Disclaimer : O JK Rowling, tout t'appartient, exceptés quelques ingrédients à ma sauce.

Résumé du chapitre précédent:Suite à la discussion entre Harry et Drago, ce dernier a écrit à ses parents pour les avertir de la situation. Mais la réponse n'a pas été aussi bonne qu'il avait pu se penser à l'espérer. Entraînant Harry avec lui,il a fait en sorte que jamais le Gryffondor n'oublie ce qu'il lui devait.

Petits bavardages : J'ai plombé la semaine de tout le monde au dernier chapitre ^o^
D'ailleurs, je profite pour signaler qu'il va y avoir une pause à Noël, techniquement impossible de publier même si j'aurai internet.
Le titre vient juste d'une bande-annonce que j'écoute en boucle x) )


Il n'avait pas bien dormi. D'ailleurs, il aurait parié qu'il n'avait en vérité pas fermé l'œil de la nuit, bien trop occupé à se lyncher lui-même et se mordre la lèvre en refusant de voir la réalité. Tout ce qui était arrivé était entièrement à cause de lui et il ne pouvait rien faire contre ses fautes. Pire encore, il avait l'impression que tout ce qu'il pourrait faire ou bien tenter ne changerait jamais son mal être.

Mais Harry cessa bien vite de tergiverser lorsqu'il sentit Drago remuer à côté de lui, grognant à moitié en mettant son avant bras devant ses yeux. Si Harry ne l'avait pas lâché de toute la nuit, ce n'était que maintenant que le Serpentard semblait le réaliser alors qu'il tapait à l'aveuglette pour trouver le poignet du Gryffondor et se défaire ainsi de son emprise. Harry ne le lui laissa pas cette peine et s'écarta légèrement, ne le quittant pas du regard alors que ce dernier se mettait à bailler avant de finalement rouvrir les paupières.

Harry appréhendait. Il n'avait pas compris pour quoi Drago avait tant insisté hier soir même s'il avait fini par saisir qu'il s'agissait juste d'une simple vengeance pour au moins le remettre à sa place. Et ça avait marché, très efficacement. Il se sentait totalement démuni et attendait seulement que le Serpentard se mette enfin à parler pour statuer de son sort et savoir si oui ou non il aurait la joie de se faire insulter comme il se doit et renvoyer dans son dortoir sans ménagement. Il l'aurait mérité et jamais il ne se serait apitoyé de cela. Tout ce que Drago avait dit la veille était vrai. Il était devenu le pire des salopards sans même s'en rendre compte et aurait tout donné pour revenir en arrière, quitte à ne plus souhaiter être le Serpentard.

Mais Drago pivota simplement la tête en fronçant soudain les sourcils en s'apercevant qu'il était présent, à croire qu'il avait cru qu'il rêvait que quelqu'un le tenait. Il ne dit rien, passant uniquement sa main dans ses cheveux en le dévisageant avant de soudain se redresser pour se lever… et il se rallongea aussitôt, stoïque mais les yeux légèrement écarquillés.

- Tout va bien ? s'inquiéta soudain Harry en se redressant sur ses mains alors que Drago faisait le mort.

- Bien entendu.

Il mentait. Harry n'était pas du tout aveugle et il avait réellement l'impression que le Serpentard se forçait à sourire.

- Tu peux m'expliquer ce ne va p…

En le voyant de nouveau tourner sa tête vers lui en haussant un sourcil, Harry n'eut pas vraiment de peine à saisir que même s'il ne tenait pas à le dire, l'évidence était tout de même présente. Au vu de ce qu'il s'était passé la nuit précédente, il n'allait pas se mettre à courir gaiement dans les couloirs.

- Je vais essayer de te trouver quelque chose pour… commença-t-il à marmonner tout en se tournant pour quitter le lit.

- Couchez, Potter, lâcha soudain Drago en tirant les draps ce qui eut tout simplement pour effet de l'entrainer à nouveau vers le matelas. Je vais très bien, pas besoin de courir à Saint Mangouste juste pour cela.

Et lui n'était pas d'accord.

- Hier soir tu m'as demandé de… enfin… je ne l'avais jamais fait mais je sais pertinemment qu'il ne faut y aller à la bonne franquette sans même…

- Oh, je t'en prie, je ne suis pas sur mon lit de mort et demain j'irai bien mieux alors tu ferais mieux de cesser de jeter ta pitié par les fenêtres.

- Il ne s'agit pas de…

- Soyons clair, Potter tu… enfin, Harry, rectifia-t-il comme s'il était en train de vomir le prénom. Je vais très bien et ce n'est pas parce que je risque d'avoir du mal à me tenir assis le reste de la journée que je vais forcément mourir dans la demi-heure alors cesse de parler, je déteste ça à cette heure là.

Mais Harry ne put que rester la bouche entrouverte en voyant le ton sur lequel il lui parlait. Sa mauvaise humeur matinale, il avait compris depuis longtemps que c'était dans le personnage mais ce qui le mettait en colère, c'était que lui ne le fasse pas !

- On doit parler de ce qu'il s'est passé, rétorqua-t-il. Hier soir, tu…

- La ferme.

- … as tout de même appris qu'à cause de moi tu ne…

- Je ne sais pas ce que tu ne comprends pas dans : « la ferme » mais laisse-moi te le traduire, coupa Drago en plantant son regard dans le sien. Je ne veux pas en parler et il est hors de question qu'un jour nous en venions à prendre le thé juste pour que je me lamente parce que tu crois que c'est dans l'ordre des choses. Ma famille ne veut plus me voir, je dois me débrouiller seul et nous sommes ensemble. C'est tout ce que tu as à savoir.

Ensemble… c'était une blague ? Comment pouvait-il seulement dire cela en sachant que tout était de sa faute ? Drago était pire que masochiste et il ne saisissait pas pourquoi il tenait à rester avec lui malgré ce qu'il s'était passé. Rien n'était logique. Harry refusait qu'il se sente obliger de faire ce choix juste parce qu'il ne lui restait que cette unique solution.

- Tais-toi, lâcha le Serpentard en ramenant ses avant-bras devant ses yeux.

- Je n'ai rien dit.

- Mais j'entends ton cerveau bouillonné de là où je suis, précisa Drago en respirant profondément. Je déteste parler le matin alors fais moi le plaisir de garder ta bouche fermée jusqu'à ce que je décide du contraire.

- Et si je te dis que je refuse ?

Drago baissa ses bras en haussant un sourcil.

- Sans vouloir te vexer, je ne crois pas que tu ais ton mot à dire sur le sujet.

Une claque. Cette simple phrase eut immédiatement pour effet de faire perdre toute consistance à Harry. Il s'inquiétait vraiment et le Serpentard semblait ne pas du tout s'en inquiéter. Il ne pouvait pas simplement faire comme si rien ne s'était jamais passé. Se rallongeant, il inspira profondément en tentant de conserver son calme. Tout ce qu'il savait, c'était que lui ne pouvait pas ignorer ce qu'il lui avait fait, difficile que de rester sagement sur le même lit que Drago alors que lui cuvait son humeur matinale.

- Par contre, lança soudain le blond qui obligea Harry à brusquement tourner la tête vers. Concernant le fait de sauter main dans la main dans le château, il vaut mieux éviter de le faire devant Colden et que cela ne s'ébruite jusqu'à elle. Je tiens à rester en vie.

- Et pourquoi ne pas dire à Dumbledore qu'elle a utilisé un sortilège Impardonnable ? rétorqua Harry en fronçant soudain les sourcils. Elle ne peut pas…

- Mentionne quoique ce soit à ce sujet et je te jure que je t'éventre avant même que tu ais le temps de le réaliser.

Là, il commençait à l'agacer. Ne rien dire, toujours garder le silence… c'était à cause de ça qu'ils en étaient à ce point et lui n'avait strictement rien retenu de leurs erreurs ? Harry voulait bien faire tout ce qu'il souhaitait si cela l'aidait au moins à ne pas avoir l'impression d'être sous terre mais il ne fallait tout de même pas être aussi stupide.

- Il ne s'agit pas de toi et si elle…

- Cette poufiasse jubile à l'idée de savoir que je n'ai absolument plus rien, coupa Drago. Laisse-moi au moins le plaisir de lui faire croire qu'elle a gagné pendant que je me tape son héro.

Harry le dévisagea abasourdi et Drago releva de nouveau son avant-bras pour laisser son regard tombé sur lui.

- Je n'aime pas la niaiserie alors t'attends pas à ce que je te répète un jour ce que je t'ai dit la dernière fois, précisa-t-il comme s'il sentait que le fait d'être comparé à une pute ne lui plaisait pas vraiment.

- Merci.

- De rien, répondit en remettant sa tête droite.

Si Harry n'avait rien vu de l'état dans lequel il avait été la veille, il aurait conclu sans aucune hésitation que Drago n'avait pas changé d'un pouce. Difficile d'accepter son obstination à ne pas voir la vérité en face. Et la situation était encore plus étrange en sachant que tous deux étaient allongés sur le lit sans dire mot.

- Donc, nous sommes ensemble ? marmonna Harry.

- Tu es sourd ?

- Non, je… enfin je veux être sûr que tu ne le fais pas par…

- Tu n'as rien à faire ce matin au lieu de me casser les oreilles ? rétorqua Drago dans un profond soupir.

- Drago, tu peux essayer d'arrêter de…

Et il étouffa un cri lorsque le Serpentard tira son oreiller pour lui abattre en plein visage.

- Cela aurait très bien pu être mon poing alors estime-toi heureux, dit Drago alors qu'Harry repoussait la chose en s'apprêtant à répliquer. Et tu ferais mieux de le garder sur les yeux le temps que je me rhabille.

- Je t'ai déjà vu nu, répondit-il quelque peu lassé par sa pudibonderie sans fondement.

Mais Drago lui lança un regard noir avant de se redresser à nouveau en esquissant une légère grimace. Harry aurait très bien pu ne pas l'écouter mais préféra se détourner juste pour éviter de le vexer de nouveau. Risible de se soumettre à une telle demande vu ce que Drago lui avait demandé de faire durant la nuit, il ne comprenait pas il tenait tant à continuer d'agir comme si rien n'était arrivé.

- Tu comptes rester ici ? lâcha soudain le Serpentard après lui avoir lancé ses affaires au visage.

- Et toi partir sans même que l'on… commença Harry en s'asseyant.

- Je vais peut être te choquer mais j'ai du retard dans mes devoirs, répondit Drago sans même le laisser finir alors qu'il reboutonnait le haut de sa chemise. Alors disons que l'on peut se revoir demain mais sûrement pas dans la soirée.

- Attends ! s'exclama Harry en se jetant à travers le lit pour attraper son poignet alors qu'il faisait déjà demi-tour pour emprunter la porte.

Celui-ci leva les yeux au ciel, comme agacer qu'il tienne tant à le retenir dans la pièce. Harry était vraiment sérieux. Il ne voulait pas que Drago se mette à mentir tout simplement parce qu'il s'agissait de la voie la plus simple. Et par-dessus, ne pas jouer la comédie en lui faisant croire que tout allait bien et que ce qu'il lui arrivait n'était pas son problème. Il était l'unique responsable.

- Tu comptes vraiment faire comme si rien ne s'était passé ? lança-t-il en ne supportant pas son calme.

- Parce que je peux faire autrement ?

Peut être pas mais au moins qu'il admette qu'il n'agissait pas naturellement.

- Pour le dire rapidement, grâce à tes bons soins, je n'ai plus rien à part un type dans un lit qui n'est pas capable de se taire deux secondes, résuma Drago de moins en moins enclin à utiliser le sarcasme pour plaisanter. Tu veux te morfondre, très bien pour toi, mais tu as intérêt à ramener tes fesses quand je le veux. Il n'y a rien de bien compliqué et tu es le seul à te monter la tête avec cela. Maintenant, j'aimerai bien que tu me lâches pour que je puisse regagner mon dortoir, me laver et travailler.

Harry détourna son regard en jurant intérieurement. Pour le coup, le Serpentard avait parfaitement réussi son coup et il était bien le seul à regretter le plus amèrement ce qui était arrivé. Sa vengeance avait très bien marché et il se sentait incapable de pouvoir le contredire car ce ne serait pas légitime. Lâchant son poignet, il se rassit convenablement en ramenant ses genoux près de lui afin d'y poser ses bras tandis que Drago remettait convenablement ses boutons de manchettes.

- Et évite de bouder, ça ne te va pas, lança-t-il avant de franchir la porte et le laisser seul dans la pièce.

Il soupira. Ce n'était pas du tout comme cela qu'il avait imaginé que les choses deviendraient.

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Drago descendit les escaliers en vitesse. Non pas qu'il était pressé mais plutôt que plus rapidement il attendrait son dortoir, moins il aurait à se déplacer.

Il ne pardonnait pas Pot… enfin Harry pour ce qu'il lui avait demandé de faire. Penser et parler avec son prénom étaient bien plus difficile qu'il ne l'avait imaginé. Il aurait bien préféré rester avec les noms de famille mais il ne ferait que se voiler la face sur la réalité de leur « couple ». Entre guillemets parce que le mot semblait devenir très vite mielleux dès qu'il l'avait en tête. Quoiqu'il en fût, il avait très bien conscience qu'Harry voulait qu'ils parlent mais lui n'y tenait pas du tout. Echanger une petite conversation autour d'une tasse de thé ne changerait strictement à la situation et il serait toujours exclu de sa famille le temps que celle-ci accepte son choix… en gros pour des mois voire des années. C'était une réalité et il ne pouvait pas continuer à se morfondre.

Non, ce n'était pas qu'il l'acceptait, juste qu'il ne voulait plus se réduire dans le même état que la soirée précédente et oser de nouveau pleurer. Il n'avait plus rien mais pouvait au moins préserver le minimum d'honneur qui pouvait lui rester mais s'il fallait vraiment le racler entièrement de l'intérieur pour en trouver. Alors au diable ce qu'Harry pouvait bien lui dire pour le forcer à parler, c'était hors de question.

Maintenant, il avait parfaitement conscience qu'il n'y avait que cet idiot qui tenait un minimum à lui et qui serait présent. Peu importe ce qu'il pouvait en penser, il n'avait pas intérêt de revenir en arrière sous peine « qu'il se sentait mal en sa présence ». Il l'avait voulu et bien qu'il assume, tant qu'il gardait sa bouche fermée, Drago s'en satisferait. Ce qu'il lui avait demandé de faire durant la nuit était juste pour lui faire passer le message. Ils étaient ensemble et il n'y avait rien à rajouter à ce sujet. Et qu'il ne s'attende pas à ce qu'il lui répète qu'il l'aim… enfin qu'il avait cessé de le considérer comme une vermine de bas-étage.

- Où étais-tu ?

Drago s'arrêta soudain en manquant de percuter Blaise qui déboucha soudainement du couloir plus proche.

- Tu es intact, personne ne t'a agressé ? demanda-t-il en se mettant à le tâter comme pour vérifier qu'il avait toutes les parties de son corps.

- Je vais bien, lâcha Drago en lui retirant sa main de son épaule pour continuer son chemin.

Enfin peut être pas aussi bien que cela, vu la grimace qu'il retint de justesse lorsque celui-ci le rattrapa pour se mettre devant lui et l'obliger de nouveau à s'arrêter. Si Drago tenait tant à rejoindre son dortoir, c'était avait tout pour s'allonger en vitesse et non pas faire du surplace. Lui qui ne faisait que peu de sport à part le Quidditch détestait particulièrement les courbatures et autres merveilles du genre.

- Tu n'es pas rentré de la nuit, dit Blaise en le dévisageant de bas en eau. Que s'est-il passé ?

- Rien te concernant et personne ne m'a fait le moindre mal s'il s'agit de ta question, répondit Drago en le contournant tout en pensant qu'au fond, c'était tout de même un sacré mensonge.

- Tu marches bizarrement.

Drago s'arrêta soudain, perplexe.

- Je me suis endormi près d'une fenêtre, disons qu'il existe de meilleur endroit pour passer la nuit, dit-il sans même se retourner vers Blaise qu'il entendait déjà revenir à sa hauteur.

- Et moi je suis Merlin, rétorqua-t-il alors que le blond se hâtait de reprendre sa route pour gagner son dortoir. Tu as passé les dernières semaines à fuir tout le monde, avec une tête de déterré et voilà que maintenant que tu débarques aux aurores sans vraiment te plaindre.

- Peut être parce que je…

- Peut être parce que Potter est aussi porté disparu ?

Cette fois-ci, Drago s'arrêta véritablement pour venir le fixer droit dans les yeux alors que son visage grave ne cachait pas du tout le sermon qu'il essayait de lui faire. Mais, Pott… Harry était recherché ?

- De quoi parles-tu ? marmonna-t-il.

- Je n'ai entendu que des échos mais il semblerait qu'il ne soit pas rentré à son dortoir hier soir et ce matin, l'entraînement qu'il avait prévu a été véritablement annulé vu qu'il n'était même pas là pour l'annoncer lui-même à son équipe, résuma Blaise en fronçant les sourcils. Pour l'instant, les professeurs ne sont pas avertis mais il y a plusieurs patrouilles qui sillonnent le château à sa recherche. Tu ne saurais pas où il se trouve par hasard ?

Drago détourna le regard en mettant se mains dans ses poches.

- Comment est-ce que je…

- Vous étiez ensemble.

Pas de question, juste une conclusion de la part de Blaise qui ne lâchait pas des yeux. Il semblait attendre une explication de sa part, comme de quoi lui préciser s'il s'agissait d'une bonne ou d'une mauvaise chose. Et puis surtout ce qu'il s'était exactement passé vu que Drago restait tout de même en un morceau et que la dernière fois Harry avait presque semblé souhaiter lui arracher la tête.

- Disons que nous nous sommes mis d'accord sur certains points, avoua-t-il en décidant qu'il était véritablement temps pour lui de regagner son dortoir.

- Vous vous êtes parlés ?

- Non.

Et c'était la pure vérité. Concrètement, que ce soit durant la nuit ou bien ce matin, ils ne s'étaient pas dit grand-chose, ce qui n'avait pas été le cas le vendredi. Tout ce que Drago savait, c'est que Blaise n'allait pas le lâcher tant qu'il ne saurait pas toute l'histoire et il ne put que retenir un profond soupir d'exaspération en sachant qu'il gardait cette sangsue coller à sa jambe dès qu'il faisait quoique ce soit.

- Ecoute, tu n'as pas à t'inquiéter qu'Harry me refasse le portrait, les choses se sont plus ou moins arrangées et…

- Harry ? coupa Blaise perplexe. Tu l'appelles Harry ? Je peux savoir ce que vous avez fait pour que tu décides de l'appeler brusquement par son prénom ?

Drago se mordit la lèvre inférieure. Il devait apprendre à réfléchir avant de parler, même si cacher le fait qu'ils avaient couché ensemble était potentiellement ridicule vu qu'ils avaient décidé de ne plus se cacher. Mais, pour l'instant, Drago voulait juste s'allonger et ne plus bouger. Et dans un sens, amener le sujet était tout sauf très élégant.

- Tu étais en-dessous, dit soudain Blaise.

Pas besoin de trouver un mensonge ou bien une vérité détournée, il venait lui-même de lui en retirer cette peine en sautant directement à la prochaine étape. Sans question, bien entendu, constater semblait bien plus amusant, surtout d'en parler au beau milieu d'un couloir.

- Je ne vois pas de quoi tu…

- Arrête de mentir, coupa Blaise très sérieux. Ce que tu fais de tes fesses, je m'en fous pas mal. Par contre, ce qui me dérange est de savoir ce que tu as dû faire pour que Potter regagne ta confiance. Aux dernières nouvelles, il ne voulait plus te voir à moins que ta tête ne soit sur un pique.

- Sauf que ma vie ne te concerne pas, répondit franchement Drago en venant le fixer droit dans les yeux alors qu'ils descendaient l'escalier pour rejoindre les cachots.

- Oh, je t'en prie, n'essaie pas de jouer les solitaires parce que ça ne te va pas du tout, rétorqua-t-il en esquissant une grimace. Potter te haïssait il y a peu et maintenant il te b…

- Blaise !

- Qu'as-tu fait ? interrogea-t-il.

Rien qui pouvait le concerner. Il aurait beau insister, il finirait tout de même par l'apprendre d'ici quelques semaines alors, pourquoi se donnerait-il la peine de dire à haute voix ce qu'il préférait oublier ? Absolument rien et il n'avait pas à croire qu'il avait le droit de recevoir la vérité. Drago avait autre chose à faire que d'enfoncer lui-même le couteau. Il était avec Harry, et cela-lui suffisait. Au diable les problèmes, il n'y avait que cela qui pouvait compter à présent à ses yeux.

- Je vais bien, répéta de nouveau Drago alors qu'ils entraient dans la salle commune. Tu n'as pas besoin de t'inquiéter et de te poser tes questions aussi stupides.

- Tu ne réponds jamais à mes questions habituellement, répliqua Blaise. Savoir que tu vas bien est un mensonge.

- Et alors ? Ce que j'ai bien pu faire pour qui l'accepte enfin de me parler ne changera pas, peu importe que je te le dise ou non alors à quoi bon insister ? lâcha Drago en s'engageant dans les escaliers menant à leurs dortoirs. Dis-toi juste qu'il ne me ferra rien et que je vais déserter bien plus souvent ma chambre. Si tu veux te plaindre parce que je ne te dis rien, demande-toi seulement si cela te concerne.

Et il claqua la porte derrière lui sur le nez de Blaise dès qu'il fut dans le dortoir et qu'il gagna sa chambre. Il ne voulait parler de rien, tout était tellement simple et il y avait toujours quelqu'un pour essayer de compliquer la situation. Tout d'abord Harry puis maintenant Blaise. Etait-ce si compliquer que d'accepter ce qu'il se passait sans chercher à savoir si tout tournait rond ?

Lui ne tenait pas à ressasser le passé parce que se faire par pure idiotie était ridicule. Maintenant que c'était fait, il ne pouvait plus revenir en arrière. Tout était si simple qu'ils étaient tous fous de tant insister.

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Harry replaça convenablement son col alors qu'il remontait le couloir en direction de la tour de Gryffondor. Il n'avait pas bougé durant plusieurs minutes après le départ du Serpentard, trop occupé à jurer sur le flegme que ce dernier mettait à ne pas se sentir concerné par ce qui arrivait. Vouloir omettre certaines choses, peut être, mais pas au point de se créer un petit monde utopique où prôner l'acceptation pouvait régner. C'était stupide et Harry redoutait que cela ne fasse que plus de mal à Drago.

Alors, s'il avait enfin décidé à quitter la Salle sur Demande, c'était aussi dans l'espoir que la prochaine qu'il le croiserait ils pourraient parler posément de tout cela. Pas forcément parce qu'il ressentait de la pitié ou bien de la culpabilité, juste parce qu'il savait que cela ne mènerait jamais à rien. Trop de fois Harry avait souhaité faire de même pour finalement réaliser que cela ne…

- Harry !

Il releva soudain les yeux du sol en voyant
Hermione lui sauter au cou.

- Que se passe-t-il ? marmonna-t-il quelque peu désemparé par ce chaleureux accueil de sa part alors que Ron sortait également par le portrait suivi par Ginny.

- Tu as disparu depuis hier soir, voilà le problème, lança-t-elle en le lâchant pour reculer d'un pas en le dévisageant à présent en colère.

Ah… sur ce point là, il avouait qu'il avait totalement oublié qu'il y avait autre chose dans le château que Drago durant la soirée. Sans compter qu'il n'avait aucune obligation durant le week-end vu que McGonagall lui avait déclaré qu'ils ne pourraient avoir le terrain pour l'entraînement.

- Désolé, je…

- Où étais-tu ? coupa-t-elle. Tu sais à quel point nous nous sommes inquiétés ? Tu étais partie voir McGonagall et tu n'es pas revenu sans compter que la carte du Maraudeur était introuvable ! Si…

- C'est moi qui l'ait, marmonna-t-il en la sortant de sa poche tout un esquissant un vague sourire alors que Ron et Ginny arrivaient à leur hauteur.

- Ce n'est pas drôle ! lâcha-t-elle.

- Pendant que tu lui fais un sermon, je vais dire aux autres que nous l'avons retrouvé, dit Ginny en passant devant eux.

- Les autres ? répéta Harry en la suivant des yeux avant de revenir sur Hermione.

Il avait certes oublié de repassé par la tour mais ce n'était pas autant qu'ils devaient s'inquiéter à ce point-là. Combien de fois avait-il traîné dans les couloirs du château la nuit sans même qu'ils ne s'y intéressent ? Bien trop et il ne voyait pas pour quelles raisons elle se mettait tant en colère.

- Au vu de ce qu'il se passe en moment entre toi, Kate et Malefoy, comprends que lorsque tu n'es pas revenu, nous avons commencé à nous poser des questions, l'informa Ron en prenant Hermione par les épaules pour qu'elle arrête de fusiller Harry du regard. Vu que Kate n'avait pas bougé du dortoir, nous avons supposé que c'était Malefoy qui t'était tombé dessus mais, sans carte, impossible de savoir où tu pouvais bien être. Encore une heure et nous allions voir Dumbledore.

Vu sous cet angle, il était vrai que la manière dont ils réagissaient était tout à fait justifiable.

- J'aurais dû vous prévenir, je suis désolé, dit-il le plus sincèrement du monde en ne s'étant pas rendu compte que de ne pas regagner le dortoir créerait une telle panique. Mais disons que je ne comptais pas passer la nuit dehors et que c'est arrivé sans vraiment que je m'en rende compte.

Et tout ceci était la pure vérité. Qui aurait pu lui dire qu'après avoir donné la lettre à Drago et que celui-ci l'ait lu, ils finiraient tous deux cloitrés dans la salle sur Demande avec un Serpentard plus que masochiste sur les bords ? Personne, et c'était bien malheureux d'ailleurs.

- Mets tes excuses de côtés un instant et dis-nous plutôt ce que tu as fait et où tu étais? déclara Hermione en coupant court Ron qui souhaitait ajouter quelque chose.

- Quelque part…

Déclarer à Drago qu'ils ne se cacheraient plus était bien joli sur papier mais déclarer qu'il avait passé la nuit allait l'obliger à expliquer ce brusque revirement de situation et d'empêcher ses amis d'aller refaire le portrait du Serpentard en pensant qu'il se fichait encore de lui.

Hermione haussa un sourcil.

- « Quelque part » ? répéta-t-elle.

Harry acquiesça plus que gêné.

- Tu entends ça, Ron, lança-t-elle en se tournant vers lui, mains sur les hanches. Il était « quelque part ».

Il y eut un moment de silence avant que ne revienne brusquement vers lui pour le frapper. Pas violemment juste assez pour qu'Harry recule alors qu'elle recommençait.

- J'ai dit que j'étais désolé ! répéta-t-il alors que Ron attrapait Hermione pour qu'elle cesse de vouloir le réduire en purée.

- J'étais morte d'inquiétude ! lâcha-t-elle.

- Nous pourrions continuer cela dans le dortoir ? marmonna-t-il voyant que des curieux sortaient de la tour pour venir les dévisager.

- Pour que tu me dises que tu étais « quelque part » ? rétorqua-t-elle dans une imitation de ce dernier. Tu…

- J'étais avec Malefoy, dit-il le plus bas possible pour qu'ils soient les seuls à l'entendre.

Aussitôt, Hermione cessa de vouloir se débattre malgré le fait que Ron l'avait lâché pour dévisager Harry stupéfait.

- Tu…

- Je vous raconte tout si vous le voulez mais, pitié, pas ici et pas devant tout le monde, marmonna-t-il rapidement en faisant un signe de la main à Colin qui semblait être fou de joie qu'il soit en un seul morceau.

Incrédules, ils l'étaient et il dut les prendre tous deux par la main avant de les traîner dans le dortoir, passant entre les curieux qui s'étaient amassés devant l'entrée du portrait. Traversant la salle commune, il ne détourna pas les yeux de l'escalier avant de commencer à monter quatre à quatre les marches en continuant des les emmener avec lui. Arrivés au dortoir, il les tira dans la pièce avant de se retourner, fermer la porte et pointer sa baguette sur la poignée.

- Malefoy…, marmonna Ron.

Revenant vers eux, il acquiesça, vérifiant tout de même qu'ils étaient bien seuls.

- Tu l'as tué ? demanda-t-il simplement comme si c'était la seule solution plausible à ses yeux.

- Non, rétorqua immédiatement Harry en levant les yeux au ciel. Disons que…

- C'est en rapport avec le cirque que tu as fait hier concernant le hibou ? coupa soudain Hermione en fronça les sourcils.

- En partie, avoua-t-il. En fait, je lui avais déjà parlé la veille et…

- Harry, que s'est-il passé exactement cette nuit ? lança-t-elle.

Il ouvrit simplement la bouche. Elle souhaitait vraiment les détails ?

- Tout ce que je peux dire c'est que Kate est la seule responsable de tout ce qui est arrivé, Drago n'a jamais essayé de se foutre de moi et m'a bien prouvé qu'il voulait vraiment que l'on soit ensemble. Je ne…

- Attends, je dois résumer, coupa Ron en plissant le front. Tu t'es encore fait embobiner ?

Légitime de le penser, moins en voyant qu'il n'avait pas confiance en ce qu'il lui assurait.

- Non, il est vraiment sincère, répondit Harry en tentant d'articuler le mieux possible.

- Je rejoins Ron sur ce point-là, répliqua Hermione. Malgré tout ce qu'il pourra te dire, rien ne peux venir prouver qu'il dit bien la vérité. Je serais vraiment soulagée si c'était le cas et qu'il ait enfin décidé de cesser de jouer les peaux de vache dès qu'il en a l'occasion mais il n'en a pas les raisons, pas après tout ce qui est arrivé entre vous.

- Je pensais comme vous, assura Harry. Sérieusement, je ne voulais même plus entendre parler de lui mais…

Ils ne devaient plus se cacher… c'était ce qu'il avait dit mais il allait devoir expliquer qu'il avait dit à Drago de volontairement écrire à ses parents en sachant qu'il avait toutes les chances qu'ils n'acceptent pas sa décision. Déjà qu'il n'avait pas pu en discuter avec lui, difficile de raconter de manière linéaire et sans montrer qu'il regrettait cela.

- Disons que j'ai fait une erreur et que le plus salopards des deux, c'est moi, résuma-t-il sans même s'occuper de la politesse. Il ne me mène pas en bateau, au quel cas, il jouerait vraiment trop bien la comédie sans prendre en compte les sacrifices. Il…

- Qu'as-tu fait exactement ? coupa soudain Hermione en laissant l'inquiétude percer sa voix.

- Je ne tiens pas à en parler.

- Harry…

- Je suis sérieux, Hermione, répondit-il. Je ne veux pas vous mentir ou bien vous cachez quoique ce soit mais ce qu'il s'est passé entre lui et moi, ça ne concerne personne d'autre. Mais il ne ment pas et Kate est réellement cinglée.

- Comment veux-tu que l'on accepte bien sagement ce que tu nous dis ? rétorqua Ron. Tu ne nous dis rien mais nous devons hocher la tête comme des pantins sans même savoir ce qu'il se passe réellement. Tu serais à notre place, tu ferais quoi ?

Il réagirait comme eux, c'était certain. Il les comprenait mais ne voulait pas accabler Drago. S'il avait retenu une chose de cette nuit, c'était que le Serpentard refusait de perdre le peu d'estime qui lui restait et c'était bien difficile de le faire s'il lui se mettait à raconter en détails la soirée. Au fond, tout leur raconter aurait été tellement simple et il aurait au moins le bonheur de savoir qu'il serait pris en dégoût par quelqu'un pour n'avoir même pas pris en compte la situation de Drago. Il aurait pu mais c'était impossible.

- Il n'y aucune raison de douter de lui, affirma Harry en inspirant profondément. C'est sur et certain et je ne me suis pas encore fait embobiner, précisa-t-il en portant son attention sur Ron. Drago n'a jamais essayé de me faire quoique ce soit depuis…

- Drago ?

Ron venait soudain de relever.

- Au début, je n'avais pas remarqué mais tu appelles Malefoy « Drago » ? s'étonna-t-il. Enfin, peu importe vos problèmes, même quand tout allait bien entre vous, tu ne disais pas son prénom.

- Comme je l'ai dit, les choses… ont changé, approuva Harry qui malgré tout avait l'impression d'être dans une cocotte minute.

- Si nous te croyons lorsque tu dis que tu sais la vérité sur ce qu'il s'est réellement passé et que tu as la preuve que Malefoy ne t'a jamais tendu de piège ou bien manipuler, dit Hermione à mi-voix, je ne comprends pas comment tu as pu…

Et elle se tut soudain, la bouche en « o » alors que son regard quitta soudain le coin de la pièce qu'elle fixait pour venir se poser sur lui, particulièrement songeuse alors que ses sourcils se fronçaient à nouveau.

- Où étais-tu cette nuit ? demanda-t-elle soudain.

Harry leva les yeux au ciel.

- Je te l'ai déjà dit, marmonna-t-il sombrement alors qu'il commençait à se passionner pour le plafond. J'étais avec Drago et…

- Je t'ai demandé où, pas qui, coupa-t-elle dans un vague sourire amusé bien trop sarcastique.

Il resta muet. En fait, la seule chose qu'il trouvait à faire à part mettre ses mains dans ses poches, c'était dévisager Ron en espérant qu'il ajoute quoique ce soit qui pourrait l'empêcher de répondre mais ce dernier semblait attendre lui aussi ce qu'il allait bien pouvoir dire.

- ahsudeman…, marmonna-t-il.

- Pardon ? lâcha Hermione en haussant un sourcil.

Harry se racla la gorge.

- La salle sur Demande, répéta-t-il plus distinctement cette fois-ci.

Et il y eut un grand silence. Harry n'eut pas besoin de voir fixer trop longtemps Hermione pour saisir qu'elle avait parfaitement compris ce qu'il avait « fait » et que maintenant, elle ne voyait pas quoi rajouter de plus. Lui, et bien disons qu'il devait concurrencer les rideaux de son lit et qu'il ne s'était jamais senti aussi mal. Difficile que de regarder ses amis dans les yeux après ça.

- Je vais sembler totalement stupide mais il se passe quoi exactement ? intervint Ron qui les dévisageait tous deux perplexe. Harry était avec Malefoy dans la salle sur Demande, ils ont fait je ne sais quoi pour déclarer la paix sur terre et l'harmonie dans le monde et maintenant nous devons accepter qu'il n'est pas le petit salopard que l'on croyait être. Je peux savoir pourquoi aucun de vous deux ne parle ?

Harry sortit sa main gauche de sa poche avant de se masser les tempes. Ce n'était pas Hermione qui allait le sauver, cette dernière semblant assimiler la nouvelle plutôt que l'aider à la diffuser d'une manière subtile. Il se sentait vraiment mal.

- Nous… commença-t-il en arrivant difficilement à articuler. Nous avons… enfin… moi et… Ron, je l'appelle Drago, lâcha-t-il finalement en espérant que cela suffirait.

- Et moi je peux l'appeler Babouin au jambon si tu veux, répondit-il en haussant les épaules. Vous ne pouvez pas me dire clairement ce que vous…

- Il a couché avec Malefoy.

Le cœur d'Harry se serra soudain lorsqu'il posa ses yeux sur Hermione qui venait enfin de prononcer un mot. Il était bien heureux de son aide mais il avait espéré quelque chose de beaucoup moins direct ou franc de sa part. Là, il avait vraiment l'impression que le plafond venait de tomber sur lui. Et la sensation ne fit que s'approfondir lorsque Ron se tourna vers lui comme pour chercher confirmation.

- Pardon ?

Qu'il ne lui demande pas de répéter ce qu'Hermione venait de dire, il n'y parviendrait pas. C'était vraiment une journée sans fin d'autant plus qu'il n'avait quasiment pas fermé l'œil ces deux derniers jours.

- Disons que je… enfin… ce n'était pas…

- Tu as couché avec Malefoy ? coupa Ron abasourdi.

Harry acquiesça et il savait bon à être enterré sous terre s'il n'implosait pas dans les minutes suivantes.

- Mais tu n'as pas pu…

- Ron, je ne crois pas que tu doives insister, marmonna Hermione entre ses dents.

- Il couche avec qu'il en veut, je m'en fiche pas mal ! rétorqua ce dernier en la dévisageant stupéfait. Ce qui me met en colère c'est qu'il y a peine deux jours il voulait le tuer et maintenant il s'envoie en l'air avec lui ! Si jamais il croise Tu-Sais-Qui et qu'ils se parlent, il va faire pareil ?

Harry laissa sa bouche s'entrouvrir, pas vraiment préparé à ce genre de réaction et surtout de comparaison. Qu'il soit bien clair qu'il n'avait pas sauté sur Drago la veille, c'était le contraire, et la situation était très, voire même carrément différente que ce qu'il lui exposait.

- Excuse-moi de demander, déclara soudain Ron en baissant d'un ton tout en ramenant son attention sur lui. Je veux être certain que tu as conscience que ne pas haïr quelqu'un ne signifie pas forcément coucher avec lui, auquel cas, moi je change de dortoir et t'empêche d'approcher Hermione.

- Ron ! lâcha celle-ci pour le rappeler à l'ordre.

- Je suis le seul à m'étonner qu'il passe du coq à l'âne bien trop rapidement ? rétorqua-t-il en doutant de sa lucidité. Un jour il déteste une personne, le lendemain, il la saute. J'ai comme un problème d'adaptation entre ces deux modes d'humeur radicalement opposés.

- Ron, ce n'était pas aussi simple que… commença Harry malgré tout frappé par la réalité de ses propos.

- Que quoi ? coupa-t-il. Peu importe la personne, ne viens pas me faire croire que c'est sérieux entre vous si tu couches avec lui dès le moment où il retombe dans tes bonnes grâces.

Harry se passa mécaniquement la main dans ses cheveux, bien trop nerveux pour tenter de rester en place. Le pire dans toute cette histoire, c'était que Ron avait raison et qu'il y avait lui-même pensé ainsi la veille. Mais ce n'était une question de coucher avec Drago parce qu'il en avait envie parce que, justement, cela n'avait pas du tout été dans ses priorités. Il avait laissé le Serpentard se venger, c'était tout. Sans se défendre ou bien essayer de constater parce qu'il savait qu'il le méritait. Mais, maintenant, il ne pouvait pas raconter en détails tous les évènements de la soirée.

- Dis, tu te rappelles quand tu m'avais demandé si j'avais un faible pour lui ? dit-il en se redressant pour faire face à son ami.

- Vaguement, sur le moment j'ai plutôt retenu le fait que tu nous avais menti pendant des mois, répondit Ron en hochant la tête.

- Je ne sais pas si je ressens vraiment quelque chose pour Drago, préféra poursuivre Harry sans prendre en compte sa remarque. Tout ce que je sais, c'est que je ne prends pas cela à la légère et que je m'inquiète vraiment pour lui. D'accord, ça te semble étrange voire même ridicule et je ne peux pas t'en vouloir. Tout ce que je sais c'est que, même si j'ai couché avec lui d'une manière plus ou moins consciente hier soir, je ne vais pas partir en courant maintenant que c'est fait et je compte bien rester avec Drago, peu importe que ce soit totalement absurde à tes yeux.

- Je dois t'en féliciter ?

Harry crispa la mâchoire. D'accord, qu'il soit en colère, il pouvait l'accepter mais pas qu'il joue les sourds d'oreille et ne veuille pas concevoir que, peut être, il était sincère. Harry ne comptait pas fuir et de nouveau le haïr.

- Je tiens à Drago, lança clairement Harry. Alors, je ne suis peut être pas un model pour cela mais tout ce que je sais c'est que même lorsque Kate nous a monté contre lui, je le voyais encore comme le type qui était resté avec moi durant plusieurs nuits sans rien demander d'autre. C'est peut étrange mais ce n'est pas ce que j'ai couché avec lui après des semaines à le haïr que je me fiche de lui ou bien de ce que je ressens.

- Tu…

- Ron, insiste encore et Harry finira véritablement par déclarer qu'il aime Malefoy et moi, peu importe à quel point il peut être mon ami, je ne peux pas tout assimiler en une journée, coupa Hermione en l'attrapant par le poignet pour qu'il fasse un pas en arrière. Attends demain, tu veux bien ? J'aurai eu la nuit pour me faire à cette idée.

Et Ron dévisagea soudain Harry qui était devenu cramoisi. Il adorait Hermione lorsqu'elle venait à sa rescousse mais là, elle avait plutôt le don de l'enfoncer à grands coups de pelle sur le crâne. Il voulait disparaître, peu importe le prix qu'il devrait y mettre, il n'aurait pas hésité un instant, encore moins lorsque Ron ouvrit la bouche :

- Sans vouloir te vexer, il n'a pas vraiment besoin de le dire après son monologue, marmonna-t-il en faisant rougir un peu plus Harry si cela pouvait seulement être possible.

Magnifique… il avait l'impression d'être un mur qui se prenait tout en plein visage dès que l'un de ses « amis » ouvrait la bouche. Pour la subtilité, ils repasseraient. Mais difficile de réaliser qu'ils venaient de lui lancer toutes les vérités en plein visage et qu'il ne préférait même pas penser à la possibilité de ressentir quoique ce soit envers le Serpentard… pas du tout… en partie. Harry fit un tour sur lui-même en levant les yeux au plafond tout en jurant. Etrange spectacle qu'il l'eut offrit mais au eu au moins le don de le ramener sur Terre.

- Donc, je résume, déclara Ron en tendant sa main en ouvrant sa paume. Malefoy est un « gentil », Kate une poufiasse, toi un salopard et nous des bonnes poires. Il ne faut pas insulter le bourgeois la prochaine fois que nous le croiserons car cela mettrait à mal tes relations diplomatiques afin de mieux le sauter mais nous devrons garder le silence quand lui ne se gênera pas d'une telle question. Tu prendras sa défense quoiqu'il arrive et surtout, tu rougiras comme un dément dès que l'on te demandera comment c'est passé ta journée. J'ai fait le tour ?

Il acquiesça. A contre cœur mais le portrait était plutôt bien brosser excepté sur le point de qui couchait avec qui. Rien n'assurait à Harry que le lendemain cela recommencerait… il était même certain qu'il y aurait un bon petit moment avant que l'un ou l'autre ne décide de prendre l'initiative. Pas par gêne, même si le Serpentard restait pas mal pudibond sur les bords, mais plutôt à cause des évènements de la soirée qui avaient tout précipité. Espéré échanger quelques mots avec Drago était déjà la meilleure chose qu'il pouvait envisager pour l'instant.

- Très bien, déclara Ron en se détournant pour se pencher et tirer un morceau de parchemin de sa malle sous le regard interrogateur d'Hermione qui ne voyait pas ce qu'il pouvait bien prévoir de faire. Tu vas être prié de noter toutes tes journées de sortie à cet endroit pour au moins que plus personne dans le dortoir ne s'affole de ton absence.

Harry considéra un instant le parchemin vierge sans dire un mot en partageant avec Hermione un regard en parfaite concordance.

- Je ne compte pas te harceler, précisa Ron en haussant les épaules, juste savoir les questions que je devrai éviter de te poser le lendemain comme, par exemple : « tu as bien dormi ? » « ça te dirait un peu d'exercice ? »… Tu vois à peu près ou je veux en venir.

Et il acquiesça de nouveau. Il pouvait être ravi de voir que Ron prévoyait ses futures maladresses mais cela ressemblait davantage à l'occasion qu'il pouvait se donner pour être certain de ne jamais parler de la vie « privée » d'Harry et surtout mentionner Drago.

- Je le ferai, dit-il en lui prenant le parchemin, mais…

Ron l'invita à continuer.

- Même si lui et moi avons décidé de ne plus rester cacher, le problème de Kate est toujours présent et, même si j'ai essayé de le convaincre d'en parler, pour l'instant, il fait les sourds d'oreilles, marmonna Harry en se passant sa main libre derrière la nuque.

- Tu veux éviter que cela ne s'ébruite jusqu'à elle ? supposa Hermione.

- Au moins jusqu'à ce que Drago cesse de jouer les têtes de mule, précisa Harry en approuvant.

- Et bien bonne chance, répondit sombrement Ron. Si tu disparais du dortoir, les autres seront désormais immédiatement au courant, peu importe que j'essaie de le cacher. Tout le monde a bien vu que quelque chose n'allait pas. Si tu disparais trop longtemps de la salle commune ou des dortoirs, Kate ne mettra pas longtemps avant de comprendre que tu vois à nouveau quelqu'un. Et sans doute encore moins de temps pour voir qu'il s'agit de Malefoy.

- Je suis d'accord avec lui, confirma Hermione en accordant à Harry un regard tout aussi inquiet. Quoique l'on puisse te promettre, il faut que Malefoy accepte de parler de cette fille, peu importe ce qui a bien pu se passer entre vous trois.

Idée sur laquelle il avait été d'accord depuis longtemps. Mais Drago était têtu, détail qui semblait ineffaçable malgré tous les coups tordus qu'il avait dû subir de la part de Kate. Un esprit logique aurait immédiatement compris que simplement parlé mettrait fin à tous les doutes et mensonges qui pouvaient apparaître. Harry en avait conscience, sans doute pas le Serpentard qui continuait de se murer derrière son orgueil et son amour propre qu'il tenait absolument à conserver quoiqu'il lui en coûte.


Harry parviendra-t-il à convaincre Drago de sortir de son silence ? Comment se déroulera leur prochaine rencontre ? Kate apprendra-t-elle ce qui se trame ?