Chapitre 35 : Dans la peau de Steeve

« N'y penses même pas, Jones ! Me Menace Black quand je fini par poser mon regard sur lui.

- Penser à quoi, Steve ? Dis-je.

- Ne m'appelle pas comme ça, Jones, me menace-t-il encore.

- Sinon quoi ? Tu es embarqué dans cette affaire, Black, dis-je avec un petit sourire mauvais. Si tu veux pas que ça te retombes dessus, tu vas devoir le faire.

- Plutôt crever, Jones, dit Black. Tu crois vraiment que je vais accepter un truc aussi horrible ? T'es qu'une Serpentard, si tu plonges ça fera un boulet en moins pour la société.

- Le problème, Sirius, intervient Potter un peu mal à l'aise, c'est qu'elle a raison. Si elle plonge, on plonge avec elle.

- On est pas impliqués, dit Black apparemment choqué que Potter ne l'approuve pas.

- C'est nous qui avons lancé les sorts, dit Remus.

- C'est elle qui a commencé ! S'énerve Black comme un gamin.

- L'important c'est pas de savoir qui a commencé, l'important c'est qu'on est tous impliqués, lui répond Remus.

- Pourquoi moi ? Demande Black.

- Parce que tu crois que ça me fait plaisir peut-être ? J'aurais préféré Remus ou Pettigrow », dis-je.

Pettigrow se met à rougir et baisse vivement la tête.

« Sirius, c'est dur je sais mais il faut que tu le fasses, il faut que tu te sacrifies pour nous.

- On ne parle pas non plus d'aller à l'abattoir, Sirius, dit Remus.

- C'est pareil, répond Black en me regardant dégoûté.

- Tu survivras, Patmol, t'inquiète pas les Serpentards ça se dresse, dit Potter.

- Les autres Serpentards peut-être, mais les Serpentards sang-de-bourbe se laissent pas faire, dis-je.

- Va falloir collaborer si vous voulez pas être pris, dit Remus.

- N'en demande pas trop », dis-je avec un sourire de pétasse.

Potter arrache un cheveu à Steve et le met dans un chaudron de polynectar.

Il remplit une gourde de polynectar et la tend à Black qui semble réticent à la prendre.

« Fais-le pour nous, lui dit Potter. Fais-le pour les Maraudeurs. »

On se croirait vraiment dans un mauvais film mélodramatique, bientôt Potter va se lancer dans les bras de Black en lui avouant son amour caché et éternel, Black va lui dire qu'il l'aime aussi mais qu'ils ne peuvent pas être ensemble parce que Black s'en va à l'abattoir, il ne reviendra pas vivant….

J'ai peut-être un avenir dans l'écriture de scénarii pathétiques pour les mauvais films de l'après-midi… c'est tellement facile.

Black finit par prendre la gourde et avale une gorgée de polynectar.

La transformation se fait instantanément, Black rétrécit, maigrit, ses cheveux raccourcissent et ses traits se transforment.

« Je ne vois rien, maugrée-t-il avec la voix de fausset de Steve.

- D'après toi Steve porte des lunettes pour faire joli ? Dis-je en lui tendant les lunettes du comateux.

- Si tu racontes ça à qui que ce soit au collège… me menace-t-il en mettant les lunettes.

- J'oserais pas, dis-je avec un sourire sadique.

- De toute façon elle peut pas raconter ça, dit Potter. Sinon on se fera démasquer et on aura des ennuis. »

Apparemment Black avait oublié ce détail… peut-être qu'il a hérité du cerveau en disfonctionnement de Steve.

« Une gourde ça suffira pas, il faut boire la potion toutes les heures, dit Potter. Tu en as pour deux jours, dans deux jours tu reviens ici et on te resservira.

- S'il doit revenir, pourquoi pas changer de personne ? Dis-je.

- Parce que si on change constamment tes moldus vont s'en rendre compte, dit Potter. C'est pas parce que tes parents ont été assez stupides pour se reproduire qu'ils ne remarqueront pas la différence.

- Mes parents au moins ils la reconnaissent leur erreur, pas comme les tiens, dis-je. Si on veut rentrer avant le petit déjeuner on a intérêt à partir maintenant.

- Il est plus que temps que tu apprennes à transplaner, marmonne Black.

- Ouais ouais, je fais encore ce que je veux, dis-je.

- Pas quand ça énerve tout le monde, dit Black.

- Au contraire, au contraire, dis-je en souriant méchamment. C'est encore mieux. »

Ils m'ordonnent de dégager pendant que Black échange ses fringues avec ceux de Steve, je me demande bien comment je vais pouvoir supporter ce mec une semaine entière…

Quoique je risque de bien rigoler… Si Sirius Black sait s'amuser, Steve Trenton ne connaît pas ce mot.

Je sens que je vais apprécier beaucoup plus les parties de scrabble avec les parents…

Quand Black réapparaît enfin, j'ai un moment l'impression de retrouver un Steve complètement détraqué.

Il n'est pas à l'aise dans des fringues moldus, ça se voit tout de suite, et encore moins dans des fringues ultra guindés comme ceux de Steve.

Il n'arrête pas de tirer sur son col comme si il manquait d'air, il triture ses montures de lunettes et il n'arrête pas de gigoter.

Les parents vont se rendre compte de quelque chose, c'est impossible qu'ils ne voient rien.

On décolle, Black a du mal à tenir sur son balai, il n'est pas encore assez à l'aise avec sa nouvelle forme.

Pendant le voyage de retour, Black, qui est devant moi pour me monter le chemin, n'arrête pas de remonter ses lunettes qui tombent sur son nez.

A croire qu'il n'a jamais regardé à travers des lunettes.

On arrive finalement chez moi sans trop de casse.

Dès qu'il pose le pied dans ma chambre, Black jette rageusement ses lunettes à travers la pièce. Elles vont s'écraser lourdement sur un mur tapissé de posters en tous genres.

« Je DETESTE porter des lunettes ! S'énerve Black.

- J'avais pas remarqué, dis-je en allant les récupérer.

- Je dors où ? Demande-t-il en se frottant les yeux nerveusement.

- Sur le matelas, dis-je en désignant le matelas de lit de camp que ma mère à installé là.

- On dort dans la même chambre ? Demande-t-il étonné.

- Ouais, dis-je. Moi non plus ça me fait pas plaisir.

- Vos parents vous font tellement confiance ? Continue-t-il choqué.

- T'as pas remarqué quel genre de mec était Steve ? Il sera toujours vierge à 37 ans et fier de l'être.

- Mais… il est humain ce mec ? Demande-t-il abasourdi.

- Non seulement il est humain, mais en plus je te rappelle que tu es ce mec, dis-je.

- J'ai son apparence physique, sa voix et ses fringues, répond-il avec un air mauvais. Mais j'ai pas son attitude et rien ne me force à l'avoir.

- Les moldus vont se rendre compte qu'il se passe quelque chose de pas normal si tu n'as pas son attitude, et ça va nous retomber dessus, dis-je.

- Ses parents ne savent rien de la magie, ils verront que leur fils agit bizarrement mais ne se poseront pas de questions, répond-il. Mais tes parents à toi, eux ils connaissent l'existence de la magie et ils comprendront. Le secret de la magie sera gardé, on n'aura pas d'ennuis avec le ministère, mais toi tu vas te faire assassiner par tes parents.

- Non, je… ça marchera pas…. » Dis-je.

Il a raison, il a gagné, il a un moyen de pression sur moi, je suis foutue.

« Oh si ça marchera, et tu le sais, dit Black avec l'air mauvais qui ne colle pas du tout à Steve. Si tu veux que je joue bien son rôle, il va me falloir quelque chose en échange. »

Il a pas hérité du sens moral de Steve, je demande pour la forme alors que je sais déjà ce qu'il veut ?

« Et qu'est-ce que tu veux en échange ?

- J'ai besoin de toi pour le mariage de Narcissa et Malefoy, répond-il.

- On va devoir se supporter pendant une semaine, dis-je. Et tu veux en plus qu'on se supporte une semaine de plus ? T'es fou ?

- Ma haine pour ma famille surpasse mon mépris et mon dégoût pour toi, répond-il. J'ai besoin d'une cavalière qui va les rendre fous, tu serais comme un accessoire en gros.

- Y a pas à dire tu sais parler aux filles, dis-je.

- T'es pas une vraie fille, ça compte pas, dit-il. Et puis t'as pas le choix.

- On a toujours le choix, dis-je. Entre me faire étriper et devenir folle, j'avoue que j'hésite.

- Réfléchis bien, parce que demain au petit déjeuner si tu as pas accepté je n'adopterai pas son attitude.

- Il va te falloir des infos pour savoir comment te comporter, dis-je.

- Ça réduit ton temps de réflexion, répond-il. Quoique je pourrais très bien commencer maintenant, tu crois que les moldus seraient choqués si j'allais écouter du rock à fond dans le salon ?

- Ils en ont vu d'autre, dis-je. Tu veux pas que je réfléchisse parce que tu sais que je peux trouver une parade, c'est ça ?

- Non, je ne suis pas patient, c'est tout, répond-il. Alors, accepte, de toute façon tu n'as pas le choix.

- T'as gagné, dis-je à contrecœur. Mais efface ce sourire triomphant du visage de Steve, parce que tu crois peut-être que tes parents sont une calamité et que je vais t'aider à les énerver, mais crois-moi je vais passer une semaine à tenter de te pourrir la vie du mieux que je pourrais.

- Tu ne tiendras pas deux heures avant de te ranger de mon côté, tu détestes ma famille, répond-il.

- Pas autant que je te déteste toi, dis-je.

- Je sais très bien que tu finiras par te ranger de mon côté, avec tous ces mangemorts tu ne tiendras pas longtemps sans quelqu'un pour te protéger.

- Je sais me défendre toute seule, dis-je. Et je te ferais remarquer que je suis bien plus forte que toi en ce moment.

- Ça c'est parce que ton copain a un corps de têtard, répond-il.

- C'est pas une raison, un vrai homme est capable de tabasser une femme quelque soit sa force musculaire, c'est mental, dis-je. Les Gryffondors sont courageux tant qu'ils savent qu'ils gagneront, mais si il y a ne serait-ce qu'une part de hasard vous ne vous risquez pas.

- Tu confonds avec la mentalité des Serpentards, répond-il.

- Avec toi on est jamais trop sûr », dis-je.

Je suis trop crevée pour aller jusque dans la salle de bains me laver et me déshabiller, je lève le sort d'insonorisation, je m'affale sur mon lit toute habillée et j'éteins la lumière sans demander à Black son avis.

OoOoOoO

« Mes chéris, vous êtes réveillés ? » Demande la voix de ma mère pendant qu'elle frappe à la porte.

J'émerge tant bien que mal, combien de temps j'ai dormi ? Pourquoi j'ai encore toutes mes fringues de la veille ?

Steve pousse un grognement qui ne lui ressemble pas du tout. Il émerge et je me rends compte que ça n'est pas Steve mais Black.

Je m'apprête à pousser un hurlement et à le foutre dehors quand les événements de la veille me reviennent.

Black a pris la place de Steve. Steve est dans le coma. Steve a été touché trois fois par le sort d'amnésie parce qu'il venait de découvrir que j'étais une sorcière.

Ma mère va entrer et Black n'a pas pris son polynectar, si elle le voit je suis morte.

Je me lève comme un diable sort de sa boîte et je fouille un peu partout à la recherche de cette foutue gourde de polynectar.

« Mes chéris ? Tout va bien ? Tany, Steve nous a dit que tu ne te sentais pas très bien hier soir, j'espère que tu vas mieux.

- Oui, oui maman, mais attends une minute avant d'entrer, dis-je.

- Pourquoi ? Tu me caches quelque chose ? Demande ma mère d'un ton suspicieux.

- Oui, ton cadeau de noël, dis-je en prenant la gourde et en la tendant à Black.

- Oh, ma chérie ! Cette année tu n'as pas oublié ! Ca me touche, Tany chérie », répond ma mère.

Black boit une gorgée rapidement.

J'avais pas oublié son cadeau l'année dernière, c'est juste qu'elle m'a dit qu'elle n'en voulait pas, alors moi je ne lui en ai pas acheté, logique non ?

Black se transforme petit à petit, pourquoi ça parait toujours horriblement long quand on a pas le temps ? Je me recouche, si ma mère voit que je suis toute habillée elle va se poser des questions.

Quand je lui ai dit que je ne lui avais rien offert l'année dernière elle a dit d'une voix tremblante que ça n'était pas grave si j'avais oublié, qu'à mon âge on est toujours égoïstes et qu'on ne se rend pas compte qu'on fait du mal aux autres. J'ai même pas essayé de discuter, elle veut entendre que ce qu'elle veut entendre.

« C'est bon, maman, tu peux entrer », dis-je.

Ma mère entre, elle regarde avec une légère désapprobation le désordre que j'ai recréé en quelques jours après qu'elle se soit forcée à tout nettoyer pour que la chambre soit habitable et pour ne pas perdre la face devant ses amis.

« Maman, il est quelle heure ? Dis-je d'une voix pâteuse.

- Il est 7 heures ! S'exclame-t-elle joyeusement. Tu sais bien que je viens te réveiller tous les matins à 7 heures pour le petit déjeuner. »

C'est pas vrai, elle me réveille que quand les Trenton sont là, elle doit se sentir complexée en voyant Steve aussi bien élevé et si « charmant » comparé à moi.

« Ca va, Steve ? Demande-t-elle à Black.

- Heu ouais… marmonne-t-il.

- Pardon ? Demande ma mère sans comprendre.

- Oui, madame Jones, reprend-il.

- Depuis quand tu m'appelles madame Jones, Steve ? Demande ma mère étonnée.

- Excuse-le, maman, dis-je. Il est pas dans son assiette, il s'est inquiété pour moi.

- Oh, c'est vraiment très gentil de sa part, dit ma mère.

- C'est normal, répond Black.

- Alors, qu'allons-nous faire aujourd'hui ? Demande ma mère.

- Je sais pas, dis-je.

- Michelle a préparé un programme assez alléchant, dit ma mère. La National Gallery, ça vous tente ?

- Pas vraiment… marmonne Black.

- Quoi ? Tu adores la peinture ! S'exclame ma mère, surprise.

- Laisse, il n'est pas dans son assiette, dis-je. Je crois pas qu'il va pouvoir sortir aujourd'hui, il vaut mieux le laisser se reposer. Il sera en forme pour ce soir, ne t'inquiètes pas, n'est-ce pas, Steve ?

- Ouais, répond Black. Euh… oui, je serai en forme ce soir.

- Vous descendez quand même prendre le petit-déjeuner ? Demande ma mère, légèrement inquiète et déçue.

- Vaut mieux le laisser se reposer, et moi je vais m'occuper de lui, dis-je.

- Ça me fait plaisir de vous voir devenus si solidaires et amis, dit ma mère en nous regardant avec une larme à l'œil. Ça nous change de l'époque où tu poursuivais Steve dans toute la maison en le frappant avec ta poupée Barbie.

- Elle lui plaisait plus qu'à moi, dis-je avec un sourire forcé.

- Bon, je vous laisse, repose-toi bien, Steve », dit ma mère en fermant la porte.

Je me lève d'un bond et je vais coller mon oreille à la porte pour être sûre que la voie est bien libre.

Black remet ses lunettes à contrecœur. Je lui lance un regard assassin.

« J'ai accepté d'aller à ton foutu mariage, alors tu crois pas que tu pourrais faire un effort ?

- Tu ne m'as donné aucune info sur ton pote, comment tu voulais que je sache quoi dire à ta mère ? Demande Black.

- On ne dit pas « ouais » quand on porte des costumes à carreaux et qu'on prône l'abstinence ! Dis-je.

- Eh ben donne-moi des tuyaux pour que je ne fasse plus de gaffes, répond-il. Déjà comment je dois l'appeler ta mère ? Et puis je dois la vouvoyer ?

- Tu l'appelles Rose et tu lui dis « tu », tu fais pareil avec mon père, il s'appelle Gary », dis-je.

Je passe une bonne partie de la matinée à lui expliquer le comportement, la façon d'être et de penser de Steve Trenton, il s'exerce à répondre pour lui ressembler. Le plus dur c'est de ne pas dire de gros mots je pense.

« Fifils à maman, dis-je.

- Pétasse, répond Black du tac au tac.

- Non ! Tu dois répondre calmement, comme si tu étais trop digne pour t'abaisser à me répondre, et pas de gros mots ! Et il est très fier d'être un fifils à maman ! Dis-je. On recommence. Gros thon.

- Tu t'es regardée ?

- Non ! tu dois répondre une connerie du style « la beauté extérieure n'est rien de moins que le reflet superficiel de l'image que la société et les médias définissent comme étant parfaite. Il faut s'accepter tel qu'on est, la beauté intérieure seule compte ». Un truc du genre.

- D'accord, j'y peux rien c'est un réflexe, répond-il.

- Tu parles, ça t'amuse de me foutre en rogne, dis-je. On recommence, pauvre naze.

- Le concept de « naze » est une idée cliché stéréotypée, un concept basé sur l'élitisme et la pseudo supériorité sociale d'un groupuscule habillé selon la mode actuelle et qui passer dans l'ombre d'ici deux ans.

- Tu vois c'était pas si dur, dis-je en poussant un soupir exaspéré. Quoique pour un Gryffondor…

- Moi au moins je sais transplaner, répond-il.

- Ça n'a rien à voir, dis-je. C'est une question de fric. »

Il bosse dur pour bien lui ressembler et essayer de comprendre sa façon de penser, vers 10 heures j'ai l'impression d'avoir le vrai Steve Trenton devant moi.

Les parents se barrent vers 11 heures, après ça je vais prendre une douche dans la salle de bain et Black se familiarise avec sa nouvelle garde-robe.

La maison est vide, je me demande comment je vais faire pour supporter de me retrouver toute seule avec Black toute une journée.

J'aurais dû aller à la National Gallery avec les vieux….

Vers midi, quelqu'un sonne à la porte. Etonnée, je vais ouvrir et je me retrouve face à la dernière personne que je m'attendais à voir ici.