Auteure: Blanche Malfoy

Titre: Love me, Love me not.

Traductrice: Falyla

Rating: R

Paring: Draco/Harry Draco/Bill

Warning: Cette histoire est un slash, ce qui implique des relations homosexuelles masculines. Si cette idée vous choque ou vous rebute, passez votre chemin, cette fic n'est pas pour vous.

Homophobes, s'abstenir !

Disclaimer: Rien n'est à nous, tout à JKR. L'histoire appartient à Blanche Malfoy, quant à moi, je revendique la traduction.

Petite note de Falyla : Comme nombre d'entre vous l'on apprit cette semaine, il ne nous est plus permis de faire des RAR dans le cadre de la mise en ligne d'un chapitre. FFnet a instauré un système de réponse par lien, directement dans la review pour autant qu'elle soit signée. J'encourage donc les « anonymes » comme Lo hana ni, Vert Emeraude, Slydawn, Diver et Kain à ouvrir un compte FFnet ou alors à laisser leur adresse e-mail dans la review s'ils souhaitent obtenir une réponse à leur message.

Pour celles et ceux qui ont un compte FFnet, j'ai fait des copier-coller des réponses que Remus m'avait envoyées par e-mail. Ce n'était guère pratique et j'espère vraiment que je ne me suis pas mélangé les pinceaux et que chacun a eu la réponse qui lui était adressée .

Gros coup de pub personnel : La grande JessHDH est de retour sur FFnet ! On n'y croyait plus mais elle l'a fait !

Pour celles et ceux qui ne la connaissent pas encore, je vous encourage très chaleureusement à lire ses traductions, c'est une vraie pro. Elle a traduit la première fic de Blanche Malfoy que j'ai lue. C'est elle qui m'a donné envie de me tenter l'expérience et voyez où j'en suis…

C'est également une amie très chère à mon cœur, elle était ma bêta-lectrice quand j'ai commencé à écrire et c'est elle qui m'a encouragé à mettre mes écrits sur FFnet.

Ma Jess, je t'aime !

Le lien vers son profil est dans mes favoris. Courez-y vite !

Bravo et merci à Mily Black qui a posté la 700ème review de LM, LMN ! Un gros bisou et un feu d'artifice virtuel !

Chapitre 36. Confessions d'amour.

Severus soupira, sachant que la confrontation tant redoutée était arrivée. Il s'était attendu aux regards meurtriers et aux mots assassins de Sirius depuis longtemps. Ils lui étaient plus familiers que les mots d'amour. Ils devaient parfois rassembler du courage pour se les dire. Mais comme il aurait souhaité se tromper parce qu'il ne s'attendait pas à ce que les paroles haineuses de Sirius le blessent autant.

Severus se blâma d'avoir abaissé ses défenses maintenant qu'ils étaient finalement ensemble. Jadis, il n'aurait tout simplement pas relevé et continué sa vie ou lancer une malédiction d'un siècle sur Sirius. Mais il ne pouvait plus, pas alors qu'ils étaient mariés.

Qui voulait-il abuser ? Il n'avait jamais pu faire fi des choses quand Sirius était concerné. Sirius savait mieux que quiconque comment le rendre fol amoureux et en profiter douloureusement.

De quoi Sirius était-il en train de l'accuser maintenant ? Oh, oui. Quelque chose à propos de Severus lui mentant comme il l'avait toujours fait. Harry avait souffert toutes ces foutues années à cause de lui, l'ex-Mangemort. Il se demanda si cette tache dans sa vie lui serait jetée à la face le restant de son existence. Les cris de Sirius se poursuivirent encore et encore, et Severus se sut pas comment il était capable de refouler sa colère. Il s'assit et écouta Sirius déclamer et pester sur la vie du pauvre petit Harry, malheureux en tant qu'Auror, sans femme et sans enfant. Il n'y avait eu que souffrance et peine ; seulement un sentiment de culpabilité.

Severus sourit amèrement. La peine et la douleur faisaient partie de la vie. Severus avait eu son lot de souffrance également. En fait, sa part avait été bien assez lourde pour une seule personne. Est-ce que quelqu'un s'en souciait ? Seul Dumbledore l'avait fait et même son vieux mentor ne s'était pas inquiété de mettre la vie de Severus en péril pour la bonne cause. Pourquoi est-ce que ce serait différent pour Harry ? Le garçon avait grandi alors que tout le monde le traitait comme un petit prince. Tout ce que Severus avait fait dans le passé avait toujours été fait dans l'intérêt de Harry Potter. S'ils avaient mieux éduqué le garçon, au lieu d'essayer d'alléger son fardeau, Harry ne serait pas devenu si gâté et si difficile. Ils auraient dû dire à Harry ce qu'on attendait de lui dès le début au lieu de lui cacher la vérité.

Harry Potter était un pauvre petit orphelin. Et alors ? Est-ce que Harry croyait vraiment qu'il était le seul à avoir un horrible passé et une enfance malheureuse ? Severus ricana en son for intérieur. Harry ne connaissait rien de la souffrance. Severus avait l'expérience de la douleur réelle, de la torture et du rejet depuis sa naissance. Si tout le monde pensait que les Dursley étaient si affreux, ils auraient dû entendre parler du père de Severus.

Severus était un peu jaloux, et alors ? Qu'importe s'il n'avait pas dit à Sirius la vérité à propos de Harry ? Il ne pouvait honnêtement pas connaître tout de l'état d'esprit du garçon. Comment aurait-il pu ? Il avait tout laissé derrière lui pour aller chercher Sirius et le ramener. La dernière fois qu'il avait entendu parler de Harry Potter, Harry était un éminent apprenti Auror et il avait une fiancée. Severus avait présumé qu'il avait fait sa vie et qu'il était maintenant un excellent Auror et le père de deux ou trois agaçants morveux. Après tout, Harry possédait tout ce qui lui garantissait le succès. Ce n'était pas la faute de Severus si ses prédictions s'étaient avérées fausses.

Severus avait essayé de faire sa vie, lui aussi. Il s'était battu avec ses démons intérieurs. Il avait recherché son propre bonheur en sauvant son seul amour. Mais personne ne s'était soucié de le remercier. Ni le morveux ni son crétin d'amant n'avaient réalisé qu'ils ne s'étaient rencontrés à nouveau que grâce à lui.

Il savait qu'il s'était montré injuste avec Harry, après tout, le gamin avait eu une vie plutôt difficile mais il s'en était fichu. Severus voulait penser à son propre bonheur pour changer. En outre, il n'avait rien fait d'aussi horrible que Sirius le laissait entendre. Il ne savait vraiment rien de la dépression de Harry et de ses cauchemars avec Voldemort. Il ne l'avait appris que quelques minutes auparavant. La vie misérable de Harry n'était certainement pas de sa faute.

Severus regarda froidement le visage en colère de Sirius quand son mari cessa de lui cracher des paroles haineuses. Puis il fronça les sourcils et demanda :

- Tu as fini ?

Son ton sans émotion augmenta la colère de Sirius, si c'était possible.

- Oh, non, bébé. Je viens juste de commencer.

Severus grimaça puis se leva lentement pour regarder Sirius dans les yeux.

- D'accord alors. Crache ton venin, une fois pour toutes.

°°°§§§°°°

Les yeux de Harry clignotèrent. « Qu'est-ce que tu es en train de dire ? »

- Que je t'aime, crétin ! Je t'aime !

Draco sentit un tel soulagement envahir sa poitrine qu'il remarqua à peine l'expression choquée de Harry.

- Je t'aime.

Draco sourit doucement puis dit ensuite avec plus de détermination.

- Tu peux essayer de me repousser tout ce que tu veux, Potter, mais je ne te laisserai pas tomber.

Peu importe combien Harry essayait, sa voix ne voulait pas sortir. Il était sans voix devant la soudaine confession d'amour de Draco. Il ne savait pas quoi dire. Il sentait un nœud dans sa gorge qu'il ne pouvait tout simplement pas défaire. Les battements de son cœur faisaient bourdonner ses oreilles et ses mains tremblaient. Il n'aurait pas dû être si surpris. Hermione avait essayé un bon millier de fois de le convaincre que Draco ressentait pour lui autre chose que de la haine. Etait-ce parce que Draco et lui cachaient leurs sentiments l'un pour l'autre que Hermione et Fred avaient monté ce plan complètement dingue ?

Mais il n'y avait rien à nier. Harry était sous le choc. Il ne s'attendait pas à une brusque confession et certainement pas en cet instant particulier.

Draco, dont le souffle était bloqué dans sa gorge, était sur le point de paniquer du manque de réaction de Harry. Le blond ne s'attendait pas vraiment à ce qu'ils s'embrassent et sautent dans un lit mais il ne s'attendait certainement pas à ce silence insupportable. Il allait le rendre fou.

Harry déglutit puis demanda :

- Depuis longtemps ?

Draco le regarda stupidement et Harry ajouta :

- Tu ressens ça depuis longtemps ?

Draco haussa les épaules mais avala difficilement. Depuis toujours, pensa-t-il. Mais répondre ça l'aurait fait passer pour un idiot romantique alors il répondit :

- Je ne sais pas. Un moment je te haïssais et le suivant… Je t'observais dans ta tenue de Quidditch et je pensais en moi-même que tu avais l'air sexy.

C'était une pauvre tentative de plaisanterie que Harry ne trouva pas drôle.

- Je ne pige pas, dit Harry pour lui-même.

Draco fronça les sourcils. Maintenant que son angoisse commençait à disparaître, l'irritation prenait sa place. Il ne pouvait pas s'en empêcher. C'était le seul moyen de protéger son cœur de ces mots blessants.

- Qu'est-ce que tu ne piges pas ?

- Pourquoi tu m'aimes ? demanda Harry avec une légitime curiosité.

Pourtant, ça offensa Draco. Remarquant son visage accablé, Harry continua :

- Oh, allons, Draco ! On se méprisait quand on était à Poudlard. Je n'ai jamais pensé à toi en tant amant jusqu'à très récemment. Je ne me souvenait même pas de toi, la plupart du temps ! Tu étais juste une mouche agaçante qui ne voulait pas t'en aller et –

- Ça va ! ça va ! J'ai compris ! s'exclama Draco, refreinant son envie de le frapper. Tu n'as pas à me dire combien j'étais sans importance pour toi ni combien tu me détestais. Je suis plus que familier avec ton rejet, Potter ! Je me suis fait battre par une Weasley, pour l'amour de Merlin ! Tu n'as pas à me rappeler ces horribles souvenirs.

Harry soupira.

- Je disais juste que je ne comprenais pas pourquoi tu étais amoureux de moi.

- Pourquoi ? Qui sait ? Peut-être parce que tu as ce stupide charisme qui fait que tout le monde remarque ta présence, aussi pauvrement vêtu que tu aies l'air. Ou parce que tu as le plus magnifique sourire que j'ai jamais vu et la plus intense paire d'yeux que je n'ai jamais croisé. Tu es aimable, loyal et tu as un incroyable sens de la justice. J'ai vu la passion dans tes yeux tellement de fois avant. Au Quidditch, avec tes amis, dans tes batailles. Ta passion m'a toujours totalement incendié. C'est pourquoi j'étais si choqué quand je t'ai vu désespéré et vaincu. Tu n'étais pas le même Harry Potter que j'avais connu. Mais curieusement, je suis tombé amoureux de ton côté pathétique aussi. Je suis tombé amoureux de ta vulnérabilité et de ta faiblesse. Et, avant que je ne m'en rende compte, j'étais à nouveau complètement amoureux de toi.

Il y avait une flamme dans les yeux de Draco qui brûlait entièrement le corps de Harry.

- Ecoute, continua Draco, je ne m'attends pas à ce que tu m'aimes en retour. Je veux juste que tu connaisses mes sentiments véritables. J'étais écoeuré de les cacher. J'étais en train de suffoquer. J'avais besoin de les laisser sortir. Mais ça ne signifie pas que je vais te laisser jouer avec mon cœur. J'ai toujours su ce que tu ressentais pour moi. Je sais que tu ne m'apprécies pas. Mais tu n'as pas à me dire des choses blessantes. Si tu n'as rien de gentil à dire, alors tais-toi.

- Eh ! attends une minute ! Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? fit Harry en se renfrognant. J'ai besoin de comprendre. Tu réalises que c'est le pire moment pour discuter de notre relation ? Mon monde vient de basculer, il est sans dessus dessous. Encore une fois. Je ne m'attendais pas à –

- Je n'attends rien de toi ! Je te l'ai déjà dit ! le coupa Draco.

Il réalisa qu'il était absurde. Mais son cœur était trop douloureux pour s'en soucier. En outre, c'était de la faute de Harry. C'était lui qui avait commencé tout ça. C'était lui qui avait menacé de mettre fin à leur relation.

- Merde, c'est pas juste ! Je… Je ne… Tu es…

- Oh, la ferme, l'interrompit Harry et Draco le fixa d'un air meurtrier. Pourquoi on est en train de se battre ? demanda Harry.

- Parce que tu n'es qu'un salaud ! Tu cherches toujours la bagarre avec moi !

- Oh, bien sûr ! Tu es innocent ! Tu ne me provoques jamais. Je t'ai attaqué tout seul, de façon complètement inattendue ! ricana Harry.

- C'est bon ! Je veux dire que je suis ici, t'ouvrant mon cœur et qu'est-ce que tu fais ? Tu joues au bâtard sans cœur !

Harry fulmina.

- Je suis un salaud et tu m'aimes encore ?

Draco serra ses poings. Il sentit ses joues devenir brûlantes.

- Qu'est-ce que je peux dire ? Je suis stupide et pathétique.

- Je suis content que nous soyons d'accord sur quelque chose, répliqua vertement Harry.

- Va te faire foutre ! gronda Draco.

Il tourna les talons pour sortir précipitamment mais Harry – après avoir hésité une seconde – agrippa le bras du blond et l'attira contre sa poitrine. Leurs yeux enflammés se rencontrèrent en se défiant.

- Je croyais que tu ne voulais pas laisser tomber même si je te repoussais.

Le timbre rauque de la voix de Harry fit trembler le corps de Draco. Il secoua la tête.

- Non. J'allais juste…

- … t'enfuir.

- Non ! mentit Draco, sans honte. Me calmer un peu.

- Alors, reste. Laisse-moi t'aider à te calmer.

La voix douce de Harry était suffisante pour transformer le corps de Draco en gelée mais rien n'était plus efficace que les doigts de Harry dans ses cheveux et une paire de lèvres chaudes capturant les siennes passionnément.

- Imbécile ! Ne joue pas avec moi, Harry, murmura Draco contre la bouche de Harry.

Il ne pouvait pas croire qu'il venait de dire ça mais il ne pouvait désormais plus le reprendre. Il voulait juste retenir Harry et ne jamais le laisser aller.

- Je suis désolé que tu doives traverser cette douleur encore une fois mais, je t'en prie… ne me repousse pas.

Et maintenant, il était en train de supplier. Autant pour sa fierté de Malefoy.

- Mon cœur est totalement exposé. Tu ne peux pas me reprocher d'être sur la défensive.

Harry appuya son front sur le sien et soupira.

- Tu as raison. Je suis désolé. Je ne veux pas te repousser. Je ne peux pas m'en empêcher. Me comporter en pauvre type est ma façon de défendre mon cœur. Je… Je n'avais pas à te dire combien j'étais paumé. Tu le savais déjà. C'était juste trop en une fois. Je suis complètement déboussolé.

Draco acquiesça.

- Je sais. J'ai simplement… Tu m'as fait flipper. Je ne peux pas supporter l'idée de te perdre. Pas maintenant que nous avons appris à mieux nous connaître, confessa-t-il. Je ne vais pas me fatiguer de toi, Harry. Je ne le ferai jamais. Je veux juste te réconforter.

Harry sourit faiblement.

- Tu es très bon à ça. En fait… Ce que j'ai réalisé en passant tout ce temps avec toi, c'est que tu es une bien meilleure personne que je ne le serai jamais. Tu ne l'étais pas jadis mais maintenant, tu l'es, le taquina un peu Harry.

Le cœur de Draco bondit.

- Tu dis ça juste pour tirer un coup.

Harry sourit ouvertement cette fois.

- Et ça marche ?

Draco haussa un sourcil et fit semblant de le considérer sérieusement.

- Continue.

- Je pense… que… je… je pourrais être amoureux de toi, aussi, dit Harry dans un chuchotement.

Le souffle de Draco se coinça dans sa gorge. Autour de lui, tout se mit à tourner. Est-ce que Harry avait dit ce que Draco pensait qu'il avait dit ?

- Quoi ? demanda-t-il, juste pour être sûr.

Harry fit une grimace, mais intérieurement il était profondément nerveux.

- Tu le sais. Tu m'as entendu. Ne me le fais pas répéter.

Draco fronça les sourcils.

- J'ai attendu longtemps pour l'entendre, Potter. Un très long moment. Le dire une fois de plus ne va pas te faire mal ! Je pense que je mérite de l'entendre ! Tu crois que c'est facile de te supporter ? Je veux ma part du prix pour tolérer tes sautes d'humeur et tes mots vaches.

Harry parut se rappeler quelque chose puis il dit :

- Je pensais que tu avais déjà eu ton prix. Est-ce que Ron n'était pas censé te donner des tickets de Quidditch pour la saison complète ?

Draco sourit d'un air narquois.

- J'ai dit ça seulement pour le faire chier. Tu crois vraiment que j'échangerais ta confession d'amour contre des billets de Quidditch ?

- Et si c'était pour la Coupe du Monde ? le provoqua Harry.

Draco prétendit y réfléchir.

- Pour la Coupe du Monde, hein ? Ça, c'est une offre. Voyons voir… Que dirais-tu de… dire que tu m'aimes et d'aller voir la Coupe du Monde ensemble ?

Harry s'humecta les lèvres pour cacher un sourire.

- Tu es si gâté. Quand vas-tu apprendre que tu ne peux pas tout avoir ?

Draco haussa les épaules.

- Jamais. Je sais que je peux avoir les deux.

Harry entrelaça leurs doigts ensemble puis il dit d'une vois grave et sérieuse :

- J'adore passer du temps avec toi. Je ne l'aurais jamais cru. Je croyais que l'idée de Hermione était la plus grosse connerie que j'avais jamais entendue. J'étais convaincu que toi et moi, on arriverait jamais à s'entendre. Mais d'une manière ou d'une autre, on y est parvenu de la plus merveilleuse des façons. Tu as beaucoup changé. J'aime tout de ce nouveau toi. Tu me montres ton côté plus doux et moins égoïste. Tu me laisses connaître tes forces et tes faiblesses. Plus que tout, tu es devenu mon ami. Et sans que je ne m'en rende compte, tu avais capturé une grande part de mon cœur.

Harry fit une pause pour ne pas s'étrangler sur les mots suivants. Draco essayait difficilement de ne pas éclater en sanglots. Il savait que c'était bête de sa part mais entendre Harry confesser ses sentiments pour lui était quelque chose qu'il n'aurait jamais cru possible. Harry était aussi tremblant que lui.

- Je… Je crois que je t'aime, continua Harry. Mais…

Le cœur de Draco cessa presque de battre.

- J'ai besoin d'arriver à me comprendre moi-même avant de prolonger nos trente jours ensemble. Je ne peux pas être avec toi si je ne fais pas la paix avec moi-même. Je… J'effectuerai ce voyage de découverte de soi dont Rogue nous a parlé. Je ne sais pas quand je reviendrai. Je ne sais même pas si ça marchera. Je veux te demander de m'attendre mais ce ne serait pas juste. Tu as Bill et c'est une bien meilleure personne que moi. Putain, il est parfait pour toi et je le hais pour ça.

Harry rougit et Draco sentit sa tension à travers la pression sur ses doigts.

- Putain de merde !

Harry plongea son regard dans celui de Draco et déclara :

- Tu ne dois pas m'attendre. Mais si je découvre que tu es retourné avec Bill, je le provoque en duel.

Draco clignota des yeux à répétition pour empêcher ses larmes de couler. Il se demanda si le cœur d'une personne pouvait exploser de bonheur. Il n'avait jamais ressenti une telle félicité de toute sa vie. Il sourit à Harry, les yeux étincelants de larmes retenues.

- Je crois que Bill a davantage le droit de te défier, essaya-t-il de plaisanter.

- Eh ! Il a eu sa chance avec toi et il l'a laissé passer. En outre, qu'en est-il de ce gamin français ?

Draco grimaça.

- N'allons pas par là.

- Tu es jaloux ? demanda Harry.

Lui l'était certainement.

- Non, pas vraiment. Je veux dire, peut-être un peu. Mon ego en a pris un coup. Bill ne m'a jamais rien dit à propos du gamin. Pour ce que j'en savais, j'étais la seule personne qui ne l'avait jamais tenté.

Draco fit une autre grimace.

- Bon, je ne suis pas le premier à tomber sur ce genre de merde… J'apprécie vraiment Bill. Nous avions une super relation et je supposais… qu'il pensait la même chose. Je voulais vraiment croire qu'il était unique pour moi et je pense qu'il voulait vraiment croire que j'étais unique pour lui. Mais… Tout a changé quand je t'ai vu à nouveau. Je ne pouvais plus être avec lui. Pas après tout ce qui nous était arrivé. Je comprends maintenant que j'aimais Bill comme un ami, mais… C'est toi que je veux.

Draco prit une profonde inspiration avant de continuer.

- C'est toi que j'aime.

Ils s'étreignirent étroitement et restèrent juste enlacés dans les bras l'un de l'autre un long moment.

- J'attendrai le temps que ça prendra, chuchota Draco à l'oreille de Harry.

- N'exagère pas. Je ne te vois pas tenir si longtemps sans sexe, le taquina Harry.

Draco le pinça doucement.

- Le sexe n'est pas tout. Et même si les choses devenaient trop rudes, je peux toujours me tourner vers Bill… Je suis certain qu'il serait plus qu'heureux de -

Harry le fit taire d'un baiser.

- Tu fais ça, très bien, mais n'oublie pas les conséquences.

- Je n'ai pas peur de toi, railla Draco.

- Tu devrais.

Draco sourit de la fausse expression sérieuse de Harry et Harry l'embrassa une fois de plus. Draco caressa ses cheveux et son nez toucha celui de son amant affectueusement. Le blond ne pouvait contenir son bonheur. Il se sentait stupide et très amoureux. Harry Potter l'aimait. Peut-être que Harry était un peu confus à propos de tout ça, étant donné les circonstances, ça n'aurait pu être différent. Mais Draco avait une meilleure chance maintenant que lorsqu'il avait commencé à vivre avec Harry. Il pouvait enfin sentir Harry se rapprocher de lui.

- Je suis désolé pour tout ça, Harry. Je te jure que je ne savais rien à propos de ton parrain.

Harry opina du chef. Il savait que Draco disait la vérité.

- Comment tu te sens ? demanda le blond.

- Même si je me sens comme si j'étais tombé dans la quatrième dimension où rien n'a de sens, je vais mieux. Merci d'être venu me chercher. Il semblerait que tu ne plaisantais pas quand tu disais que tu étais mon ange gardien, déclara Harry, les yeux plein d'amour. Pendant un instant, j'ai cru que, Rogue et toi, vous aviez fait équipe pour me faire perdre l'esprit pour de bon.

- Mais tu ne le crois plus, n'est-ce pas ? Vraiment, Harry, je n'en avais aucune idée. Mon oncle ne m'a jamais rien dit de Black ! s'exclama Draco avec inquiétude.

- J'ai déjà donné libre cours à ma colère alors maintenant, je vois les choses plus clairement. Je sais que ce n'est pas de ta faute. Pourtant, je veux toujours tuer Rogue.

- Pas que je veuille le défendre ou quoi que ce soit, commença Draco prudemment, mais honnêtement, il ne savait pas comment tu allais. Il aurait pu s'en assurer, mais… C'est un homme triste et seul, Harry. Il avait peur que s'il laissait Black te rechercher, il perdrait son mari et le seul amour qu'il n'ait jamais eu. En outre, il avait aussi peur des ennemis de Black. Il ne voulait que l'amour de sa vie risque sa vie encore une fois. Te cacher Black, à toi et au reste du monde, n'est pas ce qu'il a fait de plus intelligent, mais ça partait d'une bonne intention.

- C'est un égoïste ! s'exclama Harry.

- Et bien, tôt ou tard, ton parrain serait parti à ta recherche. Mon oncle a dit que Black avait eut l'air plutôt agité ces derniers temps. Sois positif, Harry. Maintenant, tu as ton parrain vivant près de toi. C'est un rêve qui devient réalité ! Profite de l'instant ! Et remercie mon oncle pour ça. Black ne serait pas là s'il n'était pas allé le chercher.

- Et ça me fait encore plus chier ! Penser que je dois tout ça à Rogue… C'est rageant !

- Tu veux bien cesser de te comporter comme un gamin ?

- J'ai le droit d'être en colère, déclara Harry.

- Tu as tous les droits du monde. Mais quel bien en retireras-tu ? Je pense que mon oncle aura assez de problèmes en s'expliquant avec ton parrain…

Harry sourit d'un air mauvais.

- Et bien, ça lui apprendra.

Déchiré entre sa loyauté envers Severus et son amour pour Harry, Draco décida de garder le silence. Il étreignit Harry plus étroitement et soupira de contentement. Son bonheur lui gonflait la poitrine et l'étourdissait tellement qu'il pensa qu'il allait se mettre à flotter dans les airs.

Harry m'aime ! Qui se soucie du reste ?

Harry ne s'était pas senti aussi bien depuis un long moment. C'était comme si sa conversation avec Draco l'avait libéré. Et même s'il y avait encore beaucoup d'inquiétudes, avoir Draco dans ses bras apaisait son esprit et lui donnait le courage d'affronter à ce qui allait arriver. Qui aurait pu penser que Draco serait cette sorte de personne pour Harry ? Il était absolument stupéfait. Draco Malfoy était son autre moitié.

- Je n'arrive pas à croire que tu es amoureux de moi, dit Harry pour lui-même.

Draco le dévisagea.

- Je n'arrive pas à croire que, toi, tu sois amoureux de moi.

- J'ai dit que je n'en étais pas sûr.

- Oh, c'est vachement drôle, ricana Draco. Et c'est trop tard pour le retirer ! Tu m'aimes parce que je le dis.

- Continue de dire des bêtises comme ça et je vais définitivement cesser de t'aimer.

Draco lui tira la langue et Harry sourit. Draco regarda autour de lui et soupira.

- Mon oncle va être vraiment furieux, Harry. Tu as saccagé sa chambre d'amis…

Harry haussa les épaules.

- Comme si j'en avais quelque chose à foutre. En outre, je crois que mes dommages sont minimes comparés aux tiens. Ton salon était dans un état pire que celui-ci et j'ai été capable de le remettre en ordre en un instant.

- Même pas vrai ! Regarde ça ! Cet endroit est plus grand que mon salon. Ça va prendre un bon moment pour le ranger. Tu as vraiment pété un câble…

- Au moins je ne t'ai pas attaqué comme tu l'as fait avec moi !

- Bien sûr que non ! Tu ne m'as pas laissé entrer quand tu piquais ta crise. Et penser que moi, je t'ai laissé entrer… de plus d'une façon, se moqua Draco.

Harry gloussa.

- Je t'ai laissé entrer. Tu es ici, non ? Et j'envisage… de te laisser entrer… plus tard… si tu veux.

Harry rougit légèrement puis se pencha vers lui pour l'embrasser doucement sur la joue. Ce fut au tour de Draco de rougir.

- C'est pour quoi, ça ? demanda Draco, amusé.

- Un cadeau de remerciement pour m'avoir supporté jusque-là.

Draco fut profondément touché par ce geste simple et pourtant si important. Pourtant, il décida d'en plaisanter.

- Tu appelles ça un cadeau ? Je veux la marchandise au complet, Harry, pas un simple échantillonnage.

- Tu auras tout, plus tard, le provoqua Harry.

- Très bien. Bon…

Draco détesta les ramener sur terre mais il le fit.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Tu veux parler à ton parrain une nouvelle fois ?

Harry soupira lourdement et s'assit sur le lit.

- Je ne sais pas. Je suis encore blessé. Je ne peux pas croire qu'il est ici. Il est ici ! C'est un tel choc. Je… J'ai souhaité un millier de fois que ce jour fatidique au Ministère ne soit juste qu'un énorme mensonge… J'ai souhaité tellement de fois le revoir… J'avais l'habitude de rêver que Dumbledore et les autres m'avaient menti juste pour épargner mes sentiments… Bien, Dumbledore l'a fait d'une certaine façon… Il omit le fait qu'il y avait une chance minuscule de sauver Sirius.

- Il n'en était pas sûr, Harry. Il voulait simplement te protéger.

- Je sais.

Harry déglutit difficilement.

- Je crois que c'est le plus gros problème de ma vie. Tout le monde essaie toujours de me protéger. Ils auraient dû me laisser tranquille…

Il regarda Draco, les yeux embués.

- Je ne peux pas croire qu'il est là. Je veux lui mettre un coup de poing mais en même temps, je veux le prendre dans mes bras. Qu'est-ce que je dois faire ?

La question de Harry prit Draco par surprise, principalement parce qu'il n'avait jamais imaginé qu'il entendrait Harry lui demander conseil à lui.

- Je pense… commença Draco, sans vraiment savoir que dire. Et bien… je suppose que tu devrais redescendre et lui donner une chaleureuse accolade pour toutes ces années où il t'a manqué. Je pense aussi que c'est bon si tu lui mets ton poing sur la figure d'abord. Mais n'oublie pas de pleurer tout ton soul. Tu as besoin d'une bonne crise de larmes. Je te promets que je ne me moquerai pas de toi.

Harry prit la main de Draco et la caressa. Ses yeux étaient emplis de gratitude et d'amour quand il dit :

- Merci.

Draco l'enlaça et l'amena plus près. Il avait aussi besoin de pleurer mais il ferma étroitement ses yeux. Ce n'était pas encore le moment. Il inspira profondément, en espérant que Harry ne changerait pas d'avis quant à son amour pour lui.

Harry ferma les yeux et laissa ses émotions l'envahir. Une fois, Hermione lui avait dit qu'un sorcier était capable de sentir si l'amour était véritable. Il pouvait le sentir maintenant. L'amour de Draco éloignait ses craintes et adoucissait son cœur. Harry ne s'était jamais senti si terrifié de sa vie. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas ouvert son cœur à quelqu'un pour le laisser entrer.

Ils étaient si absorbés l'un par l'autre qu'ils ne remarquèrent pas tout de suite que le sol tremblait comme si un petit séisme avait lieu. Ils se dévisagèrent perplexes puis écarquillèrent les yeux.

- Oh, merde ! Tu sais ce que ça signifie ? demanda Draco avec inquiétude.

- Je t'en prie, ne me dis pas que c'est eux…, dit Harry en parlant de Sirius et Severus.

- J'en ai bien peur… On doit s'en mêler ?

Une soudaine explosion lui répondit. En une seconde, ils se ruèrent dans l'escalier pour empêcher Sirius et Severus de détruire la maison et eux-mêmes.

A suivre…

Merci d'avoir lu jusque-là. Alors, si ça vous a plu, laissez un petit mot et si ça ne vous a pas plu, dites-le aussi ! LOL

Bisous.

Falyla