Mmmm ... J'ai faim .


SABLE D'ISHBAL

- Riding a black unicorn ... -


Scar était bien loin d'être à son aise alors qu'il suivait le juge en compagnie de Mustang . Risquant un rapide coup d'oeil en arrière , il vit Alice assise sur un fauteuil beige , les yeux fixés au plafond .

" C'est ici . Je vous laisse avec Thomas Olliver , qui va s'occuper de vous ." exposa sèchement Paul Williamson , les laissant plantés devant une porte entrouverte .

Haussant un sourcil , Mustang demanda :

" - Et quel est exactement votre rôle aujourd'hui ?

- Disons que je donne le verdict final , votre Excellence . Vous saurez si vous êtes blanchi d'ici ce soir ... Bonne journée à vous !" susurra ton interlocuteur , sa voix doucereuse contrastant avec le regard d'acier qu'il arborait .

Serrant le poing , Roy Mustang se tourna vers le bois de la porte , le torse bombé ... avant de se recroqueviller pathétiquement . Les yeux vers la poignée , il lâcha à haute voix :

"- Je hais cette journée ... J'ai dû laisser des dizaines de dossiers de côté et mon assistante va me faire travailler jusque pas d'heure quand je rentrerai ... Peut-être devrais-je fuir très loin d'ici ou me faire porter malade ou jeter mes dossiers dans la déchiqueteuse ou ...

- Les brûler ? osa Scar , bras croisés .

- Pas bête ! fit Mustang, claquant des doigts . Hum ... C'est une idée ou c'était de l'ironie ça ?

- Je tentais de faire de l'humour , mais apparemment , ce n'est pas une de mes qualités .

- Certes , non . Bon ! Plus vite j'y vais , plus vite je suis parti ... Et vous aussi !" s'encouragea Mustang , ouvrant la porte à toute volée .

Face à eux , un grand bureau en chêne massif , aux moulures marquées et dorées . Derrière ce dit-bureau , un jeune homme les fixait , les doigts posés les uns sur les autres ( NDA : la pose de Monsieur Burns !) , confortablement installé dans un luxueux fauteuil en cuir rouge patiné . Ses yeux noirs n'annonçaient rien de bon pour les deux hommes à l'entrée de la pièce. Ouvrant la bouche , ce fut d'une voix tranchante qu'il exigea :

" Entre , et fermez la porte . Prenez place et attendez que je m'adresse à vous avant de faire ou dire quoique ce soit ."

Peu habitués à être traités comme du bétail , mais n'osant pas répliquer , Mustang et Scar coopérèrent . L'Ishbal regard alentour : aucune décoration , rien que de la peinture d'un bleu délavé , contrastant avec l'azur vif du ciel au dehors . Il risque un coup d'oeil vers Mustang qui , malgré son air digne , semblait prier pour sa survie .

" Président Roy Mustang né Roy Collins ? "

Sorti de sa léthargie , le brun hocha la tête en signe d'affirmation . Ce n'était pas souvent qu'on lui rappelait son nom de famille originel .

" Ce n'est contre vous , votre Excellence , mais j'aimerais que vous parliez avec votre bouche plutôt qu'avec votre tête ."

Vexé comme un gosse , Roy Mustang déclara :

" - C'est exact .

- Bien . Vous voyez , quand vous voulez .

- Tenez-vous à ce que je vous retire de vos fonctions , Monsieur Olliver ? demanda sèchement le Président , piqué au vif .

- Je prends le risque , murmura leur interrogateur , levant les yeux de sa feuille de renseignements . Je préfère ne pas être trop proche de ceux que je questionne , et je mets tout le monde à la même enseigne . L'objectivité avant tout , vous voyez ? C'est très important dans mon travail de ne me fier qu'à moi et mon jugement , sans être entravé .

- C'est parfaitement clair ...

- Pourquoi n'avez-vous pas gardé le nom de Collins ?

- Est-ce que cela vous regarde ?

- C'est une question qui est notée sur ma liste , donc , je vous le demande , précisa Thomas , collant un papier sous le nez de son supérieur . Croyez-vous que votre vie privée m'intéresse comme elle intéresse mes collègues qui minaudent devant vous?"

Préférant ignorer la remarque misogyne du jeune homme devant lui , Roy expliqua :

" Je suis né dans un village à l'Est du pays . Mes parents m'ont abandonné quand j'étais enfant , vers mes cinq ans , pour une raison qui me demeure inconnue . J'ai été adoptée par Chris Mustang , soit Madame Christmas , quelques mois plus tard . Je n'ai jamais revu mes parents et je n'y tiens pas , la seule mère que j'ai est Madame Christmas ."

Notant sa réponse , Thomas Olliver poursuivit :

" - Plus pour la précision qu'autre chose , que fait cette Madame Christmas ?

- Elle tient un bar à hôtesses dans le Maze , lâcha le brun .

- Atmosphère très adaptée à l'éducation d'un enfant , ça va sans dire .

- Je croyais que ma vie privée ne vous intéressait pas , le coupa Mustang , dardant sur lui un regard noir qui dissuada son interlocuteur de continuer sur ce ton impertinent.

- Certes . Je suppose que ça m'a échappé . Bien , à présent j'ai les informations de base à votre sujet , Monsieur Mustang ... dit Thomas en se tournant vers Scar , c'est à vous ."

N'ayant pas bougé un cil durant le dialogue - ou plutôt la joute verbale - entre Mustang et Olliver , l'Ishbal se dressa du mieux qu'il pouvait et regarda son interlocuteur droit dans les yeux .

" - Pour vous , étant donné qu'il n'y a pas de registres prouvant votre identité , je crois que ce sera rapide . Vous confirmez donc être Scar ? posa le jeune homme d'un ton narquois .

- Oui . Et je m'appelle Jared Karisma Kandasha ."

Regarda les deux personnes près de lui , Scar se dit qu'il leur avait coupé le sifflet . Mustang pensa immédiatement : " C'est ... un peu long comme nom , surtout comparé à ' Scar' ...". Ne laissant filtrer aucune émotion , Thomas continua :

" - Intéressant . Je l'écris , mais sachez que , d'après les directives de votre voisin , ce ne sera pas à moi de dénombrer et d'inscrire les Ishbals au registre national . Si après un vote , vous voulez rester part d'Amestris ou non . Bref . Serait-ce indiscret de savoir votre âge à présent ?

- Vingt-huit ans .

- Plus jeune que moi ? s'exclama Mustang , plus que surpris .

- Oui .

- Mais c'est pas possible , c'est... , commença celui-ci , ne sachant pas très bien quoi dire .

- Président Mustang , je vous prie de garder vos remarques pour vous . Je vous ai dit , quand vous êtes rentrés , de ne pas faire de bruit à moins que je vous le demande . Je suis peut-être rigide , mais c'est mieux que mon collègue Marian Strengh . Je crois qu'il va s'occuper du Colonel ... quand il arrivera . Il doit être occupé à se faire beau pour se la mettre dans la poche , en bellâtre qu'il est ." exposa Thomas Olliver.

L'idée de savoir Alice en présence d'un homme capable de se mettre en retard pour son travail afin de soigner son apparence ne plaisait guère à Scar . Tentant d'ignorer ses pensées , il reporta son attention sur l'homme devant lui .

" Bien , nous en avons fini avec le B.A-BA . Maintenant , le vif du sujet , qui ne doit pas être très agréable pour vous , dit Thomas en désignant Scar de son stylo , Solf James Kimblee et vos interactions personnelles . Je veux tous les détails , le plus de précisions qu'elles soient à propos du lieu , de la date, de la météo , de ce que vous faisiez à ce moment et même de la couleur de vos vêtements ce jour-là . Soyez clair et concis , je ne compte pas écrire un roman avec mes notes , mais un compte-rendu . C'est clair ?"

N'osant toujours pas répliquer face à ce monstre de froideur , les deux hommes en face ne purent qu'accepter . L'air sûr de lui , le jeune homme poursuivit :

" Plutôt que de faire un interrogatoire chacun , séparément , mes supérieurs ont jugé plus pertinent de vous faire passer en même puisque vos récits doivent se dérouler dans le même laps de temps . Ou bien ils sont extrêmement sadiques de mettre celui qu'on appelle le Héros d'Ishbal et un Ishbal dans la même pièce . Bref. Donc , vous allez chacun me dire la date de votre première ... "rencontre" avec Solf James Kimblee , et celui qui l'a rencontré le premier commencera . L'autre intervient quand il pense que ses interactions se sont déroulés en même temps ou entre deux rencontres ."

Voyant l'air perdu de Mustang face à sa litanie d'explications , Thomas soupira comme s'il s'adressait à un dégénéré et se fit plus simpliste :

" - Imaginons que vous l'ayez rencontré le 14 Janvier 1907 , Président Mustang , et revu le 28 Mars 1907 . Si votre voisin l'a vu entretemps , il peut vous couper la parole.

- Pour vous qui semblez à cheval sur la politesse , vous encouragez Scar à m'interrompre ? ironisa Roy .

- On peut faire ce genre de chose très poliment . Je ne lui dis pas non plus de vous couper au milieu d'une phrase ou sans préavis . Un peu de savoir-vivre , voyons . Donc , première rencontre avec Monsieur Kimblee ?

- Le 11 Mai 1907 . On m'a changé de régiment après un mois et demi .

- Pourquoi ?

- On m'a remplacé par un autre alchimiste . J'ai changé de secteur pour le secteur Nord-Est , alors que j'étais à l'Ouest .

- Et dans quelles circonstances l'avez-vu rencontré ? demanda Thomas Olliver .

- Je l'avais vu plusieurs fois de loin , sans lui parler . Et entendu parler de lui aussi , dans les termes que tout le monde connaît .

- Précisez .

- Et bien ..." fit Mustang , mal à l'aise par la présence de Scar à ses côtés , avant que celui-ci ne l'interrompe :

" - Je ne suis pas là pour juger . On vous a demandé d'être précis et clair , alors parlez .

- Hum ... D'accord , lâcha l'ex Alchimiste de Flamme , déconcerté . Il était connu pour être très violent et particulièrement sadique et sans pitié . Je l'ai vu une fois revenir du front couvert de sang du front jusqu'aux chevilles . C'est de là que lui vient son surnom d'ailleurs .

- Ca plaisait tant que ça à ses supérieurs de voir quelqu'un aussi ... investi ?

- Pour ce que nous avions à y faire , ce sont les gens comme lui qui étaient le mieux vus .

- Donc , votre rencontre , 11 Mai 1907 ? pointa Olliver .

- Une grosse offensive se préparait vers le Nord . Il y avait énormément de groupes Ishbals armés dans cette région , ce qui la rendait très difficile à ... conquérir , expliqua Mustang , se triturant les mains nerveusement . Lui , moi et d'autres militaires nous sommes retrouvés lors d'une pause près de la frontière entre "notre" territoire et celui à prendre .

- Et s'est-il passé quelque chose de particulier ? Une dispute , par exemple ?

- Oui. Aux yeux de Solf J. Kimblee , nous n'avions pas à avoir honte de nos actes car c'était notre devoir et nous devions nous contenter d'y obéir . Nous n'avions par à refuser de commettre ce massacre car nous étions soldats et soumis à l'armée . Particulièrement les alchimistes , puisqu'il n'y avait aucune différence entre tuer par alchimie , par balle , tuer une seule personne ou mille , puisque la "sensation" de meurtre reste la même . Si nous ne supportions nos actes , nous ferions mieux de partir . A ses yeux , la mort que nous donnions nous poursuivrait à jamais , comme une ombre , à travers ceux que nous avons tués et la mort que nous donnions ."

Reprenant son souffle bruyamment , Roy Mustang mit son visage entre ses mains , sans rien dire . Il n'entendit que le bruit du stylo de Thomas Olliver sur le papier , écrivant allègremment les mots qu'il avait eu tant de mal sortir . Le blessure qu'il avait à l'âme depuis Ishbal ne l'avait jamais quitté . Sa subordination aux ordres et sa lâcheté le taraudaient encore . Il n'osait pas regarder Scar , bien qu'il ne sente pas d'hostilité de son côté .

L'Ishbal fixait Mustang , sans rien dire . Il avait perçu les relents de la culpabilité de cet homme par le passé , mais le voir obligé de dire ce qu'il voulait cacher , devant lui même , lui rappelait que tous les militaires n'étaient pas de la même veine que Kimblee .

Semblant ignorer la honte de l'homme devant lui , Thomas persista :

" L'avez-vous revu par la suite ?"

Se redressant , Mustang dévoila des yeux rougis et dit d'une voix un peu tremblante:

" Non ."

Notant quelques mots au bout de sa feuille , le jeune homme conclut d'une voix sèche :

" A moins que vous n'ayez quelque chose à ajouter sur son compte , je vous rends votre liberté . Bonne journée à vous , Président ."

Alors que le jeune homme en face de lui se levait et l'invitait à en faire de même, lui tendant la main , Mustang lâcha un grand :

" Non ."

Surpris , Thomas Olliver répéta en écho :

" - Non ?

- Non .

- Et pourquoi donc ?

- Je ne veux plus fuir les souffrances que j'ai causées au peuple Ishbal . Si l'homme à côté de moi peut dire et me faire ressentir ce qu'il a pensé de mes actes , au moins , je serai soulagé , expliqua le Président .

- Soulagé de quoi ? Il va dire que vous avez tué sa famille , détruit sa vie et son pays, et que même vos actes aujourd'hui ne le lui rendront pas ! Vous voulez continuer à vous apitoyer sur votre sort et vous comporter en martyre pour vous trouver une légitimité à être à la tête de cet État et à faire du chantier Ishbal une priorité , rien d'autre ! exp(l)osa Thomas en crescendo .

- Ne parlez pas pour moi , Monsieur Olliver . Surtout pour dire ce genre de bêtises ." dit Scar , se levant dans toute sa hauteur , rendant son interlocuteur minuscule à côté de lui .

Remarquant la différence de gabarit entre l'Ishbal et lui , Olliver se rassit , grognon . Prenant une nouvelle feuille , il invita Scar à prendre la parole d'un :

" - Scar ou Jared Karisma Kandasha , à vous . Epargnez-moi un laiüs sur la souffrance que vous avez dû avoir et les pertes que vous avez subies , ça ne m'intéresse pas .

- Vous êtes très blessant ." énonça Scar .

Surpris , les deux hommes se retournèrent vers lui . Il développa :

" Devoir me tenir uniquement à ma "rencontre" avec l'Écarlate sans parler un minimum du climat qui régnait dans mon village est réducteur et blessant personnellement , car vous limiteriez ma vie à celui que j'ai été à partir de ce moment-là et après , jusqu'à il y a un an et demi ."

Vaincu , Thomas Olliver soupira lourdement une nouvelle fois , posant sa tête entre ses paumes . Redressant le visage , il concéda :

" Bien , mais ne faites pas un récit complet de votre existence . Dites juste de quoi nous mettre dans le contexte ."

Regardant brièvement Mustang qui lui , fixait le sol , l'air penaud , Scar débuta :

" Mon village de situe au Nord de la région d'Ishbal . L'armée a attaqué par l'Est et le Sud et comme l'a dit Mustang-

- Président Mustang , coupa Thomas Olliver . Quoique , vous vous en fichez.

- Oui . Donc , comme l'a dit mon voisin , reprit l'Ishbal , nous étions plus combattifs que certaines autres zones . L'armée a commencé sa percée à la mi-mai 1907 , mais la prise était difficile et beaucoup d'entre nous avaient réussi à fuir . Ma mère avait aussi ce projet , mais en dernier recours .

- C'est à dire ?

- A moins que l'armée n'ait été sur le pas de la porte , elle ne serait pas partie , sourit Scar , repensant à la ténacité de sa mère , Rezzan . Notre quartier , Kanda , a commencé à être envahi au début du mois de Juin . Ayant été averti de l'arrivée imminente des militaires , j'ai été chercher mon frère , qui avait une pièce indépendante de notre foyer . Alors que je sortais un bref moment , les attaques aériennes ont été lancées près de moi et de ma rue . J'ai accouru voir comment allaient mes parents et ...

- Et vous n'avez croisé personne ? osa Thomas Olliver .

- Une dizaine de militaires . Je m'en suis occupé , dirons-nous .

- Je vois . Continuez .

- Mes parents étaient sur le point de partir avec des voisins . Mon frère est venu nous rejoindre et ..."

Scar ne trouva pas comment finir sa phrase . Dans sa réflexion , il regarda alentour . Il vit le soleil illuminer la pièce , Olliver le darder d'un air concentré et sceptique à la fois , et Mustang le fixer , prenant sur lui pour écouter ce témoignage .

" Et ..."

Les mots ne sortaient pas . Même après des années , cet événement restait bien trop vivace , trop violent . Inexprimable . Mais il fallait l'exprimer .

" Et ..."

Ennuyé , Thomas Olliver tapa violemment du poing sur le bureau en bois massif , avertissant :

" - Je n'ai pas de temps à perdre .

- Vous êtes assez détestable , Monsieur Olliver . Vous interrogez un homme qui a vu sa famille mourir devant lui et qui a commis des actes dont il n'est pas fier , tout comme moi . L'objectivité est une bonne chose , mais là , vous faites d'un manque d'humanité flagrant , claqua Mustang .

- N'est-ce pas la même chose ?

- Non . L'objectivité n'est pas un manque de sentiment , mais de parti pris . L'inhumanité est un manque d'empathie qui en paralyse plus d'un , comme vous le voyez .

- Je suis conscient d'être un peu froid , mais si je devais prendre en pitié tous les gens qui passent devant mon bureau , je serais devenu psychologue ! Excusez-moi si j'aime faire mon travail sans fioritures , répliqua Thomas , vexé .

- " Sans fioritures" ? C'est un euphémisme là ! Vous l'accusez de vous faire perdre votre temps ! Désolé de vous l'apprendre , mais çe ne se fait pas!

- Vous allez pas m'apprendre mon métier , Président , avec tout le respect que vous je dois ! Et je vous dirai que-

- Et l'Alchimiste Écarlate est apparu devant nous ."

La voix grave de Scar rompit l'hostilité dans l'air . Comme deux gosses pris sur le fait, Mustang et Olliver reprirent place , se fusillant du regard . D'une voix acerbe , le jeune homme fit :

" - Ouiiii ...

- Et il a tout détruit . La rue , les maisons , le sol et ... l'explosion a pris mon bras . Je me suis pris un projectile sur le front , expliqua Scar , montrant sa célèbre cicatrice , et je me suis évanoui .

- Mais si vous n'aviez plus de bras , deux questions ! De un , comment se fait-il que vous soyez toujours vivant , et de deux , comment avez-vous fait pour r'avoir deux bras ?

- Mon frère étudiait l'alchimie d'Amestris et de Xing . Il m'a donné son bras ... en sacrifice . Il avait survécu à l'explosion mais était grièvement blessé au flanc gauche , dit difficilement l'Ishbal , revoyant ce douloureux passage revivre devant ses yeux .

- Comment savez-vous où il était blessé puisque vous étiez inconscient ? rétorqua Thomas .

- Je l'ai su plus tard . Et je n'étais pas totalement inconscient . Je me suis réveillé dans un hôpital et je ne l'ai pas revu ensuite ."

Consignant ses dires , le jeune homme fixa ses deux interlocuteurs . Il regarda brièvement sa montre et indiqua d'une voix lasse :

" Il est onze heures passées . Vous avez un quart d'heure de pause ."


Scar restait dans l'obscurité du couloir , sans bouger . Il n'entendait pas la voix d'Alice dans le couloir , mais captait des échos de voix de Miles . Il n'osait pas vraiment se promener de peur de se perdre et aussi de faire hurler de terreur la première personne qu'il croiserait . Assis en tailleur à même le sol , il réagit brusquement quand il vit Mustang devant lui , lui tendant une tasse blanche .

" Café ?"

Après une seconde d'hésitation l'Ishbal accepta . Le Président s'assit à ses côtés , l'air aussi lessivé que lui . Il se passa trois bonnes minutes sans qu'ils n'échangent un mot . L'Amestris finit par dire :

" C'est très courageux de votre part d'être là aujourd'hui . Vous auriez pu refuser . Je pense que tout le monde l'aurait compris ."

Regardant le profil de l'homme à ses côtés , Scar lâcha :

" - Je ne veux pas fuir devant la difficulté . Vous non plus .

- J'ai été bien trop lâche envers vous , le peuple Ishbal , pour continuer dans cette voie . Je ne veux plus me lever le matin en me disant que je n'ai rien fait à cette époque pour me rebeller ou me racheter . En parlant de ça, dit-il plus gaiement , il faudrait que je vous voie ensuite , que vous me reparliez de l'avancée du chantier . Je pense faire une visite officielle pour "l'anniversaire" de la mise en place de ce projet .

- D'accord.

- Cela fait quatorze minutes et quarante-cinq secondes , Messieurs !" brailla Thomas Olliver à travers le hall .

Regardant tous les deux en direction de leur salle d'interrogatoire , ils eurent l'air très abattu . Mustang grommela un :

"- Celui-là , je vais lui faire manger sa montre .

- Et son certificat de naissance , ce serait bien aussi ." dit Scar sur le même ton .


"Donc , après , Solf James Kimblee est allé en prison , il a été libéré octobre 1914 sur Ordre de King Bradley . Il devait vous retrouver . A-t-il réussi ?"

A peine était-il assis que Scar était une nouvelle fois assailli de questions . Prenant sur lui , il répondit :

" - Oui .

- Dans quelles circonstances ? insista Thomas , bougeant sa main en un signe d'approximation .

- Oh , et bien , étant donné que la vie de criminel est parfois ennuyeuse , je me suis dit que j'allais partir faire du ski à Briggs . J'ai pris le train clandestinement , comme tout le monde , avec un ... une connaissance , grimaça-t-elle en pensant à ce fourbe de Yoki , et , comme tout le monde , il a sauté d'un train voisin pour me combattre . Après quelques explosions et destruction en tout genre , j'ai fini par l'empaler avec un tuyau en fer qui passait à proximité .

- Vous avez de la force dans le bras pour faire ça , c'est un avantage pour faire du ski, continua le jeune homme en face de lui , continuant dans l'ironie .

- Il venait de me dire d'un ton extatique que ç'avait été un spectacle magnifique de mon frère à l'agonie car saignant du flanc gauche - pour revenir à tout à l'heure - et j'admets avoir été légèrement ... vexé. Et quant à la force dans le bras , j'ai toujours rêvé d'être champion de javelot ." persista Scar , plus qu'énervé par l'air suffisant de son interlocuteur .

Incapable de se retenir plus longtemps en voyant son ancien ennemi faire du sarcasme , Mustang eut une crise de rire folle . Devant son hilarité certes compréhensible mais déplacée , Olliver se contenta de fixer le Président d'un air imperturbable, lui désignant la porte du doigt . Comprenant tout de suite , Mustang sortit , rouge .

Fixant derrière Scar , Thomas grogna :

" - Et c'est ce type qui nous gouverne ... Pour en revenir à vous ... Donc , vous l'avez mis au tapis et c'est tout ? Vous ne l'avez plus revu ?

- Si , une troisième et dernière fois .

- Comme dit le dicton , " Jamais deux sans trois" .

- C'est ce qu'il m'a dit , d'ailleurs , évoqua l'Ishbal . Il a explosé la jonction entre le wagon où il était et le mien pour s'échapper , tout en me promettant d'en "finir pour de bon" , "la prochaine fois" .

- Et que s'est-il passé cette troisième fois ? demanda Thomas , jouant avec son stylo à encre .

- J'ai pu le blesser dans son orgueil en interchangeant nos places par rapport à notre première rencontre . J'étais hors d'atteinte , au dessus de lui et , lui , bien en dessous de moi . J'ai réussi à m'enfuir et je ne l'ai plus revu .

- Pourquoi me cachez-vous certaines choses ?"

Déconcerté , Scar fixa Thomas Olliver . Et remarqua qu'un gros trait d'encre bleue se situait entre son nez et sa lèvre supérieure .

" Je suis au courant du plan des Homonculus , du Jour Promis et de votre participation à ce projet . Pourquoi ne le dites-vous pas ?"

Se grattant brièvement le crâne , Scar dit :

" Cela ne concerne pas ce pourquoi je suis venu ."

Thomas Olliver rit brièvement , d'un rire qui ressemblait plus à une série de toussotements qu'autre chose . Il déclara finalement :

" - Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même : j'ai dit clair , concis et sans fioritures . Vous avez très bien respecté mes consignes . C'est tout ?

- Oui .

- Ah ! Attendez ! l'interrompit le jeune homme , alors qu'ils se levaient .

- Oui ?

- Est-ce que le Colonel Kimblee ressemble à son oncle , psychologiquement parlant?"

Scar eut besoin de moins d'une seconde de réflexion pour répondre :

" Pas du tout ."

Hochant la tête , les deux hommes rejoignirent Mustang , debout dans le couloir et calmé entre-temps . Voyant la tache d'encre judicieusement placée de Olliver , celui-ci eut très envie de rire , mais , captant le regard de Scar , se retint .

S'arrêtant dans le hall d'entrée du Tribunal , ils se dirent au revoir , le jeune homme précisant à l'Ishbal :

" - Pour cette fois , j'oublie le fait que vous ayez voulu me cacher certaines choses . Mais , si je dois vous revoir , vous me direz tout .

- D'accord ."

Alors que lui et Mustang allaient partir à l'extérieur , ils entendirent Thomas roucouler à l'hôtesse d'accueil aux cheveux flamboyants :

" Dis , ma petite Joan , tu aurais le temps de déjeuner avec moâââ ?"

Sans se retourner , Scar lança :

" Ah ! En parlant de sincérité ! Vous avez une moustache bleue !

- Un vrai plus pour la séduction , Monsieur Olliver !" s'exclama Mustang , hilare .

Tandis que Thomas courait aux toilettes tenter de se nettoyer , le Président et l'Ishbal sortirent .Regardant sa montre , le brun se rendit compte qu'il était midi approchant . Devant eux se dressait Hawkeye , qui les attendait . Ouvrant la portière arrière , elle les invita à monter avant de prendre place à l'avant .

Alors qu'ils quittaient la cour du Tribunal , Mustang murmura à Scar :

" Je retire ce que j'ai dit . Vous avez un semblant d'humour ."


Note - loool- de l'auteur :

Les cons ont toujours ce qu'ils méritent ! Ici , des moustaches débiles ! XD

Là , je retourne un peu vers Mustang et Scar , leurs souvenirs d'Ishbal avec un point sur la politique ! Ce sera un des sujets majeurs post-interrogatoires , et ça va commencer dans le chapitre suivant ! Y'aura Marie , Coralize et ... James ! Pour le truc du champion de javelot ... Sérieux , avec la force qu'il doit avoir dans le bras , Scar pourrait faire les JO dans cette discipline !

C'est bientôt la fin de " Sons of the Desert" , et je pense la traduire un de ces quatre, si ça vous intéresse . Et n'oubliez pas Mizumi 1593 !

J'espère que vous avez aimé , et je vous dis à bientôôôt ! Très bientôt , car j'ai hâte de faire le chapitre 37 en plus !

Musique : " Riding a black unicorn down the side of an erupting volcano drinking in a chalice filled with the laughter of small children" par Voltaire ( from the nouvel album du même nom !)