Disclaimer: Je ne possède ni Once upon a time ni aucun de ses personnages. J'ai uniquement utilisé les prémices de la série pour distraire mes lecteurs.


34. Quatre-vingt-seizième soir


Regina s'était préparée à passer la soirée seule. Elle avait décidé d'engloutir un pot entier de glace devant la télévision, peu importe le programme, et d'attendre qu'Henry rentre à la maison.

Son fils avait enfin demandé à Grace de sortir avec lui, et si l'idée faisait grincer Jefferson des dents, Regina – et Snow avec elle – n'avait pas été surprise du tout de ce développement.

Donc, pendant que son fils de presque quatorze ans était parti voir un film en ville avec son amie de toujours/future petit-amie, elle était seule pour la soirée, ce qui n'était pas arrivé depuis un certain temps.

D'habitude, il y avait toujours quelqu'un auprès d'elle, que ce soit Henry, Snow, Tink, ou Elsa, depuis qu'elle était sortie de l'hôpital.

Mais cette nuit-là, la plupart d'entre eux étaient occupés. Henry avec Grace, Snow avec sa charmante famille, Tink et Elsa toutes les deux, et elle…n'avait pas été invitée.

En d'autres temps, cela l'aurait contrariée, mais là…les choses avaient changé.


Elle était en train de se servir un verre de limonade devant la télévision quand elle sentit une sorte de pression, une sensation étrange, au niveau de son ventre.

Elle savait que c'était bien trop tôt pour qu'elle sente sa fille bouger, mais cette sensation qu'elle venait d'avoir était trop proche de son utérus pour que ce soit une coïncidence.

Elle posa le verre sur la table basse et posa ses deux mains sur le petit ventre qui grossissait à vue d'œil. Elle se pencha comme si elle allait partager un secret avec son bébé. « Est-ce que c'est toi qui fais ça, ma chérie ? Qu'est-ce que tu fabriques là-dedans ? »

Soudainement, il y eut une pulsion d'énergie brute dans ses veines, et Regina ferma les yeux sous le coup de la douleur alors que l'une de ses mains se tendait devant elle et qu'un halo bleu se formait entre ses doigts, voletant dans la pièce avant de disparaitre.

Regina haleta de surprise, son regard allant à son ventre une fois de plus.

Impossible.


Elle appela à l'aide la première personne qui pouvait aider dans cette situation, ironiquement la seule personne qui se fichait complètement de sa grossesse.

Le sorcier arriva rapidement dans son nuage de fumée pourpre, costume trois-pièces et sourire narquois bien en place.

« Pourquoi m'as-tu appelé ma mignonne ? »

Regina était assise sur l'îlot de sa cuisine, ses doigts tremblants sur son ventre, et elle regarda son visiteur avec inquiétude. « Quelqu'un chose vient de se passer. Je pense que c'était le bébé. »

Il haussa un sourcil et s'approcha, tendant une main devant lui mais s'arrêtant juste avant de la toucher. « Je peux ? » Elle acquiesça, et ses doigts touchèrent sa peau brièvement.

Rumpel hoqueta de surprise et retira sa main comme s'il avait été brulé.

Il eut l'air perdu un instant, puis il rit en une parodie parfaite de la créature écailleuse qu'il avait été. « Eh bien… Je ne m'attendais pas à ça ! »

Regina sentit son sang se figer à entendre le désir dans sa voix. Elle savait ce que cela signifiait avec lui. « Quoi ? »

« Eh bien, je pense que tu l'as suspecté après l'incident de tout-à-l'heure, mais il apparait que ton enfant est magique. Et qu'il possède de la magie très puissante, en plus. Pas étonnant que les Atlantes veulent que tu vainques la sorcière. »

Regina se leva, une main protégeant toujours son ventre, et elle sentit la même pulsion d'énergie, même si elle était moins puissante que plus tôt. « Pourquoi si vite ? Je ne suis pas enceinte de beaucoup ! »

Rumpel sembla réfléchir à ses mots. « Je peux me tromper, mais ton bébé semble atteindre le moment où il a une conscience. Je pense qu'il – ou elle je pense ? – essaie ses pouvoirs. »

« Mais pourquoi ? »

« Tu m'as dit toi-même avoir perdu certaines de tes habilités depuis que tu as découvert que tu étais enceinte, non ? »

Regina serra les dents mais acquiesça. « Oui, c'est vrai. Pourquoi c'est important ? »

« Eh bien, je peux me tromper ici aussi, mais je pense que ta fille utilise ta propre magie pour…disons…amplifier les siens. »

Les doigts de Regina jouèrent un instant sur son chemisier. « C'est dangereux ? »

« Si comme plus tôt tu n'arrives pas à contrôler le pouvoir qu'elle t'envoie, oui, ça peut l'être. Mais on sait tous les deux que tu as vaincu pire adversaire. » Il sourit. « Je n'osais pas penser qu'un enfant, né d'Amour Véritable et avec une mère magique en plus, pouvait être aussi puissant, mais je suis heureux de m'être fourvoyé. » Il recula dans la pièce comme s'il allait partir d'une manière plus naturelle que son arrivée, mais il s'arrêta, la regardant de nouveau. « Je ferais très attention si j'étais toi. Si cette Thea apprend que ton enfant est magique…elle en aura sans doute après toi. »

Regina hocha la tête, sentant une boule d'inquiétude se former dans sa gorge. « Compris. »

Rumpel hocha la tête également, puis, avec un ample geste de la main, il disparut de la même manière qu'il était arrivé.


Regina n'eut pas le temps de se demander ce que tout cela voulait dire, car la sonnette retentit.

Elle se figea.

Elle savait pertinemment que personne ne devait venir la voir ce soir-là, et que Henry ne rentrerait que bien plus tard.

Dans son esprit, une seule personne pouvait se présenter à sa porte à cette heure, et elle n'était pas certaine de vouloir le voir après ce qu'elle venait juste d'apprendre.

Mais quand une petite voix appela son nom à travers la porte, elle comprit de qui il s'agissait, et l'urgence dans cette voix la fit ouvrir la porte à la volée.

« Roland ? Qu'est-ce que tu fais là ? »

Les yeux du petit garçon étaient rouges d'avoir pleuré, et il ne répondit pas, sautant dans ses bras et lui coupant le souffle.

Regina réfléchit très vite. Il n'y avait personne dans la rue, donc Roland était seul. Mais pourquoi. Où étaient ses parents ? Est-ce que quelque chose s'était passé ? Non, elle ne pouvait pas pensé à ça… Mais elle devait s'en assurer…

Elle laisse Roland pleurer encore avant de s'agenouiller devant lui avec un sourire réconfortant. « Hey, tout va bien, je suis là. Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que ton Papa et ta Maman sont malades ? »

Roland renifla et hocha la tête. « Je me suis enfui. »

Regina écarquilla les. Avec un dernier regard vers la rue faiblement éclairée, elle ferma la porte et lui prit sa veste qu'elle plaça sur le porte-manteau. « Tu veux un bon chocolat chaud ? »

Roland la regarda, les yeux encore rouges. « Oui j'aimerais ça beaucoup. »

Elle acquiesça et le conduisit à la cuisine, son esprit plein de questions.


Pourquoi Roland s'était-il enfui ?

Il lui avait dit une fois auparavant que Robin et Marian se disputaient souvent, et qu'il n'aimait pas ça, mais…à quel point pour qu'il parte ?

Ou peut-être que Marian avait décidé de quitter son mari, et que Roland l'avait pris pour lui.

Elle devait savoir…

Quand il fut enroulé dans une couverture, une tasse de chocolat chaud et ses yeux finalement revenus à leur couleur naturelle, Regina entoura les épaules de Roland de son bras et lui sourit.

« Tu veux bien me dire ce qui s'est passé, mon cœur ? »

Ses grands yeux bruns la regardèrent, et puis il regarda ses mains tristement. « Maman ne veut plus livre avec nous. »

Donc ses doutes étaient confirmés… Si Marian lui avait dit plus d'une semaine auparavant qu'elle quitterait son fils et Robin, cela lui avait pris quelque temps pour se décider, brisant le cœur de son époux et de son fils dans le même temps.

« Mais elle t'aime toujours, tu le sais ça, non ? »

Roland la regarda de ses yeux immenses. « C'est vrai ? »

« Bien sûr que c'est vrai. Elle quitte ton Papa parce qu'ils se disputent trop souvent et qu'elle sait que ça te fait mal. »

« Mais…je ne veux pas qu'elle parte. Je veux vivre avec Maman ! »

Regina sourit tendrement. « Je sais, mon cœur, je sais… Et ce sera le cas. Ecoute, » elle prit une grande inspiration en se demandant si elle était la mieux placée pour avoir cette conversation avec un garçon qui n'était pas son fils, « parfois, des gens qui sont mariés sentent qu'ils…ne s'aiment plus comme avant. Ton Papa et ta Maman s'aiment beaucoup, mais plus comme avant. Donc ils se disputent. Et ta Maman ne veut pas que ces disputes te fassent du mal alors elle a décidé d'avoir sa propre maison pour elle…et toi. »

Les yeux de Roland étaient de nouveau embués de larmes. « Mais je ne veux pas choisir ! »

Regina planta un baiser sur son front. « Et tu ne dois pas choisir. Regarde Henry. Il m'a moi, et Emma. Parfois il est ici, parfois il est avec elle. »

Elle s'arrêta, laissant le petit garçon comprendre ses paroles. « Donc je peux faire comme Henry ? »

« Donc tu peux faire comme Henry. Et tout ira bien. »

Il acquiesça, et frotta ses larmes pour qu'elles disparaissent.


Il y eut un silence durant lequel Roland but le reste de son cacao, puis, alors qu'il se plaçait plus confortablement, il se tourna vers elle, un regard plus sérieux qu'à son habitude sur son visage.

« Gina… Pourquoi est-ce que Maman est fâchée contre toi ? »

Regina écarquilla les yeux. « Elle est fâchée ? »

Il hocha la tête. « Elle a dit qu'elle partait à cause de toi… Papa n'était pas content. »

Regina soupira. Alors Marian avait décidé de jouer la carte de 'l'autre femme' pour quitter son mari. En quelque sorte ça ne semblait pas être la bonne décision…

Elle regarda Roland de nouveau. « Elle sait que ton Papa et moi nous aimons beaucoup. »

Le regard de Roland commença à briller. « Alors elle ne veut pas que tu sois triste comme quand elle revenue avec Miss Emma ? » Regina acquiesça, un sourire apparaissant sur ses lèvres à l'idée que son malheur n'avait pas été assez discret pour ce petit homme malin. « Mon Papa t'aime aussi beaucoup. »

Regina regarda ailleurs, cachant les larmes qui lui montaient aux yeux, mais ne répondit pas.

Deux petits bras l'entourèrent alors et l'attirèrent pour l'un des meilleurs câlins qu'elle ait reçus depuis longtemps.

Elle serra Roland contre elle, puisant de la force dans le réconfort qu'il lui offrait pour la première fois depuis des mois, et elle embrassa sa tignasse de cheveux bruns avant qu'il ne s'écarte, visiblement surpris.

Ses yeux ronds tombèrent sur son ventre, et avec un froncement de sourcils, elle le regarda placer ses mains sur son estomac, ses petits doigts écartés sur la peau qui s'arrondissait.

Roland la regarda avec un grand sourire. « Tu as un bébé en toi, Gina ? »

Regina était sur le point de répondre quand une question s'imposa à son esprit. Une à laquelle elle souhaitait une réponse immédiate. « Tu as vu beaucoup de femmes enceintes, Roland ? »

Il sourit encore plus grand. « Maman m'a emmené au travail une fois. Il y avait une dame avec un bébé en elle. Mais son ventre était plus gros. »

Regina rit. Il était si malin. Elle acquiesça. « Oui, Roland. J'ai un bébé en moi. »

Son sourire ne disparut pas quand il pencha la tête et pressa son oreille contre sa peau, comme s'il essayait d'entendre une voix qui viendrait de l'intérieur. « Je peux entendre. »

« Qu'est-ce que tu entends ? »

« Comme ton cœur à toi. »

Regina sourit. « Oui, c'est son cœur à elle. »

« Elle ? »

Elle hocha la tête. « C'est une fille. »

Roland souriait de plus en plus grand, mais le moment fut interrompu quand la sonnette retentit encore, suivie par une série de frappes puissantes.


Regina se leva pour aller ouvrir et se retrouva nez-à-nez avec un Robin très inquiet.

« Regina, je suis désolée de te déranger, mais- »

Elle leva ses mains pour l'arrêter. « Il est là. » Elle se déplaça sur le côté, révélant Roland qui l'avait suivie.

Robin soupira de soulagement et prit son fils dans ses bras, sa main allant à l'arrière de sa tête alors qu'il fermait les yeux. « Merci Seigneur ! Mais pourquoi es-tu parti ? »

Roland eut l'air honteux. « Je…je- »

Regina croisa les bras. « Il était sous le choc. Comme n'importe quel enfant dans cette situation. »

Robin croisa son regard, et elle se sentit frissonner alors qu'il la regardait, puis la saluait d'un hochement de tête. « Merci de t'en être occupée. »

Elle hocha la tête en retour. « Toujours. Tu le sais. » Elle attrapa la veste de Roland et la tendit à Robin qui la prit prudemment.

Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais se retint, puis soupira avant de se retourner pour partir. « Bonne nuit, Regina. »

« Bonne nuit, Robin. »


A/N: Je vous laisse découvrir la suite mais sachez que lorsque cette histoire a commencé à naitre dans mon esprit, ce chapitre et celui qui suit ont été les deux premiers que j'ai rédigés. Roland allait toujours être celui qui serait le plus observateur et le plus mignon des Hood. ;)