Disclaimer: Undertale appartient à Toby Fox , Ink appartient à Comyet, Error à loverofpiggies et Encre/Fallacy sont à Rouge

Pairings: FallacyxEncre

Genres: Beaucoup. Vraiment Beaucoup.


La Proie du Vampire: Morsure


Encre regarda la petite coupe si vide à ses pieds. Il rajusta le manteau troué autour de lui. Il rassembla ses affaires (papiers, peintures, fusain). Il n'avait pas eu de demandes aujourd'hui.

Même avec sa nature, ses origines squelette, il était glacé. Sa peau très blanche (comme la couleur des os) semblait l'être encore plus à cause du froid. Un peu de vapeur sortit de sa bouche. Il souffla dans ses mains.

Il cligna des yeux. Et regarda rapidement autour de lui. La rue était vide, la nuit commençait à tomber mais les nuages et une brume de froid rendait l'atmosphère lugubre. Comme si une longue nuit tombait sur la région. Comme si le jour ne parvenait pas à poindre. Cela rendait cette période froide de l'année plus dangereuse.

Et puis peu, il n'était plus vraiment tranquille. Un sentiment qui le prenait régulièrement, comme une mauvaise impression. Rêvait-il ou sentait-il un regard sur lui? Et cela...il le pensait chaque jour depuis un mois.

Depuis une nuit où il avait croisé quelqu'un dans la rue. Une personne dans un manteau, qu'il n'avait pas pu distinguer. Sous le choc il était presque tombé et avait lâché ses affaires. Une main étrangement froide lui avait saisi le poignet. Il avait cru voir un regard inquisiteur puis plus rien. L'autre l'avait lâché et était partit, sans un mot. Encre avait rapidement ramassé ses affaires, une drôle de sensation autour son bras. Et depuis il sentait comme un regard sur lui, presque chaque fois qu'il était dehors la nuit.

Il ne sortit plus aussi souvent la nuit désormais.

Sauf si il n'avait pas d'autre choix.

Peut-être était-il juste paranoïaque?

Il ne pouvait être la cible d'un voleur après tout: Il n'avait que des vêtements élimés, usés jusqu'à la corde. Et qui commençaient à être trop petits. Il passait ses journées recroquevillé, grelottant, en espérant gagner quelques pièces. Même un pervers ne serait pas intéressé tant il semblait faible et maigre (même si sa finesse était due à sa nature).

Il vivait dans un taudis, au loyer bien trop élevé pour ce qu'il gagnait en tout chaque semaine, somme qui lui permettait à peine de se nourrir. Il n'avait aucun espoir que ça s'arrange avec l'hiver qui arrivait. Il finissait avec des doses misérables. Durant le reste de l'année, cela ne posait pas trop de problèmes, il pouvait cueillir des fruits ou des champignons, et cultiver quelques légumes dans des pots. Mais durant l'époque la plus froide de l'année, que pouvait-il faire? Il devait économiser pour acheter de quoi se nourrir. Du pain ne suffisait pas, évidement. Il avait bien fait quelques bocaux, ou légumes salés mais combien de temps cela durerait?

Mais il ne devait pas être défaitiste. Ni perdre espoir. Il devait croire que quelque chose de bien pouvait se produire. Quelqu'un pouvait toujours lui demander un portrait. Ou une caricature. Ou juste une commande. Et il aurait alors assez d'argent pour acheter de la nourriture pour une semaine. Voir une couverture. Et du papier. Assez pour vivre et assez pour continuer à exercer son art, afin de gagner sa vie encore dans les mois à venir.

Il ramassa ses affaires, les rangeant maladroitement malgré ses os glacées. Et il se leva lentement pour se diriger vers les quartiers mal-famés, le lieu où il vivait depuis des mois, seul et démuni. Solitaire dans une demeure froide et vide. Il ne parlait presque plus, excepté pour dire «s'il vous plaît», «merci» et pour proposer de l'art aux passants. S'entendre parler lui paraissait presque étrange...et ça commençait à lui faire peur.

C'était ça sa vie désormais? Vivre seul, sans chaleur, sans parole et se sentir presque étrange quand il faisait entendre sa voix? N'avoir personne? N'avoir que son art? Juste du matériel de peinture, et du papier? Juste quelques livres et une couverture? Ne jamais manger à sa faim?

Alors qu'il tournait au coin d'une rue, il entendit des voix. Reconnaissant l'une d'elle, il s'immobilisa pour écouter la conversation entre cette personne et un inconnu. De quoi parlaient-ils? Vu leurs tons de voix, le sujet était quelque chose de très grave, visiblement. Il serra ses affaires contre lui, le dos collé au mur, concentré sur les paroles, sur les deux individus.

Il sentait curiosité et inquiétude.

Il se sentait menacé des dangers qui frappaient dans la forêt ou la rue.

Car il n'avait pas grand chose pour se protéger.

L'une des personne était un humain (ou un boss monster?) de grande taille, enveloppé dans une cape bleue, la capuche rabattue sur sa tête . Ses bottes semblaient être un mélange de cuir et de bronze. Il avait des gants noirs et une épée à la ceinture. «Ca a recommencé? La nuit dernière?

Un monstre aux allures de chien se gratta l'oreille gauche de sa main droite «Oui!Ce foutu vampire a encore frappé. On a retrouvé, la semaine dernière, un humain inconscient dans une clairière, près d'un feu éteint! A peine vivant. Une grosse perte de sang et avec le froid, il était presque mort.

- Ces attaques sont régulières...non? D'après ce que j'ai lu. D'après les commentaires que j'ai entendu de certaines personnes.

- Oui depuis de nombreuses années. Généralement les victimes sont retrouvées à l'entrée du village, à l'abri du vent. Certains sont retrouvés sur les marches de la bâtisse du guérisseur.» Un silence, léger et épais, comme une douloureuse tension «Et plus souvent, ce sont des monstres. Comme si la personne s'attaquaient aux humains pour boire leur sang quand elle ne trouvait pas un monstre à qui prendre de la magie.»

Encre tressaillit. La seconde voix -celle qu'il connaissait- était une personne vivant dans cette ville, qu'il voyait presque chaque jour, un de ceux gérant la sécurité, un des gardes les plus efficace depuis des années. Son nom était Dogamy. Il était marié et père d'une portée de 7 enfants joyeux qui cavalaient dans les ruelles chaque jour. Certains d'entre eux lui donnaient des bonbons, la plus jeune lui avait donné sa première tentative de moufles tricotés en s'excusant «de leur bizarrerie»

Encore le vampire?

Décidément...

L'autre personne n'était pas du coin. Le peintre connaissait presque tout de monde, au moins de vue, depuis le temps qu'il vivait ici (des années et des années, bien plus qu'une vie d'homme. Car il était un monstre, malgré ses airs un peu humain). C'était probablement un chasseur, comme il en passait parfois. Des personnes venant régler les problèmes de monstres ou de créatures magiques menaçant vies ou paix dans certains secteurs.

Il n'étaient pas le premier à venir ici cependant, tous ce cassaient les dents sur le mystère «du vampire de la ville» et repartaient bredouilles.

Ce serait encore une fois la même chose.

Comme d'habitude.

Le même schéma.

La même méthode.

La même fin à chaque fois: l'échec du chasseur.

Ce vampire était trop intelligent pour se faire avoir. Beaucoup trop ou il serait déjà mort, sans aucun doute.

Épiant les deux personnes, il vit un bras indéniablement humain. Le chasseur n'était pas un monstre. Ce n'était pas nouveau et ça ne changerait rien. Personne dans la ville n'espérait quoique ce soit maintenant. «On sait à quoi il ressemble?» Demanda l'homme, d'un ton plein de curiosité. «Vu que le nombre de victimes est plus élevé chez les monstres, ça en est probablement un. Qui se rabat sur le sang humain quand il n'a rien d'autre. Mais personne ne l'a jamais vu?

- Non, pas vraiment.» le monstre aux allures de chien, se grattant encore l'oreille de sa patte couverte de fourrure blanche. «On sait juste qu'il n'a jamais tué personne. On retrouve toujours les victimes épuisées. C'est rare qu'elle soient même en danger de mort. Comme si il prenait des précautions pour ne pas franchir une ligne» Il hésita «Certains humains semblaient plus à bout de forces, je suppose que c'est le manque d'habitude de boire du sang à la place de boire de la magie. Il a du mal à doser. Mais il semble qu'il fasse attention à ne blesser personne de façon trop importante.»

Encre s'immobilisa, inquiet. Il se sentait concerné. Il était une victime facile, vivant pratiquement dans les rues et sa maison n'était pas le bastion le plus protégé de la petite ville. Même si il n'avait pas d'argent, même si physiquement il était faible (trop pour être intéressant...).

Il était souvent dehors.

Sa maison n'était pas protégée.

Il était une cible idéale.

Même si il doutait de pouvoir nourrir assez un vampire.

Celui-ci choisirait certainement une proue plus appétissante.

Dogamy reprenait «Non, on ne sait pas à quoi il ressemble. Il se déplace toujours la nuit et vient rarement en ville puisqu'on n'a jamais eu d'attaques dans les rues, ou les maisons, pendant la nuit.» Une pause, et l'homme reprit «..Les attaques ont toutes lieux dans la forêt. Donc évidement si il vient en ville, on ne sait pas que c'est un vampire...nous avons beaucoup de monstres ici...et pas mal de voyageurs sont de passages chaque jour. C'est une voie très fréquentée qui traverse notre ville.

- Donc vous n'avez aucune idée de sa nature?

- On pense juste que c'est un monstre, vu qu'il attaque des monstres pour pomper leur magie vitale. Et qu'il ne se rabat sur le sang humain que si il ne trouve pas de magie. Mais son aspect? Malheureusement on l'ignore. Et personne s'est assez suicidaire pour chercher dans la forêt, qui est pleine de créatures magiques, de brigands des deux genres, ou de monstres un peu rebelles.»

Encre s'éloigna, le cœur battant. Une image s'imposait dans sa mémoire. Comme marquée au fer rouge dans ses pensées, dans son passé. Quand il était jeune, cherchant désespérément à trouver quelques chose à manger, à trouver de l'argent en échange de quelques dessins.

Et un soir, il avait croisé quelqu'un.


Une rue pleine de brouillard. La nuit. Le froid. Lui-même seul et affamé, sachant que sa maison (son taudis?) serait aussi vide que son estomac.

Comme si souvent depuis des mois.

Il sombrait dans un sommeil lourd et se réveillait, nauséeux et faible, si faible. Il n'avait même pas de larmes pour pleurer, de force pour prier.

Personne ne s'était jamais soucié de lui.

Parfois des gens s'arrêtaient. Parfois il jetait une pièce dans sa petite boîte en bois, pièce qu'il s'empressait de cacher dans ses poches intérieures, les dissimulant pour éviter un vol. Parfois certains lui acheter des œuvres, et il cachait encore l'argent, n'achetant que ce dont il avait besoin, cachant le reste chez lui, sous une latte détachée.

Ses vêtements trop grands flottaient autour de lui, ses petits doigts tremblant sur le papier blanc qu'il tenait.

Sa propre voix d'enfant «Monsieur, je peux vous dessiner?»

Une grande silhouette, enveloppée dans une cape, cachant tout son corps sauf sa tête. Il était noirs et il avait des marques bleues et rouges sur le visage. Il crut voir une mèche sombre s'échapper du capuchon. L'être baissa ses yeux colorés, marqués, vers lui, «Pourquoi?» Sa voix était douce, mais distante. «N'as-tu pas plus envie d'aller te mettre au chaud, plutôt que rester dans ce brouillard froid?

- Parce que vous semblez être très intéressant.» Il souriait, innocent, voulant juste exercer sa passion. Et il ne voulait pas dire qu'il n'avait personne, que sa maison n'avait de 'maison' que le nom, n'étant qu'un abri contre la pluie et le vent, rien de lui. «S'il vous plaît? Je serais rapide!»

L'autre avait eu un léger rire «Si tu veux petit! Mais je n'ai pas beaucoup de temps! Je suis pressé.»

Et il se souvenait des pièces tombant dans sa petite main en échange du rouleau contenant son œuvre. Des pièces plus lourdes, plus brillantes: de l'or. Et il avait pu manger pendant des jours et s'habiller plus chaudement.

Mais même cet argent avait fondu après quelques temps.

Il n'avait jamais revu cette personne.

Et ça faisait des années.


Pourquoi ce souvenir lui revenait tout d'un coup? Ce souvenir ancré en lui comme une image gravée au fer rouge. Ces yeux d'une couleur inhabituelle, une dent blanche pointue qui dépassait de son petit sourire. Cette impression de puissance autour de lui, ces dessins qui entouraient ses yeux.

Est-ce qu'il s'agissait du vampire? Celui que tout le monde cherchait? Il avait beau réfléchir, il n'arrivait pas à se souvenir de son visage. Juste de ces quelques détails: Ces yeux, ces marques autour d'eux, son sourire et cette dent. Sa main qui serrait la cape autour de lui.

«Je ne sais pas si c'était le vampire mais il ne m'a rien fait.» Il resserra sa prise sur sa besace usagée, usée jusqu'à la corde. «Ou peut-être qu'il n'était pas le vampire? Mais si il l'était, il ne m'a pas attaqué non?»

Peut-être que j'étais trop jeune? Pas assez de magie? Ou peut-être qu'il avait mangé? Ou peut-être qu'il n'avait pas envie de m'attaquer? Je n'étais probablement pas assez intéressant: trop petit, trop malingre. Je n'aurais pas été un assez bon repas...

Il secoua la tête, regardant le sol qui d'ici peu se colorerait de givre«Je ne saurais jamais je suppose. Probablement que je n'étais pas assez puissant pour l'intéresser, que mon âge n'était pas assez développé...»

Ce qui voulait dire que ce vampire tâchait véritablement de ne pas tuer. Ou qu'il n'avait pas faim, tout simplement? Il ne savait pas et ne saurait certainement jamais.

A quoi bon? Pas comme si il allait le revoir...

«Je devrais rentrer avant de mourir de froid, la neige va recommencer à tomber sous peu.» chuchota-t-il, regardant le ciel sombre. Il vivait depuis deux ans (il avait du changer souvent de taudis pour un autre, n'ayant jamais beaucoup d'argent) dans une vieille petite maison qui n'avait même pas un étage, juste un rez-de chaussé. Trois pièces: un salon-cuisine, une chambre et une petite salle d'eau (si on pouvait l'appeler comme ça). Quelques vêtements, éliminés et troués, usés jusqu'à la corde étaient rangés dans une boite. Certains avaient des traces de coutures pour avoir été travaillés, encore et encore, pour être ajusté ou élargit.

Il souffrait bien trop souvent de la faim.

Si il était un humain, il serait sûrement mort de faim depuis des mois. Ou de maladie liées au froid et au manque de nourriture. Même si il ressemblait à un humain, il n'en était pas un. Il avait des origines de monstre squelette...

Ici et là sur sur son corps, il avait des plaques blanches. Sa joue était marquée d'une sorte de dessin en forme de tâche. Ses cheveux étaient en bataille, majoritairement blanc avec des mèches colorées, ici et là.

Mais même pour un monstre, il ne mangeait pas assez, ou trop peu. Il se sentait trop souvent faible quand il se réveillait mais il ne pouvait dormir trop longtemps, malheureusement. Il avait versé assez de larmes. C'était inutile. C'était stupide. Pleurer ne le sauverait pas. Personne n'aiderait quelqu'un comme lui.

Faible.

Miséreux.

Qui errait dans les rues comme une âme en peine.

Sans argent, avec ses vêtements rapiécés.


Cette ville était pleine de misères dans les bas-quartiers; ces zones remplies de chagrin et de douleur, cachées aux yeux de la populace fortunée. Encre n'était pas comme les autres mendiants puisqu'il tentait de travailler. Gagner son argent de façon honnête, exerçant son art. Mais ça ne suffisait pas. Parfois il était réduit à des travaux peu reluisant. Il se refusait à la dernière extrémité. Il refusait de se vendre lui-même.

«Le vent souffle fort ce soir» Murmura-t-il, s'affalant sur son matelas, épuisé, s'enveloppant dans sa vieille couverture. «Je ne vais pas ressortir chercher à manger. Je vais me contenter du peu qu'il reste».

Et demain il devrait aller chercher des produits pour peindre dans les bois. Sauf que la variété de fleurs dont il avait besoin ne poussait que dans les bois et ne fleurissait qu'à la pleine lune, en hiver, dans un sol couvert de neige. Et il devait en cueillir, encore et encore, assez pour une année. Car il ne pouvait sortir trop souvent. Heureusement le mélange ne demandait pas beaucoup de pétales, et pouvait durer un moment. Donc il en avait généralement assez.

«La pleine lune sera demain.» Il allait se reposer cette nuit et la nuit prochaine, il irait chercher ses ingrédients. Même si ça devait lui prendre la nuit entière. Il savait que les bois n'étaient pas sûrs, surtout en hiver, avec tous les monstres et les bandits dans ces lieux glacés et sombres. Mais il n'avait pas le choix. Il n'avait personne pour l'aider à survivre, personne pour le soutenir, pour lui apporter affection, chaleur, tendresse...pour mettre fin à sa douloureuse et froide solitude.

Il avait vécu déjà si longtemps. Trop longtemps.

Beaucoup trop de temps aux yeux d'humains, comme si le temps n'avait aucune prise sur lui, glissant sur lui comme du sable entre les doigts.

Certaines personnes se méfiaient de lui, reliquat de craintes venus des légendes, venus de l'époque des conflit entre humains et monstres. Encre n'était pas assez vieux pour avoir vu ces petites guerres qui avaient secoué le monde mais il en avait entendu parler si souvent, ces souvenirs gravés dans la mémoire collective, comme une marque au fer rouge.


Le froid était pire. Chaque jour d'hiver, la température devenait pire. Il faisait plus froid, plus glacial. Parfois le climat empirait brutalement en 24 heures. Devenant de froid à bien pire. Mordant. La neige entourant son corps comme un linceul de glace. Quand il était arrivé à sa destination, elle avait cessé de tomber. Tout était blanc, les arbres (exceptés les conifères) étaient nus, leurs branches nues dressées dans obscurité, comme si des acteurs de contes terrifiants. Mais Encre était adulte.

Cela ne lui faisait plus peur. Cela lui donnait plutôt des idées de dessins.

Il en avait d'ailleurs toute une collection.

Il s'agenouilla dans le tapis froid, y creusant des trous d'une main gantée, cueillant les fleurs de l'autre main, les posant dans un panier (une de ses rares possessions à être en un relatif bon étant).

Le silence était angoissant, peu importait à quel point il était habitué. La lueur de la lune donnait une atmosphère lugubre à ces bois. Il avait apprit à ce pas craindre ces lieux mais il n'avait pas le choix.

Comment vivre?

Comment survivre?

Il faisait de son mieux. Les étés il travaillait jusqu'à très tard. Préparait des toiles à l'avance, et les vendait, parfois à prix avantageux.

Le printemps, il créait des fleurs dans différentes matières, fabriquant de petites œuvres, et les vendait. L'automne il utilisait les couleurs adaptées et faisait des paysages colorés.

Et l'hiver, il luttait pour survivre, tâchant de faire de son mieux. Parfois il aidait à repeindre portes, fenêtres et barrières contre un maigre salaire.

Et il profitait des saisons pour rassembler des ingrédients. Acheter de la peinture était bien trop onéreux, autant la fabriquer lui-même en rassemblant ce qu'il fallait.


Mais cette nuit, sa vie allait changer. Cela commença quand un bruissement parvint à ses oreilles alors que tout était silencieux. Cela ressemblait à un battement d'aile.

Il se sentit observé. Quand il était seul. Il n'avait même pas vu d'animaux ou d'oiseaux en passant dans les chemins.

Il regarda autour de lui. Il ne vit personne. Sa magie crépita légèrement.

Un craquement. Une branche qui se cassait dans la neige, sous le poids de quelque chose. Animal? Humain? Montre? Ou juste le froid? Ses pupilles de deux couleurs différentes regardèrent dans la direction. Mais rien. Il ne vit personne, une nouvelle fois. Il s'inquiétait pour rien.

Son âme trembla. Elle était fragile, mais avait tenue toutes ces années. Mais une attaque brutale pourrait..et il n'était pas un combattant, il était épuisé et affamé en plus. Il ne pouvait pas gagner un affrontement avec quelqu'un en pleine forme. Une attaque surprise pourrait facilement le mettre à terre, sans qu'il puisse se débattre efficacement. Qui l'attaquerait? Il n'avait rien d'intéressant qui pourrait être voler.

Et si c'était le vampire?

Il attaque dans les bois non?

Mais il ne tue pas hein?

«Qui est là?» demanda-t-il, la voix tremblante. Il s'était légèrement redressé, prêt à s'enfuir aussi vite que possible, aussi loin que possible «Répondez!»

Évidement seul le silence planait entre les arbres. Lourd et angoissant. Aucun bruit d'animaux, aucun cri de hibou ou de chouette. Même le vent était tombé.

Magnifique.

Vraiment, tu crois que celui qui t'observe va répondre à cette question monsieur génie?

Vraiment Encre, tu n'as aucune notion du danger.

Il pensa qu'il ne devait pas rester là. Attrapant son panier plein il se remit debout, l'âme serrée par l'angoisse. Une peur irraisonnée.

Un bruit. Bref et soudain. Brutal.

Un craquement. La neige crissant sous le poids de quelqu'un.

Derrière lui. Quelqu'un était derrière lui. Il sentait son souffle sur sa nuque. Trop près. Il ne réfléchit par et frappa de son panier derrière lui. L'objet en osier cogna contre quelque chose.

Un glapissement de douleur lui parvint. Il s'enfuit sans oser regarder par dessus son épaule. Il avait lâché sa précieuse récolte et courut de toutes ses forces, jusqu'à la ville, jusqu'à chez lui.


S'était-il enfoncé aussi loin dans les bois?

Avait-il raté un croisement?


Il ne s'arrêta pas. Craignant de se faire attaquer si il stoppait. Après tout, il ne l'avait pas senti arrivé la première fois non? Il se cacha derrière un grand arbre, l'âme tremblante de peur. Il tendit l'oreille mais aucun bruit ne lui parvint. Juste le silence. Il regarda autour de lui, mais ne vit rien. Il faisait sombre, une sorte de brume tombait sur la forêt enneigée.

«Il m'a perdu de vu?» chuchota-t-il, les yeux plissés. «Non. Il ne peut pas, j'ai du laisser des traces dans la neige...»

Il m'a forcement suivit.

Même si le brouillard doit le perturber un peu.

Un crissement lui parvint et il leva les yeux. Une chauve-souris était perchée sur une branche, se nettoyant le coude. Non. Pourquoi y en avait-il une dans cet arbre là, en particulier. Soudain il se souvint des histoires que l'on racontait sur les vampires.

Ils se changeaient en chauve-souris.

Ils...

L'animal glapit fortement. Écartant les ailes pour s'envoler. Tournant autour du tronc et émettant des sons aigus. Encre sentit une peur terrible l'envahir et s'arracha à l'arbre pour s'élancer dans une direction précise, sans savoir où il allait.

Un poids lui tomba alors dessus, brutalement.

Il réussit à rouler sur le côté mais les ongles de son agresseur s'enfonça dans sa chair, le projetant contre un arbre. Sonné, l'artiste n'eut pas le temps de bouger que des mains se plaquèrent de chaque côtés de sa tête.

«Je t'ai attrapé petite souris»

Cette voix venait comme d'un souvenir lointain. Une silhouette dans le brouillard, enveloppée dans une cape marron, capuche rabattue sur le crâne.

C'était lui?

Si oui il ne semblait pas le reconnaître.

Ou alors ce n'était qu'une ressemblance hasardeuse.

Et ce n'était pas lui qu'il avait croisé des années auparavant?

Il était grand, son corps était d'une couleur sombre, des marques bleues entouraient ses yeux. Son regard était jaune, rouge et bleu. Ses sourcils étaient cramoisis. Ses crocs dépassaient de sa lèvres supérieures. Ses cheveux semblaient ébouriffés. Comme une volute de fumée brumeuse sur son crâne. Ou comme une flamme sombre. Il avait une cravate blanche et une cape noire avec l'intérieur rouge.

«Tu sens drôlement bon.»

Sa voix était basse mais incroyablement douce, mais aussi comme venue d'outre-tombe. Son souffle était étrangement chaud. Ses yeux étaient incroyablement hypnotiques. Une de ses mains attrapa l'épaule à sa portée tandis que l'autre s'emparait du poignet de son captif.

«Vraiment très bon...»

Encre réussit à dire, d'une voix tremblante «Vous êtes le vampire qui terrorise la région?»

L'autre gloussa, une lueur joueuse brilla dans son regard. «Ce sont mes dents qui t'ont mise sur la voie?» Il sourit, ses crocs semblant briller dans la lueur de la lune. «Cela fait un bon moment que je vis ici...Probablement plus de temps que toi tu existes.»

L'artiste eut un frisson de peur, la poigne de son geôlier était forte et ferme. Les mots l'atteignaient comme une brise à la fois brûlante et glaciale. Probablement.

«Mais passons au plus important: Ta délicieuse odeur»

Il se pencha, humant le creux de son cou. Encre sentit son âme qui eut un sursaut, mais il ne pouvait pas bouger, solidement retenu.

Il sentit un sourire contre son cou. Une sensation de picotement. Ses dents frôlèrent sa peau trop blanche une fois, deux fois. Puis ses lèvres se déplacèrent vers la nuque, sa langue caressa une petite «plaque» osseuse à même la peau. L'artiste eut un gémissement involontaire.

La main qui tenait l'épaule descendit, glissant le long du dos, l'attirant contre le corps du vampire. Il eut un dernier mouvement de révolte, mais ses forces semblaient comme annihilées.

Il entendit un gloussement.

«Stop.»

Il le sentit sourire contre sa nuque. Les dents frôlèrent celle-ci une nouvelle fois. Le vampire huma son odeur une nouvelle fois et soudain, il mordit, ses crocs s'enfonçant dans son cou.

Un cri échappa à l'artiste qui ne put que se tendre, incapable de se débattre, immobilisé par le bras qui l'entourait fermement. Il sentait sa magie et son sang mêlés qui s'échappaient de son corps pour couler dans la bouche de son agresseur. Une brune tomba sur ses yeux. Il perdait peu à peu ses sens. Il se sentait faible, si faible. Terriblement faible et mou. Comme si ses forces avaient disparues totalement et qu'il allait s'évanouir d'un moment à l'autre.

Quand le vampire le relâcha, il ne tenait debout que par l'étreinte de son geôlier.

«Délicieux»

L'autre se lécha les lèvres, comme s'il venait de faire le meilleur des repas.

«Absolument merveilleux. Tu as le plus goutteux des sangs»

Il se pencha pour lui souffler à l'oreille. «Je suis Fallacy.» Sa voix était comme une berceuse hypnotique. Encre avait de plus en plus de mal à rester éveillé. Il se sentait si faible.

«Et à partir de maintenant...tu m'appartiens.»

Et tout devint noir.