Ellie Jones-Moro

Ca ne devait être qu'une simple fouille préventive sur Djoulllianard 67, un exercice de routine. Elle avait accepté la mission, histoire de se changer les idées, et de voir d'autres paysages. Mais par un concours de circonstances absurdes, cela avait viré au grand n'importe quoi. D'abord, il y avait eu ces os retrouvés dans la carrière. Puis ce type bizarre, que les sentinelles avaient surpris en train de fouiner près du site. À peine l'avait-on mis en quarantaine, le temps de prévenir les autorités, que les restes du Vélocitréptisodor s'étaient miraculeusement réanimés, provoquant une véritable pagaille dans le camp. Il y aurait sans doute eu plus de dégâts si elle n'avait pas eu l'intuition de libérer l'autre intrus pour lui demander son aide.

Ca n'avait pas été facile, franchement bizarre par moment. Et elle n'était pas certaine d'avoir tout compris, mais le fait est qu'il les avait tous sortis de ce mauvais pas. Avec son aide, évidemment, même s'il ne semblait pas enclin à le reconnaître. Cependant, il avait consenti à lui montrer comment il était parvenu jusqu'au camp de fouille.

Elle avait d'abord cru qu'il se moquait encore d'elle lorsqu'il l'avait planté devant cette boite bleue un peu étrange. Mais une fois à l'intérieur, elle tomba des nues.

– Que diriez-vous d'un petit voyage ? proposa-t-il soudain. Une exploratrice telle que vous a sans doute rêvé de visiter l'antique planète Terre aux temps antérieurs à la Grande Migration…

– Quoi ! Parce que ce truc voyage dans le temps ?

– Et comment qu'il le peut ! répliqua-t-il comme si c'était d'une évidence simplissime.

– Sur Terre, au XXIème siècle. C'est possible d'y aller, avec votre…votre euh…vaisseau.

Temps A Relativité Dimensionnelle Inter Spatial. Ou si vous préférez : Tardis. Et oui, c'est possible. Bien qu'on ne me l'ait pas souvent demandé…

– Et à Cardiff, au Pays de Galles. Il vous serait possible de vous y rendre.

– Simplicité enfantine. J'y vais pour faire le plein. Mais qu'est-ce que vous trouvez de si attrayant à cet endroit ?

– Histoire de famille. Ce serait trop long à expliquer. Alors, on le fait ce voyage ou pas ?

– Mais certainement, dit-il en sautant sur ses pieds, avant de s'interrompre en plein élan et de se tourner vers elle avec un regard suspicieux. Avant cela, j'aimerais vous poser quelques questions.

– Pourquoi ? répliqua-t-elle scandalisée. C'est vous qui me l'avez proposé, je vous le rappelle.

– Simple contrôle d'usage. J'ai eu tellement d'ennuis par le passé que maintenant je préfère prendre mes précautions. Etes-vous allergiques à une quelconque forme d'aliment ?

– Non.

– De gaz ?

– Non.

– De religion ?

– Non.

– Auriez-vous une maladie très rare qui nécessite la surveillance d'un spécialiste ?

– Non.

– La prise de médicaments ?

– Non.

– Etes-vous accro à une substance quelconque, naturelle ou synthétique, que ce soit des psychotropes ou des aliments, en passant par la semence de Djiwlu, le sport ou une sexualité débridée… ?

– Euh… Pas…à ma…connaissance.

– Bien, très bien. Un ou une petite-amie encombrante ? Une mère hystérique ? Un père possessif ? Un frère ou une sœur qui porte la guigne ? Un animal domestique ?…

– On a rompu y a deux semaines. Elle est morte. Ils sont en cavale. Il et elle vivent sur une autre planète. Et je n'ai même pas de temps à consacrer à un poisson rouge.

– Bien ! C'est très bien ! Merveilleux ! Je sens que nous allons bien nous entendre… euh… Excusez-moi, quel est votre nom ?

– Ellie. Ellie Jones-Moro. Et vous ?

– Le Docteur.

– Docteur qui ?

– Appelez-moi seulement Docteur…


Voilà, c'était le dernier chapitre de cette fic. J'espère que cela vous aura plu. Merci de m'avoir lu.