The Rise and Fall

Les blas-blas de Xérès : 700 reviews, les namis ! Merci de tout cœur pour votre soutien au fil des mois, c'est tellement motivant ! Merci également à tous ceux qui lisent mais ne reviewent pas, parce que vous êtes tout de même là sur mes stats et toujours plus nombreux alors merci à vous aussi ! J'espère que ce chapitre (majeur) va vous plaire !

Bien, alors âmes sensibles s'abstenir, la Grande Bataille est sur le point de commencer. Pour vous donner une idée de l'ambiance dans laquelle j'ai écrit : je me suis écouté en boucle la musique de Titanic. Pas la musique des moments romantiques entre Rose et Jack, non non non. La partie où le bateau coule. Histoire de vous donner une idée de ce que vont vivre nos amis les sorciers. Le chapitre a été assez intéressant à écrire dans le sens où j'ai essayé de décrire un peu tous les aspects de la bataille. Mais aussi très éprouvant car très long et très sombre du début à la fin. Enfin, j'ai hâte de savoir ce que vous en pensez, depuis le temps qu'on l'attend cette bataille … Et si jamais vous ressentez une folle envie de me tuer à la fin de votre lecture, prenez le temps de lire la petite note de fin. Si si, j'insiste.

Merci à tous mes nouveaux followers (Tinkiwi, gallimahie, OhxmyDray), ainsi qu'à Ellexa, , Audrey917000, Nedwige Stew, Piitchoun, norablack, Eliane Gil, Lune-Bleue22, BabarKiller, Goutte-de-Mer, Elena Grape, Erza Robin, Petitestef, Nadra, faerycyn, Serdra, Manon L., Passion Fugace, Loufoca-Granger, Noumiex3, Wizzy09, Zaphir, PetitMilou et les anonymes pour leurs reviews et à tous ceux qui m'ont laissé un message sur Facebook !

RAR :

Ellexa : Ah bah bravo ! On lit des fics en classe ! (Bon, je dis rien, moi je les écrivais en classe dans mon jeune temps XD). Je suis contente que ce chapitre t'ait plu, en tous cas. Mais tu devrais le savoir que je mets des trucs qui font rire par moments, c'est dangereux de lire ça en cours ! lol Bisous et merci !

Norablack : Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite continuera de te plaire !

Nadra : aaah c'est trop bien que tu commences une fic ! J'ai hâte de voir ce que ça donne ! En tous cas, si t'as besoin d'une bêta-readeuse, je suis dispo ! ) Bisous et merci pour ta review.

Manon L. : Bravo tu as officiellement remporté le titre de la review la plus longue du monde ! Félicitations ! Blague à part, merci pour cette super review ! Pas dans ce chapitre mais dans le suivant, tu vas vite voir que les motivations de Théo et son petit plan se mettent en place depuis déjà longtemps et que ses magouilles cachent une machination encore plus grande ! Je ne vais malheureusement pas pouvoir te prêter Draco comme tu me l'as demandé, tout simplement parce que ce Draco Malfoy-là est à moi rien qu'à moi. Na ! J'ai bien tripé avec Luna dans le chap.35, j'ai voulu garder au maximum son caractère « à l'ouest » même quand elle est face à Dolohov. En ce qui concerne la situation d'Hermione face à Théo, la fin de ce chapitre parle d'elle-même donc pour ça, il faut que tu ailles lire… Et pour répondre à ta question, oui les accouchements peuvent durer très longtemps ou pas du tout. J'ai des amies qui ont accouché en 20 min et d'autres qui sont restées jusqu'à 30 heures en salle de travail à pas pouvoir ni boire ni manger à cause de la péridurale… Génial, quoi. Non la réplique sur le hamster cocaïné est venue naturellement. Ça vient d'un délire que j'ai eu en regardant le film « 99 francs » avec Dujardin où ils donnent de la coke à un pauvre hamster et le machin finit par courir à toutes vitesses dans sa roue comme un taré XD Pour les mues, j'étais en train d'écrire ce passage dans le souterrain quand j'ai réalisé : « Mince, j'ai oublié les balais, comment ils vont faire pour sortir ? » Alors j'ai pris mon encyclopédie des sortilèges et j'ai cherché ce que je pouvais faire avec les moyens du bord. Et j'ai réalisé qu'un sort pouvait faire voler n'importe quoi. Alors je me suis dit que la mue du Basilic serait un super tapis volant ! X) En tous cas, pas de souci, si tu veux que je te relise, j'en serai ravie ! Tu m'envoies un message privé via facebook ou sur FFnet et je te donnerai mon mail ) Bisous et encore merci pour cette review géniale.

Wizzy09 : tu t'es trompée en lisant la date ! Le 7 septembre c'est le jour où j'ai créé la fic, mais depuis j'ai posté toutes les semaines sans exception ! (généralement le lundi midi !) Donc pas d'inquiétude, la suite arrive maintenant ! Merci pour ta review ! :)

Zaphir : Merci beaucoup, j'espère que la suite te plaira !

Chapitre 36 : C'est elle.

Lorsque Bellatrix (postée près des remparts du château) vit le groupe de sorciers, Potter en tête, émerger des sous-bois et faire son chemin jusqu'aux portes, son premier réflexe fut de plisser les yeux, pour tenter de discerner des têtes blondes. Il y avait du brun, bien entendu, un nombre incroyable de roux (comme on pouvait s'y attendre), une jeune fille aux longs cheveux blond vénitien mais pas un seul peroxydé ni rien qui ressemble de près ou de loin à un Malfoy. Narcissa ne semblait pas être présente non plus et Bellatrix soupira intérieurement de soulagement. C'était déjà ça.

« Voilà Potter », gronda le loup-garou Fenrir Greyback, avant d'émettre un son répugnant et animal, à la limite du léchage de babines. « Je vais prévenir le Maître. »

Fais donc ça…, pensa Bellatrix sans quitter les membres de l'Ordre des yeux. Quelque chose la turlupinait, cependant.

« On aurait pu croire qu'ils seraient plus nombreux, ces idiots », railla Mulciber posté près d'elle, et Bellatrix fronça les sourcils. Cet imbécile venait de mettre le doigt dessus. C'était exactement ce qu'elle ressentait en voyant le groupe approcher.

Il manque les deux mouflets. Il manque Granger et le plus jeune des rouquins. Où sont-ils, par Merlin…, pensa Bellatrix en serrant ses doigts autour de sa baguette.

« Mulciber, prends quelques hommes avec toi et assure-toi que tous les gamins soient réunis dans la Cour intérieure. Pas d'exception. Et renforcez la sécurité, faites des rondes près des entrées, je veux un type à chaque porte, est-ce que c'est clair ? », grommela-t-elle, les yeux rivés sur Potter, qui s'était à présent arrêté à distance respectable des remparts, face à la grande porte.

« Eh oh, poupée, tu vas y aller doucement avec les ordres, je ne suis pas ton ch- », commença Mulciber d'un ton bourru.

« OBEIS, TRIPLE CON ! », s'égosilla Bellatrix en se tournant vers lui, baguette brandie. Mulciber détala à toute vitesse et Bellatrix grogna de dépit. Etait-elle décidément la seule recrue efficace dans tout ce foutu château ?

Tandis que Mulciber donnait à son tour des ordres depuis la cour pour y faire réunir l'ensemble des élèves et des professeurs, ainsi que pour organiser la surveillance des lieux, Greyback entrait dans la Grande Salle et s'avançait d'un air satisfait jusqu'à la Grande Table. Voldemort y était assis et en face de lui se tenait Rodolphus Lestrange. Les deux hommes semblaient en grande conversation, ce qui fit légèrement hésiter Fenrir.

« Un problème, Greyback ? », demanda Rodolphus en remarquant sa présence. L'homme plongea ses iris d'acier dans ceux du loup et ce-dernier eut la désagréable impression d'être analysé en bonne et due forme. Voldemort pencha la tête sur le côté et lui jeta un regard interrogateur et hautain à la fois. Sur le sol, Nagini siffla et serpenta entre les pieds de son maître.

« Potter est devant les portes, Maître », répondit-il en s'adressant directement au Seigneur des Ténèbres.

Les lèvres de serpent de Voldemort s'étirèrent pour former un sourire peu engageant. « La fête peut enfin commencer… », siffla-t-il tandis que Rodolphus semblait apprécier la plaisanterie et éclatait d'un rire glacial. « Mon cher Fenrir, veuillez aller chercher les otages. Il est temps de récompenser Mr. Potter en procédant à l'échange. » Le sourire de Voldemort s'agrandit. « Oh, j'oubliais. Dès que Potter aura vu qu'ils vont bien… tuez-les. »

Greyback lui jeta un regard surpris. « Je croyais qu'on devait justement les rendre sains et saufs. »

« C'est exactement ce qu'on va faire », rétorqua Voldemort en se levant. « Je n'ai simplement pas mentionné combien de temps ils resteraient en vie après ça. L'exemple, mon cher Fenrir, l'exemple… »

Greyback allait partir en direction de l'infirmerie lorsque Rodolphus le retint. « Laisse, j'y vais. J'ai comme une envie d'aller titiller la gamine une toute, toute dernière fois… », chantonna Rodolphus en sortant avec lui de la Grande Salle.

Fenrir le regarda grimper les escaliers presque en sautillant et secoua la tête. D'accord, lui-même n'était pas un enfant de chœur, mais ce type-là battait tous les records.

Rodolphus remonta les étages, les couloirs, croisant au passage des élèves apeurés qui descendaient dans la cour, escortés par d'autres Mangemorts, ainsi que des professeurs qui lui jetèrent un regard peu amène. Peu importait. Il leur ferait payer sitôt que Potter sucerait les pissenlits par la racine.

Arrivé aux abords de l'infirmerie, il remarqua que personne n'était posté devant l'entrée, comme cela avait été demandé. Il remarqua également que la porte était entrouverte et jura dans sa barbe. « Non, mais c'est pas vrai… Jugson ! Dolohov ! », aboya-t-il en poussant le battant. Il entra et sentit ses ongles s'enfoncer dans ses paumes alors qu'il serrait les poings de toutes ses forces. « BORDEL ! », jura-t-il tout haut, cette fois. Non seulement les deux Mangemorts avaient abandonné leur poste, mais les gosses étaient également aux abonnés absents. Un bruit étouffé lui parvint sur sa gauche et il tourna la tête, fouillant les environs de son regard furieux.

« Pomfresh ? C'est vous ? », appela-t-il, les dents serrées. Si c'était bien elle, cette salope d'infirmière entendrait parler du pays. C'était sûrement elle qui avait libéré les gamins.

« Hhhhmmpf », lui répondit-on.

Le son provenait d'un placard et Rodolphus s'en approcha lentement, baguette tendue devant ses yeux. « Jugson ? », tenta-t-il une nouvelle fois.

La porte du placard s'ébranla et Rodolphus se figea. D'un mouvement vif du poignet, il ouvrit grand le panneau de bois et un corps saucissonné et bâillonné tomba juste devant ses pieds. Dolohov, les cheveux et la nuque poisseux de sang, se tortillait sur le sol comme un misérable ver de vase. Rodolphus baissa lentement sa baguette et le considéra un moment en secouant la tête, mortifié.

« On aura tout vu », maugréa-t-il avant de murmurer un sort. En une seconde, les liens qui retenaient Dolohov captif se dissipèrent, ainsi que son bâillon, et le Mangemort se mit sur pieds en titubant. « Où sont les gosses ? », aboya Rodolphus tandis que Dolohov portait une main à son crâne en grimaçant.

« J'en sais rien, putain », geignit-il en regardant tout autour de lui, ce qui était franchement inutile. « La petite dingue, tu sais, celle qui s'accroche toujours des trucs en forme de fruits aux oreilles… elle est venue en pleine nuit soi-disant pour une migraine et … on m'a attaqué par derrière … » Joignant le geste à la parole, il baissa sa main pour y observer le sang qui suintait encore de l'arrière de son crâne. « J'ai rien vu venir, putain… »

Rodolphus lui jeta un regard méprisant. « Il y a autre chose que tu ne verras pas venir, crois-moi : l'Avada Kedavra qui va réduire ta misérable carcasse à néant lorsque le Maître apprendra que tu as paumé les gosses. »

Les yeux de Dolohov s'agrandirent et il céda littéralement à la panique en réalisant ce fait. « Mais … mais … ils n'ont pas pu aller bien loin. Et Jugson, il est où, hein ? Il était censé être de garde à la porte… »

« Pas trouvé », répondit laconiquement Rodolphus en tournant les talons. « Allez, ramène ton cul. »

Ils sortirent de l'infirmerie et croisèrent Mulciber qui donnait encore et toujours des ordres à un groupe de Mangemorts près d'un escalier.

« Mulciber ! », aboya Lestrange en approchant. L'interpellé se retourna. « Tu n'as pas vu Jugson, par hasard ? »

« Non, pourquoi ? », fit l'autre en haussant les sourcils.

Pourquoi…, pensa Rodolphus avec un grognement de dépit. On est tous sur le pied de guerre et lui, il trouve encore le temps de poser des questions stupides.

Lestrange ne prit pas la peine de lui répondre et redescendit l'escalier vers le grand hall, Dolohov sur les talons. Greyback n'avait pas bougé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu et Rodolphus s'approcha de lui.

« Allez, le clebs, utilise ton flair de fin limier pour nous retrouver les otages », cracha Rodolphus tandis que Greyback le fusillait du regard. Il détestait s'entendre appeler chien ou tout ce qui avait de près ou de loin rapport avec un chien. « L'autre con derrière les a laissés s'échapper », acheva Rodolphus en désignant Dolohov du pouce. Ce-dernier n'était d'ailleurs plus que l'ombre de lui-même à l'idée que Voldemort apprenne qu'il avait « égaré » les deux otages.

Greyback disparut dans les couloirs et Rodolphus s'arrêta un instant pour réfléchir, sa main droite frottant nerveusement sa joue mal rasée. Puis une voix s'éleva dans son dos et à voir la tête de Dolohov se décomposer littéralement, il sut que Voldemort était sorti de la Grande Salle.

« Alors ? », fit le Maître en approchant, Nagini sur les talons. Derrière Rodolphus, Dolohov s'était mis à trembler comme une feuille. « Je ne vois pas les enfants. Où sont-ils ? », reprit Voldemort d'une voix glaciale.

Rodolphus jeta un bref regard en direction de Dolohov. « Il semblerait que quelqu'un les ait fait sortir en douce, cette nuit. Ils ont assommé Antonin et l'ont enfermé dans un placard. »

Voldemort pinça les lèvres, et tout en toisant durement Dolohov qui se ratatinait progressivement sur lui-même, il s'avança vers lui.

« Je-je… suis désolé, Maître… », balbutia Dolohov d'une voix plaintive. « Je n'ai … rien vu… je… je vous le jure… ils … ils m'ont piégé. »

Voldemort resta un instant sans rien dire puis hocha lentement la tête et soupira. Enfin, il donna une petite tape sur les épaules de Dolohov, tandis que Nagini s'approchait doucement du Mangemort et agitait sa langue bifide près de ses mollets tremblants. « Allons, allons, mon ami… ce n'est pas si grave, n'est-ce pas ? Potter est ici, c'est le principal. »

Dolohov fit des yeux ronds et se redressa légèrement. « Pas si gr-… euh non, si vous le dites, Maître. Je vous demande pardon, Maître. »

Derrière Voldemort, Rodolphus fronça les sourcils. Il s'était plutôt attendu à ce que le Maître éventre littéralement Dolohov d'un simple claquement de doigt, mais il n'en était rien. L'autre semblait quelque peu rassuré mais Rodolphus, lui, trouvait que ce comportement était encore plus effrayant qu'une simple punition sanglante.

Toujours sur les remparts, Bellatrix continuait de réfléchir et d'observer le petit groupe. Lorsque les pas précipités de Mulciber retentirent derrière elle, elle se retint de lever les yeux au ciel.

« Il en manque ! », siffla celui-ci en se postant près d'elle, tout en jetant des regards apeurés autour de lui.

« Pardon ? », gronda Bellatrix en le fusillant du regard. « Qu'est-ce qui manque ? »

« Des élèves. Toutes maisons confondues… », ajouta-t-il d'une voix à peine audible.

« Quoi ? », s'étrangla Bellatrix. « Combien ? »

Mulciber tordit légèrement ses doigts boudinés et grimaça. « V-… vingt-et-un. »

Bellatrix le saisit par le col et le secoua comme un prunier. « Il manque vingt-et-un moutards et tu viens me dire ça à moi ? »

« Je-je-je… », bégaya Mulciber en tentant de se dégager de l'emprise de Bellatrix.

« Tu-tu-tu rien du tout », gronda-t-elle en le repoussant violemment. « Va prévenir le Maître. »

Mulciber gémit comme un condamné à qui on demanderait d'allumer lui-même la chaise électrique. Mais un nouveau regard furibond de Bellatrix suffit à le faire déguerpir en quatrième vitesse. Mulciber dévala donc à nouveau escaliers et remparts, traversa la cour remplie d'élèves et de professeurs, puis pénétra dans le Grand Hall, où Voldemort se trouvait, flanqué de Rodolphus et de Dolohov, qui ne semblait pas franchement dans une forme que l'on pouvait qualifier d'olympique.

« Maître ! Maître ! », s'écria Mulciber en trottinant jusqu'à lui.

Voldemort lui jeta un regard tellement froid que Mulciber se figea sur place et baissa aussitôt d'un ou deux tons. « Maître », répéta-t-il, presque dans un chuchotement. « Nous avons rassemblé les élèves et les enseignants dans la cour intérieure et-»

« Qui a donné cet ordre ? », l'interrompit Voldemort.

« B-b-bellatrix ? », couina Mulciber en haussant les sourcils.

Contre toute attente, Voldemort esquissa un rictus satisfait. « Enfin quelqu'un doté d'un minimum de bon sens. Continue. »

Mulciber grimaça derechef. « Et bien, on a compté et il en manque vingt-et-un, Maître. »

« COMBIEN ? », aboya Voldemort, si fort que même Rodolphus se surprit à sursauter. Quant à Mulciber, il se liquéfiait presque sur place.

Voldemort pinça les lèvres et se passa une main sur le visage en prenant une grande inspiration. Comme il restait là, une main sur les yeux, immobile, les trois autres commencèrent à se demander ce qu'il faisait. Puis après quelques secondes qui semblèrent interminables, Voldemort releva la tête et darda ses prunelles rouge sang sur Dolohov, qui tressaillit.

« Mon ami, tu vas venir avec moi dehors », reprit Voldemort d'une voix étrangement calme et posée. « Puisque tu as égaré nos otages, il est normal que ce soit toi qui ailles l'annoncer à Mr. Potter et à ses amis. Tu ne crois pas ? »

Dolohov lui jeta un regard interrogateur. Ne sachant pas quoi répondre à la question, dans le doute, il hocha précipitamment la tête. Voldemort lui fit signe de se diriger vers la sortie et, après une hésitation, Dolohov le précéda et ouvrit la marche jusqu'aux remparts. Bellatrix descendit de son perchoir et les rejoignit sur la terre ferme, ses bottines claquant distinctement sur la pierre à chacun de ses pas.

« Il paraît que tu as donné l'ordre de rassembler tout le monde dans la cour et de faire l'appel ? », demanda Voldemort en la regardant approcher. Elle s'arrêta à moins d'un mètre de lui et acquiesça.

« Ainsi que de renforcer la sécurité du château, Maître », répondit-elle.

« Et c'était avant ou après avoir appris que tout une bande de gamins, y compris nos deux otages, avaient disparu dans la nature ? », reprit Voldemort en la sondant du regard. Bellatrix encaissa le choc : elle ne savait pas que le petit Londubat et la rouquine s'étaient également évaporés.

« Avant, Maître », fit Bellatrix, sans se laisser démonter. « J'ai senti que quelque chose n'allait pas lorsque j'ai remarqué que les amis de Potter, là-dehors, n'étaient pas au complet. »

Voldemort hocha brièvement la tête et sa main grise et froide vint tapoter doucement la joue de Bellatrix. « Heureusement que tu es là, ma chère Bella. Sans toi, je serais coincé avec cette bande d'incapables et j'aurais perdu la guerre dix fois. »

Bellatrix se fendit d'un sourire lorsqu'il retira sa main, sourire qui s'agrandit en voyant le regard noir que lui lançait son mari. Va te faire voir, Rodolphus, pensa-t-elle en tournant vers lui une expression triomphante.

Voldemort s'était quant à lui avancé en direction des immenses grilles. A quelques mètres au-delà, il distinguait nettement Potter et sa clique, baguettes à la main et aussi immobiles que des statues. Leurs visages étaient fermés et exprimaient un profond dépit, l'abattement, la démission. Voldemort sourit. Les photos et l'article de la Gazette avaient fait leur petit effet et Potter n'était plus bon à rien. Levant sa baguette bien haut vers le ciel, il murmura un sortilège et les portes en fer forgé s'ouvrirent avec un grincement sinistre. Serrant les dents, Voldemort observa un instant le visage au teint terreux de Séverus Rogue, celui qu'il avait pris pour l'un de ses plus fidèles partisans pendant près de deux décennies. Le gamin des Nott était là, lui aussi, comme Voldemort l'avait expressément demandé dans son article de la Gazette. Parfait. Il ferait payer à ce petit présomptueux ses envies d'ambition et sa trahison plus tard.

« Potter ! », le salua Voldemort en s'inclinant bien bas, écartant les bras dans une révérence transpirant la raillerie. « Je vous remercie d'avoir répondu à mon humble invitation. Très aimable à vous. »

En face, personne ne bougea. Potter et les autres le regardaient toujours, immobiles, baguettes brandies, muets comme des carpes.

« Je vois… », murmura Voldemort, d'un air pincé. « Vous attendez certainement que l'on donne signe de vie de vos deux amis avant d'entrer. C'est tout à fait compréhensible… Dolohov, mon ami, voulez-vous bien leur expliquer ? »

Dolohov jeta un regard hésitant en direction de Potter et de l'Ordre, puis un autre en direction de Voldemort. Il s'avança d'un pas hésitant. « Je … je… Nous avons égaré les otages, Mr. Potter. Mais rendez-vous sans résister et lorsqu'on les retrouvera, il ne leur sera fait aucun mal ! », clama Dolohov tandis que Voldemort levait les yeux au ciel et secouait la tête.

« Merci Antonin, vous pouvez disposer… », fit Voldemort d'une voix guillerette. Dolohov se retourna vers lui mais eut à peine le temps de faire un pas que Voldemort le soulevait dans les airs d'un coup de baguette. Dolohov décolla du sol en hurlant à pleins poumons, mais son cri fut brutalement interrompu lorsque Voldemort le projeta en haut des grilles, l'empalant sans l'ombre d'un remords sur l'une des longues pointes en fer forgé qui dominaient la structure. « Incapable… », maugréa Voldemort en reportant son attention sur le groupe, tandis que le corps de Dolohov s'affaissait doucement.

Il fronça les sourcils. Ni l'annonce de la disparition des otages, ni la mort brutale et peu appétissante de Dolohov n'avaient occasionné la moindre réaction sur les visages de Potter et de ses partisans. Pas un seul n'avait d'ailleurs bougé, ni frémi, ni…

Voldemort brandit sa baguette dans leur direction et hurla « Avada Kedavra ! ». L'éclair de lumière verte zébra l'air et frappa Harry de plein fouet. En toute logique, Potter aurait alors dû tomber raide mort, ses amis auraient dû riposter, pleurer, hurler, mais rien de tout cela n'arriva. Au lieu de ça, Potter et tout son groupe semblèrent se désintégrer en minuscules particules et disparurent dans la brise matinale. L'expression de Voldemort se décomposa. Un leurre. Une illusion. Ce n'étaient pas Potter ni l'Ordre qui s'étaient tenus en face de lui, mais de vulgaires reflets, des marionnettes. Des exclamations de surprise s'élevèrent tout autour de lui, tandis que Voldemort tentait rapidement de faire le point. Il se retourna lentement vers ses Mangemorts, puis esquissa un grand cercle à l'aide de sa baguette. « FINITE INCANTATEM ! », beugla-t-il, sa voix puissante faisant écho dans toute la cour.

C'est alors qu'il les vit. Voldemort ayant rompu tout sortilège, les membres de l'Ordre du Phoenix redevenaient maintenant visibles un à un, postés dans chaque recoin de la cour et de son cloître, baguettes prêtes à servir et toutes pointées sur les Mangemorts ou sur lui-même. Et Voldemort comprit. Les croyant tous sagement rassemblés derrière les grilles, il avait ouvert la porte pour fanfaronner. Il leur avait ouvert la porte. Et pendant qu'il faisait son petit discours face à leurs doubles, ces traîtres à leur sang avaient pénétré en toute impunité, manifestement rendus totalement invisibles par un puissant sortilège de Désillusion. Suffisamment puissant pour le flouer lui, le Seigneur des Ténèbres. Mais qui avait donc bien pu jeter un tel sort ? Ce morveux de Potter ? Certainement pas !

Voldemort se secoua pour sortir de sa stupeur. Juste avant que le tout premier sort de cette bataille ne soit jeté par ceux d'en face, Voldemort croisa le regard sidéré de Bellatrix. Merde…

« INCARCEREM ! », beugla une voix de femme derrière une colonne de pierre. Des cordes enserrèrent aussitôt Mulciber et le firent tomber à terre. Puis ce fut le chaos.

Les sortilèges fusèrent de tous les côtés et Voldemort eut tout juste le temps de hurler un « Protego » pour parer un sortilège de Conjonctivite destiné à l'aveugler. Bellatrix plongea aussitôt derrière un banc de pierre et celui-ci explosa, projetant une gerbe de poussière et de gravats grisâtres. Elle répliqua par un Doloris lancé complètement au hasard, mais qui passa tout de même à quelques centimètres de la tête d'Arthur Weasley, tapi derrière une statue.

Voldemort chercha aussitôt Nagini des yeux. Le serpent se dressait sur son abdomen, la gueule grande ouverte et plusieurs sortilèges le frappèrent. Mais en sa qualité de Horcruxe, l'animal n'en fit pas grand cas et c'est à peine s'il remarqua quoi que ce soit. Voldemort siffla au serpent de rester près de lui, puis se mit en quête de Potter, tout en continuant de parer les divers sortilèges lancés dans sa direction.

Dans la cour intérieure, quelques élèves et les professeurs reclus profitèrent du chaos et du fait que les Mangemorts se ruent tous dans la cour principale, pour venir au secours de l'Ordre. C'est ainsi que Minerva McGonagall neutralisa d'un seul sortilège d'immobilisation un Mangemort qui lui tournait le dos. L'homme se figea et tomba sur le sol, tandis que la Directrice de Gryffondor lui donnait un discret coup de pied dans le ventre tout en parant un Incendio jeté par Augustus Rookwood. Une volée de sixième et septième années s'engouffrait également dans la cour principale, jetant des sortilèges à qui mieux mieux, telle une nuée de moineaux enragés.

D'un coup de baguette rageur, Voldemort envoya un Avada Kedavra dans le dos du Professeur Flitwick, trop occupé à balader un Mangemort (Rosier) dans les airs pour surveiller ses arrières. Le minuscule professeur tomba face contre terre et sa baguette roula sur la pierre. Rosier retomba également sur le sol avec un « oufff » étranglé mais se releva aussitôt pour reprendre part à la bataille.

Où es-tu, Potter…, pensa Voldemort en jetant encore un autre Avada en direction de McGonagall. Heureusement, celle-ci plongea juste à temps derrière un pilier, échappant de peu à la mort.

C'est alors qu'il le vit. Campé bien droit sur ses deux jambes, ses yeux verts rivés sur lui, Potter l'attendait patiemment. Ils se firent face pendant quelques secondes, ni l'un ni l'autre n'osant bouger le premier. Puis soudain, comme un seul homme, ils brandirent leurs baguettes l'une vers l'autre. Deux éclairs, l'un vert, l'autre rouge, en sortirent et se heurtèrent à mi-chemin, créant une explosion assourdissante. Le temps que la lumière aveuglante générée par la collision se dissipe, Potter avait de nouveau disparu.

~o~

« Vous entendez ça ? », demanda Hannah en collant son oreille contre la porte de la salle sur demande. Des cris et des détonations étouffés retentissaient dans les couloirs du château.

Hermione hocha la tête. « Ça a commencé, il faut y aller. Neville, tu es prêt ? »

Le jeune garçon hocha la tête frénétiquement. Gorgé de potion revigorante, il se sentait capable d'étouffer un éléphant à mains nues. Il scinda l'air à l'aide de l'épée de Gryffondor (sur la lame de laquelle ils avaient répandu le venin de Basilic), manquant d'éborgner Padma Patil qui recula vivement la tête. « J'ai jamais été aussi prêt de toute ma vie », assura-t-il, avec un débit de parole qui frôlait la vitesse du son.

Hermione haussa les sourcils et pinça les lèvres. « Si tu le dis… »

La Gryffondor poussa précautionneusement la porte et vérifia que le couloir était libre. Tout le monde était vraisemblablement à la bataille. Elle fit donc signe aux autres de sortir à sa suite.

« Je passe devant », souffla Draco en la dépassant mais son père abattit une main ferme sur son épaule et le tira en arrière.

« Tu restes là, toi », gronda Malfoy tandis que son fils le fusillait du regard. « Si quelqu'un nous attaque, je préfère encore que ça soit Miss Granger qui prenne. »

« Lâche-le, Lucius ! », siffla Narcissa avec colère, tandis qu'une vingtaine de paires d'yeux furibonds se tournaient vers lui, celles d'Hermione et de Ron incluses. Lucius lâcha aussitôt son fils, qui rajusta sa veste noire d'un coup d'épaule dédaigneux et se détourna.

La petite troupe descendit les escaliers au pas de course, pour rejoindre un étage après l'autre, jusqu'au rez-de-chaussée. Hermione et Ron coururent jusqu'à un pan de mur à l'abri des regards et se tordirent le cou pour évaluer la situation. La cour principale était plongée dans le chaos. Elèves plus âgés, membres de l'Ordre, professeurs et Mangemorts guerroyaient dans un feu d'artifice d'éclairs multicolores, ponctué par de régulières détonations et hurlements de rage ou de douleur. Plusieurs corps se trouvaient déjà à terre, inertes ou simplement trop blessés pour se relever. Hermione distingua notamment le corps minuscule et caractéristique du professeur Flitwick, mais également de deux élèves de dernière année de Serpentard. Qui savait dans quel camp ces deux-là avaient combattu… Un Mangemort était également à terre et lorsqu'Hermione leva les yeux, elle poussa un petit cri. Un autre pendait, accroché par l'abdomen à l'une des grandes piques en fer forgé qui bardaient la grille du château. Son sang imbibait ses vêtements, dégoulinant le long des grilles, et commençait à former une petite flaque sur le sol gris, quelques mètres plus bas. Ron leva les yeux à son tour et déglutit.

« On peut dire que ça met de suite dans l'ambiance », souffla-t-il tandis qu'Hermione détournait les yeux et se retournait. Un peu plus loin, elle vit Draco et Blaise, ainsi que le reste du groupe, tapis dans l'ombre et attendant son signal. Voyant son expression bouleversée, Draco fronça les sourcils et s'élança à sa rencontre. Un seul coup d'œil en direction du champ de bataille lui suffit pour comprendre ce qui avait tant heurté Hermione. Il baissa la tête vers elle et enserra son visage entre ses mains.

« Ne t'en fais pas, tout ira bien. Ne regarde pas et reste concentrée », murmura-t-il en la regardant droit dans les yeux. Hermione hocha faiblement la tête. « L'important est de faire ce qu'on a à faire. Il y a un temps pour se battre … et un temps pour pleurer les morts, d'accord ? »

Hermione pinça les lèvres, ferma les yeux et hocha de nouveau la tête, avant de prendre une longue inspiration. Tournant la tête en direction de la cour intérieure, où se terraient les plus jeunes, protégés par quelques plus âgés pendant que les adultes et les dernières années se battaient. Par chance, personne ne semblait trouver d'intérêt à attaquer de si jeunes enfants et ce coin-là était plutôt tranquille. Terrorisé mais tranquille.

Accroupie sur le sol, Hermione retourna vers le reste du groupe. « Hannah », fit-elle en s'adressant à la Préfète-en-Chef. « Trouve un moyen de faire sortir les plus jeunes du château. Si ce n'est pas par une porte disons conventionnelle, alors débrouille-toi pour les faire tous passer par le passage secret de la Salle sur Demande. Il vous mènera directement à Pré-au-Lard. Un vieil homme appelé Abelforth sera là pour vous accueillir. »

Hannah hocha la tête et partit en direction de la cour intérieure avec Terry Boot et Justin Finch-Fletchley sur les talons. Alors qu'ils s'éloignaient discrètement, Neville en profita pour s'avancer un peu plus et avoir une vue dégagée du champ de bataille.

« Il faudrait attirer le serpent par ici, quelqu'un a une idée ? », demanda Blaise en regardant Hermione.

« Laissez tomber, c'est pas la peine », fit Neville d'une voix sombre.

Draco, Hermione, Ron et Blaise se tournèrent vers lui. « Comment ça ? », fit Ron en haussant un sourcil.

« Regardez… », reprit Neville en observant le serpent. « Il ne quitte pas Vous-Savez-Qui d'une semelle. Il a dû recevoir des ordres. Et en plus de ça, les sortilèges ne lui font rien du tout… »

« Comment on va faire, alors ? Il faut se débarrasser du Horcruxe le plus vite possible, pour qu'Harry puisse ensuite vaincre Voldemort sans risque de le voir repointer le bout de son nez dans dix ans… », rappela inutilement Ron.

Neville se redressa et resserra son poing autour du manche de l'épée. « Plan B. »

« Quoi ? Quel plan B ? On n'a jamais parlé d'un plan B ? », s'affola Hermione. Les yeux ronds, elle vit alors Neville se lever… et courir en hurlant en direction des combats, épée brandie vers le ciel.

« Oh LE CON ! », beugla Draco en le regardant se jeter dans la gueule du loup.

« Couvrez-le ! », s'égosilla Blaise en s'élançant à la suite de Neville. « Mais couvrez-le, bordel ! »

Passé le choc de voir Neville s'élancer allègrement vers la mort, Ron, Hermione et Draco se joignirent à Blaise (bientôt imités par Michael Corner, Anthony Goldstein, les frères Crivey, Ernie MacMillan, Zacharias Smith, Ginny et Luna), pour arroser de sortilèges divers tous les Mangemorts qui tenteraient de prendre Neville en chasse.

Lavande et Parvati, qui étaient restées en arrière à l'entrée du couloir, assistaient à la scène, horrifiées et impuissantes. C'est alors qu'un grondement rauque les fit se retourner. Fenrir Greyback, à moitié transformé, les pattes et la gueule ressemblant déjà plus à celles d'un loup que d'un homme, les observait avec une expression gourmande. « Bonjour, les petites filles… », gronda le loup-garou en se penchant en avant pour se mettre à quatre pattes.

Lavande poussa un hurlement de terreur, qui alerta Ron, alors que celui-ci était occupé à lancer un Impedimenta à un Serpentard de dernière année qui tentait d'arrêter Neville. Le rouquin tourna la tête et vit Lavande projetée en arrière d'un coup de patte de la bête. Hurlant comme un forcené, il abandonna Hermione et les autres pour voler au secours de son ex-petite amie.

« Homomorphus ! », hurla-t-il en direction du loup-garou. Mais ne maîtrisant pas tout à fait ce sortilège complexe, Ron ne parvint qu'à rechanger l'une de ses pattes arrière en jambe. Bien loin du résultat escompté, donc.

Greyback éclata d'un rire terrifiant et renversant la tête en arrière, poussa un long hurlement de loup affamé. Ron passa aussitôt un bras sous les aisselles de Lavande et l'aida à se relever. Mais Parvati n'était pas tirée d'affaire. Coincée entre un mur derrière elle et le loup-garou devant, la jeune Indienne semblait au bord de la crise de panique. Sa baguette tremblait dans sa main et elle paraissait ne plus se souvenir du moindre sortilège appris en ces sept années de scolarité.

« Fous-lui la paix ! », beugla Ron en brandissant de nouveau sa baguette. « Jambencoton ! Stupéfix ! Volate Ascendere ! Repulso ! »

Ron enchaînait les sortilèges mais le loup avait décidé de jouer les acrobates et évitait chacun des maléfices avec une rapidité et une agilité incroyables. Jusqu'à ce que le Repulso ne le frappe au flanc… et ne le projette par erreur en direction de Parvati.

« Parvati, cours ! », hurla Lavande d'une voix déchirante.

L'Indienne sembla soudain retrouver l'usage de ses membres et détala à toutes jambes. Pas assez vite, cependant. Greyback se redressa de tout son long et, la gueule grande ouverte, referma ses crocs sur le bras, l'épaule et la moitié de la cage thoracique de Parvati. Puis secouant la tête, il tira en arrière, arrachant avec un bruit atroce le bras et la chair alentours. Le corps de Parvati retomba sur le sol avec un bruit mat, tandis qu'une gerbe de sang tapissait le mur le plus proche. Ron ne laissa pas à Lavande le temps de hurler et la poussa hors du couloir du plus fort qu'il le put, se retrouvant seul face au lycanthrope. Se produisit alors la chose la plus étrange que Ron ait vu de toute sa vie. Une longue silhouette filiforme apparut soudain derrière Greyback. Le loup dut sentir la présence d'un ennemi dans son dos, car il se retourna aussitôt. Mais un éclair vert l'avait frappé de plein fouet avant qu'il n'ait pu comprendre ce qu'il se passait. Le corps du monstre tomba lourdement près de celui, déchiqueté, de Parvati Patil et Ron discerna alors le visage de Lucius Malfoy, qui fixait sombrement le cadavre du loup-garou. Puis Malfoy enjamba les corps et se dirigea vers Ron, qui le fixait, stupéfait.

« Je suis arrivé un peu tard, désolé », fit froidement Lucius, comme s'il s'excusait d'avoir manqué le début d'une réunion et non d'avoir laissé le temps à un loup sanguinaire de déchiqueter une pauvre adolescente. « J'étais… je m'assurais que mon fils était en sécurité… »

Ron ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais Lucius brandit sa baguette sur la gauche et marmonna un Protego, qui empêcha in extremis un Doloris de frapper Ron.

« De rien », maugréa Lucius avant de disparaître à nouveau. Alors que Ron était toujours sous le choc, Lavande courut jusqu'à Parvati et se laissa tomber à côté du cadavre de sa meilleure amie en sanglotant.

Depuis le pilier derrière lequel elle tentait sporadiquement d'atteindre Séverus Rogue de ses Doloris et autres Avada Kedavras, Bellatrix n'avait rien perdu de la scène. Ainsi donc Lucius était bien venu, avec son fils, qui se battait un peu plus loin. Et il s'était rangé du côté de Potter. Le lâche. Mais dans ce cas, où est Cissa ?

Jetant un œil hors de sa cachette, Bellatrix para plusieurs Impedimenta lancés en rafale par un élève de Serdaigle et neutralisa ce-dernier d'un Stupéfix bien placé. Puis elle se courba en deux et sans cesser de jeter des sortilèges à tous ceux qu'elle croisait, s'engouffra dans le couloir où elle avait aperçu Lucius. Mais le couloir était désormais vide, à l'exception d'une gamine de Gryffondor, qui pleurait toutes les larmes de son corps auprès des cadavres de Greyback et d'une autre fille. Bellatrix brandit sa baguette et, ignorant Lavande prostrée sur le sol, remonta le corridor à la recherche de Lucius. Le souffle court, Bellatrix se figea, tous les sens aux aguets. Mais rien ne bougeait et mis à part les bruits de la bataille qui lui parvenaient, le corridor était silencieux. Bellatrix retint un instant sa respiration, tant elle la trouvait bruyante et tendit l'oreille.

« C'est moi que tu cherches, Bella ? », fit soudain la voix de Narcissa, surgissant de nulle part.

Bellatrix fit volte-face et vit sa sœur émerger des ténèbres d'une salle de classe vide. L'aînée des sœurs Black lui adressa un regard douloureux et secoua la tête. « Qu'est-ce que tu fais ici, Narcissa ? », souffla-t-elle avec une grimace. « C'est de la folie. Si le Maître vous trouve-»

« Il était hors de question que j'abandonne Draco », souffla Narcissa en faisant un pas vers elle.

« C'était pourtant pas l'impression que tu donnais, quand tu as libéré tous les prisonniers et que tu t'es enfermée dans leurs cellules… », fit Bellatrix avec amertume.

Narcissa lui adressa un regard lourd de reproches. « J'ai eu un moment de faiblesse, ça arrive à tout le monde, non ? », dit-elle sèchement. « Oh non, j'oubliais. Bellatrix Black ne connaît pas la faiblesse. Elle surmonte tout. Le meilleur comme le pire. Surtout le pire. »

A la grande surprise de Narcissa, Bellatrix éclata d'un rire froid et secoua la tête. Puis elle regarda sa petite sœur et ses yeux se voilèrent. « Tu veux que je te dise ce que j'ai fait juste avant mon mariage, Cissy ? Pendant que toi-même tu préparais tes fiançailles avec ton beau, ton cher Lucius ? »

Narcissa fronça les sourcils. « De quoi est-ce que tu parles ? »

Bellatrix referma la distance qui les séparait et releva sa manche. Pas celle qui recouvrait sa marque des Ténèbres, mais l'autre. D'un geste rageur, elle brandit son poignet dénudé et le colla sous le regard médusé de Narcissa. Là, juste sous son nez, se distinguaient deux longues cicatrices traversant le poignet et passant sur les veines délicates et bleutées de Bellatrix. Narcissa déglutit et ses yeux s'agrandirent légèrement.

« Personne ne t'a forcée à rester avec Rodolphus, Bella », fit la voix de Lucius Malfoy dans son dos. « Tu aurais pu partir. »

Bellatrix se retourna et fusilla son beau-frère du regard. Celui-ci la dévisageait, baguette bien serrée entre ses doigts fins et pâles, sur la défensive.

« Qu'est-ce que tu as, toi ? », cracha Bellatrix avec une moue méprisante. « Tu n'as pas d'autres camarades à assassiner ou d'autres Maîtres à trahir ? »

Lucius ne répondit pas. Bellatrix tourna de nouveau la tête vers Narcissa en sentant la main fraîche de celle-ci se poser sur son avant-bras. « Tu aurais pu tenter de fuir… », dit cette dernière à mi-voix.

« Pour aller où ? Et déshonorer ma famille ? », cracha Bella en la fusillant du regard. « En passant, ça aurait aussi sacrément bouleversé tes noces. Andy partie avec son foutu Moldu, si je n'avais pas épousé le fils Lestrange, c'est sûrement dans tes pattes qu'on l'aurait collé… » Bellatrix se tourna vers Lucius et lui adressa un rictus narquois. « Désolé pour toi, beau-frère, mais les Malfoys étaient encore bien en-dessous de la lignée Lestrange à l'époque… »

Lucius se retint de lever les yeux au ciel et à la place, tourna la tête en silence.

« Il n'est pas trop tard, Bella… », souffla celle-ci d'une voix douce. « Tu pourrais partir maintenant. »

Bellatrix fronça les sourcils. « Tu te fiches de moi, j'espère ? », cracha-t-elle en retirant vivement son bras. Mais le regard inquiet de Narcissa lui indiquait qu'elle ne plaisantait pas le moins du monde. Elle est vraiment en train de me demander de quitter le Maître…

« Bella, Il va perdre. Vous allez perdre. Si tu pars maintenant, tu pourras peut-être recommencer une nouvelle vie très loin d'ici. Je t'aiderai s'il le faut… », murmura Narcissa, qui sentait la panique l'envahir alors que son aînée secouait la tête comme une démente, ses cheveux noirs et bouclés fouettant l'air autour de sa tête.

« Jamais… jamais, Cissy, tu m'entends ? Jamais je ne le trahirai. Il est tout ce que j'ai », s'écria-t-elle en reculant hors de sa portée. Lucius la suivait des yeux, attentifs au moindre de ses mouvements et prêt à riposter au moindre sursaut de baguette.

« Et donc tu vas faire quoi maintenant ? Nous dénoncer ? Lui dire que nous sommes ici ? », demanda Lucius d'un ton menaçant en la regardant reculer. « Tu sais que je ne te laisserai pas faire ça, Bellatrix. Je ne te laisserai pas mettre Narcissa en danger. »

« Lucius… », commença Narcissa, effrayée. Mais Bellatrix se planta juste sous le nez de son beau-frère et le toisa de toute sa hauteur.

« Te biles pas pour ça, Lucius », souffla-t-elle, tremblante de rage. « Te savoir coupable d'une telle traîtrise l'anéantirait. Je refuse de lui faire ça. Alors un petit conseil, si vous voulez rester en vie : tenez-vous à l'écart. S'il vous voit, il vous tuera. » Elle commença à s'éloigner dans le couloir, pour repartir vers la bataille, puis se figea. « En tous cas, en ce qui me concerne… vous êtes morts à mes yeux. » Puis sans un mot de plus, elle disparut. Narcissa plaqua silencieusement une main sur sa bouche et ferma les paupières. Au moins, elle avait essayé.

~o~

Au milieu du champ de bataille, Neville avait désormais peine à progresser malgré l'aide qu'il recevait des membres de l'Armée de Dumbledore. Un des Mangemorts avait eu l'idée lumineuse d'invoquer une armée de serpents et d'araignées géantes en guise de renforts. Armé de son épée, Neville découpait sans relâche toutes les bestioles qui se jetaient dans sa direction, plongeant, roulant, sautant, afin d'éviter leurs attaques. Alors qu'il venait de rouler sur le sol pour éviter de justesse une araignée géante sautant d'un toit voisin, Neville vit l'arachnide se dresser sur ses pattes arrière et cracher deux énormes dards noirs en direction de Colin Crivey. Le garçonnet reçut les dards en pleine gorge et tituba en arrière. Sa main se porta à son cou pour en arracher les deux pointes mais le venin avait déjà fait son œuvre et Colin s'écroula sur le sol, la peau violacée et déjà enflée autour des deux perforations laissées dans les chairs. Prenant appui sur un bras, Neville se remit sur pieds et trancha la tête de l'araignée meurtrière d'un unique coup d'épée. Putain, mais c'est quoi ces horreurs ?

C'est alors qu'un sifflement sournois lui fit tourner la tête. Nagini. Le monstrueux serpent se tenait juste à côté de lui, dressé sur son ventre, son énorme gueule bardée de crocs à quelques dizaines de centimètres de son visage. Neville se jeta en arrière et retomba à plat dos sur le sol, au moment où Nagini refermait ses crocs là où s'était tenu son crâne deux secondes plus tôt. Balayant devant lui à l'aide de son épée, Neville rampa en arrière, tout en essayant de tenir la bête à distance. Mais le serpent sembla le trouver à son goût et le prit aussitôt en chasse.

C'est ça… petit-petit… viens par là … viens voir tonton Neville…, pensa le Gryffondor, tandis qu'à quelques mètres, Hermione et Draco se liguaient contre trois Mangemorts qui tentaient de désarmer Neville de son épée. Neville roula sur le côté, juste à temps pour éviter à nouveau la gueule du serpent qui fondait sur lui et prenant appui sur un genou, se releva prestement. Nagini tourna la tête et attaqua de nouveau, mais Neville donna un coup d'épée dans le vide et le serpent recula en sifflant de colère.

Soudain, il vit Hermione regarder un point derrière lui, l'air paniqué. Puis elle brandit sa baguette dans sa direction et hurla. « BRACHIUM EMENDO ! » Le sortilège fusa tout près de l'oreille gauche de Neville et frappa son objectif juste derrière lui. Le Gryffondor sursauta un voyant un bras mou, désormais dépourvu d'os, tomber mollement sur son épaule, lâchant par la même occasion le poignard qu'il tenait à la main. Neville repoussa le Mangemort qui venait de tenter de l'assassiner si lâchement, au moment où Nagini choisissait d'attaquer de nouveau, et c'est sur le crâne du Mangemort que le serpent referma les crocs. Celui-ci hurla, juste le temps pour Nagini de réaliser son erreur et d'arracher prestement la tête du Mangemort de son tronc, pour la laisser retomber sur le sol avec un nouveau sifflement furieux. Le tout n'avait duré que cinq secondes. Mais cinq secondes qui avaient suffi à Neville pour prendre l'avantage. Abattant l'épée de Gryffondor de toutes ses forces sur la tête du serpent, Neville sentit la colonne vertébrale de celui-ci se briser avec un craquement sinistre. Mais la bête continuait de remuer. Neville abattit de nouveau l'épée, encore et encore, tranchant la chair grisâtre du serpent jusqu'à en avoir mal aux bras. Enfin, après une quinzaine de coups, Neville réalisa que Nagini ne bougeait plus. Le dernier Horcruxe venait de succomber.

Neville s'apprêtait à pousser un cri de triomphe lorsqu'un sortilège le frappa dans le dos et il se sentit projeté dans les airs sur plusieurs mètres, avant de retomber à plat ventre sur une balustrade. Le souffle coupé et une douleur lui brûlant les poumons, Neville glissa lentement sur le sol et perdit connaissance.

~o~

Hermione eut tout juste le temps de se réjouir en voyant le cadavre du serpent avant de pousser un hurlement. Neville venait de décoller du sol, projeté par un sortilège lancé dans son dos, et s'écrasait lourdement quelques mètres plus loin. Jetant un bref regard autour d'elle, elle vit que Draco et Blaise étaient aux prises avec d'autres élèves de Serpentard qui ne semblaient pas approuver leur nouveau choix de camp. Comme personne ne semblait se soucier d'elle, elle s'élança dans la direction de Neville pour s'assurer qu'il allait bien. Mais on lui barra la route. Levant les yeux, Hermione se retrouva nez à nez avec Walden MacNair. L'ancien bourreau, exécuteur des hautes-œuvres du Ministère de la Magie, celui qui était venu ici-même quelques années plus tôt pour tenter de décapiter Buck l'hypogriffe, la toisait de toute sa hauteur, un sourire carnassier déformant son immonde face. Hermione leva sa baguette mais il fut plus rapide et lui assena un violent coup de poing au visage. La jeune fille s'écroula sur le sol, mais alors qu'elle levait à nouveau le bras pour lui lancer un sortilège, une main surgit de derrière McNair et se plaqua sur l'arrière de son crâne. L'instant d'après, les yeux de McNair roulaient dans leurs orbites et le Mangemort poussa un affreux râle qui glaça le sang d'Hermione. Le bourreau s'écroula juste à côté d'elle et la Gryffondor put enfin voir à qui appartenait cette main.

Le sourire suffisant et le regard survolté de Théodore Nott lui retournèrent l'estomac. Tout en lui transpirait le plaisir qu'il ressentait certainement à se trouver au cœur de cette bataille. Au cœur du chaos. Hermione dut alors se faire violence pour ne pas vomir lorsque celui-ci se pencha en avant pour la saisir par le bras et la remettre sur pieds. Puis elle sentit les doigts du Serpentard glisser le long de son bras et s'arrêter sur sa main, qu'il porta à ses lèvres dans un simulacre de baisemain.

« De rien, Granger », lâcha-t-il d'un ton léger tandis qu'elle retirait sa main avec une expression de dégoût. Puis il s'éloigna à reculons, dardant toujours sur elle son regard de dingue jusqu'à ce qu'il n'ait plus d'autre choix que de détourner les yeux pour regarder où il allait. Hermione se ressaisit et acheva de parcourir la distance qui la séparait de Neville. Elle s'accroupit près de lui et posa aussitôt deux doigts sur son cou. Elle percevait son pouls, lent et régulier. Il est seulement dans les vapes. Soulagée, elle passa ses mains sous ses aisselles et tira tant bien que mal le jeune homme dans un coin à l'abri des sortilèges qui fusaient de tous les côtés, derrière l'entrée d'un couloir.

« Il va bien ? », fit une voix dans l'ombre. Hermione sursauta et leva aussitôt sa baguette mais ce n'était que Narcissa Malfoy, dissimulée derrière une porte voisine, qui l'observait avec une certaine inquiétude.

Hermione hocha la tête. « Je crois qu'il a juste perdu connaissance. Pouvez-vous… le surveiller un moment ? », demanda la jeune fille tandis que Narcissa hochait la tête et souriait faiblement. Hermione tournait les talons et s'éloignait d'un pas rapide lorsque la voix de Narcissa s'éleva à nouveau.

« Comment va Draco ? », demanda-t-elle, d'une voix tremblante. « Je n'ose pas regarder par moi-même. »

Hermione tourna la tête et la hocha brièvement. « Il se débrouille bien. Très bien, même », fit-elle simplement. Narcissa esquissa un rictus et se sentant au bord des larmes, congédia Hermione d'un geste précipité de la main. La Gryffondor comprit le message et ne s'offusqua pas. Elle était déjà partie lorsqu'une première larme roula sur la joue de Mrs Malfoy.

Le contraste entre le calme du couloir où se cachait Narcissa Malfoy et le chaos qui régnait dans la cour frappa Hermione de plein fouet lorsqu'elle revint sur le champ de bataille. Il lui fallait trouver Harry, lui faire comprendre que Nagini était mort et qu'il pouvait à présent débarrasser la planète de Voldemort. Mais ni Voldemort, ni Harry n'étaient visibles. Tout en fouillant les lieux du regard, Hermione se mit à courir en direction de Ginny, dont elle envoya valdinguer l'adversaire à quelques mètres d'un coup de baguette. La rouquine se releva avec une grimace et remercia Hermione d'un hochement de tête.

« Ce salopard de Rodolphus Lestrange, je ne sais pas ce qu'il a contre moi mais c'est de l'acharnement… », gronda Ginny en fusillant du regard le corps de Lestrange, qu'Hermione venait de faire décoller, puis de stupéfixer par précaution.

« Tu as vu Harry ? », demanda Hermione. Ginny allait répondre par la négative lorsqu'un mouvement attira son attention à plusieurs mètres au-dessus du sol, derrière Hermione. La rouquine ouvrit grand la bouche et Hermione remarqua que d'autres combattants s'étaient également figés pour regarder dans la même direction.

Harry courait sur le toit de l'un des bâtiments, jetant une avalanche de sortilèges en direction de Voldemort qui lévitait au-dessus de lui. A quelques mètres d'eux, également sur le toit, se trouvait Théodore Nott, dont les mains jetaient littéralement des rafales de flammes que le Seigneur des Ténèbres avait de plus en plus de mal à parer.

« Merlin… », souffla Hermione, sidérée. Elle sentit à ce moment-là une présence familière dans son dos et vit que Draco se tenait juste derrière elle, avec Blaise. Elle réprima son envie de se jeter entre les bras du blond et se contenta d'un sourire soulagé. Autour d'eux, les autres combattants reprenaient peu à peu leurs esprits, ainsi que le cours de la bataille. « Ginny, il faut prévenir Harry. Lui faire savoir qu'il peut le tuer, maintenant. »

Ginny poussa violemment Hermione en arrière tout en hurlant un Protego qui leur évita à toutes deux de finir en cendres. Leur agresseur regretta aussitôt de s'en être pris à la jeune Weasley, qui lui jeta un de ses maléfices de Chauve-Furie dont elle avait la spécialité. « Comment on fait ? », s'écria-t-elle en forçant Hermione à s'abriter derrière un pilier, avec les deux garçons. « Ce n'est pas franchement comme si on pouvait lui envoyer un hibou ! »

Hermione fronça les sourcils puis soudain son visage s'éclaira. « Non, mais en revanche on peut lui envoyer un serpent ! » Avant que Ginny et les autres n'aient pu comprendre le sens de sa phrase, Hermione pointa sa baguette sur le cadavre de Nagini, dont la tête n'était plus retenue au reste du corps que par quelques lambeaux d'écailles. A l'aide d'un sortilège de lévitation, elle envoya la tête sur le toit, aux pieds d'Harry. Le visage du Survivant se fendit d'un sourire de triomphe tandis que celui de Voldemort se décomposait littéralement. Le Seigneur des Ténèbres poussa un hurlement de rage et une gigantesque sphère d'eau tourbillonnante se matérialisa à la pointe de sa baguette, prête à fondre sur Harry.

En arrière, Nott tendit la main en direction des jambes du Survivant et hurla : « Potter, TAPE DU PIED ! ». Harry s'exécuta et tapa de toutes ses forces du pied sur les tuiles. Il se sentit propulsé à plusieurs mètres dans les airs, échappant de peu aux dizaines de mètres cubes d'eau qui venaient de s'écraser à l'endroit où il se tenait une seconde plus tôt. Quelque peu surpris par ce décollage inopiné, Harry retomba lourdement sur le toit à deux mètres derrière Nott et glissa sur la mousse qui recouvrait les vieilles pierres humides. Il eut tout juste le temps de rouler sur le côté en voyant un Avada Kedavra fondre sur lui à toute vitesse. Voldemort était passé à la vitesse supérieure.

« C'est toi, n'est-ce pas ? », grinça Voldemort en pointant sa baguette sur Théodore, qui le fixait en souriant de toutes ses dents. « C'est toi qui a lancé ce Feudeymon dans la Salle sur Demande ! C'est toi qui les as rendus invisibles aujourd'hui ! Depuis quand les morveux de ton espèce ont-ils autant de pouvoir ? »

Derrière Nott, Harry se releva et pointa sa baguette sur Voldemort, prêt à l'utiliser.

« Votre grande faiblesse, cher Maître, c'est cette manie que vous avez de sous-estimer certaines tranches de la population… », répondit poliment Nott en inclinant la tête sur le côté. « Rassurez-vous, je ne ferai pas la même erreur. »

La dernière phrase fit tiquer Voldemort, aussi bien qu'Harry, et les deux ennemis dévisagèrent un instant le jeune Serpentard avec une expression d'incompréhension totale. C'est alors qu'un sortilège lancé depuis le sol frappa le toit sous les pieds des deux adolescents et la structure de pierre explosa. De là où elle était, Hermione vit, horrifiée, Nott et Harry dégringoler le long de la façade déchiquetée, et s'écrouler sur le sol, en se recroquevillant pour se protéger des gravats. Ses yeux remontèrent la piste qu'avait suivie le sortilège et elle vit Bellatrix Lestrange, debout au milieu de la cour, la baguette encore levée vers le toit où se tenait toujours son Maître. Quelle lâche…, gronda intérieurement Hermione. Une colère noire l'envahissait et pour la première fois de sa vie, Hermione Granger eut envie de faire mal. Très mal.

« SECTUMSEMPRA », beugla-t-elle tandis que le sortilège qu'elle avait tant reproché à Harry d'avoir lancé en sixième année sortait presque inconsciemment d'entre ses lèvres. Le maléfice frappa Bellatrix de plein fouet, tandis que Draco écarquillait les yeux de surprise. Il se rappelait très bien de ce sort et ce n'était clairement pas un bon souvenir en ce qui le concernait. Bellatrix s'écroula sur le sol, plusieurs plaies se formant déjà sur son corps et déversant quelques filets de sang, de plus en plus nombreux et épais. Mais Hermione ne semblait pas en avoir fini avec elle et ignorant les avertissements de Ginny, elle s'élança en direction de Bellatrix qui tentait tant bien que mal de refermer ses plaies à coups d'Episkey et de Vulnera Sanentur lancés à la va-vite. Elle fut bientôt rejointe par Molly Weasley et Lupin, qui étaient tous deux venus à bout de leurs adversaires respectifs. C'est alors que dans un tourbillon de vapeur noire, Voldemort descendit dans la cour et d'un grand geste du bras, déclencha un souffle puissant qui balaya tous les êtres humains debouts, Mangemorts et autres, dans un rayon de quinze mètres, mettant un terme aux affrontements. Hermione fut projetée en arrière et sentit ses doigts lâcher sa baguette en heurtant le sol. Elle tâtonnait à sa recherche lorsqu'un pied nu et gris, aux ongles taillés en pointe, écrasa durement sa main et elle poussa un cri. Voldemort lui broyait les doigts et la toisait comme on regarde un cafard que l'on s'apprête à écraser d'un coup de talon. Derrière lui, Bellatrix se relevait, quasiment guérie. Et elle n'avait pas l'air ravi.

Autour d'eux, le temps semblait s'être arrêté. Il n'y avait plus de combats ni de sortilèges, ni de cris. Rodolphus Lestrange, que quelqu'un avait dû libérer de sa stupéfixion, tenait Harry en respect, tandis qu'Avery surveillait Nott, la baguette plaquée sur sa tempe. Tous les yeux étaient rivés sur Voldemort, sur Bellatrix et sur Hermione, étendue entre eux deux sur le sol.

« QUE TOUT LE MONDE BAISSE SA BAGUETTE, SINON JE LA TUE ! », beugla Bellatrix en saisissant Hermione par les cheveux pour la faire se relever. La Gryffondor poussa un léger cri de douleur et Harry fit mine de vouloir s'élancer à son secours mais Rodolphus lui donna un vicieux coup de pied dans le genou et il s'écroula de nouveau à terre. Quant à Draco, il n'était pas plus avancé, tenu en respect par un autre Mangemort, à l'instar de Blaise.

« Bien, maintenant que le calme est revenu, nous allons pouvoir finir ceci en beauté… », siffla Lord Voldemort en se tournant vers Harry, agenouillé aux pieds de Rodolphus.

Harry le fusilla du regard, sentant la terreur l'envahir petit à petit. Tout s'était tellement bien passé depuis le début, comment avaient-ils pu perdre aussi vite leur avantage ? C'était à n'y rien comprendre. Le Survivant jeta un regard désolé à Hermione, tremblante entre les mains de Bellatrix, puis à Ginny, agenouillée près de Ron, les yeux pleins de larmes. Il vit également Draco Malfoy lui adresser une expression indéfinissable, mélange d'amertume, de colère et de désespoir, mais prit soin d'éviter son regard. Pendant toutes ces années, Harry avait échappé à Voldemort et malgré une fausse modestie qui le poussait à clamer tout haut qu'il avait eu surtout beaucoup de chance, il avait développé une espèce de confiance en lui, un sentiment de supériorité. Il en était venu à penser que tout irait bien. Qu'avec l'Ordre, ils pourraient éliminer le plus grand Mage Noir de l'Histoire. Et s'il s'était leurré dès le départ ?

Voldemort brandit sa baguette d'un geste théâtral et la pointa sur Harry. « Et voici, chers amis… comment meurt le grand Harry Potter. »

« Vous d'abord. »

Surpris, Voldemort tourna la tête en direction de la voix qui venait de briser son instant de gloire. Droit comme un « i », le menton relevé et sa canne à pommeau d'argent nonchalamment coincée à son bras, Lucius Malfoy le toisait avec décontraction, adossé contre un large pilier plongé dans l'ombre du cloître. L'expression de Voldemort se décomposa et il sembla un instant figé de stupeur. Lucius tenta d'ignorer l'expression de pure déception qui passa dans le regard de son Maître et se borna à le fixer avec une apparente impassibilité. Tout se passa alors très vite. D'une simple poussée de la main gauche, Nott envoya Avery voler dans les airs, tandis que son autre main se tendait en direction de l'épée de Gryffondor abandonnée près du cadavre de Nagini, encore trempée du sang du serpent et de venin de Basilic. En moins d'une seconde, l'épée se soulevait du sol et traversait la cour à la vitesse de l'éclair pour venir se ficher jusqu'à la garde dans la poitrine de Voldemort. La pointe de l'épée ressortit de l'autre côté du corps maigre du Mage Noir, s'arrêtant à seulement trois centimètres de la gorge d'Hermione. La Gryffondor poussa un cri de surprise en sentant le sang étrangement glacé du sorcier asperger son visage, son cou, ses vêtements. Aussitôt, elle sentit Bellatrix la lâcher et hurler à pleins poumons.

Profitant de l'occasion, Harry attrapa une grosse pierre sur le sol, bondit et frappa Rodolphus au visage, avant de récupérer sa baguette que le Mangemort lui avait subtilisée. Voldemort baissa les yeux sur son torse, une expression de totale incompréhension sur ses traits. Il releva lentement la tête, tandis que le venin de Basilic se répandait dans son organisme, le brûlant horriblement et l'empêchant de faire le moindre mouvement. Ce sale mioche de Nott, ce traître, le regardait avec une expression de triomphe non dissimulée. Malheureusement pour lui, ce fut la dernière chose que Tom Elvis Jedusor vit avant que l'éclair vert d'un Avada Kedavra lancé par un Harry furieux ne l'envoie rejoindre ses ancêtres.

Et de nouveau le chaos.

A peine le cadavre de leur Maître avait-il touché le sol, que les Mangemorts restants ne pensèrent plus qu'à une seule chose. Fuir. Vite et loin. Avery fut le premier à courir vers la sortie dans l'espoir de transplaner. Mais il se heurta à un obstacle de taille : Molly et Arthur Weasley pointaient leurs baguettes sur lui et un duel acharné débuta. Hermione récupéra d'un air absent sa baguette sur le sol et s'éloigna en titubant de Bellatrix, qui semblait à des milliers de kilomètres de là. Prostrée auprès du cadavre de Voldemort, ses cheveux noirs en bataille autour de son visage, elle berçait doucement le corps du Mage Noir, tandis que ses larmes tombaient une à une sur le visage gris et reptilien figé dans une expression stupéfaite. La quasi-immobilité du couple contrastait avec l'agitation qui avait repris tout autour. Les sortilèges fusaient de nouveau de toutes parts mais Hermione ne prenait pas part au combat pour autant. Les yeux ronds, elle frotta lentement, puis de plus en plus énergiquement son visage, ses mains et ses vêtements couverts du sang de Voldemort, tandis que la vision de cette épée tranchante et dégoulinante de fluide écarlate s'arrêtant juste sous son menton restait incrustée dans sa rétine. Ignorant complètement tout ce qu'il se passait autour, elle faillit hurler de terreur lorsqu'une main saisit son coude et la fit se retourner. Mais ce n'était que Draco.

« Hermione, ça va ? », l'entendit-elle demander, mais sa voix lui semblait si lointaine…

Elle le regarda sans répondre, tout en continuant de frotter sa peau comme si elle voulait se débarrasser de la moindre goutte d'hémoglobine. Harry surgit aux côtés de Draco, accompagné de Blaise et de Nott, qui lançaient des dizaines de sortilèges pour arrêter les fuyards. Le Survivant prit le visage d'Hermione entre ses mains, comprit au regard paniqué de la jeune fille qu'elle en avait manifestement trop vu pour une seule journée, puis se tourna vers le blond.

« Malfoy, toi et tes amis faites-la sortir, ainsi que Ginny et les élèves qui restent. On n'a plus besoin de vous, ici », ordonna Harry tandis que le blond hochait la tête. « Kingsley Shacklebolt ne va pas tarder à arriver avec les renforts. Il a constitué une équipe secrète au Ministère ces derniers mois, mais ces gens ne voulaient pas prendre part au combat avant que Voldemort soit mis hors d'état de nuire, tu parles d'un courage… », cracha Harry sans cesser de scruter les environs au cas où quelqu'un chercherait à les attaquer en douce.

« Tout à l'heure, Hermione a demandé à une Pouffsouffle d'emmener les plus jeunes à Pré-au-Lard, on va vous attendre là-bas », répondit-il tandis que Harry acquiesçait et lui donnait une tape d'encouragement sur l'épaule avant de s'élancer à la poursuite d'un Mangemort qui tentait de fuir en se servant de Fleur comme bouclier humain.

Draco se retourna vers Blaise et Théo. « Les gars ! », appela-t-il pour couvrir le vacarme des duels qui faisaient rage. « Réunissez les derniers élèves, on file à Pré-au-Lard, MAINTENANT ! »

Les deux Serpentards hochèrent la tête et entreprirent de regrouper les derniers adolescents pour les faire sortir par la grande porte, en prenant soin de parer tous les sortilèges lancés ou perdus dans leur direction. Mais les Mangemorts, à l'exception de Bellatrix qui n'avait pas bougé, semblaient plus pressés de se faire la malle que d'attaquer quelques gamins sans défense. Une petite colonne d'élèves, Blaise à leur tête, se fraya donc très vite un chemin jusqu'à l'extérieur, Draco fermant la marche avec Hermione et Nott. Mais Hermione, toujours sous le choc d'être passée à deux doigts de la mort et couverte du sang du Mage Noir, marchait avec lenteur, si bien que les autres élèves et Blaise les distancèrent en quelques minutes.

« Attends, pause », fit Nott en retenant Draco par le bras. Ils étaient à présent à une assez bonne distance du château et la pauvre Hermione avait de plus en plus de mal à avancer. « Laisse-la respirer. »

Draco lui jeta un regard méfiant mais dut avouer qu'il avait raison. Serrant Hermione contre lui, il se mit à lui caresser les cheveux et à lui murmurer des paroles réconfortantes pour la calmer. Cela sembla faire son effet, car après quelques minutes, la jeune fille reprit le contrôle de sa respiration saccadée et un peu de couleurs sur les joues. « Ça va ? », lui demanda Draco en replaçant une mèche d'Hermione derrière son oreille. La jeune fille hocha la tête et prit une grande inspiration.

« Désolée, je… », elle souffla, inspira de nouveau. « Je crois que j'ai fait une espèce de crise d'angoisse, je ne sais pas ce qui m'a pris, je… »

« Ce n'est pas grave », souffla Draco en appuyant son front contre celui de la jeune fille. Nott leva les yeux au ciel et enfonça ses mains dans ses poches en poussant un soupir agacé.

Les deux amoureux échangèrent un sourire, puis un baiser. Hermione laissa échapper un petit rire nerveux. « Je n'arrive pas à croire que c'est fini… », balbutia-t-elle.

Draco lui sourit et hocha la tête. « Fini et bien fini. On ferait mieux d'y aller maintenant. »

Hermione hocha la tête et lui sourit.

« Je suis tout à fait d'accord avec toi sur ce point, Draco », fit la voix moqueuse de Nott en s'avançant vers lui. « On ferait mieux d'y aller. Mais il y a seulement un petit détail, oh trois fois rien… »

Draco fronça les sourcils et eut un mauvais pressentiment. Il fit mine de brandir sa baguette. Mais trop tard. La paume de Nott était déjà plaquée sur son front.

« Désolé, vieux, mais tu ne viens pas avec nous », furent les derniers mots que Draco entendit avant de sombrer dans les ténèbres.

~o~

Draco…

Dans l'obscurité qui régnait tout autour de lui, Draco discernait encore le sourire d'Hermione. Il sentait encore ses lèvres sur les siennes, tandis qu'elle reprenait progressivement des forces après son instant de faiblesse.

Je n'arrive pas à croire que c'est fini…

Sa voix. Si douce, si fragile. Même à présent qu'elle se trouvait en sécurité dans ses bras, il sentait encore son corps frêle trembler entre ses bras.

Fini et bien fini…

Sa propre voix. Détendue, calme. Heureuse.

Désolé, vieux, mais tu ne viens pas avec nous…

Allons bon, la voix de Nott, maintenant. Ce type ne pouvait donc pas lui foutre la paix deux minutes ? Et puis d'abord, qu'est-ce qu'il voulait dire par là ?

Draco… Draco…

Cette fois, Hermione ne tremblait plus. Elle le secouait comme un prunier et hurlait son nom. Et plus elle hurlait, plus les ténèbres qui le cernaient se dissipaient. Plus elle le secouait, plus il se sentait tiré de son état d'inconscience et ramené vers la lumière.

« Draco ! Oh Merlin, Draco, réponds-moi ! »

Draco grogna et sentit une douleur cuisante lui traverser le crâne. Il s'était cogné la tête ? Puis il revit la main de Nott sur son front. Si je le chope, cet enfoiré…

« Her… mione… », souffla-t-il en tentant d'ouvrir les yeux, mais pour toute réponse un sanglot déchirant retentit et deux bras entourèrent son cou. Il sentit qu'on le serrait contre une poitrine. Une poitrine de femme.

Draco ouvrit les yeux doucement, et fut tenté de les refermer aussitôt tant la clarté du jour agressait ses rétines.

« Mon fils… », entendit-il gémir près de son oreille.

Etait-ce à cause de sa migraine carabinée ou parce qu'il venait de se rendre compte que ce n'était pas Hermione qui le serrait dans ses bras à cet instant, ou encore parce qu'un mauvais pressentiment lui nouait les entrailles… Draco se sentit soudain nauséeux.

Ses yeux s'accommodèrent enfin à la luminosité et il discerna les traits de sa mère, les joues baignées de larmes, et penchée sur lui. Les mains de Narcissa caressaient frénétiquement ses joues, ses cheveux, ses bras.

« Où est Hermione ? », demanda difficilement Draco. Sa gorge était sèche et prononcer ces trois mots releva déjà de l'exploit.

L'expression qu'eut alors sa mère acheva de réveiller Draco de son état semi-comateux. Repoussant les bras maternels, il roula sur le sol, se mit à genoux, puis poussant sur ses bras, il se leva, chancelant. A quelques mètres de là, il discerna la cadette des belettes serrée contre son frère Bill, pleurant contre son épaule. Derrière eux, Séverus Rogue arborait une expression plus sombre que d'habitude, ce qui n'était pas peu dire lorsqu'on connaissait le Maître des Potions aussi bien que le connaissait Draco.

« Putain mais où est Hermione ?! », s'égosilla Draco en titubant en direction de Rogue. Le blond grimaça lorsque ses cordes vocales protestèrent en lui brûlant violemment l'arrière-gorge.

Rogue se détourna et recula de quelques pas. Draco croisa le regard du professeur Lupin, qui parlait à mi-voix avec Fleur Delacour, laquelle arborait un magnifique œil au beurre noir et une lèvre fendue. Tous deux évitèrent soigneusement le regard de Draco lorsqu'il passa près d'eux. Lupin avait les yeux rouges.

Mais pourquoi y'en a pas un seul qui veut me dire où est Hermione… ?

Il sentit alors deux bras le retenir avec force. Tournant la tête, il vit Blaise tenter de l'entraîner dans la direction opposée. Dans la direction opposée à quoi, d'ailleurs ? Draco se détourna de Blaise et distingua les silhouettes de Potter et de Ron Weasley prostrées sur le sol, à quelques mètres près d'un grand chêne.

« Draco, attends… », fit la voix de Blaise, qui tentait toujours de l'entraîner à l'écart.

Mais lâche-moi, c'est pas par-là que je veux aller !, protesta intérieurement Draco, faute de ne pouvoir formuler la phrase à voix haute.

D'un mouvement de bras, il tenta de repousser Blaise, mais l'Italien tenait bon. « Draco, il semblerait que Rodolphus Lestrange se soit échappé… »

Pourquoi il me parle de ce connard, j'en ai rien à foutre de Lestrange…, pensa Draco en jetant un regard furibond à Blaise. « Où est Hermione ? », coassa-t-il de nouveau.

« On pense qu'il a croisé votre chemin en direction de Pré-au-Lard… », reprit Blaise dont la voix devenait de plus en plus aiguë et bizarre.

Du coin de l'œil, Draco vit Potter prendre quelque chose dans ses bras. Quelque chose qui avait la masse de cheveux bruns la plus ébouriffée et la plus dense que Draco ait jamais vu. Ou plutôt qu'il n'avait toujours vue que sur un seul être humain. Non…

Les mouvements de Draco pour repousser Blaise se firent de plus en plus précipités et violents. Blaise tenta en vain de l'empêcher de courir en direction de Potter, mais Draco se libéra de son emprise et trébucha jusqu'au chêne au pied duquel Harry et Ron s'étaient laissés tomber.

« On n'a rien pu faire… », furent les derniers mots que Draco entendit de la bouche de Blaise alors qu'il atteignait l'arbre.

Elle était là. Allongée entre Potter et Weasley, elle semblait dormir paisiblement. Ses longs cheveux en bataille formaient comme une auréole brune autour de sa tête et ses lèvres entrouvertes semblaient réclamer ses baisers, comme un peu plus tôt lorsqu'il l'avait serrée dans ses bras après la bataille.

Non…

Potter leva les yeux vers lui et Draco fut frappé de constater à quel point le regard du Survivant semblait vide. Creux. Comme si toute étincelle de vie en avait été expulsée. De l'autre côté du corps étendu (Pas Hermione, non pas Hermione, c'est faux, c'est faux), Weasley gémissait, l'une de ses mains caressant celle de la jeune fille. (Celle du cadavre, cette fille est morte).

Draco regarda le trio sans comprendre. « Où… où est Hermione ? », demanda-t-il tandis que sa migraine semblait reprendre le dessus.

Potter le regarda comme s'il avait perdu la raison. Mais il ne trouva pas la force d'ouvrir la bouche.

« Nott… Il l'a emmenée… Il m'a … », balbutia Draco.

Draco tituba et ses jambes cédèrent soudain sous son poids. Il tomba à genoux et ferma les yeux. Ne plus voir le visage défait de Potter. Ne plus voir les larmes inonder les taches de rousseur de Weasley. Si Draco avait eu la force de se boucher les oreilles pour ne plus l'entendre geindre, il l'aurait fait.

Le souffle court, il sentit une douleur lui enserrer la poitrine. Des images désordonnées se succédaient derrière l'écran de ses paupières. Des voix qui n'existaient pas lui vrillaient les tympans.

Ce n'est pas Hermione, ce n'est pas Hermione, ce n'est pas Hermione…

Désolé vieux, mais tu ne viens pas avec nous…

Je n'arrive pas à croire que c'est fini…

Pas Hermione, pas Hermione…

Draco se sentit de nouveau tomber et sa tempe heurta durement le sol. De nouveau les Ténèbres l'engloutirent.

Si, c'est elle.

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Bon alors, avant que vous ne vous armiez tous de piques, haches, couteaux de chasse ou autres objets pointus et/ou tranchants, et que vous n'organisiez mon meurtre pour cette fin de chapitre ignoble, prenez une minute pour respirer. Un… deux… voilà parfait. Maintenant pensez à Nott. Pensez à tout ce qu'il sait faire, aux illusions qu'il crée, à sa capacité de changer un visage… Voilà, ça va mieux, maintenant ? Bon, posez vos armes. JE N'AI PAS TUÉ MON HÉROÏNE. Promis. Vous savez bien que je ne vous aurais pas fait un coup pareil…

J'ai hâte d'avoir vos réactions concernant cette bataille tant attendue ! N'ayant pas décrit la fin de la bataille, il risque d'y avoir encore quelques décès annoncés dans le prochain chapitre, mais rien de bien méchant, juré. Je vous ai assez malmenés comme ça avec ce passage ! hihi
Gros bisous à tous, n'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé et je l'espère à lundi prochain !
Xérès