Titre : Les liens du sang
Fanficeur : Moi…
Résumé : Riri et les dragons, une grande histoire d'amûûûûr

Avertissement : ATTENTION : Rating entre PG-13 et R (je suis restée aux anciens, ils sont plus faciles à retenir) contient des propos violents susceptibles de CHOQUER et des actes de violence gratuire – je reprécise activité de mangemorts

Disclamer : Rien à moi (hurlements désespérés) – ceux qui sont à moi sont souvent en TRES mauvais état, pas étonnant qu'on veuille pas prêter…


Chapitre 15

-

Le Tournoi


Harry jeta un coup d'œil désespéré à sa statuette qui bâillait dans sa paume. La chance ne serait donc jamais de son côté ? Il devait y avoir une divinité qui jouait avec lui… D'abord champion maintenant, un Norvégien à crête, évidemment. Quelqu'un devait le haïr et pratiquer du vaudou quelque part dans le château.

Draco lui avait murmuré bonne chance quand il avait appris pour les dragons. Harry avait presque grimacé en l'entendant. Car oui. Pour la première fois depuis longtemps il aurait certainement besoin de chance. Il avait affronté des dangers. Mais jamais rien de comparable. Entre un Détraqueur et un dragon, il ignorait ce qui était le pire. Il pouvait presque entendre les quolibets de ses détracteurs. "Il fera moins le malin, maintenant." Paroles sarcastiques qu'il avait envie de lui faire rentrer dans la gorge. Il passait en quatrième. Il pouvait admirablement bien stressé en coulisses en entendant les acclamations du public. Que n'aurait-il pas donné pour être à côté de Draco en train de faire des remarques ironiques sur les performances des champions.

oO°Oo

Fleur savait ce qu'elle aurait à affronter. Madame Maxime le lui avait révélé. Le visage de la jeune demi-vélane était resté impassible mais son cœur s'était mis à battre à cent à l'heure. La peur dans la gorge elle avança dans l'arène des champions où l'attendait sa dragonne. Elle avait eu le temps d'ourdir un plan. En quelques heures, elle savait ce qu'elle allait faire. Mais cela n'empêchait pas la peur de la gagner en sachant qu'elle se retrouverait face à une énorme bestioles en furie, cracheuse de feu.

Déglutissant, la jeune femme referma sa main sur sa baguette. Saisir l'œuf d'or. Elle le voyait, qui brillait aux milieux des œufs ordinaires, si tant est qu'une couvée de dragonneaux puisse être ordinaire.

Peu glorieux ce qu'elle ferait, mais espérait-elle efficace.

- Somnus profundus ! chuchota-t-elle une fois que la dragonne eut quitté son nid pour fondre vers elle.

La bestiole tomba sur la terre, endormie. Respirant, reprenant un peu d'assurance, Fleur courut jusqu'au nid. Malheureusement, elle ne put éviter au passage les fumées ardentes qui entouraient le dragon. Une flamme la frôla. Le "protego" hâtif qu'elle jeta la protégea, mais hélas bien tard.

… Elle avait réussi, songea-t-elle en s'emparant de l'œuf d'or, triomphante. Son bras était un peu brûlé, mais elle avait mis moins de temps que le premier champion.

- Joli tour, Miss Delacour.

Le pas aérien et soulagé, elle quitta l'arène.

- M. Viktor Krum !

oO°Oo

Ce n'était qu'un dragon, ce n'était qu'un dragon, un tout petit dragon. Il s'en sortirait comme une fleur. Courage. Ca irait. Les autres étaient vivants. Il était aussi intelligent qu'eux et s'en sortirait aussi – même s'il était un nain à côté de Diggory et que…

Se calmer. Et avancer. Lorsque ses yeux se posèrent sur le dragon furieux d'être dérangé dans cette activité si passionnante qu'est la couvaison, Harry sentit un calme glacial l'envahir. Toute pensée qui n'était pas cette masse écailleuse disparut et le vide se fit en lui.

- Illusio.

Un nuage bleu sortit de sa baguette et entoura le dragon.

- Illusio. Illusio. Illusio.

Il se jeta sur le côté, roulant sur lui-même pour éviter la valve de flammes lancées par l'animal. L'ennui avec ces créatures extrêmement magiques c'était que les sorts ne leur faisaient pas grand-chose… sinon de les mettre en colère.

- Amplifico illusio.

Maudite magie blanche.

Cette fois le nuage qui sortit était vert foncé et Harry se permit un sourire satisfait.

Le dragon ensorcelé se précipita alors dans un des murs de l'arène, luttant, cherchant un adversaire invisible qui n'existait que dans sa tête, si on pouvait parler ainsi.

- Bravo Potter !

oO°Oo

- Ce n'était pas une utilisation très correcte du sortilège de l'illusion, pépia le professeur Flitwick, cependant, c'était habile et votre combinaison de sorts était parfaite. Nous n'avons pas abordé ce point en cours… Ce n'est prévu qu'au deuxième trimestre...

- J'ai lu le livre…

Le regard de son professeur s'éclaira et il partit discuter avec quelqu'un d'autre. Tout n'était que félicitations pour son exploit. Cet idiot d'Hagrid avait comme d'habitude failli le trahir. Weasley lui avait pratiquement fait des excuses mais Harry avait fait mine de ne pas l'entendre. Rancunier, lui ? Exactement. Maintenant qu'il avait une raison de ne plus devoir lui adresser la parole, il n'allait pas s'en priver.

- Harry…

- Oui, Hermione ?

- … tu sais Ron…

L'adolescent lui jeta un regard furieux.

- Quoi Ron ?

Il savait parfaitement ce qu'elle voulait dire à ce sujet, et il n'avait aucune envie d'entendre ses arguments pour justifier l'arrogance, l'orgueil et la jalousie de la belette. C'était un garçon frustré qui semblait vivre par procuration dans l'ombre des autres, leur enviant tout ce que lui n'avait pas sans songer une seconde à chercher ses propres mérites.

-… Tu sais… il s'en veut vraiment…

- Tant mieux parce que je lui en veux aussi, répliqua Harry. Excuse-moi je dois aller à la bibliothèque.

Hermione pinça les lèvres en signe de désapprobation.

- Ron est un idiot, on le sait tous les deux, dit elle en baissant les yeux, mais c'est aussi notre ami. L'amitié pardonne les défauts…

- Pourtant il semblait déjà avoir du mal à accepter que je puisse "pardonner" les défauts de Draco les années précédentes. Pourquoi lui donnerai-je une autre chance qu'il ne m'a jamais réellement donnée ?

- Tu es injuste avec lui.

- Sûrement. Mais je suis en colère.

Et il quitta la Salle Commune abandonnant la jeune fille derrière lui. Ron s'approcha d'elle.

- Merci d'avoir essayé…

- Je me demande ce qu'il a, soupira Hermione.

-…

oO°Oo

- Salut Riri !

- D'où vous tenez ce surnom vous deux ? demanda Harry avec un regard méfiant.

Les deux jumeaux lui offrirent un sourire malicieux.

- Il est possible qu'on ait entendu Malfoy t'appeler comme ça. Alors on pactise avec l'ennemi Serpentard ?

- Depuis la première année, dit froidement Harry.

Fred éclata de rire.

- Oh là ! Domine ta monture, mon apprenti. On n'a rien contre les Serpentards…

- Enfin si, un peu.

- Sauf que ça, t'es pas censé le dire, crétin.

- Ah. Oups.

- Mais quel idiot. Mais quel idiot.

- Tiens en parlant d'idiot, tu fais toujours la tête à Ron ?

Harry se mordit nerveusement les lèvres. Il n'avait pas envie que les seuls Gryffondor qu'il appréciait réellement, qui l'avaient aidé lui en veuillent pour une chose aussi futile qu'un stupide lion d'or borné et jaloux.

- Oui, je le crains.

Georges hocha la tête.

- Il s'est vraiment comporté en petit con ce coup là. Et je suis sûr que si on avait laissé faire Higgs avec ses badges, notre charmant petit frère en aurait arboré un avec plaisir… comme toute l'école…

- Badges ? Quels badges ?

- Maintenant que tu as pulvérisé les "vrais" champions, tu n'as pas à t'en faire !

- Fred. Quels badges ?

- Moi c'est Georges.

- Non, toi, c'est Fred. Et ne change pas de sujet.

- Nan, juste que Higgs s'ennuyait un peu sans Quidditch, qu'il cherchait une… plaisanterie à faire pour se faire bien voir des grands de septième année… Et qu'il avait pour projet de diffuser des "A bas Potter" "Vive le vrai champion de Poudlard" dans toute l'école sous la forme de ravissantes broches clignotantes. Mais on s'est occupé de lui, et on a eu l'agréable surprise de se faire aider par Malfoy.

- Je vois.

- Pour en revenir à notre problème numéro… je sais pas combien – on les compte plus les problèmes – appelé plus communément un frère… qu'est-ce que tu comptes faire à son sujet ?

- Le faire mijoter un peu. J'en ai plus qu'assez de sa jalousie maladive.

- Ok… Sur ce coup-là, on ne peut que te soutenir, Riri... Bon excuse-nous, on doit piquer, euh, recevoir des ingrédients importants pour notre futur projet.

- Lequel ?

- T'auras le droit qu'à un spoiler, Potter. Ca s'appellera des "Boîtes à Flemmes".

- Non, moi je préférerais un truc comme "Malafaux".

- Pourquoi pas mal au foie ?

- Parce que tes flémingites sont mieux ?

- George, ce mot n'existe pas…

- Et alors ?

Ils s'éloignèrent en dissertant - ou en se disputant - sur ce fameux projet secret.

oO°Oo

- Harry !

- Ah, salut Draco. Dis, les jumeaux m'ont parlé d'un truc intéressant au sujet de Higgs.

-… Ah.

- T'aurais pas oublié de m'en parler ?

- Ce que tu ignores ne peut pas te faire de mal, marmonna Draco.

Harry sourit amusé.

- Ou ne peut pas faire de mal aux autres…

- Aussi…

Le souvenir de la punition des Serpentards qui avaient voulu se jouer de lui était encore très présent dans la mémoire de Draco.

Deux jours étaient passés depuis la première tâche. Grâce à la chose qu'on osait appeler "article" de Skeeter, ses charmants camarades n'avaient cessé de se moquer de lui et de son "horrible manque d'affection" expliqué en long, en large et en travers dans cette feuille de chou.

Il avait été harcelé de tous les côtés pour qu'il ouvre ce fameux œuf qui lui donnerait la clef de la deuxième épreuve. L'expérience n'avait rien donné de concluant à part un cri lugubre et strident, absolument insupportable à entendre. Les suppositions qui avaient expliqué le capharnaüm étaient assez amusantes mais malheureusement, aucune ne plaisaient à Harry qui avait décidé de faire des recherches à la bibliothèque sur les propriétés des œufs magiques.

- Au fait, Champion…

- M'appelle pas comme ça ! le coupa Harry.

- Au fait, Riri, recommença le Serpentard, le Bal de Noël est pour bientôt. Si j'en crois la tradition, tu ouvres le bal avec les autres Champions.

- Je sais, dit Harry.

- Avec qui vas-tu y aller ?

- Je sais pas encore… Tu y vas avec Circée ?

- Avec qui ? fit son ami d'un ton méprisant.

- La fille… La blonde avec qui tu sortais l'an dernier.

- Oui. L'an dernier.

Harry haussa les épaules.

- T'as cassé ?

- Tu crois que je me suis fait jeter ? s'indigna le blond qui s'énerva encore plus devant le sourire entendu de Potter. Salazar, tu le penses…

-… Meuh nan…

oO°Oo

- Je peux m'asseoir ?

- Oui…

La fille lui sourit et s'assit face à lui. Elle avait un an de plus que lui. A Serdaigle si sa mémoire était bonne. Elle était jolie. De longs cheveux châtains qui bouclaient parfaitement autour de son visage, mangé par deux yeux d'une riche couleur marron. Elle avait la peau pâle. Des boucles en forme d'ange scintillaient à ses oreilles.

- Salut, je m'appelle Diana Nicholson.

- Je suppose que je n'ai pas besoin de me présenter ?

Elle étouffa un rire.

- Non… tu fais beaucoup parler de toi, Potter.

Ils travaillèrent un moment en silence.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle.

- J'étudie les propriétés des œufs magiques, répondit l'adolescent.

- Et ça donne quelque chose ?

- A part de vieilles légendes sur les poules aux œuf d'or, pas grand-chose.

Elle lui fit un sourire d'encouragement. Ils travaillèrent encore un moment en silence. Finalement au bout d'une ou deux heures, la fille claqua la langue d'un air satisfait.

- Fini.

Il releva la tête.

- Je peux lire ?

Elle lui tendit son devoir avec un sourire. Un essai pour Rogue. Il parcourut rapidement la prose de la jeune fille.

- Ca a l'air bien.

Elle rougit.

- Merci. Tu es gentil…

Il haussa les épaules.

- Non, je te dis ce que j'en pense, c'est tout.

Elle lui jeta un long regard.

- Au fait, tu as quelqu'un pour aller au Bal de Noël ? demanda-t-il avec un sourire charmeur.

oO°Oo

- Tu as trouvé des choses ?

- Une demi douzaine de légendes sur les gallinacés, répondit Harry, et une cavalière pour le Bal.

Seamus se jeta sur lui pour obtenir plus de détails tandis que les oreilles de Ron devenaient rouge brique. Harry apprendrait plus tard qu'il avait demandé à Delacour de l'accompagner au bal. Son humiliation ferait longtemps les gorges chaudes de Poudlard.

Lorsqu'il partagea ses découvertes avec Draco un peu plus tard, le blond lui conseilla d'aller chercher les propriétés des œufs de Dragon plutôt que ceux des oeufs en or. Et de regarder ce que disait la Réserve au sujet de ces derniers.

- Pas maintenant en tout cas, dit Harry. Quand je suis parti, Krum arrivait. La bibliothèque va être inapprochable jusqu'à ce qu'il soit parti, lui et sa bande de groupies infernales.

- T'aimes pas Krum ?

-… Pas d'opinion pour le moment. Il vient de Dumstrang ce qui lui confère déjà un bon point. Plus j'y pense et plus je me dis que le nom de Karkaroff ne m'est pas inconnu. Mais je suis incapable de me rappeler où je l'ai entendu.

- Il paraît qu'il s'y connaît pas mal en magie noire.

-… mh, je doute que mon père ait recruté dans les pays de l'est…

- Avoir un pion dans une école comme Dumstrang est intéressant.

- Bon argument, mais Karkaroff n'est pas directeur depuis très longtemps.

- Il faut avoir fait pas mal de professorat avant de devenir directeur tu sais. Prof de quoi, magie noire, je te le donne dans le mille.

-…

- Recherches ?

- Recherches.

oO°Oo

Oh ! quand j'entends chanter Noël
J'aime revoir mes joies d'enfant
Le sapin scintillant, la neige d'argent
Noël mon beau rêve blanc

Oh ! quand j'entends sonner au ciel
L'heure où le bon vieillard descend

Je revois tes yeux clairs, Maman
Et je songe à d'autres Noëls blancs

La nuit est pleine de chants joyeux
Le bois craque dans le feu
La table est déjà garnie
Tout est prêt pour mes amis
Et j'attends l'heure où ils vont venir
En écoutant tous mes souvenirs

Oh ! quand j'entends chanter Noël
J'aime revoir mes joies d'enfant
Le sapin scintillant, la neige d'argent
Noël mon beau rêve blanc

Oh ! quand j'entends sonner au ciel
L'heure où le bon vieillard descend
Je revois tes yeux clairs, Maman
Et je songe à d'autres Noëls blancs
Je revois tes yeux clairs, Maman
Et je songe à d'autres Noëls blancs

Les fantômes chantaient. Les armures cliquetaient. Les tableaux chantaient. Peeves ricanait. Miss Teigne furetait. M. Rusard fouinait, fredonnant son hymne personnel qui n'avait rien à voir avec les sapins blancs décorés ("A la chasse aux élèves, je m'en allais gaiement…"), traumatisant au passage tous ceux qui avaient le malheur d'entendre la… chanson.

Bref, la bonne humeur et l'harmonie régnaient à Poudlard, et on en oubliait presque le Tournoi.

Au bras d'une Diana vêtue d'une somptueuse robe verte, Harry était de bonne humeur. Weasley avait trouvé à la dernière minute une cavalière, s'étant fait rembarrer par Hermione. D'ailleurs Harry se souvenait de leur dispute à mourir de rire tant elle était ridicule. ("Eh, mais Hermione, t'es une fille !" "En effet, Ronald." "Tu peux venir au bal avec moi ?" "Non.") Weasley était vraiment une cause perdue.

- Je suis un peu nerveuse, murmura Diana.

- Tu sais danser ?

- Euh… Pas vraiment en fait…

- Ca tombe bien, moi non plus.

Elle rit, semblant se détendre. Après une crise cardiaque collective ("KRUM AVEC GRANGER ?" "… t'es sûr que c'est Granger ?"), les champions du Tournoi se mirent à tournoyer au rythme lent d'un slow.

C'était agréable. Harry décida qu'il aimait bien danser avec une fille.

oO°Oo

Après une dizaine de chanson, les pieds légèrement en compote – c'était peu dire – Harry proposa à la jeune fille de faire une pause. Elle accepta avec plaisir et ils allèrent prendre une boisson.

- Superbe compagnie que tu as là, Potter.

Draco se tenait près d'eux, accroché à une blonde langoureuse – tous les Malfoy étaient voués à sortir avec une blonde ou quoi – qu'il embrassait goulûment de temps à autre.

- Oh, pitié Malfoy, épargne-moi cette vision. T'as bu combien de verres ? (il fronça les sourcils) y a pas des sorts pour empêcher de boire ?

- … Cinquième… P'être six. Pis, j'suis un Salazar… un Sapentard… un Serpentard. J'fais comme j'veux.

Diana regarda avec stupéfaction l'unique héritier de la fameuse famille Malfoy.

- On va dire qu'on a rien vu, soupira Harry en tendant un verre à la jeune fille.

Une fois bus, ils retournèrent danser, laissant Malfoy attaquer son septième verre. Ou était-ce le huitième ?

oO°Oo

"Et l'enfant avala le cœur de l'oiseau, dorénavant, une pièce d'or se trouverait chaque matin sous son oreiller. Dès lors, la convoitise gagna son entourage, et il ne tarda pas à être exploité par le commerçant.

La légende du pouvoir de l'oiseau d'or – la poule le plus souvent – court dans toutes les cultures et peut notamment être associé aux sorts de…"

Non. Non et non. Ce n'était pas ça. Lire toujours les mêmes choses sans aucun résultat commençait à l'agacer sérieusement. Il attrapa machinalement un autre livre sur la pile qui avait fait frémir d'horreur la bibliothécaire.

"De l'enchantement des œufs de poulet"

Après tout pourquoi pas ? Il commença à feuilleter du bouquin, ayant de plus en plus de mal à ne pas montrer l'ennui que lui prodiguait ses fastidieuses recherches.

Il reposa furieusement le livre sur la pile "déjà lu" après avoir dépassé la cinquantième page. Le geste faillit faire tomber la pile.

Il saisit le livre suivant et le consulta d'un œil ennuyé. Il promettait d'être aussi "passionnant" que les précédents.

- Potter.

Il releva la tête. Diggory.

- Salut, marmonna-t-il.

Pas de hordes de fan derrière lui. Madame Pince avait de bons côtés tout de même. La vieille dame – à ce stade là il pensait à un autre terme pour la désigner quelque chose entre la furie et la harpie – faisait peur à la moitié des élèves de l'école – l'autre moitié n'ayant pas besoin d'une femme revêche pour ne pas s'approcher d'une bibliothèque.

Le champion le regarda sans un mot.

- Tu comptes prendre racine ?

Le Poufsouffle serra les dents, nettement agacé par son cadet. Il s'assit néanmoins une chaise.

- Comment as-tu su pour les dragons ?

Potter eut un sourire goguenard.

- Il paraît que la tricherie est une tradition du Tournoi. Comme tu es bien trop honnête pour faire ce genre de chose…

-…

- Et puis je ne souhaiterai pas à mon pire ennemi d'affronter un dragon sans y être préparé, dit Harry, trouvant cet argument nettement plus Gryffondoresque et convaincant.

Je préfère le tuer de mes mains, ce pire ennemi

Cédric haussa les épaules. Son regard se porta sur la pile de livre que l'adolescent consultait depuis bientôt deux heures.

- Tu cherches à résoudre l'énigme…

-…

Potter détestait admettre que quelque chose lui résistât. Il ne cherchait peut être pas au bon endroit. C'était toujours possible. Sûrement le cas étant donné la vitesse à laquelle il avançait.

-… A mon tour de t'aider Potter… Après je ne te devrai plus rien.

Avide, Harry le regarda.

- L'eau.

- Quoi l'eau ?

- Ouvre-le sous l'eau, dit Diggory avec un geste impatient.

Harry arqua un sourcil.

- Merci. Je peux te demander comment tu as trouvé ?

Peut être qu'il l'emporte partout où il va… même sous la douche, ricana mentalement Harry.

- Disons que moi aussi j'ai reçu un peu d'aide, d'une façon… peu conventionnelle.

oO°Oo

- Maître, il va falloir s'éloigner quelques temps de Little Hangleton.

- Prétends-tu pouvoir me dire que je dois faire ? siffla Lord Voldemort, les yeux brillant de rage.

- Maître, les Aurors Moldus vont faire une enquête. Ils vont venir ici. S'ils nous trouvent…

- Es-tu impotent au point de ne pas pouvoir réaliser un simple Repousse-Moldu ?

- J'ai peur qu'un tel sort n'attire l'attention de Dumbledore ici. Il suit la presse Moldue, à ce que l'on dit et si les médias de la régions déplorent le stagnement d'enquête faute de motivation des policiers, dans une affaire magique, il sentira que…

- Epargne moi la douleur d'entendre plus longtemps ta voix geignarde Queudver. Le vieux fou est bien trop occupé par le Tournoi des "Quatre" sorciers pour s'en occuper ! A ce sujet, Croupton commence à devenir gênant. C'est un problème qu'il va falloir résoudre. Salazar veut que je n'aie pas que des serviteurs aussi inutiles que toi, Queudver.

- Mais Maître, je vous ai cherché, aidé, je –

- Endoloris.

oO°Oo

-Ne mange pas cet œuf Nagi, il est en or.

-Pourquoi ne puis-je pas le manger ? Qui te dit que c'est de l'or ? On dit que le silence est d'or, l'as-tu jamais vu briller ?

-…

-…

-Que veux-tu dire ?

-Les apparences sont trompeuses. Je te le répète suffisamment.

-Comment le sais-tu ? Que tu me le répètes ?

-Le maître ne s'aperçoit pas de la connexion que vos émotions déclenchent. Te contacter dans un rêve est chose aisée, moi qui suis lié au maître par le sang.

-Par le sang ?

-Me prends tu pour un vulgaire python ? Je suis né de la salamandre et du basilic.

-Je crois surtout que tu manges trop de rats.

-Je t'ai déjà dit que je ne supporte pas les rats. Le voir jour après jour devant moi me répugne.

-De qui tu parles ?

-Par le maître en personne, ton séjour chez les lions a détruit ta cervelle ? Je parle de Queudver bien sûr ! Cet immonde parasite qui profite de la faiblesse du maître pour tenter de sauvegarder sa vie.

-… Père est vraiment vivant ?

-Aussi vivant que toi et moi. Faible très faible.

-Tu te souviens de moi.

-Seulement en rêve. Il n'existe pas de barrières aux rêves tu sais.

-Tu as changé.

-Je suis peint en violet, lui rappela le serpent. Attrape la balle. Il se pourrait que les changements soient au bout.

-Au bout de quoi ?

-De tes doigts. Et de ce que tu en fais.

Pour la première fois, il se souviendrait de son rêve.

oO°Oo

"Descends nous visiter et entends nos paroles
Nous devons pour chanter être au dessous du sol"

Dans l'eau en somme. Peu de créatures avaient une voix aussi divine. Il pensa à des vélanes mais elles vivaient sur le sol. Sûrement des sirènes.

"A présent réfléchis, exerce ton esprit
Ce qui t'est de plus cher nous t'avons ravi"

…. Mais bien sûr. C'était quoi cette épreuve stupide ?

"Pendant une heure entière il te faudra chercher
Si tu veux retrouver ce que l'on t'a arraché
Après l'heure écoulée, renonce à tout espoir
Tes efforts seront vains car il sera trop tard"

Alors qu'il descendait aux cuisines à une heure impie, il réfléchissait à la chanson de l'œuf. Rester une heure sous l'eau. Comment était-ce possible ? Il y avait bien des sorts de magie noire aux effets intéressants qui permettait au corps humain de vivre sans respirer mais un, la magie noire était à prohiber et deux ce sort était atrocement douloureux et plutôt utilisé dans les séances de torture.

Il fallait trouver autre chose.

oO°Oo

- Hermione ?

Elle finit d'avaler son porridge et lui jeta un regard.

- Oui, Harry ?

- Si tu devais rester une heure sans respirer sous l'eau, comment ferais-tu ?

La jeune fille écarquilla les yeux.

- Quoi ?

- C'est pour la deuxième tâche, s'expliqua-t-il.

Autant laisser bosser les autres s'il le pouvait. Ca le fatiguerait moins.

- Je vois…

En fait non. Elle ne voyait pas du tout. La réponse à tous les mystères fut des plus surprenantes. Tant que par son auteur que par sa simplicité. Mais les choses les plus simples sont les moins évidentes.

- Branchiflore, dit Neville, j'utiliserai de la branchiflore.

oO°Oo

- Harry, comment tu t'es procuré ça ?

- Crois-moi Draco, tu ne veux pas savoir.

-…

- Je ne suis pas en cause. "Sylwae Talker" en a commandé à l'Allée des Embrumes. Comment ses achats ont atterri dans mes mains restent un vrai mystère.

- Sylwae ? C'est quoi ce nom ?

- … j'avais pas beaucoup d'inspiration ce jour-là.

Peu importait le moyen. Il avait la Branchiflore. C'était le plus important. Draco ne fit aucun commentaire et changea de sujet très rapidement.

oO°Oo

- Avancez-vous Maugrey ?

- J'ai beaucoup de suspects, répondit le vieil Auror en lui lançant un regard suspicieux. Il est heureux que Dumbledore m'ait laissé carte blanche. S'il avait fallu compter sur vous…

- Il semble que j'ai suffisamment fait preuve de ma loyauté par le passé, Maugrey.

- Il semble en effet, cracha Maugrey comme si la simple idée d'associer le professeur de Potions au terme "loyauté" lui était insupportable.

- Assez tous les deux ! les interrompit Minerva Macgonagall, je vous rappelle que nous sommes dans un couloir. Inutile de faire un esclandre ici.

Maugrey renifla.

Devant le bureau de Dumbledore, il attendait patiemment que la porte gardée par la Gargouille s'ouvre. Malgré le mot de passe ("Haribo c'est beau la vie"), la statue refusait d'ouvrir le passage : le grand directeur était en consultation. Si, si, ça arrivait au célébrissime sorcier de faire des choses sérieuses. Même si c'était plus que difficile à croire.

Au bout d'une éternité – et trente sujets de disputes répertoriés – la porte s'ouvrit sur un Igor Karkaroff furieux qui marmonnait des insanités dans sa barbe, enfin, son bouc plutôt.

- Des problèmes Karkaroff ? s'enquit presque innocemment le professeur de Défense.

- Vous…, siffla le directeur de l'école bulgare comme si l'ancien Auror était le responsable de tous ses malheurs et que seule sa mort lente et douloureuse pourrait les résoudre.

Pas traumatisé pour un sou – il avait vu pire – Maugrey lui fit un sourire éclatant. Sur son horrible visage, le rictus ressemblait à une blessure qu'on aurait fait à l'arme blanche.

- Moi.

Un ton arrogant, orgueilleux. Un ton qui ne ressemblait pas vraiment à Maugrey et qui contenait les menaces de tout un monde.

- Venez Alastor, dit Minerva, Albus doit nous attendre.

Avant de suivre ses collègues, Rogue échangea un long regard avec Karkaroff qui murmurait silencieusement "je dois te parler".

oO°Oo

- LONGDUBAT ! Même si je sais que c'est difficile est-il envisageable que vous vous serviez de cette masse grise que tout être humain tout Gryffondoresque soit-il est censé posséder, êtes vous capable de LIRE correctement un texte ? PAS DE SANGSUES DANS CETTE POTION ! Vingt points en moins pour Gryffondor.

Des halètements de protestation lui parvinrent mais pas suffisamment forts pour qu'il en trouve l'auteur. Pour une fois que la punition était justifiée... Car comme Hermione leur ferait savoir plus tard la sangsue que Neville avait voulu ajouter, combinée aux yeux de triton et aux ailes de scarabée rouge, aurait provoquée une grave explosion qui aurait pu détruire tout le cachot. Neville pâlirait, au bord de l'évanouissement, et serait encore plus tremblant aux prochains cours. Un cercle vicieux.

Mais pour le moment Harry était préoccupé par son flacon de bile de tatou que quelqu'un avait "renversé" sans doute sans le faire… exprès, et non par l'explosion à laquelle la classe venait d'échapper. Il était donc en train de nettoyer la flaque bleuâtre puante alors que le cours se terminait dans cinq minutes. Il était légèrement énervé car pressé de quitter le cachot. Et Rogue n'accepterait jamais qu'il sorte sa baguette. Enfoiré de prof.

- SEVERRRRRRUS !

Crise cardiaque générale. L'hallucination devait être collective car chacun put voir Igor Karkaroff débarquer dans la salle de cours, les yeux effrayés comme s'il avait croisé un démon ou deux en chemin.

- Je suis en cours, lui fit froidement remarquer Rogue alors que l'autre, l'air peu soucieux de la réputation de Rogue et des élèves qui le dévisageaient comme s'il était une bestiole curieuse, s'avançait vers l'estrade où bouillonnait la potion parfaite de Severus - tout en évitant savamment la flaque de bile que nettoyait Potter en marmonnant des insultes mentales à une chauve souris qui prohibait les baguettes magiques dans son cours.

- J'attends la fin du cours, alors.

Severus serra les dents. Il avait une assez bonne idée de ce que pouvait bien lui vouloir l'homme. Une même brûlure sur le bras qui s'assombrissait de jour en jour.

- Le cours est terminé, marmonna Rogue au grand soulagement des Gryffondor qui se précipitèrent vers la sortie.

Deux types glauques et méchants, spécialistes de la magie noire dans la même pièce, c'était définitivement trop pour eux.

La bile me sera utile finalement, songea Harry, soudain intéressé par la conversation.

- Tu ne peux pas ne pas l'avoir sentie, soufflait Karkaroff toujours aussi peu concerné par les regards intrigués qu'on lui jetait. De toute façon qu'avait-il à craindre de l'opinion de gosses de quatorze ans ?

Il parlait si bas que Harry pourtant tout près avait bien du mal à entendre.

-… On en parlera plus tard.

- "Plus tard" ? Je sais très bien que tu m'évites, Severus.

- A qui la faute ? Tu es aussi discret qu'un troupeau d'Hippogriffes.

- Elle me brûle chaque jour davantage ! Et tu sais ce que cela signifie…

- Tais toi !

Karkaroff lui montra quelque chose sur son bras, lui mettant sous le nez pour appuyer ses dires.

- Tu ne peux pas l'ignorer, Rogue !

- Cache ça ! siffla le Serpentard. POTTER ! Qu'est-ce que vous fabriquez ?

- Bile de tatou, marmonna Harry avec un sourire innocent.

Il essuyait le sol sec depuis deux ou trois minutes maintenant. Les yeux de Rogue s'étrécirent, brûlant de rage.

- Fichez le camp. On parlera plus tard ! ajouta-t-il à l'intention d'Igor. Le ton n'admettait aucune réponse.

Rogue suivit les traces de Harry pour faire entrer les sixièmes années.

- EN SILENCE ! aboya-t-il alors que des chuchotis commençaient à la vue du directeur de Dumstrang.

Le bulgare serra la mâchoire, foudroya l'ancien Mangemort du regard et sortit de la classe.

oO°Oo

- Je sais ce qui cloche avec Karkaroff.

- Je t'écoute…

- C'est un Mangemort, lui annonça Harry avec un grand sourire.

- …

- Il était venu parler de sa Marque à Rogue.

- En plein milieu d'un cours ?

- Il est inquiet, dit Harry d'un air rêveur.

- Mais pourquoi ?

- Je crois que la marque des ténèbres est en train de se réveiller…

- Quoi ?

Harry répondit par un sourire énigmatique, un rêve étrange ressurgissant dans son esprit.

oO°Oo

- M. Croupton n'est pas là ?

- Il est malade, dit Percy d'un air important comme s'il détenait la clef du savoir de toute l'humanité. Il a expressément demandé à ce que j'arbitre la seconde tâche à sa place, monsieur le directeur.

- Il ne s'agit pas d'arbitrage mais de notation, M. Weasley.

Percy haussa les épaules. C'était du pareil au même pour lui.

- En quoi consiste la tâche ?

Le vieil homme se lança dans une longue explication dans laquelle il était question de choses précieuses kidnappées par des sirènes. Weasley se garda bien de demander comment des êtres aquatiques pouvaient enlever des personnes sur terre.

Une dizaine d'heures plus tard, les quatre candidats plongeaient dans l'eau. Harry fut le deuxième à remonter - problème sérieux avec des Strangulots de mauvaise humeur -, remorquant un Ron endormi. La tentation de le lâcher était très forte et il se demanda pourquoi MacGonagall avait pensé à ce maudit rouquin. Il était vraiment très lourd, et ce dans tous les sens du terme.

oO°Oo

Draco n'avait pas semblé traumatisé de ne pas avoir été enlevé par les sirènes. Lorsque Harry lui en demanda la raison, il haussa les épaules.

- On aime pas vraiment l'eau dans ma famille tu sais.

- Pourquoi ?

- Le frère de mon père s'est noyé il y a longtemps.

-…

-…

-…

-… je me demande en quoi consistera la dernière tâche.

- On le saura une semaine avant, je crois.

Ils furent interrompu par la voix rauque du champion de Dumstrang. Que faisait-il ici, celui-là ?

- Potterrrr.

- Krum ?

- Je peux te parrrler, une minute ?

Harry échangea un coup d'œil avec le blond.

- Pas tout de suite, non. On doit retourner –

Il fut interrompu par un cri. Les trois garçons se retournèrent vivement pour faire face à un Barty Croupton. Les vêtements en désordre, les yeux révulsés de folie, il était bien loin de l'image parfaite qu'il avait d'habitude.

- Dumbledore… parler… à …. Wisley, avez-vous envoyé ce hibou à Verpey ? La disparition de Jorkins devient préoccupante… Vite… Dumbledore… chercher…

- Il est complètement malade.

Harry l'observa avec intérêt, se souciant peu de son discours délirant. Il observa la sueur noirâtre qui coulait de son front, ses tremblements incontrôlables.

- Il a subi pas mal de sorts impardonnables ces derniers mois…

- Il faudrrrrrrait peut êtrrrre aller cherrrrcher Dumbledorrre…

- Toi et Draco n'avez qu'à y aller.

Il observa l'homme.

- Moi je vais rester ici.

Il serait sûrement mort d'ici à ce qu'ils reviennent. Draco tarderait en chemin. Harry allait avoir le temps de l'interroger. Une fois tranquille, il se tourna vers Croupton avec un sourire tranquille.

- Qui vous a fait ça ?

- Le hibou Wistily, le hibou !

- Qui. Vous. A. Fait. Ca ?

Encore une réponse délirante et il lui jetait un Imperium. Il n'en eut pas besoin.

- Fait une erreur… Terrible erreur… mon fils… N'oubliez pas mon rendez-vous avec le directeur des affaires commerciales demain.

- Votre fils, monsieur ?

Venu de nulle part, un Avada Kedavra frappa l'homme qui s'effondra. Puis ce fut le trou noir.

oO°Oo

- Que s'est-il passé ?

- Par les Gorgones ! Professeur Rogue ! M. le directeur ! Ceci est une infirmerie et ce garçon doit se reposer !

- Pompon, il a probablement assisté à un meurtre…

- Raison de plus ! Un tel traumatisme ! Inutile de le presser de questions ainsi, il est incapable de se souvenir de son propre nom ! Ce sortilège aurait pu avoir de graves séquelles.

-…

-…

- Cela dit, je n'ajouterai qu'une chose, messieurs. Dehors ! M. Potter n'est pas en état de vous répondre. Quand il le sera je vous le ferai savoir.

- Le plus tôt sera le mieux. L'affaire est grave.

oO°Oo

On l'avait pris par surprise. Pour la première fois depuis des années, il avait été surpris par un sort. Et pas des plus anodins en plus. Le pire était qu'il n'avait aucune idée de l'identité de son agresseur. Il n'avait pas reconnu sa voix. Rauque, voilée, il ne l'associait à rien d'autre qu'au trou noir dans lequel le maléfice l'avait plongé. Il pourrait répondre sans mentir aux questions qu'on lui poserait. Il en savait peu lui-même. En réalité, il ne savait rien.

oO°Oo

- Qu'as-tu fait ?

- Je l'ai tué, Maître.

- Il aurait pu nous être encore utile.

- Il aurait vu Dumbledore. Potter était en train de l'interroger. Le garçon aurait pu dire des choses…

Un rire.

Froid comme la mort. Le mangemort frissonna malgré lui. C'était comme si un courant glacé s'emparait de tout son être, le secouait pour finalement le relâcher, transi de froid et totalement vide. C'était un rire sans vie.

- Non. Je ne crois pas qu'il l'aurait fait.

Le regard rouge se perdit au loin. Des réflexions connues de lui seul tombèrent devant ses yeux. D'où venait cette certitude ? Il ne le savait pas. Elle était là.

- Veille à que rien n'arrive à Potter.

- Êtes vous sûr que vous ne l'utiliserez pas pour votre rituel ?

Le maître ne répondit pas.

- Il faudra trouver une autre entrée au Ministère.

- Une fois ce rituel accompli, Maître, plus rien ne vous arrêtera.

Un sourire. Ou peut être une moue ennuyée.

- Endoloris.

Juste parce qu'il en avait envie. Les hurlements étaient toujours délectables. Quelles qu'en soient leurs origines. Et puis entendre crier lui rappelait que malgré son apparence aussi hideuse que pitoyable, il était encore en mesure de faire du mal.

° Crie plus fort, Barty.°

oO°Oo

- Je dois retourner chez le vieux fou...

- Ô joie.

- … me réconcilier avec Weaslaid.

-… pourquoi ?

- Être aussi obtus même pour un Gyffondor, ça va devenir louche.

-…

-…

- T'en as des choses à faire.

- Ouais.

- Pourquoi tu bouges pas alors ?

Potter répondit par un grognement fatigué.

- Tu me raconteras pour le vieux.

- Ouais, ouais…

oO°Oo

- Il n'y a rien d'autre dont tu te souviennes ? Un détail… ?

Les yeux bleus le regardaient gravement. La malice avait déserté ses prunelles au profit d'une grande lassitude. Harry se demanda si d'autres disparitions étaient venues l'inquiéter. Il entendait souvent Verpey – quand il le voyait – plaisanter sur le sens de l'orientation et l'étourderie de Jorkins.

- Non. Il a parlé de son fils. Une erreur…

Harry ne voyait pas le rapport avec la folie furieuse qui avait saisi l'honorable homme.

- Que s'est-il passé ?

- Une bien triste histoire… Alors qu'il était en bonne voie pour devenir ministre de la Magie (Harry dut retenir une moue dégoûtée, il se souvenait des rapports de ce qu'on faisait subir aux prisonniers dans l'espoir qu'ils parlent et ce n'était pas vraiment plus reluisant que les activités des mangemorts – le Doloris avait été appliqué à la louche ), son fils s'est fait prendre avec Bellatrix Lestrange, torturant les Longdubas. On dit qu'ils étaient persuadés que le couple saurait l'endroit où était leur Maître. Bartemius était ministre de la justice.

- Qu'a-t-il fait ?

- Il les a condamnés.

- Même son fils ?

- Oui. Croupton Junior est mort quelques temps plus tard à Azkaban.

Harry grimaça de dégoût.

- Il a condamné son propre fils ? Mais pourquoi ?

- Je crains qu'il n'y ait pas de réponse, Harry.

Une sonnerie retentit dans le bureau. Quelqu'un voulait entrer. Quelques secondes plus tard, Severus Rogue se tenait dans le bureau. Il accorda à peine un coup d'œil à Potter.

- Professeur, venez vite.

- Que se passe-t-il ?

- On l'a retrouvé. Et comme vous le craigniez, il est dans un mauvais état. Il s'en est fallu de peu.

Rogue jeta un coup d'œil à Harry. Dumbledore pria le garçon de l'attendre dans le bureau alors qu'il suivait Severus, Salazar sait où.

Les deux hommes marchèrent silencieusement jusqu'à l'infirmerie. Dans le lit, un homme au teint pâle et aux cheveux grisonnants étaient étendu. Son visage d'une cinquantaine d'années, portait la marque de quelques cicatrices qui ne devaient certes pas être de bons souvenirs.

- La Marque flottait au dessus de lui quand nous sommes arrivés. Apparemment, le coupable aurait voulu parachever son œuvre en le tatouant, mais il n'a pas eu le temps.

- Quelle horreur! A-t-on une idée de l'identité de son agresseur ?

Dumbledore jeta un coup d'œil pensif sur le corps inanimé de Kantor Kerfiel.

- Aucune. Peut être en saurons-nous plus à son réveil.

- S'il se réveille, bougonna Pompom. Il serait mieux à Saint Mangouste.

Entre les mains du Ministère. Et Fudge ferait n'importe quoi pour ne pas alarmer la population. Un attentat signé par un Mangemort serait de très mauvais augure. Surtout après cet été...

- Je ne crois pas Pompom. Mais j'ai toute confiance en vous. Vous saurez vous occuper de lui.

La femme fit une moue dubitative avant de les mettre dehors. Elle refusa avec un regard accusateur les sucreries que lui proposait Dumbledore. Comme si elle avait le temps pour de pareilles bêtises.

- Il ne faut pas refuser les plaisirs simples. On ne peut jamais savoir jusqu'à quand ils dureront.

- Je suis allergique au citron.

Dès le lendemain, une fois que son état serait stable, Kerfiel serait mis en sûreté, dans un endroit où aucun membre de l'Ordre du Phénix n'avait mis les pieds depuis quatorze ans.

oO°Oo

- Igor Karkaroff vous avez été reconnu coupable de crimes contre l'humanité, incluant des actes racistes, discriminatoires qui vous ont poussé à torturer et tuer des personnes que vous qualifiez de "sang de bourbe". La condamnation est sans appel-

- Attendez ! Je peux vous donner des noms !

- Je vous écoute…

- Rosier…

- … a déjà été arrêté. Ainsi que le couple Lestrange…

- JeRockwood

- Rockwood ?

- Du Département des Mystères…

Murmures dans la salle. La trahison des langues de plomb n'a jamais été prouvée, seulement vaguement soupçonnée. Se pourrait-il ? Les regards se tournent vers le chef du Département des mystères qui blanchit, additionne tout ce qu'il sait, panique et finalement hoche la tête. L'insoupçonnable…

- Est-ce là les seuls noms que vous pouvez nous donner ?

- Non !

- …

- ROGUE !

- Severus Rogue a été acquitté.

- Je peux jurer que Rogue est un Mangemort !

- Si c'est là les seules déclarations que vous ayez à faire…"

"Il est temps de revenir Harry…"

Le monde de la Pensine s'effaça.

- Pardonnez-moi professeur, murmura Harry, une fois assimilée les informations et de retour dans le bureau.

Le vieil homme lui répondit par un sourire tranquille. Une telle sérénité se dégageait de cet homme que c'en était dérangeant. Il avait l'air de tout savoir, et malgré son air loufoque et ses méthodes plus qu'étranges, Harry comprenait pourquoi cet homme était le seul à pouvoir effrayer un mage noir. Il était tellement conscient de son entourage, de la magie… et peut être de la nature humaine que le garçon se sentait en permanence mis à nu devant ses yeux bleu. Même s'il était impossible qu'il sache quoique ce soit, Harry était cependant perturbé par la présence de Dumbledore et ne voulait qu'une chose quitter cette pièce le plus vite possible. Il ne supportait pas son regard clair sur lui. Il n'arrivait pas à se l'expliquer.

Albus Dumbledore commençait à lui faire peur.

- Ce n'est rien Harry, l'assura l'homme. C'est de ma faute, j'aurai dû prendre le temps de fermer correctement cette armoire. La curiosité est signe d'intelligence éveillée. Il faut cependant en user avec précaution. Il suffit de voir où cela a mené Bertha Jorkins.

-…

- Sais tu ce que c'est ? demanda le directeur en montrant la bassine.

-…

- Une pensine. Il sert à y mettre des souvenirs qu'on peut ensuite revoir comme si on y était. Prendre du recul par rapport à ce que l'on a vécu.

-…

Il marmonna une formule. Un autre souvenir se joignit aux autres. Une adolescente plutôt jolie, un peu boulotte aux tresses blondes en fouillis parlaient à un Dumbledore sensiblement plus jeune.

"- Parker m'a jeté un sort, Monsieur. Tout ça parce que je lui ai dit que je l'avais vu embrassé Nelly Thornton derrière la grange.

- Mais pourquoi vous êtes vous mêlée de cela, Bertha….

- Beeeeeen…"

- C'est…

- Bertha Jorkins, telle que je me souviens d'elle.

oO°Oo

Il devait bien être minuit et demi. Vêtu de sa cape d'invisibilité, armé de sa baguette intraçable, vêtu de noir et cagoulé magiquement, Harry déambulait dans Poudlard. Il évita Miss Teigne avec succès. La brave bête le renifla et se prit un coup de pied dans le museau. La chatte n'y revint pas et partit ventre à terre se plaindre à son maître. Il vit des armures cliqueter avec terreur sur le passage d'un Peeves machiavélique qui planifiait à voix haute ses prochains plans contre Rusard et un tableau du quatrième étage qui l'agaçait prodigieusement – un certain chevalier de Catognan, Catogan… - Il croisa Rogue qui faisait sa ronde habituelle. Il devait vraiment être insomniaque ce type. Par bonheur il ne croisa pas Maugrey. Il aurait eu du mal à expliquer le pourquoi de sa présence. Maudit soit cet œil bleu électrique.

Karkaroff.

Sa cible se nommait Igor Karkaroff.

Pourquoi ? Il ne le savait pas vraiment. Juste que cet intermède avec Dumbledore, voir cet homme trahir tout ceux qui avaient été ses compagnons durant de longues années avait attisé sa haine. Parce qu'il avait besoin de violence, de voir du sang se répandre à cause de lui – le sien ou celui d'un autre – qu'il avait besoin d'exprimer sa rage d'être celui qu'il était, qu'il se condamnait à être. Parce qu'il était en permanence en colère et qu'enfin il trouvait un exutoire en ce sujet de rage tout trouvé. Parce qu'il haïssait la trahison par dessus tout et qu'elle faisait plus mal qu'un poignard. Rockwood. Il se souvenait vaguement de ce grand homme sombre. Toujours froid. Un regard marron qui vous glaçait de l'intérieur. Il donnait l'impression de détenir des secrets que nul autre ne possédait. Il lui avait donné des cours jadis. C'était grâce à lui qu'il avait obtenu la baguette intraçable. Parce qu'il estimait la valeur de Rockwood qui avait oublié les siens pour suivre ses convictions. Même si elles étaient en dehors de toute morale il l'avait assumé avec panache. Pas avec la folie furieuse de Bellatrix Lestrange ou le plaisir malsain de Rosier. Il l'avait accepté avec froideur, presque indifférence. Il était un monstre. Il aimait faire souffrir et il le faisait avec un masque inébranlable. C'était un de ceux qui avaient été le moins torturés par Lord Voldemort.

C'était dire à quel point celui-ci l'estimait.

A la mort de Marcus Malfoy c'était lui qui l'avait remplacé.

Harry ignorait ce qu'était devenu cet homme. Il ne l'appréciait pas forcément mais il reconnaissait sa valeur et son utilité. Et puis pour toutes les raisons précédemment citées, il attaquerait Karkaroff ce soir. Et peut être qu'il aurait l'esprit tranquille ce soir.

oO°Oo

- Sens-tu ta Marque te démanger, sens-tu la brûlure du tatouage te manger le bras.

Karkaroff lança un sort. Il détruisit une étagère. Mais l'adversaire ricana. Sa voix venait d'autre part maintenant. Il projetait sa voix. Il n'avait aucun moyen de savoir où il était.

- Pensais-tu que ta trahison ne serait jamais découverte ? Ne serait jamais punie ? Pensais-tu réellement que tu allais t'en tirer.

- Cela fait quinze ans !

- Oui. Et ceux que tu as dénoncé sont en enfer depuis.

- Ils le méritaient !

- Endoloris.

Les hurlements auraient pu prévenir quelqu'un. Mais la porte était scellée et la chambre insonorisée.

- Ils le méritaient. Et j'ai changé !

- Crois-tu ? Phabrisus.

Les hurlements continuèrent.

- On ne change jamais, tu sais. Jamais. Magnis Gelus

- Qui…

- Bonne nuit…

Un dernier sort et il s'évanouit, terrassé par la douleur. Harry sortit tranquillement. Oui, il se sentait mieux.

oO°Oo

- ENCORE un blessé ?

- Il a été torturé, Pompom.

- DEPÊCHEZ VOUS ! ET SORTEZ DE CETTE INFIRMERIE !

A peine eut-elle mit Rogue et Dumbledore à la porte que celle-ci s'ouvrit sur un Krum paniqué.

- Le prrrofesseurrr Karrrakarrrroffff est là ?

Il semblait réellement inquiet.

- Oui. Rassurez-vous, il se remettra, dit l'infirmière.

-… je peux lui parler ?

- Non, il dort.

Enfin plutôt il était évanoui mais inutile de paniquer le jeune homme. Elle le mit plus gentiment à la porte, le laissant aux soins compréhensifs de jolies étudiantes voulant le consoler.

oO°Oo

Le rire le glaça jusqu'aux entrailles.

- Karkaroff ? Torturé ?

L'idée le fit ricaner de plus belle. Un ricanement de Lord Voldemort était pire qu'une craie crissant sur un tableau. Il le ressentait sous sa peau en un frisson désagréable de terreur qui le prenait à chaque fois.

- Et ce n'est pas toi, Bartemius ?

Il se crispa au nom moqueur.

- Non, Maître.

Le rire se calma. Un sourire satisfait le remplaça dévoilant des dents légèrement plus pointues que la moyenne. Il respectait son maître au-delà de tout mais la vue de cette créature rachitique, dévastée mais débordante de pouvoir le dégoûtait. Il se demanda comment faisait Queudver pour toucher Lord Voldemort chaque fois que c'était nécessaire.

- Savez-vous… qui ? Il y a… quelqu'un d'autre ?

- J'ai une idée, répondit le mage noir. J'attends avec impatience de pouvoir la vérifier…


FIN DU CHAPITRE