— XXXIV —
France, Paris,
26 septembre
Jour 108
Sherlock prit délicatement la main fébrile de son oméga, son oméga. Il n'arrivait toujours pas à se détacher les yeux du médecin soldat. Les deux amants s'admiraient, lovés dans leur bulle adorable, insouciants du monde en délire qui les entourait. L'A Alpha caressa les doigts abîmés par la course et la vie de John. Le B Oméga jouait avec les boucles infinies de Sherlock. Ses cheveux avaient horriblement poussé, lui conférant un look de lycéen dandy. Il était magnifique, il était beau, il était tout ce qu'il désirait.
Alors Sherlock se baissa lentement, longea sa nuque et sa joue d'un doigt timide avant de sentir ses lèvres tremblantes. John l'embrassa. Il se fondit dans l'amour éternel qui les liait à jamais. Des murmures furent échangés.
Pierre de Mondres observait la scène avec envie. Lui-même ne rêvait que de cela: un alpha à aimer, avec qui partager sa vie, ses expériences, joies et peines. Mais son jour viendra, il le savait. L'oméga était encore jeune.
Et puis, ils étaient quand même au centre de l'attention du défilé Chanel en suspend. On dévisageait la troupe qui venait de déferler telle une bourrasque au coeur du Grand Palais avec ses cris, ses tirs et ses individus haut en couleur. Une exposition médiatique phénoménale s'abattait sur eux, entre mannequins recouverts de mousse d'extincteurs, traces de violences, armes à feu et blanches dispersées çà et là. C'était un décor incroyable qui allait faire la une des magazines de mode du monde entier.
Chanel venait de s'inscrire dans l'histoire comme légende éternelle.
Mais personne ne sentait la tension palpable entre Gregory Lestrade et Mycroft Holmes. Les deux hommes, côtes à côtes, s'ignoraient au profit des embrassades de Sherlock et John. Pierre était désolé pour eux, sincèrement. Personne ne pouvait rester insensible devant leur amour ignorant. Gregory souffrait quotidiennement de l'absence de Mycroft et ce dernier ne semblait vivre que pour lui. Et pourtant, chacun campait sur ses positions. C'était… malheureux.
— Ils se trouveront lorsque le temps viendra, dit Ethan en lui donnant une tape amicale sur l'épaule.
— Espérons que cela ne tardera pas, répondit Pierre en remettant sa chemise en place.
Ils détonnaient dans l'ambiance survoltée et très chic de la Paris Fashion Week. Ethan riait, soulagé par leur réussite et leurs retrouvailles. Il enleva quelques débris égarés dans sa chevelure châtain. L'homme semblait avoir rajeuni de plusieurs années, retrouvant sa désinvolture de new-yorkais libre comme l'air. Et il n'était pas seul. Tandis que Sherlock et John continuaient leur déclaration d'amour spectaculaire, Donovan criait des ordres à quelques agents SSA occupés à soigner leur proie inconsciente. Odval gisait sur un brancard de fortune en attendant l'aval des autorités supérieures. En effet, l'armée et la police française refusaient toujours d'ouvrir les portes du Grand Palais, considérant le bâtiment comme pièce à conviction gigantesque.
Et on admirait le groupe encore sous le choc. Mycroft Holmes détonnait dans son costume cintré bleu nuit et clou du spectacle, son décolleté ne laissait rien présager de bon pour les esprits échauffés. Seul un foulard lui rendait un peu de dignité. Des gants de course noires en cuir complétaient sa dégaine sexy et une kalachnikov ornait son dos. A ses côtés, Kalyn Keller irradiait dans des boots d'été vertigineuses, une robe moulante rouge vif Roland Mouret déchirée sur la cuisse, et une chevelure froissée par le vent. Elle se tenait entre Mycroft et Merry. La plus punk des parisiennes, qui beuglait au téléphone dans un jean en cuir brodé, un sweat-shirt Kenzo et ses longs cheveux noirs broussailleux recouverts de poudre blanche, surprenait les mannequins bien sages par sa prestance et sa sauvagerie.
Lestrade allait donner un coup de main aux agents SSA, aboyant des ordres au téléphone, moulé dans un jean noir longueur cheville, une chemise très cintrée débraillée: quelques boutons en moins révélaient son torse musclé très A Alpha. Ses cheveux argentés se rebellaient contre sa volonté, un filet de sang coulait le long de son crâne et de son cou, et sa veste en cuir élimée se cramponnait à son bras gesticulant. Sherlock demeurait fidèle à sa réputation, tout de cintré vêtu dans une chemise lavande bien trop serrée mais si sexy. Le col était sauvagement ouvert, ses boucles indomptables lui donnaient un air de dandy anglais hors du temps. Il hypnotisait la foule par son regard transparent et sa dégaine élancée. John Watson s'agrippait aux bras de son Alpha, adorable dans un t-shirt vert émeraude et un jean tâché de sang et troué par quelques balles perdues. Ethan courrait ça et là, se cachant le visage du mieux qu'il pouvait dans un t-shirt devenu rouge par le sang. Une fois encore, c'étaient ses chaussures qui faisaient toute la différence: des baskets Lanvin.
— Vos noms, VOS NOMS, s'il vous plaît!
Gregory, revenus auprès de Merry, grogna et se cacha le visage sous son perfecto en cuir tandis que Mycroft et Kalyn préféraient s'intéresser à leurs pieds, s'éloignant des projecteurs.
— Qui êtes-vous? criait-on.
Mais le groupe faisait profil bas. On tenta d'évacuer la salle. Toujours sans résultat. La police locale était barricadée à l'extérieur.
Un peu à l'écart, un journaliste faisait sa récolte d'informations et de potins mode & people.
— Qu'avez-vous pensé de ce défilé? demanda le journaliste star de Mode à une autre journaliste star extravagante. Sa pièce montée de cheveux menaçait de tomber à tous moments. Elle faisait peur avec ses doigts crochus et son maquillage vampirique.
— Oh, mais c'est Absooooolument magnifiiiique! J'ai aaaadoré le show, soooo Chic! Et ces gens! Ces décors! Même cette mise en scène digne d'un film de James Bond! Et c'est le retour des Omégas sur le devant de la scène. Taaaaaannnnt d'années passées à subir la moooode fade style Bêta. Regaaaaardez ce bel Oméga avec son pistolet ou je ne sais quoi! Si beauuu dans son costume! C'est lui qui joue James Bond? La journaliste excentrique répondit à son confrère journaliste, devant la caméra.
Et l'on filma Mycroft Holmes qui se cachait le visage, agrippant un parapluie bleu nuit au pommeau argenté. Il parlait avec Merry et Kalyn, l'autre main occupée avec un téléphone portable. Les trois amis se faisaient prendre en photo, mais personne ne saisissait leur visage recouvert de sang et de poudre grise et blanche.
Leur attitude détonnait.
Elégants, chics, élancés, grands… très grands, excentriques, froissés par la course effrénée dans le Paris de la Fashion Week. Ils avaient battu sans le savoir les papesses et papes de la mode qui préparaient leur garde robe podium des mois en avance. Eux avaient juste mis ce qu'ils mettaient tous les jours, la poussière et les tâches de sang comme IT accessoires.
Kalyn se cambra, posa une main sur ses hanches et rejeta ses cheveux en arrière dans un geste maîtrisé. On cria dans sa direction, la jeune B Alpha triomphante et sexy. Elle leur lança un regard noir avant de se tourner une nouvelle fois vers les agents de la SSA.
Daiyu et Lestrade se parlaient, les deux rebelles riaient à pleins poumons. La montre de Merry attirait tous les regards par sa masculinité et ses couleurs contrastantes. Elle frottait le parquet éphémère de ses baskets Isabel Marant, provoquant un tollé général. On n'abimait pas des chaussures ainsi! Mais elle n'en avait que faire. Des chaussures restaient des chaussures. Elle dépassait le mètre quatre-vingt. Gregory rejeta la tête en arrière, révélant son torse davantage, le perfecto rejeté sur le dos.
— James Dean! cria une Oméga hystérique dans sa direction.
Mais il ne voyait rien. Seul Mycroft l'intéressait. Ses yeux ne quittaient pas l'A Oméga incroyablement sexy.
— Il est trooooop sexy! entendait-on fuser de partout et dans des langues diverses vers Mycroft.
Sherlock grognait, son instinct Alpha de famille bouillonnait. Il gardait John auprès de lui tant bien que mal tandis qu'il essayait de se défaire d'une horde de jeunes Bêtas et Omégas complètement sous son charme.
Mycroft releva le regard, adoptant son attitude de diplomate intouchable et menaçant. Il pencha la tête sur le côté, un sourire maniaque sur les lèvres.
Ce fut la fin. On se précipita vers lui sous les flashs, les cris, les hurlements. L'A Oméga faisait tourner toutes les têtes. Sa senteur gourmande et si sexy achevait de rendre fous les Alphas déchainés. Mais il demeurait tranquille, trop préoccupé avec Kalyn et Donovan en dominatrice implacable et séduisante qui venait de les rejoindre.
Et ce fut à cet instant que la porte s'ouvrit pour se refermer aussitôt.
La salle retint son souffle, s'immobilisant dans un nouveau silence. Sherlock, John, Greg, Mycroft, Kalyn, Daiyu, Raf, Donovan, Pierre et Ethan relevèrent leur regard instantanément pour comprendre ce qui venait de se passer.
Ils virent s'avancer un homme casqué et en tenue militaire sans appartenance particulière. Il était grand, plutôt musclé, et souriait à en faire tomber les jeunes filles dans les vapes.
L'homme avançait avec une assurance rivalisant celle de Sherlock. Mais tandis que le détective génie était tout en folie et tourbillon, ce dernier séduisait. Sa veste pendait, ouverte, dévoilant un t-shirt noir moulant ses muscles élégants et ravageurs. Il défit les lanières qui retenaient son casque.
Il était le pilote de l'hélicoptère, tout le monde reconnaissait l'intérieur rose bonbon du casque, identique à la carrosserie de la machine volante.
Et toujours s'avançant, l'homme jeta son casque dans la foule entièrement sous le charme.
C'était une bombe.
Un apollon au sourire coquin, yeux gris, une gueule de jeune mannequin ayant grandi trop vite, une chevelure blonde désordonnée, la silhouette athlétique mais fine.
Et il continuait de s'avancer, ignorant les regards amusés et hypnotisés, les photographes qui tentaient de l'immortaliser. Des bêtas femelles hystériques sifflèrent à son passage mais il les ignora en faveur de la vue qui s'offrait à lui.
Lestrade, Kalyn, Daiyu et surtout, Mycroft Holmes, regardaient leur pilote arriver d'un air ébahi.
John Watson réfréna un rire nerveux devant la scène qui se produisait.
— Salut beauté! fit leur homme se postant devant les quatre individus en plein centre du podium.
— Aden, salua Kalyn d'un air amusé.
Clairement, ils se connaissaient. Et ce n'était pas une simple connaissance. Non, l'homme était proche de ses amis.
Donovan s'approcha de John et soupira.
— Et merde alors... je ne m'attendais pas à le voir ici, fit-elle en soupirant.
— Heu... Qui est-ce? demanda John surpris pas les connaissances sociales de la B Alpha.
— Le trouble faiteur en personne, le chef de la SSA aux Etats-Unis par défaut, et surtout le président directeur général de Xander Corp. en personne, continua-t-elle en levant les yeux au ciel.
— Oh? Oh... OH! C'est... c'est...
— Oui, oui, le célèbre milliardaire dont personne ne connait ni le nom ni le visage mais qui sème la zizanie aux Etats-Unis avec ses lubies folles. Je ne l'ai su que récemment, lors d'une entrevue suite à votre enlèvement avec son père complètement exaspéré par son style de vie exubérant.
— Son... père?
Toute le reste du groupe s'avançait en direction du podium, suivant les mouvements d'Aden.
— Heleen Banaart en personne. Voici donc son fameux fils A Bêta, Aden Xander Banaart, frère cadet d'Amelia et équivalent de notre cher Sherlock dans sa famille, grimaça Sally Donovan les mains sur les hanches.
Et il était vraiment beau gosse pour dire vrai. L'A Bêta était un mix d'Apollon et de Ryan Gosling. Avec sa silhouette musclée et son sourire goguenard, il ne laissait personne indifférent. Même John ne pouvait s'empêcher de le reluquer.
Et ils entendirent un grognement sonore. Oops... Sherlock n'était visiblement pas ravi.
— Désolé Sherlock, je ne... tenta de se rattraper John.
Mais Sherlock l'ignorait. Toute son attention était rivée sur la scène qui se produisait devant eux. Il courut vers Aden. Tout le reste du groupe le suivit, par curiosité.
— Alors beauté? Tu es trop trop trop sexy, si dangereux, si gourmand... susurrait le bel A Bêta en s'approchant de Mycroft, Merry et Kalyn.
Lestrade grogna et montra ses dents.
Le groupe était attroupé autour de l'A Bêta.
Après un long silence, Mycroft Holmes leva les yeux aux cieux.
— Baby, tu m'as tellement manqué, continuait de ronronner Aden en s'approchant des trois individus.
Et soudain, il attrapa le col de la veste de Mycroft, s'enivra de l'Oméga et l'embrassa avec vigueur, agrippant ses fesses au passage.
Sherlock se jeta sur Aden. BOOM!
— SHERLOCK! hurla John se jetant entre les deux hommes.
Trop lent. Donovan fut plus rapide. Elle le poussa derrière elle.
Mais Gregory ne se laissait pas faire non plus. L'A Alpha s'ajouta dans la bataille qui s'était engagée entre Sherlock l'Alpha de famille sur-protecteur et un Aden ne comprenant pas vraiment ce qui se passait.
Et un grognement par-ci, deux coups de pieds par là, une baffe, deux hurlements, trois BAM! et surtout… enfin, Kalyn et Merry qui mirent les trois hommes au tapis en quelques coups.
Pendant tout ce temps, Mycroft Holmes demeurait sous le choc.
— PUTAIN, ADEN! T'aurais pas pu choisir une autre manière de faire ton connard d'intéressant!? hurla Merry en secouant l'A Bêta de toutes ses forces.
— T'es vraiment IMPOSSIBLE! ajouta Kalyn en se postant au milieu des trois bagarreurs.
— C'est mon frère et tu n'as pas le droit d'y toucher! cria Sherlock dans toute sa carrure A Alpha.
John se frappait la tête. Donovan tentait en vain de réprimer un fou rire. Ethan était déjà hilare. Raf filmait la scène comme d'habitude.
— Je... mais j'y peux rien, il est juste trop sexy! se justifia Aden en se léchant les lèvres. Son regard ne quittait pas Mycroft des yeux. Il reluqua la silhouette de l'Oméga, prédateur.
— T'es vraiment pas possible, mec! grogna Merry en secouant la tête.
— Tu sais très bien que cela ne se fait pas! Et vous là, c'est quoi ce cirque? Vous ne voyez pas qu'il est Bêta? C'est pas une jungle ici! Il ne prendra pas votre territoire, continua de râler Kalyn en s'adressant aux deux A Alphas aux crocs acérés.
— Mycroft est mon frère et j'interdis quiconque de le prendre sans mon autorisation! grogna Sherlock en attrapant le bras de Mycroft dans un geste possessif.
— Et ben ton frère a couché avec moi, si tu veux savoir! le provoqua Aden.
Ce fut la phrase de trop.
Gregory se jeta sur lui. Sherlock se mêla de nouveau à la bataille, envoyant valser Aden au loin. Mais ce dernier, formé au combat rapproché, se releva sans peine et plongea sur Holmes. Lestrade n'était pas en reste. Il tira Sherlock de l'emprise de Banaart et donna deux bons coups de poings solides dans le visage du bel homme. Merry et Kalyn se dirigèrent vers le trio mais c'était sans compter l'intervention musclée de Sally qui les repoussa dans un grognement sonore. Les Alphas étaient déchaînés. La salle hurlait son excitation.
Et tout cela, pour Mycroft Holmes. L'immobile A Oméga observait la scène un brin désabusé.
Enfin... presque.
— C'EST BIENTÔT FINI? hurla l'aîné Holmes d'une voix tonitruante.
Le silence s'abattit soudainement dans la salle.
— Mais… Myc! couina Aden le regard implorant. Il portait deux bonnes balafres sur les joues qui s'ajoutaient à son charme rebelle.
Mycroft inspira plusieurs fois avant de se redresser.
— J'apprécie ton dévouement mais c'est terminé entre nous, et ce, depuis bien longtemps. Je n'apprécie guère que tu viennes semer le bazars alors que nous avons bien d'autres choses à régler. Si tu as besoin de parler, ce sera pour plus tard et en privé, dit Mycroft dans un ton glacial.
On s'immobilisa.
— Pas en privé, Mycroft, fit Sherlock indomptable en lui attrapant la taille.
— Sherlock, je pense que cela suffit pour le moment. Aden, tu as bien compris, nous savons que ça t'est encore difficile d'avaler votre rupture. Cela fait bientôt six ans. Il faut tourner la page, ajouta Kalyn, compatissante.
— Mais c'est quoi tout ce bordel, Myc? demanda Merry les yeux écarquillés.
— Nous sommes sortis ensemble il y a quelques années, et puis, après notre rupture, on a continué... à se fréquenter de temps en temps, fit Aden un éternel sourire coquin sur les lèvres.
Il toisa le regard menaçant de Gregory et le provoqua d'un geste du menton.
— Mouais… C'est pour lui, hein? ajouta l'A Bêta en désignant un Lestrade toujours en rogne.
— Aden... fit Mycroft exaspéré.
— Myc! gémissait Aden.
Et voilà que l'infatigable A Bêta reprit sa quête du Graal. Il prit le visage de Mycroft pour l'embrasser à pleine bouche devant une foule interloquée, grognant de plaisir. Il caressa l'Oméga sur toute la longueur de son torse avant d'agripper ses fesses. Ce dernier tenta de le repousser. En vain.
Mais Sherlock envoya le Bêta valser dans les tribunes, excédé par son comportement envers la "pureté" de son frère.
— SHERLOCK! cria tout le monde à l'unisson.
John n'avait jamais vu pareille scène devant lui. Tandis que leurs fugitifs étaient encore à terre, ses amis s'adonnaient à une... querelle d'orgueil et de territoire sur un Oméga. Le territoire n'était autre que Mycroft lui-même, immobile sous le regard de la foule amusée.
Jusqu'au moment où une senteur différente se fit sentir. Miel, patchouli… familier.
John su alors que quelque chose d'horrible allait se passer.
Immédiatement, Merry se colla un patch sur la peau, imitée aussitôt par Kalyn qui attrapa le bras de Mycroft. Elle lança quelques patchs à Sally Donovan qui fit de même, saisissant aussitôt le problème.
L'A Oméga était pétrifié de terreur.
— EVACUATION TOTALE! gueulèrent Merry et Kalyn à l'unisson en jetant Mycroft vers un Sherlock terrifié qui s'enroula autour de lui comme une pieuvre.
Panique générale.
Tout le monde courut vers la sortie, tentant d'échapper aux senteurs phénoménales explosant dans la salle.
Pierre de Mondres, Raf Sullivan et John Watson se joignirent aux frères Holmes dans leur élan protecteur instinctif.
Kalyn, le nez recouvert par un bout de tissu, tira les deux frères vers une autre sortie. Ethan était cloué à un téléphone, appelant des renforts. Sally avait éloigné un Aden ayant bien du mal à se contrôler. Elle-même agonisait mais son patch l'aidait à rester claire.
— Ça va aller, ça va aller... répétait inlassablement Kalyn dans un sang-froid inédit.
Une camionnette les attendait à la sortie, vide. Elle était banalisée. Dieu Merci!
Ils jetèrent Mycroft, en état de transe, à l'arrière du véhicule et s'apprêtèrent à fermer la porte lorsque...
Merry déboula en courant. Elle jeta un Gregory Lestrade complètement ahuri à l'arrière du véhicule en un éclair, referma la portière violemment sur eux, et s'installa au volant.
— MERRY! gueula Kalyn cognant la vitre.
La jeune Alpha-Oméga leur lança un clin d'oeil coquin et démarra en trombe. En effet, ils auraient dû prendre la clé de contact.
Et voilà que Merry venait de commettre l'irréparable. Elle venait de réussir l'exploit de laisser un A Alpha amoureux et un A Oméga en chaleur, sans supervision, s'échapper on ne savait où.
— Mais bon sang! s'exclama Donovan les bras au ciel.
— Ma foi... fit Ethan un sourire compréhensif sur les lèvres.
— Ben... on les verra dans une semaine, non? Enfin, on espère... ajouta Pierre de Mondres aussi choqué que le reste de l'assistance.
— C'est dans la boîte! s'écria Raf Sullivan en rangeant son téléphone portable. Sally tenta de le lui voler, en vain.
— Non, non, NON! Kalyn, il faut qu'on y aille! Sherlock trépignait sur place et tirait sur le bras de la jeune B Alpha.
Cette dernière avait toujours la bouche ouverte et puis... Elle éclata d'un rire tonitruant.
— Merry... Seule elle peut faire cela! s'exclama-t-elle entre deux accès de fou rire.
— Bordel de merde, commenta Sally.
— Mon Dieu... Je n'ose pas imaginer la suite! ajouta John Watson. Ses doigts tremblaient. Sherlock l'observa avec intérêt.
— Quel chanceux! ajouta une énième voix.
Tous se retournèrent pour tomber sur leur nouvel ami Aden Xander Banaart. Il arborait un sourire toujours aussi innocent.
Et Sherlock s'élança une nouvelle fois sur lui, le cognant dans l'abdomen.
— SHERLOCK! s'écria-t-on une énième fois.
