Notes : Je vous remercie encore pour vous être manifestés aussi nombreux lors du chapitre précédent !

Le samedi 17/03, un bug sur FFN a empêché que l'on puisse accéder au site, mais tout est revenu à la normale...

Hermione sait tout à présent et est prête à soutenir Severus, envers et contre tous. Excellente lecture à tous ! Attention : la chronologie n'est pas forcément respectée dans ce chapitre, au moins en ce qui concerne un événement...

Avertissement : aucun

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Chapitre XXXVI - The Public Enemy Number One

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Vous êtes trop généreuse pour vous jouer de mes sentiments. Si les vôtres sont les mêmes qu'au printemps dernier, dites-le-moi tout de suite. Les miens n'ont pas varié, non plus que le rêve que j'avais formé alors. Mais un mot de vous suffira pour m'imposer silence à jamais, Orgueil et préjugés, Jane Austen

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Le petit sourire qui s'était emparé de ses lèvres disparaît et ses yeux sombres sondent les siens.

"Pourquoi vous attacher à un homme comme moi, un homme assez vieux pour être votre père ? Quelqu'un que tout le monde méprise ? interroge-t-il comme s'il se parlait à lui-même. Vous me connaissez assez bien maintenant pour savoir que je ne suis guère intéressé par les amitiés sociales et les honneurs. Je ne suis pas préoccupé de gagner l'approbation du monde. Choisir de rester à mes côtés signifie que vous allez devoir partager mon ignominie.

- Je le sais Severus, répond-elle. Mais je vous aime et lors de notre mariage j'ai juré de vous soutenir. Je resterai avec vous quoi qu'il m'en coûte. Je suis si heureuse que vous ne soyez point l'assassin de Dumbledore.

Même à son désavantage dans sa tenue sobre, sans maquillage, son air fatigué, le sorcier la trouve incroyablement belle.

- Hermione, ronronne-t-il en lui caressant doucement le bras de ses longs doigts, entraînant la chair de poule sur la peau veloutée. Vous me rendez fou, mais vous le savez déjà. N'est-ce pas, petite sorcière intrigante ?

C'est vous qui me rendez folle. Je ne me reconnais plus. Dès que je vous vois, mon souffle se coupe. Mon cœur bat plus vite.

Son regard brille d'une lueur chaude tandis que sa bouche se rapproche dangereusement de la sienne. Il embrasse paresseusement la commissure de ses lèvres, et ce simple geste provoque de délicieux picotements sur le derme de la jeune fille. Il dépose une traînée de petits baisers aussi légers que des plumes qui embrasent son corps.

Oh Merlin ! Le moindre de ses contacts me rend subitement faible.

Il peut la sentir, la goûter, la toucher, car elle est à lui. Ma femme.

La respiration d'Hermione devient hésitante alors que ses doigts vagabondent sur le tissu qui recouvre son corps. Ils effleurent son ventre, passant de son nombril jusqu'à son entrejambe, après avoir soulevé les deux jupons. Elle gémit. Severus la caresse lentement alors qu'il observe les réactions sur le visage de la sorcière. Dans son plaisir, elle a fermé les yeux et halète lourdement. Il lèche ses lèvres, désirant la goûter, alors que ses yeux se régalent de l'image qu'elle offre. Même vêtue à son désavantage, Hermione est magnifique. Et elle lui appartient. A lui. Seulement à lui.

Elle est sienne.

Elle est encore tellement innocente quand il s'agit des relations physiques. Son regard timide quand elle se mord la lèvre inférieure, ses petites caresses incertaines, et ses doux baisers d'abord hésitants puis qui deviennent plus assurés quand il lui répond. Il prend plaisir à l'encourager à devenir téméraire, à le diriger dans ce qui l'inspire. Il aime sa réactivité, ses gémissements de plaisir, et surtout la manière dont il est capable lui faire crier son prénom dans les affres de la passion.

Leurs magies se reconnaissent et se rejoignent, les enveloppant et tourbillonnant dans un ballet parfaitement synchronisé. Hermione sent son corps se détendre, sa respiration s'accélère, alors que les mains avides de son époux se promènent sur elle. Ses touches pourtant légères la brûlent comme le feu, mais un feu agréable et sensuel.

Engageant Hermione dans un profond baiser, la main du sorcier se dirige vers sa poitrine. Une vague de convoitise traverse son corps alors qu'il pétrit ses seins si doux à travers la cotonnade. Ses lèvres avides se séparent finalement de sa bouche et déambulent dans son cou. Ses baisers sur sa peau sont devenus plus exigeants. Sa langue bouge sur elle et ses dents la mordillent, laissant derrière elles de minuscules marques de morsure. Le désir brûle fiévreusement à travers leurs corps.

"J'ai envie de vous, confesse-t-il d'une voix rauque en posant son front brûlant contre le sien, mais je ne puis rester Hermione, ajoute-t-il sur un ton empreint de regret. Le Seigneur des Ténèbres m'attend. Nous devons discuter de ma future fonction de Directeur de Poudlard et nul besoin de vous expliquer que la patience n'est guère sa vertu première.

- Je comprends, dit-elle, en nichant sa tête contre son épaule. Vous avez raison, mais j'ai besoin de savoir. Vol... le Seigneur des Ténèbres est un sorcier mégalomane doublé d'un psychopathe. Comment se fait-il que les gens le rejoignent ? Pourquoi le supportent-ils et restent-ils auprès de lui ?

- Quand il essaie de recruter un disciple, explique-t-il, il lui fait des promesses, et il a le don pour dire ce que vous voulez entendre. Il utilise vos désirs, votre colère et vos peurs pour vous attirer vers lui. Une fois que vous avez pris sa Marque, vous lui appartenez : le corps, l'esprit et l'âme. Il n'y a pas d'échappatoire possible. Le sorcier ou la sorcière qui cherche à le quitter ou qui ose le défier ne reste pas en vie bien longtemps. Il apprend vos faiblesses et les utilise pour mieux vous asservir."

Il met ses doigts sous son menton pour regarder son visage perplexe.

"Il est un Maître dans l'art de la séduction, Hermione. Il peut être très charmeur dans la façon dont il manipule les gens. Il peut généralement obtenir ce qu'il veut et sinon, il y a toujours l'Imperius. D'ailleurs c'est le Sortilège qui est actuellement utilisé par Yaxley sur Pius Thicknesse, un fonctionnaire haut placé du Ministère, l'obligeant à mettre en place une propagande mensongère sur les Nés-Moldus et qui commence à être diffusée dans tous les périodiques. Il faut être fou ou complètement stupide pour résister au Seigneur des Ténèbres. De plus il est un excellent Legilimens, certainement le plus doué du monde, et il est quasiment impossible de lui dissimuler vos pensées.

- Mais pourtant vous, vous y parvenez, n'est-ce pas ?

- Oui, car je suis un redoutable Occlumens. Je suis en mesure de lui montrer ce que je veux, et fabriquer de faux souvenirs afin de le duper, mais je prie pour qu'il ne découvre pas mon imposture sinon...

Hermione frémit sous la menace qui transparaît. Elle n'ose imaginer ce qu'il adviendrait de Severus si Voldemort venait à découvrir sa traîtrise. Elle se serre contre lui, cherchant sa chaleur et à lui communiquer son soutien.

- Quand nous reverrons-nous ? demande-t-elle son visage encore caché contre sa poitrine.

- Très bientôt. Je vous enverrai Winky. D'ici la fin de l'été, quand le Ministère sera totalement sous le contrôle du Seigneur des Ténèbres, nous pourrons vivre à nouveau ensemble. En attendant ne parlez de notre entrevue à personne, .

- Mais n'y a-t-il pas un Sort de Détection placé sur nous depuis notre mariage ? s'inquiète la jeune femme.

- Ne vous inquiétez pas, le Sort de Surveillance a été retiré depuis que j'ai assassiné Dumbledore. Vous ne risquez rien, croyez-moi. Un ami bien placé au Ministère s'en est assuré.

- Cela me rassure, avoue-t-elle à mi-voix.

- Il est temps que je vous quitte Hermione, dit fermement Severus, en ne pouvant contenir subitement un rictus de souffrance.

La Marque des Ténèbres. Il l'appelle, constate tristement la jeune femme.

Personne ne doit savoir que nous nous sommes vus, et vous devez jouer la comédie afin que l'on ne puisse deviner que vous m'accordez votre confiance, insiste-t-il.

- Oui, bien entendu, je comprends. J'agirai en conséquence, promet-elle.

- Retournez au Château, puis suivez vos amis au Terrier ou au Square Grimmaurd pour les vacances, je vous enverrai Winky si je souhaite vous rencontrer.

Elle acquiesce d'un mouvement de tête, la gorge serrée.

- Vous me manquez déjà, chuchote-t-elle en l'embrassant chastement sur ses lèvres pâles, sans chercher à le retenir pour ne point qu'il soit puni par son Maître.

- Essayez de discuter avec l'un des portraits de Dumbledore, suggère-t-il, il vous en apprendra sur ce qui se prépare, avant de se reculer. Winky va vous ramener à Poudlard avant que votre absence ne se remarque.

Il s'éloigne d'elle et se dirige vers la cheminée, enlève le couvercle d'un petit pot de verre posé sur le manteau, plonge deux doigts à l'intérieur et prend une pincée de poudre. Il remet le couvercle et lui fait face. Elle s'avance vers lui alors qu'il s'apprête à entrer dans la cheminée. Leurs regards se croisent.

"Manoir Malfoy ! lance Severus d'une voix assurée sans quitter des yeux Hermione. Il jette la petite poussière dans le feu. Les flammes deviennent instantanément vertes et le sorcier disparaît dans une fumée opaque en emportant la vision d'une sorcière aimante.

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4 Privet Drive, le 20 juillet 1804

"Harry, je veux venir avec Ron et vous pour retrouver et détruire les Horcruxes de Voldemort ! intervient subitement la jeune Weasley en interrompant la partie d'échecs qui se joue entre son frère et son prétendant dans le salon.

- Non Ginevra, je préfère que vous ne veniez pas avec nous, vous êtes trop jeune... répond l'interpellé.

- Trop jeune ! le coupe-t-elle vivement en ricanant. Vous vous moquez, n'est-ce pas ? Je n'ai qu'un an de moins que vous !

- Et c'est trop dangereux, insiste-t-il sur un ton las.

- Il a raison Ginny, nous ne pouvons pas te prendre avec nous, renchérit Ron sur un ton virulent en posant son cavalier sur le damier.

Mais la jeune fille n'en démord pas.

- Oh ! Croyez-vous que Voldemort s'inquiète de l'âge des personnes qu'il décide d'éliminer ? s'écrie-t-elle en mettant ses mains sur ses hanches, dans une attitude rebelle. Combien de familles innocentes avec de jeunes enfants et même des bébés ont été tués ? S'il les juge comme inutiles ou Traîtres-à-leur-Sang - comme les membres de ma famille - je ne pense pas qu'il s'embarrasse de questions triviales. Je vous accompagne, que cela vous plaise ou non !

- Ne criez pas aussi fort Ginevra, s'agace Harry.

La jeune fille se contente de hausser les épaules.

- Vous ne pouvez pas partir avec eux, intervient d'une voix douce Hermione, qui repose l'ouvrage "Le Livre des Sorts" sur la table basse.

- Et qui croyez-vous sera de taille à m'en empêcher ? s'indigne la jeune Weasley en redressant son menton dans une attitude velléitaire. Vous, peut-être ?

- Non pas moi mais... la Trace, répond calmement Hermione en croisant le regard courroucé de la jeune Gryffondor.

Les deux sorciers interrompent leur partie et approuvent d'un hochement de tête, tout en guettant la réaction de Ginevra.

- La Trace ? répète cette dernière légèrement déboussolée. Son visage affiche presque aussitôt la compréhension. Oh ! Je l'avais complètement oubliée ! N'existe-t-il aucun moyen de la contourner ?

- Hélas non, admet Hermione. J'ai effectué des recherches pour en connaître toutes les particularités et je puis dire que la Trace est un enchantement national imposé par le ministère de la Magie existant depuis des siècles et qui s'est détérioré à notre époque dans une méthode de suivi de la progéniture sorcière, tout simplement dans le but de les surveiller. Il détecte quel sort est lancé, où il est lancé, et si un Moldu est présent ou non sur le lieu. En outre, la localisation est extrêmement précise. Elle est levée automatiquement le jour des dix-sept ans du sorcier ou de la sorcière, c'est-à-dire lorsqu'il atteint sa majorité.

- Par la barbe de Merlin ! tempête la jeune Weasley en abattant son poing sur la table, faisant voler les pièces du jeu d'échecs. Je ne serai majeure que le 11 août de l'année prochaine. C'est injuste !

- Tu ne peux pas faire attention ! grommelle Ron en remettant les pièces à leur place avec l'aide de Harry. Bon, j'espère que tu as compris que nous ne pourrons pas te prendre avec nous, sinon nous serions immédiatement repérés.

- Oui oui je comprends, réplique sa sœur sur un ton qui est en totale contradiction avec ses paroles. Mais Harry, vous non plus vous n'êtes point majeur : vous ne le serez qu'à le fin du mois de juillet ! ajoute-t-elle en s'exclamant.

- En effet, c'est pourquoi Fol-Œil m'a interdit de pratiquer la magie jusqu'au 31 juillet, explicite Harry. Pius Thicknesse a changé de camp. Il a interdit, sous peine de prison, de connecter cette maison au réseau des cheminées, d'y placer un Portoloin et même d'y entrer ou d'en sortir par transplanage. Tout cela soi-disant au nom de ma protection, pour éviter que Voldemort ne puisse m'atteindre. En fait, son véritable but est de m'empêcher de partir d'ici en toute sécurité.

- Et vous Hermione, qu'allez-vous faire durant les grandes vacances et à la rentrée ? s'enquiert Ginevra visiblement contrariée en s'installant lourdement dans l'un des fauteuils. Elle enroule l'une de ses mèches rousses autour de son index et joue avec, de manière inconsciente.

- En ce qui concerne les vacances, je l'ignore. Et son affirmation est sincère. Je compte poursuivre mes études et effectuer la septième année, puisque la sixième a été validée pour tous les élèves.

- Je suppose que vous ne voulez pas retourner auprès de votre époux après ce qu'il a... commis ?

- Oui, cela va de soi, ment Hermione. De toute manière, j'ignore où il se trouve. Certainement auprès de... Voldemort."

Harry ne perd rien de l'échange entre les sorcières. Son regard se pose sur l'une et l'autre. Elles se ressemblent par certains côtés, et pourtant sont si dissemblables par d'autres. Toutes deux sont intelligentes et courageuses, mais là où Ginevra est impétueuse, Hermione est réfléchi. Elle n'a guère pour habitude de se jeter tête baissée dans une aventure avant d'en avoir évalué les tenants et les aboutissants.

Cette dernière a tellement changé cette année. Depuis son mariage avec le Bâtard graisseux, lui souffle une voix perfide. Elle est une autre à présent. Elle ne peut plus prétendre être l'ancienne Hermione. Pour personne.

Certes, elle continue à leur apporter son aide dans leurs recherches pour déterminer quels peuvent être les Horcruxes et leur localisation mais... elle ne partage plus ses pensées avec eux. Il a remarqué que depuis les obsèques de Dumbledore, alors qu'elle semblait complètement abattue, ses yeux brillent à présent d'une chaude lueur, comme si elle était heureuse. Comment peut-elle éprouver de la joie alors que son époux est le meurtrier du sorcier le plus admirable du monde ? Après la cérémonie elle a disparu. Où est-elle allée ? L'a-t-elle retrouvé ? Elle a nié l'avoir rejoint quand il l'a interrogée, mais ses yeux montraient un trouble. Celui du mensonge.

Elle s'est entichée de ce monstre, cela ne fait aucun doute. Que lui a-t-il raconté pour qu'elle croie ses fariboles ?

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Le 25 juillet 1804

Chère Liz,

Depuis la disparition de Dumbledore, plusieurs articles sont parus dans la Gazette du Sorcier, notamment deux qui ont profondément troublé Harry. Le premier est une nécrologie dithyrambique rédigée par Elphias Doge, un sorcier qui se présente comme un vieil ami de Dumbledore et dépeint ce dernier comme une figure de l'humanisme, un être flamboyant, incarnant et professant dans ses discours les valeurs du courage, de l'amitié, de la justice et de la vérité. Le second, écrit par cette punaise de Rita Skeeter, affirme détenir des informations sur le Directeur qui feront tomber l'homme de son piédestal. Elle va publier un roman, Vie et mensonges d'Albus Dumbledore qui doit remettre en question sa jeunesse et ses idéaux.

Je ne doute pas que Dumbledore ne soit pas tout à fait le personnage lisse et irréprochable qu'il donnait l'impression d'être après les révélations de Severus, mais comment Harry prendra-t-il la chose ? Il a toujours voué une confiance sans bornes au Directeur.

Je n'ai d'autre part pas encore eu l'opportunité d'entamer une discussion avec l'un des portraits de ce dernier, pourtant il faudra bien que j'y parvienne, à l'abri des oreilles indiscrètes.

Une merveilleuse nouvelle est venue égayer cette période angoissante : Remus et Nymphadora se sont mariés, et ce en toute intimité, nous n'avons pu assister à leurs épousailles, mais je suis si heureuse pour eux !

Tous les élèves ont été renvoyés auprès de leur famille, peu après les funérailles de Dumbledore. Harry a organisé le départ de son cousin et de ses parents pour éviter qu'il ne leur arrivât quelque chose de fâcheux. Harry est obligé de rester dans la demeure de sa tante en attendant son transfert dans un lieu plus sûr, et nous lui rendons visite régulièrement, grâce à l'un des membres de l'Ordre. En ce qui me concerne, les parents de Ron et Ginevra m'ont accueilli chez eux au Terrier avec beaucoup de gentillesse.

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Hermione se tourne et se dirige vers la porte qu'elle ouvre et sort de la maison, fermant discrètement la porte derrière elle malgré une tendance à vouloir la claquer violemment pour montrer son désaccord. Se sentant en pleine tempête émotionnelle, elle quitte la demeure et marche le long du trottoir, les talons de ses bottines produisant des clics rapides sur le pavés inégaux. Elle a besoin d'évacuer sa colère et marcher la soulagera. Sa magie crépite autour d'elle, formant une brume légère qui l'accompagne et qu'elle chasse d'un Sort Informulé. Le soir tombe, quelques personnes se hâtent pour regagner leurs pénates, et elle a la présence d'esprit de s'assurer que sa baguette ne sorte pas de sa poche de manière proéminente dans le quartier habité par des Moldus.

Elle est en colère et contrariée par tant de choses. Elle se sent tellement frustrée de ne pouvoir expliquer à ses amis que Severus n'est pas coupable, du moins pas réellement, et qu'il faut lui accorder sa confiance. Elle est fâchée que Ron et Harry aient pu penser qu'ils pouvaient l'intimider en l'abreuvant de remarques cinglantes sur son époux. Elle ne comprend pas qu'ils soient aussi obtus et se méfient d'elle comme si elle pouvait les trahir. Et que leur discussion se soit terminée par une violente dispute entre eux l'agace prodigieusement. Elle est d'autant plus fâchée que Remus soit intervenu et se soit rangé à leur avis en dénigrant Severus, provoquant l'enthousiasme des deux sorciers. Seule Ginevra n'a point participé au débat houleux, semblant accorder le bénéfice du doute à son époux.

Hermione a toujours redouté qu'une telle situation ne se produise, car Harry et Ron n'ont jamais apprécié Severus, malgré les nombreuses fois où il est intervenu pour sauver la vie de l'un ou de l'autre, et la mort du Directeur les a confortés dans leur opinion négative à son encontre. Ne pas pouvoir clamer haut et fort la vérité est insoutenable pour la jeune fille.

Cette sensation douloureuse qu'elle ressent à l'intérieur d'elle la tourmente. Elle est incapable d'accepter que Harry puisse haïr Severus à ce point. Quand elle a essayé de glisser avec douceur qu'il restait son époux malgré tout, il lui a jeté au visage qu'il ne le resterait pas longtemps, car s'il croisait son chemin, personne ne pourrait l'empêcher de le tuer. Personne. Pas même elle. Et ce qu'elle a lu dans le regard émeraude l'a effrayé, pendant un instant elle a cru voir le regard cruel de Voldemort, et elle n'a point douté un seul instant de l'authenticité de son assertion.

Perdue dans ses réflexions agitées, Hermione se laisse surprendre par une ombre qui fond sur elle et l'entraîne sous une porte cochère, un bras enroulé autour de sa taille, une baguette pointée sous son menton. Elle tente s'emparer de la sienne mais la tige s'enfonce plus profondément dans son cou. Son cœur bat à tout rompre alors qu'une voix traînante, reconnaissable entre toutes, chuchote tout près de son oreille :

"Ttttt... Je crois que vous êtes à ma merci, Madame Snape...

- Severus ? Oh, vous m'avez fait peur !

- Tudieu Hermione ! s'irrite le sorcier. Si j'avais été un Mangemort... vous seriez morte ou à des lieues d'ici pour être...

- Je... j'avais besoin de prendre l'air, je ne supportais plus l'atmosphère oppressante qui règne dans cette maison avec Harry et Ron qui ne cessent de proférer des horreurs à votre encontre, réplique-t-elle.

- Je sais que c'est difficile pour vous mais j'ai besoin de vous pour que Potter soit déplacé en toute sécurité et éviter qu'il ne soit tué par le Seigneur des Ténèbres. Je vais vous dévoiler mon plan, aussi soyez attentive avant que l'un de vos amis ne vienne vous rechercher..."

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4 août 1804

Chère Liz,

Des membres de l'Ordre du phénix sont venu chercher Harry à Privet Drive, le jour de son anniversaire. Comme je l'ai suggéré (grâce à Severus), nous avons utilisé du Polynectar afin de nous faire passer pour Harry, et ainsi de brouiller les pistes. Chaque faux Harry et Harry lui-même, était accompagné d'un membre de l'Ordre (Hagrid, Bill et Arthur Weasley, Maugrey, Shackelbolt, Remus et Nymphadora). Les Mangemorts nous ont attaqués et malheureusement, Fol-Œil et Hedwige (la chouette de Harry) ont trouvé la mort dans la bataille. Voldemort lui-même y a pris part, mais quand il essayé d'attaquer Harry et Hagrid, la baguette de Harry les a défendus d'elle-même.

Harry et Hagrid sont parvenus à s'échapper et ont rejoint le Terrier grâce au Portoloin que chaque groupe détenait. Au cours du combat, George Weasley a perdu une oreille à cause d'un sort lancé par Severus sur un Mangemort, mais Dieu merci, le plan a fonctionné, Harry a échappé à l'attaque et a présent qu'il est majeur, il n'a plus la Trace.

Alors que nous fêtions l'anniversaire de Harry au Terrier, il a été interrompu par l'arrivée du ministre de la magie, Rufus Scrimgeour. Ce dernier nous a remis ce qu'Albus Dumbledore nous a légué : un Éteignoir pour Ron, un Vif d'or pour Harry et un livre de contes pour moi : quels objets étranges, nous nous demandons quelle est leur utilité, pourtant il doit bien en exister une ... Il voulait également léguer l'épée de Gryffondor à Harry, mais celle-ci a été confisquée par le Ministère.

J'ai proposé à Harry et Ron que nous utilisions les Gallions enchantés comme lors de notre cinquième année lorsqu'ils partiront à la recherche des Horcruxes afin que je puisse continuer à leur apporter mon aide, même à distance, et ils ont approuvé mon idée. Je ne leur ai pas dit que c'est Severus qui m'a appris le Sortilège permettant de renforcer leur puissance, même sur une distance assez longue. Fort heureusement, ils l'ont assimilé assez rapidement.

Lors du mariage de Bill et Fleur, Kingsley est venu nous prévenir que le Ministère venait de tomber, et nous avons à peine eu le temps de transplaner que les Mangemorts survenaient. Nous nous sommes d'abord réfugiés à Londres, mais Harry ayant prononcé le nom de Voldemort sur lequel est placé un Tabou, deux Mangemorts nous ont attaqués. Après une courte bataille, nous avons transplané au Square Grimmaurd.

Remus a proposé à Harry de se joindre à lui dans la recherche des Horcruxes, mais ce dernier a refusé catégoriquement. Il a accusé Remus de se comporter en égoïste, qualifiant son comportement d'irresponsable, qu'il devait rester auprès de son épouse enceinte depuis peu. Remus s'est énervé et est parti furieux.

Grâce à Kreattur, nous avons appris qui était R.A.B. : c'était Régulus Arcturus Black, le frère cadet de Sirius, un Mangemort qui s'est détourné de Voldemort et a conservé le vrai médaillon pour le remplacer par un faux dans la caverne. Mondigus était en possession du médaillon de Serpentard qu'il avait volé mais malheureusement, il a dû le donner à Ombrage qui l'a à présent en sa possession. Comment le récupérer ?

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Severus avance dans le Manoir Malfoy et se dirige vers le Point d'Apparition, sa cape tourbillonnant derrière lui. Quiconque le croise, son visage absolument impénétrable, est loin de se douter qu'il est écœuré et surtout révolté. Il vient d'assister, impuissant, à la mort de sa collègue Charity Burbage, alors qu'elle l'implorait de l'aider. Il n'a pu rien faire, pour ne point souffler sa couverture auprès du Seigneur des Ténèbres. Rien. Il s'est contenté de la regarder d'un air indifférent. Froid. Impavide. Une rumeur court dans la Communauté Magique, affirmant qu'elle a démissionné de son poste de professeur de Poudlard, alors qu'elle a été enlevée par Dolohov et Rowle pour être emprisonnée dans l'un des cachots et torturée avec une rare cruauté avant d'être tuée par le Seigneur des Ténèbres et de servir de repas à Nagini.

Severus a demandé à Winky de ramener Hermione chez eux, au Manoir Prince. Il décide de la rejoindre aussitôt. Ce dont il vient d'être témoin est tellement ignoble qu'il a besoin de sa présence pour chasser les images terrifiantes qui le hantent. Il devine sans peine où elle s'est réfugiée. Il marche au rez-de-chaussée, et l'on entend seulement le bruit de ses bottes qui résonnent sur le carrelage. D'un simple murmure, il applique un Sort de Silence sur le sol. Severus n'a qu'à pénétrer dans la bibliothèque pour découvrir Hermione assise sur le canapé, entourée de plusieurs livres. Il ne se montre pas et l'observe discrètement.

Elle a enlevé ses chaussures et a replié ses jambes sous son corps tandis que son dos repose confortablement contre l'accoudoir. Ses pieds menus et ses chevilles fines sont perceptibles : la robe et les jupons remontant légèrement sur les jambes. Son horrible chat somnole au bout du canapé. Les rayons du soleil tombent à travers une fenêtre proche et peignent la scène dans des couleurs chaudes, provoquant des reflets chatoyants dans les cheveux bouclés. Le regard du sorcier parcourt le livre sur les genoux d'Hermione. Il ne peut pas lire son titre mais, quel qu'il soit, l'ouvrage parvient à faire miroiter les yeux d'Hermione et à ourler ses lèvres en un sourire presque béat.

Elle pose le livre sur le canapé et se saisit de l'emballage d'une friandise qu'elle pose entre ses mains. Elle n'utilise pas sa baguette. Elle invoque la magie qui est en elle et fredonne doucement une incantation, et le papier transparent commence à vibrer, imitant le bourdonnement d'un bourdon. Les yeux d'Hermione se plissent dans la concentration. Les vibrations de l'emballage augmentent. Sa magie continue à se libérer et le papier se métamorphose en un ravissant papillon irisé qui déploie ses ailes. Elle souffle doucement sur le lépidoptère qui s'élève lentement et se met à voleter gracieusement autour de sa créatrice en effectuant de subtiles arabesques aériennes. Quelques gouttes de sueur qui perlent sur son front sont les seules preuves de la concentration de la sorcière.

Cette image attendrit le sorcier. Elle lui rappelle Lily, la première fois qu'il l'a aidée à pratiquer la magie sur des fleurs. Sa poitrine se resserre. Elle est si jeune ! Son cœur s'emballe dès qu'il la voit. Il ne peut imaginer qu'elle soit inquiétée par les mesures anti Nés-Moldus. Il fera ce qu'il faudra, quitte à y laisser sa vie, afin qu'elle ne tombe pas aux mains du Seigneur des Ténèbres ou l'un de ses sbires. Dolohov est intéressé par elle suite à la débâcle du Département des Mystères, et assure qu'elle a une dette envers lui. Mais il ne laissera pas le Russe poser ses mains sur elle. Jamais. Ni lui ni un autre.

Il pense n'avoir fait aucun bruit et pourtant elle se tourne vers lui, comme attirée par un aimant. Dès que leurs regard se croisent, le temps semble suspendre son vol. Le papillon retombe doucement au sol en retrouvant sa forme initiale : un simple emballage irisé qu'aucun des deux ne remarque. Severus découvre un éclat particulier au fond des ambres mordorés et un sourire lumineux éclaire le visage juvénile.

Elle est heureuse de me voir, constate avec une douce euphorie le sorcier.

"Vous avez des ennuis Severus ? s'enquiert Hermione qui comprend que quelque chose chagrine son époux.

- C'est... Charity Burbage... Elle vient d'être tuée par le Seigneur des Ténèbres et je n'ai pas levé le petit doigt alors qu'elle implorait mon aide, explique-t-il la gorge sèche.

- Oh ! s'exclame la jeune femme qui ressent une profonde tristesse. J'ai suivi ses cours en troisième année. Elle était patiente et très compétente."

Devant le regard empreint de douleur du sorcier, Hermione tente de le rassurer.

"Vous ne pouviez rien faire pour elle, Severus, sinon c'est vous qu'il aurait pris pour cible. Je vous en prie, ne flanchez pas, mon amour. Je sais que c'est particulièrement difficile, mais nous avons besoin de vous dans cette lutte impitoyable contre les Forces du Mal, affirme-t-elle en prenant ses longues mains glacées et en les posant sur ses joues. J'ai confiance en vous. Je ne douterai jamais plus de vous. Je vous en fais le serment.

Les paroles aussitôt prononcées, un ruban lumineux sort de sa baguette et s'enroule autour d'eux, dans un scintillement éclatant. Tous deux ressentent la puissance de la magie qui les pénètre. Un souffle intense parcourt chacune des fibres de leurs corps, les laissant haletants.

- Hermione, Hermione... Vous venez de prononcer un Vœu. Inconsciente que vous êtes, lui reproche-t-il sans colère. Vous êtes ma force, mon soutien. Si je ne vous avais pas... je crois que je serai incapable de poursuivre ma mission... confesse l'homme en l'enserrant entre ses bras, permettant à leur magie de fusionner dans une myriade de sensations merveilleuses.

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Le Terrier, 1er septembre 1804

Remus pénètre dans la cuisine du Terrier, un exemplaire de la Gazette du Sorcier à la main, qu'il jette dans un mouvement brusque sur la table en proférant un juron. Son visage affiche une colère mêlée d'incrédulité.

"Je ne puis y croire, laisse-t-il échapper en passant ses doigts dans ses cheveux en bataille. C'est impossible..."

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Etes-vous prêts à souffler dans le dòngxiāo ?