Chapitre 35 : Choisir son camp

Patiemment, j'avais attendu mon heure. J'avais tout de suite compris que je ne devais pas m'attaquer à eux de front, et en voyant mes « collègues » tomber l'un après l'autre comme des mouches, j'avais compris que j'avais pris la bonne décision. Aussi avais-je attendu mon heure, les observant attentivement, enregistrant le moindre indice. Un sourire carnassier était apparu sur mon visage en découvrant qu'ils sortaient ensemble. Ils en avaient mis du temps. De ce que j'avais pu glaner sur eux par des sources secondaires, il était évident pour tout le monde, y compris leurs ex respectifs, qu'ils étaient fou l'un de l'autre, mais pour des raisons que personne ne s'expliquaient, ils n'avaient jamais rien tenter. Jusqu'à récemment. Je me demandais comment j'allais pouvoir utiliser leurs sentiments respectifs pour les attirer dans un piège et les tuer tranquillement. Ils seraient déjà mort avant même que quiconque réalise qu'ils avaient disparus.

Mais avant ça, j'allais les torturer. J'avais envie de les voir souffrir, me supplier d'en finir avec eux. Je voulais qu'ils sachent qu'ils allaient mourir, et qu'ils ne pouvaient rien faire pour l'empêcher ou éviter que l'autre ne souffre. Et je sus ce que j'allais faire. J'allais les torturer sous le regard impuissant de l'autre. Et à la souffrance, s'ajouterait la culpabilité de l'impuissance face à la douleur de l'être aimé. Oui, ils allaient payer d'être responsable de la mort des meilleurs d'entre nous. Une fois mon plan en tête, je décidais de chercher le meilleur endroit pour opérer en toute tranquillité. Regardant ma montre, je constatais qu'il était l'heure d'aller manger. Je me dirigeais donc vers un petit restaurant italien que j'avais repérer un peu plus tôt dans la semaine. Et avec un peu de chance, j'y rencontrerais à nouveau cette superbe brune aux sublimes yeux verts qui y avait dîner à plusieurs reprise avec son petit-ami.

Qui sait, peut-être arriverais-je à m'amuser un peu avec elle après m'être occuper de son copain. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autoriser à chasser, et je commençais à être en manque, et cette femme avait éveiller mes pulsions. Elle serait un jouet très distrayant, et puis tant que mes proies seraient au poste, je ne pourrait rien faire, donc je pouvais me permettre une petite récréation. Avec entrain, je gagnais donc le bar-restaurant, et m'y installais de façon à pouvoir surveiller les allées et venues. Elle n'était pas encore là, mais je ne désespérais pas. Elle n'arrivait que très rarement avant 21h, et il n'était que 22h. Pour passer le temps, je réfléchissais à tout ce que je pourrais lui faire, et je sentis mon corps réagir. Oui, j'allais bien m'amuser ce soir.

Alors que ma patience commençait à s'émousser, un sourire triomphal étira mes lèvres. Elle était là, enfin. Lui aussi, mais sa présence n'était que secondaire. Je n'aurais aucunes difficulté à me débarrasser de lui, même s'il était monter comme une armoire à glace. Durant toute la soirée, je les observais roucouler, s'embrassant sans arrêt, et la jalousie me fit serrer les poings. Mais bientôt, elle serait à moi, et j'allais leur faire regretter d'avoir jouer avec moi comme un chat avec une souris. Peut-être que je n'allais pas le tuer finalement. Peut-être me contenterais-je de l'immobiliser pour qu'il soit conscient de tout ce qui se passait et qu'il voit ce que j'allais faire à sa bien-aimée avant de les tuer tout les deux. Comme ça, je ferais d'une pierre deux coups. J'assouvirais la faim que cette petite traînée avait éveiller en moi, et je répéterais avec eux ce que je comptais infliger à mes proies principales.

Je ne pouvais nier qu'ils formaient un très beau couple, elle avec ses longs cheveux bruns délicatement bouclés, ses grands yeux verts étincelants et son sourire ravageur, et lui avec sa carrure d'apollon, ses cheveux bruns et ses grands yeux bleu. Ils étaient visiblement très amoureux l'un de l'autre, mais leur besoin de contact me fit dire qu'ils n'étaient pas en couple depuis très longtemps, ce qui me fit sourire. Ça allait être amusant de voir si leurs sentiments étaient aussi forts qu'ils le paraissaient. Finalement, j'allais leur rendre service souris-je en gloussant. Je ne les quittais pas des yeux, la rage m'envahissant chaque fois qu'il posait les mains sur elle, ce qui arrivait toute les cinq minutes, à croire qu'il ne pouvait pas s'en empêcher, ce qui était sûrement le cas. Avec un corps comme le sien pourquoi se priverait-il?

Soudain, après un énième baiser particulièrement passionné, je la vis se pencher vers lui et lui chuchoter quelque chose à l'oreille qui amena un sourire stupide sur son visage, ils se levèrent, et étroitement enlacés, ils quittèrent le restaurant. Enfin. J'allais pouvoir passer à l'action et évacuer la frustration qui s'était emparer de moi à les voir s'allumer l'un l'autre juste sous mon nez. Discrètement, je me levais et les suivais sans attirer leur attention. Lorsque j'arrivais sur le parking, je mis quelques secondes avant de les repérer, et grognais en les découvrant enlacés, s'embrassant contre l'aile de leur voiture. Je restais là un moment à les observer se caresser avec de plus en plus de passion. S'ils continuaient comme ça, ils allaient finir par s'envoyer en l'air ici. Mais la jeune femme finit par se reculer, avec une mauvaise volonté évidente, et après un dernier baiser passionné, son compagnon lui ouvrit la portière de sa voiture et en fit le tour pour prendre place côté conducteur.

Grimpant sur ma moto, je démarrais en même temps que lui et les suivait jusqu'à chez eux. J'avais d'abord eu l'intention de les agressés sur place, mais finalement je décidais de m'en prendre à eux chez eux, ce serait plus facile de faire d'eux ce que je voulais. Et je pourrais m'amuser toute la nuit de cette façon. Inconsciemment, j'accélérais, faisant vrombir le moteur de ma moto. Désireux de ne pas me faire repérer, je réduisais ma vitesse brusquement, ce qui me fit faire une embarder. Inquiet d'avoir été repérer, je jetais un regard devant moi, et soupirais de soulagement en voyant qu'il continuait de conduire comme si de rien était. Je remerciais le ciel d'être à New York. Dans cette ville où les chauffards étaient si nombreux que les automobilistes ne prêtaient plus la moindre attention au mauvais conducteurs.

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Comme presque tout les soirs depuis que j'avais surpris le Virus et le Boucher au McGinty's, Matt et moi allions dîner dans un petit bar-restaurant italien pas très loin de chez lui. Au départ, Matt n'avait pas été ravi de renoncer à son bar de prédilection, mais quand je lui avais confier que je craignais de me retrouver face à l'homme qui m'avait mise si mal à l'aise, il accepta de bon cœur de renoncer pour quelques temps à s'y rendre. Et puis dans notre nouveau repère, personne ne le connaissais, et d'une certaine façon, il se montrait plus libéré, plus entreprenant, ce qui ne me déplaisait pas. J'aimais la façon dont il me touchait, dont il m'embrassait, me donnant l'impression d'être aimée, désirée. J'avais décider de mettre un terme à ma carrière de tueuse professionnelle, mais j'hésitais encore à venir m'installer à New York. Pourtant, j'avais grandie à Staten Island, mais revenir définitivement dans cette ville m'oppressais.

Mais je ne voulais pas perdre Matt, et je savais que sa vie était ici. Si j'avais su que cette affaire s'avérerait aussi compliquée, je ne l'aurais pas acceptée. A qui voulais-je faire croire ça? Matt était la meilleure chose qui me soit arriver depuis la mort de maman, et je ne regrettais pas notre rencontre, au contraire. Je l'aimais tellement que je me demandais comment j'avais pu vivre sans lui jusqu'à présent. Mais c'était là que le bas blessait. Je ne vivais pas, je survivais. Ma vie n'était qu'une illusion, une façade derrière laquelle je dissimulais ma soif de vengeance toujours aussi vive après toute ces années. Cela faisait dix ans que maman était morte, et la plaie était toujours béante et douloureuse. Elle était encore si jeune lorsqu'elle avait été assassinée. Elle m'avait eu alors qu'elle était encore au lycée, et malgré les difficultés, elle avait décider de me garder. Et elle avait réussi. Elle était devenue infirmière, et était la meilleure maman du monde.

Et on me l'avait arracher. Rien que pour ça, je voulais retrouver celui qui était responsable de sa mort et lui demander des comptes. Mais je voulais aussi savoir ce qu'il était advenu de mon frère. Le rapport d'autopsie de maman stipulait qu'elle était morte après avoir accoucher bien des semaines plus tôt. Alors où était passer mon frère? Allait-il bien? Était-il heureux? Oui, je voulais obtenir des réponses à mes questions, mais ma rencontre avec Matt changeait la donne. Me livrer à ma vengeance me conduirais inévitablement à le perdre. Je lui avais parler de mon passé, des circonstances suspectes de la mort de maman, et il m'avait écouter patiemment, me laissant vider mon sac, se contentant d'être là pour moi. Puis il m'avait dit qu'il pourrait enquêter pour voir s'il pouvait trouver quelque chose.

Savoir que je comptais suffisamment pour lui pour qu'il accepte de rouvrir une enquête classée depuis dix ans me réchauffa le cœur. Et je me penchais pour l'embrasser passionnément, comme pour le remercier d'être lui. Soudain, alors que notre baiser se faisait plus langoureux et sauvage, frisant l'indécence, je sentis un regard peser sur moi. Alors que les lèvres de Matt s'égaraient dans mon cou, je penchais la tête sur le côté, et ouvrais à demi les yeux, scrutant la foule à la recherche de la personne qui nous espionnait. Et je ne tardais pas à la localiser. Et je retins un nouveau juron. Décidément, où que j'ailles, je tombais sur un tueur à gage. J'allais finir par croire qu'ils me suivaient. Non mais c'est vrai, je changeais de bar pour être tranquille, et voilà qu'un autre se pointait! Et en plus vu la façon dont il nous observait, il avait décider de jouer avec nous.

Je connaissais sa réputation. Si j'avais pris soin de toujours dissimuler mon visage afin de ne pas être reconnue, d'autre ne s'embarrassait pas de ces considérations, et il en faisait indéniablement parti. Il aimait s'en prendre à des couples. C'était devenu sa signature. Lorsqu'il avait une nouvelle cible, il ne se contentait pas de l'abattre, il s'en prenait également à la personne qui partageait sa vie. Et au regard qu'il posait sur nous, je compris qu'il avait décider de faire de nous ses prochaines cibles. Y avait-il un contrat sur nous, ou bien s'ennuyait-il tellement qu'il avait décider de chasser de lui-même? Je l'ignorais, et pour le moment, je devais avant tout trouver comment me débarrasser de lui. Alors que les baisers et les caresses de Matt se faisaient de plus en plus précises, je lui suggérais que nous ferions mieux de poursuivre ça ailleurs, et nous quittâmes le restaurant.

Dehors, Matt me plaqua contre la portière de sa voiture, et je perdis la tête sous la fougue et la passion de son étreinte, mais un bruit derrière nous me ramena à la réalité, et je le repoussais. Il soupira mais accepta ma décision, et nous prîmes la direction de son appartement dans lequel j'avais presque emménager, même si je conservais ma chambre d'hôtel. Durant le chemin, je ne cessais de jeter des regards dans le rétroviseur et repérais assez vite la moto qui nous suivait, surtout qu'il ne faisait rien pour être discret. Je décidais donc de prévenir Matt.

« Matt, je crois que nous sommes suivis… » chuchotais-je en feignant l'inquiétude.

« Je sais. Cette moto était garer sur le parking du bar, et il y avait un homme qui ne nous a pas quitter des yeux de tout le repas » acquiesça-t-il, me prenant par surprise.

J'avais tendance à oublier que Matt était flic, et un bon qui plus est. Alors pourquoi étais-je surprise qu'il se soit rendu compte de quelque chose?

« Qu'est-ce qu'il nous veut à ton avis? » demandais-je en jetant un nouveau coup d'œil dans le rétroviseur.

« Je l'ignore, mais j'ai déjà vu sa tête quelque part. J'appelles le central! » déclara-t-il en attrapant sa radio.

Je l'écoutais demander des renforts alors qu'il tournait en rond à travers les rues quasi déserte de la ville afin de gagner du temps. Quoique nous veuille notre poursuivant, il ne tenterait rien avant que nous soyons arriver chez Matt.

« Shaw et Beckett arrivent. Elles étaient ensemble lorsque j'ai appeler. » m'apprit-il après avoir replacé sa radio sur son support.

« Ok. Qu'est-ce qu'on fait en attendant? » demandais-je sans quitter la moto du regard.

« On ne peut pas le balader indéfiniment, sinon il va finir par se douter de quelque chose. Les renforts seront là dans dix minutes maxi, ne t'inquiète pas » me sourit-il avec calme en serrant sa main dans la mienne.

« Tu sais, la façon dont il nous observait au bar m'a fait penser au type de la dernière fois… » déclarais-je en me mordillant nerveusement la lèvre.

« Tu n'a plus à t'inquiéter pour le type de la dernière fois, il est mort. On pense que c'est l'homme plus âgé qui l'a abattu » m'apprit-il en bifurquant une énième fois.

Alors comme ça, le Boucher était mort. Cela me rassurait. Je n'avais pas aimer la façon dont il m'avait regarder. Mais cela voulait aussi dire que le Virus avait décider de prendre les choses en main. Devais-je le contacter pour lui proposer une sorte d'association? Soudain, nous croisâmes une voiture dans laquelle je reconnus Beckett et Castle. Ceux-là même que j'étais sensé abattre. Et ce soir, ils allaient certainement me sauver la vie. Même si j'aurais sûrement pu me défendre toute seule. Mais me défendre aurait été me trahir auprès de Matt, même si pour sauver nos vies, je m'y serais résolue. Et puis j'avais confier à Matt que j'avais pris des cours de self-défense après avoir été agressée par un client.

« Les renforts sont là, on va pouvoir y aller » sourit-il en prenant enfin le chemin de chez lui.

Heureusement que Gibson n'était que de passage dans la ville, parce que sinon il se serait rendu compte que Matt l'avait balader dans toute la ville. Comme si de rien n'était, nous pénétrâmes dans l'immeuble, et pour donner le change, Matt ne cessait de m'embrasser, ce qui malgré les circonstances, me fit immédiatement réagir. J'étais incapable de le repousser, même si je savais que des dizaines de paires d'yeux étaient braquées sur nous. Avec soulagement, nous parvînmes à son appartement, et il me lâcha pour ouvrir la porte qu'il referma derrière lui, « oubliant » de la verrouillée, et à nouveau, il m'attira à lui. Rapidement, j'oubliais la menace qui pesait sur nous, et me concentrais exclusivement sur Matt et les sensations enivrantes qu'il éveillait en moi.

Mais le bruit que fit la porte de l'appartement en se refermant me ramena sur terre, et la crispation soudaine de Matt me prouva qu'il l'avait aussi entendu. Des pas se rapprochèrent, et le bruit caractéristique le fit réagir au quart de tour. Il nous fit rouler à terre au moment précis où le bruit d'une détonation se fit entendre.

« NYPD! FBI! » entendis-je deux femmes crier simultanément alors que la porte de l'appartement venait brutalement heurtée le mur.

De ma position allongée, je vis Gibson se retourner d'un bloc et ouvrir le feu, et plusieurs détonations se firent entendre avant qu'un silence pesant emplisse l'appartement. Finalement, je redressais la tête à temps pour voir Beckett s'approcher de Gibson et repousser son arme du pied alors qu'il tentait de s'en emparer, puis elle rengaina son arme et attrapant ses menottes, elle les lui enfila, sans tenir compte de ses jurons et de ses menaces. Décidément, cette femme avait un sacré cran, songeais-je en l'observant avec admiration.

« Lisa? Tu vas bien? » me demanda Matt en m'aidant à me relever.

« Oui, je ne suis pas blessée » le rassurais-je en me blottissant contre lui, frissonnant lorsque je croisais le regard haineux de Gibson.

Je vis Beckett confier son prisonnier à ses deux inspecteurs, puis Shaw et elle se dirigèrent vers nous.

« C'est du bon travail Matt. Grâce à vous, nous venons de mettre la main sur un tueur à gage de renommée mondiale » déclara l'agent Shaw en souriant à Matt.

« Merci madame » sourit Matt sans relâcher son étreinte autour de sa taille.

« Vous allez devoir venir au poste pour nous faire votre déposition » rajouta Beckett qui ne m'avait pas quitter du regard.

Je croisais son regard, et frissonnais en découvrant à quel point nous nous ressemblions. C'était saisissant. Comment avais-je fait pour ne pas m'en rendre compte plus tôt? Nous avions les même cheveux bruns, les mêmes yeux verts lumineux et le même sourire. Nous aurions facilement pu passer pour des sœurs, mais c'était impossible. Ma mère me l'aurait dit si j'avais eu une sœur. Inconsciemment, je fronçais les sourcils et finissais par secouer la tête, chassant cette idée de ma tête. Mais son regard ne me quittait pas, et je devinais que les mêmes questions lui traversait l'esprit.

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Et un tueur à gage en moins, un! Plus que trois...

Un petit commentaire pour me dire ce que vous en avez penser?