Chapitre 35 : The Islander

P.D.V de Reiji :

_Tu ne penser quand même pas t'en sortir sans punition ?

Kanato ne répond rien, serrant seulement son ours contre lui. Je ne sais vraiment plus quoi faire de lui, il ne pose que des problèmes. À cause de lui, la table de la cuisine est bonne a jeté. Il s'était pourtant calmé ces derniers temps, mais il faut croire que c'est terminé. La question que je me pose maintenant, c'est quelle punition lui donner. Rien ne semble marché avec lui, ni les privations, ni le fouet ou le cachot n'ont d'effet durable pour le discipliné. Si ça continu, je vais finir par demander à notre père de l'envoyer dans un institut psychiatrique.

_Très bien, dis-je en prenant un flacon dans ma poche. Bois.

Mon demi-frère observe le liquide dans le petit flacon qu'il tient maintenant entre ses doigts. Il sait que c'est une potion de mon invention. Pour être plus précis, c'est cette même potion que je voulais faire boire à Yui et Soliana. Pour un être humain, les effets se résume a privé le corps de ses forces pendant plusieurs heures, mais pour un vampire… je n'en sais rien et c'est justement l'occasion de le découvrir. De toute façon, je peux déjà affirmer que ce n'est pas mortel.

_Kanato.

Le violet boit tout d'une gorgée. Je le renvoie dans sa chambre, j'en ai fini avec lui pour cette fois. Reste un dernier problème : Amara. Ruki attend encore de savoir si elle revient ici demain soir ou si elle reste encore au manoir Mukami. Personnellement, je serais heureux que cette sauvage reste là où elle est, mais avec Yui enceinte et Soliana lier à mon bon à rien d'aîné… Il n'y a plus qu'elle pour nous nourrir. Un grondement m'échappe. Ça ne m'arrive presque jamais, mais là je sens mes nerfs et ma patience fondre comme neige au soleil.

_Je ne peux plus rien trouvait de toute façon…

Oui, je suis dans une impasse. Mes recherches ne donneront aucun résultat, ce n'est qu'une perte de temps. Quand j'y repense, à quoi bon savoir ce qu'elle pouvait bien être avant ? Ça ne change rien elle vivra encore quelque temps, et elle finira par mourir un jour ou l'autre. Comme toutes les autres avant elle, si aucun de mes frères ou des Mukami n'en fait sa compagne.


P.D.V de Yuma :

J'ai à peine remplis mon panier qu'Amara en apporte déjà un autre. Ça me fait sourire de la voir comme ça : rayonnante, joyeuse, chantonnant tout en m'aidant avec mon jardin. Plus tôt pendant le petit déjeuné, j'ai dit que les tomates étaient toutes mûrs, et qu'il fallait se dépêcher de toutes les récoltées avant qu'il y ait trop de perte. Amara a littéralement sauté sur l'occasion. Elle adore être dehors.

_Il y en a encore beaucoup Yuma-kun ? Il n'y a presque plus de place dans la cuisine.

_Encore deux pieds et se sera tout.

L'ébène acquiesce en repartant vers la cuisine, sans doute pour répéter la réponse à Ruki. Il va avoir de quoi nous fait de la soupe pendant un moment, surtout quand les carottes seront elles aussi prêtent pour la récolte. Plus les quelques salades et les choux qui ont déjà une belle taille. L'humaine ne tarde pas à revenir avec un autre panier qu'elle commence à remplir. Maintenant que je la regarde en plein jour, je me rends compte à quel point le noir de ses cheveux tranche avec sa peau claire. Même si elle n'est pas aussi pâle que Yui. Normal, dans la nature elle devait vivre de jour comme tous les autres humains. Autre différence, ses muscles plus développés, ce qui rend sa chair plus ferme. Elle n'en garde pas moins une silhouette féminine. Un peu attirante même.

Je secoue la tête. Mais à quoi je pense d'un seul coup ? ! Ok, elle est asse mignonne. Oui, maintenant que je la connais un peu mieux j'ai appris à l'apprécier. Mais de là a imaginé… Stop, je dois penser à autre chose. Mais qu'est-ce qui m'arrive tout de même ? Je ne suis pas un coureur de jupon comme Kou ou un pervers comme l'autre rouquin !

_Yuma-kun ?

Amara me regarde, l'air un peu inquiet. Mes joues sont un peu chaudes, je dois être en train de rougir. C'est vrai qu'il fait un peu chaud avec ce soleil. Je ne m'en suis rendu compte tout de suite, mais ça me donne soif. Oui, un peu de son sang devrait m'aider à avoir les idées claires. Surtout que je n'ai pas bu depuis presque quatre jours. Je me lève, attrape l'humaine par le bras et l'emmène derrière la serre ou je fais mes plantations d'hiver. Elle se débat un peu, mais ne perd pas son calme.

_Reste tranquille, j'ai besoin de boire.

Sans lui laisser le temps de répondre, je mords dans son épaule. Je sens son corps se crisper, puis se détendre légèrement. Son sang coule dans ma gorge comme elle petite rivière chaude, son goût qui me rappel la terre après une averse est un délice. Il y a aussi un arrière-goût boisé, un mélange un peu compliqué à décrire. Le tout m'évoque la forêt, quelque chose de sauvage. Ça colle bien avec son caractère.

_Yuma-kun…

Je retire mes crocs. Mince, je lui en ai un peu trop pris. Je la porte dans ma chambre. J'espère qu'elle ira mieux pour l'école. Mais qu'est-ce qui m'a pris de m'emporter comme ça ? Ruki va encore me passer un savon…

_Hum…

Allonger dans mon canapé, Amara lève son regard vers moi. Je suis assis près d'elle, perdu dans mes pensées. Lentement, elle rampe jusqu'à poser sa tête sur mes genoux. Je passe ma main sur sa joue, enroule ses cheveux autour de mes doigts. L'humaine ferme les yeux, totalement sans méfiance. Depuis quand moi et mes frères somment devenu si… attentionné avec une humaine ? Même pour Eve, nous n'avons jamais été aussi passifs. Si là, tout de suite, je décide de la mordre encore, ou si je voulais m'amuser avec elle, rien ne pourrait m'en empêcher. L'ébène et sans défense avec moi. Elle devrait être plus prudente, même avec nous.


P.D.V de Ruki :

Assis dans le salon, je relis l'un de mes romans préférés. C'est une journée calme et paisible comme je les aime. Ce n'est pas vraiment quelque chose de rare ici, en dehors des heures de repas il n'y a pas beaucoup d'agitation.

_Ruki.

Je lève les yeux vers Azusa, qui se tient devant moi.

_Qu'y a-t-il ?

_Est-ce que… Amara va… repartir ?

Mon frère semble attristé par cette pensée. Moi qui espéré sincèrement qu'il trouverait une compagne en cette humaine. Ils s'entendent à merveille, mais les sentiments de l'ébène ne semblent pas allés au-delà de la simple amitié. Dommage, mais au moins Azusa s'est fait une amie. Avec le temps, peut-être…

_Je n'en sais encore rien. Je dois me mettre d'accord avec Subaru et Reiji ce soir. Mais si elle doit partir ce ne sera pas avant demain soir après les cours.

_D'accord… dit-il doucement.

_Elle reviendra, tu sais. Et tu la verras toujours à l'école.

_Ruki a raison, pas la peine d'être triste, dit Yuma en entrent.

_Un problème ? lui demandais-je.

_Pas vraiment j'ai pris un peu de sang à Amara, et maintenant elle dort.

_J'ose espérer qu'elle sera en forme pour ce soir, dis-je plus sévèrement.

_Oui, ça ira. Le truc c'est qu'elle n'est plus asse méfiante avec aucun de nous. Si elle n'est plus sur ces gardes, ça pourrait lui jouer des tours.

Yuma a parfaitement raison. Il suffirait d'un instant pour que nos instincts l'emportent sur notre raison, et allé savoir ce qui pourrait arriver… La nuit ou Subaru est venue ici, j'ai déjà soupçonné Kou de lui avoir fait des avances plus que poussé. Sa méfiance s'endort. Ce n'est pas une bonne chose.

_J'en parlerais à Subaru, en attendant continuer comme si de rien n'était.


P.D.V d'Ayato :

Yui garde les yeux fixés sur le sol, pendant que Reiji l'occulte. Je ne veux plus la laisser seule avec lui, surtout après ce qu'elle m'a raconté de sa dernière visite ici. Reiji passe son temps à prendre ses mesures et griffonné dans son carnet.

_Viens, lui dit-il.

Yui lui obéi, et s'allonge sur son bureau. L'ébène recommence à prendre des mesures de son ventre.

_Pas de changement, déclare-t-il finalement. Revient quand même demain.

J'aide Yui à ce relevé. Pendant qu'elle se rhabille, je jette un œil sur le bureau de Reiji. Il y a plusieurs livres sur la grossesse chez les femmes humaines, ainsi que sur les femmes vampires. Il a sans doute comparé la vitesse de croissance des deux espèces.

_Ayato ?

Yui m'attend devant la porte. Mais je voudrais m'assurer de quelque chose.

_Vas-y, je te rejoins.

Elle acquiesce, me laissant seule avec mon frère.

_Que veux-tu ? J'ai encore du travail.

_Parle-moi franchement est-ce qu'elle va bien ?

_Oui, pour autant que j'en sache.

_Autant que tu saches ?

Il pousse un soupir de lassitude.

_Les croisements vampire-humaine sont plutôt rares. Et le plus souvent il s'agit de viol, il n'y a donc pas beaucoup de survivantes. Et s'il y en a eu, elles doivent se comptait sur les doigts d'une seule main.

_En clair, tu es incapable de dire si ma compagne et mon bébé vont bien ?

_Ils vont bien, ça je peux te l'assurer. C'est la façon dont l'état de Yui va évoluer qui reste un mystère.

Le silence s'installe. Je ne peux pas m'empêcher de penser que je pourrais perdre Yui. Ou alors, c'est notre bébé qu'il faudra peut-être sacrifié pour qu'elle vive. Et ça, jamais elle ne s'en remettra. À moins que…

_Reiji, tu sais s'il y a déjà eu des vampires nés prématurés ?

_C'est impossible, répond-il aussitôt. Les vampires ne sont pas sujets aux mêmes problèmes que les humaines en matière de grossesse. Pourquoi cette question ?

_Et bien, je pensais… Si le corps de Yui ne supporte plus la grossesse, et si l'enfant est suffisamment développé…

_Tu penses le faire naître prématurément pour les sauvés tous les deux ? Même si s'était possible, rien ne garantit que l'enfant puisse survivre.

_Mais, si des prématurés humains peuvent survivre, alors un vampire le peu aussi. C'est obligé qu'il survive !

_Écoute, nous n'en sommes pas là. Et il y a des chances pour que nous n'y soyons jamais. Pour l'instant, Yui est en parfaite santé. Il lui faut seulement du repos, du calme, et surtout qu'elle arrête de s'inquiéter pour tout et n'importe quoi.

C'est facile à dire pour lui. Il n'a jamais aimé personne. Je quitte son labo pour rejoindre Yui. Je ne veux plus la laisser seule. Elle s'est déjà couchée. Doucement je me glisse sous les draps et l'enlace. Son corps est si chaud contre le mien, ses mains fines caressent mes cheveux et ma joue sont si douce…

_Ma princesse…

Mes lèvres se posent sur son front, mes mains explorent son corps. Je la veux tellement… Mais je m'y refuse, pour le bébé. Peu importe. L'amour, ça ne se résume pas seulement au sexe. Être avec elle et la savoir heureuse et en sécurité me suffit.


P.D.V de Katya :

Mes paupières s'ouvrent doucement. Je suis dans la chambre de Yuma. Il m'a pris un peu trop de sang, j'en ai la tête qui tourne. Mieux vaut rester allongé encore un peu. J'espère être un peu mieux pour les cours, mais c'est pas gagné vu mon état. Les minutes passe en silence. C'est si calme, à croire que je suis seule dans cette grande maison.

La porte s'ouvre enfin. Yuma se penche sur moi. Je lui souris. Le colosse pousse un soupir et prend quelque chose dans un petit bocal de verre posé sur la table base devant le canapé ou je suis allongé. Le vampire pousse doucement le morceau de sucre entre mes lèvres. Je l'accepte volontiers, ça va m'aider à de remettre d'aplomb.

_Tu te sens d'attaque pour l'école ? me demande-t-il.

_Ça devrait aller.

Il m'ébouriffe les cheveux, puis me soulève dans ses bras. Je ferme les yeux, me laissant bercé par le rythme de ses pas. Quand je les rouvre, le vampire entre dans ma chambre.

_Change-toi, on mange dans moins d'un quart d'heure.


P.D.V de Laito :

Main dans la main, moi et Soliana entrons dans le hall de l'école. La journée a été éprouvante pour elle. Revoir son père et lui parlé lui a fait du bien, mais en même temps je pouvais sentir d'elle était nerveuse. Il lui a dit à quel point il regrettait de l'avoir fait souffrir, qu'il ne se pardonnait pas d'avoir été aussi aveugle. Comme je m'y attendais, Soliana lui avait tout pardonné. Quant à moi, je me suis fait aussi discret que possible.

Dans les couloirs, des élèves nous regardent passé. Parmi eux, il y a d'autres vampires. Nous sommes une trentaine au total dans toute l'école. À tous, je leur adresse un regard d'avertissement. Même si en temps normal, ils gardent leurs distances avec moi et mes frères, une petite mise en garde ne fait pas de mal. Soliana doit elle aussi sentir les regards sur nous, car je la sens se coller un peu plus contre moi. Après l'altercation qu'elle a eue avec Amara et les fans-girls de Kou, je ne peux pas lui reprocher d'avoir peur. Heureusement que ma petite sauvage ne s'est pas laissé faire.


P.D.V de Subaru :

La voiture s'arrête devant l'école. Ayato et Yui en sortent les premiers. Tout le monde les suies, sauf Kanato.

_Oi, tu sors ?

Je ne sais même pas pourquoi je m'en préoccupe. Ce que mes demi-frères font ou non ne me regarde pas, et ce que je fais ne les concerne pas non plus. Sans un mot, le violet fini par quitter son siège. Il n'a pas l'air comme d'habitude. Il a sens doute eut des ennuis avec Reiji à cause de la table. Il fallait s'y attendre.

Au moment où je m'éloigne de véhicule, la voiture des Mukami arrive. La portière s'ouvre sur Ruki, suivi de ses frères et d'Amara. L'humaine vient aussitôt vers moi, sourient doucement. L'aîné des Mukami la suie, pendant que les trois autres s'éloignent vers le bâtiment.

_Bonsoir Subaru, dit tranquillement Ruki.

Je le salue d'un signe de tête. Il va sans doute me demander si Amara repart avec nous demain ou non. Je préfère attendre qu'Amara ne soit pas là quand nous en discuterons. Si elle découvre que Reiji a fait des recherches sur elle, elle va probablement croire que qu'il veut encore se débarrasser qu'elle, paniqué peut-être…

Après une brève étreinte, l'ébène part rejoindre Azusa, qui l'attend dans l'entrée.

_Tu sais sans doute déjà ce que je vais te demander, dit Ruki.

_Reiji a totalement renoncé à ses recherches sur elle. La garde partagée peu reprendre.

_Finalement, ça ne change rien. Mais au moins maintenant elle va pouvoir faire une croix définitive sur son passé.

_Elle a encore eu des cauchemars ?

_Non, plus depuis le soir où tu l'as vu.

_Autre chose ? demandais-je en voyant qu'il ne part pas.

_Oui, je ne sais pas si c'est vraiment important, mais d'après Yuma elle n'a plus la moindre crainte pour aucun de nous. Il pense que cela pourrait être une mauvaise chose qu'elle ne soit plus sur ses gardes. Même si ne crains rien avec nous.