Titre : Ineluctable
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.
Note :Bonjour tout le monde!
Wah ça fait bizarre de se dire que c'est ma dernière petite note.
Je ne ferais pas très long, je n'ai de toute façon pas grand-chose à dire à part une chose : un très, très grand merci à tout ceux qui auront lu et auront pris le temps de commenter à un moment ou un autre, vous êtes tout simplement génial ! :)
Une note spéciale à Najoua et Nerya, merci les filles 3
Pour ceux qui se posaient la question, même si la plupart du temps j'ai répondu en MP, je n'abandonne pas le fandom, j'ai encore quelques projets sur St Seiya, je ne sais juste pas quand ils seront finis. Patiente donc.
Sur ce, pour la dernière fois, bonne lecture à vous. Si vous voulez papoter, ma boite mp est ouverte de bon cœur.
Bisous ~
KS.
Reviews (ici seront mises les réponses aux revieweur(e)s anonymes)
leia26: Toutes les bonnes choses ont une fin, ça aurait été compliqué de le faire durer plus longtemps en gardant la qualité derrière.
Blue Graad. L'endroit où sa vraie vie avait commencé. L'endroit où ses rêves avaient pris forme. Là où tout avait commencé pour lui. L'endroit où tout se terminerait.
Cette pensée le heurta comme une gifle. Il arrêta son geste. Où tout se terminerait ? Vraiment ?
Il releva la tête. Il observa en silence le reflet que lui renvoyait le miroir accroché au mur. Cela lui avait traversé l'esprit avec tant de forces. Avec cette certitude implacable. Avec une sérénité presque effrayante, aussi. Pourtant, il ne comptait pas vraiment mourir maintenant. Sa vie serait encore longue.
Il s'autorisa un sourire que lui renvoya son image. Il se remit à s'agiter. Avant de partir, il avait certaines choses à faire. C'était bien la première fois que ça le prenait. Encore une chose étrange. Mais cette petite voix dans sa tête lui soufflait que c'était important.
Il vérifia une dernière fois que la pièce était impeccable. Son regard survola cet endroit dans lequel il avait vécu pendant des années. Le petit bureau en bois où étaient posés les livres qu'il ne pourrait jamais terminer. L'armoire où s'étaient entassés, avec le temps, tous ses ouvrages. Quelques petits bibelots aussi. Que Kardia lui rapportait chaque fois qu'il partait en mission loin du Sanctuaire.
Kardia.
Pourquoi avait-il fallu qu'il insiste pour l'accompagner ? Il aurait voulu protester, lui hurler de rester ici. Il était assez grand pour s'occuper de cette mission tout seul. Parce qu'il savait que s'il venait, il mourrait avec lui. Il ignorait d'où lui venait cette vérité. Il le savait, aussi simplement qu'il savait dans quelle direction se levait le soleil. Mais son ami de toujours était fidèle à lui-même.
Dégel s'approcha de son étagère, passant ses doigts fins sur les couvertures poussiéreuses. Il espérait que le prochain occupant en prendrait soin. Il attrapa un des livres pour l'ouvrir. Au milieu des pages se trouvait une petite clé. Il la sortit du livre et ouvrit le tiroir au centre de l'armoire. Avec un petit grincement, il glissa hors de sa protection de bois. Il en sortit un nouveau livre. Vierge de tout titre, de toute décoration. Juste un amas de pages attaché par un fin fil de cuir. Il le posa sur son bureau et attrapa la plume, la trempant dans le petit encrier.
Cela serait ses derniers mots. Le point final de cette vie qu'il avait menée. Il devait terminer son histoire comme il se doit. Cela ne lui prit que quelques minutes.
Satisfait, il referma l'ouvrage non sans un pincement au cœur. Fermer ce livre, c'était accepter la mort de ce qu'il avait été. Plus que la sienne, c'était tirer un trait sur celle de l'homme qui l'avait toujours accompagné. Cette pensée était bien plus douloureuse que n'importe quel autre.
Il se força à ranger le livre à sa place. Il posa la clé du tiroir sur l'étagère. Un jour peut-être, quelqu'un serait le témoin de leur vie. Qu'ils continueraient à vivre à travers ces mots. Tous les deux ensembles.
Avec un dernier regard en arrière, il sortit de son temple. Devant les marches, Kardia l'attendait patiemment. Dégel sourit. Malgré sa fougue, il avait toujours su reconnaître les moments où il avait besoin d'être seul. Il avait toujours respecté ces besoins égoïstes. Le Chevalier des Glaces sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Il ne voulait pas qu'il l'accompagne. Pourtant, le savoir à ses côtés le rassurait.
Sentant sa présence, Kardia se tourna vers lui. Dégel l'observa un instant avant de s'avancer. Il était trop tard, maintenant. Kardia ne revenait pas en arrière. Jamais. Il s'arrêta à sa hauteur, contemplant le Sanctuaire. La vie continuait son cours. Bientôt, ce serait le tour de leurs frères d'armes de partir au combat. Il leur souhaitait bonne chance. Et une meilleure réussite qu'à eux.
« Tu m'attendais ? » questionna soudainement Dégel d'une voix lointaine.
Le besoin de se raccrocher à quelque chose de connu. De refluer, d'une façon ou d'une autre, cette peur sourde qui lui vrillait l'estomac. Il resta immobile quand Kardia tourna vers lui un regard presque surpris. Resta stoïque quand le rire de son compagnon s'envola avec un souffle de vent. Un fragment de rire bien lointain des éclats de vie qui s'échappaient habituellement de ses lèvres.
« Bien sûr. »
Même sa voix lui parut effacée. Ça devait être un effet de son imagination. Ou alors, avait-il senti son trouble ? Il en était bien capable. Il l'avait toujours fait. Le moindre de ses changements d'humeur. Dès qu'il se sentait découragé, il était là. Quand le poids du devoir se faisait trop lourd, il arrivait. Il se permit un maigre sourire. Il devait continuer le jeu. Ne jamais briser la chaine. Même si les rôles étaient aujourd'hui inversés.
« J'aurais pu ne pas venir. »
Il aurait pu. Partir sans lui. S'enfuir en le laissant derrière. Lui éviter la noirceur de la mort. L'aurait-il suivi ? Aurait-il respecté son dernier souhait ou l'aurait-il rattrapé avant la fin ? Lui qui le connaissait par cœur, pour la première fois, la réponse lui échappait. Il ferma les yeux une seconde. L'air fouetta son visage en faisant voler leurs cheveux dans l'aube naissante.
« Tu viens toujours. »
Une boule se forma dans sa gorge. Il aurait voulu lui dire. Lui avouer ce qui les attendait dans ce pays glacé. Lui dire de rester ici. Mais aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres. Il prit une grande inspiration en refluant cette tristesse soudaine qui s'emparait de lui.
Quand il rouvrit les yeux, Kardia lui souriait. Ses yeux se noyèrent dans son regard aussi profond que les océans. Chaleureux et bienveillant. Compréhensif.
Compréhensif.
Dégel réalisa soudainement.
Il comprit pourquoi il avait autant insisté pour l'accompagner. Pourquoi il l'avait attendu ici sans rien dire alors qu'il mettait en ordre ses dernières affaires. Il savait. Tout comme lui. Il l'avait senti. Il voulait juste tenir sa dernière promesse.
L'étau dans sa poitrine s'envola soudainement.
Quand Kardia lui tendit une main, il n'hésita pas. Main dans la main, ils descendirent les marches. Un sourire radieux étirait les lèvres du Saint des Glaces. À quoi bon se cacher. Ils ne reviendraient pas. Même les regards étonnés des Chevaliers qu'ils croisèrent n'avaient plus d'importance.
Lui qui avait toujours craint la mort, aujourd'hui, il l'affronterait sans la moindre peur.
Sans un mot, ils franchirent la barrière qui protégeait le Sanctuaire et disparurent.
