait eu le choix, mourir immédiatement ou pourrir à Azkaban. Il aurait sans doute préféré la prison, se raccrochant désespérément toute sa vie à l'espoir que son amant viendrait le sortir de là comme il le faisait tout le temps. De l'autre côté de la porte, des cris retentirent.
« STUPEFIX !
- PROTEGO ! AVADA KEDAVRA ! »
John vit par l'interstice sous la porte une lumière verte aveuglante puis entendit le bruit d'un corps qui tombait. Il y eut une seconde de silence lourde de sens puis les détonations reprirent de tous les côtés. La porte de la chambre trembla sous la force des sortilèges, l'affrontement faisait rage et Narcissa ne bougeait pas d'un pouce, gardant les yeux fixés sur lui d'un air blasé. Cette inaction devant la sentence qu'elle venait de donner donna la nausée à John qui se retint de lui cracher à la figure tant il se sentait humilié, incapable de se défendre, ce n'était pas qu'un sentiment.
« Non, ne le tuez pas, lui non plus ! Hurla Helena de l'autre côté de la porte. Une victime ne vous suffit pas, nous sommes dans le même camp !
- Avada Kedavra ! »
Cette fois, Narcissa sursauta en même temps que le blond, elle se leva, ouvrit la porte à la volée et intima à ses acolytes d'un simple regard de calmer le massacre. Les deux hommes qui l'avaient kidnappé étaient morts,il ne restait plus que la femme nommée Helena. Le blond pouvait la voir vautrée sur le corps d'un de ses amis, pleurant sa mort, se fichant de son propre sort à présent qu'elle avait perdu ce qui semblait être sa seule raison de vivre. Il ne put s'empêcher d'avoir de la compassion pour cette femme, elle avait beau faire du mal, elle le faisait pour des gens qu'elle aimait. Elle aimait l'homme qui s'était fait tuer sous ses yeux.
« Prenez le garçon et emmenez le à Azkaban ! Fit simplement Narcissa à ses acolytes avant de regarder la femme agenouillée à ses pieds. Stupefix ! »
Le rayon rouge frappa la jeune femme qui s'affaissa sur le corps de son amant sans vie. Le regard de John se voilà lorsqu'il contempla le départ de Narcissa qui avait enfilé son manteau, il n'y avait plus aucun retour en arrière possible, il allait croupir en prison. Les deux armoires à glace apparurent dans l'embrasure de la porte, leur visage n'exprimait qu'une stupidité polie, ils suivaient les ordres comme les imbéciles qu'ils étaient.
Ils ne défirent que les liens qui le maintenaient collé au mur mais laissèrent ceux qui entravaient ses mains. Le souvenir que la femme mangemort stupéfixée avait sa baguette dans sa poche lui revint en mémoire lorsqu'il passa devant elle mais il ne trouva aucun prétexte, aucune excuse pour tenter de la récupérer et de se battre. Et puis, vu ce qu'ils avaient fait aux mangemorts les deux gorilles ne devaient pas être si facile à neutraliser. Ceux-ci levèrent leurs baguettes et firent apparaître deux balais par magie ce qui ne rassura pas le prisonnier une seule seconde mais l'effraya un peu plus si possible.
Puis ils enfourchèrent leur balais, John fut forcé de monter derrière un des deux hommes, ils avaient l'air parfaitement stupides tous les trois à terre. Mais alors qu'il allait sortir une remarque tout aussi stupide que la situation, le transplanage le happa avec force, lui coupant la chique et le projetant en avant sans qu'il ne puisse rien faire. Pendant une seconde, il crut que le transplanage allait le désarçonner pour le laisser s'écraser contre un mur de la prison ou dans l'océan, la peur lui fit fermer les yeux inconsciemment.
Avant de les rouvrir, le jeune homme sentit des gouttes grosses comme sa main s'écraser sur son visage et tout son corps, un coup de vent d'une force inouïe le fit vaciller sur le balais. Le premier mot qui s'imposa à lui lorsqu'il les rouvrit fut « tempête ». En effet, des vents violents faisaient tanguer les balais, la pluie était également trop puissante pour être naturelle, les gouttes étaient tellement lourdes qu'elles menaçaient de les faire tomber à n'importe quel moment.
Les mangemorts semblaient faire du surplace sur leurs balais repoussés inlassablement vers l'arrière et forcés de faire des embardées pour traverser la tempête qui faisait rage tout autour d'eux. En jetant un coup d'oeil alentour, le Gryffondor vit l'étendue d'eau qui s'étalait sous lui et s'animait comme un énorme animal enragé en un tonnerre d'écumes. C'était la définition même de déluge, le Gryffondor se demanda si une prison pouvait vraiment supporter ce temps.
Il distinguait déjà au loin des formes aussi noires que les ténèbres qui glissaient dans l'air comme des spectres et semblaient aspirer l'air autour d'eux dans un râle continu... les détraqueurs. Une bonne centaine d'entre eux flottaient autour de la prison avec une lenteur cadavérique. John sentait déjà l'atmosphère se figer, se refroidir un peu plus si possible, glaçant l'air de ses poumons et lui insufflant un désespoir mortel. L'accueil de ses monstres encapuchonnés était glacial.
La prison était un grand bâtiment qui semblait sortir des entrailles même de l'océan comme s'il avait toujours été là. Cela ne pouvait être construit de mains d'hommes sorciers ou pas, c'était trop grand, trop effrayant. Les façades noires ne laissaient pas passer les vagues qui s'abattaient inlassablement sur ses versants, il ne semblait pas y avoir d'entrée ni de sortie, tout était si hermétique, si froid que John se demanda réellement si des être-vivants habitaient cet endroit...il allait se rendre compte tôt ou tard que sa réflexion prenait tout son sens. Non...aucun être-vivant ne pouvait subsister dans ce lieu effroyable.
Pour la première fois, le jeune homme ne se sentit plus du tout en sécurité, il s'était procuré une baguette magique en allant au ministère de la magie pour se faire juger, il avait toujours eu un objet auquel se raccrocher même dans la pire des situations. A présent, toutes ses chances de survie, tout semblait l'avoir quitté, il était seul face à une horde de détraqueurs...de toute manière il n'avait pas appris à faire de patronus, sa baguette lui aurait été inutile face à ses ennemis échappés des ténèbres. Soudain, le mangemort qui était sur le balais avec lui pointa sa baguette sur lui...une seconde plus tard, John était inconscient.
Des flammes...des flammes partout...c'était tout ce que voyait la jeune fille, la fumée qui émanait du feu l'empêchait d'évaluer la situation ou de trouver une échappatoire. La fumée étouffante semblait prendre le pas sur le reste, effaçant toute trace de vie presque aussi vite que le feu, envahissant tout l'espace libre, aspirant toute chance de s'en sortir avec une lenteur insupportable.
Avant d'ouvrir les yeux, Isabella s'étira langoureusement en gémissant, les courbatures qu'elle avait accumulées au court de la nuit devinrent rapidement douloureuses. Elle avait dormi à même le sol terreux de la forêt. Les oiseaux se faisaient déjà entendre, ils gazouillaient innocemment, comme si rien n'était arrivé la veille, comme si des mangemorts ne les poursuivaient pas pour les tuer et qu'elle n'avait pas tué un homme de ses propres mains la veille. Une fraîche odeur de pins lui emplissait le nez et les rayons du soleil timide d'hiver lui baignait le visage dans une lumière claire, comme si tout était bien.
En ouvrant les yeux, la jeune fille sonda les alentours se remémorant les raisons de sa présence ici dans cette forêt, un dôme de feuillage la protégeait des regards extérieurs. A côté, assis parterre et roulant sa baguette entre ses doigts, Matthew semblait mi-pensif, mi-alerte. Il jetait des coups d'oeil fréquents entre les arbres environnants, comme si un mangemort pouvait surgir d'un moment à l'autre pour les attaquer.
« Tu as fais un rêve ? Questionna Matthew.
- Oui, je sais pas si c'était une prévision ou juste un cauchemar. J'ai vu des flammes et de la fumée qui a commencé à m'étouffer. Mais ça fait quelques temps que je rêve de flammes sauf qu'elles concernaient le théâtre. Où est Gabriel ?
- Gabriel est parti faire je ne sais quoi dans la forêt. Il a mentionné la chasse au gibier, les plantes et les choses comme ça, c'est le maître de ses lieux apparemment. Je ne l'ai jamais vu aussi heureux qu'ici.
- Il est chez lui..., répondit Isa dont la voix semblait s'être affaiblie avec les évènements de la veille. »
En effet, Gabriel était chez lui. Comme un animal en cage retrouvant son habitat naturel, le jeune homme s'enthousiasmait de revoir toutes ses petites choses qui l'émerveillaient à chaque fois qu'il les revoyait. Il pouvait voir les oiseaux nicher dans les arbres, entendre les arbres se réveiller dans un craquement familier, sentir l'air frais du matin et l'odeur de la rosée. Les rares lapins qui vivaient encore ici levaient leurs deux oreilles telles des antennes pour percevoir un bruit éventuel émis par l'ennemi et s'enfuir.
Tout semblait constant dans les environs et à la fois tellement éphémère. Seuls ses yeux pouvaient percevoir la différence, un arbre qui était tombé pendant un orage pour laisser place à un plant de fleurs assez résistantes pour survivre à la saison froide. Les hérissons et autre animaux qui hibernaient ne gambadaient plus mais se cachaient. Tout changeait tout le temps et pourtant...tout était toujours là réuni.
Tout était constant. Certains animaux se cachaient toujours à la même saison pour réapparaître en été avec deux fois plus de vivacité. Certaines espèces de fleurs ne pouvait éclore que lors d'une certaine période, les arbres étaient toujours là, résistants à n'importe quelle saison, remplaçants ceux qui tombaient lors d'orage ou tout simplement à cause d'infections. Et puis l'eau...le bruit d'un cours d'eau était toujours là, plus faible ou plus fort selon l'endroit, quelquefois imaginaire néanmoins mais toujours claironnant aux oreilles de Gabriel...cela tombait bien, c'était ce qu'il cherchait, l'eau.
Le jeune homme ne se promenait pas dans la forêt pour apprécier ses bienfaits, le danger était trop présent autour de lui, les mangemorts les recherchaient toujours, et ils avaient trouvé son point faible, le feu. Néanmoins il avait toujours la connaissance des lieux et ses sens sur-développés pour l'avantager, si des ennemis approchaient, il ressentirait leur présence immédiatement. Non, il était à la recherche de denrées pouvant répondre à leurs besoins vitaux, et l'eau en faisait partie. Matthew lui avait donné son sac en bandoulière avec une bouteille d'eau minuscule qu'il avait prise pour le théâtre et qu'il avait gardée jusqu'ici, elle était vide.
« Amplificatum ! Gemino ! Grommela Gabriel en pointant sa baguette vers la minuscule bouteille qui se mit à grandir en volume jusqu'à atteindre la taille d'un petit bidon d'eau, puis forma une réplique identique. »
Les deux bidons pourraient leur permettre de tenir quelques jours sans avoir besoin de chercher un point d'eau, peut-être moins de deux jours en comptant les besoins en eau supérieurs d'Isabella blessée. Mais l'eau...il ne l'avait pas encore trouvée. Ce qu'il savait sur l'eau c'était qu'en forêt celle-ci coulait toujours vers le bas, il lui suffisait donc simplement de suivre une pente et de se fier à son ouïe fine pour trouver. Ce qu'il fit, Gabriel suivit pendant près de vingts minutes l'inclinaison de la terre, se retournant quelquefois ou tendant l'oreille pour voir si les mangemorts le poursuivaient.
Une odeur âcre lui chatouilla les narines au bout d'un moment, une odeur d'eau croupie et d'humidité très spécifique. Le jeune homme accéléra le pas suivant la trace olfactive jusqu'à atterrir sur un vaste marécage d'où émanait l'odeur. Le premier mot qui lui vint à l'esprit fut verdâtre, tout était verdâtre dans cet endroit. En remontant un peu le cours d'eau qui menait aux marais, il trouva un cours d'eau plus sain grâce auquel il put enfin remplir ses bidons qu'il fourra ensuite dans son sac à bandoulière pour continuer sa recherche.
Il lui restait quelques petites choses à effectuer avant de retourner au campement en espérant que ses amies soient toujours vivants à son retour. Les priorités étaient la nourriture et l'infection qui menaçait Isa à cause de sa blessure à l'épaule, avant de pouvoir lancer une contre-attaque il fallait qu'il remettre ses amis sur pieds en les nourrissant et en les soignant. Certaines plantes avaient des propriétés curatives, son père lui avait appris à les reconnaître alors qu'il n'était qu'un enfant, lui indiquant les particularités variées des plantes.
Son père lui avait bien répété pendant des années qu'il fallait différencier les espèces toxiques et bénéfiques et même si cela remontait à un long moment, le Poufsouffle se sentit parfaitement capable de cueillir quelques réserves qui pourraient s'avérer utiles. Il y avait ces fleurs violettes qui semblaient flétries mais dont toutes les parties pouvaient empoisonner un homme jusqu'à la mort avec quelques grammes, elle était appelée aconit ou tue-loup. D'autres fleurs et plantes toxiques étaient facilement reconnaissables à l'odeur pénétrante qu'elles exhalaient, il lui suffisait de renifler l'air pour les trouver. Heureusement, le garçon trouva également son bonheur du côté des plantes médicinales qui avaient la faculté de désinfecter et d'accélérer la cicatrisation...du moins son père lui avait dit cela.
Une fois la cueillette terminée, Gabriel tomba sur un espace entre les arbres où il pouvait encore sentir la magie dans l'atmosphère. Un trou gigantesque dans la terre formait un cratère, le jeune homme pouvait encore sentir l'odeur de ses deux amis bien cachée sous l'odeur de...pourriture et de mort. En effet, un corps était étendu près du cratère, le corps d'un mangemort. En s'approchant, il comprit que c'était l'homme qu'Isabella avait tué dans la nuit, son cadavre commençait déjà à pourrir, lui faisant froncer le nez de dégoût. Il s'approcha lentement, retenant ses hauts-le-coeur et prit sa baguette qui reposait au sol, elle pourrait s'avérer utile.
Après l'avoir fourrée dans son sac, le Poufsouffle entreprit de quitter cet endroit macabre mais avant qu'il ne puisse faire le moindre petit mètre un bruit étrange parvint à ses oreilles, le crispant momentanément, un bruit semblable à un froissement de cape qui se rapprochait à une vitesse rapide. Il eut juste le temps de grimper précipitamment à un arbre pour voir trois volutes de fumée zigzaguer entre les arbres vers le cratère et former trois hommes qui se posèrent près du cratère, trois mangemorts passablement énervés.
« Abbey a échoué ! S'énerva le chef barbu celui avec qui ils avaient transplané. »
Les trois hommes s'approchèrent du corps de leur acolyte, le contemplant d'un air dégoûté. L'un d'eux semblait vraiment effrayé, il était le plus faible des trois, Gabriel devina ce qu'il se passait dans sa tête tandis qu'il regardait son ami mort. Il devait commençait à douter de son chef, de sa capacité à gérer la situation dans cette forêt. Cela faisait une seule nuit qu'ils étaient là, pourtant ils avaient perdu deux camarades tandis que les gamins qu'ils traquaient étaient indemnes.
« Ces gens sont des sauvages ! Continua le chef impassible. Ils ont tué deux de nos hommes dans cette forêt.
- Peut-être qu'il faut arrêter de jouer le jeu et lancer une attaque pour les tuer, proposa le plus faible. Nous aurions pu les tuer dès le début si nous avions pas joué au chat et à la souris.
- Il a raison, ajouta le troisième mangemort qui n'avait pas encore parlé, on leur a laissé le temps de reprendre le dessus sur nous. Je suis presque sûr qu'il lanceront une offensive très bientôt, ils ne sont plus notre cible, nous sommes la leur. Nous sommes leur proies. »
Le chef tournait autour de l'homme qu'avait tué Isa, il réfléchissait intensément, évaluant leur situation et celle supposée de leurs adversaires qui les avait pris par surprise. Jamais ils ne s'étaient attendus à tomber sur des gamins aussi forts qu'eux, cela faussait toutes ses stratégies, à présent ils n'avaient plus l'avantage. Les autres pouvaient être n'importe où, de plus le garçon qu'ils avaient affronté la veille semblait connaître cette forêt mieux que quiconque, il avait la prestance d'un animal, il était vraiment dangereux.
« Nous les avons cherché toute la nuit, poursuivit le troisième mangemort à l'intention de son chef, nous n'avons trouvé aucune trace de protection magique...ils savent se débrouiller sans magie contrairement à nous. De plus, ils viendront nous trouver à un moment, ils te cherchent car tu es leur seul moyen de partir de cet endroit, de nous échapper. Peut-être que nous devrions transplaner et les laisser pourrir ici.
- NON ! Beugla le concerné. Je ne fuirai pas face à trois stupides gamins et je n'attendrai pas non plus qu'il viennent à moi. Je connais le point faible du garçon d'hier soir et de cette forêt. Ne vous inquiétez pas ! Allez-vous reposer, je vous réveillerai au bon moment pour attaquer. »
Les trois hommes partirent aussi rapidement qu'ils étaient arrivés. Le Poufsouffle put enfin reprendre sa respiration, il attendit quelques minutes, tendant l'oreille, puis se focalisa sur la nourriture, sûr d'être à nouveau en sécurité. La chasse dura une bonne heure durant laquelle le jeune homme renifla le sol, l'analysa pour trouver des traces d'une proie quelconque, un lapin pouvait suffire pour une journée, mais ces derniers étaient assez difficiles à attraper, ils étaient rapides mais pas autant que les lièvres. Gabriel flaira la trace d'un lapin au bout de quelques minutes et se mit à courir dans sa direction. Quelques minutes plus tard, il revenait au campement, le sac à bandoulière plein à craquer.
« Me voilà ! S'exclama-t-il joyeusement en se faufilant sous le dôme de feuilles les protégeant des regards extérieurs.
- Tu es partie pendant plus de deux heures, fit remarquer Isa froidement.
- Pour ramener ce qu'il nous fallait ! Tu as soif ? »
La jeune fille ne répondit pas, sa blessure semblait avoir amplifié sa mauvaise humeur, et puis elle leur avait dit la veille, Matthew et lui étaient les deux hommes qu'elle avait le moins envie de voir, elle n'allait pas se forcer à sourire pour eux. Néanmoins, elle s'empara précipitamment d'un des bidons d'eau dont elle vida un bon tiers d'une traite avant de s'essuyer la bouche, visiblement rassasiée. Cependant, au même moment, son estomac protesta bruyamment, la faisant rougir comme une enfant prise en faute.
Gabriel s'empara du lapin et du poignard qu'Isa avait gardé depuis la veille qu'il nettoya d'un sortilège puis commença à le dépecer tout en racontant sa petite virée et la conversation qu'il avait surprise, sous l'oeil intéressé de sa petite-amie. Pendant ce temps, Matthew allumait un feu en jetant des sorts spéciaux pour empêcher la fumée de laisser trop de traces. L'auror était silencieux, il semblait pensif, la discussion qu'il avait eu avec la jeune fille la veille l'avait chamboulé plus qu'il n'osait se l'avouer. Gabriel ne savait pas quoi dire pour le réconforter, il n'était pas doué pour parler surtout pour tirer les vers du nez à un homme ...les mots n'étaient pas son domaine.
Ensemble ils préparèrent le lapin et le firent cuire à l'aide du feu puis se le partagèrent. Étonnamment ce fut la Serdaigle qui prit la plus grosse part du lapin, se délectant visiblement de son repas, reprenant les forces qu'elle avait perdues à cause de sa blessure. Le fait qu'elle se remette à manger rapidement était bon signe, c'était bien. Une fois le repas terminé, Gabriel enroula grossièrement les restes du lapin dans un tas de feuilles qu'il posa ensuite dans le sac puis il prit les plantes médicinales qu'il avait trouvé et en appliqua sur la blessure de la jeune fille qui grimaçait.
« Tu as aussi pris du poison ? Questionna Matthew en regardant dans le sac. Pourquoi ?
- On peut imprégner nos armes de poison.
- C'est bien...mais nous n'avons pas d'armes.
- Nous avons le poignard, fit le Poufsouffle en montrant la lame luisante. »
Isabella regarda le couteau comme s'il allait lui sauter dessus pour la lacérer, c'était l'arme du crime, l'arme avec laquelle elle avait tué un homme. Elle pouvait encore voir le fantôme de cet homme devant elle, la lame profondément fichée dans sa poitrine. Elle essayait de se répéter inlassablement que tout cela n'était pas sa faute, que tout était arrivé trop rapidement pour pouvoir le maîtriser, que la mort de cet homme sûrement marié était inévitable...pourtant quelque chose l'empêchait de se rassurer, lui nouant la gorge.
« Et puis je vais fabriquer d'autres armes ! »
Tout en disant cela, Gabriel ramassa un long bout de bois et entreprit de le tailler avec le poignard en forme de lance, une longue lance dotée d'une pointe à faire pâlir un sanglier. Il ramassa ensuite d'autre bouts de bois qu'il tailla en une bonne douzaine de pieux plus ou moins longs, il en donna quatre à chacun d'entre eux et une lance. Le jeune homme aurait aussi voulu fabriquer un arc mais il n'avait pas de corde. De plus, avec les pieux qu'il avait confectionnés, il pouvait atteindre une cible à sept ou huit mètres en les lançant avec force.
« Comme cela vous pourrez vous défendre si jamais vous êtes séparés de votre baguette.
- Comment est-ce qu'on va les porter, ils ne rentrent pas dans nos poches.
- Gemino ! Répondit Isa en pointant sa baguette vers le sac à bandoulière. »
Aussitôt, deux répliques du sac original apparurent par magie, ils avaient maintenant trois sacs dans lesquels ils mirent chacun quatre pieux, dont ils pourraient se servir à n'importe quel moment. Cependant mieux valait savoir s'en servir avant de faire une bêtise. Gabriel entreprit de leur apprendre à s'en servir, il se plaça face à ses deux amis et déclara d'une voix forte.
« Prenez un pieux, celui qui vous plaira, et attaquez moi ! »
Isabella prit un pieux un peu long tandis que Matthew opta pour un plus court. Les deux jeunes gens hésitèrent, se lancèrent un regard complice et filèrent droit vers le Poufsouffle. Ce dernier se baissa pour éviter la première attaque de sa petite-amie et la mit à terre en lui tordant la jambe entre ses pieds. Ce contre-temps laissa tout le temps à Matthew pour l'attaquer, il lui envoya deux coups qu'il évita plus ou moins facilement puis il répliqua en tapant dans le bras qui tenait le pieu. Le pieu tomba au sol, laissant au Poufsouffle l'occasion de le frapper à la jambe pour faire contre poids et le pousser.
La deuxième attaque fut tout aussi rapidement maîtrisée par Gabriel qui leur prodigua des conseils tout en les terrassant. Au bout de la quatrième, les deux autres semblèrent se débrouiller un peu plus facilement, leurs mouvements se révélaient plus rapides et les coups de Matthew étaient vraiment puissants, il avait du mal à les stopper, l'obligeant à les éviter, lui faisant perdre du temps précieux. Isabella profitait de ce temps pour frapper à une vitesse hallucinante et à des endroits stratégiques. L'un avait la vitesse, l'autre la force, ils se complétaient et le mettaient en difficulté au fur et à mesure des combats. L'auror, néanmoins, semblait s'adapter plus facilement qu'Isa, premièrement car l'autre était blessée à l'épaule mais aussi car ce n'était pas sa première formation, étant auror, il avait assisté à pas mal de stages.
Une fois l'entraînement au corps-à-corps terminé, le jeune homme décida de leur apprendre une autre technique qui pourrait s'avérer très utile en combat, le lancer d'armes. Ils pouvaient aisément lancer un pieu et faire beaucoup de dégâts en touchant leurs ennemis. Pour faire la démonstration, il s'éloigna d'une ligne formée par trois arbres et se mit à courir en parallèle aux arbres en empoignant trois pieux qu'il lança de toutes ses forces tout en courant. Les trois pieux se fichèrent chacun dans un arbre sous les yeux mi-ébahis, mi-admiratifs des deux autres.
Il leur apprit à les lancer pour qu'ils retombent sur la pointe du pieu, il leur fallut deux bonnes heures pour enfin obtenir des résultats grossiers. Les pieux commençaient à toucher les arbres, même si ce n'était pas du côté de la pointe...de toute manière, lorsqu'ils touchaient du côté de la pointe ils n'étaient pas envoyés assez fort pour s'enfoncer dans le bois. Après s'être entraînés tout l'après-midi, ils mangèrent les restes du lapin et se couchèrent, cachés sous le dôme de feuilles.
« Nous attaquerons demain ! Fit Matthew en fourrant quatre pieux dans son sac.
- Quelque chose m'inquiète, rétorqua Gabriel. Les mangemorts prévoient d'attaquer avant qu'on ne les trouve. Ils vont nous tendre une embuscade d'une manière ou d'une autre. Je ne dormirai pas cette nuit.
- Ça fait deux jours que tu n'as pas dormi, souffla Isabella en regardant le ciel entre les branches, tu as beau être une sorte de loup tu es aussi humain. Laisse-moi surveiller ! »
Il accepta à contre-coeur, essayant de ne pas se fier à son instinct qui criait au danger, ce n'était pas le moment de rouspéter face aux idées de sa petite-amie. Celle-ci semblait chercher le moindre prétexte pour évacuer sa mauvaise humeur, elle lui lança un regard provocateur, l'incitant à répondre mais il ne répondit pas et se coucha, gardant sa lance fraîchement taillée et sa baguette contre lui, prêt à réagir à la moindre alerte. L'auror eut le même réflexe, par instinct, il garda toutes ses armes de défense prêt de lui. Pendant ce temps la Serdaigle, adossée à son sac, contemplait le ciel d'un oeil morne.
Les quelques mots qu'elle avait échangé la veille avec Matthew lui trottaient dans la tête depuis son réveil ce matin, elle ne pouvait s'empêcher de se poser des questions, de chercher des réponses. Il fallait qu'elle résume tout cela avant de pouvoir vraiment être prête à écouter les aveux. Il fallait qu'elle puisse comprendre et accepter ce qu'il allait lui dire...elle avait besoin de tout lister pour se faire une idée de ce qui était arrivé une douzaine d'années plus tôt, de rassembler ses idées.
Bellatrix Lestrange, fidèle lieutenant, avait perdu son maître Lord Voldemort seize années plus tôt terrassé par Harry Potter. Pendant presque trois années, elle avait cherché sans relâche un moyen de le ramener à la vie, de le retrouver. Puis elle avait tenté des expériences, sur des enfants, les choisissant parmi des familles de sang-purs, suivie par ses acolytes dont Matthew Even, poussé par son père. Bellatrix avait ensuite choisi les enfants Smith, Isabella Smith et sa petite soeur, Lena encore dans le ventre de sa maman.
Elle était d'abord venue prévenir les parents, accompagnée de ses subordonnés leur expliquant que leurs deux filles disparaîtraient pendant un temps et qu'elle viendrait les chercher à la naissance de Lena. Son père avait alors refusé catégoriquement, sachant pertinemment qu'il ne pourrait protéger sa famille indéfiniment d'une femme comme Bellatrix, pourtant il avait décidé de défendre sa famille au prix de sa propre vie s'il le fallait. Puis Lena était venue au monde et comme convenu, accompagnée de quelques mangemorts, Lestrange était venue s'approprier les enfants.
Ce jour là, leur père les avait protégé peut-être de sa vie...Isabella ne le savait pas mais dans tous les cas il n'avait pas réussi à les en empêcher, Bellatrix avait quand même pris les enfants, aidée de Matthew et avait fait des expériences sur eux. A présent, tout le monde savait ce qu'il s'était passé, même sa mère, sauf elle. Le problème étant qu'elle ne savait pas si elle voulait la vérité, si elle était prête à l'entendre, le peu de souvenirs concernant son père qu'elle gardait près d'elle l'éblouissaient à chaque fois. Elle ne voulait apprendre de sombres nouvelles risquant de noircir son tableau idyllique.
La Serdaigle s'efforça de ne plus penser à cela mais les seuls moments où elle mettait toute cette histoire de côté une autre prenait le dessus. Il y avait aussi Gabriel, le jeune homme faisait tout pour éviter ses responsabilités en gambadant innocemment dans la forêt. Elle lui avait tout dit dans le Poudlard Express, peut-être qu'il était amoureux d'elle à présent mais elle avait perdu sa confiance et il fallait qu'il lui prouve, qu'il lui montre qu'il tenait à elle, qu'il trouve un moyen de s'exprimer une bonne fois pour toutes.
Perdue dans ses pensées, la jeune fille n'entendit pas le crépitement caractéristique qui semblait se rapprocher, elle ne sentit pas non plus l'odeur de bois brûlé qui flottait dans l'air. Ce qui la fit réagir fut la fumée qui s'insinua sournoisement dans sa gorge, la brûlant, l'obligeant à tousser comme une folle, recrachant pratiquement ses poumons. Elle mit immédiatement ses sens en éveil, perçut toutes ses choses qu'elle avait manqué quelques secondes auparavant.
« Ho...putain..., murmura-t-elle. REVEILLEZ-VOUS ! LA FORET A PRIS FEU ! »
En effet, au loin entre les arbres, Isa pouvait voir les flammes qui dévoraient tout sur leur passage déversant dans leur sillage une fumée étouffante qui brûlait déjà ses narines. Gabriel bondit sur ses pieds comme un animal soudainement pris en chasse et huma l'air chaud qui emplissait l'atmosphère. Ses cheveux bruns étaient ébouriffés, son instinct l'avait lâché une seconde le faisant tomber dans un sommeil profond. Le réveil était brutal, trop brutal pour lui, il prit son sac qu'il jeta sur son épaule.
« PRENEZ VOS SACS ET COUREZ ! ILS ONT MIS LE FEU ! LES MANGEMORTS ONT MIS LE FEU ! »
Pour la première fois depuis qu'ils étaient dans cette forêt, Isabella aperçut la peur dans les yeux de son petit-ami et comprit immédiatement que le feu l'effrayait plus que les mangemorts eux même. Le feu était traître, c'était une force que personne ne pouvait maîtriser à grande ampleur, une force qui détruisait les arbres et les hommes pour ne laisser que des cendres. Gabriel était réellement effrayé par les flammes qui léchaient le sol et les arbres, se dirigeant vers eux comme pour les engloutir. Matthew et Isa s'emparèrent de leurs sacs et les trois jeunes gens se mirent à courir aveuglément à l'opposé du feu.
Gabriel menait la fuite en première ligne il se frayait un chemin entre les buissons, les arbustes, totalement obnubilé par le fait qu'il fallait s'éloigner le plus possible du feu qui grondait derrière eux, il ne faisait pas attention aux branches qui lacéraient ses habits et lui égratignaient le visage et les bras. Des explosions retentissaient dans leur dos, les arbres sans vie implosaient, des craquement sinistres déchiraient la nuit, leur vie était menacée et la seule chose qu'ils pouvaient faire était fuir inlassablement. Une explosion plus puissante et plus proche que les autres leur brûla la peau du dos et manqua de les faire trébucher.
Le Poufsouffle filait comme un loup apeuré, ce qu'il était, les deux autres avaient du mal à suivre son rythme, sa vitesse animale lui permettait de prendre de l'avance et de prendre le rôle d'éclaireur, il sentait que quelque chose n'allait pas, mais il ne comprenait pas quoi alors il se contentait de sautiller entre les arbres en regardant alentour pour voir une trace des mangemorts. Ces derniers n'étaient pas là, il ne sentait pas leur présence, ses sens étaient faussés par le feu qui gagnait du terrain sur eux, pourtant il était sûr que leurs ennemis avaient déclenché ce feu, alors pourquoi n'en profitaient-ils pas pour les achever quand ils étaient vulnérables ?
Matthew comprenait parfaitement ce qui était entrain de se passer pour sa part, il connaissait cette stratégie qu'opéraient les mangemorts. Ils essayaient de leur tendre une embuscade de les forcer à se diriger vers un endroit précis pour ensuite les achever. Les flammes n'étaient pas destinées à les tuer, juste à les repousser, à les épuiser puis éventuellement à les blesser. Elles n'étaient que le piège qui se refermait lentement sur eux. De toute manière, ils ne pouvaient retourner en arrière pour stopper le monstre de flammes qui ne demandaient qu'à les dévorer et se repaître de leur chair calcinée, il fallait qu'ils se jettent dans le piège tête baissée, c'était ça ou mourir cramé.
Tous les pores de leur peau semblaient brûler à petits feux, comme aspirés par le tourbillon de flammes qui les rattrapait peu à peu, grignotant la terre à une vitesse anormale. Le feu ne pouvait être naturel, ils avaient du l'invoquer grâce à un sortilège spécial et le contrôler à distance. Le fait de ne pas voir où se trouvait le réel ennemi inquiétait Gabriel qui tenait sa baguette dans une main et sa lance dans l'autre tout en zigzaguant entre les arbres, prêt à en découdre avec n'importe quel assaillant. La fumée s'insinuait doucement dans leur corps par leurs narines et leur bouche, les dévorant de l'intérieur, les faisant tousser comme des damnés et perdre leur respiration.
Isabella pleurait toutes les larmes de son corps sans qu'elle puisse se maîtriser, la fumée lui brûlait les yeux également, elle sentait ses cheveux brûlants voler derrière elle, roussis. L'atmosphère était étouffante, la jeune fille suffoquait, sa blessure à l'épaule était de nouveau douloureuse, lui faisant serrer les dents à chaque choc trop brutal comme un dérapage ou un saut par dessus une souche. Le pire était qu'elle l'avait prédit, elle avait rêvé de ses flammes qui menaçaient de la tuer elle et ses amis, elle aurait du être sur ses gardes mais encore une fois elle échouait et se retrouvait à courir comme si elle avait le diable collé aux chaussures...c'était pratiquement le cas. Si elle n'avait pas le diable à ses trousses, elle avait néanmoins le feu de l'enfer.
Soudain, une volute de fumée noire apparut entre les arbres aux dessus d'eux, suivie de deux autres, les trois mangemorts les avaient trouvés. Matthew pointa sa baguette en l'air avec détermination, une détonation puissante retentit, un sortilège explosif effleura un des trois ennemis qui ne répliqua pas. Il préféra pointer sa propre baguette devant Gabriel qui était en première ligne et visait un des mangemorts avec sa lance. Les flammes d'une taille gigantesque s'échappèrent de sa baguette et filèrent vers le bosquet droit devant eux.
Gabriel eut juste le temps de projeter sa lance de toutes ses forces avant de faire un bond en arrière pour éviter l'explosion du bosquet mais se réjouit d'entendre un cri de douleur une seconde plus tard et devina qu'il avait empalé la jambe d'un des trois hommes. Les flammes du bosquet se propagèrent immédiatement vers les arbres devant eux, formant un mur infranchissable devant, sans oublier le feu qui les forçait à fuir et qui grondait derrière eux. Isa agita avec affolement sa baguette en gueulant d'une voix rauque:
« AGUAMENTI ! »
L'eau s'évapora avant même de sortir de sa baguette tout comme l'eau de son corps qu'elle sentait disparaître rapidement. Il ne leur restait plus qu'une solution, virer vers la droite et continuer à fuir, ce qu'ils firent précipitamment. Matthew jetait des sortilèges de protection dans leur sillage, essayant vainement de retenir les langues de feu qui commençaient déjà à leur lécher les pieds. Les mangemorts avaient disparu, le Poufsouffle pensa simplement qu'il devait s'occuper de celui qu'il venait de blesser, les ralentissant un peu.
Ils atterrirent soudainement sur ce qu'ils crurent être une clairière, mais en faisant un bond en avant le jeune homme s'enfonça jusqu'à la taille dans une eau boueuse. Il se retrouvait dans le marécage qu'il avait découvert un peu plus tôt dans la journée. Isabella ne réfléchit pas longtemps et plongea à son tour, entre des marécages et des flammes, le choix était vite fait. Matthew finit par se résoudre à son tour, observant le feu qui s'était subitement arrêté à la lisière de la forêt comme si une force magique l'empêchait de s'attaquer aux marécages. Le feu se propagea tout autour de l'espace des marais, les piégeant dans ces eaux immondes.
« C'est ici qu'ils voulaient nous emmener ! S'écria l'auror en réalisant que le piège s'était refermé autour d'eux, que les autres n'avaient plus qu'à les dévorer. »
Les trois jeunes gens se hâtèrent de nager, ou plutôt ramper vers une zone où le sol était dur, ils se placèrent tous les trois dos les uns aux autres. Matt leva sa baguette et se mit à hurler des sortilèges de protection autour d'eux même s'il savait pertinemment que c'était inutile, ce n'était qu'une question de temps avant que les mangemorts ne les rejoignent et se délectent de leurs proies. Pendant quelques secondes, il n'y eut aucun bruit, un silence apeuré s'était emparé des trois jeunes gens, ils se contentaient de hoqueter et de reprendre difficilement leur respiration, le seul bruit qui ponctuait tout cela était le crépitement du feu magique qui les encerclait.
Trois volutes de fumée noire s'élevèrent au dessus des arbres dans la nuit et filèrent droit vers eux avant de survoler leurs maigres protections magiques. Ils étaient finis, c'était sûr et certain pourtant lorsqu'Isabella jeta un coup d'oeil aux deux autres pour voir leur désespoir identique au sien, elle ne vit qu'une détermination combative, une envie indicible d'en découdre, de mettre fin à la course poursuite. Cela suffit à l'enhardir, elle serra sa baguette dans sa main et fourra une main dans son sac pour en sortir un pieu d'une longueur convenable.
« On a pas le droit à l'erreur, nous n'avons pas de couverture, aucun lieu pour nous cacher, nous sommes fichus. Notre seule chance consiste à les attaquer avant qu'ils nous attaquent pour prendre le dessus rapidement, le problème c'est qu'ils le savent aussi et qu'ils ne feront aucune erreur. On doit les avoir. »
Les trois mangemorts s'attaquèrent soudain à leurs protections, les détruisant les unes après les autres avec de plus en plus de vigueur, ils tournoyaient dans les airs autour d'eux inlassablement, détruisant leurs défenses sans sourciller. Un tremblement du à l'adrénaline secoua les bras des jeunes gens, Gabriel tenait un pieu dans chaque main, tandis que les deux autres avaient toujours leur baguette dans une main et un pieu dans l'autre. Puis leur dernière protection se désagrégea dans un fracas insoutenable. Un tonnerre de cris retentit.
« STUPEFIX ! PROTEGO ! IMPEDIMENTA! CONFRINGO ! Beuglèrent-ils tous en même temps ne sachant qui faisait quoi. »
Aussitôt, Gabriel lança deux pieux vers le chef des mangemorts qui évita le premier et dut invoquer un charme de bouclier pour stopper le second. Isa en envoya un vers le plus faible des ennemis tout en jetant un sortilège de stupéfixion, il dévia facilement le sortilège mais l'arme lui érafla le bras, ce qui ne suffisait bien sûr pas à le mettre hors d'état de nuire. Avant que le Poufsouffle ne puisse de nouveau attaquer le chef, ce dernier lui jeta un sort explosif qui le projeta à terre et l'assomma aussi sec. Seul Matthew eut un résultat décent, il réussit à ralentir les mouvements du troisième mangemort avec un sort bien placé, lorsque le sort prit fin le mangemort tomba à terre.
Matthew engagea un duel à mort avec son adversaire tandis qu'Isa se débattait contre les attaques incessantes du sien et tentait de ripostait tant bien que mal. Gabriel était terrassé, il était allongé au sol et ne semblait plus capable de se relever. La jeune fille recula pour le protéger et se battre contre le chef également, les pieds ancrés au sol, mais ce dernier d'un coup de baguette fit exploser son charme du bouclier. L'auror ne pouvait rien faire, il affrontait déjà un des trois hommes. Un rire grave s'échappa d'entre les lèvres du chef lorsqu'il la la força à s'agenouiller, levant sa baguette pour la tuer une bonne fois pour toutes celles où il l'avait ratée.
Au même moment, toutes les flammes qui encerclaient les marécages disparurent subitement, un cri inhumain retentit, un cri animal, le cri d'un loup. Quelque chose se passait mais à en juger par la tête que faisait les mangemorts, ceci n'était pas de leur ressort. Un silence étrange s'installa dans les marécages, tous arrêtèrent leurs actions pour tendre l'oreille, Matt et son ennemi avaient stoppé leur duel, le chef retenait son geste destiné à tuer Isa. Celle-ci reposait par terre près de Gabriel, elle jetait des coups d'oeils de tous les côtés pour déterminer la provenance de ce cri sauvage.
Soudain, sous leurs yeux ébahis, deux loups au pelage clair apparurent à l'ombre des arbres, ils se mirent à grogner puis se lancèrent à l'assaut. L'un d'eux s'attaqua au mangemort qui affrontait Matthew, ce dernier voulut se transformer en fumée mais c'était trop tard, le loup avait déjà planté ses dents dans son bras et le broyait avec une force hallucinante, le faisant hurler à la mort. L'autre loup évita les sortilèges que les mangemorts lui lancèrent avec aisance, choppa Gabriel à la cheville et le traîna vers l'ombre des arbres, comme pour le cacher, le mettre à l'abri.
Isabella ne prit pas le temps d'analyser la situation, tout ce qu'elle comprit fut que c'était leur chance de sortir de cette impasse, de survivre. Elle courut droit vers l'auror qu'elle attrapa d'une main en priant pour que leurs ennemis ne les neutralisent pas puis ils foncèrent tous les deux à l'abri de la forêt. En jetant un coup d'oeil derrière elle, la jeune fille comprit pourquoi ils n'essayaient pas de les neutraliser, les trois hommes faisaient face à un nouvel adversaire, elle ne put distinguer s'il s'agissait d'un homme ou d'un loup tellement la forme brune qu'elle voyait jeter ses ennemis à terre était massive. Le loup qui avait attrapé le Poufsouffle le déposa derrière un arbre gigantesque puis repartit au combat, les deux jeunes gens s'assirent à côté de leur ami, cachés par l'arbre et attendirent, grisés par leur fuite réussie pour le moment et par leur sauveur in extremis.
John ouvrit les yeux péniblement, puis les referma aussitôt avant de les cligner pendant quelques secondes. Fermer ou ouvrir les yeux ne faisait que peu de différence tant la pénombre de la pièce était persistante. Il faisait noir, tout était noir dans ce qui semblait être une cellule de prison. Les murs, le sol en pierre noire ressemblant à de l'onyx en un peu moins lisse, tout noir. Il n'y avait aucune fenêtre, pourtant il faisait très froid, l'odeur salée de la mer flottait dans l'air,Le jeune homme peinait à voir sa main tendue devant lui.
Il pouvait distinguer une ouverture triangulaire qui semblait être la sortie de la pièce mais des barreaux aussi sombres que le reste bloquaient le passage. Il pouvait distinguer le couloir pour le moment vide et une autre cellule en face. Cependant cette dernière n'avait plus de barreaux, apparemment son prisonnier n'avait plus besoin de barreaux pour être retenu ici. Un souffle étrange provenait du couloir mais le Gryffondor ne put distinguer s'il s'agissait du souffle du vent ou d'un détraqueur qui gardait ce couloir de la prison. En tout cas si l'un d'eux passait près de là, il ne le voyait pas, ce qui au fond n'était pas plus mal.
« Un nouveau venu... »
Soudain un murmure retentit dans l'ombre de la cellule d'en face, le murmure résonna dans toutes les cellules alentours, tout le monde reprit la nouvelle, tous les habitants des autres cellules. C'était leur moyen à eux de communiquer et une minute plus tard, la prison toute entière avait appris la nouvelle. Des centaines de voix d'hommes et de femmes emprisonnés retentissaient de tous les côtés. Néanmoins, les murmures se turent rapidement, laissant comme toujours place à un silence étrange.
C'était le genre de silence que John ne pouvait supporter tellement il était empli de désespoir. Ce silence commun à toute la prison était l'exemple parfait de l'état de ses habitants. Ils n'avaient plus d'occupation, plus de vie, ils n'avaient plus la force de vivre et cela se ressentait. C'était pour cette raison que la cellule d'en face n'avait pas de barreaux, les prisonniers n'avaient plus la volonté de s'enfuir, ils s'enfonçaient dans leur propre silence. Ils mourraient à petit feu...
Le jeune homme ne le savait pas, mais les autres avaient déjà fait un pari sur le temps que la prison prendrait pour le rendre fou. C'était tout ce qui restait aux prisonniers restants, parier sur leur propre déchéance, sur la volonté restante des nouveaux-venus. C'était également leur seul moyen de survivre, en un sens, les paris leur permettaient de tenir bon, les forçaient à garder emprise sur leur esprit plus longtemps. Lorsque même les images les plus heureuses concernant la famille disparaissaient, il ne restait plus que cela de réel. Parier sur leur propre fin.
Comme pour se prouver à lui-même qu'il n'était pas encore mort dans Azkaban, que tout n'était pas encore parti, le Gryffondor se plongea dans ses propres pensées. Les premières images qui lui vinrent en tête furent celles de Hyden, presque immédiatement des frissons secouèrent son corps, avant même qu'il ne s'en rende compte les frissons laissèrent place à des spasmes et il retint ses larmes au prix d'un effort surhumain, ne sachant si c'était réellement une bonne chose de pouvoir encore se souvenir des personnes qu'il ne reverrait pas.
Leurs débuts n'avaient pas été très faciles, pas faciles du tout en fait. Leur opposition commune à Ombrage les avait rapproché, cette dernière avait, en quelque sorte, déclenché leur relation et même si cette femme était la plus grande pétasse au monde (après Bellatrix), John la remerciait infiniment pour cela. Ensuite, Isabella, comprenant le désir qu'ils avaient l'un pour l'autre avait tout fait pour les rapprocher, pour qu'ils avouent qu'ils ne se laissaient pas indifférents, la jeune fille trépignait d'impatience en les voyant tourner autour du pot.
Puis il y avait eu les rumeurs sur l'homosexualité de Hyden que les Serpentards avaient fait circuler jusqu'à sa propre mère. Cette dernière avait envoyé une lettre chargée de haine, le jeune homme se rappela avoir senti un mélange de compassion mais aussi de détermination féroce. Il s'était fait berné une fois par un garçon qui ne s'assumait pas, Gabriel. Il l'avait aimé et l'avait regretté. Pourtant il avait envie d'aider ce garçon aux yeux noirs, ce garçon qui promettait de nombreux problèmes, qui ne semblait pas être facile, John sentait qu'il risquait de laisser passer sa chance, alors il l'avait saisie au vol, se dévouant pour aider le brun, pour l'empêcher de tomber entre les griffes de sa mère. Il savait que cette histoire ne serait pas de tout repos mais il avait essayé.
Les deux jeunes gens avaient toujours été opposés, ils avaient tous les deux vécu des choses éprouvantes mais avaient eu leur propre moyen de les gérer avant même de se rencontrer. Le Gryffondor avait perdu son père et avait eu le coeur brisé par Gabriel mais il avait décidé de continuer à sourire, de passer outre pour s'ouvrir à la vie, c'était dans ce contexte qu'il avait rencontre l'ex-Serpentard. Ce dernier était rempli d'hésitations, de peur, il ne voulait plus faire d'erreurs, il ne reconnaissait plus ses bonnes de ses mauvaises actions et le blond était la limite à franchir. Le blond avait senti sa peur, il avait su lui apprendre que l'erreur était de s'occuper du regard des autres. L'ex-Serpentard avait franchi la limite.
Bien sûr, de nombreux dérapages avaient secoué le couple qu'ils formaient peu à peu sans vraiment s'en rendre compte. John s'était énervé une bonne centaine de fois pour faire comprendre à son amant qu'il fallait qu'il se laisse aller. John avait eu peur pendant une longue période, la première trahison dont il avait été la victime l'avait traumatisé, il n'avait aucune envie que Hyden se retourne subitement et le laisse derrière lui pourtant il n'avait pas montré sa propre peur pour prendre soin de son amant, sachant parfaitement que tout reposait sur un château de cartes.
Le blond se rappelait la première fois qu'ils avaient dormi ensemble, dans la tour d'astronomie, la deuxième fois dans la cabane hurlante. Leur premier baiser près des serres de botaniques, alors qu'ils prévoyaient de s'enfuir par la forêt interdite. Leur rapprochement avait été assez rapide quand même, passée l'hésitation avant de se jeter à l'eau. Leur première dispute avait eu lieu dans la cabane hurlante, Hyden avait hésité une dernière fois, il lui avait dit vouloir être son ami avant de lui avouer qu'il l'aimait.
A partir de ce moment, tout avait été parfait, pendant quelques jours le Gryffondor avait enfin trouvé son bonheur, son amant lui avait enfin ouvert ses portes et ils en profitaient tous les deux. Puis Miranda Even avait récupéré son fils par la force, lui faisant un lavage de cerveau intensif pendant deux longs mois. Lorsque le brun était revenu à Poudlard après les vacances...le blond avait senti son coeur exploser en remarquant le changement soudain. C'était comme si tout se brisait alors qu'il ne restait qu'un pas à faire pour avoir une belle vie, comme si son monde s'écroulait.
Les larmes de John s'arrêtèrent doucement de couler sur ses joues, il s'adossa à un des murs de sa cellule, un sourire serein fleurit sur son visage. Oui, à ce moment là son monde s'était brisé, pourtant contrairement à sa relation avec Gabriel qu'il avait immédiatement cherché à oublier, il s'était accroché à sa relation avec Hyden, c'était cela qui avait fait la différence. Ils étaient restés amis et il avait fallut un événement horrible pour qu'Hyden se rende compte qu'il tenait à lui plus qu'il ne le pensait.
Un détraqueur passa dans le couloir, lentement, perfidement, glissant sur le sol en silence, sa longue cape noire déchirée flottant derrière lui, aspirant toute trace de bonheur sur son passage, toute trace de vie. Pourtant le sourire sur les lèvres du jeune homme s'étira, illuminant son visage, gonflant son coeur, les souvenirs agissaient comme un patronus. A partir de ce moment, le brun l'avait protégé, l'avait aimé comme jamais personne ne l'avait aimé mis à part sa mère. Pour la première fois, John sentait qu'il avait trouvé la bonne personne, celui qui ne pouvait s'empêcher de dormir après lui pour être sur que lui s'endormait paisiblement, qui le sauvait des griffes du ministère et qui lui faisait l'amour avec tendresse.
« Tu as quel âge, petit ? Interrogea une voix rauque, comme usée provenant de la cellule d'en face.
- 16 ans et vous ? Répondit le blond d'une voix tremblante.
- Que-fais-tu ici à cet âge ? Tu pourrais être mon fils ! »
L'homme semblait épuisé, pas physiquement mais mentalement, sa voix traînante pouvait bien appartenir à un fantôme. John ne pouvait percevoir son corps de l'autre côté du couloir mais il devina que ce dernier était couché à même le sol, sa respiration était aussi lente que celle des détraqueurs, lui donnant un côté un peu effrayant, pendant un moment, John se demanda s'il était entrain de parler à un détraqueur mais ce n'était pas le cas. Il y avait quand même une once d'humanité dans la voix de l'homme.
« Et vous, que faîtes-vous ici et comment vous vous appelez ? Demanda-t-il.
- La raison de ma venue est une sombre histoire, beaucoup de personnes m'ont trahi, ma propre famille m'a trahi à plusieurs reprises. Mon nom te sera inutile, petit, les noms sont inutiles par ici, la chose la plus importante ici est le silence, et le temps. Le temps qu'il te restera avant que tu ne cesses de sentir le sang couler dans tes veines, te raccrochant la vie. Le temps avant que tu ne deviennes qu'un spectre sans âme, que tu sois dévoré lentement par ta propre folie et ton propre désespoir comme tous ceux qui restent ici plus de quelques mois.
- Depuis combien de temps êtes-vous là ?
- Une année, murmura l'homme, une longue année dans cette cellule à voir les détraqueurs passer et repasser. On disait que les détraqueurs avaient quitté Azkaban pour se rallier au Seigneur des ténèbres. C'est faux, il se sont bien ralliés au Seigneur des ténèbres mais ce dernier a pris possession de la prison et y a laissé quelques monstres la surveiller. Les prisonniers sont les siens, les mangemorts ne sont plus là, il n'y a plus que des hommes, des femmes et des enfants comme toi. »
Sa façon d'appeler Voldemort était étrange, il l'appelait comme s'il était une sorte de fanatique mangemort. Son ton changeait lorsqu'il le nommait, il prenait un ton doucereux, très étrange. John fronça les sourcils, se rapprochant des barreaux qu'il serra entre ses mains. S'ils étaient tous les deux bloqués dans cet endroit horrible autant qu'ils en profitent pour communiquer, aucun des deux ne semblait supporter le silence qui régnait, mieux valait le briser une bonne fois pour toute et le plus longtemps possible.
« Alors, c'est la faute à Voldemort si vous êtes ici ?
- Ne prononce pas son nom ! Mugit soudainement l'homme d'une voix forte. Sale insolent ! Tu ne sais pas pourquoi il se bat et ce qu'il fait pour notre bien ! Tu n'es rien face à lui, nous sommes rien face à lui, nous ne méritons pas de prononcer son nom !
- Vous êtes un fanatique ? Rétorqua John, surpris par tant de colère. Un mangemort ?
- Non...mais je suis d'accord avec tout ce qu'il a fait ou dit. Les sorciers, les vrais sorciers méritent de prendre le dessus sur les moldus, nous sommes une race supérieure. Les races supérieures ont toujours pris le dessus. Les sorciers doivent prendre le dessus, les vrais sorciers
- Dans tous les cas, vous, le vrai sorcier, êtes ici en prison et lui se pavane à l'extérieur en tuant des centaines d'innocents. »
L'homme ne répondit pas, le Gryffondor l'entendit murmurer des paroles inaudibles. Ils venaient de comprendre tous les deux qu'ils étaient opposés, qu'ils ne pourrait jamais s'entendre, les idées et la fierté de l'homme en face étaient trop tranchées pour qu'il se laisse faire. Toutefois le jeune homme avait marqué un point, si l'autre était d'accord avec Voldemort, alors que faisait-il emprisonné à Azkaban avec un gamin comme lui. Quelque chose ne tournait pas rond.
« Pourquoi ne sont-ils pas venus vous chercher ? J'ai entendu dire que les mangemorts avaient délivré tous les partisans de Voldemort -un grognement retentit à la mention de Voldemort-, pourquoi ne vous ont-ils pas délivré ? »
Le fanatique mit un temps interminable avant de répondre, pendant une seconde John crut qu'il s'était endormi mais au bout d'un moment sa voix rauque brisa à nouveau le silence.
« Je leur suis inutile, je n'ai pas assez de courage pour être mangemort, répliqua le fanatique d'une voix amère. Je préfère envoyer des personnes au combat à ma place, je les ai forcé à devenir mangemorts et ils m'en ont voulu par la suite.
- Des personnes ? »
Le ton amer sur lequel il avait craché ces mots interpella John, celui-ci devina, plus que comprit, que cet homme était un lâche. Un homme puissant mais lâche, son pouvoir n'était pas dans ses actions mais dans ses mots, il avait persuadé des gens de rejoindre le combat aux côtés de Voldemort, n'ayant pas la force de le faire lui-même. Le jeune homme baissa les yeux, il avait stupidement espéré tomber face à un homme normal. Pas un homme emmuré dans sa propre fierté et lâcheté. Il ne répondit pas à sa question, ne dévoilant pas de qui il s'agissait.
« Et toi, petit, pourquoi es-tu ici ?
- Ce que je vais dire ne va pas vous plaire mais je vais le dire de toute manière. Il y a trois ans à peu près, un monstre est réapparu, le plus grand des mages noirs, j'avais déjà entendu parler de lui et des horreurs, désastres qu'il avait engendré à lui seul. Puis il a commencé à s'attaquer à des gens comme moi, des nés-moldus, des moldus, des innocents...il les a tous tué les uns après les autres et pourtant j'étais bien au chaud à Poudlard, m'horrifiant simplement des désastres qui revenaient au galop. Puis Voldemort a attaqué ma famille, ses mangemorts ont tué ma mère, ils ont attaqué sans relâche mes amis et la personne que j'aimais. Et tout ça dans le silence, le même silence qui règne dans cet endroit, très peu de personnes ont osé se révolter contre ce massacre, j'ai voulu faire partie de ces gens et protester à mon tour...en chantant. »
L'homme avait tiqué à l'entente du nom de né-moldu, sa respiration similaire à celle des détraqueurs avait repris de plus belle. Le Gryffondor pouvait presque sentir la tension émaner de l'homme qui, couché dans sa cellule, fulminait en silence, écoutant le discours d'un garçon de seize ans qui racontait les choses telles qu'il les avait vu avec honnêteté et simplicité.
« Et j'ai chanté, j'ai fais entendre ma voix que les gens ont écouté, je les ai appelé avec mes amis à se lever pour protester. Mais nous avons fait notre dernier concert, hier ou avant hier je ne sais plus. J'ai plus de notion du temps ici. Les mangemorts ont lancé une embuscade, ils ont tué tout le monde, même les femmes et les enfants, ils en ont torturé, c'était un massacre et tout ça par ma faute et celle de votre maître Lord Voldemort ! Ils m'ont attrapé...
- Pourquoi ne t'ont-ils pas tué, petit ? Maugréa l'homme. Tu es celui qui a organisé le concert , tu es la cause de tout ça.
- Je suis le fils de Lucius Malefoy...
- Tu es Draco Malefoy ?
- Non je ne suis pas Draco Malefoy...mais nous savons tous les deux que les noms ne sont pas importants ici, répéta John en souriant, ce qui est important c'est le temps qu'il nous reste avant de sombrer dans la folie, puis dans la mort. »
Un rire étrange résonna dans la cellule d'en face, un rire tout aussi fatigué que les paroles du fanatique, un rire tout aussi usé que son esprit. Le blond devina que jamais l'homme n'avait rigolé auparavant dans cette prison, son rire était puissant, comme s'il le retenait depuis une année et qu'il cherchait la moindre petite excuse pour enfin se libérer de ce poids-là. Il lui communiqua son rire, pendant plus d'une minute les deux garçons rirent comme des fous, ne pouvant se maîtriser, c'était plus pour se libérer que par rapport à la phrase morbide du blond. Puis un détraqueur passa, déversant son aura glaciale et mettant fin à leur rire en moins d'une seconde. Pendant plus de dix minutes, un silence de plomb forma comme une barrière entre eux. (1)
« Dîtes-moi, questionna John pensif, il y a des choses que vous regrettez de votre vie passée et dont vous vous rendez compte maintenant ?
- Cela fait à peu près une heure que tu es réveillé dans ta cellule et tu te poses déjà cette question ?
- Sérieusement, que regrettez-vous plus que tout au monde ? »
Listen listen
Listen listen
Listen listen
Un silence pensif prit place entre les deux hommes, l'un attendait une réponse et l'autre réfléchissait intensément. Ce petit homme qui avait réussi à le faire rigoler derrière ses barreaux était intéressant, quelque chose, une force mystérieuse, le poussait à tout lui raconter, à mettre sa vie à plat pour tout relater sans mentir et dire pour la première fois de sa vie ce qu'il ressentait vraiment. Il n'avait rien à perdre, il ne connaissait pas le garçon et lui non plus ne le connaissait pas.
« J'ai eu des enfants...des fils. Je...je n'ai jamais pensé que j'allais être un bon père, c'est comme ça, je le sentais, pourtant, il fallait que je transmette mon héritage à des enfants, que je fonde une famille. Alors j'ai fais des enfants...et comme je l'ai regretté !
- Vous avez regretté d'avoir donné la vie ? Vous êtes fous, je connais une personne qui donnerait sa vie pour avoir un enfant.
- Laisse-moi finir ! Oui j'ai regretté d'avoir des enfants, mais s'il y a une chose que j'ai regretté encore plus, c'est de ne pas savoir m'en occuper. Je les ai fait couler les uns après les autres, consciemment et inconsciemment, ils ont sombré par ma faute. Je regrette toutes mes erreurs. La première a été de forcer mon premier fils à devenir un mangemort , je lui ai dit que rejoindre le Seigneur des ténèbres serait bénéfique à sa réputation et comme le fils sage et innocent qu'il était, il a accepté. Il a fait et vu des choses horribles qui l'ont traumatisé, un jour il est revenu en me hurlant qu'il arrêtait de m'écouter, qu'il ne voulait plus jamais me voir ou entendre parler de moi...puis il s'est retourné et il a laissé sa famille derrière lui...par ma faute...il m'a jeté ma première erreur à la figure et il s'est éloigné de moi...Matt... »
Listen to each drop of rain
Magically searching for someone to hear
That story be more than it hides
Each droplet long gone ?
John n'entendit pas le dernier mot, il eut envie de baisser les yeux pour regarder ses pieds, mais il ne le fit pas, au lieu de cela il fixa un point dans la pénombre de la cellule d'en face, même sans pouvoir distinguer l'homme. Il riva ses yeux sur ce qu'il pensait être le corps de l'homme, contemplant sa déchéance, la déchéance d'une vie que ce dernier s'était employé à briser tout seul. Il avait passé sa vie à détruire la vie de son entourage, détruisant la sienne par la même occasion. Il était tombé bien bas pourtant, John ne détournait pas son regard, le jeune homme ne voulait pas être triste face à la vie d'un homme qui ne remarquait ses erreurs que trop tard.
« Puis il y a eu mon deuxième fils, j'ai vraiment été le plus stupide des pères, j'avais fais une erreur avec le premier et je la répète avec le second. Pourtant j'avais été prévenu, mon premier fils m'avait jeté mon erreur à la figure mais au lieu de penser que c'était ma faute j'ai juste cru qu'il était trop faible. Alors j'ai forcé mon deuxième fils à devenir mangemort à son tour. J'ai réussi...je crois. Il est devenu puissant, trop puissant exactement comme je l'espérais. Ce fut là ma seconde erreur et la plus grosse je crois, je l'ai transformé en un homme encore plus monstrueux que moi, les mangemorts l'ont pris sous leur aile et l'ont éloigné de moi. Aujourd'hui je croupis en prison et lui ne vient pas me sortir de là, sous les ordres de son maître. Cette erreur que j'avais failli commettre avec mon premier fils s'est révélée précisément exact chez le second...je sens que je n'ai pas encore mesuré l'ampleur de cette erreur là. »
Can't we stay for a while ?
It's just to hard to say goodbye
Listen to the rain
Listen, listen to the rain
Weeping
L'homme, couché dans l'ombre, racontait tout cela d'un ton détaché, comme s'il racontait la vie d'une autre personne avec un total désintérêt. Tout était tellement déchirant dans son récit, pourtant il mettait de la distance entre son récit et lui-même, comme si cette vie n'était pas le sienne. Il la racontait presque d'une manière moqueuse, se moquant de sa propre histoire, des ses propres erreurs. Le Gryffondor comprit qui était cet homme, il comprit également qui étaient ses deux enfants dont il parlait, néanmoins il ne fit aucun commentaire, attendant la suite qui ne vint pas, l'homme ne parla pas de son troisième et dernier fils.
« Et toi, demanda l'homme toujours sur le même ton, que regrettes-tu du haut de tes seize ans ?
- Je ne regrette rien, balbutia John en s'enfonçant dans ses pensées. Enfin si...je regrette de ne pas avoir vécu assez longtemps pour voir la fin de Voldemort. Je regrette surtout de ne pas avoir pu dire adieu à mes amis, ils ne savent pas où je suis. Il doit péter un câble...
- Qui ?
L'homme que j'aime, tout était tellement précipité dans le théâtre, il m'a perdu sans même s'en rendre compte. En un regard on a compris tous les deux que c'était fini. Je l'ai perdu et la dernière fois qu'on a été séparés, il a vraiment pété un câble. Je crois qu'il est capable de tuer pour moi et même si ça me flatte ça me fait aussi un peu peur. »
Listen listen
Listen listen
I stand alone in the storm
Suddenly sweet I say no
Une exclamation irritée avait retenti lorsqu'il avait parlé de l'homme qu'il aimait mais John s'en fichait. Il fallait qu'il le choque, qu'il l'emmène à tout lui dire, qu'il l'emmène à parler de Hyden. Leur lien commun. Il fallait qu'ils parlent de Hyden. L'homme sembla remuer dans sa cellule sans barreaux, accentuant le sourire de John qui attendait patiemment de voir sa réaction.
« Tu es pédé ?
- Oui ! Décidément nous ne sommes pas faits pour nous entendre tous les deux, pas vrai ? »
Un petit rire nerveux le secoua alors qu'il baissait les yeux sur ses mains enserrant les barreaux noirs. Son sourire fondit comme neige au soleil et ses traits se tirèrent pour la première fois depuis qu'il était là, il se rendit compte que ses amis lui manquaient plus que tout. Cependant pour Hyden, il se devait de questionner cet homme qui gardait le silence depuis qu'il savait pour son homosexualité.
« Écoutez, lança le Gryffondor. Je sais que vous avez un fils, un troisième fils et j'aimerai que vous me parliez de lui...que s'est-il passé pour que vous n'osiez pas parler de lui...même à quelqu'un que vous ne connaissez pas ? »
Couldn't they stay for you haven't much time
Open your eyes to the love around you
You can feel you're alone
L'homme voulut protester, lui demander en hurlant d'expliquer comment il savait cela, néanmoins quelque chose l'en empêcha. Alors soudainement il comprit ce que l'autre essayait de faire...il essayait simplement de l'aider, de lui servir d'échappatoire psychologique. Le gamin lui offrait une occasion de se vider de tous ses regrets, de tout relâcher, de tout avouer pour enfin chercher le pardon au lieu de se renfermer sur lui-même pour sombrer dans la mort. Alors il cessa de réfléchir et saisit cette chance qui s'offrait miraculeusement à lui.
« Hyden...mon troisième fils est...j'ai vraiment du mal à le décrire, il est différent de ses frères. Il est également très différent de moi. C'est...il est le seul qui ne m'a jamais écouté, il a fait l'exact opposé de tout ce que je lui ai demandé de faire. Il est le concentré de tout ce que je ne veux pas, que je n'aime pas, et c'est ça qui fait de lui une vraie personne. Je veux dire...je ne lui ai jamais demandé de devenir un mangemort car je sais qu'il ne le deviendrait pas pour moi, il est trop fidèle à lui-même. Il a beau essayé de plaire à sa famille, son courage prend toujours le dessus et il ne se laisse pas faire. Il est pédé, il fréquente des gens comme lui, des nés-moldus, il n'aime pas les mangemorts ni le Seigneur des ténèbres, ce petit est tout ce que je déteste ! Et c'est exactement pour cette raison qu'il est parfait à mes yeux. Je l'ai évité toute sa vie car j'ai immédiatement compris qu'il était différent, qu'il ne se laisserait pas influencer. J'ai fais mine de l'ignorer, d'être indifférent à sa vie, il n'a jamais compris pourquoi...la vérité c'est que j'avais peur de lui. Il était le seul de mes fils intouchable, celui que je ne pouvais influencer, il m'avait vu influencer ses frères et se méfiait de moi. C'était un choix à faire, je ne pouvais pas être un père normal, il fallait que je mène sa vie ou que je l'ignore totalement, j'ai opté pour la deuxième solution. Je...je l'ai vu pendant des années comme ma plus grande erreur, celui que j'avais laissé sombrer dans les vices. Mais ce n'était pas le cas, je m'en rends compte à présent, il est le seul de mes fils à qui j'ai laissé le choix. Je sais que c'est étrange de dire ça comme ça, mais Hyden est ma plus grande réussite. Je suis rassuré de savoir qu'il a réussi à échapper à mes griffes, qu'il ait eu une chance de vivre sa vie sans moi. C'est pour cette raison que je n'ai pas voulu parler de lui, je ne regrette rien à propos de lui, je n'ai aucun regret, il n'est pas une de mes erreurs, il est une réussite. »
But I'm here still with you
You can do what you dream
Just remember to listen to the rain
Listen to the rain
John eut un haut-le-coeur, son coeur se gonfla soudainement, une larme unique coula de l'un de ses yeux lorsqu'il se rendit compte à quel point cet homme si fier et si indifférent était fier de son fils. Comme il aurait aimé montrer cela à son petit-ami, lui montrer qu'en réalité, il était plus qu'un enfant oublié par son papa, que tout était plus profond. Le jeune homme eut envie de détruire les barreaux et de s'enfuir juste pour lui dire la vérité, pour lui faire comprendre qu'il était tellement plus que le fils de parents indifférents.
« Bien sûr, ajouta l'homme d'une voix qui ne vacillait pas, je ne l'avouerai jamais. Il est mon fils, j'ai joué la comédie toute ma vie avec lui je ne peux pas changer du jour au lendemain. Je tenais juste à le dire à haute voix au moins une fois dans ma vie, que je suis fier de lui. Je suis fier de mon fils, je suis également fier de Matthew pour s'être libéré de mon emprise. Tu as l'air de connaître mes fils, s'il-te-plaît ne leur dis pas ce que je pense d'eux...ne leur dis jamais, j'espère qu'ils sont heureux. Dis-moi, petit, comment il s'appelle, l'homme que tu aimes ?
- Je croyais vous l'avoir déjà dit, les noms n'ont aucune importance ici. »
Mais son regard brillant voulait tout dire, ils comprirent tous les deux dans quelle situation ils se retrouvaient. Ils savaient tous les deux pertinemment comment s'appelait l'homme que le blond aimait. Ce dernier put presque sentir l'homme sourire dans son coin, pour la première fois, il put voir la lueur de ses yeux de l'autre côté du couloir. Les yeux de l'homme brillaient également, des yeux bleus différents de ceux de son plus jeune fils. Soudain la voix de l'homme retentit dans le noir, étrangement timide, comme celle d'un enfant quémandant des bonbons:
« Peux-tu me parler de ton amoureux ? Peux-tu me raconter comment il est avec toi, comment vous vous débrouillez tous les deux ? »
Cela pouvait être une question parfaitement anodine mais les deux hommes savaient que cette question signifiait tellement plus. L'homme cherchait à savoir, à rattraper ce qu'il avait manqué durant toute l'enfance de son fils, il avait manqué une vie et cette simple question était une dernière tentative de rattraper le temps perdu. C'était également pour se rassurer sur le fait que son fils était vraiment bien là où il était, dans la vie qu'il avait lui-même choisie. Un détraqueur passa, imposant le silence qui ne dura toutefois que quelques secondes tant John était heureux à l'idée de crier que son amant était parfait.
« IL EST MERVEILLEUX ! S'exclama-t-il explosant de joie. Je n'ai jamais vu un garçon comme lui. Sur tous les points de vue, je n'ai rien à lui dire. J'ai toujours été...un peu emporté. Il est le seul à avoir le don de me calmer avec deux petits mots ou un petit câlin. Il sait toujours quoi dire ou quoi faire, des fois j'ai l'impression qu'il lit dans mes pensées. Il me connaît assez pour savoir ce qu'il ne faut pas faire avec moi, et il ne le fait pas. Il fait des efforts ! TOUT LE TEMPS ! Lorsque des choses ne lui plaisent pas il les fait pour moi. Si quiconque s'approche de moi il peut le mettre en pièce, il est tellement calme et sérieux. Et pourtant, il a un petit côté discret, maladroit et fainéant que j'adore ! Je joue un peu le jeu en l'engueulant lorsqu'il laisse traîner des affaires ou des choses comme ça, je le réprimande et ça le fait rire plus qu'autre chose, on se dispute juste pour mieux se retrouver. Mais par dessus tout, mon homme a un côté...je sais pas comment expliquer...il est très émotif, il est très compréhensif, si je me mets à pleurer il peut pleurer avec moi comme ça juste parce-qu'il est touché. ET PUIS IL EST BEAU ! Il est vraiment beau, quand je le vois j'ai plein de papillons partout dans le corps, il me donne des frissons. Il est beau physiquement et moralement. C'EST MON AMOUREUX ! »
Le jeune homme avait sorti ces mots d'une traite, ne pouvant s'empêcher de faire exploser sa joie, de la montrer au monde entier à quel point il était heureux d'être avec lui, d'être aimé par lui et de l'aimer plus que tout. L'homme eut un sourire mi-rassuré, mi-gêné. Il ne voulait pas non plus des détails sur la relation qu'entretenaient les deux amoureux. Mais ils avaient l'air heureux et pour une fois c'était tout ce qui lui importait.
« Comment vous vous appelez ? Demanda sérieusement John.
- Je m'appelle Nathaniel Even, et ton amoureux, comment s'appelle-t-il ?
- Il s'appelle Hyden Even, il est votre fils, tout comme Matthew et Cole.
- Occupe-toi bien de lui, petit. Fais ce que je n'ai pas pu faire, protège-le des gens comme moi.
- Je le ferai, mais d'abord j'ai besoin de votre aide. Il faut que je voie quelqu'un qui se trouve également dans cette prison, une personne précise. Il s'appelle...Olliver Jabber, c'est l'homme qui a tué ma mère, je veux le revoir. »
Un silence prit place, puis le père de Hyden émit un son affirmatif. Il allait l'aider, il allait lui rendre la pareille après ce que le jeune homme avait fait pour lui, il pouvait bien le remercier à sa propre manière. Et puis, promener dans la prison n'était pas difficile, le plus difficile était d'en sortir. Personne ne pouvait transplaner d'Azkaban, le seul moyen était de s'enfuir en balais...ou de nager ce qui relevait au suicide pur et dur. Il y avait juste une personne assez folle pour avoir réussi à s'enfuir en nageant jusqu'à la terre ferme, Sirius Black.
Hyden fulminait littéralement, assis dans un canapé de la cabane hurlante, il s'était renfermé dans son silence pendant plus d'une heure, aucun mot ne semblait vouloir sortir de sa bouche. Les autres se demandaient ce qui traversait son esprit pour qu'il se soit muré, évitant tout dialogue, peut-être boudait-il simplement, ou peut-être qu'il avait perdu espoir de retrouver son amant et ses amis. En réalité, le jeune homme se demandait s'il devait opté pour des méthodes radicales pour faire parler le mangemort prisonnier.
« Hyden...nous perdons du temps ! Fit remarquer Amy, essayant de le faire réagir. »
Les yeux du concerné se levèrent vers le mangemort. Ce dernier flottait toujours dans les airs, il ne maîtrisait pas ses mouvements, se contentant de flotter, bougeant comme un pantin dirigé par des fils invisibles. Malgré le fait qu'il soit piégé par un sortilège, l'homme souriait de toutes ses dents, il savait pertinemment que le pouvoir reposait entre ses mains, qu'il possédait une clé lui permettant de faire du chantage à ses bourreaux. Hyden se leva soudainement et fit les cent pas sous ses yeux avant de le fixe sans sourciller.
« Demande-moi ce que tu veux, et tu l'auras ! Je peux te relâcher si tu veux ! Je veux juste une adresse ! Dis moi où habite l'homme qui garde mon ami ! Dis-moi le !
- Non.
- ENDOLORIS ! »
Un rayon écarlate s'échappa de la baguette du brun et fondit sur le mangemort, la lueur rouge sembla s'insinuer dans tout son corps, montrant toutes ses veines, tous ses muscles tendus à l'extrême. Le mangemort perdit son sourire mais ne montra pas la douleur qui traversait tout son corps à la vitesse de l'éclair, il souffrait en silence, serrant les dents, se remémorant ses entraînements pour résister à la torture.
« Hyden, s'écria Lena, tout ce que tu lui fais, tu le fais à moi aussi ! Le torturer ne sert à rien, nous avons besoin d'avoir des informations immédiatement. Si il résiste, nous allons juste perdre du temps.
- Écoute ta petite copine, siffla le mangemort à l'adresse de l'ex-Serpentard en retrouvant son sourire narquois, elle a l'air plus maline que toi.
- N'use pas ta salive pour dire des conneries, s'immisça Kiril debout dans un coin de la pièce d'une voix impérieuse, dis nous ce que tu veux maintenant ou ferme ta bouche et subis ! »
Kiril avait un don pour se faire entendre, c'était presque magique, il ne parlait pas beaucoup mais lorsqu'il parlait, tout le monde l'écoutait et le suivait à la lettre. Il imposait le respect et l'autorité, tout son aspect traduisait une autorité sans limite. Ses longs cheveux blonds détachés encadraient son visage, son menton fin tout autant que ses traits. Ses yeux trahissaient son impatience et sa colère, ils brillaient d'une lueur étrange, presque folle. En réalité, il était assez effrayant quand il le voulait.
« Je veux que vous effaciez tout ! Tous mes souvenirs qu'ils soient bons ou mauvais je veux tout oublier et recommencer. Jetez moi le sortilège, faîtes moi tout oublier et partir dans un pays où il n'y a aucune guerre. Faîtes-moi oublier que je suis un sorcier si ça vous enchante, mais je ne veux plus rien devoir à personne, que ce soit le Seigneur des Ténèbres ou quelqu'un d'autre. Il va y avoir une guerre bientôt, je le sens, tout le monde le sent, et je ne veux pas être présent. Si le camp de Harry Potter gagne, je finirai ma vie en prison, si le Seigneur des Ténèbres élimine son dernier obstacle, alors je serai obligé de continuer à lui rester fidèle et soumis. Je ne veux être le soumis de personne. Je veux juste être tranquille.
- Et vous en sortir sans être harcelé par les souvenirs des gens que vous avez tué, grommela Amy. Alors comme ça nous sommes votre dernière chance de fuir vos responsabilités, de vous en sortir indemne après toutes vos horreurs. »
Oui c'était ce qu'il comptait faire, se débarrasser de son passé et partir d'Angleterre le plus vite possible pour éviter la guerre et son protagoniste, le Seigneur des ténèbres. Il le faisait aussi pour éviter la justice si jamais son maître venait à tout perdre, les mangemorts seraient jugés et mis sous les verrous. Ils ne s'en sortirait jamais s'il restait sous les ordres de son maître, il fallait qu'il s'éloigne de tout cela.
« Oui, c'est ce que je veux. »
Le mangemort ne cherchait pas seulement à éviter la justice ou Voldemort, il cherchait à effacer sa propre culpabilité. Il avait beau s'être battu pour ses idéaux sorciers et sang-purs, jamais rien ne l'avait plus anéanti que de torturer et tuer des gens. Les autres mangemorts aussi étaient souvent envahis par la culpabilité, il le voyait dans leur regard, mais personne ne le disait, pour eux c'était supportable, pas pour lui. Les visages des enfants qu'il avait tué apparaissaient dans sa tête pour le torturer lentement, comme si même dans la mort, les enfants se vengeaient en le hantant.
« Dis-nous l'adresse des mangemorts et on te libérera, au sens propre et figuré, murmura Hyden en le regardant dans les yeux sans un brin d'hésitation. »
Les deux hommes qui se fixaient se demandaient tous les deux si l'autre allait respecter sa parole, il fallait bien que quelqu'un fasse le premier pas et Hyden ne pouvait pas effacer la mémoire de l'homme tant qu'il ne lui révélait pas l'adresse du mangemort qui retenait son amant prisonnier. La nuit était passée, le mangemort prisonnier devait faire le premier pas en espérant que les autres allaient respecter leur parole, pour la première fois de sa vie, il devait faire confiance à quelqu'un d'autre que lui-même. Il révéla l'adresse à demi-mot, baissant la tête, priant pour ne pas se faire trahir comme lui l'avait fait tant de fois.
« Merci ! Cria l'ex-Serpentard. Qui vient avec moi ?
- Je viens ! S'exclamèrent Lena, Amy et Kiril en choeur.
- Non, il faut quelqu'un pour surveiller les enfants et lui ! Fit remarquer Amy. Je ne laisserai pas les enfants dans la même maison qu'un mangemort. Il faut que quelqu'un reste.
- Les mangemorts qui habitent là-bas sont trois. Informa le concerné. Une femme et deux hommes, ils ne sont pas dangereux, ils sont plus opportunistes que combattants. Vous vous en sortirez très bien à trois. »
Les quatre jeunes gens se lancèrent des regards hésitants, il était logique qu'Hyden y aille, de même pour Amy qui était la plus habile au combat. Il ne restait plus qu'à choisir entre Lena et Kiril. Les autres perçurent une faiblesse dans le regard de la jeune fille, elle était fatiguée, elle en avait marre. Elle en avait tout simplement trop vu en une nuit pour continuer, Kiril hocha la tête avec détermination.
« On y va ! »
Hyden tendit les mains aux deux autres qui s'approchèrent. Lorsque les trois jeunes gens furent en contact, un tourbillon sembla les aspirer, les tirant à une vitesse époustouflante de la cabane hurlante pour les faire apparaître bruyamment dans une rue sombre de Londres. Heureusement, personne n'était présent pour les voir surgir au milieu de la route par magie, en un réflexe commun Kiril et les autres tirèrent leur baguette de leur poche. Amy était en première ligne, suivie par les deux garçons.
« Kiril, pourquoi tu tiens tant à aider John ? Demanda Hyden curieux de voir son engouement presque identique au sien.
- Je lui dois quelque chose. On en a parlé lui et moi, je suis le seul capable de rattraper, si on peut dire, les erreurs de mon père. Après tout, mon père a tué sa mère. John a souffert plus que moi, j'ai perdu mon père à Azkaban mais il est toujours vivant, sa mère ne l'est pas. Je sens que je lui dois quelque chose. Et puis, il mérite qu'on se batte pour lui. »
Amy leur jeta un regard noir, leur indiquant que ce n'était clairement pas le moment pour commencer à parler, en effet ils avaient fait une centaine de mètres et se retrouvait devant une porte tout à fait normale frappée du nombre 276. Les deux garçons se remirent dans l'esprit, sachant que ce qu'ils allaient affronter derrière cette porte n'allait avoir aucune pitié envers eux. Le coeur du brun se gonfla à l'idée de retrouver son amant et de rentrer chez lui, il serra étroitement sa main autour de sa baguette en priant intérieurement pour que Lucius Malefoy ne soit pas arrivé avant lui.
« Alohomora, chuchota Amy en pointant sa baguette sur la serrure qui se déverrouilla silencieusement. N'oubliez pas, il faut agir rapidement, si on peut les prendre par surprise on gagnera assurément. »
Elle poussa la porte le plus doucement possible pour éviter de la faire grincer, pourtant le grincement fatal qui résonna à leurs oreilles les persuada que l'effet de surprise était complètement gâché. Amy leur hurla d'attaquer maintenant en courant comme une folle vers la pièce principale de l'appartement, les deux garçons se lancèrent à ses côtés dans l'appartement levant leurs baguettes au dessus de leur tête, prêts à combattre.
« Stupefix ! Expelliarmus ! Mugirent en choeur les trois jeunes gens dans le vide. »
Les maléfices s'échappèrent de leurs baguettes, filèrent vers les murs, les craquelant, et ricochèrent avec force de tous les côtés avant de s'estomper grâce à Kiril qui fut le seul à avoir le bon sens de les stopper avant qu'ils ne se blessent avec leur propre attaque. Une fois hors de danger, les trois jeunes gens analysèrent l'appartement, surpris de ne pas tomber sur les trois mangemorts prêts à les tuer. Ils trouvèrent ces derniers affalés au sol, comme de vulgaires bouts de chiffons laissés là après usage.
« Kiril, interpella Amy, aide-moi à savoir s'ils sont morts. Hyden va voir l'autre pièce ! »
Hyden accourut vers la chambre sur la droite même s'il se doutait parfaitement que tout était déjà terminé, il était arrivé trop tard. Lucius Malefoy était arrivé avant lui et avait sûrement tué son amant comme il avait tué les mangemorts pour se débarrasser de ses responsabilités. Le brun ouvrit la porte de la chambre à la volée, il ne put retenir un petit cri et un soupir de soulagement en voyant que le corps de John n'était pas là, qu'il était sûrement encore vivant. Des liens demeuraient encore attachés au mur, preuve que les autres avaient pris un prisonnier.
« Elle n'est pas morte ! S'exclama l'auror en vérifiant le pouls de la femme qui était simplement stupéfixée. Enervatum ! »
La femme s'agita avant d'ouvrir des petits yeux marrons, se demandant où elle était et ce qu'il s'était passé. Kiril pointa immédiatement sa baguette sur elle, vérifiant prudemment qu'elle se mette pas à les attaquer. Le contraire se produisit, elle jeta un coup d'oeil à l'homme qu'elle aimait, inanimé au sol avant de reculer précipitamment vers un coin de mur pour se replier contre elle-même. Hyden revint dans la pièce principale, l'effrayant d'autant plus.
« Ne me touchez pas ! S'écria-t-elle avec un mélange d'orgueil et de peur comme si elle ne voulait pas montrer qu'elle était littéralement pétrifiée. Ne me touchez plus !
- Nous ne sommes pas là pour vous faire du mal, répliqua Hyden avec tant d'entrain qu'il menaçait de la brusquer. Nous voulons juste que vous nous aidiez à savoir quelques petites choses. »
La jeune femme nommée Helena ne répondit pas, ses longs cheveux bouclés cachaient ses yeux, empêchant les autres de discerner si elle était d'accord ou pas pour leur avouer tout ce qu'elle savait. Avant qu'elle ne puisse comprendre ce qu'il se passait, Hyden l'avait déjà attrapée pour la serrer dans ses bras tout contre lui avec une tendresse inattendue, ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était entre les bras d'un homme qu'elle ne connaissait pas, et que bizarrement cela la rassurait, la calmait.
« J'ai vu le regard que vous avez jeté à l'homme mort dans cette pièce, murmura le brun, j'ai compris immédiatement que vous l'aimiez plus que tout. Il se trouve que l'homme que j'aime plus que tout est celui que vous avez kidnappé. Je veux juste savoir s'il est vivant...
- Il est vivant...
- Racontez-moi tout, s'il-vous-plaît. Si vous aviez une chance de sauver l'homme que vous aimiez, vous le feriez. Moi j'en ai une, je veux le sauver, laissez moi faire ce que vous n'avez pas pu. Laissez moi sauver mon homme à moi. »
Les deux jeunes gens savaient que l'autre comprenait ce qu'il se passait. Elle était amoureuse d'un homme qui venait de mourir et lui était amoureux d'un homme qui avait une chance de ne pas subir le même sort. Il fallait qu'elle l'aide, elle comprenait ce qu'il ressentait et son besoin de l'aider se faisait d'autant plus pressant. Elle pouvait voir la lueur dans son regard, celle d'une personne prête à tout pour agir et sauver l'être aimé. Ils étaient pareils.
« Une femme est venue, bredouilla la jeune femme, une femme blonde, je crois que c'était Narcissa Malefoy. Elle est venue avec deux hommes pour récupérer son fils. Elle lui a parlé pendant cinq minutes dans la chambre puis elle a ordonné aux hommes de nous tuer. Ils...ont obéi, ils l'ont fait. Ils n'ont pas eu le temps de me tuer moi, la femme est revenue, elle leur a dit d'emmener le gamin à Azkaban, puis elle m'a stupéfixé.
- AZKABAN ? S'exclamèrent les trois autres en choeur. »
AZKABAN ! C'était tout bonnement impossible ! Jamais ils ne pourraient le sortir de là ! Il y avait une différence entre sauver quelqu'un du ministère et sauver quelqu'un d'Azkaban ! C'était l'endroit le mieux gardé et l'un des plus dangereux au monde ! La prison n'était pas gardée par des humains, elle était gardée par des monstres ! Des monstres qu'ils n'avaient jamais appris à repousser ! Un frisson secoua Hyden lorsqu'il pensa à ces bêtes immondes sans visage...les détraqueurs. Il imagina un détraqueur refermant sa main croûtée sur le bras de John et lui aspirant son âme doucement, le faisant agoniser.
La jeune femme rescapée fouilla dans sa poche pour en sortir une baguette, c'était celle de John qu'elle posa dans le creux de la main de Hyden. Celui-ci hoqueta en comprenant que son amant n'avait pas sa baguette, qu'il n'avait rien pour le protéger. Profitant de ce moment de détresse des autres, Helena se jeta vers la sortie de l'appartement et transplana subitement, laissant derrière elle le cadavre de l'homme qu'elle aimait. Les jeunes gens ne sachant trop de quelle manière appréhender la nouvelle, transplanèrent à leur tour pour réapparaître en un bruit familier dans la cabane hurlante où Lena et le mangemort les attendaient.
« Vous avez ce que vous vouliez, maintenant libérez-moi ! Quémanda celui-ci.
- Je n'en ai plus envie, lâcha Amy en le regardant avec dégoût.
- Vous avez promis !
- OUBLIETTES ! S'exclama Hyden en pointant sa baguette sur lui. »
Il lui effaça tout, tous ses souvenirs de mangemort, de tueur, tout disparut comme effacé, rayé de sa vie. C'était si simple que ça en devenait effrayant de pouvoir tout changer à l'aide d'une stupide formule, de pouvoir effacer ses erreurs, son passé, oublier sa culpabilité. Le brun pensa que cette formule pouvait vraiment être la plus sadique utilisée à mauvais escients, il regretta qu'elle existe pendant une seconde en voyant la culpabilité de cet homme horrible disparaître sous ses yeux. (2)
Looking for something I've never seen
Alone and I'm in between
The place that I'm from and The place that I'm in
A city I've never been
Soudain plus fatigué qu'il ne voulait l'admettre, le jeune homme s'effondra sur le canapé aux côtés de Lena. Cette dernière passa un bras réconfortant autour de son épaule avant de lui chuchoter d'aller dormir avec Adèle, il était tout simplement lessivé, il n'en pouvait plus d'essayer de rattraper son amant pour le perdre à chaque fois un peu plus. C'était trop. Il se leva droit comme un piquet, agrippa le mangemort, transplana dans un endroit au hasard. Puis il transplana à nouveau dans la cabane hurlante avant de filer droit vers la chambre où semblait dormir la petite Adèle. En réalité, elle ne dormait pas.
« Tu sens mauvais, lui fit-elle remarquer soudainement le faisant sursauter sous la surprise. Tu sens la transpiration.
- Je...je suis désolé...je n'ai pas eu le temps de me laver, je suis trop fatigué. Tu veux que j'y aille ?
- NON ! Reste avec moi ! Mais...ma maman elle m'a dit que je posais toujours trop de questions pas de mon âge. Je veux encore poser des questions, moi ! Je veux comprendre ! »
I found a friend or should I say foe
Said there's a few things you should know
We don't want you to see We come and we go
Here today, gone tomorrow
La petite fille semblait réfléchir intensément à ce que lui avait dit sa maman. Elle se demandait si sa maman avait raison, si elle posait trop de questions gênantes pour les autres. Mais son besoin de compréhension était trop important pour qu'elle reste ainsi sans rien demander, sans poser de questions. Il y avait tellement de choses à comprendre que la petite fille se sentait submergée, Hyden était là avec elle dans ce lit, il fallait qu'il réponde.
« Pourquoi tu as fait du mal au monsieur dans le salon ?
- Je...-Hyden tressaillit- je crois que lui aussi m'a fait du mal. J'avais besoin de savoir où se trouvait John et il ne voulait pas me le dire. Tu comprendras plus tard que nous sommes prêts à tout pour les gens que nous aimons. »
We're only taking turns
Holding this world
It's how it's always been
When you're older, you will understand
Cette phrase philosophique fit frissonner le jeune homme qui se moqua de son propre côté dramatique, il était tellement épuisé qu'il se mettait à parler comme un Dumbledore en état d'ébriété. L'image de Dumbledore éméché lui vint en tête mais ne parvint même pas à le faire sourire. Le silence d'Adèle était étrange, en levant les yeux, il la vit fixer le plafond de ses yeux verts, un air désabusé s'affichait sur son visage.
« J'ai compris, déclara-t-elle doucement. J'ai compris que les gens he ben ils font tout pour les gens qu'ils aiment.
- Ah oui ? Demanda Hyden curieux.
- Oui ! Mon papa et ma maman ils se sont bagarrés avec les méchants pour que je puisse m'enfuir. Ils se sont bagarrés contre les méchants pour me protéger parce-qu'ils m'aimaient beaucoup...je crois. »
If I say who I know it just goes to show
You need me less than I need you
Take it from me We don't give sympathy
You can trust me trust nobody
Ils s'étaient battus pour la défendre, ses parents s'étaient battus comme des lions pour défendre leur plus grande joie, leur plus grand amour. C'était une chose étrange que l'amour pouvait faire faire, peu de personnes étaient prêtes à donner leur vie pour les gens qu'ils aimaient. Les parents de la petite fille l'avaient fait sous les yeux du brun, ils s'étaient sacrifiés pour elle et jamais il n'aurait cru qu'elle comprenne l'acte de ses parents à son âge, pourtant c'était le cas.
« Oui, ils ont fait ça parce-qu'ils t'aimaient plus que n'importe qui t'aimera jamais, ne doute jamais de ça. Ils ont tout donné pour toi, pour que tu sois heureuse. Ils t'ont donné leur protection.
- C'est n'importe quoi !
- Si c'est vrai, ils te suivront dans tous tes choix, ils te protégeront toujours de là où ils sont. C'est pour cette raison que tu devras être heureuse, pour eux, pour leur faire plaisir, tu devras leur promettre d'être heureuse...tu devras faire ça parce-que tu les aimes beaucoup. C'est l'amour...c'est faire des choses pour les gens qu'on aime. »
But I said you and me We don't have honesty
The things we don't want to speak
I'll try to get out but I never will
Traffic is perfectly still
Adèle l'écouta avec attention, essayant de comprendre ce que le garçon lui racontait même si lui non plus ne comprenait pas toute la profondeur et l'immensité de l'amour. C'était tellement stupide mais tellement vrai. Si il avait une chance d'expliquer à la petite le plus tôt possible ce qui allait forger son caractère plus tard, il fallait qu'il le fasse, il ne restait personne d'autre pour le faire. Hyden écarquilla les yeux soudainement, se rendant compte, qu'il réagissait comme un...grand-frère, ou plus.
« Jusqu'où tu vas aller pour ton amoureux ?
- Je ne sais pas encore...je n'ai reculé devant rien jusqu'à présent, et je pense que je ne reculerai jamais devant rien pour lui. Qu'il soit au ministère de la magie ou à Azkaban, je le ramènerai auprès de moi. Je pense que je serai prêt à faire la même chose que tes parents ont fait pour toi, pour qu'il soit heureux le plus longtemps possible.
- Tu ferais ça aussi pour moi ? »
We're only taking turns
Holding this world
It's how it's always been
When you're older you will understand
La question surprit l'ex-Serpentard qui sursauta, et prit une grande inspiration en voyant cette petite fille qui le regardait en espérant qu'il réponde à l'affirmative. Ses yeux verts suppliants lui firent mal au coeur, ce qu'il voyait devant lui, c'était une petite fille qui après avoir perdu sa famille, cherchait un point de repère. Elle cherchait quelqu'un à qui se raccrocher et il était là auprès d'elle cherchant à la rassurer autant qu'à se rassurer lui-même.
« Oui, je le ferais aussi pour toi Adèle. »
And again maybe you don't
And again maybe you won't
Mais c'était trop tard, la petite fille s'était déjà endormie, elle roupillait innocemment, comme si les questions pourtant complexes qu'elle avait posées ne l'avaient pas du tout déstabilisée. Son côté mature pouvait s'estomper immédiatement, lorsqu'elle dormait, elle était une petite fille comme les autres. Lorsqu'elle était réveillée cependant, on sentait qu'Adèle n'avait pas vu que des jolies choses, et qu'elle avait besoin de comprendre pourquoi.
When you're older
You might understand
Hyden se tourna pour être plus confortable dans le lit, et se mit à penser. Il sortit la baguette de John et la fit rouler entre ses doigts pensivement. Il ne pouvait dormir, cela faisait deux jours qu'il était éveillé et même si la fatigue l'assommait, il ne pouvait se résoudre à dormir. Tomber dans les bras de Morphée n'arrangerait rien à la situation de John, pendant que lui était couché dans ce lit, l'autre pourrissait en prison, c'était impensable. Dans l'esprit d'Hyden, cela revenait à trahir son amant, se reposer pendant que l'autre souffrait était insupportable.
When you're older
You might understand
Isa et Matthew cachés derrière l'arbre se lancèrent un regard, ils étaient haletants. Gabriel était couché entre eux, des égratignures minimes parsemaient son visage, une blessure fendait sa lèvre, il était assommé. La jeune fille s'assura que son petit-ami était toujours vivant tandis que l'auror s'efforçait de passer les évènements en revue. Quelques minutes plus tôt, ils s'étaient faits piéger par un feu magique puis attaquer par les mangemorts. Mais des loups sortis de nul part les avaient aidés.
« Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Isa.
- On attends ! S'enfuir ne servirait à rien, nous ne pourrons pas porter Gabriel sur une longue distance. Je crois savoir qui nous a sauvé et je veux en avoir le coeur net.
- Qui ou quoi ?
- Qui et quoi ! Répondit l'auror mystérieusement. »
Il lui fit signe d'attendre ici avant de lever sa baguette et de sortir du couvert de l'arbre. Il s'avança entre les arbres vers le marais ou un silence de plomb régnait, une brume étrange formait un halo autour des marais, l'empêchant de voir ce qu'il se passait. Il connaissait bien cette brume car elle était invoquée à l'aide d'un sortilège, c'était une technique des sorciers spécialisés dans l'assassinat. Cette technique consistait à faire apparaître une brume épaisse destiné à brouiller la vision de la victime pour pouvoir l'attaquer furtivement.
Un sourire fleurit sur le visage de l'auror lorsqu'il s'approcha pour pénétrer dans la brume, il savait qui avait fait cela. Il n'y avait qu'une seule personne ayant le don d'amadouer les loups pour qu'ils se battent pour son compte, qui pouvait vivre dans une forêt et qui pouvait enfin déployer de telles techniques d'assassinat. Seule une personne était assez douée pour mettre en déroute trois mangemorts qualifiés en un clin d'oeil, pour sauver trois personnes en quelques secondes et retourner la situation.
C'était Belen Aimen, le père de Gabriel qui vivaient dans des centaines d'endroits différents depuis des années trimballant son fils jusqu'à qu'il ait l'âge d'entrer à Poudlard, fuyant inexorablement Fenrir Greyback et ses loups-garous. Belen était considéré par la plupart des aurors comme une vraie légende, lors de la dernière guerre créée par Voldemort une vingtaine d'années auparavant, il avait réalisé un exploit héroïque. Il avait réussi à s'infiltrer dans le camp des loups-garous de Greyback et les avait tous tué, détruisant ses plans pour aider Voldemort et favorisant grandement l'Ordre du Phénix.
A lui seul, il avait détruit tout un clan de loups-garous qui voulaient se joindre à Voldemort dans la bataille, avec leur appui, il aurait pu faire beaucoup plus de dégâts mais Belen l'en avait empêché. Depuis, il était traqué par Greyback qui voulait se venger, ce dernier avait reformé son clan et avait passé le reste de sa vie à le traquer partout dans le monde. Il avait réussi à tuer sa femme, la mère de Gabriel mais il ne l'avait pas tué lui. Même maintenant il continuait à le traquer sans relâche. Le Poufsouffle avait échappé à cette vie de proie en allant à Poudlard.
Soudain deux loups s'avancèrent à travers la brume vers l'auror qui recula d'un pas et tendit sa baguette par réflexe. Les deux loups se tendirent, leur grognement retentirent, brisant le silence de plomb, leurs oreilles se baissèrent et leurs babines se retroussèrent. Ils menacèrent l'auror de leurs crocs mais alors qu'ils étaient sur le point d'attaquer, un homme les rejoignit et d'un simple geste les calma. Belen Aimen le loup-garou légendaire qui avait défait tout un clan de ses semblables.
« Que-fais-tu ici avec mon fils Matthew, je t'avais dit de le surveiller et de l'empêcher de venir me chercher ! S'exclama une voix grave.
- Je...c'est une longue histoire Belen...ton fils est caché derrière un arbre là-bas, répondit Matthew en montrant l'endroit du doigt. Où sont les mangemorts ?
Ils ont pris peur, je les ai fait fuir. Mes loups en ont blessé un plus ou moins gravement, seulement pendant que je me battais contre le deuxième mangemort, le troisième m'a jeté un sort d'anti-transplanage, puis ils ont filé. »
Les deux hommes se dirigèrent vers l'arbre où ils avaient laissé les autres, Belen prit son fils dans ses bras et s'élança, ne prêtant que peu attention aux deux autres qui peinèrent à le suivre. Isabella souffrait de sa blessure à l'épaule et sa tête était pleine à craquer de question mais elle ne les posa pas, préférant attendre d'être vraiment en sûreté, cet homme lui faisait penser à Gabriel à de nombreux aspects. Il avait un côté sauvage, et cette forêt lui semblait familière, elle devina facilement de qui il s'agissait.
Intriguée par cet homme qu'elle savait être le père de son petit ami, la jeune fille le contempla, le détailla. C'était un bel homme, un très bel homme, ses yeux dorés étaient tout simplement foudroyants, ils étaient les plus beaux qu'elle avait jamais vu, les yeux d'un loup adulte, des yeux qui vous fixaient d'une manière animale, vous jaugeant, vous défiant, comme s'ils lisaient en vous comme dans un livre ouvert.
Une virilité étourdissante émanait de Belen. Tous ses mouvements, ses manières rappelaient ceux d'un fauve tandis qu'il portait son fils. C'était une bête, il n'avait pas de haut ce qui dévoilait son torse nu un peu poilu mais très musclé, lézardé de cicatrices plus ou moins grandes. Il avait la carrure d'un gros loup, il était très grand et très large, mélangeant agilité et puissance. Seul son bas, un pantalon en toile brune, cachait une partie de son corps. L'attraction irrésistible qu'il provoquait était presque époustouflante, cela devenait presque magique.
Isabella rougit violemment lorsque l'homme capta un des regards qu'elle portait sur lui, un sourire un brin moqueur fendit son visage, le rendant encore plus attirant qu'il ne l'était déjà. Son visage ressemblait à celui de Gabriel, cependant ses traits étaient plus durs, sa mâchoire plus carrée, l'allure de son visage était plus franche. Il portait une barbe mal rasée lui donnant un air nonchalant et viril, son nez était un peu bossué, il avait déjà dû être cassé.
Après une vingtaine de minutes de course, ils déboulèrent sur le camp de Belen, ce dernier déposa son fils au sol. Le camp, qui était un peu plus sophistiqué que celui de son fils, sentait l'expérience de son propriétaire. Ce n'était plus un dôme de feuilles qui les protégeait de regards extérieurs, c'était un dôme d'arbustes entremêlés les uns aux autres, il y avait plus de place, ils rentraient facilement à quatre et pouvaient même garder leur espace de tranquillité, ce camp était un petit havre de paix.
« Il va bientôt se réveiller ! Fit l'homme-loup en désignant son fils. Maintenant expliquez-moi tout !
- Qui êtes-vous ? Demanda subitement la Serdaigle pour être sûr.
- Le père du gamin couché là-bas ! Et toi ? »
Le retournement de situation la surprit, elle ne sut quoi répondre, se demandant si elle devait avouer la relation qu'elle entretenait avec Gabriel. Cependant elle se rappela une chose que ce dernier lui avait montrée, ces cicatrices sur le torse dont son propre père était la cause. Le Poufsouffle avait avoué son homosexualité à son père après avoir rompu avec John, son père était devenu furibond, et le loup avait pris le dessus. Alors mieux valait ne pas brusquer les choses en révélant que son fils avait une relation avec une fille à présent, ce serait trop étrange. Elle répondit qu'elle n'était qu'une amie.
« Nous étions à un concert, expliqua Matt évitant les détails superflus, lorsque les mangemorts ont attaqué. Dans la cohue des combats, Gabriel a réussi à nous agripper puis il a transplané. Le problème c'est qu'un des mangemorts s'est accroché à nous. En réapparaissant dans cette forêt, il a eu le temps de nous jeter un sort d'anti-transplanage. Depuis nous sommes piégés ici, et ils nous attaquent sans arrêt comme ce soir où tu nous as sauvé.
- Je vois que Gabriel vous a aidé à vous adapter ! Sourit Belen en pointant du doigts les sacs remplis de pieux. C'est bien.
- Comment avez-vous su où nous étions ? Questionna Isabella. Comment avez-vous trouvé la forêt dans laquelle nous étions pour nous sauver ? Comment avez-vous su que nous étions en danger ? »
L'homme la foudroya de son regard dorée, elle fut déstabilisée mais ne le montra pas, préférant répondre à son regard sans sourciller une seule fois. Encore une fois, un sourire moqueur naquit sur ses lèvres lorsqu'il remarqua que la fille n'était pas très encline à se laisser dominer par un simple regard. Cette jeune fille était très intéressante, il se rendit compte qu'elle l'avait jaugé autant que lui l'avait fait, elle ne le regardait pas admirativement, elle lui lança un sourire éclatant pour lui faire comprendre que...non il ne valait pas mieux qu'elle, ils étaient égaux.
Oui...cette jeune fille était très intéressante mais elle était surtout agaçante. Son air de gamine pseudo-combattante était ridicule, elle n'était qu'une gamine, elle n'avait rien vu ! A cela s'ajoutait ses questions incessantes et curieuse. Il ne l'appréciait pas du tout, c'étaient les petites comme celle-ci qui le regardait en souriant qu'il ne pouvait s'empêcher d'effrayer pour leur montrer qu'elles n'étaient rien.
Belen se leva d'un bond de toute sa hauteur, montrant ses dents dont les canines soudainement pointues menaçaient Isa. Il écarta les bras et se mit à courir en rugissant vers la jeune fille, cette dernière crut voir l'espace d'une seconde l'ombre du loup-garou apparaître. Pourtant Isa ne bougea pas d'un cil, impassible devant le soudain accès de colère de Belen. Elle lui lança le même regard qu'il lui avait lancé plus tôt puis leva sa baguette avec élégance.
« Protego ! Dit-elle tout simplement »
L'homme-loup surpris par cette initiative tout à fait sereine sentit plus que vit le bouclier sur lequel il s'écrasa brutalement avant de rebondir pour atterrir au sol, sonné. Pendant une seconde, Isabella se demanda s'il allait attaquer à nouveau, les deux ennemis se jaugèrent une nouvelle fois du regard sauf que pour cette fois, ce fut la jeune fille qui eut un sentiment de supériorité. L'autre se tendit à nouveau prêt à charger, mais au dernier moment il ouvrit grand la bouche et se mit à rire à gorge déployée.
« Vous n'êtes pas le seul à avoir quelque chose en plus, arrêtez d'afficher cet air hautain tout le temps.
- Si j'affiche cet air hautain, gamine, c'est parce-que j'ai tout vu, tout combattu. Tu n'es qu'une enfant, et tu oses répondre à mes regards comme si tu avais vécu les même choses que moi. Tu ne sais rien. Tu n'as pas le droit de me regarder comme si j'étais ton égal. Tu n'es rien du tout.
- Avec tout le respect que je te dois, Belen, s'immisça Matthew, ne la sous-estime pas. »
Le concerné haussa un sourcil, intrigué de voir que l'auror prenait la défense de cette fille décidément très intéressante. Alors son regard un peu trop mature pour son âge n'était pas qu'une façade, elle avait vraiment vécu pas mal de choses elle aussi. L'homme-loup pointa sa baguette vers un tas de bout de bois réunis qui s'enflammèrent pour former un feu chaleureux, crépitant à leurs oreilles.
« Tu n'as jamais affronté le plus féroce des loups-garous, tu n'as jamais été traquée pendant des années. Tu n'as jamais perdu d'être cher.
- En fait, mon histoire ressemble étrangement beaucoup à la vôtre, monsieur Aimen. Je n'ai pas été traqué par Fenrir Greyback contrairement à vous, j'ai été traquée par le lieutenant le plus fou et le plus puissant de Voldemort.
- Bellatrix Lestrange, devina Belen, elle est presque plus effrayante que son maître.
- Elle m'a enlevé mon père.-Matthew baissa la tête-Elle m'a trouvée cet été, elle m'a torturée. »
La première opinion qu'il avait d'Isabella disparut instantanément, laissant place à un respect froid et silencieux, comme deux blessés de guerre, les deux ennemis se lancèrent un regard complice. L'odeur du feu titillait leurs narines. Gabriel ne s'était toujours pas réveillé, il reposait, couché là où l'avait laissé son père. Les trois autres entamèrent un repas bien mérité, l'aube approchait. Ils mangèrent en silence. Une demie-heure plus tard, Matthew prit la parole.
« Pour répondre à ta première question gamine, lança Belen à l'adresse d'Isa. J'ai passé ma vie dans toutes les forêts du monde, je me suis fait des amis à poils ou à plumes, ils sont prêts à m'alerter quoiqu'il se passe. J'ai aussi des amis à Poudlard...Alors il faut qu'on tue l'homme qui nous a ensorcelé pour nous empêcher de partir, c'est ça ?
- Oui, répliqua Gabriel qui venait d'ouvrir les yeux en gémissant de douleur.
- Ce ne sont pas des novices, ils jouent avec vous depuis un jour. On leur a montré que nous n'étions pas de simples proies. Ils ne vont plus jouer, ils essaieront de nous tuer, et nous devons faire de même. »
Isabella n'avait qu'une seule envie, retrouver un endroit sûr où elle pourrait manger normalement, se changer, se laver mais surtout dormir! Elle allait devenir folle si elle restait dans cette forêt étouffante une journée de plus. En jetant un coup d'oeil à ses amis, elle remarqua qu'ils ne se sentaient pas mieux qu'elle. Matthew était un auror, il était habitué à ces missions étranges, pourtant il transpirait la fatigue par tous ses pores. Enfin, il y avait Gabriel, un peu amoché, sa défaite face au chef des mangemorts semblait l'avoir refroidi comparé à la veille où il s'enthousiasmait de retrouver la nature. Lui aussi voulait rentrer, tout le monde voulait rentrer.
« Gabriel, viens avec moi, il faut qu'on localise leur camp avant de les affronter. »
Le concerné acquiesça en fixant son père, comprenant que ce dernier avait besoin de lui parler seul à seul, de prendre des nouvelles de son fils, sa seule fierté, sa seule source de plaisir là le tirant pendant quelques minutes de l'endroit où il se trouvait pour le faire rêver de Poudlard, d'amitié...d'amour. En partant, Gabriel lança un regard appuyé à Isa. Ils ne s'étaient pas beaucoup parlé depuis qu'ils étaient là, la jeune fille se rendit compte qu'elle n'avait pas été tendre avec lui, mais elle s'enhardit en prétextant intérieurement qu'il l'avait bien cherchée.
Une fois les deux autres partis, la jeune fille se retrouva seule avec l'homme qu'elle ne voulait voir pour rien au monde, Matthew. Soudain, elle comprit le regard que lui avait lancé son ex petit-ami, il essayait de s'excuser silencieusement de la laisser seule avec lui. L'auror semblait étrangement absorbé par la contemplation du sol de la forêt qu'il fixait avec intensité, comme si celui-ci allait se mettre à trembler. Isa le regarda un bon bout de temps.
C'était triste de le voir comme ça, se débattre contre ses propres hésitations contre sa propre peur pour essayer de lui parler. Il n'y arrivait pas, il n'arrivait pas à lui avouer la vérité, il n'arrivait pas à mettre fin au calvaire qui les faisait souffrir, autant lui qu'elle. Il avait pourtant essayé d'avouer, de raconter à cette jeune fille ce qu'il s'était passé pour qu'elle passe le reste de ses jours sans la présence de son père, sans son affection, cependant les mots ne franchissaient pas la barrière de ses lèvres.
Elle cherchait simplement à comprendre ce qui avait pu arriver à cet homme pour qu'il tombe aussi bas, il avait une femme et un enfant à présent. Pourquoi avait-il fallu qu'il passe par la case « mangemort » pour finir par devenir un auror respecté et un homme admirable ? Pourquoi avait-il fallu que son père Mike se trouve sur son passage et sur le passage de cette tarée de Bellatrix ? Si seulement tout avait été différent, elle essaya de s'imaginer, sans pouvoir, avec son père, mais elle n'y parvint pas.
Matthew ramassa une branche parterre et traça des arabesques dans la terre. Il était devenu un mangemort pour honorer les idéaux de son père, pour lui faire plaisir...comment pouvait-on tuer des gens simplement pour faire plaisir ? Des innocents surtout ! C'était un choix, qu'il avait fait, il ne pouvait se cacher derrière l'excuse de son père. Isabella se demanda ce qu'elle aurait fait si son père lui avait demandé de devenir mangemort pour lui, soudain un doute l'assaillit lorsqu'elle se rendit compte que...qu'elle aurait accepté de le faire. Ce n'était pas pour faire plaisir à son père que Matthew l'avait fait, c'était parce-qu'il voulait son amour, il cherchait l'amour de son père, il était prêt à tout pour l'obtenir, pour voir un sourire fier fleurir sur le visage de son géniteur...ce qui n'était jamais arrivé.
Néanmoins, se rendant compte qu'elle commençait à comprendre les actes de l'auror, la Serdaigle chassa toute pensée de sa tête et préféra agir sans réfléchir une seconde de plus. Elle se leva précipitamment pour se placer face à l'homme qui détenait les réponses à toutes ses questions. Il n'osa pas lever la tête pour affronter son regard tant la culpabilité qui le rongeait le rendait faible. Il tremblait de tout son corps, incapable de faire le moindre geste.
Isa leva deux doigts qu'elle mit sous le menton de son ami pour le soulever et le regarder. Elle ne le foudroya pas du regard, ses yeux ne laissaient paraître aucun sentiment particulier, aucune colère, rien du tout, et pour la première fois, au lieu d'entendre ses excuses...elle les vit. La jeune fille vit à quel point il s'en voulait, à quel point il souffrait mais surtout à quel point il s'excusait. Des larmes qui ne voulaient pas couler emplissaient ses deux orbes noires.
« Je ne veux pas de détail, dit Isa d'une voix étonnamment calme, dis-moi juste s'il est mort...est-ce que mon père est mort ?
- Oui. »
Elle s'était attendue à cette réponse, elle s'y était attendue, elle s'était préparée pendant des années à entendre cette réponse qui l'avait hantée toute son enfance. Pourtant, la réponse n'en fut pas moins dure à assimiler. Elle eut un haut le coeur, ses yeux s'écarquillèrent tandis qu'elle sentait au fond d'elle la petite lueur d'espoir qu'elle avait gardée au chaud se briser en mille morceaux, la laissant pantelante, pétrifiée, mortifiée. (3)
Playground school bell rings again
Rain clouds come to play again
Elle eut envie de courir loin d'ici jusqu'à ne plus avoir de jambes et de se taper la tête contre un arbre de toute ses forces jusqu'à ne plus avoir de cerveau pour ne plus être harcelée par la pensée que son père était mort, qu'il partait en poussière depuis des années, se faisant dévorer par des insectes. Il avait disparu ! Disparu depuis des années, la laissant espérer, n'aurait-il pas pu apparaître en fantôme ou n'importe comment pour tout lui révéler au lieu de disparaître en silence !
La jeune fille eut envie de tuer son père de ses propres mains pour l'avoir abandonnée de cette manière, de le faire renaître pour le tuer encore et encore, pour lui faire ressentir ce qu'elle ressentait à ce moment même. Elle était en train de mourir ! Elle s'était raccroché à lui toute sa vie, à l'espoir qu'il revienne comme par magie ! Toute sa vie était basée sur cet espoir, tout, elle n'avait plus aucune raison de vivre, de se battre ! Tout était terminé, fini.
Mort. Mort. Mort. Ce mot horrible revenait en boucle dans ses pensées, comme s'il la détruisait de l'intérieur. Un oiseau semblait frapper de son bec l'intérieur de son crâne, mais elle se rendit compte que ce n'était que les battements accélérés de son coeur qu'elle sentait dans tout son corps, ses muscles, tout. Pour la première fois, elle comprit ce qu'avait ressenti John en perdant sa mère, mais lui n'avait pas attendu des années en espérant qu'elle soit vivante.
Has no one told you he's not breathing ?
Hello, I'm your mind giving you
La douleur était presque physique, elle sentait son coeur comme s'il allait exploser, il agonisait à l'image de celle qui le possédait. Ses muscles semblaient se déchirer intérieurement, ses os se disloquaient, partaient en poussière comme ceux de son père. Isabella sentait ses yeux la faire souffrir comme s'ils sortaient de leurs orbites pour se faire éjecter au loin. De ses doigts de pieds à la racine de ses cheveux, tout lui faisait mal.
Matthew, qu'elle avait complètement occulté depuis qu'elle se débattait contre ses propres pensées, se leva et tenta de la prendre dans ses bras mais elle le repoussa, attrapa son sac et et se mit à courir comme une damnée poursuivie par les flammes de l'enfer. Il essaya de la suivre mais jamais il ne l'avait vu courir aussi rapidement, une vraie furie. La jeune fille courut à perdre haleine jusqu'à être sûr que des kilomètres la séparait du camp. Puis elle frappa...
Someone to talk to
Hello
Elle frappa de toutes ses forces dans l'arbre le plus proche, son poing s'écrasa violemment contre le bois, déchirant la peau de ses doigts, mais elle souffrait déjà à en mourir alors une blessure physique ne pouvait plus rien lui faire. Isa frappa encore et encore, cognant de toutes ses forces, sentant le sang couler entre ses doigts, lorsque ses poings ne purent tenir le choc plus longtemps, elle passa aux coups de pieds, explosant ses jambes contre le tronc sans la moindre hésitation.
If I smile and don't believe
Soon I know I'll wake from this dream
Sans le moindre frémissement, elle fonça sur l'arbre inlassablement, se brisant les os sur l'écorce, se cognant sans relâche, se faisant souffrir avec un plaisir sadique. Elle testait sa propre souffrance, elle cherchait la limite entre la douleur physique et morale, cherchant à découvrir si l'une était plus forte que l'autre. Malgré son effort pour s'auto-détruire, elle ne put trouver que la réponse suivante: la douleur d'avoir perdu son père était toujours supérieur à celle physique.
Don't try to fix me I'm not broken
Hello I'm the lie living for you so you can hide
Don't cry
Lorsqu'elle ne pouvait plus frapper, elle hurlait. Elle hurlait à la mort, contre Bellatrix à cause de qui tout avait commencé, contre Matthew pour l'avoir aidée, contre son père pour l'avoir laissée, contre Gabriel pour ne pas arriver à prouver qu'il l'aimait, contre cette putain de forêt qui l'étouffait peu à peu, l'empêchant de respirer, la tuant à petit feu. Tous les prétextes étaient bons pour crier, pour s'époumoner, elle usait ses cordes vocales pour cacher le son de ses battements de coeur qui résonnaient toujours contre ses tempes.
Isabella ne pleura pas tant elle était emportée, sa fureur la faisait trembler, toute cette histoire ne l'attristait pas, cela ne faisait qu'exacerber son courroux. Elle en voulait à tout le monde, même à elle-même pour n'avoir rien fait, pour ne pas avoir réussi à sauver son père. Quelquefois, pendant une seconde, elle ne pensait plus à la mort de son père, ce fait lui paraissait tellement stupide qu'elle n'y croyait pas, alors elle souriait. Mais cette réflexion ne durait jamais bien longtemps, son sourire disparaissait, alors les coups, les cris reprenaient, c'était un cercle vicieux et une douleur sans fin.
Suddenly I know I'm not sleeping
Hello, I'm still here
All that's left of yesterday
Son bras droit fut le premier à ne plus répondre, il retomba comme une masse, même avec toute la volonté du monde Isa ne put le bouger plus longtemps, elle frappa ensuite avec son bras gauche ce qui produisit le même effet. Le schéma identique se réitéra avec ses jambes jusqu'à que plus rien ne lui réponde et qu'elle s'effondre au sol. Elle n'eut même pas la force de se réceptionner convenablement, s'écrasant au sol comme une marionnette sans fils pour la soutenir. Puis la forêt s'assombrit autour d'elle, jusqu'à devenir aussi noire que si elle avait fermé les yeux. Avant de pouvoir se rendre compte qu'elle avait vraiment fermé les yeux, son esprit la lâcha.
Gabriel et son père avaient trouvé le camp de leurs ennemis, ces derniers étaient en train de récupérer de la nuit, ils se soignaient comme ils pouvaient. Les mangemorts n'étaient pas habitués à se battre ou à vivre en pleine forêt, cela se voyait, ils étaient un peu perdu et un manque crucial d'organisation transparaissait à travers leur comportement. Ils n'étaient pas prêts à subir une attaque, c'était parfait. Bizarrement, contrairement à ce qu'il pensait, Belen ne lui avait pas posé de question sur ses amours, il s'était juste informé sur la situation à Poudlard, lui épargnant quelques mensonges concernant Isa.
Ils rentrèrent au camp pour retrouver leurs amis mais ils sentirent tous les deux que quelque chose n'allait pas. Ils sentaient l'atmosphère étrange qui émanait du camp avant même d'y arriver, leurs doutes se confirmèrent rapidement. Gabriel capta le regard paniqué de Matthew et comprit ce qui était arrivé. Soudain une peur panique lui noua la gorge, il fit demi-tour et repartit dans la forêt à toute vitesse pour retrouver sa petite-amie.
Il la trouva une demi-heure plus tard étonnamment loin du camp, elle avait parcouru cinq kilomètres au minimum ce qui revenait à effectuer un exploit dans une forêt aussi dense et criblée d'obstacles. Lorsqu'il la vit au sol, inconsciente, il se précipita auprès d'elle mais se rendit vite compte qu'elle n'était ni morte ni inconsciente. La jeune fille dormait simplement comme un gros bébé, toutefois, les bleus qu'elle arborait sur ses bras et sur ses jambes ne le rassurèrent pas du tout. Ses sourcils se froncèrent, le jeune homme la prit dans ses bras avec le plus de délicatesse possible, de toute façon, sa petite-amie ne se réveillerait pas, elle était trop épuisée physiquement et mentalement.
Le soulagement de Matthew fut évidemment bien visible lorsqu'il vit les deux jeunes gens revenir, son coeur se serra lorsqu'il vit qu'elle s'était fait du mal en frappant contre les arbres. Ils reposèrent Isa là où ils avaient posé Gabriel quand il s'était blessé quelques heures plus tôt, puis ils conversèrent à propos de stratégies pour abattre les mangemorts qui étaient à leur merci dans leur état. Le soir venu, ils mangèrent un lapin qu'avait chassé Belen.
Belen ne parlait pas, il ne posait pas de questions même s'il cherchait intérieurement à comprendre ce qu'il se passait. Matthew était une de ses relations dans le monde sorcier, tout comme Remus Lupin, mais il ne connaissait pas son acolyte parfaitement, tout ce qu'il savait c'était que l'auror avait un passé assez sombre. Cependant l'homme-loup se rendit compte que Matt avait eu un différent avec la gamine assez grave pour que cette dernière se casse les membres contre des arbres, testant les blessures du coeur contre celles physiques. Les questions qui occupaient ses pensées brûlaient ses lèvres.
L'auror marmonna au bout d'un moment qu'il avait besoin de prendre l'air, ce qui était stupide étant donné qu'ils étaient à l'air libre, le père et le fils hochèrent la tête en signe d'approbation, comprenant qu'il avait besoin d'être un peu seul. Gabriel mourrait d'envie de le prendre à part pour lui dire deux mots quand à son don pour blesser sa petite-amie, néanmoins il n'en fit rien, préférant se retourner vers son père. Les flammes du feu qui crépitait au sol illuminaient son visage. Isabella s'était réveillée mais elle n'avait plus la force de bouger, elle tendit donc ses oreilles pour écouter la conversation sans se faire remarquer. (4)
« Que s'est-il passé avec la petite ? Demanda Belen.
- C'est une longue histoire, disons juste qu'elle est spéciale, comme moi. Bellatrix a fait des expériences sur elle, sauf qu'elle a fait du mal à son père, je crois qu'elle l'a tué, c'est pour cette raison qu'Isa a du déraper tout à l'heure. Le problème c'est que Matthew a participé à toute cette affaire alors elle...ne peut pas supporter de rester avec lui.
- Intéressant.
- Papa, il faut que je te parle... »
No one knows what it's like
To be the bad man
To be the sad man
Behind blue eyes
Isabella écarquilla les yeux, elle était dos aux deux autres et ne pouvait donc voir l'air que prenait son petit-ami mais elle savait qu'il prenait l'air qu'elle détestait voir sur son visage, l'air inquiet, presque désolé. Un bruit parvint à ses oreilles, elle devina que Gabriel se tortillait là où il était assis. Le garçon avait du mal à parler, à avouer les choses, même à son père cela se révélait difficile. Mais son père comprenait la difficulté qu'il éprouvait à communiquer, après tout, passer des années en forêt, isolé du monde par sa faute n'avait pas arrangé les choses.
« J'ai vu que tu n'allais pas très bien quand on est parti chercher le camp des mangemorts. J'attendais que tu aies envie de me parler. Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu as un...putain je m'y habituerai pas...tu as un souci avec un garçon ? C'est encore ce John ? Je vais le tuer ce gamin, il t'as fait du mal, si il continue je vais le tuer !
- Papa, je t'ai déjà expliqué, ce n'était pas sa faute, il m'a laissé tomber car il ne pouvait plus supporter que je le vois en cachette et que je n'assume pas mon...homosexualité. Il ne supportait plus de m'attendre et je le comprends très bien. Il m'a beaucoup fait évoluer tu sais, il m'a donné une bonne claque en me laissant tomber, j'ai pu repartir du bon pied. »
And no one knows
What it's like to be hated
To be fated to telling only lies
Belen était un peu mal à l'aise de parler de ce genre de choses avec son fils, il n'avait tout simplement pas l'habitude de...d'imaginer un garçon avec un autre alors imaginer SON fils avec un garçon, c'était carrément inimaginable. En le voyant grandir, son petit loup, il avait imaginé qu'il reviendrait un jour en lui apprenant qu'il s'était trouvé une belle fille bien proportionné. Une fille avec toute sa grâce pas un mec avec toutes ses habitudes pas très gracieuses. Du moins, c'était ce que pensait Belen, dans son esprit, un couple composé d'une femme et d'un homme était équilibré, un homme était un peu détraqué et pervers, et une femme assez posée pour le calmer, les deux se complétaient. Mais imaginer deux hommes détraqués et pervers ensemble lui faisait très peur, les dégâts que cela pouvait faire. Sa plus grande peur était que son fils souffre, et c'était triste à dire, mais une fille risquait moins de le faire souffrir qu'un garçon à son avis, c'était ce qui était arrivé avec le petit John.
« Mais tu l'aimes toujours, c'est pour ça que tu ne vas pas bien ?
- Non, je ne l'aime plus, rétorqua Gabriel. Justement je voudrais te parler de ça ! Je...j'aime quelqu'un d'autre, une fille. J'aime Isabella !
- QUOI ? S'exclama l'homme loup en se levant brutalement. Mais, mais je comprends plus rien, fils. Tu es quoi alors ! T'aimes les mecs, les filles, les deux ? Tu me prends pour un con depuis le début, c'est ça ? Tu n'as jamais aimé les mecs ? Tu voulais juste te foutre de ma gueule ! Pourquoi tu me dis jamais la vérité ? Pourquoi t'arrive pas à me raconter ce qui te tracasse tout le temps ? Tu me prends pour un con ? TU SAIS TRES BIEN CE QUI EST ARRIVE LA DERNIERE FOIS QUE TU M'AS PRIS POUR UN CON ! »
But my dreams they aren't as empty
As my conscience seems to be
I have hours, only lonely
My love is vengeance
That's never free
Il était complètement perdu, il ne comprenait plus son fils, et si il y avait bien une chose qui pouvait l'énerver c'était de ne pas comprendre son fils. Son attitude changea du tout au tout ce qui effraya le Poufsouffle, la dernière fois que son père avait eu un accès de colère, le loup en lui était remonté subitement à la surface, lui laissant pour cadeau de nombreuses griffures sur tout le torse et une peur panique de mourir tué par son propre géniteur. Isa sortit sa baguette de sa poche, prête à arrêter le loup-garou. Néanmoins, sans savoir s'il en avait vraiment besoin ou si c'était pour calmer son père, Gabriel se jeta contre lui et le serra très fort dans ses bras.
« Ça n'a rien à voir avec ça. Je ne me pose plus la question si j'aime les hommes ou les femmes. Je sais pas comment t'expliquer papa, je tombe juste amoureux, il ne devrait pas y avoir de noms pour ça. Je tombe amoureux et c'est tout. Je suis tombé amoureux d'Isabella, je ne l'ai pas demandé, je ne me suis pas arrêté au fait que j'étais censé aimer les hommes.
- Alors pourquoi tu ne vas pas bien ? Elle ne t'aime pas ? Pourquoi tu vas jamais bien ? Je t'ai protégé toute ta vie, ce n'est pas pour que tu sois comme ça !
- Ce n'est pas le problème..., soupira le jeune homme »
No one knows what its like
To feel these feelings
Like i do, and i blame you!
Belen se rendit compte qu'il s'était lourdement trompé en pensant que c'était un garçon qui le rendait encore triste. Son idée stipulant que les hommes faisaient plus de mal que les femmes était réduite à néant, Gabriel semblait encore plus abattu que lorsqu'il lui avait parlé de cette histoire avec le gamin John quelques années plus tôt. Alors une fille pouvait le mettre dans cet état, pourquoi les jeunes étaient si difficiles, Belen n'avait connu que sa femme, tout avait été si simple, ils ne s'étaient pas posés de questions, ils étaient faits l'un pour l'autre.
« Tu fais chier, Gabriel, t'as toujours des emmerdes, filles ou garçons c'est pareil !
- Je suis désolé ! C'est juste que, j'arrive pas, à prouver aux gens que je les aime. Le problème que j'ai avec Isa c'est qu'elle n'a plus confiance en moi. C'est la meilleure amie de John, et comme un con j'ai voulu récupérer John en faisant semblant de m'intéresser à elle. Je suis sorti avec elle, mais je me suis vraiment attaché à elle. Puis j'ai réussi à oublier John et je l'aime elle.
- Alors c'est quoi le problème ?
- Elle a pris peur quand je lui ai avoué que je...je lui avais menti tout ce temps en faisant semblant d'être intéressé par elle. Elle a eu raison, elle s'est mise à douter de moi, c'est normal. Isabella ne sait plus si je l'aime ou si je me fous de sa gueule. Je l'aime, je jure que je l'aime. J'arrive pas à lui prouver que je tiens à elle. »
No one bites back as hard
On their anger
None of my pain and woe
Can show through
Le coeur de la Serdaigle battait la chamade, jamais elle n'avait entendu son amant parler aussi clairement de ses problèmes, jamais elle ne lui avait soutiré de tels aveux. Mais le plus important dans tout ça, c'était qu'il venait de lui prouver qu'il tenait à elle sans le faire exprès. Quel autre garçon qu'un garçon qui tenait à elle pouvait l'avouer à son propre père et étaler, avec difficulté certes, ses vrais sentiments. Il n'y avait eu aucune hésitation dans sa voix lorsqu'il avait dit qu'il l'aimait.
« Je crois que tu viens de lui prouver, fit remarquer Belen.
- Quoi ?
- Elle ne dort pas, sa respiration n'est pas régulière, elle nous écoute depuis le début. »
Isabella sursauta, surprise que l'homme-loup ait surveillé sa respiration pour voir si elle était toujours endormie. Il n'était pas bête. De toute manière, elle se fichait de tout cela, tout ce qu'elle voulait depuis quelques jours, c'était le retrouver, le prendre dans ses bras pour pouvoir enfin se libérer et pleurer comme elle n'avait pu le faire dans la forêt. Son besoin de l'avoir près d'elle était trop présent, elle n'avait plus besoin d'une raison pour le retrouver et le considérer comme son petit-ami. Elle avait juste besoin de lui. Sa main se perdit dans son tee-shirt d'où elle sortit le collier en forme de loup que le jeune homme lui avait offert à son anniversaire.
« Isa ? »
Perdue dans ses pensées, la jeune fille n'avait pas entendu son amant se rapprocher, Gabriel s'était accroupi auprès d'elle et la regardait, l'air profondément inquiet. Sans réfléchir plus longtemps sur le fait que le père du jeune homme était présent ou qu'ils ne se parlaient plus depuis des jours, elle lui sauta dessus et le fit se coucher auprès d'elle en quémandant ses bras autour d'elle. Il la serra fort contre lui lorsqu'elle se mit à pleurer.
« Mon papa me manque, Gabriel. Je veux qu'on me rende mon père ! Je veux mon papa ! »
Les larmes ne s'arrêtaient plus de couler, des larmes de tristesse, de colère. La jeune fille était en colère contre elle-même et contre tous les autres. Elle ne pouvait comprendre ce qu'il se passait, elle avait juste besoin de Gabriel pour rester à ses côtés, pour la protéger et pour l'aimer. Elle avait besoin de lui pour la rassurer, pour lui dire que même si son père était vraiment mort elle était encore vivante et se devait de vivre pour lui.
« Je sais...je sais...je t'aime, Isa. Je t'aime, je t'aime je t'aime. »
Jamais l'entendre dire cela n'avait pu la soulager autant qu'à ce moment même. Elle le croyait, de tout son coeur elle le croyait, elle voulait y croire, elle avait besoin d'y croire. Gabriel lui déposa un baiser sur le front en s'efforçant de garder son calme devant la détresse de la fille qu'il aimait plus que tout.
« Gabriel, il est temps d'attaquer une bonne fois pour toutes, les coupa Belen.
- Quoi ? Mais il faut qu'on se repose. Isabella est...
- Elle s'est blessée aux mains et aux jambes, je peux arranger ça. Pour ce qui concerne son autre blessure, elle aura tout le temps de pleurer plus tard, pour l'instant le plus important est d'en finir ! »
Belen sortit sa baguette de la poche de son pantalon en toile et s'approcha, la jeune fille s'attendit à être soignée sans aucune délicatesse, elle se trompa clairement. L'homme-loup prit délicatement sa main dans la sienne, jeta un coup d'oeil aux nombreux bleus et saignements, un air concentré collé au visage. De plus en plus étonnant, il ne fit pas immédiatement usage de sortilèges mais préféra masser ses mains doucement, ignorant ses petites grimaces de douleur. Gabriel comprenait parfaitement la surprise de sa petite-amie, lui aussi avait passé son enfance à se faire soigner par son père et le voir avec sa carrure de monstre soigner avec tant de délicatesse était un peu...troublant.
Matthew les rejoignit au bout de quelques minutes, terriblement coupable, il lança un regard désespéré à la Serdaigle qui lui répondit d'un regard étrange. Un regard qui laissait paraître à quel point elle était anéantie mais soulagée de savoir la vérité, mais une lueur dans ses yeux lui laissait deviner que cette histoire n'était pas terminée, qu'elle avait besoin de tout savoir, tous les détails, tout. Il s'assit à leurs côtés et attendit patiemment que Belen finisse de soigner la jeune fille.
L'homme, une fois son bref massage terminé, pointa sa baguette sur les mains de la jeune fille et prononça une formule que les autres ne comprirent pas et n'auraient pu répéter. Un halo lumineux s'échappa de sa baguette pour entourer ses mains, Isa sentit la lumière comme si celle-ci s'infiltrait dans ses veines pour faire disparaître les ecchymoses en un clin d'oeil. Le halo se déplaça pour entourer ses jambes meurtries également. Quelques secondes plus tard, la douleur qui étreignait Isa s'apaisa, la requinquant progressivement.
« On y va ! Prenez vos sacs ! Nous n'avons pas de stratégie particulière, il faut juste les avoir !
- Et tuer le chef ! Ajouta Gabriel. Si il meurt, nous pouvons transplaner. »
Ils se préparèrent tous les quatre au combat, la jeune fille était un peu faiblarde mais elle se sentait encore d'attaque à faire face à ses ennemis qui la harcelaient depuis deux jours, elle s'empara du couteau avec lequel le chef des mangemorts l'avait poignardée en pensant qu'elle avait le devoir de lui rendre d'une manière pour le moins violente. Belen jeta un coup d'oeil satisfait à son fils qui semblait avoir grandi depuis la dernière fois qu'ils étaient venus dans cette forêt. Il s'approcha de lui et lui murmura:
« On se reverra très tôt, Gabriel. Les choses bougent dans le monde des sorciers, je ne suis qu'un spectateur pour le moment mais je me battrai si il faut pour défendre les gens que j'aime, pour te défendre. Harry Potter et Voldemort sont étroitement liés à Poudlard. Ils y retourneront, Voldemort va attaquer Poudlard tôt ou tard, une guerre éclatera là-bas. Je serai là, tu m'entends ? Je serai là quand tout commencera. »
Le Poufsouffle répondit par un regard inquiet que son père effaça en lui ébouriffant les cheveux. Une fois prêts tous les quatre, ils laissèrent le camp et se dirigèrent vers celui des mangemorts avec détermination. Un mélange de sentiments se bousculait en Isabella, cependant elle s'en servit pour les muer en une détermination froide de vengeance. Elle voulait tuer cet homme qui l'avait poignardée, pour se venger de tous ceux qu'elle ne pouvait tuer au moment présent.
Ils traversèrent la forêt en silence sans se faire remarquer, ils s'arrêtaient souvent à divers endroits pour que Belen puisse renifler les alentours et qu'ils puissent continuer leur route. La nuit était tombée depuis quelques heures, la forêt prenait une allure effrayante alors qu'ils regardaient autour d'eux sans rien y voir. Ils s'arrêtèrent à une centaine de mètres du camp. Les deux loups qui les avaient aidés la veille les rejoignirent sans bruit et les encadrèrent pour les protéger d'une quelconque attaque. Ils voulurent tous lancer l'assaut mais au même moment un hurlement animal les persuada qu'ils n'étaient pas les premiers à attaquer. Les traits de Belen se durcirent lorsqu'il cria:
« Ils ont appelé des loups-garous pour les aider ! Partez ! Allez tuer les mangemorts, je m'occupe des loups-garous, ils sont deux ! COUREZ »
Des grognements retentirent entre les arbres sur leurs côtés, l'un à gauche, l'un à droite, les loups-garous les avaient déjà dans leur ligne de mire et se préparaient au combat. Les loups blancs censés les protéger se tournèrent vers leurs ennemis. Matthew et Isabella ne prirent pas le temps de réfléchir, ils savaient pertinemment qu'ils ne faisaient pas le poids face à ces créatures magiques, ils détalèrent comme des fous vers le camp des mangemorts pour les abattre et en finir une bonne fois pour toutes.
Belen se jeta entre les arbres sur sa droite accompagné d'un de ses loups pour trouver son premier ennemi et le réduire en pièce. Ce dernier se leva sur ses deux pattes arrières et se projeta sur lui par surprise le faisant vaciller puis perdre l'équilibre. Il s'effondra contre un arbre dans un tourbillon de terre et de débris de bois. Avant que la mâchoire de l'autre ne put se refermer sur sa gorge, son loup blanc se jeta sur lui et planta ses dents dans son bras le faisant hurler à la mort et permettant à Belen de prendre l'avantage en le repoussant, pour relancer le combat.
L'autre loup-garou au pelage gris s'était lancé à la poursuite des deux jeunes gens. Gabriel, qui était resté immobile depuis le début, essaya de rattraper le monstre qui en avait après sa petite-amie, un des loups de son père l'accompagnait, ils couraient tous les deux côte à côte. Isabella entendit des grognements quelques mètres derrière elle, elle savait que si ils déboulaient comme cela dans le camp des mangemorts, ils allaient se faire tuer aussi sec. Il fallait qu'ils affrontent le loup-garou en premier lieu. Elle tira l'auror sur le côté au moment où le loup-garou leur sautait dessus, celui-ci s'écrasa au sol comme une masse.
« Stupéfix ! Hurla Isa en reculant précipitamment.
- Incarcerem ! Ajouta Matthew sur le même ton. »
Le premier maléfice sembla rebondir contre le loup-garou gris sans le toucher, le second en forme de puissante corde s'enroula autour de son pied avant de s'ancrer à la terre, l'empêchant de bouger pour les tuer. Il se débattit contre la corde avec colère essayant de toutes ses forces de l'arracher de sa jambe. Les deux jeunes gens en profitèrent pour faire demi-tour et rejoindre le camp des mangemorts, ils ne pouvaient plus retourner en arrière et tout recommencer, il fallait continuer.
Gabriel déboula accompagné d'un loup, ses yeux soudainement ambrés brillèrent lorsqu'il leur fit signe de partir. Puis il entreprit d'attaquer le loup-garou gris qui d'un coup de griffe arracha enfin la corde qui le retenait prisonnier et se jeta sur lui. Si lui avait la force, le Poufsouffle avait la vélocité, il était trop rapide pour lui et bondit sur un arbre avant que son ennemi ne puisse l'approcher. Dans ce combat, sa baguette lui serait inutile, il fallait qu'il le terrasse ce qu'il n'avait jamais réussi à faire seul. Gabriel avait beau être à moitié loup-garou, il ne faisait pas le poids face à des bêtes comme celle-là qui le fixait en se léchant les babines, il sortit deux pieux de son sac, un pour chaque main et se prépara au combat.
Isabella et Matthew parvinrent au camp en courant mais ils ne se rendirent pas compte que les trois mangemorts les attendaient avec la ferme attention d'en finir également. Avant de pouvoir attaquer, les deux jeunes gens virent trois rayons rouges fondre sur eux, ils en stoppèrent deux en invoquant des boucliers et se baissèrent pour le dernier. Le dernier rayon rouge fila au dessus d'eux, hérissant leurs cheveux sur le sommet de leur crâne. Ils se réfugièrent derrière deux arbres avant qu'un autre sortilège ne les atteigne. Les trois mangemorts avaient dressé leur camp dans une clairière, ils étaient au centre de cette clairière et même s'ils n'avaient aucune couverture, Matt et Isa ne pouvaient pas tenter une attaque, ils ne faisaient pas le poids.
« Stupéfix ! Stupéfix ! Impedimenta ! »
Ils n'avaient aucune ouverture. Les adversaire les harcelaient, inlassablement ils jetaient des maléfices vers les arbres avec puissance, criblant le bois de rayons colorés et de boules de feu. Isabella sentait dans son dos le bois craquer, s'enflammer et se briser. Des morceaux d'écorce volaient de tout côté, elle ne pouvait essayer de se réfugier sous un autre arbre sans prendre le risque d'être neutralisée. Sur sa gauche, elle vit Matthew, ce dernier avait réussi à rouler en évitant deux sortilèges pour trouver une meilleure cachette, obnubilée par l'exploit de son ami, la jeune fille n'entendit pas le chef barbu des mangemorts s'époumoner.
« CONFRINGO ! »
Le sort d'explosion frappa l'arbre derrière lequel Isa se cachait de plein fouet, cette dernière ne vit rien, n'entendit rien, elle sentit tout. Un coup de poing, ou plutôt de massue s'abattit sur son dos se répercutant dans tout son corps jusque dans sa tête. Ses cheveux lui fouettèrent le visage, des débris de bois tapèrent de tous les côtés lui éraflant les bras et les jambes. Elle se sentit soulevée du sol pendant ce qu'elle pensa être une éternité. Elle retomba sur ses genoux, heurtant le sol brutalement, trop sonnée pour sentir un sortilège de mort la frôler. Une paire de bras l'étreignit pour la tirer vers un endroit à couvert, c'était Matthew qui avait bravé les attaques des adversaires pour l'aider.
« Isa, tout va bien. »
Il les avait tirés tous les deux derrière un arbre assez grand et assez éloigné pour que les autres ne puissent les atteindre tellement il faisait sombre. Lui par contre avait une vue parfaite sur la clairière, éclairée par le feu qu'ils avaient allumé. Pour une fois, les autres étaient en mauvaise posture même s'ils ne l'avaient pas encore réalisé. Entre les arbres, plus loin, des bruits de coups retentissaient, les deux jeunes gens devinèrent qu'il s'agissait de Gabriel ou de Belen qui affrontaient chacun un loup-garou.
« Ils ne peuvent nous voir d'aussi loin, ils sont pris au piège dans cette clairière, on peut attaquer sur le côté et même par surprise derrière en faisant le tour de la clairière. Prends la gauche, je pars à droite. Stupéfix ! »
L'auror ne lui avait pas laissé le temps de répondre, sans prévenir, entre deux attaques, il avait foncé sur la droite en jetant un sortilèges vers leurs adversaires. Isa fit de même, elle jeta deux maléfices vers la clairière puis courut vers la gauche en faisant le tour de la clairière pour les attaquer par le côté. Un des maléfices n'atteignit même pas la clairière mais le deuxième força un des mangemorts à déployer un charme du bouclier pour les protéger, lui permettant de continuer sa progression vers la gauche.
Soudain, alors qu'elle allait lancer une nouvelle attaque combinée avec Matthew qu'elle voyait entre les arbres derrière les mangemorts, un grondement immonde retentit, un grondement animal qui se rapprochait à une allure époustouflante, tel un troupeau de taureaux en fureur. Ils sentirent presque le sol trembler sous leurs pieds, les mangemorts levaient leur baguette, se demandant quel était ce nouvel ennemi. Matt avait abandonné l'attaque et fixait Isabella.
Cette dernière comprit pourquoi lorsqu'elle se retourna vivement pour voir deux monstres poilus rouler vers elle. La jeune fille se jeta sur le côté pour voir passer les deux monstres à un mètre d'elle et finir leur course en plein milieu de la clairière. Pendant une seconde, le silence qui s'ensuivit se révéla royal. Même les deux loups-garous, Belen et son ennemi, arrêtèrent de se battre pour regarder autour d'eux. Puis ce fut la confusion totale.
Les mangemorts, ne pouvant distinguer leur ami de leur ennemi, déversèrent un torrent de maléfices mineurs sur les deux loups-garous qui rebondissaient sur leurs corps sans les blesser. Ces derniers se mordaient la nuque habités de pulsions meurtrières, se lançaient des coups de griffes dévastateurs sans faire attention aux autres, trop occupés à s'entretuer. Isabella resta quelques secondes stoïque devant ce spectacle effrayant, mais elle reprit bien vite ses esprits, comprenant que c'était la seule occasion de toucher les ennemis maintenant que les loups faisaient diversion.
Isa fourra sa main dans son sac pour en tirer un pieu avant de se cacher dos à un arbre, prête à le lancer de toutes ses forces pour en blesser un. Elle visa le plus faible des trois, lancer un sortilège serait trop voyant, trop bruyant, ils auraient le temps de découvrir sa position et de riposter en un tournemain. Pleine de détermination, elle serra sa main sur le pieu et le jeta de toutes ses forces en priant intérieurement pour qu'il touche sa cible.
Le résultat se révéla ridicule mais d'une efficacité sans pareille. Le pieu fila droit vers le plus faible des mangemorts mais se mit à tourner dangereusement sur lui-même. Isabella sut qu'elle avait une chance sur deux que la pointe n'atteigne sa cible, c'était ou le manche ou la pointe du pieu. Finalement, l'homme se prit le manche du pieu en pleine tête le faisant crier de douler et vaciller, la jeune fille crut que tout était vain mais au même moment, Matthew lança un sortilège de stupéfixion. Aveuglé par la première attaque, l'ennemi se prit le sortilège de plein fouet et s'effondra au sol, neutralisé. Un en moins.
Soudain, alors que les deux autres mangemorts étaient à leur merci dont le chef qui était la clé de leur fuite, un cri retentit dans le dos d'Isa. Cette dernière se détourna vivement de la clairière pour regarder vers la forêt qui s'étendait derrière elle. Le cri retentit à nouveau, lui permettant de reconnaître qui en était le propriétaire, son petit-ami, Gabriel qui était censé être aux prises avec un loup-garou gris, et qui ne les avait toujours pas rejoints.
L'idée qu'il fallait tuer le chef des mangemorts en priorité ne l'effleura pas une seconde, tout disparut sauf son petit-ami qui se battait contre un monstre qui devait faire le double de sa taille et de son poids. Il fallait qu'elle l'aide, les cris qui retentissaient étaient tout sauf rassurants. Matthew ne put que la regarder partir, complètement atterré. La jeune fille courut à perdre haleine à l'opposé de la clairière, se dirigeant à l'aide des cris qu'elle entendait
Elle atterrit en moins d'une minute devant un spectacle d'horreur, le loup blanc qui était censé aider le Poufsouffle reposait au sol, éventré et mutilé de telle sorte qu'on ne distinguait qu'un amas de chair parmi les poils. Mais Isabella ne put y jeter un coup d'oeil, obnubilé par le combat qui prenait place devant ses yeux. Le Poufsouffle se débattait entre les bras de l'énorme loup-garou qui l'assommait à coups de griffes et de poings, le forçant à éviter tant bien que mal.
Il était en très mauvaise posture, la mâchoire munie de dents acérées de l'ennemi se referma à quelques centimètres de la nuque de Gabriel, faisant sursauter Isa, incapable de faire le moindre mouvement tant le monstre la terrorisait. Cependant le jeune homme entre deux coups assénés, lui lança un regard profond et colérique, lui intimant de ne surtout pas se mêler au combat, c'était trop dangereux et il ne pouvait pas se battre et la protéger en ce moment. Ce regard déclencha tout en elle, son désir de rébellion perpétuel qu'elle revendiquait vis-à-vis son petit-ami était plus puissant que la peur du loup.
Elle empoigna deux pieux, fatiguée de les lancer sans vraiment atteindre sa cible, elle dégaina sa baguette avec l'idée de les faire léviter puis les lancer à toute vitesse sur son ennemi, ce serait bien plus précis de lancer. Mais elle renonça, la jeune fille ne pouvait les lancer sans risquer de blesser son petit-ami tant le combat était rapide et tant les deux adversaires étaient proches l'un de l'autre. Elle renonça à l'idée d'ensorceler les pieux et en prit chacun dans une main.
Prenant son courage à deux mains, Isabella se mit à courir comme une folle et se jetasur le dos du loup-garou pour lui enfoncer un pieu dans chaque épaule. La bête émit un hurlement bestial et la repoussa violemment, Isa sentit l'air de ses poumons se vider lorsque son corps heurta le sol. Le loup-garou voulut se retourner pour achever cette fille qui avait planté deux pieux dans son dos en l'attaquant par derrière. Il n'en eut pas le temps, Gabriel en se poussant à l'aide de ses bras lança ses deux pieds dans ses côtes le faisant valser deux mètres plus loin.
« PARS ! Ce n'est pas un combat pour toi ! S'exclama Gabriel.
- Je t'emmerde !
- Isa !
- Protego ! Cria soudain la concernée. »
Le loup-garou s'était relevé précipitamment pour attaquer par surprise et les interrompre mais la jeune fille s'était retournée à temps. Le loup se brisa les dents sur la paroi du bouclier magique, le Poufsouffle préféra de ce moment de faiblesse pour lui sauter dessus et lui décocher trois coups de poing. Isabella brandit sa baguette, une détonation assourdissante explosa, l'adversaire fut rejeté violemment contre un arbre, sonné par le torrent de coups qu'il venait de recevoir, magiques ou non. Il se rendit compte qu'il ne faisait pas le poids face aux deux jeunes gens et préféra s'enfuir en glapissant.
« Il faut qu'on aille aider les autres ! »
Leurs mains se joignirent naturellement lorsqu'ils retournèrent en trombe vers le camp, avant même d'être assez proches pour voir ce qu'il se passait, ils comprirent que la situation s'était aggravée pour eux. Les combats semblaient avoir redoublé d'intensité, Belen affrontait toujours son ennemi loup-garou dont il n'arrivait pas à se débarrasser mais les deux mangemorts restants avaient débusqué Matthew, ils le harcelaient de sortilège le forçant à faire des pirouettes dont Gabriel ne se serait douté qu'il sache faire. Il fallait qu'ils l'aident. Ils s'élancèrent tous les deux mais au dernier moment ils se retinrent.
« Il faut que l'un de nous reste caché ! Si quelque chose tourne mal, il faut que quelqu'un nous sorte de là ! Reste ici, Isa ! »
La jeune fille acquiesça et se cacha derrière un arbre laissant son petit ami aider Matthew qui souffrait face à ses deux adversaires. Ce dernier évita un maléfice de justesse, riposta par un autre mais ne fut pas assez rapide pour invoquer un bouclier, Gabriel surgit de nul part et le tira sur le côté. Les deux mangemorts surpris de ce renfort surprise ne profitèrent pas de l'occasion qu'ils avaient de les tuer. Les quatre hommes se faisaient à présent face, puis le combat reprit avec d'autant plus de brutalité.
Les maléfices volaient de tout côté rebondissaient contre les boucliers pour filer entre les arbres, d'autres sorts beaucoup plus puissants creusaient des cratères, détruisaient les arbres. Quelquefois, un mangemort hurlait un sortilège que Matt ne pouvait éviter alors Gabriel le protégeait, le contraire se produisait également souvent. Les deux jeunes gens alternaient entre l'attaque et la défense, se protégeant l'un l'autre quand ils en avaient besoin et passant ensuite à l'attaque. Des étincelles explosaient, des détonations retentissaient et Isa ne pouvait qu'assister comme une simple spectatrice à l'affrontement.
« EXPELLIARMUS !
- Finite ! Defodio ! »
A quelques mètres d'eux, les deux loups-garous ne faisaient preuve d'aucune pitié. Les coups de poings déferlaient sur l'un puis sur l'autre, les griffes se plantaient dans la peau pour en arracher des morceaux, les dents lacéraient les épaules. Belen avait toutefois le dessus, c'était indéniable, il alliait vitesse et force à la perfection, ses coups étaient stratégiques coupant le souffle de son adversaire pour mieux enchaîner les attaques. Ce n'était plus qu'une question de secondes avant que l'adversaire de Belen n'abdique et ne meure, la gorge tranchée ou le crâne explosé au sol.
Gabriel et Matthew étaient en difficulté, les offensives étaient tellement rapides et puissantes qu'ils ne pouvaient à peine se protéger, ils n'avaient pas le temps de riposter. Gabriel avait beau être un demi-loup, il n'était pas aussi fort que les autres lorsqu'il se battait en duel, il n'avait pas les connaissances de l'auror et des mangemorts qu'il affrontait. Isa eut à peine le temps de voir les traits déformés par la colère du mangemort barbu avant que ce dernier ne brandisse sa baguette pour faire appel à un torrent de flammes.
Les flammes s'échappèrent de sa baguette et filèrent vers le Poufsouffle, il en para une bonne partie à l'aide d'un charme du bouclier mais se retrouva en difficulté lorsqu'une nouvelle rafale de feu frappa juste au dessus de lui, il fit une roula plus ou moins maîtrisé et recula précipitamment. Le jeune homme ne pouvait faire face à un sortilège aussi puissant, il ne savait comment le contrer et Matthew ne pouvait l'aider tant l'autre mangemort qui n'avait pas envoyé les flammes insistait sur lui.
Le mangemort barbu lança un nouveau torrent de flammes qui surprirent Gabriel pendant une seconde, ce dernier reprit ses esprits au dernier moment pour les éviter mais ne put faire face au sortilège pétrifiant lancé rapidement qui le prit au dépourvu. Tout ses muscles se tendirent, ses membres se collèrent à son corps et il tomba comme une masse au sol. Isabella se prépara à réagir si jamais l'ennemi essayait de l'achever avec un sortilège de mort, qui finalement ne vint pas.
Au même moment de l'autre côté de la clairière, Belen mettait fin à son propre combat en évitant un coup de griffe pour planter ses dents dans la nuque de son adversaire et la briser sans hésitation. Le corps énorme mais sans vie du loup-garou s'effondra. Belen darda ses yeux brillants d'agressivité vers le mangemort barbu qui venait de pétrifier son fils, mais avant qu'il ne puisse faire le moindre geste, le coupable transplana près de Gabriel toujours incapable de bouger et pointa sa baguette sur lui.
« Si tu t'approches, je le tue ! Menaça-t-il avec le peu de courage qui lui restait. »
Il était effrayé par Belen, c'était certain, ça se voyait, ça se sentait, il transpirait la peur par tous ses pores. Néanmoins ce n'était pas le fait le plus important, le plus important était le fait que le mangemort se retrouvait dos à Isabella. Cette dernière cachée derrière un arbre avait une vue parfaite sur son dos, elle comprit que s'il fallait agir, ce moment était propice, qu'il n'y aurait pas d'autre chance. Matthew affrontait toujours l'autre mangemort qu'il parvint à surprendre en se jetant parterre avant de le stupéfixer. Ils étaient maintenant trois contre un.
La Serdaigle prit une grande inspiration avant de fourrer sa main dans son sac pour en sortir le poignard d'argent. Le même poignard que le mangemort barbu lui avait planté dans l'épaule deux jours plus tôt avec la ferme intention de la tuer. Il n'avait pas réussi son coup mais elle...elle n'allait pas le manquer. Elle s'empara d'une fleur violette dont Gabriel lui avait dit que c'était du poison et en imbiba la lame argentée, puis sa main se serra sur le manche du poignard pendant une seconde, enfin, elle le lança de toutes ses forces.
A l'instant même où la lame quitta sa main, la jeune fille sut qu'elle allait toucher sa cible sans vraiment comprendre pourquoi. Elle ne prit pas la peine de regarder le spectacle, à partir du moment où le poignard était parti, elle avait gagné, ils avaient réussi et ils pourraient enfin partir, il n'y avait aucun plaisir à voir un homme se faire poignarder. Les autres ne virent qu'un éclair argenté briller, un bruit semblable à une déchirure brisa le silence de la clairière. Puis le mangemort suffoqua, et toussa, il essaya de se retourner pour voir d'où venait l'attaque mais cette action le fit tomber. Son corps fut agité de convulsions dues au poison, de la bave s'échappa d'entre ses lèvres en un flot continu. Isa sortit de sa cachette, Belen s'approcha et mit fin à ses souffrances en lui brisant la nuque.
« On s'en va ! S'exclama Matt en libérant Gabriel du sortilège bloquant ses mouvements.
- N'oublie pas ce que je t'ai dit fiston ! Murmura Belen à l'oreille de son fils. Je serai là pour toi ! Je te protégerai !
- Aurevoir monsieur Aimen ! Fit Isa en osant un minuscule sourire.
- On se reverra gamine ! Prenez soin de vous les enfants, Matt surveille-les !
- Je les surveillerai ! »
Gabriel serra son père contre lui. Puis il se retourna et prit la main que lui tendait Matthew. Ce dernier prit ensuite la main d'Isabella, ils jetèrent un coup d'oeil autour d'eux avant de transplaner. Ils avaient tous les trois changé dans cette forêt, ils avaient appris pas mal de choses, au final la jeune fille malgré ses plaintes ne regrettait en aucun cas d'avoir atterri ici. L'isolement lui avait permis de parler à Matt et Gabriel. Même si toute cette histoire avec l'auror n'était pas terminée, elle se sentait prête à continuer...et surtout à se doucher. Ils transplanèrent tous les trois, aspirés dans le tourbillon pour atterrir avec fracas dans la cabane hurlante.
Voilà ! C'était ce qu'on peut apperler un LONG chapitre ! J'espère que vous avez aimé ! Ah oui et j'oubliais si vous avez vu HP7.2 dîtes moi ce que vous en pensez ! Aurevoir ! Bisouuuuus !
1)Listen to the rain. Chanson que j'ai déjà utilisée pour la scène où Matthew quitte sa famille en déclarant ne plus vouloir être un mangemort en pleine pluie. Je le réutilise car cette chanson me fait penser à la déchéance de la famille Even. C'est pour cette raison que je l'ai mise au moment où Nathaniel Even réalise ses nombreuses erreurs.
Ecoute Ecoute
Ecoute Ecoute
Ecoute chaque goutte de pluie (écoute écoute)
Aaah
Des secrets murmurés sous la pluie (écoute écoute)
Aaah
Comme par magie, cherchant quelqu'un pour entendre
Cette histoire ne serait-elle pas plus que ce que cache
Chacune de ces gouttelettes disparues ?
Ne peut-on pas rester un peu ?
C'est simplement dur de dire au revoir
Ecoute la pluie
Aa... ah
Ecoute Ecoute Ecoute Ecoute Ecoute Ecoute la pluie
Qui pleure
Ecoute
Ecoute
Je reste debout seul dans la tempête
Soudainement doucement je dis non
Ne peuvent-ils pas rester pour toi car tu n'as pas beaucoup de temps
Ouvre tes yeux à l'amour autour de toi
Tu peux sentir que tu es seul
Mais je suis toujours ici avec toi
Tu peux faire tout ce dont tu as toujours rêvé
Rappelle-toi simplement d'écouter la pluie
Ecoute
2)Trust me-The Fray. La première fois que j'ai entendu cette chanson je suis resté choqué une journée entière sans pouvoir faire autre chose qu'appuyer sur play une bonne centaine de fois.
Cherchant quelque chose que je n'ai jamais vu Seul et je suis entre deux L'endroit d'où je viens et l'endroit où je suis Une ville où je n'ai jamais mis les pieds J'ai trouvé un ami où plutôt devrais-je dire un ennemi il a dit : il y a quelques petites choses que tu devrais savoir Nous ne voulons pas que tu vois Nous allons et venons Là aujourd'hui, ailleurs demain
On se relaie simplement
Soutenant ce monde
Ca a toujours été comme ça
Quand tu seras grand, tu comprendras
Si je dis qui je connais que ça fera simplement illusion Tu as moins besoin de moi que je n'ai besoin de toi Prend-le moi Nous ne montrons pas de sympathie Tu peux me croire ne fais confiance à personne Mais je t'ai dit que toi et moi Nous n'avons pas d'honnêteté Les choses dont nous ne voulons pas parler J'essaierai de les dire mais je ne le ferai jamais Le traffic reste parfait
On se relaie simplement
Soutenant ce monde
Ca a toujours été comme ça
Quand tu seras grand, tu comprendras
Et encore, peut-être pas
Et encore, peut-être pas
Quand tu seras grand
Tu comprendras peut-être
Quand tu seras grand
3)Hello-Evanescence. J'aime bien cette chanson Amy Lee sait s'énerver dans ses chansons mais aussi faire des chansons tristes comme celle-là. C'était une chanson pour la mort de sa soeur, elle en parle comme si elle n'avait pas réalisé, comme Isabella à ce moment là.
Dans la cour de récréation de l'école la cloche retentit encore
Des nuages pluvieux viennent jouer de nouveau
Personne ne t'a dit qu'elle ne respire pas ?
Salut, je suis ton esprit qui t'offre
Quelqu'un avec qui parler
Salut
Si je souris et ne crois pas
C'est que je sais que je me réveillerais bientôt de ce rêve
N'essaye pas de me réparer je ne suis pas brisée
Salut, je suis le mensonge qui vit pour toi donc tu peux te cacher
Ne pleure pas
Soudain je sais que je ne suis pas en train de dormir
Salut, je suis toujours là
Tout ce qui reste d'hier...
4)Behind blue eyes-Limp Bizkit (The Who) chanson que j'ai déjà utilisé dans cette fic. Elle est en quelque sorte pour moi le thème de Gabriel. Dès que je l'écoute je pense à lui.
Personne ne sait à quoi ça ressemble
D'être l'homme méchant
D'être l'homme triste
Derrière des yeux bleus
Et personne ne sait à quoi ça ressemble
D'être détesté
D'être destiné
À ne dire que des mensonges
Mais mes rêves ne sont pas aussi vides
Que ma conscience semble être
J'ai des heures, seulement isolées
Mon amour est une vengeance
Qui n'est jamais gratuite
Personne ne sait à quoi ça ressemble
De ressentir ces sentiments
Comme je le fais, et je vous blâme !
Personne ne ravale autant
Sa colère
Ni ma douleur, ni ma peine
Ne peut paraître
