Merci Rose-Eliade ^^

Cameron tient beaucoup plus de sa mère qu'on ne peut le penser, Loupiote54. Ça se confirmera par la suite.

Il n'est absolument pas prévu que j'abandonne mes fics noour rassure toi !

Cameron est là pour être exaspérant Le Cerf X) Désolée. La personne qui a aidé Peter se dévoilera dans plusieurs chapitres.

Merci Mathilde:)

Tu auras la réponse à tes questions mimi70, mais pas tout de suite !


Je suis fière de moi : j'ai réussi à tenir le délai pour écrire ce chapitre ! En espérant que je ferais aussi bien pour la semaine prochaine =)

Bonne lecture !


Déception et surprises

Mary termina de caler le vivarium de Ladon dans sa malle. C'était la dernière chose qui lui restait à emmener pour aller chez Sirius. Son parrain avait bien tenté de la convaincre de laisser son serpent au Phare, mais la rousse avait protesté au moins aussi vivement que sa mère. Ce qui était notable vu que les deux sorcières n'étaient pour ainsi dire jamais d'accord au sujet du reptile.

- Tu es prête Mary ? s'enquit Sirius en entrant dans sa chambre.

- Oui, sourit –elle.

- Parfais, je prend ta valise alors.

Il sortit sa baguette et la miniaturisa avant de la mettre dans sa poche. Il avait récupéré sa baguette la veille après avoir convaincu Remus Lupin d'emménager avec lui. Le Ministère semblait avoir eu quelques difficultés à remettre la main sur l'objet : ils avaient sans doute pensé ne jamais avoir à la retrouver. Après une révision chez Ollivanders, elle était comme neuve et le sorcier ne cachait pas sa satisfaction de l'avoir à nouveau en sa possession.

- Comment on va jusque chez toi ? demanda Mary en le suivant dans l'escalier menant au rez-de-chaussée.

- Par Cheminette. Comme j'étais au Ministère hier, j'en ai profité pour leur demander de reconnecter ma cheminée au réseau. Tu sais qu'il te demande une petite fortune pour le faire ?

- Ça t'étonne Sirius ? intervînt la mère de Mary qui les attendait dans le salon. Ces rapaces vendraient leur mère si ça leur permettait de renflouer leurs caisses. Tu as tout ce qu'il te faut ma chérie ?

- Oui, mais de toute façon s'il me manque quelque chose, je peux toujours revenir le chercher.

- Bien entendu, mais la cheminée sera verrouillée alors il faudra me prévenir avant. Tu vas me manquer.

Avec un sourire, Mary fit un grand câlin à sa mère qui le lui rendit bien.

- Sois prudente, tu veux ? dit la Maître des Potions quand la plus jeune s'écarta. Parce que je crains qu'on en puisse pas compter sur ton parrain pour ça.

- Hé ! Je suis à côté, tu sais ?

- Raison de plus. Écoute Remus et Mary, ça vaudra mieux pour toi.

La menace sous-jacente était très claire. Cameron fit une apparition pour la saluer alors qu'elle était sur le point de partir. Elle lui demanda ce qu'il allait faire pendant qu'elle serait absente et il lui apprit qu'il allait passer quelque temps chez leurs grands-parents. Mary trouva assez injuste que ces derniers prennent le garçon chez eux sans même lui avoir proposé à elle de venir aussi. Mais après ce qu'il s'était passé lors du dernier Noël, elle ne s'en étonna malheureusement pas beaucoup.

Son parrain partit devant par la cheminée et elle sourit une dernière fois à sa mère et son frère avant de jeter la pincée de poudre verte dans l'âtre et de disparaître du Phare. Le salon de la maison de Sirius fut devant elle une seconde plus tard avec sa tapisserie style Louis XVI toujours aussi atroce.

- Qu'est ce que tu veux faire ? s'enquit immédiatement l'animagus quand elle posa le pied sur le tapis.

- Euh…

- Sirius, tu pourrais peut –être commencer par la laisser s'installer.

- Tonton !

Mary alla serrer dans ses bras son tonton Remus qui était aussi présent dans la pièce. Il semblait plus fatigué que d'ordinaire, sans doute une conséquence de son renvoi du Poudlard qui lui avait porté un coup au moral, mais il avait aussi l'air heureux de la voir et d'être là.

- Salut Mary, répondit –il. Je suis content de te voir. Tu vas bien ?

- Très bien, affirma t-elle.

- Tu sais déjà où est ta chambre ?

- Oui, il me faut juste ma valise et je vais m'installer. Je vais rester un mois avec vous.

- C'est ce qu'on m'a dit. J'espère que tu es bien préparée parce que Sirius n'est pas toujours facile à vivre.

- C'est ma fête aujourd'hui, c'est ça ? bougonna le concerné avant de dire : Elle a vécu avec Crys pendant douze ans, je pense qu'elle survivra à ma présence.

- Ce n'est pas la même chose Patmol. Crystall est sa mère et est adulte. Toi, tu sembles êtres resté bloqué au stade d'une adolescence tardive.

- Crystall t'a donné des instructions pour me pourrir la vie, c'est ça ? grinça Sirius.

- Elle n'est pas aussi mesquine que ça.

- Que tu dis.

La Potter écouta, étonnée, son parrain et son tonton se chamailler gentiment en la suivant à l'étage jusqu'à la chambre bleue qui n'avait pas bougé depuis sa dernière visite si on exceptait qu'elle ne sentait plus le renfermé et que le lit avait été fait. Ils déposèrent sa valise et repartirent en continuant à discuter. Ça alors, elle n'avait jamais vu Remus aussi énergique ! Peut –être que revoir Sirius lui donnait une seconde jeunesse.

- Ils sont bruyants, se plaignit Ladon. Et ton parrain à l'air d'être un excité de première. Je sens qu'il va être impossible d'être tranquille ici.

- Tu aurais préféré rester au Phare ?

- Absolument pas ! Qui sait ce que tu risquerais de faire comme imbécillités sans moi.

- Je crois que je les fais quand même, en fait.

- Disons alors que j'évite que ça ne dégénère trop.

Mary sourit et rangea rapidement ses vêtements avant de déposer ses affaires dans la salle de bain commune qui allait en fait être la sienne puisque les chambres de Sirius et Remus avaient les leurs. Elle vérifia que le journal de Jedusort était bien enroulé dans la cape d'invisibilité avant que la malle ne se referme et ne se verrouille. Elle avait pris la valise qu'elle utilisait pour aller à Poudlard et n'avait pas voulu risquer de sortir la cape de le journal de là pour les laisser au Phare. De toute façon, tant qu'elle ne serait pas de retour à l'école Tom ne pourrait pas se matérialiser alors il n'y avait pas de problèmes.

Elle redescendit dans le salon où on semblait l'attendre avec impatience. Sirius se leva en la voyant et lui dit :

- J'ai un cadeau de bienvenu pour toi.

- Il ne fallait pas…

- Si, si ! Comme tu es là pour un mois, c'est le cadeau idéal.

Il lui tendit un minuscule paquet très léger. Curieuse, elle le défit avec prudence sous le regard impatient de son parrain et curieux de Remus. A l'intérieur il y avait… une feuille d'arbre. Perplexe, elle la leva et l'examina avant de dire :

- Euh… Merci Sirius, mais je vais faire quoi d'une seule feuille de sisymbre ? Il en faut au moins dix pour l'utiliser dans une potion.

- Je sais, mais ce n'est pas le but. Réfléchis, à quoi d'autre sert – elle ?

Fronçant, les sourcils, elle tâcha de mobiliser ses connaissances en potion et en botanique. Il fallait cueillir cette plante non sorcière à la pleine lune pour qu'elle ait des propriétés magiques exploitables. On l'utilisait dans toutes les potions de transformation et de morphose car c'était la plante la plus puissante pour influence la mutabilité d'un corps. Mutabilité, transformation, morphose…

- Oh ! s'exclama t –elle.

- Ah, je préfère ça, sourit Sirius.

- Moi pas, déclara Remus qui avait aussi deviné. C'est une mauvaise idée Patmol ! Surtout sans surveillance !

- Elle sera surveillée ! Par moi !

- Je ne suis pas sûr que ce soit un gage de sécurité.

- Oh arrête ! Elle a tout ce qu'il faut pour réussir !

- Je…

- Et si on demandait à la principale intéressée. Alors ? Tu veux devenir animagus ?

- Oui, bien sûr.

Elle y avait déjà pensé à de nombreuses reprise depuis qu'elle avait évoqué le sujet avec son parrain dans la Forêt Interdite. Mais elle était bien trop consciente des conséquences qu'un procédé de métamorphose mal maîtriser aurait et avait préféré ne pas se lancer. Cependant, avec l'aide de Sirius, qui était déjà animagus et connaissait donc son affaire, et le fait qu'elle soit douée en métamorphose elle ne voyait aucune raison de ne pas essayer.

- Mary, tu n'as pas besoin de faire ça, lui dit Remus avec un petit air suppliant sur le visage.

Visiblement, il avait conscience qu'elle était la seule à pouvoir mettre fin à cette idée. Malheureusement pour lui, elle n'en avait pas l'intention. Pas sans avoir essayé.

- Tu comptes en parler à ma mère ? s'enquit –elle en retour.

S'il y avait bien une chose qui pourrait pousser la rousse à mettre fin à son idée, c'était sa mère. Elle n'osait imaginer ce qu'il se passerait si la Maître des Potions l'apprenait. Mary n'aurait sans doute plus jamais le droit de voir Sirius et allait finir cloîtrée dans sa chambre au Phare avec des devoirs supplémentaires jusqu'à la fin des vacances. Et McGonagall serait mise au courant histoire de la surveiller de près et détecter tout signe d'un processus de transformation. En clair, ce serait la fin de cette histoire.

Elle vit son tonton la regarder, regarder Sirius, la fixer de nouveau. Il était dans une position très inconfortable à présent. Tenir le promesse qu'il avait sans doute fait à la mère de Mary de la protéger et trahir son meilleur ami tout juste sortit de prison ou mentir à une femme qui l'avait aidé à garder la tête hors de l'eau les douze dernières années en lui offrant un travail et une famille de substitution ? Dur choix.

- Non, souffla finalement le lycanthrope d'une voix si faible que Mary eut pitié de lui.

Ça ressemblait presque à un gémissement. Intérieurement, la rousse releva toutefois que sa loyauté allait visiblement à Sirius plutôt qu'à sa mère. Elle le nota scrupuleusement dans un coin de son esprit. Au cas où.

- Mais je t'en supplie Mary, si ça ne marche pas, n'insiste pas.

- Tu me connais tonton : je ne suis pas une tête brûlée. Je te fais la promesse de m'arrêter si je sens que je vais avoir des problèmes.

- James n'aurait jamais dit ça, fit remarquer Sirius.

- Je ne suis pas James, claqua Mary.

Son parrain sursauta, comme si elle l'avait giflé. Ce n'était pas la première fois qu'il disait ça, sans doute en croyant qu'elle modifierait son comportement pour coller à l'image qu'il s'était faite d'elle. Il se trompait. Elle admirait ses premiers parents, respectait leur sacrifice et les aimait. En vivant, elle leur faisait honneur. Mais elle vivrait à sa manière, avec son caractère, sa personnalité, ses affinités, pas pour copier ceux qu'ils avaient été.

- Il faut que tu t'en rendes compte Sirius, continua t –elle plus doucement toutefois. Je ne suis pas James ni Lily. Je suis Mary, leur fille. J'ai été élevée par ma marraine et son mari. Je ne suis pas celle que j'aurais pu être s'ils n'étaient pas mort… Et je ne vais pas essayer de le devenir. Je suis comme ça et tu vas devoir l'accepter. Je ne changerai pas.

Elle avait parlé d'une voix ferme et en le regardant droit dans les yeux. De la stupeur passa dans son regard tandis que le silence s'installait. Du coin de l'œil, elle capta le sourire de Remus et ça la soulagea. Lui il comprenait et il avait même l'air content qu'elle ait fait cette mise au point.

- Je suis désolé, lâcha soudainement son parrain avec un air contrit.

Mary ne put empêcher un petit sourire de fleurir sur ses lèvres. Il avait la même moue boudeuse que celle que pouvait afficher Cameron quand sa mère le grondait et qu'il savait parfaitement que ce qu'il avait fait était mal. Les paroles que Remus avait prononcées un peu plus tôt prenait tout son sens : même si son parrain et sa mère avaient le même âge, l'une avait grandi et était devenue une adulte tandis que l'autre avait gardé une âme "d'adulescent". Jamais sa mère ne se serait comportée d'une telle manière.

Alors, oui, Azkaban l'avait changé à jamais, c'était certain. Ça l'avait sans doute assombrit, mais il en était tout de même resté au stade de jeune adulte pas tout à fait sorti de l'adolescent. Et s'il cherchait désespérément à ce que Mary ressemble à James et Lily c'était pour se cramponner à son adolescence de toutes ses forces. La jeune fille avait un peu l'impression que leurs rôles étaient inversés. Normalement, c'était lui qui devait la remettre dans droit chemin si elle s'en écartait.

- Ce n'est pas grave Sirius, répondit –elle. On doit juste apprendre à se connaître. Et on a un mois pour y arriver. Quoique ça va être compliqué de parler si je ne dois pas mâcher cette feuille de sisymbre.

- Attend de devoir manger, ricana t –il. Oh, et autant t'avertir : ça a un goût amer.

- Génial, soupira t –elle en calant ladite feuille contre sa joue.

Après cette mise au point, les heures puis les jours se déroulèrent avec une fluidité plutôt étonnante. Mais c'était sans doute grâce à Remus qui connaissait à la fois Sirius et Mary et se montrait un intermédiaire redoutablement efficace. Il intervînt par exemple quand un gros chien noir surexcité réclama bruyamment une promenade à une heure improbable de la soirée alors que la Potter n'aspirait qu'à une chose : aller se coucher. Il fut aussi celui qui demanda à la rousse d'aider Sirius à nettoyer le jardin et réussi à rendre cette tâche ingrate (puisqu'il y avait des plantes magiques, il fallait tout faire à la main) ludique en questionnant parrain et filleule sur ce qu'ils voyaient. Sirius fut d'ailleurs très impressionné quand Mary gagna ce petit concours de connaissance. Mais elle avait un avantage non négligeable : une mère Maître des Potions qui ne plaisantait pas avec la botanique, tellement importante dans son métier de potionniste.

- Et puis, tu t'en sors bien pour un vieux, ricana t –elle.

- Vieux ? Vieux ? Remus tu entends ça ?! J'ai trente quatre ans gamine ! Je ne suis pas encore mort !

- Et moi j'en ai presque quatorze grand-père, je ne suis plus une gamine !

Ils se chamaillaient et se tournaient invariablement vers le troisième membre de leur trio en lançant un synchronisé "Remus!" pour exiger qu'il les départage. Ce à quoi il repondait avec un sourire avant de donner son avis qui mettait fin à la querelle. Oui, ils s'entendaient vraiment bien et Mary s'en étonnait parfois quand elle passait un peu de temps seule dans sa chambre. C'était sans doute parce qu'aucun des deux sorciers n'avait à tenir le rôle rébarbatif d'un parent comme le faisait sa mère. D'ailleurs, quand elle vit la Maître des Potions et son frère le premier week-end, elle put répondre sans mentir que tout se passait admirablement bien.

- Hé ! Sirius ! s'écria Mary une après-midi en jaillissant de sa chambre.

Le tout à grand renfort de postillons à cause de la feuille de sisymbre toujours présente dans sa bouche et qui manqua d'en sortir sous l'exclamation. Ce qu'il valait mieux éviter si elle ne voulait pas devoir tout recommencer depuis le début.

- Quoi ? cria t –il à travers toute la maison.

Ça non plus elle ne pouvait pas le faire au Phare. Claquer une porte, courir dans les escaliers, hurler à travers toute la baraque pour se faire entendre par la personne concernée. Faire beaucoup de bruit sans une bonne raison, en fait.

- Fred et George m'ont écrit ! Tu savais que la finale de la Coupe du Monde de Quidditch a lieu en Angleterre cette année ?

- Tu plaisantes ? Je ne savais pas du tout !

- Si tu étais abonné à la Gazette aussi, souffla Remus qui n'était jamais bien loin.

- Je n'aime pas cette feuille de choux qui n'apporte que des mauvaises nouvelles et des ragots, répondit l'animagus d'un ton définitif. Ils disent quoi d'autres ces "Fred et George" ? C'est qui d'abord ?

- Les jumeaux Weasley, répondit –elle.

- Les enfants de Molly et Arthur, souviens toi, renchérit le loup-garou.

- Ah oui. Donc ?

- Elle a lieu à la fin du mois, le 29 juillet, reprit la rousse en relisant la lettre. Ils disent qu'ils y vont avec toute leur famille ! Leur père a réussi à obtenir des places pour eux neuf ! Il va vraiment y avoir tout le monde ! J'ai jamais vu leur frère le plus âgé.

- Très bien ! On y va alors ! décida Sirius.

- Ouais ! s'enthousiasma Mary. Je savais que je pouvais compter sur toi !

- Minute vous deux.

Mary et Sirius étaient en train de se taper dans les mains pour sceller leur accord et lancèrent un regard mécontent à Remus. Il était toujours tellement rabat-joie ! Le concerné leva les yeux au ciel mais ne se laissa pas impressionner. Il avait l'habitude, il fallait dire.

- D'une, si ça se trouve il n'y a déjà plus de tickets en vente. De deux, il faut prévenir ta mère Mary.

- Mais…

- C'est non négociable.

Mary et Sirius grommelèrent, mais ne purent rien faire pour empêcher le lycanthrope d'envoyer un hibou à la Maître des Potions. La sentence tomba le lendemain : il était hors de question que Mary se rende dans un tel rassemblement alors que Peter Pettigrow, entre autre, se baladait dans la nature. Il était si facile de kidnapper quelqu'un dans une foule aussi dense et avec la frénésie générée par la compétition.

- Mais c'est une occasion qu'on a qu'une fois dans une vie ! s'était indigné Sirius. Ça fait bien cinquante ans que ça n'était plus arrivé !

- Si tu penses arriver à la faire changer d'avis, fais toi plaisir Patmol, mais tu sais comment elle est.

- Parfois, je la déteste vraiment.

Et la Potter n'était parfois pas très loin de le rejoindre sur ce point. Sa mère n'était vraiment pas sympathique. Du tout. Beaucoup trop protectrice ! Ça en devenait étouffant ! Un peu plus et Mary allait devoir rester au lit parce que c'est dangereux de se lever : elle pourrait risquer de tomber ! Qu'est ce qu'elle pourrait bien risquer avec Sirius et Remus ? Un ancien auror et un lycanthrope ! Et en plus elle était prête à parier le contenu de son coffre à Gringotts qu'il y aurait des agents du Ministère tous les deux mètres ! C'était de l'abus de pouvoir !

- Inutile de m'en vouloir Mary, lui avait dit sa mère lorsqu'elles s'étaient vues le week-end suivant.

Ils se retrouvaient tous les trois, avec sa mère et son frère, un après-midi par semaine. Autant dire que Mary n'avait absolument pas pardonné à la sorcière et qu'elle l'avait fait savoir en restant maussade durant toute leur entrevue.

- Pourquoi tu fais ça ? siffla en retour la rousse.

- Pour ton bien même si tu es visiblement incapable de le comprendre.

C'était une excuse facile ça et elle y réagit en restant résolument silencieuse jusqu'à ce qu'elle puisse retourner chez Sirius. Elle n'était pas fâchée d'être chez lui pour quelques temps encore.

La fin de juillet se profila bientôt et avec cela son anniversaire. Quand sa mère lui demanda si elle voulait quelque chose de particulier, elle répondit d'un ton mordant qu'elle voulait aller à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch. Même si elle ne se faisait aucune illusions : les places étaient déjà toutes vendues depuis longtemps.

La seule chose positive qu'elle nota fut que la feuille de sisymbre qu'elle avait en bouche depuis presque un mois avait fini par totalement fondre. Elle pouvait donc à nouveau parler normalement et ses repas avaient bien meilleure goût.

Un matin, elle eut la vague impression que quelque chose la secouait. Non, en fait, c'était plus qu'une vague impression. Plissant les yeux, elle essaya d'ignorer la sensation parce qu'elle savait intérieurement qu'il était beaucoup trop tôt pour se lever un jour de vacances.

- Mary, chuchota alors la voix de Sirius. Allez, réveille toi !

- Quoi ? gémit –elle.

- Debout ! Lève toi, habille toi et rejoins moi en bas.

- Pourquoi ?

- Fais ce que je te dis ! Tu verras, tu ne le regretteras pas.

- Sûr ?

- Promis, juré, craché.

- Bon.

Quand elle daigna ouvrir les yeux, son parrain avait déjà décampé à toute allure. Un coup d'œil à son réveil appris à la jeune fille qu'il était définitivement trop tôt pour se lever. Mais elle le fit quand même et alla s'asseoir dans un fauteuil du salon sans toutefois passer par la case "habillage" puisqu'elle avait la ferme intention de retourner se coucher. Remus arriva aussi, l'air moins endormi qu'elle et reprocha :

- Tu aurais au moins pu attendre encore deux heures.

- Non ! C'est maintenant, affirma l'animagus avant de se tourner vers Mary. Joyeux anniversaire.

- Heu… Mon anniversaire est le 31 juillet, lui rappela t –elle en attrapant quand même l'enveloppe qu'il lui tendait.

- Je sais, je sais. Mais mon cadeau n'attend pas.

Sa curiosité éveillée, la rousse se redressa dans son fauteuil en chassant les dernières brumes du sommeil. Elle ouvrit l'enveloppe et en sortit trois tickets. Pour la finale de la Coupe du Monde de Quidditch. Tribune officielle. Elle se leva avec un grand cri de joie pour se précipiter dans les bras de son parrain.

- Dis moi que ce n'est pas ce que je crois Sirius, intervînt Remus.

- Oh si ça l'est ! s'enthousiasma le concerné. Trois tickets pour la Coupe du Monde de Quidditch ! Des places excellentes ! C'est fou que que les gens du Ministère sont prêts à faire pour qu'on les pardonne d'un emprisonnement abusif à Azkaban !

- On ne doit pas y aller !

- Toi, je sais pas, mais Mary et moi on y va. Tu ne pourras pas nous en empêcher.

- Si jamais, je sais qui emmener avec le troisième ticket, glissa Mary.

William serait sans doute ravi d'être tiré de sa maison moldue pour une journée. Mais c'était plus de la provocation qu'autre chose : Remus viendrait ne serait-ce que pour les surveiller.

- Crystall, ne dois JAMAIS savoir ça, déclara lentement le lycanthrope.

- Je n'avais pas prévu de la mettre au courant, répondit Sirius. Et toi Mary ?

- Moi non plus. Je ferais semblant d'être fâchée contre elle encore un peu plus longtemps.

- Je savais que je pouvais compter sur toi, sourit l'animagus tandis que Remus soupirait. Maintenant habillez vous et préparez un sac pour une nuit : on va camper jusqu'à demain. Peut –être plus si le match dure trop longtemps. Oh ! Et on s'habille comme des moldus, hein ! Ordre du Ministère. Apparemment il va y en avoir quelques uns là où on va loger.

Le sommeil avait définitivement quitté Mary quand elle remonta tout excitée dans sa chambre. Attrapant des vêtements moldus elle s'empressa de s'habiller et de fourrer un pyjama avec d'autres vêtements dans un sac.

- On part pour la Coupe du Monde ! dit –elle à Ladon. Ça peut prendre plusieurs jours, tu veux venir ou rester ici ?

- Je viens.

Elle attrapa donc le reptile pour le draper autours de son cou avant de redescendre au salon. Elle venait sans doute de battre des records de vitesse. Sirius lui fit un clin d'œil et quand Remus fut trop long à arriver ils l'appelèrent à tue-tête à tour de rôle jusqu'à ce qu'il se montre un air agacé sur le visage.

- Ça va, ça va ! Il n'y a pas le feu !

- Si, justement : notre portoloin part dans un quart d'heure depuis le parc. Il va falloir courir !

Et c'est ce qu'ils firent. Sortant précipitamment de la maison, ils se hâtèrent vers ledit parc. D'autres sorciers étaient déjà présents. Un couple et quatre enfants entre onze et six ans qui se chamaillaient bruyamment. Le portoloin était une vieille boite de conserve et c'était un miracle qu'elle n'ait pas fini à la poubelle avant qu'ils ne la trouvent. Ils se réunirent tous autours tandis que les parents donnaient leurs dernières consignes à leurs enfants qui ne cessaient de s'agiter. Merlin ! C'était comme s'il y avait quatre Cameron avec eux ! Mary ne se plaindrait plus jamais de n'avoir qu'un seul frère.

- Attention, prévînt Sirius. Trois… Deux… Un … Go !

L'hameçon familier crocheta Mary au niveau du nombril et ils s'envolèrent en tournant. Tout devient brièvement blanc avant qu'ils ne tombent vers le sol à grand vitesse. Elle entendit les enfants paniquer et leurs parents tenter de les rassurer. Mais l'un d'eux lâcha quand même trop tôt la boite de conserve et la Serdaigle savait qu'il allait avoir quelques bleus à l'atterrissage. Elle, elle ne lâcha qu'au dernier moment, juste avant que le portoloin ne s'écrase. Remus lui attrapa le bras et la redressa lui montrant comment arriver sur ses deux pieds. C'était assez étrange, elle avait l'impression de marcher dans le vide. Pourtant, le sol s'approchait doucement comme si cette marche la menait à quelque part, et ils se posèrent doucement. Ça, c'était un atterrissage réussi !

- Arrivée sept heures vingt deux du Royal District de Londres, dit une voix suffisamment forte pour couvrir les pleurs des enfants s'étant écrasés au sol.

Ils avaient atterri dans une lande déserte plongée dans la brume. On y voyait pas grand-chose à part deux sorciers habillés bizarrement. Ils avaient visiblement essayé de ressembler à des moldus, mais sans grand succès. L'un avait un costume de tweed avec des cuissardes et l'autre un kilt et un poncho. Le premier tenait une grosse montre en or dans la main et le seconde un épais parchemin. Ils avaient l'air grincheux et fatigués.

- Nom ? demanda l'homme au parchemin.

- Black.

- Black ? s'éveilla soudainement celui à la montre. Comme Sirius Black ?

Le concerné hocha la tête et les deux sorciers portèrent par réflexe la main à leurs baguettes avant de se rappeler qu'il n'avait jamais été un terrible mangemort criminel. Mary sentit son parrain se tendre et prit le devant.

- Bonjour, dit –elle avec un sourire. Pourriez-vous nous indiquer où nous devons nous rendre ?

- Mary Potter ? questionna le sorcier au kilt.

- Oui, enchantée de vous rencontrer.

Soudainement ils semblaient avoir oublié que Sirius Black se trouvait là et elle savait qu'ils n'avaient sans doute même pas remarqué Remus qui préférait de toute façon se faire discret face au Ministère. Elle serra les mains des sorciers et hocha la tête en les écoutant dire combien ils étaient "enchantés de la rencontrer" quand bien même elle trouva cela profondément agaçant.

- Vous êtes installés à environs cinq cent mètres d'ici dans le premier prés que vous trouverez. Le directeur du camping s'appelle Mr Robert. Maintenant dépêchez vous, nous attendons un Portoloin en provenance de Salem à sept heures trente.

Ils s'empressèrent de déguerpir tandis que les deux sorciers du Ministère s'intéressaient enfin à la famille qui était arrivée en même temps qu'eux. La lande était déserte et trop brumeuse pour que ce soit naturel : ça devait être un sort pour empêcher les moldus de voir l'arrivée des portoloins. Ils durent marcher une vingtaine de minutes avant que le panorama se dégage et ne laisse apparaître des marées de tentes de toutes les couleurs. Il y en avait partout, de tous les côtés sur les pentes douces qui les entouraient. Au loin, un petit bois se trouvait en haut de la colline, unique trace sombre au milieu du paysage. Ils se dirigèrent vers une petite maisonnette à l'entrée du premier pré. Un homme se tenait devant et il devait sans doute s'agir d'un des rare moldu des environs.

- Bonjour, leur dit –il.

- Bonjour, j'ai loué un emplacement pour une tente, répondit Sirius.

- Quel est votre nom ?

- Black.

Le moldu regarda la liste affichée sur la porte de la maisonnette et raya leur nom avant de demander s'ils pouvaient payer tout de suite. Mary nota que se fut Remus qui s'en chargea, sans doute parce que son parrain ne savait pas utiliser de l'argent moldu.

- Vous êtes installés près du petit bois là haut, leur indiqua l'homme.

- Merci, bonne journée.

Ils pénétrèrent alors dans le pré déjà bien remplit. Les sorciers avaient fait un visible effort pour que leurs tentes ressemblent à celles que pourraient utiliser des moldus. Mais certains n'avaient pas pu résister à l'idée de rajouter ci et là une cheminée, une girouette, un étage… des tourelles. Et leurs propriétaires étaient tous habillés bizarrement pour des moldus. C'était un miracle que Mr Robert n'ait pas eu de soupçons quant à ce qu'il se passait ici.

Parfois, les sorciers les voyaient passer et un grand silence s'installait. Soit parce qu'ils reconnaissaient Sirius Black, soit à cause de Mary dont le visage était connu dans toute l'Angleterre même si elle veillait à ne pas se faire remarquer en public. Et encore, heureusement que sa frange cachait sa cicatrice sinon les gens n'auraient eu aucun doute sur son identité et se seraient sans doute précipités sur elle.

- Nous sommes là, indiqua soudainement Remus.

Entre deux tentes se dégageait effectivement un petit espace devant lequel un panneau affichait "Black".

- On a une tente ? s'enquit Mary.

- Qu'est ce que tu crois ? répondit Sirius en ouvrant son sac.

Il en sortit une tente miniature déjà montée et la posa sur le sol au milieu de l'emplacement avant de l'agrandir jusqu'à sa taille normale avec sa baguette. Ça c'était de l'installation rapide. Il s'approcha de l'entrée et écarta l'un des pans de tissus, invitant Mary à y entrer en première. Haussant un sourcil, elle s'exécuta néanmoins et sourit. L'intérieur était vaste et avait tout ce qu'on pouvait attendre d'une tente tout confort sorcière. Trois chambres, une salle de bain, une cuisine et même un petit séjour où de vieux fauteuil en cuir élimé attendaient qu'on s'y enfoncent avec un bon livre. Et… il y avait même une cheminée ! Par contre, la décoration laissait autant à désirer que celle de la maison de Sirius.

- Laisse moi deviner : c'était à ton oncle Alphard, dit –elle.

- Crys et moi l'avions gardé, mais on a jamais eu l'occasion d'aller camper, confirma son parrain. Ce sera l'occasion de l'étrenner. Il nous faut juste de quoi remplir la citerne d'eau.

- Hé bien utilise un Aguamenti, lui ordonna Remus.

- Quoi ? Avec la sécurité anti-moldue, fit mine de s'horrifier Sirius. Je n'aurais jamais pensé que tu puisses m'encourager à désobéir au règlement Remus.

- On est à l'intérieur de la tente Patmol : il n'y a aucun risque qu'un moldu nous voit, s'agaça le lycanthrope.

Tandis qu'ils continuaient à se chamailler, Mary sortir le nez de la tente. Pour voir une troupe de rouquin qui discutait devant les deux tentes voisines. Minute !

- Fred ! George ! s'exclama t –elle en courant vers les Weasley.

- Mary ? s'étonnèrent –ils.

- Qu'est ce que vous faites là ?

- Non, ça c'est notre question : tu nous as dit que tu n'avais pas eu le droit de venir ici, rétorqua Fred.

- Mon parrain à tout arrangé, répondit –elle.

- Bonjour Mary.

- Oh ! Bonjour Monsieur et Madame Weasley.

La Potter salua avec enthousiasme toute la famille avant que Sirius ne les rejoigne provoquant un instant de silence. Les plus jeunes semblaient impressionnés de se trouver en sa compagnie, mais les deux adultes saluèrent chaleureusement l'ex-bagnard et Mary comprit qu'ils avaient tous les trois complotés pour être logés côte à côte sur le terrain de camping. La rousse en fut ravie.

- Ah, Charlie et Bill reviennent, déclara Mrs Weasley. Tu te rappelles d'eux Sirius ?

- Bien sûr, répondit le concerné. Mais je pense qu'ils ne se rappelleront pas de moi : ils connaissaient plus Crystall qui les a gardé à l'époque.

Mary tourna le regard avec curiosité. Elle avait déjà rencontré Charlie il y a deux ans. Il n'avait pas tellement changé. Toujours des cheveux coupés courts et des tâches de rousseur sur tout le visage. Il était sans doute le plus trapus des Weasley, mais aussi le plus musclé, sans doute à cause de son métier de dragonnier. A côté Bill avait au moins une tête de plus et était longiligne. Il avait de longs cheveux et une boucle d'oreille agrémentée d'un crochet de serpent. Ils rigolaient en arrivant, chacun deux bidons d'eau en main.

- On a vu un sorcier se balader avec une chemise de nuit moldue, expliqua Bill.

- Et il refusait de porter un pantalon parce qu'il "aime que son intimité puisse respirer", conclut Charlie.

Cela déclencha un éclat de rire collectif avant que les deux aînés Weasley ne saluent Sirius, Remus et Mary. Charlie lui ébouriffa les cheveux, il avait déjà fait ça la dernière fois, et elle repoussa vivement sa main :

- Je mets des plombes à me coiffer alors arrête ça ! s'exclama t –elle.

- Pauvre chérie, répondirent les jumeaux en lui ébouriffant les cheveux eux aussi.

- Je vais vous faire payer ça ! siffla t –elle.

- Tu as toujours ton serpent Mary ? demanda Charlie pour désamorcer le conflit.

- Ladon, tu dis bonjour ? appela t –elle en tapotant son serpent.

Le concerné se redressa à côté de son visage et accepta avec un certain dédain que le dragonnier le caresse, mais c'était bien parce qu'il savait comment le complimenter.

- Il a bien grandi, commenta ensuite le Weasley.

- Tu trouves ? s'étonna Mary. Remarque, je le vois tous les jours alors je ne m'en rends pas trop compte.

- Tu rigoles, j'espère ? intervînt Ron. Ta bestiole est énorme ! Elle fait au moins deux mètres.

- Peut –être pas, tempéra Ginny. Il ne doit pas faire plus qu'un mètre.

- Soixante-cinq centimètres si tu veux la mesure exacte, confirma Mary. Et encore, c'est grand pour un serpent de son espèce. Il continue à grandir alors qu'il aurait dû arrêter depuis longtemps.

- Il vit avec toi dans un environnement magique toute l'année, ça n'est pas bien étonnant, commenta Charlie. Les dragons n'arrêtent jamais de grandir jusqu'à leur mort non plus.

- Ah bon ? s'étonna t –elle.

Il hocha la tête. Après ça, ils entreprirent de manger tous ensemble. Sirius, Charlie, Remus, Bill et Mr Weasley sortirent la grande table qui se trouvait dans la tente de Mary et ils installèrent les chaises tout autours. Le repas fut plus long à arriver parce que Mr Weasley voulut cuisiner comme un moldu et mis déjà une demi-heure à essayer d'allumer un feu avant que sa femme ne prenne les choses en mains.

Ils mangèrent avec entrain, débattant de qui allait gagner la coupe du monde.

- Les Bulgares bien sûr ! clamait Charlie.

- C'est sûr qu'avec Krum dans leur équipe ils ont un sacré avantage, confirma Bill. Mais si l'attrapeur Irlandais est moins bon, il n'en va pas de même pour le reste de l'équipe. Les Bulgares ne gagneront pas avec un seul joueur d'exception.

Sirius semblait d'accord et entra dans le débat en même temps que Ron qui défendit avec véhémence l'équipe de Bulgarie et leur attrapeur vedette. A vrai dire, Mary s'en moquait un peu du vainqueur. Elle elle voulait voir des joueurs exceptionnels voler, apprendre de nouveaux mouvements et intégrer de nouvelle tactiques. Peut –être aussi trouver de nouvelles idées pour son club. Elle voulait voir du beau Quidditch, peu importait le résultat final.

- Ah non ! Tu dois choisir ton camps ! protesta vigoureusement Fred. Ça ne marche pas comment ça !

- Bon… Ben dans ce cas les Bulgare vu que vous semblez tous préférer les Irlandais.

- Top la, sourit Charlie. Je savais que tu étais quelqu'un de bien.

En riant, elle tapa dans la main tendue du dragonnier tandis que les autres ricanaient qu'elle ait choisi le camps des perdants et que Sirius faisait un scandale qu'elle soit alliée avec "l'ennemi".

Le match n'allait commencer que dans la soirée, quand la nuit serait tombée. Mais Mary n'eut pas le temps de s'ennuyer. Leurs tentes étaient au bord d'une grande allée dans laquelle les représentants du Ministère courraient dans tous les sens l'air le plus souvent catastrophés. Ça ne devait pas être évident de gérer tout ce petit monde.

- Il y a plus de cent mille sorciers qui viennent assister à l'événement, confia Mr Weasley. Ça génère beaucoup de travail.

Il avait toujours quelque chose à dire sur les sorciers du Ministère qui passaient devant chez eux. Ludo Verpey, le chef du département des jeux et sports magique fit même un long arrêt avec eux pour demander s'ils voulaient parier. Il sembla un peu mal à l'aise quand Sirius s'approcha et décida subitement qu'il avait à faire ailleurs.

- Ils m'agacent tous, déclara l'animagus.

- T'inquiète pas Patmol, ça leur passera, lui dit tranquillement Remus. Je te rappelle qu'il y a deux mois tu étais encore pour eux un mangemort fou-furieux totalement incontrôlable et assoiffé de sang qui a réussi à échapper aux détraqueurs.

- Présenté comme ça, je pense que je peux comprendre.

Mary fit aussi les yeux doux à Remus pour avoir le droit de partir avec les jumeaux Weasley voir le reste du campement et peut –être discuter avec des sorciers d'autres pays. Le lycanthrope finit par céder à son regard de chien battu mais sous réserve qu'elle soit accompagnée d'au moins un des trois aînés Weasley en plus des jumeaux.

- Je veux qu'il y ait toujours un sorcier adulte avec toi, Mary, et c'est non négociable, grogna Remus pendant qu'elle protestait.

- Pas grave, intervînt George. On prend Charlie avec nous.

- Il a rien de mieux à faire de toute façon, termina Fred.

- Je vous ai entendu bande d'affreux, commenta leur frère en se levant toutefois pour leur servir d'escorte.

- Ma mère et mon tonton sont tellement rébarbatifs, gémit Mary alors qu'ils s'éloignaient.

- Ils veulent juste te protéger, tempéra Charlie.

- Mais de quoi ?

Le plus âgé n'avait pas de réponses à ça et se contenta d'enfoncer ses mains dans les proches de son pantalon en les suivant tel un chaperon vigilent. Mary vit cependant bien vite un intérêt à se balader avec des membres de la famille Weasley : comme elle était elle aussi rousse tout le monde la prenait pour une Weasley. Ceux ne la connaissant pas personnellement ne se rendaient même pas compte qu'ils croisaient Mary Potter.

- Jonathan est par là, indiqua soudainement Fred. On pourrait aller le saluer.

- Surtout pas ! s'horrifia Mary. Ma mère ne sait pas que je suis ici ! Il le lui dirait forcément !

- Euh… Trop tard, je crois.

Effectivement, la tête blonde du Poufsouffle se profilait plus loin. Il était plutôt grand comme garçon.

- Merde, jura Mary.

- Allez y vous deux, je pars avec Mary de l'autre côté, intervînt soudainement Charlie en lui attrapant le bras pour s'éloigner.

Merlin merci ! Ils furent bientôt avalés par la foule et la rousse soupira d'avoir évité la catastrophe. Il ne manquerait plus que ça !

- Merci, souffla t –elle.

- Tu ne devrais pas faire de cachotterie de ce genre à ta mère, la gronda le plus âgé. Ça risque de très mal finir quand elle l'apprendra.

- Si elle l'apprend, le corrigea t -elle.

- Elle le saura d'une manière où d'une autre. Crois en l'expérience de quelqu'un ayant été élevé par Molly Weasley.

Elle ne comprit pas la référence. Pour elle, la mère des Weasley était une femme plutôt gentille qui n'avait rien à voir avec le dragon qu'elle-même avait comme mère. Ils zigzaguèrent entre les tentes. Certaines supporters affichaient clairement leurs couleurs. Il y avait ainsi des marées de tentes vertes et rouges et les supporters des équipes opposées se regardaient en chien de faïence.

- Tiens, on dirait que certains de mes collègues sont là, remarqua soudainement le Weasley. Ça te dérange si on s'arrête deux minutes ?

- Non.

Elle savait qu'il travaillait en Roumanie et elle voulait après tout rencontrer des sorciers d'autres nationalités alors c'était l'occasion ou jamais.

- Bună ziua ce faci ? lança Charlie en s'approchant.

- Charlie ! Nu ne așteptam să te văd aici, répondit un de ses collègues d'une voix rocailleuse.

La Potter se rendit rapidement compte qu'elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu'ils racontaient et se concentra plutôt sur les gens avec qui le dragonnier parlait. Un homme avec la mine renfrognée et une grosse barbe, un asiatique qui paraissait frêle en comparaison de ses camarades qui étaient de véritables montagnes de muscles et un dernier au teint basané qui semblait se désintéresser de la conversation.

- Vous travaillez tous ensemble en Roumanie ? s'enquit la Potter quand ils s'éloignèrent.

- Oui. On est des privilégiés tu sais ? Les dragons ne s'arrêtent pas pour les vacances ou pour les événements tels que celui-ci alors nous n'étions que quatre à pouvoir partir.

Ils retrouvèrent Sirius, Remus et le reste des Weasley quand la fin d'après-midi arriva. A mesure que le soir s'approchait, une frénésie s'était emparée des campings et la tension faisait frémir l'atmosphère de ce qui aurait put être une calme soirée d'été si la finale n'avait pas eu lieu.

- Le ciel est dégagé, constata Mary après le dîner. C'est un temps idéal pour le Quidditch.

- Avec un peu de chance le match va durer une semaine, s'enthousiasme Sirius.

- Je n'espère pas, dans une semaine je dois retourner au Phare, répondit Mary. Je me vois mal expliquer à ma mère pourquoi je ne peux pas.

Tandis que le soleil se couchait, ils prirent tous la direction du stade de Quidditch qui était caché derrière la colline et la forêt qui se trouvait en haut de celle-ci. Le vert et le rouge se disputaient dans la marée des sorciers qui montaient vers le stade, les vendeurs ambulants se déplaçaient en transplanant précipitamment et un brouhaha excité les entourait. La finale promettait d'être animée !


A suivre...