Titre Anglais : Harry's Last Hope
Titre Français : Le dernier espoir d'Harry
Auteur : Teachersnape64
Chapitre traduit par : Patmolcornedrue
Bêta traductrice : Remus James Lupin
Bêta Correctrice : Sheltan
Rasing : T
Etat de la fic en anglais : Fini (53 chap)
Etat de la fic en français : 36 traduit : En cours :
Disclamer : Rien ne nous appartient sauf la traduction
Résumer : L'été après la mort de Sirius, Harry est rempli de culpabilité. Severus apprend quelque chose du passé qui met en danger Harry. Snape décide de l'adopter et le préparer à la bataille contre Voldemort.
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Merci pour toutes vos reviews
Bonne lecture et à bientôt pour la suite
Eni et Onarluca
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Chapitre 36 : L'Ordre.
Harry sortit les livres de cours qu'il avait amené avec lui de son sac de classe. Il était déterminé à faire tout ce qui était en son pouvoir pour rattraper son comportement de ce matin et surtout le vol de souvenirs de son père. Il n'avait jamais vu Severus être autant en colère contre lui auparavant, pas même la fois où il avait fouillé dans sa pensine. Le sentiment d'avoir blessé Severus était encore bien présent. Il le rongea pour le reste de l'après-midi, ce qui l'empêcha de réellement se concentrer sur ce qu'il lisait.
Il ne restait qu'une dizaine de minutes avant l'heure du dîner lorsqu'il alla se débarbouiller avant de descendre afin d'être sûr de ne pas arriver en retard. Sur le chemin qui menait à la salle à manger, il vit plusieurs hiboux se reposant dans l'entrée. Ils devaient sûrement attendre les réponses de Severus. Harry se demanda ce qui avait bien pu se passer pour qu'il reçoive autant de lettres d'un seul coup. Il s'arrêta devant le bureau de son père et attendit qu'il remarque sa présence.
Severus finit de rédiger la réponse aux derniers évènements, la plia et la posa sur son bureau lorsqu'il remarqua Harry debout devant la porte.
« Entre Harry et assieds toi. Je reviens tout de suite » Severus ramassa sa réponse et partit dans l'entrée.
Harry s'assit essayant de ne pas regarder le courrier ouvert sur le bureau de Severus. La dernière chose dont il avait besoin était bien d'aller fouiller dans le courrier de son professeur. Il essaya aussi de ne pas regarder vers la cheminée, sachant très bien qu'il y avait une porte secrète cachée derrière le mur. Ses yeux revenaient toujours tourner autour de la cheminée. Peut-être que la porte était cachée derrière les lambris sous le manteau ?
« N'as-tu rien appris de ta dernière leçon ? » s'éleva d'un ton froid provenant de la porte. Severus avait remarqué ce qu'Harry ne quittait pas des yeux. La pièce derrière la cheminée était bien trop dangereuse pour qu'il ne puisse qu'autoriser son fils à y jeter un coup d'œil.
Harry détourna la tête et observa son père, ses longues robes de Maître des Potions se gonflant derrière lui.
« Je n'ai rien fait, monsieur » expliqua rapidement Harry.
« Il vaut mieux si tu sais ce qui est bien pour toi. J'attends de toi un comportement exemplaire pour le reste du week-end. »
« Oui, monsieur. Je vais faire de mon mieux. » Répondit Harry avec un léger sourire. Le professeur le regarda alors avec un sourcil relevé et Harry eu l'intelligence d'arrêter de sourire. Il observa son professeur tandis qu'il se rasseyait derrière son bureau.
« Très bien. A présent, je dois te tenir informer des derniers évènements qui sont survenus. Il semblerait qu'il y ait eu une faille dans les barrières de sécurité de Poudlard. Heureusement, personne n'a été blessé. Nous supposons que les responsables étaient à ta recherche puisqu'ils ont été aperçus près des dortoirs de la Tour Gryffondor. En fait ils ont été bloqués par une barrière de protection sur le chemin de la Tour Gryffondor. Pour l'instant, nous ne pouvons que supposer car ils n'ont pas été appréhendés. Nous supposons également qu'il s'agissait de disciples de Voldemort puisqu'un témoin prétend avoir vu les suspects portaient des masques. » Severus s'arrêta un instant pour juger de la réaction d'Harry. Le garçon était resté assis, le visage sans émotion, comme s'il était habitué à ce genre de choses, ce qui était malheureusement le cas.
« Les protections ont été renforcées de nouveau, mais nous commençons à croire qu'il y a une faille de l'intérieur. Je vais interroger certains de mes Serpentards lorsque nous rentrerons. » Expliqua Severus d'un ton acerbe.
« Severus, cela fait déjà deux fois que les Mangemorts percent les protections. Pourquoi s'affaiblissent-elles ainsi ? »
Severus inspira profondément avant de répondre. « Harry, je pense que tu dois savoir qu'Albus ne va pas très bien ces derniers temps. Et puisqu'il s'affaiblit, les protections semblent s'affaiblir aussi. »
Harry était plus que surpris d'entendre une telle chose. Il n'avait jamais pensé que Dumbledore était vieux. Mais à bien y réfléchir, l'homme n'était plus tout jeune non plus. Cela attristait Harry de penser que le directeur puisse vieillir. « Est-ce pour cela que les Mangemorts sont de plus en plus hardi afin de franchir les barrières de l'école ? »
« Je n'en suis pas certain, mais ils semblent être prêt à prendre de gros risques pour mettre la main sur toi. Peut-être que cela à avoir avec le fait que tu va devenir majeur cette été, ou bien cela ne concerne que la santé d'Albus. Une fois encore nous ne pouvons que spéculer. Que penses-tu de tout cela ? »
« Rien, je veux dire que je n'ai jamais eu de rêves ou quoi que ce soit d'autres à ce sujet. Je pensais juste qu'il en avait après moi à cause de la prophétie. Severus, penses-tu que je pourrais gagner en puissance lorsque j'aurais atteint mes dix-sept ans ? »
Severus envisagea de ne pas répondre à cette question mais décida finalement de se lancer : « Oui, je le crois. Après avoir été témoin de la magie instinctive que tu possèdes, je pense qu'il y a effectivement de grandes chances, il doit y avoir une raison pour de telles manifestations. De plus, dix-sept ans est l'âge de raison, celui où tout adolescent est dès lors considéré en tant qu'adulte, je crois que nous aurons les réponses à de nombreuses questions ce jour-là. A présent, notre retour à Poudlard pourrait être compromis, je ne suis pas certain qu'il soit sage d'y retourner. Je commence à perdre confiance, les protections de l'école ne sont peut-être plus en mesure de te protéger correctement des gens qui te veulent du mal. »
« Mais, je dois y retourner. Je veux dire, j'ai déjà raté beaucoup trop de cours et je dois les rattraper. » Harry espérait vraiment que son père n'avait pas l'intention de le garder ici par mesure de sécurité.
« Harry, tu feras ce que je juge nécessaire pour te garder en sécurité. Albus a convoqué une réunion d'urgence de l'Ordre dont je serai l'hôte, ce soir. Tu as l'ordre formel de rester dans ta chambre jusqu'à ce que nous ayons fini. Est-ce clair ? »
« Mais, si la réunion parle de moi, alors je… » Harry croisa le regard de son père et changea d'avis sur ce qu'il convenait de répondre : « Oui, Monsieur. »
Ils se dirigèrent vers la salle à manger et dinèrent en silence. Harry était bouleversé d'être privé de réunion alors qu'ils allaient parler de lui. Severus était inquiet face aux derniers événements qui avaient eu lieu à l'école. Il avait ressenti la force des appels de Voldemort à travers la marque noire sur son bras presque constamment ces derniers jours et cela ne présageait rien de bon.
Quelque chose de grand se préparait sûrement. Severus s'inquiétait constamment du fait que son fils n'était pas préparé à gérer ce genre de situation. Penser à Harry faisant face à Voldemort lui envoyait toujours des frissons dans le dos. Harry venait tout juste d'être débarrassé de ce maudit poison, et il devait maintenant faire face à une tentative d'enlèvement. La réunion de l'Ordre de ce soir porterait uniquement sur ce problème. Il n'était toujours pas certain de savoir quel était la solution à ce problème, mais une chose était certaine : Harry n'était pas prêt à se mesurer à Voldemort. Ses pensées furent interrompues par Harry.
«Severus, tu crois que je pourrais assister à la réunion juste pour savoir ce qu'il s'est passé à l'école ? Je pourrais aller dans ma chambre juste après, » demanda Harry avec véhémence.
« Je pense qu'il est préférable que tu montes dans ta chambre dès que tu auras fini de manger. Je te donnerais les détails que je jugerai nécessaire » répondit Severus, connaissant suffisamment la position de certains membres de l'Ordre concernant la future formation de son fils dans un endroit protégé en dehors de l'école. Il ne voulait pas imaginer quel serait la réaction d'Harry à cette proposition.
Harry musela sa colère, difficilement. « Oui, Monsieur. »
Dès que le dîner prit fin, Harry monta dans sa chambre, comme promis. Il essaya de se concentrer sur la lecture de son livre de métamorphose, mais cela devint de plus en plus difficile. Il pouvait entendre des voix et des bruits de pas, il savait que la réunion avait déjà commencé. Il entendit quelqu'un élever la voix puis ce fut le silence. Il pensa que Severus devait avoir jeté un sort de confidentialité car il ne parvenait plus à entendre le moindre son.
Soudain, une idée lui vint, c'était une idée stupide, mais il n'arrivait pas à se raisonner. Harry se faufila tranquillement dans la chambre de Severus et alla vers le placard. Il savait que sa cape d'invisibilité était là. Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver le paquet enveloppé de papier kraft. Harry ouvrit le paquet qui révéla la cape d'invisibilité que son père James lui avait laissé. Il l'enveloppa autour de lui et descendit les escaliers après s'être jeté un sort de silence. Ce ne serait pas une riche idée de se faire prendre, simplement parce que quelqu'un l'aurait entendu respirer ou se déplacer.
Harry descendit dans la grande salle de séjour et vit qu'il y avait une vingtaine de membres de l'Ordre présents. Parmi eux se trouvait : Dumbledore, Shaklebolt, Lupin, McGonagall, Tonks, les parents Weasley ainsi que leurs fils aînés et Maugrey. Heureusement pour lui, Maugrey était appuyé derrière une colonne de marbre d'où il ne pourrait voir Harry même avec son œil magique.
Maugrey était en colère et élevait la voix pour se faire entendre, « Le garçon doit être retiré de l'école et emmené dans un lieu plus sûr, jusqu'à ce qu'il soit devienne plus fort. Nous ne pouvons pas le protéger correctement à l'école, cela semble plus qu'évident à présent ! »
Arthur fut le suivant à prendre la parole, « Nous ne pouvons pas l'empêcher de mener une vie normale. Que cherchez-vous à faire Alastor, le former comme un bon petit soldat ! »
« Alastor, c'est un garçon de seize ans qui ne souhaite qu'avoir la chance de mener une vie normale. Mais je comprends ce qu'une formation avec des maîtres spécialisés représente. Nous savons tous que son destin est exceptionnel. » Poursuivit Lupin.
« Je suis d'accord avec Alastor, il devrait être retiré de l'école et emmené dans un endroit tenu secret afin de recevoir une formation appropriée. Je ne pense pas que nous devrions nous préoccuper du fait qu'il devrait avoir une chance de mener une vie normale. Le fait est qu'il n'est pas normal, il est destiné à combattre les forces du mal qui menacent notre monde » déclara Shacklebolt.
Molly Weasley ne parvint pas à tenir sa langue plus longtemps, « C'est la chose la plus ridicule que je n'ai jamais entendu ! Il est normal ! Ce n'est tout de même pas sa faute s'il a été marqué ainsi ! Harry mérite plus de respect que ça, vous ne pouvez pas simplement l'enlever à la famille qu'il s'est crée par lui-même. »
« La famille ? C'est une plaisanterie ! Il a été adopté par un Mangemort ! Le ministère n'aurait jamais dû permettre une telle chose de se produire en premier lieu ! » Déclara Maugrey avec tout le mépris dont il était capable.
Harry regarda Severus qui restait tranquillement assis, sans même contredire Maugrey.
Arthur se releva en un éclair : « Ne vous avisez jamais de dire ce genre de choses devant Harry ! S'il vous entendez parler de Severus de cette façon, vous vous le mettriez à dos définitivement. Est-ce ce que vous souhaitez Maugrey ? Severus a été un père exemplaire pour lui et Harry à bien plus besoin de lui qu'il n'aura jamais besoin de vous ! »
Harry n'arriva pas à croire ce qu'il entendit ensuite Lupin répliquer : « Son vrai père demanderait réparation s'il savait que Harry avait été adopté par lui ! Je pense également que le garçon devrait être retiré de cette maison et de Poudlard. »
Harry ne pensait pas qu'il pourrait jamais pardonner à Remus d'avoir dit cela. Cela le mit en colère au-delà de ce que les mots peuvent décrire, entendre ces gens parler de Severus comme s'il n'était encore rien d'autre qu'un sale Mangemort.
« Harry restera avec moi » déclara simplement Severus. Il ne semblait pas éprouver le besoin de se défendre.
« Harry devrait vraiment être formé correctement » déclara McGonagall. « Il s'est montré plutôt distrait ces derniers temps. Je ne suis pas certaine qu'il soit capable de suivre les cours et d'être formé parallèlement, Severus. Peut-être, qu'un lieu différent lui serait favorable. Peut-être que Mr Maugrey serait un bon formateur pour préparer Harry à ce qui l'attend au dehors. »
« Le garçon a besoin de discipline et de se concentrer sur la défaite de Voldemort ! » gronda Maugrey.
Harry sentit son cœur battre la chamade, n'en pouvant plus d'entendre ces gens décider de son sort. Il ne voulait pas être emmené ailleurs et être formé. Il voulait retourner à l'école et voir ses amis, jouer au Quidditch, voir Ginny ! Il n'arrivait pas à croire qu'ils puissent parler de lui comme s'il n'était qu'une sorte de robot et Severus qui ne se donnait même pas la peine de les arrêter.
« Je connais un endroit qui est incartable et qui pourrait faire un excellent centre d'entraînement » proposa Shacklebolt.
Harry ne pouvait pas en entendre plus ! Ils allaient l'emmener loin de Severus ! Il sentit la sensation familière de sa magie se concentrant par elle-même. Il essaya de la retenir, tenta de la contrôler. Sa magie semblait de plus en plus se concentrer et il n'était pas certain de ce qu'il adviendrait s'il venait à la libérer. Il essaya de toutes ses forces de la contenir, de la faire disparaître.
Brusquement, la salle commença à trembler, comme s'il y avait un tremblement de terre. Le lustre se balançait aux dessus des membres de l'Ordre assemblaient dans la salle. Les vases et les statues tintaient les uns contres les autres. Tout le monde se releva et sortit sa baguette. Ils regardèrent autour d'eux avec frénésie, cherchant la cause de cette secousse tandis que les objets précieux commençaient à s'écraser sur le sol autour d'eux.
Une voix dure s'éleva alors dans la pièce, « Mr Potter, montrez-vous immédiatement ! » Severus regardait autour de lui, sachant que son fils se trouvait ici quelque part. « IMMEDIATEMENT ! » répéta-t-il de la pire voix qu'il fut capable, il fallait que tout cela cesse avant qu'Harry ne cause plus de dégâts.
Harry était mortifié, il laissa tomba la cape sur le sol et s'avança dans la pièce. Il regardait son père avec anxiété tandis que les tremblements de la salle cessèrent. Lorsqu'il regarda autour de lui, il vit que tous les yeux étaient posés sur lui.
Le regard d'Harry croisa alors l'œil magique de Maugrey, « Par l'enfer, pour qui vous vous prenez pour parler ainsi de mon père ! Vous et votre entraînement pouvez aller voir en enfer si j'y suis car vous êtes bien la dernière personne dont je voudrais jamais apprendre quoi que ce soit ! »
Harry tourna sur lui-même et regarder Remus, « Et toi ! Je pensais que tu devais être là pour moi ! Tu ne vaux pas mieux que Maugrey ! Je ne veux plus jamais te revoir ! »
Lupin était mortifié et dû s'asseoir, sous le choc.
Les membres de l'Ordre semblaient essayer d'apaiser Harry en l'incitant à s'asseoir, mais il n'avait pas besoin de leur préoccupation. Il se tourna ensuite vers McGonagall : « Comment pouvez-vous ne serez-ce que pensez à me séparer de mes amis ! Vous savez ce qu'ils représentent pour moi ! Ca ne vous a pas suffit de laisser une meurtrière m'enlever ? Maintenant, vous voulez me séparer de Severus ? Je suis malade et fatigué de voir que vous ne cesser de vous mêler de ma vie ! » Il put entendre de nombreux halètements s'élever autour de lui.
La main de Minerva alla se poser sur sa poitrine et elle le regardait comme si elle avait du mal à respirer.
« C'est assez ! » s'éleva la voix froide et soyeuse qui parvint à geler d'inquiétude Harry. Il sentit son père le saisir par l'épaule, d'une prise semblable à celle d'un étau. Harry fut durement agrippé par le bras et traîné jusqu'à la bibliothèque attenante.
« Qu'est-ce qui te donne le droit de parler à des adultes de cette manière ? Ces personnes sont nos aînés, tu devais les respecter pour les postes qu'ils occupent. Je n'ai jamais rencontré de garçon plus irrespectueux de toute ma vie ! »
« Mais qu'est-ce que tu fais de ce qu'ils ont dit de toi ? Comment peux-tu simplement rester assis là et les laisser dire toutes ces choses sur toi ! » Harry essaya de se dégager mais Severus le maintint par l'épaule, serrant au point qu'il avait l'impression que son épaule aurait pu se briser.
«Tu as dépassé les limites, Harry. Comment oses-tu parler avec une telle impertinence ? » Severus utilisa sa voix la plus basse et grave pour imposer son point de vue au garçon, « J'ai profondément honte de toi. »
Harry le regarda, tandis qu'un sentiment de honte déferler sur lui. Ces mots le blessaient bien plus que n'importe quelle gifle ne saurait le faire.
« Tu vas retourner là-bas dans l'instant et prier pour qu'ils acceptent tous tes excuses, dans le cas contraire tu m'écriras cinquante pages dans lesquelles tu expliqueras ta quête du pardon. »
« Mais ... » commença à protester Harry avant que Severus ne l'attrape par les deux bras et l'approchent si près de son visage qu'ils se retrouvèrent nez à nez.
« J'ai dit : des excuses ! » siffla Severus au plus près du visage de son fils.
Harry baissa la tête, totalement humilié. Il se tourna et repartit vers le salon. Il s'adressa au groupe dans son ensemble et marmonna un vague « Désolé ».
« Cette fois-ci, avec sincérité » exigea Severus.
Ça n'aurait pas pu être plus humiliant. Harry se retourna à nouveau vers le groupe, « Je suis désolé d'avoir interrompu votre réunion et je n'aurais pas dû dire toutes ces choses. » Il regarda McGonagall et la vit acquiescer.
Il se retourna alors vers son père et lui demanda d'une voix calme, « Severus, tu ne vas pas les laisser m'emmener, n'est-ce pas ? »
Severus s'approcha de son fils et lui dit d'une voix douce, « Harry, quand vas-tu commencer à me faire confiance ? »
Severus regarda les Harry voûter les épaules, vaincu. Il enroula alors son bras autour des épaules de son fils : « Viens t'asseoir. »
Ils s'assirent côte à côte sur le long canapé, faisant face au reste du groupe. Harry ne pouvait toujours pas se résoudre à croiser le regard de qui que ce soit. Il regardait ses mains, tout en jouant nerveusement avec sa baguette.
Severus garda son bras enroulé autour des épaules de son fils, lui manifestant ainsi son soutien, « Harry restera avec moi. Je suis pleinement conscient du fait que certains d'entre vous me considèrent comme un très mauvais choix pour occuper la place d'un parent pour Mr Potter. Qu'importe, je ne me préoccupe guère de ce que les autres pensent de moi. »
Severus se tourna vers Maugrey avant de reprendre la parole, « Je sais quels ont été mes contributions dans cette guerre. J'en resterai là. Mr Potter n'est pas une marchandise dont vous pouvez discuter avec un tel mépris pour son bien-être. Il est mon fils et je prendrais toutes les décisions le concernant dorénavant. Je reconnais qu'il a besoin d'une formation spécialisée. Toutefois, il restera avec moi. Ce point n'est pas ouvert au débat. Je crois que Poudlard sera un endroit on ne peut plus adéquat pour le former en matière de défense. Puis-je compter sur votre soutien dans cette importante entreprise commune ? » Le regard de Severus passa alors d'un membre à l'autre, jusqu'à ce qu'il les ait tous observés un par un.
Ils acceptèrent chacun leur tour.
Maugrey ne put qu'acquiescer la décision mais murmura : « Il est évident que vous avez toutes les cartes en mains. »
« Qu'est-ce que ça signifie ? » Demanda Harry avec irritation.
Maugrey lui jeta un regard sévère, « Cela signifie Potter, que votre allégeance va à votre père, et non à l'Ordre du Phénix. Cette situation met Severus en position de force. »
« Je n'ai jamais été autorisé à assister à une réunion de l'Ordre, alors comment mon allégeance pourrait-elle revenir à l'Ordre ? » répondit Harry avec agacement. « Je veux voir mourir Voldemort autant que chacune des personnes présentes dans cette pièce. Il semble simplement que je sois celui qui doive le faire. »
Bill Weasley demanda alors : « Harry, par l'enfer, comment la pièce a t'elle pu trembler à ce point ? Est-ce que c'est toi qui as fait ça ? »
Harry haussa les épaules, mais répondit : « Je suppose que lorsque je suis vraiment en colère, il arrive ce genre de chose, parfois. »
Les membres de l'Ordre se regardèrent, cherchant à comprendre ce phénomène.
Severus se racla la gorge avant de dire, « Cette magie est ce qui nous a sauvé des bêtes dont je vous ai parlé lors de la dernière réunion. Je n'ai bien évidemment pas été capable de bien vous décrire la magie incontrôlée utilisée de manière exacte. C'est assez impressionnant d'y assister lorsque toute la magie est totalement libérée. Heureusement, Mr Potter a eu le bon sens de ne pas laisser ceci se produire ici ce soir. »
Remus prit la parole d'une voix tremblante : « Si les tremblements de la salle ne sont que le reflet d'une magie contenue, je ne peux que frémir à l'idée de ce qu'elle donnerait en étant libérée. Comprends-tu à présent pourquoi nous nous préoccupons du fait que tu dois recevoir une formation appropriée en défense, Harry ? »
« Oui Remus, je ne suis pas aussi insensée que vous semblez le croire. Je sais ce que l'avenir me réserve. » Répondit Harry avec force tout en posant sa tête sur l'avant-bras de son père. Il savait que cette action en mettrait plus d'un mal-à-l'aise, car elle signifiait pleinement où et de qui il puisait sa force.
Severus lui offrit un signe encourageant, mais resta silencieux. Il sentait que son fils avait besoin de mettre les choses au point à sa manière.
Remus le regarda avec remords lorsqu'il reprit la parole, « Harry, je ne peux que plaider la stupidité pour la manière dont j'ai parlé de Severus. Je n'avais pas conscience de la profonde relation de protection qu'il t'offrait. Je te demande pardon Harry. »
Harry regarda le dernier Maraudeur et l'air clairement blessé qu'il arborait, « Penses-tu vraiment que mes parents ne voudraient pas que je sois heureux ? Parce que je ne me souci guère plus de ce qu'ils pourraient penser. J'ai été seul pendant bien trop longtemps, Remus. »
Cette dernière phrase fit monter les larmes aux yeux de nombreux membres de l'Ordre. Tous avait conscience que la famille Potter avait été sacrifiée. Et que ce garçon était celui qui en avait le plus payé les conséquences.
« Harry, il y a quelque chose que tu devrais savoir, quelque chose que vous devriez savoir tous les deux en fait. » Remus regarda Severus lorsqu'il poursuivit, « Lily t'a toujours fait confiance, Severus. Elle voulait vraiment que tu deviennes leur gardien du secret. James a posé son veto, mais Lily était certaine que tu étais la seule personne qui ne pourrait jamais trahir leur cachette. Elle estimait que si tu étais assez fort pour tromper Voldemort quotidiennement dans son propre quartier général, alors tu serais incapable de céder, même sous la pression, même sous la torture. » Remus regarda Harry : « Alors, pour répondre à ta question, je pense que ta mère ne voudrais pas seulement que tu sois heureux, je pense qu'elle approuverait ta nouvelle famille. Je suis désolé de te perturber Harry, mais tu sais ce que tu représentes pour moi. »
« Merci de me l'avoir dit Remus. Ca signifie vraiment beaucoup pour moi. Je ne voulais pas être aussi dur, à propos de ce que je t'ai dit plus tôt, » Harry lui offrit un léger sourire.
Severus était gelé sur place, face à cette nouvelle information. Cela signifiait bien plus pour lui que ce que quiconque pouvait imaginer. Lily avait toujours tenu une place spéciale dans son cœur, et savoir qu'elle confiance elle avait placé en lui, le faisait se sentir entier. Adopter Harry semblait être bien plus correct, si c'était encore possible.
Harry remarqua que Severus semblait être pris dans ses pensées. Il pensa que cela devait avoir un rapport avec l'une des choses que Remus venait de dire sur sa maman. Il se pencha et lui murmura : « Vas-tu bien ? »
Severus se recomposa rapidement, « Je vais bien. »
Albus pris la parole, d'une voix calme, qui aida le groupe à se recentrer : « Je voudrais proposer un nouveau plan. La place de professeur de Défenses contre les Forces du Mal est de nouveau vaquante. Je souhaiterais qu'un auror occupe ce poste et viennent enseigner son savoir aux élèves, il pourrait par ailleurs devenir le professeur particulier de Mr Potter. Je tiens aussi à ce qu'Harry suive des cours particuliers en Potions, Sortilèges et Métamorphoses, ces cours seront d'un niveau supérieur à ceux dispensées aux autres élèves. Je le dispenserais de suivre les autres cours qui ne lui seront pas utiles pour combattre Voldemort. Si vous le souhaitez Severus, vous pouvez choisir vous-même le nouveau professeur de DCFM. Si vous le voulez toujours, vous pourriez tout aussi bien revendiquez ce poste. »
Severus réfléchit pendant un moment, tout en ressassant la question. Il avait toujours souhaité enseigner la DCFM, il avait redemandé ce poste année après année. Mais à présent, tant de chose reposaient sur ce poste. La seule question était : Qu'est-ce qui serait le mieux pour Harry ? Qui avait le plus à apprendre à Harry ?
C'est en gardant ce fil de pensées que Severus annonça : « Je suis absolument sûr et certain que la meilleure personne pour enseigner à Mr Potter est Maugrey. »
Harry se releva : « Pas question ! Je ne vais pas ... » Il fut brusquement coupé lorsque Severus se releva à son tour et l'attrapa par la peau du cou.
D'une voix calme, Severus lui dit : « Assieds Toi. »
Harry se rassit, mais était hérissé de colère par la personne qu'avait choisie son père. Il jeta un regard mauvais vers Maugrey, le défiant d'accepter le poste.
Maugrey regarda Severus comme s'il n'avait pas encore digéré cette annonce surprenante. Il finit par acquiescer et lui dire : « J'accepte. » Il jeta ensuite un coup d'œil magique vers Harry et demanda : « Avez-vous un problème avec cela ? »
Harry aurait voulu crier : « Par l'enfer, oui, j'ai un problème avec ça ! » Mais il savait que Maugrey était le plus grand Auror au monde. Qu'il pouvait apprendre beaucoup de cet homme. Plus important encore que ces propres sentiments, il savait que s'il contredisait la décision de son père, il signifierait à chacune des personnes présentes que Severus n'avait pas la moindre autorité sur lui. Il avait travaillé trop dur pour rendre cette relation fonctionnelle pour venir tout gâcher maintenant.
Severus était assis, les mains croisées sur les genoux, sachant que son fils saurait faire la part des choses et prendre la bonne décision.
Harry regarda son père puis répondit à Maugrey : « Ça ne me pose aucun problème. » Severus ressentit une pointe de fierté pour le garçon et posa une main sur l'épaule de son fils.
Maugrey se penche et demanda : « Êtes-vous prêt à faire tout ce que je vous demanderai sans poser la moindre question ? »
Harry aurait voulu lever les yeux au ciel et ne pas répondre, mais il savait que rien ne ressortirait de bon s'il venait à faire cela, aussi il répondit : « Oui, Monsieur. »
Maugrey regarda Severus, « Envisages-tu de dorloter le garçon s'il pense que mes leçons deviennent trop difficiles ? »
Tonks prit la parole, « Maugrey, je pense qu'il est plus que clair que Severus ne dorlote pas Harry ! Je pense même qu'il est bien trop strict. »
Harry lui jeta un regard de gratitude.
D'une voix posée, Severus répondit : « La façon dont j'éduque mon fils n'est pas ouverte à un débat public. Je n'interviendrai pas dans le cadre des leçons que tu donneras à Harry, Maugrey. Cependant, si je sens que je dois intervenir à n'importe quel autre moment, je le ferais. »
Maugrey hocha la tête. « Je peux vivre avec ça. Bien alors, vous pouvez considérer que vous venez de trouver votre nouveau professeur de DCFM, Albus. » Maugrey de leva et vint serrer la main du directeur.
Harry n'arrivait pas à croire ce qui venait de se passer. Il allait devoir rester coincer dans une salle de classe, pendant des heures, avec un homme fou, qui le haïssait. Merde, qu'est-ce qui allait bien pouvoir encore lui tomber dessus à présent !
La réunion se poursuivie avec les décisions concernant la sécurité d'Harry pendant sa formation, et le lieu où les cours auraient lieux. Harry s'adossa contre le canapé tout en écoutant les diverses discussions. Il savait que tout cela était fait pour son bien-être, mais ce n'était pas pour cela que c'était agréable ou plus facile à digérer. Il sentit ses paupières s'alourdir tandis qu'il commençait à ressentir le contrecoup du potentiel magique déployé plus tôt dans la soirée. Sans le vouloir, il s'endormit, sa tête reposant contre le canapé et son visage enfoui contre l'épaule de son père.
Lorsqu'il se réveilla, il vit les différents membres de l'Ordre se serrer la main et se saluant. Harry se releva, honteux de s'être endormi comme un enfant. Il se frotta les yeux et s'avança vers les Weasley.
Molly le vit arriver avec ses cheveux ébouriffés et ses yeux fatigués et ne pu s'empêcher de regretter que toute cette histoire de Voldemort, n'ai pas pu attendre quelques années supplémentaires. Ce n'était pas juste, il n'aurait pas dû avoir à vivre tout cela. Plus important encore, ce n'état pas juste que son enfance lui ait été volé aussi impitoyablement.
« Harry, tu peux me joindre par cheminette si tu as besoin de quoi que ce soit. Et fais bien attention à toi, d'accord ? » Molly attira le meilleur ami de son fils dans ses bras et le serra de toutes ses forces.
« D'accord. Et merci d'avoir cherché à défendre mes intérêts plus tôt » dit Harry, sincèrement.
Dès qu'il fut libéré de l'emprise de Mme Weasley, il fut emprisonné de nouveau mais par Tonks cette fois.
« Hé Harry » Tonks le libéra et le regarda dans les yeux. « Je sais que tu n'aimes pas vraiment Fol Œil mais je pense que Severus a fait un bon choix. Maugrey m'a appris des choses que tu n'apprendras jamais dans le programme de formation des Aurors. Essaye juste de lui laisser une chance. »
« Ouais, je suppose que je n'ai pas vraiment le choix, n'est-ce pas ? Vas-tu aussi venir me former ? »
« Bien sûr. Je suis censée t'aider en sortilèges. Mais je suis aussi chargée de veiller sur toi lorsque tu pratiques le Quidditch et d'autres jeux avec tes amis. Severus a insisté pour que tu puisses continuer le Quidditch. » L'informa Tonks. « Il y en a qui voulait que tu y renonces par mesure de sécurité, mais Severus n'a pas voulu céder. »
Penser que Severus s'était battu pour qu'il puisse garder quelque chose qu'il aimait le fit sourire. « C'est bien, parce que j'aurais été incapable d'y renoncer de toutes manières. »
À cet instant, Harry sentit une main se poser sur son épaule et il tourna la tête vers son père, « J'ai entendu dire que tu avais bataillé pour me garder dans l'équipe de Quidditch ? »
« Oui, je pourrais cependant rapidement regretter cette décision lorsque Serpentard perdra la coupe une nouvelle fois en faveur des Gryffondor, » déclara sèchement Severus.
« Tu penses réellement que Gryffondor ne peux que gagner ? » demanda Harry tout en lui adressant un grand sourire.
« Non, mais j'ai confiance dans le fait que tu ne laisseras pas Mr Malfoy attraper le vif. »
« Je ferai toujours de mon mieux. »
Lorsque la dernière personne fut partie, Harry monta à l'étage avec Severus et s'arrêta avant d'entrer dans sa chambre. « Severus ? Es-tu toujours en colère contre moi d'être venu à la réunion ? »
« Je n'en suis pas sûr. Je suis satisfait du résultat, mais j'ai néanmoins toujours le sentiment que tu mériterais d'être puni pour la façon dont tu t'es adressé à ces adultes. Ils se mettent en danger pour te protéger. Je pensais te parler de ta conduite dans la matinée, lorsque j'aurais eu le temps de réfléchir à la question. »
« Oh. » Ce n'était pas vraiment la réponse qu'Harry avait espéré entendre. Il ne voulait pas aller se coucher alors que Severus était encore en colère contre lui. « Vas-tu venir me dire bonne nuit ? »
« Si tu le souhaites. »
« Oui, je le veux. »
Vingt minutes plus tard, Severus s'assit sur le bord du lit de son fils, « Harry, je sais qu'on attend beaucoup de toi, mais cela ne signifie pas que tu es autorisé à prendre des décisions d'adulte. Tu n'entreras dans l'âge adulte que dans six mois, et pas un jour plus tôt. Tu as encore beaucoup de choses à apprendre. Je veux que tu repenses à ce qui s'est passé ce soir et nous en parlerons demain matin. »
Harry ne savait pas exactement à quel point Severus essayait de le faire culpabiliser, mais il pouvait encore entendre la déception dans la voix de son père. « Es-tu toujours en colère contre moi ? »
Severus fronça les sourcils : « Pourquoi me reposes-tu encore la même question ? »
« Je voudrais juste savoir. »
« Il est déjà tard. Pourquoi ne pas en reparler demain matin ? » Severus leva sa baguette et toutes les lumières s'éteignirent.
Harry pouvait encore distinguer le visage de son père grâce à la lumière de la cheminée. « Rappelles-toi ce que nous nous sommes promis ? »
Severus tourna la tête vers le visage de son fils, « A quelle promesse fais-tu allusion ? »
« Quand nous nous sommes promis que nous n'irions pas nous coucher en étant en colère l'un contre l'autre. Je ne sais pas, j'ai juste pensé que c'était une bonne chose de le faire. » Déclara Harry tout en s'asseyant.
Severus hocha la tête : « Je ne suis pas en colère contre toi, Harry. Je suppose que j'attends un peu trop de toi. »
« Penses-tu que tu aurais agi différemment si tous ces gens avaient parlé de moi comme elles étaient en train de parler de toi ? » demanda Harry, maintenant très curieux de connaître la réponse de Severus.
Severus réfléchit à la question qui lui offrait une toute nouvelle perspective de la situation : « C'est un bon argument. Je suppose que j'aurais réagi de la même manière, si l'on oubli le théâtrale début de tremblement de terre. Mais il y d'autres facteurs à prendre en compte. Comme je te l'ai dit plus tôt, les salles de l'école ne sont pas aussi fortes qu'elles l'étaient autrefois. C'est probablement la raison pour laquelle Lupin et le professeur McGonagall souhaitaient te voir transporter ailleurs. »
« Peut-être, mais ça sonnait plutôt comme si ils voulaient m'emmener loin de toi, » déclara Harry, avec une pointe de colère.
« Pour ce qui est de Minerva, je sais qu'elle se soucie de ta sécurité. Elle essaye aussi de maintenir en équilibre les barrières de sécurité de l'école. Ma présence aidera à renforcer les protections. Je ne peux trouver aucune excuse pour le comportement de Lupin. »
« N'étais-tu pas en colère contre McGonagall qui a laissé Vespa me reprendre ? »
Severus se rapprocha et regarda son fils dans les yeux, « Je suis certain qu'elle connaît mes sentiments quant à cet incident. Nous avons eu une assez longue discussion tandis que tu te remettais. Essaye de voir au-delà de cet incident, je sais qu'elle l'a plutôt mal vécu. »
Harry aurait voulu savoir ce qui avait été dit au cours de cette longue discussion. « Severus, je suis désolé, pour tous les ennuis que j'ai causé aujourd'hui. »
« Oui, tu as eu une journée assez chargée en péripéties. Eh bien, mettons cette discussion à profit. Je propose que nous refermions définitivement la porte sur les événements d'aujourd'hui. Demain est un nouveau jour. Tu pourrais tout recommencer et tenter de mieux faire ? »
« Oui, mais seulement si tu le permets. » Harry se renfonça dans les oreillers et ôta ses lunettes.
«Je le fais. Bonne nuit mon fils. »
« Bonne nuit » Harry tira les couvertures et se sentit apaisé.
§*&o&*§
Le reste du week-end fut relativement calme, Harry rattrapa ses lectures en retard pendant que Severus travaillait dans son laboratoire. Le dimanche soir, avant de partir, Harry se tenait debout dans la véranda donnant sur l'immense jardin. Il sentait l'air frais lui caressait le visage et songeait qu'il aurait dû penser à faire une pause dans ses lectures un peu plus tôt pour avoir le temps d'aller voler un peu. A présent il était trop tard, ils avaient déjà remballés toutes leurs affaires et Severus était prêt à retourner à Poudlard. Il fut interrompu dans sa rêverie par un bras qui vint se poser sur ses épaules.
« Cet endroit me rappelle de nombreux souvenirs, » déclara Severus tout en contemplant paisiblement la propriété.
« Ne t'es-tu jamais amuser lorsque tu vivais ici ? » Harry n'arrivait pas à imaginer Severus ayant les mêmes loisirs que lui et ses amis.
« Oh, je suppose qu'il y a eu des moments plaisants. »
Harry regarda son père et se sentit triste pour la vie solitaire qu'il avait mené, cela avait dû être si pesant. Cela déprimait un peu Harry qui décida qu'il devait détendre l'atmosphère.
« Que dirais-tu d'une course sur nos balais avant de repartir ? » demanda Harry, un sourire malicieux sur les lèvres. « Sauf si tu as peur de perdre contre un Gryffondor ? »
Severus pensa protester, mais il réalisa qu'il n'avait absolument aucune bonne raison de refuser de voler en cet instant. C'était une soirée si magnifique. « Comptes-tu bouder lorsque je t'infligerais une cuisante défaite ? »
« Oh oh, tu es peut-être un peu trop confiant, non ? Je vais chercher les balais ! » Harry couru jusqu'à l'intérieur et fut de retour en un rien de temps avec deux balais. « Je vais même te laisser utiliser mon Eclair de Feu parce que tu pèses plus lourd que moi. »
« Très bien, faisons la course jusqu'à la grande haie de l'autre côté de la pelouse et revenons jusqu'ici. » Severus monta sur son balai et attendit que son fils lui donne le signal.
Harry souriait comme le chat de Cheshire*, « A vos marques, Prêt… PARTEZ ! »
Harry tira sur le manche de son balai et survola les parterres de roses bien garnis qui fleurissaient dans le jardin. Il fut choqué lorsque Severus le dépassa dans une envolée de capes noires floues. Harry serra son balai, s'aplatissant autant que possible. Il savait que ce balai n'était pas aussi bon que le sien, mais il avait pensé que la charge supplémentaire du poids de Severus suffirait à contrebalancer ce fait. Il avait presque rattrapé son professeur lorsqu'ils atteignirent la grande haie.
Severus ne voulait pas spécialement battre son fils, mais il voulait donner le meilleur de lui-même. Il avait été surpris par la puissance de ce balai. L'air frais le faisait se sentir bien et il réalisa qu'il était réellement en train de s'amuser. Il espérait que ce serait un souvenir heureux, qu'il pourrait partager pendant longtemps avec son fils.
Harry était stupéfait de l'aisance avec laquelle son professeur volait. Il regarda son père prendre un virage en épingle à cheveux et repartir aussi sec vers la maison. Son père était bon, mais Harry savait qu'il était le meilleur. Il avait un instant pensé à laisser gagner Severus pour le laisser jubiler mais il décida finalement qu'il ne voulait pas perdre. Ils se rapprochaient inexorablement de la maison et s'il ne tentait pas quelque chose maintenant, Severus allait gagner.
Harry descendit brusquement et se plaque dans le sillage de Severus pour profiter des courants de l'air crée par son prédécesseur. Alors qu'ils arrivaient à la maison, il jaillit devant le professeur. Il n'avait pas laissé suffisamment de marge pour se permettre de ralentir et la terre ferme se rapprochaient de plus en plus. La maison se rapprochait également à une vitesse alarmante et il ne pourrait pas ralentir suffisamment pour éviter la collision. A la dernière minute, il vira dans une boucle arrière, arc bouté, réalisé in-extremis avant qu'il ne vienne heurter la façade de la maison. La dernière chose qu'il comprit fut qu'il tombait de son balai.
Severus atterrit en toute hâte et posa immédiatement pied à terre tout en sortant sa baguette. Il savait qu'Harry n'avait pas laissé suffisamment d'espace pour s'arrêter et espérait que son fils n'irait pas s'écraser contre la façade avant qu'il n'ait eu le temps d'amortir l'impact. Il fut néanmoins étonné de voir qu'Harry, non seulement n'avait pas heurté la maison, mais avait de plus réussi une très belle boucle arrière. Il regarda son fils sortir de la boucle chancelant, avant qu'il ne tombe de son balai.
Severus leva rapidement sa baguette et cria : « Momentum Aressto ! »
Harry sentit les vagues de magie s'emparer de lui et sut sans l'ombre d'un doute que Severus l'avait sauvé d'une autre fracture sur toute partie du corps qui aurait eu la bonne idée d'heurter le sol en premier lieu. En revanche il n'était pas préparé à l'atterrissage. Il tomba dans la grande fontaine d'eau où les trois cupidons faisaient jaillir leurs fleurs. Son balai tomba du ciel et vint lui claquer sur le crâne. Il se redressa en position assise et fut choqué d'entendre retentir un rire. Pas seulement un petit rire, mais bien un immense fou rire. Lorsqu'il eut remis ses lunettes et repoussé hors de ses yeux, les mèches de cheveux qui lui dégoulinaient devant les yeux, il vit son père, debout, appuyé sur le côté de la fontaine, tenant toujours sa baguette, la tête rejetée en arrière, riant sans retenue.
« Hé, arrêtes de rire ! J'aurais pu être tué ! » Dit Harry, indigné. Mais lorsqu'il se redressa, il fut repoussé en arrière par un professeur riant de plus belle. Harry sauta en arrière et utilisa son balai pour projeter l'eau en dehors du bassin, l'envoyant directement asperger son professeur.
L'eau vint frapper Severus au visage, trempant par la même occasion ses vêtements.
C'était au tout d'Harry d'être pris par un puissant fou rire. Il s'éloigna, lorsque son père tenta de l'attraper, et projeta encore un peu plus d'eau sur l'homme choqué. Harry pensa que Severus n'avait probablement jamais fait de bataille d'eau auparavant et ne pouvais donc pas prévoir la réaction de l'homme. Il ne s'arrêta pourtant pas de rire et Harry sauta de nouveau hors de la portée de son bien aimé professeur.
Au moment où Severus parvint finalement à attraper Harry, ils étaient tous les deux trempés jusqu'aux os mais arboraient aussi deux larges sourires. Severus sortit de nouveau sa baguette et se visant, se sécha rapidement d'un léger coup.
« Pourrais-tu faire la même chose sur moi aussi ? » demanda Harry optimiste, tandis que la fraîche brise du soir le faisait frissonner.
Severus leva un sourcil et offrit un léger sourire à son fils : « Non, je ne crois pas. »
Harry courut après lui jusqu'à la maison, emmenant avec lui toutes les gouttes d'eau qui parsemèrent le couloir où il implorait pour être séché.
« Allez papa » gémit Harry.
Severus cessa d'avancer et se retourna pour faire face à son fils. Il le regarda un long moment avant de sourire : « Je crois que tu sais parfaitement comment me manipuler. »
Le professeur leva sa baguette et Harry se sentit sécher instantanément.
Harry savait que ce soir resterait l'un des souvenirs heureux dont il se souviendrait pour survivre aux jours plus difficiles qui allaient bientôt venir.
À suivre
* C'est le chat tigré d'Alice au Pays des Merveilles
