Hello les copaines !

Vous savez quoi ? Plus tard dans la semaine, j'ai un premier chapitre d'une fic de 5 longs chapitres à vous soumettre, hu hu. J'ai hâte :D

En attendant, et parce que vous êtes là pour ça : Saving Sherlock Holmes ! Pour l'anté-anté-anté-anté-anté-pénultième chapitre (en gros, dans sept semaines, je poste le dernier. Which is sad but about time).

Merci, évidemment, à vous tous pour vos reviews assidues ! Mimi, Eurus2, Mana, Almayen, mariloo, admamu, Zo (et ce drabble est magnifique ! Il est dans les reviews, j'invite tout le monde à aller le voir, inspiré par le trente-quatrième chapitre de cette histoire), Electre, Clélia, rockerapril et Nianafleur !

Et MERCI, encore, toujours et jusqu'aux étoiles, à ma très chère bêta Elie !

Bonne lecture :)


Chapitre 36

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John prit un grand plaisir à fermer la porte de la chambre d'hôpital de Sherlock au nez du directeur.

Sherlock, dans son dos, émit :

« Dieu merci. Cet endroit est rempli d'imbéciles. Rentrons à la maison.

John se tourna vers lui et nota avec alarme qu'il semblait sur le point de retirer son intraveineuse.

– Non, non, non, ordonna-t-il en courant presque jusque lui pour retirer sa main. Tu touches pas à ça. C'est très précisément pour ça qu'on est là, parce que tu n'as très bêtement rien bu en trois jours parce que je n'étais pas là pour te le rappeler.

Sherlock aurait certainement lutté s'il n'avait pas été distrait par une violente quinte de toux.

– Je ne bois pas que parce que tu me dis de le faire, grommela Sherlock quand il eut repris son souffle. Et j'ai bu une tasse de thé à un moment. Enfin, j'en suis presque sûr, dit-il en joignant ses sourcils, clairement en pleine réflexion. On est quel jour ?

John soupira et s'assit sur la chaise près de son lit.

– Tu ne peux pas faire ça.

– Faire quoi.

– Ça, précisa John en montrant la chambre d'hôpital autour d'eux. Cette épique crise de bouderie suicidaire et auto-destructrice dans laquelle tu t'es embarqué.

– Je ne cherchais pas à me tuer, protesta Sherlock, agacé.

– Alors qu'est-ce que tu faisais, exactement ?

– Rien, répondit Sherlock. Je ne faisais rien.

Il le dit avec une honnêteté si crue que John sentit le besoin de fermer les yeux plutôt que de croiser son regard.

– John ? l'appela Sherlock, la voix hésitante et interrogative.

– Tu m'as fait peur, lui dit John en ouvrant les yeux. Tu m'as fait horriblement peur.

– Je vais bien.

– Tu es à l'hôpital.

– Oui, mais ils se montrent absurdes à ce propos. Je vais bien.

– Tu as une pneumonie.

– Ils vont me faire prendre des antibiotiques. Je vais me remettre sans souci. Tu te es irrationnel.

– Je suis irrationnel ? rit John sans pouvoir s'en empêcher, parce que c'était la chose la plus drôle qu'il ait jamais entendue. Tu as refusé de sortir de ta chambre, de quitter rien que ton lit, pendant trois jours entiers parce que tu t'es mis en tête, pour aucune raison que je puisse voir, que ton frère me soudoyait. Ton imagination hyperactive va te tuer, un jour.

– Ce n'était pas une vue de l'esprit. Toutes les preuves étaient là.

– Quelles preuves ? demanda John, exaspéré. C'est faux, alors quelle preuve pouvait-il y avoir ?

– Mycroft paie des gens pour me fréquenter. Il paie tout le monde.

– C'est faux.

– Il paie Mrs Hudson. Il paie le Sergent Donovan. Il baise avec Lestrade, donc on ne va même pas aborder le sujet.

John fronça le nez et dit :

– Tout ça, c'est juste que…

– Alors pourquoi ne t'aurait-il pas payé aussi ? Ça paraissait plus vraisemblable qu'il te paie, plutôt que tu sois une exception. Je veux dire, tu te pointes à Eton, un nouveau en terminale, ce qui n'arrive jamais. Et puis il se trouve que tu as la chambre voisine à la mienne. Et puis tu es… tu es… tout. Tu es parfait. Tu aimes les sciences, tu apprécies les bonnes énigmes, et tu me laisses avoir mon laboratoire dans ta chambre, et tu ne clignes même pas de l'œil, peu importe combien je peux être envahissant. Tu pensais que j'étais amusant et tu m'écoutais quand je parlais, et tu posais les bonnes questions et tu faisais des commentaires marrants et tu me disais des choses gentilles et tu n'as jamais dit que j'étais bizarre et honnêtement, John, tu es comme trié sur le volet pour moi. Tu es tout ce que je pourrais jamais vouloir et quelles sont les probabilités pour que ce genre de choses arrivent ? C'est… infinitésimalement faible. Et tu connais les probabilités encore plus faibles pour que je rencontre quelqu'un comme toi et que tu m'apprécies ? Elles sont en gros inexistantes, John. Personne ne m'apprécie.

John resta immobile sur la chaise inconfortable pendant un instant, le regard posé sur Sherlock dans son lit d'hôpital. Sherlock était extrêmement malade et hirsute et il aurait dû être horrible, mais il avait l'air aussi céleste que d'habitude, ses yeux étranges brillants de fièvre et ses boucles foncées tombant en une parfaite indiscipline. Il était magnifique, comme un genre de peinture royale, entre l'arc de Cupidon de ses lèvres et la romantique pâleur du poète. Il était beau et snob, et dire qu'il était intelligent était le sous-estimer terriblement – c'était un génie absolu. Et, aux yeux de John, c'était tout ce qui situait Sherlock dans une catégorie qui n'existait que pour lui, inégalée et incomparable, et pendant tout ce temps, John l'avait envié pour ça, parce qu'il était unique d'une façon immense, douloureuse et absolument pas normale. John s'était demandé comment il avait seulement pu attirer l'attention d'une telle créature alors que tout en lui était laborieux et ordinaire et ne méritait pas d'être remarqué. Et il savait que Sherlock ne voyait pas cela en lui-même, il savait que Sherlock semblait trouver inconcevable qu'il puisse l'aimer mais John avait effacé cette absurdité de son esprit pendant si longtemps qu'il n'avait jamais pris la peine d'imaginer cela du point de vue de Sherlock. Sherlock, unique de cette façon immense, douloureuse et absolument pas normale, avait dû être la personne la plus seule au monde, réalisa-t-il. Pour Sherlock, qui avait dû être admiré de loin, l'apparition de John qui l'admirait depuis juste à côté de lui avait dû lui être comme un miracle capital, et la désagrégation du joyeux château de cartes qu'ils s'étaient construit avait dû lui apparaître comme l'univers qui finissait par se corriger, réajustant les données qui ne collaient pas. Pas étonnant que Sherlock ait eu une crise de dépression. Pour lui, ça avait dû être le tourment de penser à toute cette solitude qui se rapprochait pour l'avaler en entier à nouveau.

John se pencha lentement dans sa chaise et dit, tout aussi lentement :

– Je t'apprécie.

Il hésita, puis ajouta :

– Je t'aime.

Parce qu'il se disait que, bordel, Sherlock avait désespérément besoin d'entendre ces mots. Il se demanda si quelqu'un les lui avait jamais prononcés avant. Mycroft n'était clairement pas du genre à l'exprimer et il se dit que Mrs Hudson aurait hésité à le faire, de peur de gêner Sherlock. Et, en effet, au son de ces trois syllabes, le visage de Sherlock se figea dans une expression de concentration étrange, comme si l'effort de devoir les enregistrer consommait toutes ses facultés.

– Qu'ils aillent tous se faire foutre, Sherlock. En quoi est-ce qu'ils comptent ? Je t'aime. J'aime tout chez toi. Tout. Je ne peux pas te dire le pourquoi du comment de notre rencontre et je ne connais pas les probabilités avec un degré de certitude mathématique comme toi. Mais je sais que ça n'était pas un plan, et que Mycroft n'a rien à voir là-dedans et que je suis ici parce que je t'aime trop pour vivre sans toi. Rien d'autre.

Sherlock le regarda avec stupéfaction.

– Tu le penses ? demanda-t-il finalement. Tu m'aimes ?

– Oui, je t'aime. Et je t'aimerais encore plus si tu te reposais et que tu laissais en place cette perfusion pour qu'elle te réhydrate.

– Je ne suis pas fatigué, dit Sherlock. J'ai dormi pendant des jours. Dis encore que tu m'aimes.

John gloussa. Il avait raison à propos du besoin de Sherlock d'entendre prononcer ces mots, plus que quiconque qu'il avait rencontré avant.

– Je t'aime. Sérieusement, tu es si surpris que ça ? Comment tu pouvais ne pas le savoir ?

Comment, se demanda John, ne s'était-il pas senti tant aimé, à chaque instant ? Cette idée était-elle si étrangère, le concept si incroyable pour lui ?

– Tu sais que je t'aime ? demanda Sherlock, l'air anxieux.

– Oui.

– Comment ? demanda Sherlock, l'air alarmé. Depuis combien de temps ?

– Depuis très longtemps, le rassura John.

– Tu aurais dû me le dire. Tu aurais dû dire quelque chose, l'accusa Sherlock.

– Tu savais que tu m'aimais mais tu ne m'as rien dit, lui fit remarquer John.

– Je ne voulais pas…

La voix de Sherlock se brisa et il fronça les sourcils, apparemment frustré par son incapacité à finir sa phrase. Il sembla opter pour une tactique différente, déclarant à la place :

– Tu m'as tellement manqué, j'ai cru… j'ai cru… Quel était le sens de tout ça, si je devais retourner à ma vie d'avant ? Je ne suis pas sûr d'en être capable.

– Tu n'as pas à le faire, lui promit John. Tu n'as pas à le faire. Je n'ai apparemment pas encore réussi à t'enfoncer ça dans le crâne. Pour quelqu'un de si intelligent, tu te montres vraiment lent, des fois.

Sherlock toussa.

– Dis-moi encore que tu m'aimes.

– Je t'aime.

– Encore.

– Oh mon Dieu, sourit John. Dors.

– Je ne suis pas fatigué. Je ne serai plus jamais fatigué de ma vie. Tu peux dormir si tu veux. Tu es épuisé.

– Tu arrives à voir ça ?

– Oui. Tu as l'air épuisé.

– Je n'ai pas très bien dormi, sans toi.

– Je n'ai rien fait à part dormir, sans toi.

– Bon, voilà qui est décidé. On doit rester ensemble, c'est le seul moyen pour qu'on dorme de façon saine.

– Dors. Je vais juste attendre ici et te regarder.

– Ce n'est pas du tout flippant, commenta John tout en souriant.

Il bougea un peu sur sa chaise inconfortable jusqu'à trouver le bon angle pour pouvoir reposer sa tête. Il était réellement épuisé, toute la situation lui provoquait soudain un contrecoup maintenant qu'il savait que Sherlock allait bien. Ses yeux étaient, mais pouvait sentir le regard de Sherlock toujours sur lui, comme promis. C'était bien plus rassurant que ça n'aurait dû l'être.

Le radiateur crépitait de chaleur et Sherlock toussa un peu et quelque part, une horloge faisait tic-tac.

– John, dit soudain Sherlock, après un moment.

– Mmmh ?

– Tu dors déjà ? Non. Ne réponds pas. Question stupide. Tu viens de me répondre. Je blâme la pneumonie.

– Tu voulais me dire quelque chose ? demanda John en ouvrant un œil pour le regarder.

– Dis-le-moi juste encore une fois avant de dormir.

John ferma les yeux à nouveau, soupira avec bon cœur et, obligeamment, dit :

– Je t'aime. »


Sherlock se roula en boule sur le flanc autant qu'il le put dans la marge de manœuvre limitée que lui offrait l'intraveineuse. Il ne retira pas la voie, pour autant qu'il le voulait, parce que John avait insisté et ce que John voulait, Sherlock était déterminé à le lui offrir. Alors il s'était recourbé sur le côté et regardait John qui dormait, ravivant le souvenir du son de sa voix prononçant les mots Je t'aime. Pas juste une fois ou deux, mais sept fois. Sherlock tenta de s'en imprégner. C'était impossible avec tout l'espace qu'il y avait entre eux deux. Sherlock voulait désespérément se blottir contre lui, noyer ses sens par lui. Alors, les mots feraient assurément sens. Tout avait plus de sens, dans cette situation.

Sa contemplation de John fut interrompue par la porte ouverte à la volée sans avertissement. Le bruit de sa rencontre avec le mur fit sursauter John hors de son sommeil.

Sherlock envoya un regard noir à Mycroft qui se précipitait et demandait d'un ton impérieux :

« Tu vas bien ?

– Oui, répondit-il avant de se tourner vers John qui se frottait le cou. Tu as appelé Mycroft ?

– Bien sûr. Comment j'aurais pu rentrer dans ta chambre, sinon ?

– Tu aurais pu te montrer intelligent.

John regarda Mycroft.

– Croyez-le ou non, nous venons d'avoir une très belle conversation pendant laquelle Sherlock a dit de très belles choses sur moi.

– Bien sûr qu'il devait me téléphoner, dit Mycroft à Sherlock. Que disent les docteurs ? Comment te sens-tu ?

– Je me sens bien. Parfaitement bien. Tout le monde s'inquiète pour rien.

– Non, on ne s'est pas inquiétés pour rien, rétorqua John, avant d'adresser à Mycroft : Ils l'ont mis sous antibiotiques, ce qui devrait le guérir de la pneumonie. La vraie inquiétude, c'était la déshydratation, mais ils sont en train de le réhydrater.

Mycroft hocha la tête puis revint à Sherlock.

– Tu aurais dû me téléphoner toi-même et me dire que tu étais malade bien avant qu'on en arrive là.

– Je vais bien, insista Sherlock, son regard dépassant Mycroft pour se poser sur Lestrade. Et qu'est-ce que vous faites là, vous ?

– Sois poli, lui ordonna Mycroft. John, est-ce que je pourrais te parler un moment ?

Les yeux de Sherlock s'étrécirent.

– À quel propos ? Tu dois parler de quoi avec lui ?

– De tes mauvaises manières, répondit Mycroft en quittant la pièce.

– Je reviens tout de suite, promit John avant de le suivre.

Sherlock soupira et envoya un regard sombre à Lestrade.

Ce dernier s'appuya contre le mur de façon décontractée et l'observa. Puis, après un temps, il demanda :

– Qu'est-ce que tu as découvert à Londres à propos de Carl Powers ?

Sherlock hésita : il n'avait pas envie d'engager la conversation avec lui mais il n'avait non plus eut l'occasion de faire étalage de son génie pour le cas de Carl Powers et il désespérait de pouvoir le faire.

– Carl Powers a été assassiné. Clostridium botulinium. C'est entré dans son système grâce à son traitement contre l'eczéma. Une crème corticoïde.

– Vraiment ? demanda Lestrade en levant les sourcils, pensif. C'est une combine intelligente et complexe. Quel était le motif ?

– Je ne sais pas, admit Sherlock avec frustration. Je n'ai pas pu aller jusque-là. Carl était nerveux avant la rencontre, je sais déjà ça, ce qui était inhabituel pour lui.

– Et pourquoi avoir pris les baskets ? Tous ces efforts pour monter un meurtre si compliqué, et se vendre à cause d'un détail criant comme les baskets ?

– Il y a toujours un détail qui vend la mèche. Certains détails sont plus importants que d'autres. Et ce n'est pas comme si quelqu'un avait fait attention aux baskets avant que j'arrive. Il s'en serait sorti, si je n'avais pas été là. Il devait y avoir des indices sur les baskets. Carl a dû les lacer après avoir appliqué sa crème, il y a donc peut-être des trace de Clostridium botulinum… Mais ça n'aurait pas de sens, la crème corticoïde n'a pas été volée et ça pourrait être si facilement analysé, réfléchit Sherlock. Un trophée, peut-être ? Je veux dire, toute cette opération crie à l'excellence. Ça ressemble au genre de gars qui garderaient un trophée.

– Tu pense que c'est un gars ?

– Statistiquement, oui.

– Mais le garçon a définitivement été assassiné ?

– Définitivement.

– C'est intéressant, alors.

– Qu'est-ce qui est intéressant ?

– Tu as dit qu'il a été empoisonné par du Clostridium botulinum.

– C'est le cas.

– C'est comme ça que l'homme retrouvé dans le studio de film a été tué, lui aussi.

Sherlock, sans la moindre attention pour son intraveineuse, s'assit vivement dans son lit.

– Quoi? »

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À suivre


Merci d'avoir lu !

Des bises à toutes et à tous, et à très très vite !

Nauss