Tatadaaaaaaaaa !

Et voilà un nouveau chapitre de Cœur de Glace ! Je me souviens pourquoi j'ai tardé à le poster… C'est le dernier de cette année… Ce qui veut dire que vous allez devoir patienter car l'année suivante est en écriture et je n'ai pas commencé à corriger !

Comme toujours, je précise que rien ne m'appartient, sinon les choses terribles (et belles aussi, hein ! Promis !) que je vais faire vivre à la Nouvelle Génération.

J'apporterais des précisions si nécessaires au fur et à mesure, et je rappelle qu'il y aura du H/H dans cette fiction, donc homophobes, passez votre chemin !

Bonne lecture !


Chapitre 12 : Frères ennemis

Ginny descendit les escaliers en s'étirant et alla directement à la fenêtre pour l'ouvrir et sentir le parfum des fleurs embaumer leur maison. Kiril dormait encore, Lily babillait dans son berceau. Elle regarda une très belle chouette hulotte atterrir sur le rebord de la fenêtre et la paya après avoir pris le journal qu'elle tenait entre ses serres. Lorsqu'elle le déplia, son cœur loupa un battement : en première de couverture, une photo de son fils face à Harry. Elle déglutit et s'appuya contre le plan de travail.

- Par Merlin, James…. gémit-elle.

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Les deux Potter se regardèrent à travers la table de Serpentard. Le regard d'Albus était colérique et signifiait très clairement « je t'avais prévenu ». Mais James se contrefichait des conséquences. Les Anciens étaient partis à présent, mais ce qu'il avait vécu restait. C'était tout ce qui comptait. Il adressa un regard particulièrement agaçant et désintéressé à son frère. James survola l'article qui relatait le match, puis l'encadré qui racontait de manière épique, comme si cela s'était déroulé au ralenti, le moment où Draco était tombé vers le sol : « D'un même mouvement, les deux fils de l'Elu se sont élancés pour sauver celui qui autrefois a déclaré devoir sa vie à Harry Potter. Comme porteurs du courage et de la spontanéité de leur père, les deux Serpentards sont venus en aide à Draco Malfoy ».

James sentait le regard d'Elias sur lui, mais aussi celui de Scorpius. Il ne regrettait pas son élan pour venir en aide à Draco, mais cette complicité secrète qu'il partageaient était à présent entre les mains des journalistes et de tous ceux qui voudraient lui nuire. Son regard glissa ensuite sur l'encadré intitulé Harry Potter face à James Potter : une confrontation foudroyante ! Ridicule. L'article relatait la tension sur le terrain et dans les gradins, le regard de ses grands-parents, l'air déstabilisé de Harry Potter, mis face à ses responsabilités, à l'enfant abandonné, et pour la première fois, la manière dont il était désigné alluma une flamme brûlante au creux du ventre de James. L'article parlait aussi d'Albus, soumis à l'autorité de l'aîné, qui avait vu sa famille, Harry Potter qui l'avait choisi lui, pour être auprès de lui toutes ces années, face au « fils Weasley ».

En même temps que James reposait le journal pour recouvrir ses pancakes de sirop d'érable, Albus se levait pour quitter la Grande Salle, rapidement suivi de Scorpius. James leva la tête quand un hibou se posa devant lui pour lui tendre une lettre.

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- Albus, attends !

Scorpius attrapa son bras et le força à se retourner. Albus essuya furtivement une larme qui perlait sur sa joue.

- Je le savais ! Je le savais, ils n'ont pas le droit de faire ça ! C'est ma famille !

Albus enfouit son visage dans ses mains. Scorpius le prit dans ses bras et s'écarta vers un couloir transversal. Scorpius trouvait qu'Albus surréagissait mais il ne voulait pas le contrarier davantage.

- Oui, tu as raison, vous êtes beaucoup trop exposés-

Les sanglots d'Albus s'interrompirent.

- Nous ?

Albus s'écarta un peu. Scorpius grimaça intérieurement. C'était raté.

- De quoi tu parles ?

Scorpius fronça les sourcils, inquiet de faire du mal à Albus.

- Eh bien, je voulais dire…

Albus le repoussa.

- James, toujours James ! On s'en fout de lui !

- Albus ca-

- Non ! Je croyais que j'étais celui qui comptait le plus à tes yeux !

- Mais tu l'es, Albus, tu l'es !

Il se serra fort contre Albus, le sentant lui échapper. Albus serra ses poings dans son dos, lui aussi incapable de s'éloigner de lui, malgré sa colère.

- Tu seras toujours le premier dans mon cœur, Albus, toujours ! Je pense à toi avant tout, à ton bonheur ! Je… je t'aime, Albus !

Scorpius sentit le souffle d'Albus dans son cou. Le brun embrassa son cou et ses muscles se détendirent. Scorpius était essoufflé, tant la panique l'avait gagné.

- Moi aussi je t'aime.

Le cœur de Scorpius loupa un battement. Il esquissa un sourire et tout ce qui les entourait, tout ce qui faisait leur vie semblait s'être effacé pour ne laisser qu'une seule personne briller dans ses pensées et son cœur : Albus.

- C'est vrai ?

Albus hocha la tête. Scorpius sentit ses joues rosir de plaisir. Il essaya malgré tout de garder la tête sur les épaules.

- Ecoute, laissons-les dire, ok ? Alors une bonne fois pour toutes, on va faire avec, on va faire face ensemble, ok ? Comme on l'a toujours fait. Rien ne détruira notre famille. Moi la force tranquille, et toi le roc. Toi la panthère et moi le loup.

Scorpius cligna des yeux. Ces mots lui étaient venus spontanément. Il posa sa joue contre celle de celui qu'il aimait.

- Oublions tout pour ce soir, ok ? C'est le bal de fin d'année, tout recommencera l'année prochaine mais cet été sera juste pour toi et moi. Et ce soir, on ira ensemble au bal…

Albus s'écarta et hocha lentement la tête, semblant toujours hésitant.

- D'accord… On se voit plus tard, ok, je dois voir Cassandra.

Il plongea son regard dans celui de Scorpius et le blond lui sourit. Albus baissa le regard et s'éloigna. Scorpius, toujours souriant, retourna dans la Grande Salle pour chercher Maya avec qui il avait prévu de passer la matinée à chercher des possibles stages qui l'intéresserait. Et la sorcière l'aiderait aussi à choisir la plus belle de ses robes de sorcier.

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James déglutit et observa le Serpentard en face de lui, gêné. C'était un élève de la même année que lui, mais très introverti. Il avait mis tout son courage dans sa demande.

- Si tu ne veux pas… hésita le sorcier.

- Je suis désolé, Yann, murmura James en s'appuyant contre le mur à côté de la salle commune des préfets, ce n'est pas contre toi, mais… je n'ai pas vraiment la tête à ça.

- Mais tu seras au bal ? demanda Yann d'une voix aigu.

- Je serais au bal.

- Alors… tu pourras m'accorder une danse ? demanda-t-il, la voix emplie d'espoir et les yeux brillants.

James se retint de lever les yeux au ciel.

- Oui.

Yann lui sourit et s'éloigna. James resta là à le regarder, songeur. Il pensa à Tate, à l'article dans le journal, à Scorpius et surtout à la lettre que lui avait envoyé sa mère. Elle était inquiète et en colère. Il savait que sa grand-mère lui rappellerait qu'elle n'avait pas le droit, techniquement, de l'empêcher de voir son père, mais James était déçu : Il pensait pouvoir en parler avec elle, lui confier ce qu'il avait ressenti, cette espèce de manque qui n'avait pas été comblé, mais la plaie, au moins, qui n'était plus boursoufflée. Il s'accrochait en vain à l'inquiétude de sa mère, et se disait qu'au moins ça, cela ressemblait à de la compréhension de sa part.

Et il se passa une de ces choses si désagréables : l'impression que tout ce qui a été accompli est vain, que tout ce qui nous entoure, y compris le sol sous nos pieds, s'écroule.

- James ? Qu'est-ce que tu fais là ?

James, les yeux brouillés, se tourna vers Scorpius qui était là, les bras chargés d'une valise. Daisy se frottait aux jambes de James.

- Je viens de refuser une demande pour le bal.

Scorpius fronça légèrement les sourcils.

- C'est Tate, c'est ça ?

James secoua la tête.

- Non, ce n'est pas Tate.

Scorpius vint s'appuyer à côté de lui.

- Je voulais te remercier d'être venu en aide à mon père.

James sourit en coin.

- J'allais pas le laisser s'écraser sur le sol.

Scorpius hocha la tête et attendit un moment avant de poursuivre.

- Dis, tu vas trouver ma question bizarre, mais est-ce que vous vous êtes déjà parlé… avec mon père ?

James s'apprêtait à répondre, mais Scorpius l'interrompit.

- Je veux dire, vraiment parler.

James rit jaune.

- Tu deviens très observateur, Scorpius.

Scorpius ne répondit pas. Il se pencha pour prendre son persan dans ses bras.

- Scorpius, j'ai pas envie d'en parler avec toi-

- Et je ne te demande rien, lui répondit aussitôt l'aîné. Ce que tu partages avec mon père, quoi que ce soit, ça ne me regarde pas.

James se tourna vers Scorpius et ce dernier lui adressa un sourire éblouissant. James renifla, amusé.

- Qui êtes-vous, qu'avez-vous fait de ma fouine de colloc' ?

Scorpius le poussa gentiment.

- C'est ça, moque-toi ! Une dernière question, James.

James haussa un sourcil.

- Tu veux parler de la lettre ?

James se retint de serrer le Serpentard dans ses bras. Scorpius était vraiment quelqu'un de bien, qui ne voulait attirer d'ennuis à personne, aider tant qu'il pouvait et Merlin savait que la situation dans laquelle il était n'était pas des plus faciles. Il percevait beaucoup de choses, savait reconnaître ses erreurs, car bien souvent aussi il comprenait mal ce que son entourage ressentait et James l'appréciait pour ce paradoxe. Parce qu'il ne voyait pas tout et c'était tant mieux.

- Non, murmura James.

Et Scorpius tapota son épaule, puis s'éloigna avec sa valise qui allait être chargée dans le Poudlard Express par Hagrid, avant le début du bal.

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Scorpius adressa un large sourire à Rose lorsqu'il la vit en haut des escaliers de marbre dans une robe lilas somptueuse, Hyacinthe à son bras. Ses cheveux auburn étaient tressés, la natte reposait sur son épaule gauche. Des petites fleurs roses étaient piquées dans ses cheveux. Hyacinthe salua l'ami avec qui il discutait et le couple descendit les escaliers pour rejoindre la Grande Salle, où pour l'instant on entendait une musique d'ambiance. Scorpius réajusta sa robe de sorcier, légèrement brillante, ainsi que son insigne de préfet. Il laissa s'échapper deux mèches de son chignon et descendit à son tour les escaliers pour attendre Albus aux bas de ceux-ci. Ils avaient convenu de se retrouver ici, comme aux bals d'Halloween. Il s'appuya contre la rambarde et soupira d'aise. Il était sûr de lui, ce soir, il déclarerait sa flamme à Albus. De toute manière, c'était déjà fait en quelques sortes, mais il tenait à lui faire part de ses sentiments. Il adressa un clin d'œil à Sam et Alice. Sam portait un costume moldu vert émeraude, d'un tissu très doux. Alice portait un jupon sous sa robe courte bleu ciel, qui lui donnait un mouvement aussi guilleret que le visage de la sorcière. Scorpius l'entendit glisser des mots tendres à l'oreille de Sam et le sorcier rougit. Scorpius sentit ses joues chauffer lorsqu'il s'imagina lui-même dire des mots doux à Albus. C'était ridicule, ils étaient pourtant passés à un stade supérieur, avant même de s'être déclaré leurs sentiments. C'est vrai que c'était… peut-être un peu étrange, mais-

- Scorpius ?

Le blond releva les yeux vers sa cousine dont les cheveux bouclés étaient remontés en un volumineux chignon. Elle portait un ras du cou fait de diamants, une longue robe rouge aux épaules dénudées. Alais était l'une des plus riches et des plus belles filles de cinquième année.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Jensen rattrapa sa copine et adressa un maigre sourire à Scorpius.

- Eh bien, j'attends Albus, répondit Scorpius en riant. Il met toujours tellement de temps à se préparer !

Alais et Jensen échangèrent un regard.

- Vous savez où il en est ?

Jensen fronça les sourcils.

- Scorpius, Albus est déjà descendu il y a un quart d'heure.

Scorpius perdit son sourire. Alais se mordit la lèvre, elle était extrêmement mal à l'aise. Son copain avait bien essayé de lui faire comprendre que quelque chose ne tournait pas rond entre les deux amis, qu'il fallait réagir, mais elle avait toujours refusé de s'en mêler.

- Il a emmené Cassandra au bal, répondit-elle au regard perdu de son cousin.

Scorpius sentit son cœur louper un battement. Il déglutit et n'osa pas se retourner vers la salle. Jensen renifla et saisit la main d'Alais.

- On y va. Tu nous rejoins ?

Alais adressa un regard de reproches à Jensen pour sa froideur, mais le suivit. Scorpius cligna des yeux. Un seul prénom résonnait à ses oreilles. « Cassandra ». Il se tourna vers la Grande Salle où le professeur McGonagall ouvrait le bal. Des élèves de Serdaigle s'éloignèrent et il le vit. Albus se leva d'une des tables rondes nappées de blanc cassé pour l'occasion, décorées d'un chemin de table vert anis, et tendit sa main à Cassandra pour l'inviter à danser. Pourtant, il balaya la Grande Salle du regard, semblant cherche quelque chose et lorsque son regard croisa celui de Scorpius, il s'illumina. Scorpius traversa la salle à grand pas pour rejoindre celui pour qui son cœur battait. Albus avait lâché la main de Cassandra, lui avait gentiment demandé d'attendre une minute de plus.

- Scorp', je me demandais où tu étais passé !

- Ben je t'attendais, répondit Scorpius, la gorge serrée. Comme prévu.

- Ah… répondit Albus en tendant une coupe de punch à Scorpius. Oui, on a dit qu'on allait au bal ensemble, je sais, mais…

Il lança un regard en direction de Cassandra qui discutait avec ses amis, son bras passé autour de la taille de Quentin.

- Je l'ai invitée, dit-il, rosissant de plaisir. Ce n'était pas trop sérieux jusque-là, mais je crois qu'elle tient vraiment à moi. Et comme tu m'as conseillé de m'amuser ce soir…

Scorpius serrait ses doigts autour du verre que lui avait tendu Albus. C'était comme si une lame glacée traversait son ventre. Il souffrait terriblement, tout semblait avoir disparu autour de lui. Il ne restait qu'une personne visible à ses yeux, c'était Albus, et il ne s'était jamais senti aussi loin de lui. C'était comme si tout était remis en question, tout ce qu'ils avaient vécu, tous les signes qu'il avait cru percevoir, tout ce qu'il ressentait et qu'il pensait qu'Albus ressentait aussi. Il repassait cette dernière année dans sa tête, du moindre mot, la moindre caresse, le moindre baiser… des baisers ! Il y en avait eu et n'importe qui espérait que cela ait un sens. Cela devait avoir un sens !

- Scorpius, est-ce que ça va ?

Scorpius releva la tête.

- Tu m'as dit que tu m'aime.

Albus fronça les sourcils d'incompréhension.

- Oui, je t'aime. Pour-

- C'est avec moi que tu aurais dû aller au bal, avec moi…

Scorpius regardait autour de lui, sans comprendre. Tout cela n'avait aucun sens, cela n'aurait pas dû se passer comme ça.

- Mais on y est, Scorpius, je vois pas où est le problème.

Il se tourna vers Cassandra qui lui sourit.

- Je vais danser avec Cassandra, puis je te retrouve, nos amis sont aussi-

- Mais c'est avec moi ! Avec moi que tu dois danser !

Albus attrapa le bras de Scorpius et s'éloigna avec lui vers la piste, là où il y avait plus de bruits, pour atténuer les propos incohérents de Scorpius.

- Qu'est-ce qui t'arrives, Scorpius ? Bien sûr que je vais danser avec toi, mais arrêtes de t'énerver, c'est ridicule.

Encore ce ton infantilisant. Alors c'était ça ? Albus le voyait comme un petit frère ? Un petit être fragile à protéger ? Mais et tous ces gestes…

- Mais Albus, je ne comprends pas… et ce qu'on a vécu, ça ne compte pas pour toi ?!

Pour la première fois, Albus ne parvenait pas à comprendre, à lire entre les mots de Scorpius. Du moins, il pensait que c'était la première fois.

- T'es sérieusement en train de me faire une scène parce que je suis allé au bal avec ma petite-amie !

Scorpius éclata en sanglots. Il n'arrivait pas à croire ce qui arrivait.

- Mais Albus, je suis amoureux de toi !

La musique retentissait autour d'eux, les rires éclataient, les pas de danse claquaient sur le sol. Personne ne les remarquait, tous les amis avaient disparu.

- Je suis amoureux de toi, répéta Scorpius, ses poumons menaçant de sortir de leur cage thoracique. Je t'aime, je te l'ai dit encore et encore et je pensais que tu avais entendu, que tu avais compris !

Il essuya furieusement ses joues.

- Mais tu ne voulais que… tu voulais…

- S… Scorpius, je ne comprends pas, bégaya Albus.

Des bribes de discussion, de mises en garde de Jensen arrivèrent à sa mémoire, des moments, des regards, mais contrairement à Scorpius, rien ne semblait vouloir se mettre en place dans sa tête.

- Bien sûr que tu ne comprends pas ! s'exclama Scorpius.

Il secoua la tête et regarda Albus avec une intense tristesse.

- Qu'est-ce que j'ai pu être con…

Il s'éloigna et Albus fit un pas dans sa direction.

- Scorpius…

- Albus ?

Le brun se tourna vers Cassandra qui affichait un air préoccupé.

- On va danser ?

Albus, ébranlé, se laisser entraîner par la sorcière. Quelque chose lui échappait, mais il n'avait aucune idée de comment recoller les morceaux d'un cœur brisé, surtout le sien…

Alors que Yann trouvait le courage d'inviter James à danser, Scorpius passa comme une furie à côté de l'aîné des Potter. James se tourna au passage de la tempête blonde.

- Scorpius ?

Il croisa le regard de Jensen qui remplissait un plateau de l'autre côté de la piste. Jensen secoua la tête et baissa à nouveau le regard. James accepta l'invitation de Yann.

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Elisabeth refusa l'invitation à danser. C'était un slow, elle était mal à l'aise avec ça. De plus, c'était une série de slow moldus, elle n'en connaissait aucun. Elle regarda Théo se blottir au creux des bras de son copain et sourit. Maya était partie chercher des boissons, Sam et Alice dansaient eux aussi, quant à Alais, elle était partie à la recherche de Scorpius. Albus ne se montrait pas beaucoup ce soir, d'ailleurs Elisabeth ne comprenait pas qu'il soit en train de plaisanter avec Cassandra et ses amis alors que Scorpius devait beaucoup souffrir. Personne n'avait rien osé dire, mais certainement qu'ils avaient tous parlé en aparté. Elisabeth n'avait rien remarqué, mais Alice leur avait dit à Maya et elle qu'elle avait senti que quelque chose clochait. Théo avait dit à Alais, avant qu'elle ne s'en aille, qu'il avait toujours senti que Scorpius était gay. Quant à Jensen et Sam, ils étaient longtemps partis discuter à l'extérieur de la Grande Salle.

- Quel gâchis.

Elisabeth sursauta lorsque Jensen se laissa tomber à côté d'elle.

- Alais ne l'a toujours pas retrouvé ? demanda-t-elle.

- Non, je ne crois pas.

Il soupira.

- J'ai essayé de le mettre en garde, mais…

Il soupira à nouveau, impuissant.

- Ses sentiments pour Albus… ils sont devenus tellement forts. Cette relation était vraiment malsaine.

- Tu en veux à Albus, n'est-ce pas ?

Jensen semblait choisir ses mots avec soin.

- Oui, je lui en veux. Parce que… tout a commencé parce qu'il voulait se donner un genre et Scorpius et lui ne font qu'un, depuis toujours, alors Albus n'a pas réfléchi à l'impact que son comportement pourrait avoir sur les sentiments de Scorpius.

Il semblait aux prises avec des sentiments contradictoires.

- On ne fait pas ce genre de choses ! On n'oriente pas une relation vers ce stade là en pensant qu'il n'y aura aucune conséquence !

Elisabeth baissa les yeux.

- Oui, tu as raison.

- Il a toujours considéré Scorpius comme acquis, il s'est borné à le garder si proche de lui que Scorpius est tombé amoureux.

- Tais-toi, Jensen.

Jensen et Elisabeth se tournèrent vers Scorpius qui s'était glissé entre eux. Il regardait la salle, les yeux rouges.

- Scorpius ! Est-ce que tu-

- Non, Elisabeth, coupa le Serpentard en baissant les yeux vers elle, ça ne va pas. Tu veux bien danser avec moi ?

Alors que la sorcière se levait, Scorpius adressa un sourire des plus sincères à Jensen.

- Merci pour tout, Jensen.

Jensen serra son bras et les regarda s'avancer sur la piste de danse, main dans la main. Il partit à la recherche d'Alais.

Yeah, I tell you something. I think you'll understand…

Scorpius posa sa main dans le dos d'Elisabeth. Elle caressa son autre main et serra ses doigts entre les siens. La sorcière releva son menton pour le regarder dans les yeux. Elle lui sourit.

- Je serais toujours là pour toi.

When I say that something…

Scorpius hocha la tête et lui rendit son sourire.

- Tu es comme mon frère, hmm ? N'oublie pas, on sera toujours là pour toi.

Scorpius la remercia du bout des lèvres et se mit à tourner. Il fixait le bruissement des robes, les talons sur le sol, les chaussures cirées. Certains virevoltaient, d'autres se contentaient de faire du surplace.

Oh please, say to me. You'll let me be your men. And please say to me. You'll let me hold your hand…

Scorpius osa enfin relever la tête mais il garda les yeux fermés. Il n'aurait pas supporté de croiser son regard. Pas maintenant, pas si tôt.

And when I touch you, I feel happy inside. It's such a feeling that my love. I can't hide…

Mais lorsqu'il ouvrit enfin les yeux, c'est un regard cuivré qu'il croisa. James dansait avec Yann. Le sorcier le fixait.

Yeah you got that something. I think you'll understand. When I say that something…

James lui adressa un sourire attristé et Scorpius déglutit. Il avait compris. Lui aussi, il avait compris. Et Scorpius avait refusé de l'écouter.

- Je suis désolé… souffla James.

I want to hold your hand, I want to hold your hand…

Une larme roula sur la joue de Scorpius et il articula difficilement « merci », avant de faire tournoyer Elisabeth dans ses bras. C'est lorsque la musique prit fin et qu'une autre commença qu'il le vit. Il se mettait en place sur la piste avec Cassandra. Scorpius se détacha des bras de son amie.

- Je peux pas, dit-il dans un souffle.

Just stop your crying, it's a sign of the times.

Il prit la fuite, laissant Elisabeth désemparée. Alais se leva de la table pour rejoindre son cousin. Albus, lui, se bornait à sourire, continuant à se bercer d'illusions.

Welcome to the final show, hope you're wearing your best clothes.

Mais il l'avait vu partir et il se sentait incapable de faire face à la détresse de Scorpius. Lâche. Le Choixpeau l'avait pourtant prévenu.

You look pretty good down here, but you ain't really good.

Tout le monde l'avait mis en garde. Il l'avait cherché.

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James s'excusa rapidement auprès de ses amis lorsqu'il vit Albus revenir du parc. Il fonça droit sur lui. Il avait parlé avec Jensen et il savait que ni lui, ni les autres n'avaient encore parlé à Albus.

- Albus, je peux te parler ?

- Qu'est-ce que tu me veux encore, marmonna Albus en s'éloignant tout de même loin des oreilles indiscrètes.

- Albus, tu dois t'excuser.

Le brun fit volte face.

- Mais bordel, de quoi j'me mêle ? Qui t'es pour me dire ça ?

- Je suis un des amis de Scorpius. Je te dis ça au même titre que n'importe lequel de ses amis.

Albus ricana.

- C'est cela, oui.

Pourtant, James vit qu'il pouvait continuer. Il était très en colère, il sentait l'injustice brûler ses veines, mais Albus, en face de lui, n'était pas en grande forme. Il était complètement perdu et James préférait user de la sagesse.

- Ce n'était qu'un jeu, je n'aime pas Scorpius ! Pas comme ça !

James serra les poings.

- Et tu pensais vraiment que ton comportement n'aurait aucune répercussion ?

- Arrête de me faire la leçon, claqua Albus avec un regard noir. Je pouvais pas rêver qu'il était gay.

James masqua une moue de dégoût.

- Tu ne comprends vraiment rien.

Albus paniquait. Son frère restait calme et il ne pouvait pas attaquer. Simplement tenter de se défendre.

- Pour moi, Scorpius est… Scorpius est le frère que je n'ai jamais eu !

Les deux Potter se fixèrent. Tous deux maîtres dans l'art de cacher leurs sentiments, ils étaient incapables de savoir l'effet produit par cette remarque. Ils serraient les dents, semblant attendre une explosion. James et Albus ne savaient pas aller l'un vers l'autre, plus depuis ce fameux réveillon. James fut le premier à reprendre la parole, d'une voix calme et claire.

- Scorpius, lui, ne t'a jamais vu comme un frère. Mais il a toujours désiré te protéger, te sauver.

- Qu'est-ce que t'en sais ? Comment est-ce que tu peux prétendre le comprendre ? répondit Albus, décidé à mettre James en rogne. Au moins, il pourrait maîtriser la situation.

- Parce que c'est ce que je n'ai pas fait.

James se mordit la langue puis ne laissa pas à Albus le temps de répondre, ni même de réagir.

- Il t'aime sincèrement. Il y croyait. Tu dois lui dire que tu es désolé, tu ne peux pas laisser les choses se tasser. Il a besoin de l'entendre pour avancer, on ne peut pas évoluer et entrevoir son avenir dans les non-dits et les questionnements.

James fixa son frère et comme aucune réponse ne semblait venir, il tourna les talons pour retrouver ses amis. Albus posa une main contre le mur et réalisa qu'il avait retenu sa respiration. Il plaqua son autre main sur son visage et ferma les yeux, pris d'un vertige.

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Une semaine a passé.

Harry s'assit à son bureau et tria son courrier. Il avait reçu des lettres d'admiratrices suites au match à Poudlard et il n'avait pas encore pu y répondre. Il n'aimait pas faire ça mais il se motivait en se disant que cela faisait plaisir à quelqu'un d'avoir quelques mots de sa part entre les mains. Il aperçut aussi une lettre en provenance de Poudlard et la mit de côté pour y répondre plus tard. Il jeta immédiatement toutes les invitations à différentes émissions de radio et autres journaux. Il garda seulement celle de Lee Jordan et Dean Thomas qui avaient repris Potterveille.

- Papa ?

Harry releva la tête vers Albus qui s'était appuyé contre le chambranle de la porte, les bras croisés.

- Hmm ?

- Il est où Draco ?

Harry sourit.

- Il est allé au Manoir Malfoy. Je suis désolé, Albus, mais je t'arrête tout de suite si tu viens me demander si tu peux y aller. Je sais que Scorpius a choisi de passer plusieurs semaines chez son grand-père, mais-

- Non. Non, ça ira.

Harry hocha la tête.

- Tu voulais me parler de quelque chose ?

Albus haussa les épaules, la tête baissée. Il se redressa et s'éloignait déjà lorsqu'il dit :

- Tu devrais peut-être parler à James.


J'aime beaucoup écrire les fics songs et pour ce chapitre, quatre musiques m'ont inspirée, quatre musiques que j'ai écouté en écrivant. Elles traduisent surtout (pas que) ce que ressent Scorpius.

- Without you GLEE version

- Need you now Landy Antebell

- Sign of the times Harry Styles

- I Want to hold your hand GLEE version

Fin quatrième et cinquième année