Bonjour tout le monde !
J'espère que ça va pour vous ? Moi, j'ai un jour de retard ! J'en avais oublié qu'on était vendredi hier et comble de l'ironie, je l'ai percuté à 00 h 01 le samedi XD
Enfin, voilà la suite !
Chapitre 35
Tu sais que j'ai du mal,
Encore à parler de toi.
Il parait que c'est normal,
Y'a pas de règles dans ces jeux-là.
Tu sais j'ai la voix qui se serre,
Quand je te croise dans les photos.
Tu sais j'ai le cœur qui se perd,
Je crois qu'il te pense un peu trop.
C'est comme ça, c'est comme ça.
Ta main – Grégoire
Drago venait de passer les grilles du Manoir Malefoy et trouva le jardin dans un état déplorable. Plus de six années sans entretien avait tout rendu méconnaissable. Il ne s'y arrêta pas, se contentant de le traverser pour entrer dans la demeure.
L'intérieur n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'il y avait été, hormis une impressionnante couche de poussière sur les meubles et les sols. Drago passa de pièce en pièce sans s'y attarder. Il monta et pénétra dans la chambre de ses parents. Il se rendit dans leur salle de bain et regarda l'étagère où sa mère avait entreposé ses produits de beauté. Il tendit la main vers le flacon de parfum, le frotta pour ôter la poussière et actionna le mécanisme.
Il ferma les yeux, se laissant porter par la douce odeur qui s'était échappée du flacon. Il revoyait sa mère venir à sa rencontre avec un grand sourire et l'étreindre, son parfum partout dans l'air lorsqu'elle passait près de lui ou lorsqu'il entrait dans une pièce dans laquelle elle était restée longtemps.
Il se souvenait des bons moments auprès d'elle. De leurs discussions, de leurs rires lorsque Lucius n'était pas là. Ils avaient toujours eu une belle complicité sans Lucius pour leur gâcher la vie.
Son père ne s'était jamais lassé de leur dire ce qui était, ou non, acceptable. Ils n'avaient jamais pu s'étreindre en sa présence car un Malefoy ne câlinait pas. Il n'avait jamais pu se confier à sa mère lorsque son père était là, car un Malefoy n'a aucun besoin de parler. Il devait se montrer froid, insensible et sa mère également. Pourtant, dès que Lucius n'était pas dans les parages, sans même se concerter, ils s'étaient toujours comportés comme ils leur plaisaient.
C'étaient les plus beaux moments de son enfance, hormis ceux partagés avec sa sœur. Il y avait aussi les instants passés avec sa mère et Lyanna. Contre toute attente, Narcissa avait toujours accepté sa demi-sœur et ne lui avait jamais fait payer son existence. Elle en voulait à Lucius, énormément, mais jamais elle n'avait été désagréable avec Lyanna.
Elle était même celle qui avait encouragé Lucius à s'investir dans la vie de sa fille. Elle avait également essayé, sans jamais y parvenir, de pousser son mari à reconnaître Lyanna comme sa fille. Oui, sa mère avait aimé Lyanna comme si elle était son enfant mais Lucius n'avait jamais accepté de faire face aux réactions qu'une reconnaissance aurait entraîné.
Le cercle des sang-pur qu'il chérissait tant aurait jasé. La femme trompée ne devait pas s'attacher à l'enfant illégitime. Elle devait accepter sa présence mais ne devait pas s'investir dans sa vie, là n'était pas son rôle. Le père devait faire partie de sa vie, subvenir aux besoins de son enfant illégitime mais pas le traiter comme s'il faisait partie de sa vie de famille.
Non, Lyanna n'avait pas eu une enfance facile. Si seulement Narcissa avait réussi à imposer sa volonté, sa sœur aurait grandi avec lui, chez eux…
Bien que… Cela n'était peut-être pas plus mal que les choses se soient déroulées de cette manière, pour Lyanna. Elle au moins avait réussi à échapper à Voldemort et à sa domination. Malgré tout, il pouvait être fier de sa mère. Son comportement vis-à-vis de Lyanna avait prouvé, une fois de plus, la bienveillance qu'il y avait en elle, malgré son apparence froide.
Oh oui, il aimait sa mère au moins autant qu'il méprisait son père. Elle méritait mieux qu'un fils qui se laissait dépérir dans la rue, se complaisant dans son malheur. Elle méritait bien mieux qu'un fils qui l'oubliait et ne savait même pas prendre sur lui suffisamment longtemps pour venir fleurir sa tombe. Elle méritait mieux que lui.
Le jeune homme reposa la bouteille de parfum et sortit de la salle de bain. Il ouvrit le placard appartenant à Narcissa et caressa l'étoffe de sa robe préférée. La poussière n'avait pas envahi cet endroit, les portes du meuble ayant bien protégé les vêtements.
Il sortit ensuite de la chambre parentale pour se rendre dans la sienne. Là aussi, tout était tel qu'il l'avait laissé. D'un coup de baguette, il nettoya la pièce de la poussière et ouvrit les fenêtres pour l'aérer.
Il se posa sur son lit, caressa le couvre-lit vert émeraude, qui lui rappela plus les prunelles d'Harry que la couleur des Serpentard. Il regarda son reflet dans le miroir en pied qui lui faisait face. Il avait l'air infiniment triste. C'était l'une des rares fois où son reflet montrait parfaitement ce qu'il ressentait. Il était seul ici, nul besoin de veiller à maintenir cet air d'indifférence qu'il prenait souvent.
Il avait passé des moments heureux chez lui mais les derniers jours passés sous ce toit étaient terribles. A présent, sa vie était ailleurs, il le savait. Jamais il ne pourrait revenir vivre ici, il y avait trop de fantômes entre ces murs. Il regrettait simplement que ses derniers souvenirs dans ces lieux soient associés à la présence de Voldemort.
Il s'allongea sur son lit, la tête reposant sur les coussins, et fixa le plafond. Il pensa à sa mère, à son père, à son enfance, sa scolarité, ce qu'il avait fait, ce qu'il aimerait changer. Il pensa à ce qu'il n'avait jamais dit à ses parents. Il aurait voulu dire à sa mère à quel point il l'aimait. Il aurait voulu que son père sache à quel point il lui en voulait pour tout ce qu'il leur avait imposé, à sa mère, à Lyanna et à lui.
Il se rendait compte à présent que s'il avait dit à Harry ne pas être prêt à devenir père, ça n'avait rien à voir avec son âge ou son couple. C'était simplement parce qu'il avait pris peur en voyant que cela était possible. Il avait peur d'être aussi froid que son père. Après tout, à cause de son éducation, il avait appris à se comporter d'une certaine manière.
S'il était aussi froid avec son ou ses enfants que son père l'avait été avec lui ? Et s'il perdait Harry à cause de sa façon d'être avec leurs enfants ?
Il réfléchit un moment sur ça avant de se dire que, justement, s'il y pensait, si cela lui faisait peur c'était déjà un signe qu'il ne serait pas comme son père. Ça ne serait pas tous les jours évident mais il savait, au fond de lui, qu'il pourrait être un bon père. D'autant qu'Harry le rappellerait à l'ordre s'il venait à être trop dur, trop froid.
Oui, faute de pouvoir changer le passé, il devait tout faire pour choisir, vivre et réussir son avenir.
Il soupira et regarda son horloge, accrochée au mur. Apparemment, elle ne fonctionnait plus, il ne pouvait donc pas savoir combien de temps il était resté allongé là. S'il était venu ici pour être seul, il ressentait à présent le besoin d'être auprès d'Harry. Il voulait lui dire qu'il était prêt à avancer, avec lui. D'un autre côté, il n'avait pas envie de sortir du manoir, pas tout de suite.
- Drago ?
Le blond sursauta et se redressa vivement. Il aperçut Harry sur le pas de sa porte. Comme il l'avait appelé tout bas et sur un ton extrêmement doux, il n'avait pas reconnu sa voix.
- Désolé, je ne voulais pas te faire peur, s'excusa Harry.
Il avait l'air gêné, comme s'il regrettait de se trouver là, de déranger son petit-ami. Pourtant Drago était plus qu'heureux qu'il soit venu, c'était comme s'il avait lu dans ses pensées, arrivant pile au moment où il voulait de sa présence.
- Comment es-tu rentré ? Les protections ne laissent entrer que les Malefoy et ceux qui sont invités par eux, s'étonna Drago.
- Ta sœur m'a fait entrer. J'ai vraiment voulu te laisser le temps de te retrouver seul mais je commençais à m'inquiéter, expliqua Harry, contrit.
- Tu as bien fait de venir. Comment as-tu su que tu me trouverais ici ?
Soulagé de ne pas déranger Drago, Harry s'avança dans la pièce et s'assit sur le bord du lit.
- J'ai bien vu que ce qu'avait dit Ginny, lors du repas, avait remué des choses en toi. J'hésitais entre le cimetière sorcier ou ici. Mais si tu avais été au cimetière, tu serais rentré plus tôt. Il fait froid dehors et tu gères mal les sorts de réchauffement. Alors je suis directement venu ici avec l'aide de Lyanna.
Drago regarda Harry en souriant et caressa sa joue. Il était touché de voir que le brun le connaissait aussi bien.
- Je t'aime, dit simplement Drago.
Harry écarquilla les yeux de stupeur. Il n'avait plus entendu ces mots depuis la déclaration assez comique de Drago et là, il les lui disait avec un naturel désarmant, avec une sincérité presque palpable.
- Je t'aime aussi, répondit Harry, ému, après un temps.
Ils restèrent un moment à se regarder, en silence, avant que Drago ne décide de parler.
- Si je t'ai dit que je n'étais pas prêt à avoir des enfants, ça n'a rien à voir avec toi ou nous. J'avais peur d'être comme mon père, avoua-t-il.
- Tu ne seras jamais comme lui. Tu es tellement différent quand tu te montres tel que tu es réellement. Crois-tu que je pourrais t'aimer si tu étais comme lui ? Il est tout ce que je peux détester, alors que toi…
Harry laissa sa phrase en suspens, ne trouvant pas les mots adéquats pour décrire ce qu'il ressentait.
- Je l'ai réalisé. Le fait que ça m'effraie veut bien dire que je suis déjà différent. Puis je sais que tu ne me laisseras jamais traiter notre ou nos enfants comme mon père nous a traité ma sœur et moi.
- En effet, confirma Harry.
- Maintenant je suis prêt.
Le brun lui offrit un sourire radieux. Il se sentait si bien. Ils vivaient un moment important de leur relation et pour la première fois, ça n'était pas lui qui avait dû l'initier.
- On parlera à Lyanna dès que tu le voudras, dit Harry.
Drago le regarda, un peu surpris.
- Je croyais que toi aussi tu avais besoin de temps, s'étonna le blond.
- J'avais surtout besoin que tu sois sûr de le vouloir, avoua le brun avec un sourire en coin. Je ne voulais pas te mettre la pression en te montrant que j'avais hâte.
- Tu me ménages encore, fit remarquer Drago, amusé.
- Je me ménage aussi. Je te signale que la dernière fois que tu as eu la pression par rapport aux enfants, tu t'étais mis en tête que la meilleure solution était de me quitter, répondit Harry en perdant de sa bonne humeur.
Drago se rapprocha d'Harry et s'empara de ses lèvres, tendrement.
- Je me suis déjà excusé à ce sujet, dit Drago.
- Je n'en ai pas le souvenir.
- Je l'ai pensé très fort, c'est presque pareil, s'amusa-t-il avec un haussement d'épaules.
Harry pouffa.
- Tu veux qu'on reste encore un peu ou tu préfères qu'on s'en aille ? demanda le brun au bout d'un nouveau silence.
- En fait, j'aimerais qu'on fasse quelque chose avant de partir, répondit-il avec un air mystérieux.
- Quoi donc ?
- Tout à l'heure, je me disais que c'était dommage que les derniers souvenirs que j'ai dans cette maison soit aussi sombres. Je ne voyais pas comment changer ça jusqu'à ce que tu arrives, expliqua Drago avec un sourire en coin.
- Oh ! Et comment je peux t'aider ? questionna Harry pas certain de bien comprendre où voulait en venir son petit-ami.
Drago s'installa à califourchon sur Harry et posa ses mains sur ses épaules. Doucement, il le poussa à s'allonger avant de l'embrasser. Le brun accueillit les lèvres de son amant avec un plaisir non dissimulé. Cependant, il repoussa légèrement en sentant ses mains fraîches passer sous son pull.
- Drago, dans ta chambre d'enfant, tu es sûr ? demanda Harry, presque inquiet.
- Parce que tu crois que ce sera la première fois ? railla le blond.
Le brun écarquilla les yeux et repoussa Drago sur le côté avant de se lever d'un bond, l'air dégoûté.
- Ici ? Qui ? Quand ?
Drago ricana ce qui augmenta la mauvaise humeur de son amant.
- Franchement Harry, c'est si facile de te provoquer !
- Réponds, insista le brun les dents serrées.
- Ma première et unique fois avec une fille était en cinquième année. Ma première fois avec un garçon s'est passée peu après. J'ai tout de suite compris que j'étais homosexuel. Cependant, il était hors de question que je prenne le risque de me faire surprendre par mon père en plein ébat avec un garçon. Alors je n'ai jamais rien fait sur ce lit ou dans cette maison avec personne. Je te faisais juste marcher.
Harry fixa Drago quelques instants comme s'il essayait de découvrir le mensonge. Il se détendit finalement et revint sur le lit, surplombant son amant avant d'écraser ses lèvres contre les siennes.
- J'ai du mal à croire la facilité avec laquelle tu parviens à me mettre dans tous mes états, confia Harry.
- J'ai du mal à croire à quel point j'aime te voir jaloux, répondit Drago en ôtant le haut de son amant.
Harry reprit les lèvres du blond après lui avoir enlevé son pull. Il passa sa main dans ses cheveux et descendit sa bouche en cascade de baisers jusqu'à son cou. Il continua son chemin en passant par ses tétons et s'arrêta à son nombril le temps que ses mains défassent les boutons et la fermeture éclair du jean de son amant.
Harry se leva alors et tendit la main pour que Drago en fasse autant. Il s'agenouilla ensuite et descendit le pantalon en même temps que le boxer de son vis-à-vis. Il caressa le membre déjà bien dressé du blond et fit passer sa langue sur toute la longueur avant de la prendre complétement entre ses lèvres.
Drago ne put s'empêcher de gémir et cela ne s'arrangea pas lorsque son regard tomba sur le miroir en pied. Il était de profil, il voyait donc à la perfection, sous un angle nouveau, ce que Harry était en train de lui faire. Les sensations, conjuguées à la vision qu'il avait, faisaient que tout était plus intense. Il fut obligé de stopper Harry rapidement. Il n'avait aucune envie d'éjaculer de cette manière. Pas aujourd'hui.
Avec un sourire satisfait, Harry se releva et repoussa Drago vers le lit tout en détachant son propre jean. Il prit sa baguette dans sa main et laissa tomber son pantalon en même temps que son boxer avant de rejoindre son amant sur le lit. Il retourna Drago sur le ventre et l'orienta de façon à ce qu'il soit face au miroir.
Le blond se laissa guider avec plaisir. Il aimait quand Harry prenait les rênes. Lui qui était tellement hésitant, voir même pudique au début de leur relation, se montrait de plus en plus confiant et audacieux. Drago aimait ça plus qu'il ne saurait le dire.
A l'aide de sa baguette, Harry lubrifia l'entrée de Drago et son propre sexe. Il aimait les préliminaires mais parfois, comme aujourd'hui, il était trop empressé pour ça.
Il fixa les prunelles de Drago dans le miroir et s'insinua doucement en lui. Il éprouva pas mal de difficultés à garder les yeux ouverts tant le plaisir était intense mais il y parvint, et le blond en fit autant, la bouche ouverte dans un cri silencieux.
Toujours sans le quitter des yeux, Harry commença des va-et-vient lents et profonds. Il eut du mal à ne pas partir en voyant Drago se redresser sur ses genoux, exposant ainsi son corps face au miroir. Il vit ensuite son amant tendre ses bras par l'arrière pour les poser dans son cou et l'attirer un peu plus contre lui. Harry déposa des baisers sur la nuque du blond et caressa son torse.
Ils ne s'étaient toujours pas lâchés du regard. Drago vit ainsi Harry descendre sa main jusqu'à son érection et commencer à la caresser tout en accélérant ses mouvements à l'intérieur de lui. Ils ne tardèrent pas à jouir dans un cri, et ils brisèrent le lien visuel, ne tenant plus.
Le cœur battant, Harry serra Drago contre lui et se laissa aller en arrière. Drago se glissa aux côtés du brun et le regarda, la respiration encore précipitée, les membres tremblants et les yeux un peu fous.
- Je ne sais pas si c'est grâce au miroir mais je n'ai jamais joui aussi intensément, avoua Drago.
- Moi non plus.
Avec un petit sourire, Harry vint se blottir contre Drago et regarda autour de lui.
- Ta chambre est pas mal, trop verte à mon goût mais je la pensais plus… froide.
- Qu'est-ce que tu crois ? J'ai bon goût moi !
Harry ne répondit rien, soudain éreinté, il se laissa aller à fermer les yeux. Drago se leva et s'empara d'une couverture dans son armoire qu'il déplia sur eux deux. Finalement, son dernier souvenir dans cette maison serait le plus bel orgasme de sa vie. Il ne s'en sortait pas si mal.
Merci à tous, j'espère qu'il vous a plu ?
Bizzz et à vendredi !
