Episode 8

Flash

Hermione était dans la salle de bain. Plus précisément, elle était plantée devant son miroir, le nez collé à son reflet, à la recherche de la moindre imperfection susceptible de lui miner le moral. Qu'est ce qui n'allait pas ? Elle recula de quelques pas et fronça les sourcils. Il fallait peut être qu'elle change quelque chose. Après tout, avant elle, Drago n'aimait pas franchement les habitudes. Et elle était devenu une habitude, songea t'elle avec effroi. Ils n'avaient rien fait pour entretenir la passion des débuts. Plus de recherche de la séduction, de doute. Tout était devenu limpide, et c'était là sa plus grande erreur. Elle avait laissé la routine s'installée dans leur couple, et Drago, qui vivait à cent à l'heure, n'était plus séduit par la jeune fille. Il l'aimait, d'accord, mais plus assez pour lui faire l'amour.

Il fallait que ça change. Il fallait qu'elle le surprenne, qu'elle lui fasse reprendre goût à leur vie de couple, qu'elle y donne un nouveau souffle.

Parce qu'elle savait qu'elle ne supporterait pas de le perdre, pas après tous ces bouleversements de cette année…

Debout devant un miroir, à l'autre bout du château, Elodie était elle aussi en introspection. Le tube de gloss près de ses lèvres, elle se fixait sans se voir, le regard perdue dans les profondeurs de ses iris.

Des questions sans réponses lui taraudaient l'esprit sans cesse, lui provoquant des insomnies qui lui valaient de belles cernes sous ses yeux fatigués. Pas vraiment le top.

La nuit dernière, elle s'était réveillée en sursaut, après un cauchemar terrifiant dans lequel Theodore riait aux éclats en la larguant devant tout Poudlard, lui jetant des listes de mecs de Poudlard - qu'elle avait elle-même faite, et perdues- par centaines à la figure. Sur un énorme tableau, les mots « Maria- 25 Elodie-0 » clignotait à intervalle réguliers et cette dernière riait elle aussi, tout en virevoltant autour de Théodore, qui la prenant par la taille se penchait sur elle pour lui voler un baiser…

Elodie secoua la tête. Stop, elle devait cesser de penser à ça, ce n'était qu'un rêve…un fichu rêve !

Maria : Ohé ! Je peux entrer ?

La jeune blonde sursauta violemment, laissant tomber le gloss dans le lavabo tandis que la porte de la salle de bain s'ouvrait en grand pour laisser entrer une jeune rousse resplendissante. Et sans cernes. Elodie roula des yeux. C'était dans ce genre de moment, qu'elle la haïssait plus que tout.

Maria : Avec tout ce qui se passe en ce moment, on n'a pas eu l'occasion de beaucoup se voir…alors j'ai décidé de remédier à ça en franchissant la terrible salle commune des Serpentard rien que pour toi !

Elodie se retourna pour faire face à son amie. Elle croisa les bras tout en s'appuyant sur le rebord du lavabo.

Elo (sarcastique) : Rien que pour moi, comme c'est gentil ! Tu ne serais pas plutôt en train de te cacher d'une de tes conquêtes ?

Maria (souriant) : Y a de ça, oui…

La jeune blonde prit son peigne sur la commode et entreprit de se coiffer, grimaçant à chaque nœud. Maria sourit, et s'approcha pour l'aider. Au contact de son ami, Elodie se détendit enfin.

Maria : C'est que… j'ai perdu mon agenda, et c'était genre mon carnet de bord. Sans lui, je suis totalement perdue avec les mecs (elle s'arrêta pour réfléchir, le peigne en l'air)…je suis quasiment sûre que je dois retrouver un mec à la salle commune des Serdaigles…

Elo : Pff…

Maria : Quoi, pff ?

Elo : C'est horrible pour moi de l'admettre mais…tu m'as totalement mise hors circuit sur ce coup-là…

Maria croisa le regard de la belle blonde dans le miroir et reposa doucement le peigne sur la commode.

Maria : C'est vrai ! Mais, toi, t'as Theodore maintenant à ce que j'ai compris, non ?

La jeune blonde se renfrogna, mais n'eut pas le temps d'en dire plus. Un cri retentit et la porte de la chambre s'ouvrit à la volée, claquant sur le mur avec force. Oho, encore du grabuge dans l'air. Les deux jeunes filles passèrent avec prudence leur tête dans l'embrasure de la porte de la salle de bain et eurent juste le temps de se redresser pour éviter un sac projeté sans ménagement à travers la pièce. Jenny, furax, s'arrêta devant son armoire, l'ouvrit à la volée et fourra sa tête dedans pour éviter de regarder encore une fois en face sa traîtresse de sœur.

Jessy : Mais enfin, je te jure que…

Jenny (se tournant vivement vers elle) : Oh la ferme ! Je ne veux plus jamais t'entendre !

Elo (sarcastique) : Voilà qui risque d'être difficile !

Jenny : Ferme la, Elo !

Elle attrapa un sac en cuir beige, et se dépêcha de filer avant que sa sœur n'est pu dire encore un mot de plus.

Maria : Qu'est ce qui s'est passé ?

Jessy (soupirant) : Je lui ai fait remarquer qu'elle portait un de mes sacs…et elle a piqué une crise…

Elodie roula des yeux et disparut à nouveau dans la salle de bain. Maria, compatissante, s'approcha de la jeune blonde.

Maria : Va falloir lui laisser du temps…

Peeves : Oh mais c'est Potty-le-Cocue !

Potter soupira, agacé, se tournant machinalement vers un de ses raccourcis favoris pour éviter les habituels pièges du fantôme farceur.

Passant la porte, qu'il fit claquer derrière lui, il entendit à nouveau résonner désagréablement dans sa tête la raillerie de Peeves. Potty-le-Cocue. Bon, il pouvait raisonnablement en conclure que la totalité de l'école devait maintenant être au courant de sa dernière mésaventure, professeurs inclus.

Se renfrognant, il n'aperçut pas Blaise, qui marchait en sens inverse et faillit le renverser. Levant la tête, il croisa son regard et s'arrêta à quelques centimètres de son meilleur ami. Un silence gêné s'installa entre les deux garçons jusqu'à que…

« FLASH ».

Ils sursautèrent brutalement, et se tournèrent d'un même mouvement vers une minuscule blonde et un tout aussi minuscule petit roux qui tenait entre ses mains un appareil photo. Tout deux, les joues rosies par l'excitation, les regardaient les yeux brillants.

Harry (troublé) : Qu'est ce…

Mais la petite blonde s'avança vers eux d'un pas décidé et sortit – Harry en eut pratiquement un haut le cœur – une plume à papote de son sac avec une rapidité surprenante, et la suçotant, leur jeta un regard espiègle. Elle ne devait pas dépasser les 11-12 ans.

Fille : Je me présente, Amanda Hackers, journaliste à la rubrique potins du jour du quotidien Poudlard Potins ! et voici Jérémy Jordans, photographe. J'aurais quelques questions à vous poser pour un article plus détaillé !

Blaise jeta un regard médusé à Harry qui ne broncha pas.

Blaise (visiblement perdu) : Euh…

Harry : Un journal à Poudlard ? Depuis quand ?

Jérémy : Oh il est tout nouveau !

Amanda : Mais tout le monde a hâte d'en savoir plus sur votre relation brisée. Visiblement, tout sentiment ne semble pas définitivement enterré entre vous deux ! Mr Potter… puis je vous appeler par votre prénom ?

Harry : Je…

Amanda : Parfait ! Harry, pensez vous pouvoir un jour pardonner Blaise de vous avoir odieusement trompé avec une des sœurs Malefoy ?

Harry (incrédule) : Qu… quoi ?

Amanda (d'un air entendu) : Oui, bien entendu, cela doit être assez difficile ! Seulement, il reste quelques autres mystères à élucider… pourriez vous qualifier la relation entre les deux jumelles de malsaine ?

Blaise : Oho, on se calme la gamine !

Amanda : Sinon comment expliquer la réaction de Jenny Malefoy quand elle vous a trouvé elle et sa sœur dans le même lit ?

Blaise : Euh et bien peut être parce que c'était ma copine ?

Amanda : Intéressant (la plume à papote se mit à frétiller) Etiez vous au courant de cette double relation Harry ?

Harry fronça les sourcils, avant de fermer les yeux, aveuglé par un deuxième « flash », Jérémy ayant voulut immortaliser son expression.

Blaise : Incroyable…

Les deux amis se regardèrent, bouillonnant de colère. A la fraction de secondes, ou leur regard se croisèrent cependant, Harry sentit ses muscles se relâcher et une irrésistible et merveilleuse envie de rire. Mais que se passait-il ? La scène était presque irréaliste.

Harry : A vrai dire oui…

Amanda ouvrit grand la bouche.

Amanda : Mais… pourquoi avoir réagit ainsi alors ?

Harry : Oui pourquoi ? Aucune idée vraiment ! Maintenant si vous voulez nous excuser la mini Rita Skeeter, nous avons cours ! Et si je vois une seule photo apparaître dans votre journal, je porte plainte !

Il fit signe à Blaise de la suivre et celui-ci lança un dernier regard mi-intrigué, mi-amusé aux deux apprentis journalistes avant de lui emboiter le pas.

Blaise : Je ne pensais pas qu'ils trouveraient le moyen de nous cataloguer à nouveau gay…

Harry : Et Jessy et Jenny dans une relation incestueuse !

Blaise : Tu crois qu'ils vont quand même publier la photo ?

Harry sourit.

Harry : bah… on est plus à un scandale près !

Blaise (riant) : Ouais c'est vrai…

Il lui lança un regard en biais.

Blaise : Ecoute mec…

Harry (levant une main) : Je ne veux plus entendre d'explication Blaise… En fait, l'explication de Poudlard Potins me convient…

Blaise (éclatant de rire) : Ouais, attends de voir ce qu'ils vont dire ! Non sérieusement, avec Drago, on est censé se faire une soirée entre mec ce soir, sortir à Pré-au-Lard… ça te dit de venir ?

Harry s'arrêta et le blond l'imita, les muscles contractés. Enfin Harry hocha lentement la tête.

Harry : Ouais, ça serait une bonne idée de sortir un peu du château. On étouffe ici !

Blaise comprenait tout à fait ce que son ami entendait par là. Depuis le scandale, ils ne pouvaient faire un pas dans le château sans être rattrapé par la dure réalité par tous ces murmures, quand ils ne tombaient pas simplement sur une des jumelles ou Harry… ou encore Elodie qui ne manquait une petite remarque acide, ou Maria, qui leur lançait ce regard de compassion et de pitié, si agaçant…

Blaise : Ouais…

Sirius se retourna dans son sommeil, son bras entrant en contact avec une peau douce et nue. Souriant, il rapprocha le corps chaud de la jeune femme du sien et enfouie son visage dans ses cheveux.

Haley (riant) : Laisse moi, j'ai cours dans une vingtaine de minutes seulement !

Sirius ouvrit un œil au son de sa voix et soupira. Pendant l'espace d'une merveilleuse minute, il avait imaginé une tout autre femme dans ses bras. La libérant de son emprise, il roula sur le dos, passant une main dans ses cheveux. La jeune fille glissa d'entre ses draps, et se leva.

Haley : Je passe à la douche…

Elle se retourna et lui jeta un regard espiègle, se mordant la lèvre inférieure.

Haley : Je suis prête à endurer les reproches de Lindsay pour un petit retard si tu me rejoins…

Elle se retourna et retira le minishort qu'elle portait sur le chemin de la salle de bain.

Le visage de Sirius s'éclaira. Exaspérer la jolie professeur de défense contre les force du mal dès le petit matin ? Voila qui lui semblait une bonne idée ! Et aussi un bon moyen de prouver qu'il n'était décidément pas touché par son refus de sortir avec lui.

Les draps volèrent quand il se leva, emboitant le pas de la petite stagiaire.

En cours de potions, les chaudrons n'étaient pas les seules à bouillir. Jenny explosait littéralement de rage en son for intérieur. L'envie de frapper sa sœur lui faisait donner des coups de couteau de plus en plus violent sur sa gousse d'ail qui ne ressemblait plus à plus grand-chose.

A côté d'elle, Jessy semblait tout aussi agacée. Jenny avait faillit piquer une crise quand leur père avait refusé de les séparer. De plus, elle sentait le regard perçant de Lucius sur elle et elle refusait de lever les yeux. Lire la déception dans les yeux de son propre père qui, comme tout autre dans cette école, devait bien sûr être au courant des derniers événements, lui paressait encore plus éprouvant que supporter le jugement de ses camarades.

Jessy : Tu ne devrais pas mettre autant d'aligan, ca va tout faire monter…

Jenny : Hein ?

Jessy : Je disais que…

Mais sa sœur ne l'écoutait déjà plus. Tapant avec un mini marteau sur des petites boules noires pour en extraire le jus, elle semblait excédée.

Du coin de l'œil, Jessy aperçut Harry et Blaise, qui parlaient calmement, se passant poliment des ingrédients. Elle crut même entendre un rire, et elle sentit son cœur se serrer. Pourquoi tout était toujours plus facile pour les mecs ? Ce n'était pas juste.

Tout se passa très vite. Jessy jeta une pincée de poudre au même moment que sa sœur lançait deux petites boules sèches dans la potion, qui monta d'un coup et déborda de leur chaudron. Pestant à l'unisson, les deux sœurs se reculèrent alors que leur père se déplaçait vers elles d'un air irrité. D'un coup de baguette magique, il fit disparaître le contenu du chaudron, leur jetant un regard courroucé.

Lucius : Bien… comme vous pouvez vous en douter, c'est une bulle.

Jenny (marmonnant) : Bah bien sûr…

Lucius : Comment ?

Jenny (se baissant pour ramasser son sac) : Rien. Je me casse.

Lucius (interloqué) : Il en est hors de question !

Jenny jeta en vrac son matériel de potion dans son sac, et leva la tête pour croiser le regard étonné de son père, mais elle secoua la tête, ses cheveux blonds lui tombant sur les yeux.

Jenny : J'ai plus rien à foutre ici, à côté d'elle…

Jessy : Oh ça suffit, Jenny !

Jenny (explosant) : Non, ça ne suffit pas ! Je ne veux plus rien avoir à faire avec elle (se tournant vers son père) et ce n'est pas toi qui pourra m'en empêcher !

Lucius : Jeune fille…

Jessy : Tu seras bien obligé de me reparler un jour, je suis ta sœur !

Jenny (froidement) : Tu n'es plus rien pour moi.

Et elle se tourna vers la sortie, évitant le chaudron de Neville, duquel sortait une fumée noire et âcre.

Jessy, figée, la regarda claquer la porte, et un grand silence s'installa, bientôt remplacer par le frémissement des murmures des autres élèves.

Lucius (à Jessy) : Après le cours, j'aimerais que tu passes à mon bureau !

Jessy (d'un ton de défi) : Et pourquoi ça ?

Lucius : Parce qu'il est temps que j'en sache un peu plus de mes filles, et non, de mes autres collègues…

Lindsay bouillonnait. Voila une demi-heure que son cours avait commencé et toujours aucun signe de sa très agaçante assistante. C'était pourtant simple avec elle : elle ne se gênait jamais pour un petit retard mais ne supportait pas qu'on la fasse attendre. Non pas qu'elle est vraiment besoin d'Haley –elle était une professeure chevronnée qui n'avait nullement besoin d'aide- mais ce qui l'énervait réellement, c'était ce que pouvait faire la belle blonde de plus intéressant que de participer à son cours. Et quelque chose lui disait que cette dernière n' «était pas seule.

« Toc, toc ».

La porte s'ouvrit à la volée pour laisser passer une blonde resplendissante, légèrement essoufflée, le regard brillant. Oh, ce que Lindsay pouvait la détester.

Haley : Excuse-moi pour le retard, j'ai…

Mais Lindsay ne l'écoutait plus. Ses yeux, qui n'étaient plus que des fentes pleines d'éclairs, fixaient un point par-dessus l'épaule de la jeune fille. Sirius souriait d'un air nonchalant.

Sirius : C'est de ma faute, elle n'y est pour rien.

Le cœur de la professeure se serra mais elle se retint de lui cracher à la figure, ou de lui claquer la porte au nez, ou tout autre comportement qui ne siérait décidément pas à une femme de sa classe.

Elle se contenta de lui jeter un regard noir, les mots vengeurs, pleins de haine, coincés au fond de sa gorge.

Le beau brun prit alors à la taille la Johnson, se délectant de l'apparente colère de Lindsay. Prends ça Miss-ce-n'était-qu'un-coup-du-soir-et-rien-d'autre .

Sirius : N'oublie pas notre rendez vous ce soir à pré-au-Lard.

Haley (avec un sourire entendu) : Aucun risque.

Sirius l'embrassa sur la joue, fit un signe de tête à Lindsay et disparut dans le couloir. Haley se retourna tout sourire vers son mentor, ses yeux brillant d'un éclat amusée en constatant que cette dernière restait clouée sur place.

Haley : Tout va bien… ? Je suis vraiment…hem…confuse. Je vous promets que ça n'arrivera plus.

Lindsay lui décocha un regard meurtrier, secoua la tête, et enfin parut reprendre ses esprits.

Lindsay : Si tu souhaites valider ton stage, il y a plutôt intérêt. (elle frappa dans ses mains). Bon, les enfants, on reprend !

Ceux-ci les observaient toutes deux d'un air avide, gloussant et se tapant du coude. Mais que s'était il passé exactement ?

Haley rougit de colère, recevant la remarque de plein fouet. Elle s'assit le plus calmement possible sur sa chaise devant son bureau improvisé, un vieux pupitre d'élève plein de graffitis et fit semblant d'écouter le cours.

Lindsay, quant à elle, réfléchissait, ses pensées tourbillonnant en elle. Elle se sentait maintenant presque fiévreuse. C'était quoi ce bordel ? Pourquoi avoir réagit ainsi ? Elle n'était PAS amoureuse ! Et pourtant, elle avait carrément laissé entendre le contraire. Pire, songea t'elle avec horreur, elle avait vu la jubilation naître sur le visage de l'aurore. Rien qu'a cette idée, elle sentit une remontée d'acide jusqu'à sa gorge. Il fallait remédier à ça, et très vite ! D'un coup de baguette un peu trop énergique, elle effaça le contenu du tableau. Elle pensa alors aux derniers mots de Sirius. Une sortie à Pré-au-Lard ? Hum… un sourire mesquin se dessina sur ses lèvres, tandis qu'elle inscrivait tel un automate des consignes sur le tableau, recopiant ses propres notes, l'esprit ailleurs, ébauchant déjà un plan.

Sirius voulait jouer à ca ? Elle allait jouer.

Lucius : Je t'écoute.

Jessy poussa un soupir, excédée. Son père lui demandait-il réellement de déballer toutes ses histoires sentimentales (enfin autant qu'on puisse parler de quoi que ce soit de sentimentale entre Blaise et elle). Assise bien droite, sur les nerfs, en face du bureau en bois rêche de son professeur de potions (et accessoirement-comme il venait de le lui rappeler- son père) elle fixait le tableau derrière Lucius qui représentait un loup blanc, imposant, qui se tenait sur une colline bordé de forêt, semblant comme darder un regard accusateur sur la jeune fille. Ok, si même les tableaux s'y mettaient, elle n'avait vraiment plus qu'à aller se jeter de la plus haute tour du château.

Jessy : Qu'est ce que tu veux que je te dise ? Apparemment, même toi tu sembles au courant…

Lucius (outré) : Et pourquoi je ne le serais pas ? Je suis ton père, Jessy. Et ce que j'ai entendu dernièrement ne me plais pas du tout…

Jessy (marmonnant) : Et à moi, tu crois que ça me plait…

Lucius : Ce genre de comportement indécent, dégradant, et scandaleux est une insulte à notre lignée…

Jessy (le coupant) : Papa… épargne moi le genre de discours « tu ne mérites pas de porter notre nom » s'il te plait…

Lucius : Je n'ai pas finit, jeune fille ! Non seulement c'est une insulte à notre nom, mais tu as trahi ta propre sœur, et ça c'est intolérable Jessy !

Jessy baissa la tête sur ses mains qui s'étaient mises à trembler, de colère, de tristesse, elle n'aurait pu dire, mais une chose était par contre, parfaitement sûre, la dernière chose qu'elle souhaita, fut que son père la vit pleurer. Elle se mordit l'intérieur des joues, et lui lança un regard de défi.

Jessy : J'en suis parfaitement consciente, ça ne se reproduira plus. Je compte arranger les choses…tout va s'arranger.

Lucius : Pas ta réputation dans tous les cas…

Jessy (avec un sourire) : On ne sous-estime pas une Malefoy papa, tu le sais bien…

Pour la première fois depuis le début de la conversation, Lucius sourit, et les muscles de la jeune fille se décontractèrent, soudain plus détendus.

Lucius : Bien, ne compte pas t'en sortir comme ça. Tu as fait beaucoup de mal à ta sœur… Je me suis aussi rendu compte, que, malgré que sous soyons tous réunis toi, ta mère, ton frère et ta sœur, dans le même château, les réunions de familles se font bien trop rares. Ce soir, nous dinerons ensemble au restaurant à Pré-au-Lard. Il est temps que ta mère et moi contrôlions un peu plus ce qui se passe dans vos vies.

Jessy se mordit la lèvre inférieure, digérant cette information, puis l'air résigné, se leva de sa chaise.

Jessy : Su-per !

Jenny s'était réfugiée à la bibliothèque, où elle se cachait maintenant sous une pile de livre, pris parfaitement au hasard dans le but ultime qu'on lui fiche la paix. Seule, entourée d'une muraille de vieux bouquins énormes, elle se laissa aller à verser une larme. Elle sursauta quand elle sentit le contact glacé d'une main sur son épaule nue.

Narcissa : Ma chérie, tu ne devrais pas être en cours ?

Jenny (essuyant à la va-vite ses yeux et se détournant de sa mère) : Non, j'ai… une pose.

Narcissa : Tu mens toujours aussi mal… et qu'est ce que tu me caches ? Regarde-moi.

Jenny : Non.

Narcissa (patiemment) : Jenny…

La jeune fille poussa un soupir à la fois excédé et résigné, et se retourna. Son mascara tenait toujours impeccablement (waterproof, même chez les sorciers !) mais ses yeux débordaient de tristesse. Finalement, une larme traitresse passa la frontière de ses cils. Elle l'écrasa d'un geste rapide et se détourna une nouvelle fois.

Jenny : Je…vais retourner en cours.

Elle commença à se lever mais la main de sa mère se posa à nouveau sur son épaule, la forçant à se rasseoir.

Narcissa : Attends une seconde Jenny.

Elle prit la chaise à côté d'elle, et s'assit doucement, évitant de croiser le regard de sa fille.

Narcissa : Je…j'ai appris ce qui s'était passé…avec ta sœur.

Jenny : Su-per. Ecoute maman, je me sens assez humilié comme ça, alors évite d'en rajouter une couche.

Narcissa : Jenny, je comprends parfaitement ta douleur et ta colère, mais…

Jenny (se levant de sa chaise) : Mais quoi ? Qu'est ce qu'une Malefoy est censé faire dans ces cas là ? Eclaire-moi, maman ! Je suis censé rester indifférente à la trahison de ma propre sœur ? Rester de marbre comme toute cette famille de barjo, frigide, et coincé du cul ?!

Narcissa : Jenny !

Jenny : Et Jessy dans tout ça ? Elle s'est conduite comme une trainée… qu'est ce qu'on fait à une Malefoy qui salit son nom ?

Narcissa : Je…

Jenny (hystérique) : Ah, on a foutus la famille Malefoy dans un sale merdier, n'est ce pas ?

Jenny vit les mains de sa mère croisées sur la table se contracter compulsivement et cessa aussitôt d'hurler, le souffle court.

Narcissa : Assis toi. Et laisse-moi parler.

La Malefoy obéit et se rassit près de sa mère.

Narcissa : Oui, vous avez (elle utilisa ses doigts pour mimer les guillemets) « foutus un sale merdier », mais ce n'est pas ce qui nous inquiète le plus, ton père et moi…

Elle regarda sa fille et posa sa main sur la sienne.

Narcissa : On est très inquiet pour vous, tu sais ? La famille Malefoy a toujours été, malgré des caractères très forts, très soudés. Et Jessy et toi…

Jenny : Je ne veux plus entendre parler d'elle, maman !

Narcissa : Ne me coupe pas. Jessy, ton frère et toi avez un lien encore plus particulier. Vous êtes des triplés…

Jenny (murmurant) : Alors pourquoi elle a fait ça ?

Narcissa : Ces raisons sont surement très mauvaises, et pas très digne, mais ce qui est sûre, c'est qu'elle ne voulait surtout pas te faire de mal.

Jenny partit dans un rire jaune.

Narcissa : Ecoute, ton père organise un diner ce soir à Pré-au-Lard. Situation d'urgence oblige, ta présence est obligatoire.

Jenny : Hors de…

Narcissa : Je ne négocie pas Jenny, tu viens et c'est tout.

Elle resserra sa prise sur la main de sa fille, qui lui jeta un regard suppliant et bientôt agacé devant l'attitude imperturbable de sa mère.

Jenny : Maman, vous faites une grosse conn*rie.

Narcissa (avec un sourire) : Et surveille ton langage, jeune fille !

Jenny : Oh arrête, la dernière fois que je t'ai entendu te disputer avec papa, je n'ai jamais entendu autant de gros mots de ma vie !

Drago, assis à la table des Serpentards, se sentait légèrement pris en sandwich par Pansy et ses acolytes. A vrai dire, pensait il avec amusement, ils n'auraient plus qu'à claquer des doigts pour que l'une d'elle prenne sa fourchette et lui fasse la béqué. Cependant, il ne pouvait s'empêcher d'être crispé. Il espérait que ses menaces avaient portés ses fruits, et que les filles ne le collaient pas après avoir découvert sa petite aventure avec Serena… Sans quoi, il était littéralement dans la merde.

Pansy : Alors…on dirait que dernièrement les couples se font et se défont dans votre petite bande d'amis…

Drago sourit, soudain plus détendu. Prévisible. S'il y avait bien des expertes en potins, et en conclusion tirées par les cheveux, c'était bien ces quatre là.

Drago : Oui, ça a pas mal déconné, c'est vrai…

Debbie (avec un haussement de sourcils) : Et on ne te voit plus très souvent avec ta copine, ces derniers temps…

Drago jeta un bref regard à Serena, assise en face de lui. Celle-ci lui répondit en glissant sa jambe le long de la sienne, lui provoquant un frisson des plus agréables…mais aussi des plus interdits.

Il sentit alors une main se poser brusquement sur son épaule, et sursautant, il percuta violemment du pied la jambe de Serena, qui poussa un gémissement plaintif. Oups. Il se retourna, l'œil aux aguets, persuadé que sa lionne de copine l'avait pris sur le fait, quand il découvrit le visage de sa sœur. Jenny était d'une humeur massacrante et ressemblait plus que jamais à sa sœur.

Drago : Ouais ?

Jenny : Ce soir, diner avec les parents aux Petit Roi, à Pré-au-Lard, présence obligatoire.

Elle commença à tourner les talons, mais son frère la rattrapa par la manche et la força à se retourner.

Drago : Mais je ne peux pas ce soir, ils se prennent pour qui de prévenir au dernier moment ?

Jenny : Pour nos parents apparemment. Présence obligatoire, Drago, tu ne me lâches pas avec les deux moralisateurs, et Jessy !

Drago (soupirant) : Ouais, de toute façon, ca va tourner au massacre, et en une demi-heure, l'affaire sera bouclée !

Jenny (partant) : Aha, quel comique… (s'arrêtant) Tiens, t'as vu Hermione ? Qu'est ce qu'elle fait ?

Drago regarda dans la direction que sa sœur lui indiquait du doigt, et aperçut la Gryffondor, traverser le parc à grande enjambée, vers le portail.

Drago : Aucune idée, mais on a l'aprem de libre, elle va peut être à Pré-au-Lard…

Jessy (fronçant les sourcils) : Sans nous ? Pour quoi faire ?

Drago haussa les épaules, et se désintéressant de la question, se détourna, attrapa sa fourchette et repris son festin.

Sa sœur le regarda, interloquée, puis regarda à nouveau Hermione qui s'éloignait de plus en plus. Visiblement, il n'y avait pas qu'elle qui avait des problèmes ces derniers temps. Avec tout ce qui lui arrivait, elle avait eu du mal à se centrer sur autre chose que sur elle-même, et elle s'aperçut soudain que ça lui faisait du bien de penser à autre chose. Par exemple, à aller rattraper son amie pour savoir ce qu'elle faisait exactement. Et c'est ce qu'elle fit.

Sur le terrain de Quidditch, deux balais fonçaient à toute allure. En dépit du vent qui lui plaquait les cheveux sur son visage, la détermination se lisait sur le visage d'Elodie Johnson. Apercevant enfin l'éclat doré tant recherché, elle accéléra, se couchant presque sur son balais, et évita de peu une tornade rousse en piquant soudainement. Ah non ! Maria pouvait bien se taper tous les mecs de Poudlard pendant qu'elle se faisait certainement cocue, mais elle ne gagnerait pas à ce jeu-là. 1…2… et 3 ! Elle attrapa le vif d'or du bout de ses ongles bleu électrique et poussa un cri de victoire.

Elo (fanfaronnant) : Aha ! Alors, Miss Hardisson, pas trop déçu ? Tu sais, je pense même pouvoir battre Malefoy et Potter, en attrapeuse, je…

« FLASH ». Un flash aveuglant faillit lui faire perdre l'équilibre.

Elo : Qu'est ce… ?

Maria (battant des paupières) : C'était quoi ça ?

Les deux amies se regardèrent perdues, avant de se pencher sur leurs balais, pour jeter un œil en dessous. A une trentaine de mètres d'elles, au pied des gradins, deux petits premieres, voire deuxièmes années leur faisaient signe, arborant de grand sourire. L'un deux, un garçon aux bouclettes rousses, avait à la main un appareil photo.

Maria (regardant Elodie) : On descend ?

Elo (avec un sourire) : Oui, j'aime parler à mes fans !

Maria : Je serais toi, je ne serais pas si prétentieuse ! Allons voir ce qu'ils nous veulent !

« Les fans » en question avaient une multitude de questions à leur poser, et pas des moindres. A peine, Maria avait un pied sur terre qu'une petite blonde, qui prétendit s'appeler Amanda Hackers, lui sauta dessus, une plume à papote frémissant dans sa minuscule main.

Amanda : Miss Hardisson, en quelques mois, vous avez intégré le clan très fermé et adulé des plus grandes familles de Poudlard : Potter, Malefoy, Zambini, Johnson… sans comptez nos deux préfets en chef, Hermione Rogue et Drago Malefoy, qui forme le couple idéal du moment…

Maria lança un regard entendu à Elodie, qui lui rendit son sourire. Des apprentis journalistes… comme c'était intéressant.

Amanda (poursuivant sur sa lancée) : Vous aviez jusqu'alors était très discrète, mais ces derniers temps, votre nom et de plus en plus souvent murmuré dans les couloirs. On vous prête de nombreuses aventures avec les plus beaux garçons de l'école…

Maria : Euh…

Elo (souriant) : Pas les plus beaux, ils sont déjà pris !

Amanda (souriant) : Il y a quand même un tableau de chasse conséquent : Brian Ardens, Steven McLawski, Dean Thomas, Aurelien Prat, Josh Harl…

Maria (l'interrompant) : Oui, bon, c'est pas tout ça mais…

Elodie (morte de rire) : On va pas y passer la nuit, c'est ça que tu voulais dire ?

Maria (murmurant) : Elo, s'il te plait…

Amanda (continuant son introspection) : Cependant, tous se déclare être votre petit ami actuel… ce qui est étrange…

Maria (de plus en plus gênée) : N'est ce pas ?

Amanda : Il y en a qui pense que c'est un malentendu et qu'ils sont bien l'unique, et d'autre, qui prennent un ton légèrement plus sévères… Certains disent que vous les esquivez, et qu'il devient impossible de vous croiser…

Elodie éclata de rire, tandis que la mine de sa meilleure amie se décomposait peu à peu.

Amanda : Il y a des personnes que ça dérange…notamment les anciennes copines de vos petits amis… (elle rougit)… Il y en a une qui vous a même traité de…

Elo (plus sérieuse) : De ?

Amanda (d'une petite voix) : De traînée…

Le sang des jeunes filles ne fit qu'un tour.

Elo : Et qui est cette péta*se ?

« FLASH ». L'expression outragée de la Johnson immortalisée. Elle cligna des paupières, avant de se frotter les yeux. Foutus appareil qui allait mal finir si le morveux continuait à jouer avec.

Amanda : Je ne peux pas dénoncer…

Elo (râlant) : Ouais c'est pas difficile à imaginer… des filles qui ne savent pas garder leur copain…

Elle s'arrêta soudain, le regard perdu dans le vide. Quelle hypocrite ! S'il y en avait bien une qui craignait pour son copain à Poudlard, c'était bien elle ! Elle avait même rêvé que Maria le lui piqué sous son nez.

Maria : Oh t'inquiète, je pense le mériter, même si pour ma défense, ces mecs ne m'ont jamais dit qu'ils avaient une copine…

« FLASH ». La mine dépitée de la Hardisson immortalisée.

Au même moment, loin des regards indiscrets et des flashs, un couple discutaient sous un arbre, au bord du lac. Enfin, un couple, un faux couple, pour être plus exact. Et leur discussion semblait plutôt tourner à la dispute.

Blaise : Excuse moi, mais ça ne fait pas très bonne copine, de me faire la bise pour me dire bonjour le matin, et en plus, de me marcher sur les pieds… je sais que tu l'as fait exprès !

Jessy : Tu peux parler, t'as reculé de trois pas quand je me suis avancé vers toi !

Blaise : J'avais oublié… t'es arrivé tellement vite, j'ai cru que t'allais m'en foutre une !

Jessy (avec un sourire suffisant) : Tapette !

Blaise prit une grande inspiration. Ne pas craquer, c'était son nouveau mot d'ordre. Il ne pensait pas que « sortir » avec Jessy lui demanderait tant d'effort, tant de contrôle. En vérité, il n'avait jamais voulu y réfléchir. Seulement voilà, il s'était foutu dans la merde tout seul, alors autant aller jusqu'au bout.

Blaise (après un instant) : Bon, ça ne va pas du tout ! Drago, et compagnie ont déjà de gros soupçons (Jessy ricana), oui, ok, ils sont au courant, mais pour l'instant ta sœur y croit encore…

Jessy : C'est parce qu'elle refuse de s'intéresser à nous…

Blaise : C'est vrai, mais il y a bien un moment où elle va levé la tête, et, si elle nous voit en train de se marcher sur les pieds, et s'effleurer les joues des lèvres…

Jessy : Ok, la prochaine fois je t'embrasse, j'ai compris…

Blaise (avec un sourire) : Sans me mordre la lèvre, ni la langue, ni m'écraser les pieds !

Jessy : Tu m'en demandes trop !

Blaise : Moi, je le fais bien !

Jessy plongea son regard dans le bleu du lac, ses pensées vagabondant vers des temps pas si lointain, où, sous le même arbre, elle chahutait avec un beau brun aux yeux incroyablement vert, SON beau brun, et poussa un profond soupir.

Jessy (malheureuse) : J'ai pas envie de t'embrasser… t'embrasses mal…

Blaise (interloqué) : Je te demande pardon ?!

Jessy : J'ai dit, t'embrasses mal…

Blaise : Et toi alors, j'ai toujours la lèvre qui saigne après !

Jessy (avec un sourire) : J'ai un côté sauvage !

Blaise : Comme si je n'avais pas remarquer !

La belle blonde lui décocha un sourire sarcastique et se releva, époussetant les brins d'herbe sur sa robe.

Jessy : J'y vais.

Elle resta un instant planté là, se demandant quoi faire, et leurs regards se rencontrèrent.

Blaise : Euh… ok.

Jessy : Ouais…

Elle jeta un regard furtif vers le reste du parc, et parut soulager.

Jessy : Quand il y a l'air de n'y avoir personne, on n'est pas obligé de se comporter en couple, hein ?

Blaise (haussant un sourcil) : On a déjà du mal quand on a du public !

Jessy : Ouais… allez salut.

Elle se retourna et enfonça ses bottes dans l'herbe molle, se dirigeant lentement vers le château.

Blaise : Eh, la Malefoy !

Jessy (tournant la tête) : Quoi ?

Blaise : La prochaine fois, on leur fait un beau spectacle !

Personne : Alors, quelle coupe désirez vous ?

Jenny Malefoy se regarda dans la glace, s'interrogeant du regard. Etait ce vraiment ce qu'elle voulait faire ? Depuis toute petite, elle avait un coiffeur personnelle, et ce rendez vous n'était pas du tout dans ses plans. En fait, elle avait juste suivi Hermione, dans le but de lui tenir compagnie, et en entrant dans le petit salon de coiffure de Pré-au-Lard, confiné, mais chaleureux, tout en rose bonbon, elle avait été séduite par l'idée de changer de tête. Et en se regardant dans le grand miroir, elle était de plus en plus tentée par une petite transformation. Tout chez elle lui rappelée sa sœur, du bout de son nez en trompette, à ses yeux bleus, et ses longs cheveux blonds… A vrai dire, ces dernier temps, elle avait beaucoup de mal à se regarder dans le miroir. Oui c'était décidé, elle allait couper tout ça !

Elle lança un regard assuré à la coiffeuse, une certaine Sandy Lamers.

Jenny : Oui, coupez moi tout ça !

Sandy : Que… tout ?

Hermione : Attends tu vas pas nous faire la boule à zéro comme Britney ?

Jenny : C'est qui Britney ?

Mione (avec un sourire) : Laisse tomber… nan sérieux, c'est pas ce que tu comptes faire ?

Jenny (rassurante) : Non, t'inquiètes… et toi qu'est ce que tu feras ?

Hermione pivota sur sa chaise, un sourire complice se dessinant sur ses lèvres.

Mione : Tu risques d'être surprise, mais tu ne me feras pas changer d'avis !

Jenny fronça les sourcils et se pencha plus près de son amie.

Il était huit heures moins vingt passé, quand Narcissa franchit la porte d'entrée du Saint Amand, le restaurant chic de Pré-au-lard. Elle se savait en avance, et aussi fut elle heureuse d'apercevoir un visage familier.

Narcissa : James, qu'est ce que tu fais là ?

James : Oh, un ami m'a dit qu'il dinait ici aujourd'hui avec une vieille connaissance, et m'a proposé de les rejoindre, mais je crois que j'arrive un peu tôt… bizarre, la ponctualité, c'est pas mon fort. Enfin, assis toi, une présence féminine aussi charmante me fera le plus grand plaisir. Dis moi, serais tu prêt à fausser compagnie à ton cher mari, pour un diner aux chandelles avec le plus beau parti de Poudlard ?

Narcissa sourit, amusée.

Narcissa (s'asseyant) : Arrête ton petit jeu, la Van de Camp n'est même pas dans le coin !

James (lui rendant son sourire) : Sait on jamais ?

Narcissa : Tout ce que je sais, c'est que mon cher mari risque d'arriver d'une minute à l'autre et qu'il ne serait pas ravi de nous voir à la même table…

James (avec un clin d'œil) : C'est pas justement le but recherché ? Allez avoue, c'est un service mutuel que l'on se rend, non ?

Narcissa voulut paraître offensé, mais à la réflexion, le Potter n'avait pas tort. C'était plutôt sympathique de voir le fier et froid Lucius qui tentait de cacher sa jalousie et son mécontentement pendant que l'aurore draguait ouvertement sa femme.

James (semblant suivre le fil de ses réflexions) : A tu vois, tu ne démens même pas !

Narcissa : Oui, en ce moment, il était particulièrement arrogant…

James : T'inquiète Potty est toujours là pour remettre les gens à leur place… et puis, une femme comme toi devrait être apprécié à sa juste valeur !

Narcissa (fronçant les sourcils) : C'est-à-dire ?

James : Il devrait avoir un peu plus peur de te perdre…

Narcissa (avec un sourire) : La confiance est primordiale dans un couple tu sais…

James : Oui la confiance l'un envers l'autre, mais là c'est juste un abus de confiance en soi. Ah ce cher Lulu…

Narcissa éclata de rire. Que direz son mari en entendant le tout aussi imbu de lui-même James Potter le descendre en flèche ?

A cet instant, la cloche tinta, et Narcissa reconnut la fière allure de son mari de loin. Elle le laissa la chercher, et sourit en apercevant les sourcils de ce dernier se froncer en fusillant James du regard.

James : Oula, en parlant du loup…

Lucius s'approcha de la tablée et fit un léger signe de tête à James avant de se tourner vers sa femme, resplendissante en robe prune et les cheveux relevés en chignon, dégageant son cou et révélant ses épaules nues.

James (l'air rêveur) : Elle s'est faite très belle, n'est ce pas ?

Un grognement sorti du fond de la gorge du Malefoy qui pendant quelques instants garda le silence.

Lucius : Bien, je ne crois pas qu'on est réservé cette table ?

James : Oh non, pardonne moi Lucius, je me suis permis d'inviter Narcissa à ma table. On s'est tenu compagnie…

Lucius (sec) : Bien, et bien maintenant je suis là (regardant Narcissa) On y va ?

Narcissa : Oh, on peut peut être attendre que les enfants arrivent ?

Lucius : Non.

James : Oh voyons, Lucius, assis toi, vous n'allez pas me laisser tout seul quand même ?

Lucius : Si.

Narcissa : Lucius !

Lucius darda son regard le plus noir sur James, ravalant une réplique salée, et essaya de rester calme.

Lucius : Il faut qu'on parle de choses sérieuses et…confidentielles.

James : Bon, tant pis. Bonne soirée, Narcissa. Si tu t'ennuies, tu sais où est ma table !

Narcissa lui rendit son sourire, mais pour Lucius se fut la phrase de trop.

Lucius : Ne t'avises pas d'approcher ma femme !

James : Je…

Lucius : Je ne sais pas ce que tu as à tourner ainsi autour d'une femme mariée, mais que les choses soient bien claires Potter, je te tolère au jour d'aujourd'hui, puisqu'on a tous décidé de faire table rase du passé, mais si tu tentes quoi que ce soit avec ma femme, on va avoir un énorme souci tous les deux… Tu me saisis ?

James (avec un sourire) : Pas besoin de passer aux menaces Lucius, c'est tout à fait clair.

Lucius : Bien. Allons-y maintenant Narcissa.

Narcissa (avec un sourire gêné) : Bonne soirée, James.

James lui fit un clin d'œil, profitant que Lucius ait le dos tourné, et Narcissa sourit, lui rendant son clin d'œil avant de rejoindre Lucius à sa table attitrée.

Il était passé 20 heures quand Jessy et Blaise pénétrèrent dans le village alors que les dernières lueurs du jour s'éteignaient peu à peu. Ils s'étaient rencontré en sortant de la salle commune des Serpentards et c'est en marchant tous les deux côtes à côtes qu'ils s'étaient rendu compte qu'ils suivaient la même destination.

Jessy : Et tu rejoins Harry ou en fait ?

Blaise : Aux 3 balais… Drago nous y rejoindra après.

Jessy : Ouais bien sûr, bon, le resto est là, tu peux…

Blaise (la coupant) : Tiens, y a Drago qu'attends dehors.

Il fit un signe de main à son ami, et ils ne tardèrent pas à le rejoindre sous l'auvent du petit restaurant coquet.

Jessy (à son frère) : Tu rentres pas ?

Drago : Je vous attendais, je vous ai vu de loin (avec un air amusé) alors le petit couple, comment ça se passe ?

Le « petit couple » en question le fusilla du regard mais n'eut pas le temps de répondre. Un hoquet de stupeur les fit se retourner. Ils ne comprirent pas tout de suite. Qui était ces deux blondes plantées devant eux, le rose aux joues, et les yeux allumés. Puis à leur tour, le groupe fut pris d'un hoquet de surprise.

Drago : Hermione ?

Hermione lui sourit, et un petit rire traversa ses lèvres pulpeuses. De son châtain naturel, elle était passée à un blond cendré, et ses boucles tombaient en cascades parfaites sur ses épaules. Ses cheveux semblaient plus longs et Drago se surprit à trouver le changement agréable. Même très agréable.

Drago : T'es belle. Tu m'avais pas dit que tu comptais devenir blonde ?

Mione : Oh, ça s'est fait sur un coup de tête. Et après avec Jenny, (elle l'a prit par l'épaule) on est allée fêter ça aux 3 balais. On a peut être un peu abusé… (elle sourit)

Jenny, à ses côtés, ne riait pas du tout. Elle fixait Jessy, et Blaise, les deux traites, avec une intensité inquiétante. Elle avait décidé de garder sa couleur, et une certaine longueur, et arborait maintenant un beau carré plongeant… qui la différenciait enfin de sa jumelle. Celle-ci la contemplait d'un air attristé. Sa sœur était belle, mais elle avait très bien compris le but de l'opération. Un silence s'installa dans le groupe.

Enfin, Blaise détacha douloureusement son regard de son ancienne et magnifique petite amie, et se racla la gorge.

Blaise : Bonsoir les filles. Ca vous va…très bien.

Mione : Merci ! Je vais rentrer rejoindre Maria, je vous laisse. Bonne soirée !

Elle s'approcha du Malefoy, qui la fixait, les yeux pétillants, et l'embrassa fougueusement, pleine de confiance avec sa nouvelle chevelure et… ses deux verres de Whisky Pur feu. Enfin, les deux amoureux se lâchèrent et avant que Drago ait pu dire quoique ce soit, elle s'éloignait dans la nuit.

Jenny : Bon, je rentre.

Et sans plus de cérémonie, elle passa devant Jessy, Blaise et son frère et entra dans la chaleur du restaurant alors que deux élèves de Poudlard en sortaient. Matthieu Hartin et Helena, deux Serpentards pures souches s'arrêtèrent en reconnaissant leur camarade.

Helena : Oh, mais c'est notre nouveau petit couple !

Blaise (regardant sa montre) : Ouais, salut Helena. Bon, les mecs, Harry doit déjà m'attendre, j'y vais. (à Drago) Tu nous rejoins après ?

Drago : Pas de soucis.

Blaise : Ok. A toute.

Il commença à esquisser un pas pour partir puis surpris le regard entre Helena et Matthieu. Merde. Ses yeux rencontrèrent ceux de Jessy, qui semblait se faire la même réflexion. Prenant sur lui-même pour ne pas soupirer, ni grimacer, il s'avança vers la jeune blonde avec un sourire qui se voulait chaleureux, quoique qu'un peu crispé.

Blaise : J'allais oublier de te dire au revoir, mon cœur.

Jessy (lui rendant son sourire, en serrant les poings) : J'avais vu ça…

Le jeune homme posa une main sur la joue douce et froide de la Malefoy, et approcha son visage du sien, ses yeux lui lançant des menaces, lui intimant de ne rien faire d'excessif, comme le mordre par exemple. Elle se retint les premières secondes, avant de lui mordre la lèvre, sa façon toute personnelle de lui dire qu'elle en avait assez. Blaise retint un gémissement et pressa ses mains sur le visage de la jeune fille, l'embrassant plus fort. Elle se laissa alors aller, et se surpris même à enlacer ses mains sur le cou du garçon. Quelques secondes plus tard, ils se relâchèrent enfin, et Blaise recula, lui faisant un clin d'œil avant de tourner les talons et de les planter là.

Jessy avait envie de lui courir après pour lui foutre une grosse claque, mais Helena apparut dans son champ de vision à cet instant.

Helena (avec un sourire) : on va vous laissez, passez une bonne soirée.

Drago (grognant) : Une bonne soirée… ça ne risque pas. Allez viens Jess, ils nous attendent.

Et les deux jumeaux rentrèrent enfin dans le restaurant… pour ce qui s'annonçait une véritable partie de plaisir !

Elodie était allongée sur son lit, tenant entre ses mains un agenda en cuir rouge. Ce n'était pas le sien et elle savait que c'était mal de voler, mais à vrai dire, elle était plutôt excitée. Et puis, Maria ne lui en voudrait pas, c'était juste de la curiosité, rien de malsain.

Elle ouvrit l'agenda à la date du jour et ne fut pas surprise de trouver deux rendez-vous, un le matin, et l'autre l'après midi. Bien évidemment, c'était deux beaux mecs de l'école. Mais comment faisait elle ?

Elle remonta dans le temps, et s'aperçut que Maria mettait des annotations, parfois des photos avec les candidats.

L'un deux, Brian Ardens avait une photo de lui avec pour légende : Se souvenir qu'il a les yeux bleus, et ne pas le confondre avec son ami, Marc.

En dessous, elle avait apparemment commenté leur rencontre : Très agréable mais haleine de fumeur. Tiens donc, ce journal était vraiment un trésor pour quiconque avait un esprit journalistique. La petite Amanda ferait n'importe quoi pour que ce type d'information apparaisse dans une rubrique potins de son journal, dans le genre « Les avantages et inconvénients des hommes de Poudlard », ou « Untel serait il un bon parti ? ».

Elle ricana, et tourna les pages de plus en plus vite avant de tomber sur une photo qui la stoppa net. Elle connaissait ce visage. Cette petite bouille d'ange, ce regard malin, ce sourire diabolique… Ben Hardisson. Son cœur rata un battement. Elle la prit entre ses doigts tremblant, et un sourire naquit sur son visage.

« Elo ? ».

Elle sursauta et la photo glissa des ses doigts. S'appuyant sur ses deux bras, elle se retourna prête à mordre.

Elo (surprise) : Théodore ? Qu'est ce que tu fous la ?

Theodore : Jolie façon de me montrer ta joie, ma belle…

Elo (ramassant la photo et s'asseyant sur son lit en tailleur) : Normalement, les mecs ne passent pas l'escalier…

Theodore (avec un sourire coquin) : Oh, ça fait bien longtemps que j'ai réglé ça !

Elo (soupirant) : Ben tiens, ça ne devrait pas m'étonner…

Theodore : Oula, toi, t'es encore de mauvaise humeur ?

Elodie reporta son attention sur la photo de Ben et attrapa l'agenda de Maria pour la remettre à sa place.

Elo : Non, ça va…

Théodore prit place à côté d'elle et lui prenant l'agenda des mains, il fronça les sourcils.

Théodore : C'est quoi ça ?

Elodie (cherchant à récupérer l'agenda) : Rien du tout, rends moi ça tout de suite !

Théodore (le mettant hors de porté) : Ou sinon ?

Elo : Théodore !

Le jeune homme se leva et courut se mettre à l'abri des griffes de sa déchaînée de petite amie pour pouvoir contempler l'œuvre de la Hardisson. Il éclata alors de rire.

Théodore : Dis moi, elle a un sacré palmarès ta copine ! Tu le lui a piqué ?

Elo (honteuse) : Je voulais juste…

Théodore (avec un sourire) : Oui, oui ! (apercevant la photo dans la main d'Elodie) et ça, c'est quoi ?

Il voulut la prendre mais cette fois-ci Elodie réagit plus vite, et la mit dans son dos.

Elo : Une photo de son frère.

Théodore : Oho, t'as des vues sur le frérot de ta meilleure pote ?

Elo (son cœur se serrant) : Non.

Théodore (remettant une mèche de la blonde en place) : Oh allez, tu peux me le dire ma belle, je ne serais pas jaloux tu sais ?

Elodie se détourna de Théodore, une grimace lui déformant le visage.

Elo : Il est mort.

Theodore : Ah ouais ?

Elo : Ouais.

Theodore (les sourcils se fronçant) : Et c'est récent ?

Elo : Non. Bon, qu'est ce que tu veux au juste ?

Theodore : Eh, pas la peine de t'énerver !

Il s'approcha par derrière et la prit dans ses bras.

Theodore : Je venais juste pour un gros calin…

La phrase de trop. La belle Johnson se dégagea d'un coup d'épaule et se retourna, le fusillant du regard.

Elo : J'en ai pas envie. Va voir une de tes p*tes.

Theodore : Eh, mais qu'est ce qui t'arrives ? C'est ça (pointant la photo du doigt) qui te met dans tous tes états ?

Elo : Non, j'en ai juste marre d'être prise pour une…

Theodore : Une ?

Elo : Je sais pas, mais j'en ai marre !

Theodore : Bon, tu sais quoi ? Je repasse quand tu seras moins énervé…

Elo : C'est ça. Au revoir.

Et elle se jeta sur son lit sans plus de cérémonie, se perdant dans la contemplation de la photographie. Dessus, Ben Hardisson, lançait des clins d'œil, et souriait de toutes ses dents.

Theodore (s'asseyant sur le lit) : Bon… si tu m'expliquais simplement ?

Elo (dans un souffle) : Mais qu'est ce que t'en as à foutre ?

Theodore : Et bien, théoriquement, tu es ma copine, donc…

Elo (pouffant) : Oui, en théorie !

Theodore : Qu'est ce qui lui est arrivé à ce gamin ?

Elodie planta ses yeux noisette dans les immenses yeux noirs du jeune homme.

Elo : C'est une histoire… de famille.

Elle se rendit soudain compte que la présence de son présumé copain l'étouffait. Elle n'avait qu'une envie, qu'il disparaisse. Non, réflexion faite, elle avait surtout envie de rejoindre Maria, de lui rendre son agenda, et pourquoi pas, aller se boire un verre ou deux.

Elo : Faut que j'y aille.

Theodore (pris au dépourvu) : Quoi ? Ou ?

Elo (se levant et prenant l'agenda sur le lit voisin) : A ce que je sache, tu ne me dis pas toujours où tu vas, non ?

Elle lui sourit, attrapa sa veste, et s'arrêta sur le pas de la porte.

Elo : Tu vas pas rester dans ma chambre ?

Theodore : J'ai du mal à te suivre Elo. T'es sûr que tu ne veux pas passer la soirée avec moi ? J'ai prévu quelque chose qui devrait te plaire…

Le sourire de la jeune blonde s'agrandit. Enfin, elle sentait le pouvoir de ce garçon mystérieux sur elle s'affaiblir.

Elo : Une autre fois ? (elle lui envoya un baiser dans l'air) A demain, mon cœur.

Et elle le planta là, fière comme un pou.

8h20. La famille Malefoy au complet était réunie à la plus grande table du restaurant, leur plat chaud déjà sur les assiettes. La tension était palpable, et comme Drago l'avait prédit, le repas s'annonçait très pénible.

Narcissa : Alors… je vois que tu as décidé de te couper les cheveux, Jenny, c'est…

Jenny (la coupant) : J'avais envie de changer.

Jessy (entre ses dents) : On se demande pourquoi…

Jenny (entre ses dents) : A ton avis, sale peste.

Jessy : Je te demande pardon ?

Jenny : Tu m'as très bien comprise !

Lucius : Ca suffit, jeunes filles ! On est là pour discuter calmement, et sans insultes !

Drago (soufflant) : Tu vas vite te rendre compte de ton erreur, papa…

Au même moment, Lindsay fit son entrée dans le restaurant, avec une bonne demi-heure de retard. Tout allait pour le mieux. Elle se savait parfaite des pieds à la tête dans sa petite robe noir moulante mais classe et ses talons aiguilles. Oui, elle était canon, et elle allait réduire sa petite assistante en miette. Et par la même occasion, mettre Sirius et Myke Jardens, l'homme qu'elle avait invité, à ses pieds. La soirée s'annonçait des plus juteuses, et c'est d'un pas assuré, qu'elle s'approcha d'une serveuse.

Serveuse : Madame a réservé ?

Lindsay : Oui, table 12.

Serveuse : Bien sûr, suivez-moi. Vos amis sont déjà là.

Vos amis ? Il devait y avoir erreur. Elle s'apprêtait à dire quelque chose quand elle aperçut Myke Jardens, en compagnie de James et –horreur- de Sirius et Haley. Merde. Ca ne faisait carrément pas partie de son plan machiavélique. Mais bordel, qu'est ce que cette fouine de Potter foutait là ?

Ce dernier justement leva la tête, et aperçu l'ancienne aurore. Avec un sourire, il se leva de sa chaise et ouvrit les bras bien grand, l'air parfaitement à l'aise dans le petit restaurant chic.

James : Et voici notre ravissante Lindsay qui nous fait l'honneur de sa présence… avec 20 bonnes minutes de retard.

Lindsay : Qu'est ce que tu fous là ?

James (lui tirant sa chaise) : Oh, ce bon vieux Myke m'a invité…

Lindsay fronça les sourcils et se tourna vers Myke… Myke ? Le beau batteur de ses années de lycée à Poudlard avait bien changé. Toujours aussi musclé, il portait une robe de sorcier… rose pale, et un piercing au nez. M*rde et r*merde. Elle risqua un regard vers Sirius, qui avait l'air sur le point d'éclater de rire, et sentit la colère monter en elle.

Lindsay : Myke, quel plaisir !

Myke : Oh ma jolie, tout le plaisir est pour moi ! Quand on a vu Sirius et sa charmante petite amie, on n'a pu résister à les inviter à notre table. Plus on est de fous, plus on ri, n'est ce pas ? (devant l'expression de Lindsay) Ca ne te dérange pas, j'espère ?

Lindsay (entre ses dents) : Pas du tout.

Sirius : Je sens qu'on va passer une excellente soirée ! (se tournant pour embrasser Haley sur la joue) n'est ce pas ?

Haley (avec un grand sourire) : Certainement ! On prend un apéritif ?

James : Quelle question !

Lindsay : Ca sera whisky pur feu pour moi !

Blaise et Harry se regardaient en silence, dans l'attente de leurs bières au beurre. Mal à l'aise, Blaise tapait du pied, en jetant des regards furtifs vers la serveuse.

Blaise : Hum alors… euh… tu penses que Drago va arriver dans longtemps ?

Harry : Je sais pas. Avec Jenny et Jessy, je pense que non.

Blaise : Ouais…

La porte du bar s'ouvrit sur trois beautés bien connu des deux jeunes hommes et Blaise tendit immédiatement la main pour leur faire signe, un sentiment de soulagement le traversant.

Blaise : Les filles, on est là !

Hermione, Maria et Elodie, les apercevant, se dirigèrent immédiatement vers leur table. Harry se retourna et poussa une exclamation en remarquant sa meilleure amie.

Harry : Mione, c'est toi ?

Hermione : Non, c'est ma jumelle diabolique, idiot !

Elle s'assit à côté de lui et lui claqua une bise sur la joue.

Maria : Ca vous dérange pas d'interrompre votre petite réunion de mec ?

Blaise (précipitamment) : Pas du tout, assis toi, assis toi ! (avec un geste vers la serveuse) S'il vous plait !

Elo : Alors les mecs, on est de nouveaux potes ?

Harry croisa le regard du jeune homme et sourit, alors que la serveuse posait enfin sa chope devant lui. L'attrapant, il s'adressa à la Johnson.

Harry : Faut croire.

Blaise sourit, et leva sa chope dans sa direction. Les deux verres tintèrent, et les sourires des filles s'agrandirent.

Elo : Bon tout ça est très attendrissant, mais j'ai soif ! Ca sera une vodka-pomme pour moi !

Drago s'ennuyait ferme. Depuis une demi-heure, ses parents jouaient à tour de rôle le gentil et le méchant flic (On vous laisse deviner qui était le méchant ^^) et ses sœurs étaient toutes les deux sur le point d'exploser. Attaquant sauvagement leur morceau de viande, elles gardaient la tête baissée, mes leurs yeux lançaient des éclairs. Ca allait barder. Et Drago était persuadé qu'il ne toucherait pas au dessert.

Lucius : Enfin, toute cette histoire peut aller très loin. Vous savez que tante Bellatrix est au courant ? J'ai du faire toute une lettre pour essayer de vous couvrir, mais elle ne sera pas dupe, et c'est très gênant.

Jessy : On s'en fout, on déteste Bellatrix !

Lucius : Et bien justement !

Narcissa : Comment ? C'est votre tante je vous rappelle !

Jenny : C'est une emmerde*se oui !

Narcissa : Jenny !

Lucius : Sur ce point elle n'a pas tort ! Tu as vu sa lettre Narcissa ? On est passé pour des incompétents…

Jessy : Alors c'est pour ça toute cette mascarade ? Vous nous forcer à diner avec vous à cause de ce que Bellatrix peut bien penser de vous ?!

Drago (pensant) : Et voilà, on y arrive ! Elles ont trouvé l'angle d'attaque…

Jenny : Vous êtes encore plus pitoyable que nous !

Lucius : Jenny ! Ton comportement vis-à-vis de ta mère et moi est intolérable ces derniers temps ! Ta colère n'excuse pas tout !

Jenny : Ne change pas de sujet, papa ! Qu'est ce que vous vous attendiez avec ce diner, hein ?

Narcissa : Ecoutez on va simplement…

Serveuse : Avez-vous finit ? Désirez-vous un dessert ?

Drago : Oui. Un…

Jessy (s'esclaffant) : Ils s'attendaient certainement à ce que d'un claquement de doigt, on redevienne une famille « unie » !

Narcissa : Les enfants…

Jenny : Ca ne risque pas d'arriver !

Narcissa : Enfin, tu ne penses pas ce que tu dis ! Vous n'allez pas rester ennemi toute votre vie ?

Jenny : Ce n'est plus ma sœur.

Jessy : Désolée de te contredire, mais on sera toujours sœur, pour le meilleur comme pour le pire !

Drago soupira et lança un regard à la serveuse. Haussant les épaules, il regarda sa montre.

Drago (à la serveuse) : Laissez tomber, revenez plus tard.

Jenny (amorçant un geste pour se lever) : Oui, il a raison, ce diner ne sert à rien.

Lucius : Je t'interdis de te lever, jeune fille !

Jenny croisa le regard de son père, et résigné se rassit.

Jenny : C'est le pire moment de toute ma vie…

Lucius : Vas tu cesser de t'apitoyer sur ton sort, Jenny ! Tu peux en vouloir au monde entier, mais c'est de la rage dépenser inutilement, et c'est indigne…

Jenny : D'une Malefoy, oui, je sais ! Seulement c'est ça, ou toute ma rage se concentre sur Jessy, et je lui en fous une !

Jessy (se levant) : Oh mais te prive pas, vas y ! Je sais que t'en meurs d'envie !

Jenny (se levant à son tour) : Ne me tente pas !

Drago : Ca suffit les filles !

Les deux sœurs se tournèrent vers leur triplé, de la haine dans leur regard.

Drago : Vous êtes ridicule ! Je comprends votre rage, mais, même si c'est mes meilleurs potes, ce ne sont que des mecs. C'est pas comme si vous alliez vous marier ou quoique ce soit. Et c'est peut être encore un peu trop tôt pour que vous compreniez, mais vous vous rendrez compte un jour que votre lien est beaucoup plus fort que tout le reste…

Il se leva.

Drago : Ecoutez, j'ai un autre truc qui m'attend. Papa, maman, désolée, mais ce n'était pas une bonne idée. C'est trop tôt. Alors on va simplement vous laissez terminer le dessert en amoureux. Bonne soirée.

Lucius soupira et regarda ses trois enfants se lever précipitamment, et se dépêcher d'enfiler manteaux et écharpes.

Lucius : Bonne soirée. On se voit demain, en cours.

Lindsay en était à sa troisième flute de champagne, et elle se sentait…bizarrement bien. Certes, Sirius et James étaient toujours ces deux abrutis de charmeurs démodés et Myke avait définitivement préféré les hommes aux femmes- fichant tout son plan en l'air par la même occasion- mais ce n'était pas le grand spectacle de l'amour entre Sirius et Haley auquel elle s'attendait. Au contraire, l'aurore semblait absorbé dans sa conversation et repoussait toutes les tentatives d'Haley pour attirer son attention. Et tout ça lui allait très bien.

James : Ouah, attends, Myke, t'as préféré Edouard Anaury à Samantha Joy ?! Samantha Joy, bordel !

Sirius (secouant la tête) : Tu sais, ce n'était pas un si bon coup que ça…

James (balayant la remarque d'un geste de la main) : Ta-ta-ta, tu peux me dire ça autant de fois que tu veux, Samantha Joy était… comme ma déesse…

Lindsay (haussant un sourcil) : Ah bon ? Je croyais que c'était Lily ?

James, qui allait se resservir une coupe, interrompit son geste et plongea ses yeux bruns dans ceux de la professeur.

James : Oui, Lily l'avait totalement éclipsé de mon esprit, elle c'était… c'était un ange… enfin des fois ! (souriant) Disons que c'était et se sera toujours ma dulcinée !

Lindsay croisa le regard de Sirius qui lui sourit, avant de lancer une grande claque dans le dos de son meilleur ami.

Sirius : Qu'est ce qu'elles nous en ont fait voir ces deux là (montrant du menton Lindsay), elles n'étaient pas faciles, hein ?

James : Ca tu l'as dit !

Myke : Oui en fait, Sirius et Lindsay ? Vous n'étiez pas ensemble à la fin de la 7ème année ?

Dans un même mouvement, els deux interessés parurent soudain fascinés par le contenu de leur assiettes.

Lindsay : M'ouais…

Sirius : M'ouais ?

Lindsay (relevant la tête) : Ouais ?

Myke : Oho, sujet qui fâche, on dirait ?

Sirius : Oh non, on a passé le cap, depuis, n'est pas Lyn' ?

Lindsay : Je…

Haley (exaspérée) : Encore heureux, ça fait combien de temps ? 15, 20 ans ? Ca serait désespérant ! D'ailleurs, vous l'êtes un peu à ressassez le passé comme ça ! A croire que votre présent est moins passionnant !

James : Oula, c'est qu'elle m'a donné un coup de vieux, la petite jeune !

Sirius : Oui, elle frappe dur !

Sirius attrapa la bouteille de champagne dans son récipient, et la brandit devant la table.

Sirius : Buvons un petit coup !

Il servit les verres, vidés par ses assoiffés de compagnons, et leva sa coupe en l'air, un sourire ravageur sur son visage.

Sirius : Au présent !

Les verres tintèrent, et les regards de l'aurore et de la professeur se croisèrent brièvement.

Blaise : Parce que vous aussi vous les avez vu, ces petits c*ns, là ?

Elo (morte de rire) : Blaise, je ne te permets pas ! Ils ont un sens journalistique plutôt… hum… fouineurs, qui me plait plutôt bien !

Blaise (cachant sa bouche avec sa main) : Dit l'emmerdeuse… hum !

Harry : C'est simple Blaise et moi sommes le nouveau couple homo du moment !

Elo : Et Maria, la nympho !

Maria (mettant la tête entre ses mains) : Oulala, tu crois ?

Mione (posant la main sur son épaule) : T'inquiètes, ça va passer ! Suffit que tu te trouves un copain fixe, et tu passeras pour le couple idéal !

Blaise (avec un sourire) : Dit l'experte en la matière !

Drago : Et bien alors, on ne m'attend pas pour boire à ce que je vois ?!

Les cinq acolytes attablés sursautèrent, et sourirent en reconnaissant leur ami. Harry se décala pour lui laisser de la place, mais le jeune homme souleva sa petite amie par la taille et se glissa sous elle pour la caler sur ses genoux.

Drago (appelant la serveuse) : Il va me falloir quelque chose de fort ! Un whisky pur feu s'il vous plait !

Mione : Jenny et Jessy sont rentrées ?

Drago : Ouais, je pensais pas que vous étiez là les filles, désolée…

Maria : Ca fait bizarre sans elles…

Elo : Hum ! Elles ne seraient certainement pas venues de toute façon !

Mione : Ouais… vous ne trouvez pas que ça fait un peu traitre de ne pas les prévenir ?

Drago : Maria a raison, Mione. Elles ont déjà du subir quelque chose de pas très agréable ce soir. On allé pas en rajouter une couche.

Harry et Blaise se regardèrent mal à l'aise avant de baisser la tête. Hermione eut un pauvre sourire et posa sa tête nouvellement blonde sur celle de Drago.

La boisson de celui-ci arriva, et il la prit, la soulevant vers ses amis.

Dray : A un futur meilleur.

Ces amis répliquèrent, les verres tintèrent, et les sourires se dessinèrent sur des visages pensifs. Oui, un avenir meilleur. Chacun l'espérait.