Bonjour,

Voici le 36ème chapitre ! Nouvelle scène de sexe !

Mille merci à toutes les personnes qui me lisent, m'écrivent, m'éncouragent ...

Bonne lecture et à jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

I'd do anything for love de Meat Loaf

Chapitre 36 : Nouvelle chance

« Plutôt qu'attendre un coup de chance, crée ta propre chance »

Anonyme

Dean n'avait jamais réellement eu d'ambition. Professionnellement parlant principalement. Mais pour le reste également. Il avait une seule philosophie de vie. Prendre ce que la vie lui donnait et ne jamais chercher à obtenir plus. Ne pas tenter le destin. Se servir des maigres dons qu'il possédait pour gagner suffisamment bien sa vie et ne pas avoir à dépendre des autres.

Bien sûr, cela l'avait conduit à boire pour oublier et se droguer pour ressentir quelque chose. Mais il avait un travail qu'il aimait. Et pour lequel, il était bon. C'était plus que ce que la majorité des gens avait. Il n'avait pas le droit de se plaindre.

Cela ne l'empêchait pas d'avoir des rêves. Il ne leur laissait simplement pas la parole. N'y pensait jamais. Et ne les confiait surtout à personne. Les rêves étaient dangereux. Surtout quand ils étaient inaccessibles. On finissait par être inévitablement déçu. Et pour quelqu'un comme Dean, un échec était insurmontable.

Le jeune homme n'ignorait pourtant pas qu'il avait souvent songé à ce qu'il pourrait faire d'autre. Être tatoueur lui plaisait. Il n'avait pas l'intention de changer de carrière. Mais se voir reconnaître. Entendre quelqu'un lui dire qu'il avait suffisamment de talent pour qu'on l'expose était un désir caché qu'il commençait tout juste à admettre. Il avait fallu que Castiel lui lance le défi de proposer ses dessins à une galerie cherchant de nouveaux artistes pour qu'il l'admette enfin. Il avait peur d'être rejeté. Il avait peur qu'on lui dise qu'il n'était pas suffisamment doué. Qu'il n'avait aucun talent particulier. Mais avec Castiel à ses côtés, il se sentait assez fort pour tenter sa chance.

Alors quand il reçut le coup de fil de la galerie à laquelle il avait envoyé son book, il n'hésita pas une seconde à demander à Castiel de l'accompagner. Il ne pourrait jamais le faire seul. Il avait besoin du soutien de son ami.

Il était toutefois terrifié à l'idée d'échouer. Il n'avait pas parlé de son projet à qui que ce soit d'autre qu'à Castiel. Sam aurait été trop enthousiaste et Dean ne voulait pas le décevoir. Benny aurait demandé à voir quels dessins il avait envoyé. Jesse … Dean ne l'avait plus contacté depuis leur dispute. Dean aurait adoré pouvoir lui en parler. Il savait que son ami aurait été un soutien précieux au même titre que Castiel. Mais il ne lui avait pas encore pardonné. Il n'était pas sûr de pouvoir le faire un jour. Il dut donc se résigner à ne pas le tenir au courant.

Le jour du rendez vous, il passa chercher Castiel chez lui. La galerie était à Brooklyn, dans un de ces quartiers à la mode que Dean détestait. Les boutiques qui l'entouraient étaient luxueuses et fréquentées uniquement par des gens dont les revenus mensuels correspondaient probablement à ce que Dean gagnait sur une année.

Le jeune homme avait peur de sortir du lot en arrivant. Jusque là, il s'était toujours fichu d'être remarqué. D'être pointé du doigt. Il savait que son apparence choquait certaines personnes. Qu'on le cataloguait uniquement parce qu'il était tatoué. Il l'assumait et avait fini par faire de son look une arme pour déterminer si les gens méritaient ou non son attention.

Cette fois, la situation était toutefois différente. Il n'était pas question d'être jugé sur ce qu'il était. C'était son travail qu'on avait étudié. Son travail qu'on allait évalué. Et il voulait que les gens ne se concentrent que sur ses dessins. Il ne voulait surtout pas qu'on puisse se servir de son apparence pour le rejeter. Il voulait une réponse honnête sur ce qu'il avait donné. Pas une réaction conditionnée sur ce à quoi il ressemblait. Il aurait voulu pouvoir se fondre dans la masse. Même s'il savait que c'était impossible.

Il fut donc surpris quand personne ne le regarda avec méfiance à son entrée dans la galerie. Il y avait quelques personnes occupées à observer les œuvres exposées sur les murs. Certaines avaient des tatouages. Et même si tous levèrent les yeux à son entrée, aucune ne lui prêta plus de quelques secondes d'attention. Et c'était une grande première pour lui.

Il s'avança dans la galerie en observant les œuvres accrochées autour de lui. Castiel se tenait à sa droite, leurs bras se touchant à chacun de leurs pas.

Après quelques minutes sans que rien ne se passe, une jeune femme s'approcha d'eux. Elle était souriante et, à la grande surprise de Dean, portait seulement un jean et un tee shirt. Il avait pensé que les employés étaient tenus de porter quelque chose de plus habillé. Mais l'endroit semblait décontracté. Il en fut considérablement soulagé.

- Hé bonjour, je suis Jo. Bienvenue chez moi ou plutôt bienvenue dans ma galerie. Techniquement c'est celle de ma mère mais puisque c'est moi qui la gère, je suppose que je peux dire qu'elle est un peu à moi aussi non ? Vous êtes Dean n'est ce pas ?

Dean ne répondit pas immédiatement, surpris par le comportement de son interlocutrice. Elle était objectivement très jolie et visiblement sympathique. Dean était presque sûr qu'ils pourraient s'entendre. Bien sûr, ce ne serait le cas que si Jo ne l'avait pas fait venir pour lui dire qu'il n'avait aucun talent. Il doutait d'avoir envie de la revoir si c'était le cas.

- C'est Dean, confirma finalement Castiel quand quelques secondes furent écoulées. Et je suis Castiel, un ami.

Jo hocha la tête puis leur fit signe de la suivre. Elle recommença à leur parler dès qu'ils se furent mis en marche derrière elle.

- Je suis contente que vous soyez venus … j'ai tellement de choses à vous dire mais … je pense que je devrais probablement commencer par le commencement. J'ai adoré votre book. J'ai adoré vos dessins et franchement … cela faisait un moment que je n'avais pas ressenti quelque chose d'aussi fort en observant l'œuvre de quelqu'un.

Dean s'immobilisa alors. Pendant une seconde, il ne put s'empêcher de se demander s'il avait bien entendu. S'il n'avait pas eu une sorte d'hallucination auditive. Parce qu'il lui semblait totalement improbable qu'on puisse réagir de la sorte en regardant ses dessins.

- Dean ? L'appela Castiel quand il s'aperçut qu'il ne les suivait plus.

Jo fit volte face à son tour et le dévisagea une seconde en fronçant les sourcils.

- Ça a l'air de vous surprendre, constata t-elle.

C'était un bien faible mot. Il était totalement sidéré par ce qu'il entendait. Par l'enthousiasme évident de Jo. Jamais avant son travail n'avait provoqué une telle réaction. Il recevait des compliments de la part de ses clients. Mais la plupart du temps, il se contentait de suivre leurs instructions. Cette fois, il s'agissait d'œuvres originales. D'un travail qu'il avait réalisé en suivant uniquement son inspiration. Il n'avait aucune idée de la façon dont il devait réagir.

- Vous ne devriez pas être aussi surpris. Vous êtes incroyablement talentueux. Peut être une des personnes les plus talentueuses qu'il m'ait été données de rencontrer depuis que je fais ce métier. Je ne dis pas ça à la légère Dean. Je ne cherche pas à vous faire plaisir. Je vous dis uniquement ce que je pense.

Jo semblait sincère. Mais Dean avait tout de même du mal à la croire. Il ne voyait pas l'intérêt qu'elle pourrait avoir à lui mentir. Il restait toutefois méfiant.

- Je suis juste … je ne comprends pas bien ce que vous pouvez trouver d'aussi exceptionnel à mon travail. Je suis un simple amateur et je … je tatoue mais je ne suis pas un artiste. Du moins pas comme tous ceux que vous exposez ici.

Jo croisa ses bras sur sa poitrine et pendant une seconde, Dean eut la sensation qu'elle allait le sermonner. Elle ressemblait à une mère prête à réprimander un enfant désobéissant. Ça aurait pu être drôle si Dean n'avait pas été autant stressé.

- C'est là que vous vous trompez Dean. Être exposé ici ne fait pas de quelqu'un un artiste et … ne pas être exposé où que ce soit ne signifie pas qu'on n'en est pas un pour autant. Il existe des centaines de personnes dans cette ville qui ont une âme d'artiste et qui ne seront jamais exposés simplement parce qu'ils n'ont pas eu la chance de trouver la personne qui leur donnera leur chance.

- Mais je … mes dessins sont … commença Dean, déterminé à contredire la jeune femme.

- Magnifiques. Touchants. Incroyables, le coupa Jo aussitôt. Ils sont le reflet de ce que vous ressentez et c'est … les regarder, c'était comme avoir un aperçu de ce qui se cache à l'intérieur de vous. C'est comme voir votre âme. J'ai été bouleversé Dean. Ce ne sont pas des paroles en l'air. J'ai été totalement bouleversée en les voyant et j'aimerais vraiment que vous puissiez me croire.

Dean ne voyait pas quoi redire à tout cela. Il était surpris de voir combien Jo semblait réellement bouleversée en parlant de ses dessins. Il n'avait jamais pensé les montrer à quelqu'un. Ils étaient personnels. Il les avait faits avant tout pour se libérer d'un poids. Pour se vider la tête. Dans un coin de son esprit, il avait bien sûr toujours espéré que le jour où quelqu'un poserait le regard sur eux, il obtiendrait une réaction équivalente. Jo venait de lui offrir tout ce dont il avait toujours secrètement rêvé. Il avait un peu de mal à le croire.

- Dean ? L'appela alors Castiel, visiblement inquiet de son silence.

Dean tourna le visage vers lui et lui adressa un petit sourire. Il était peut être temps pour lui d'accepter que de bonnes choses lui arrivent. Qu'il avait enfin une chance de faire quelque chose de plus. Il ne renoncerait pas à son travail. Il l'aimait trop pour ça. Mais cela ne l'empêchait pas de faire autre chose à côté.

- Je … je suis juste surpris. Je ne pensais pas … je n'ai jamais imaginé que mes dessins vous plairaient et … je n'aurais même pas pensé à vous les envoyer sans Cas. C'est … c'est beaucoup et ...je vais sans doute avoir besoin d'un peu de temps pour l'assimiler.

Jo sourit à son tour alors que Castiel posait la main sur son épaule. Il semblait avoir compris le message que Dean tentait de lui faire passer. Car c'était avant tout lui qu'il cherchait à remercier. Il espérait que Castiel l'avait compris. Il se promit de le lui répéter encore et encore quand ils seraient seuls. Il n'aurait rien pu accomplir sans l'aide de son ami. Il en était conscient.

- Nous allons vous laisser le temps nécessaire Dean. Mais nous tenons à vous exposer. Vous choisirez les dessins que vous souhaitez montrer et je peux vous garantir que je ne prendrais pas cette décision à votre place. L'annonce parlait d'une exposition de plusieurs artistes mais après avoir vu votre travail, je veux que vous soyez le seul. Et j'aimerais que vous soyez présent pour parler de vos dessins avec les personnes qui viendront les admirer.

Dean fronça les sourcils. Il n'avait pas envisagé jusque là qu'il serait présent le soir de son exposition. Il avait imaginé qu'il confierait ses dessins à la galerie et qu'il aurait un compte rendu succin ensuite. L'idée de parler avec des inconnus d'œuvres qui étaient extrêmement personnelles le mettait mal à l'aise. Bien sûr, il ne laisserait pas cette chance lui échapper pour si peu. Il allait prendre sur lui. Et il pouvait compter sur Castiel pour le soutenir.

- Vous ne croyez pas que vos clients risquent d'être … disons légèrement gênés par mon apparence et mon look ?

Jo l'observa alors des pieds à la tête avant d'hausser les épaules.

- Et pourquoi donc ? Parce que vous êtes séduisant ? Je pense qu'ils pourront passer outre.

C'était dit sur le ton de la plaisanterie mais Dean n'avait définitivement pas envie de rire. Il était réellement inquiet. Pour la première fois depuis longtemps, il avait vraiment peur qu'on ne l'accepte pas. Il assumait pleinement son apparence. Mais il savait qu'elle risquait de poser problème dans le monde où il se préparait à évoluer.

- Ok d'accord euh … merci pour le compliment je suppose mais … ce n'est pas ce que j'entendais par là et …

Jo leva alors la main dans sa direction et lui fit signe de se taire. Dean lui obéit aussitôt. Il aurait probablement du être surpris par l'autorité que la jeune femme avait sur lui. Ils ne se connaissaient pas et Dean n'était pas du genre à se laisser impressionner facilement. Mais Jo semblait être le genre de femme à toujours obtenir ce qu'elle désirait. Et à faire tout ce qui était nécessaire pour y arriver. Dean respectait ce genre de personnes. De surcroît, il la trouvait impressionnante.

- Je sais ce que vous entendez par là Dean. Mais croyez moi, votre look ne pose aucun problème. Si ça tenait qu'à moi, je vous ferais venir en caleçon pour que les gens puissent voir les œuvres que vous avez sur le corps mais je ne voudrais pas causer d'émeutes et je pense que votre petit ami ne serait probablement pas d'accord.

- Ce n'est pas … commença aussitôt Dean car il était important que Jo ne se fasse pas de fausses idées.

Jo leva à nouveau la main dans sa direction et le jeune homme se tut sans hésiter.

- Je m'en fiche. Mais c'est l'image que vous donnez et … écoutez Dean, je me fiche de votre apparence, je me fiche de votre look et je me fiche de ce que vous faites dans votre vie privée. La seule chose qui compte pour moi, ce sont vos dessins. Et il en ira de même pour toutes les personnes qui viendront les admirer.

Dean hocha finalement la tête. Il n'était pas totalement sûr de la croire mais il n'avait pas non plus envie de la contredire. Il ne voulait surtout pas prendre cette chance parce qu'il était trop têtu pour admettre qu'il avait eu tort. Il gérerait le problème s'il y était confronté. Il était inutile de s'en faire autant avant.

- Très bien, accepta t-il alors. Je … qu'est-ce que je dois faire maintenant ?

Jo sourit de plus belle puis leur fit à nouveau signe de la suivre. Ils remontèrent un couloir avant de pénétrer dans ce qui était très certainement le bureau de la jeune femme. L'endroit était encombré par des piles de documents et des cadres qui avaient été posés à droite et à gauche. Dean s'assit dans la chaise que Jo lui indiquait. Presque aussitôt, Castiel prit place à côté de lui.

- Pour commencer, je veux vous montrer les dessins que j'ai préférés. Je veux que vous me parliez d'eux et ensuite, que vous me disiez la façon dont vous envisagez votre exposition. Et puis, parce qu'on ne peut pas y échapper même si on aimerait, je vous ferais signer un contrat. Je tiens à vous rassurer tout de suite. Il est classique et ne contient rien que je ne vous aurais pas expliqué au préalable. Mais nous l'étudierons ensemble bien sûr.

Dean acquiesça à nouveau. Jo fouilla alors dans la pile de documents sur son bureau et en ressortit le book qu'il lui avait envoyé.

Ils passèrent les deux heures suivantes à discuter de son travail, de son exposition et de l'art en général. Dean fut ravi d'apprendre que Jo et lui avaient des goûts en commun. Qu'ils partageaient la même vision de l'art. La jeune femme était intelligente, brillante et extrêmement drôle. Dean était à présent convaincu qu'ils pourraient être amis.

Après avoir discuté du contrat et une fois sa signature apposé en bas du document, Jo les raccompagna à la sortie de la galerie en promettant à Dean de le rappeler. Le jeune homme accepta la bise qu'elle déposa sur sa joue. Quand elle fut partie, il se tourna vers Castiel et le prit aussitôt dans ses bras.

- Oh euh … qu'est-ce qui me vaut cet honneur ? Demanda t-il alors.

Dean rit une seconde dans son cou. Castiel était définitivement incroyable. Il ne posait pas cette question uniquement pour s'entendre dire que tout était arrivé grâce à lui. Pour entendre des louanges. Il était réellement surpris de voir que Dean lui était reconnaissant de ce qu'il avait fait. Il avait passé trop de temps seul pour avoir appris à accepter qu'on le remercie.

- T'es génial tu le sais. Ne change surtout jamais, souffla finalement Dean sans s'écarter de lui.

Castiel le lui promit alors aussitôt. Puis après quelques secondes durant lesquelles le jeune homme savoura la proximité avec son ami, il finit par reculer pour pouvoir le regarder dans les yeux.

- Merci de m'avoir forcé à le faire Cas … tu ne t'en rends sans doute pas compte mais je n'aurais pas pu y arriver sans toi. Je n'aurais même jamais imaginé en être capable si tu ne m'avais pas forcé la main. Tu … je te dois tellement déjà et … la liste ne fait que s'allonger jour après jour. Je ne sais même pas comment je pourrais un jour te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi.

Castiel posa alors ses mains sur les joues de Dean. Ce dernier crut pendant une seconde qu'il allait l'embrasser. Mais son ami se contenta de presser son front contre le sien dans un geste qui était devenu commun entre eux. Comme à chaque fois, Dean ferma les yeux quand ils furent l'un contre l'autre.

- Tu ne me dois rien Dean. Et avant que tu ne protestes parce que je sais que tu vas le faire … tu le fais toujours … je vais te rappeler que tu m'as apporté énormément toi aussi et que tu sembles ne pas le prendre en compte.

Dean se força alors à ne rien dire. C'était un réflexe chez lui. A chaque fois qu'on lui tenait de tels propos, il s'empressait de dire que c'était normal. Qu'il n'avait rien fait d'exceptionnel. Que c'était son rôle de s'assurer que les autres allaient bien. Il commençait toutefois à comprendre que ce n'était pas une réaction normale. Il devait apprendre à accepter les propos de ce genre. Il était temps pour lui d'entamer ce travail sur lui même.

- Je ne veux pas qu'il y ait de liste. Je ne veux pas qu'on commence à comparer les choses que tu m'as apporté et celles que je t'ai apporté moi. On ne tombera jamais d'accord. Et puis ce n'est pas comme ça que ça fonctionne entre amis non ? On ne tient pas de comptes. On donne et on reçoit. On ne réfléchit pas au reste.

Castiel était incroyablement lucide pour quelqu'un qui n'avait jamais eu un ami avant Dean. Le jeune homme aimait à penser que c'était en partie grâce à lui qu'il avait pris conscience de ces choses. Il choisit toutefois de ne pas poser la question. Ça n'avait pas tant d'importance en fin de compte.

- Tu sais … mis à part Sammy et … Jesse … personne n'avait jamais réellement cru en moi jusque là. Ça compte et je voulais que tu le saches.

Castiel recula finalement son visage et déposa un rapide baiser sur le front de Dean. Ce dernier prit ensuite une grande inspiration avant de rouvrir les yeux.

- Et personne avant toi ne m'avait porté le moindre intérêt … personne mis à part mon frère et encore … c'était avant qu'il ne prenne la fuite il y a dix sept ans. Tu m'as sauvé la vie Dean. Moi aussi je veux que tu le saches.

Dean détourna alors le regard. Il savait bien que son ami ne lui disait pas ça pour le mettre mal à l'aise. Il se contentait de lui ouvrir son cœur. Et Dean savait également qu'il n'exagérait pas. Il était sincère. Il avait toutefois du mal à l'entendre sans rougir comme un idiot. Il était peut être temps pour lui de changer de sujet de conversation. A ce rythme, il allait finir par se ridiculiser totalement.

- Tu vas venir avec moi n'est-ce pas ? Je veux dire … tu seras là le soir de l'exposition ?

- Bien sûr que je serais là, assura Castiel en souriant.

- Même si les gens en déduisent qu'on est un couple … comme Jo l'a pensé en nous envoyant ?

Castiel haussa alors les épaules. Dean devait reconnaître qu'il avait été surpris que la jeune femme tire aussi facilement des conclusions de la présence de Castiel au rendez vous. Il s'était pourtant présenté comme un ami de Dean en arrivant. Jo s'était toutefois faite des idées. Elle avait ensuite laissé sous entendre qu'ils se conduisaient comme un couple. Ou qu'ils donnaient l'impression d'en être un. Et si une petite partie de Dean aimait l'idée qu'on puisse les penser ensemble, il avait également peur que cela pousse Castiel à prendre ses distances. Ou même à fuir pour éviter cela.

- Je veux dire … je pourrais comprendre que cela te gêne … et pas uniquement parce que tu apprends tout juste à assumer tes choix de vie mais aussi parce que … enfin parce que c'est moi, conclut Dean en détournant le regard.

Il était convaincu que Castiel l'appréciait. Il n'avait aucun doute sur la force de leur amitié. Mais être pris pour son petit ami était différent. Castiel finirait par rencontrer l'homme avec qui il ferait sa vie. Et il pouvait parfaitement redouter que la chance lui file entre les doigts tant que Dean serait à ses côtés. Il ne voulait surtout pas lui faire courir ce risque. Il ne voulait pas non plus le perdre. Il était prêt à tout accepter pour que son ami reste à ses côtés tout en restant clairement libre pour une rencontre. Il était prêt à renoncer à leur arrangement. Prêt à ne plus le toucher en public.

- Parce que c'est toi ? Répéta Castiel, visiblement perdu.

- Moi oui … je ne suis pas … enfin je ne suis clairement pas ton petit ami et tu aurais le droit d'aspirer à mieux … tu dois aspirer à mieux. Tu … je ne sais pas vraiment comment l'expliquer. Je ne suis pas le petit ami idéal et je pourrais comprendre que cela te gêne que les gens puissent penser que tu es avec moi.

- Dean, je savais que tu étais un idiot mais je ne pensais pas que tu pouvais être stupide à ce point.

Pendant une seconde, Dean fut sûr que Castiel allait lui dire qu'il en avait assez. Il l'accepterait aussi bien sûr. Il s'était promis de faire passer les intérêts de son ami avant les siens.

- Je suis désolé Cas … je vais prendre mes distances, assura t-il en reculant d'un pas.

Quiconque ne le connaissait aurait sans doute été surpris de le voir reculer aussitôt d'un pas. De se soumettre ainsi à la décision d'un autre sans même se battre. Mais Dean avait toujours agi ainsi pour les gens qu'il aimait. Il ne se laissait pas faire par les inconnus ou par les gens qui ne comptaient pas vraiment à ses yeux. Mais pour sa famille et ses proches, il était prêt à tout. Il faisait ce qu'on lui demandait. Il se sacrifiait volontiers pour eux. Même quand ils lui avaient fait du mal par le passé comme John. Dean n'en avait pas honte. Il avait été élevé ainsi et il l'avait accepté depuis.

- Dean, stop, lança alors Castiel en l'attrapant par le bras pour l'empêcher de mettre plus de distance entre eux.

Le jeune homme leva alors à nouveau les yeux vers lui. Il n'était pas en colère. Il ne semblait pas prêt à s'emporter. Mais il était clairement blessé. Et Dean en était responsable. C'était l'histoire de sa vie. Même quand il pensait faire les choses bien, il finissait toujours par commettre une erreur en chemin. Et c'était les autres qui en payaient inévitablement les conséquences.

- Dean, tu fais fausse route. Et franchement, je ne sais plus comment te dire les choses pour que tu les comprennes mais si je dois le faire encore et encore, alors je le ferais jusqu'à ce que ça entre enfin dans ton crâne.

Ils étaient toujours devant la galerie et les gens allaient et venaient autour d'eux. Certains semblaient curieux et les écoutaient avec plus ou moins de discrétion. Ce n'était définitivement pas le bon endroit pour cette discussion. Castiel sembla en prendre conscience aussi puisqu'il entraîna le jeune homme dans une impasse et ne s'arrêta que lorsqu'ils furent à l'abri du regard des gens. Juste derrière une énorme benne qui les cachait entièrement de tout et de tout le monde. Dean se retrouva rapidement le dos contre le mur du bâtiment derrière lui, Castiel à quelques centimètres de lui. Il lui tenait toujours le bras. Et il ne semblait pas prêt à le lâcher.

- Premièrement, je me fiche de ce que les gens pensent de moi ou de nous d'ailleurs. Et tu devrais en faire autant. Je suis surpris que ce ne soit pas le cas d'ailleurs car c'est toi qui m'as appris qu'on ne devait pas faire attention à ce que des inconnus peuvent dire de nous. Que la seule chose qui compte c'est d'assumer ce que nous sommes et vivre en accord avec ce qu'on pense et ce qu'on aime. C'est grâce à toi que je suis enfin capable de le faire et en cela, tu es mon modèle alors … s'il te plaît ne change surtout pas.

Dean ouvrit la bouche pour protester. Pour dire à Castiel que tout ce qu'il avait accompli jusque là, il le devait uniquement à lui même. Qu'il avait réussi parce qu'il était courageux et fort. Parce qu'il était capable de tout. Mais Castiel ne lui en laissa pas l'occasion et appuya sa main contre sa bouche pour l'obliger à se taire.

- Deuxièmement, je ne vois pas pourquoi j'aurais honte qu'on puisse nous penser en couple. Je t'aime beaucoup Dean … tu es mon meilleur ami. Tu es la personne qui m'a sauvé la vie et j'aurais de la chance d'être en couple avec toi … je suis honoré qu'on puisse croire que tu m'as jugé digne de toi. J'aimerais avoir ne serait ce que le quart de ta force et de ton courage. Et que les gens puissent juste … qu'ils puissent penser que tu m'as choisi, cela m'aide à croire que j'ai enfin réussi à être un homme bien … un homme qu'on peut aimer et … surtout un homme qui peut être aimé par quelqu'un d'aussi exceptionnel que toi.

Une nouvelle fois, Dean aurait aimé protester mais Castiel n'en avait pas fini avec lui. Il ne chercha donc pas à se défaire de son étreinte.

- Et troisièmement, tu n'as pas idée de ce que tes proches pensent de toi. Tu n'as pas idée à quel point on t'aime tous. Tu es un modèle pour moi et pour Sam. Tu es … Dean, je ne comprends comment tu peux avoir aussi peu d'estime pour toi même. Je suppose que ça a quelque chose à voir avec ce que ton père t'a dit quand tu grandissais. Et honnêtement, je le déteste pour ça mais … peu importe. Ce n'est pas important. Ce que tu dois comprendre c'est que tous les gens qui te connaissent savent que tu es quelqu'un de bien. Tu es courageux. Tu es fort. Tu es intelligent et drôle. Et tu es généreux. Tu donnes sans compter. Tu fais passer les autres avant toi et tu es capable de tout pour protéger les gens que tu aimes. C'est pour ça que je t'adore. Pour ça et aussi parce que sans toi je serais mort depuis plusieurs mois. Et je me souviens de ce que tu m'as dit à notre rencontre et le soir où on observait les étoiles. Tu l'as fait avant tout pour toi. Sauf que je sais aujourd'hui que c'est faux. Je sais qu'au plus profond de toi, tu as toujours agi en ayant mes intérêts en tête avant tout. Tu n'as jamais été égoïste. Tu n'en es pas capable. Et s'il faut que je te le dise chaque jour jusqu'à la fin de ta vie alors je le ferais. Sans hésiter. Parce que je te le dois bien.

Castiel retira alors sa main de sa bouche mais Dean n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit. Car son ami la remplaça presque aussitôt par ses lèvres. Ce n'était peut être pas le meilleur moment pour un baiser. Ce n'était pas vraiment dans les limites de leur arrangement. Mais il s'en contrefichait. Il en avait besoin. Il avait toujours du mal à croire ce qu'on lui disait. Mais les gestes … ils ne mentaient jamais. Parfois, il doutait de l'affection de Sam. Mais pas quand son frère le prenait dans ses bras et le serrait contre lui. Il lui arrivait également de ne pas réellement croire qu'il avait quelque chose à apporter à Castiel même quand son ami le lui disait aussi clairement que quelques secondes plus tôt. Mais il ne doutait pas de son affection quand il l'embrassait comme si sa vie en dépendait.

Il se laissa donc embrasser et après quelques secondes, quand Castiel eut relâché son bras, il passa les siens autour de sa taille et le força à se serrer contre lui. Leur langues se trouvèrent facilement. Et quand ils se séparèrent, ils étaient tous les deux à bout de souffle.

Dean ne voulait toutefois pas en rester là. Et bien sûr, il n'avait pas oublié qu'ils étaient dans une impasse et que bien que camouflés par une énorme benne, il prenaient toutefois le risque d'être vus. Il savait que s'il proposait à Castiel de le raccompagner chez lui, il se laisserait à nouveau envahir par ses doutes et ses peurs. Il avait besoin d'être rassuré. Et il en avait besoin maintenant.

Il repoussa donc Castiel des deux mains et entreprit ensuite de défaire sa ceinture et de baisser son jean et son caleçon le long de ses jambes.

- Dean ? Demanda son ami presque aussitôt.

Le jeune homme n'avait jamais réellement fait quoi que ce soit d'aussi dingue. La seule fois où il avait couché avec un homme dans un endroit public, ils étaient dans les toilettes pour hommes d'un bar. C'était risqué mais la serrure leur offrait une certaine sécurité. Ici, c'était différent. On pouvait les surprendre. Dean devait reconnaître que cela l'excitait plus encore. Il avait un côté exhibitionniste. Il l'avait toujours su. Il espérait juste que Castiel serait partant lui aussi.

- On pourrait nous surprendre, rappela son ami alors que Dean lui tournait le dos, se penchait en avant et se baissait pour s'exposer suffisamment.

Il appuya ses mains sur le mur devant lui et laissa sa tête pendre entre ses bras. Il savait que c'était un pas énorme à franchir pour son ami. Si toutefois, il refusait, il ne le forcerait pas. Mais il en avait envie.

- On va devoir être silencieux, répliqua t-il.

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée, jeta ensuite Castiel.

Dean allait tenter d'argumenter mais il en fut empêché quand il entendit son ami détacher sa ceinture et baisser la braguette de son jean. Il se mordilla la lèvre une seconde et ferma les yeux. Quand il sentit un doigt à peine humide pénétrer doucement en lui, il ravala difficilement son gémissement.

- Je ne veux pas te faire mal, protesta Castiel dans son dos.

Il continua toutefois à faire aller et venir son doigt à l'intérieur de Dean et ce dernier choisit donc de ne rien dire. Son silence sembla rassurer Castiel puisqu'il ajouta rapidement un seconde doigt. Il allait devoir faire vite. La préparation resterait minimale. Mais Dean avait suffisamment d'expérience pour que la douleur ne soit pas trop importante.

Après quelques secondes, Castiel retira ses doigts de son corps. Dean se força à prendre de longues et profondes inspirations. Il rouvrit les yeux quand il sentit le sexe de Castiel presser contre lui puis le pénétrer doucement. Il se pencha un peu plus en avant pour lui faciliter la tâche et se mordit la lèvre aussi fort que possible pour ne pas crier.

La pénétration sembla durer une éternité. Mais une fois complètement à l'intérieur de lui, Castiel attendit quelques secondes pour laisser au corps de Dean le temps de s'habituer. Ce fut au jeune homme de lui donner le feu vert en bougeant doucement les hanches.

La douleur était inévitable et cuisante. Mais elle disparut rapidement quand Castiel effleura sa prostate. Il oublia tout quand son ami commença enfin à aller et venir en lui un peu plus vite. Il réussit à retenir ses gémissements et ses cris. Castiel était également silencieux derrière lui. Il avait attrapé les hanches de Dean pour diriger ses mouvements et garder le jeune homme immobile. Seul le bruit de leurs corps se heurtant brisait le silence.

Dean avait toujours su qu'une telle situation – le risque d'être surpris, le fait d'être à peine dissimulé – l'empêcherait de garder le contrôle pendant longtemps. Il en eut la confirmation quand après quelques minutes seulement, il sentit son orgasme le transpercer sans que Castiel ait besoin de le toucher.

Il le laissa l'envahir sans faire un bruit. Et quand ses muscles se contractèrent autour du sexe de son ami, il le sentit lâcher prise à son tour.

Il continua à bouger pendant encore quelques secondes avant de s'immobiliser pour de bon. Dean sentit ses mains remonter doucement dans son dos. Il s'accorda quelques instants pour apprécier les effets de son orgasme avant de se redresser doucement. Castiel se retira alors et se rhabilla rapidement. Dean en fit de même avant de se tourner pour regarder son ami. Il fut soulagé de le voir sourire.

- C'était génial … et dingue aussi ce qui fait que c'est encore plus génial et … franchement, je ne croyais pas que tu accepterais, confia Dean en souriant à son tour.

- Je ne le croyais pas non plus, admit Castiel en se passant une main dans le cheveux.

Ils n'étaient pas encore prêts à quitter l'impasse. Pas prêts à affronter les gens dans la rue. Ils avaient besoin de quelques minutes pour retrouver un semblant de calme. Dean avait toujours du mal à reprendre une respiration normale et son cœur battait extrêmement fort et vite dans sa poitrine.

- Je ne regrette toutefois pas de l'avoir fait. Je pense qu'on en avait tous les deux besoin.

- Serait-il possible que tu aies comme moi un petit côté exhibitionniste que tu ignorais jusque là ? Demanda Dean en inclinant la tête sur le côté.

Castiel haussa les épaules mais ne le nia pas. Dean stocka l'information dans un coin de sa tête. Il se promit de vérifier sa théorie plus tard. Si son ami appréciait autant que lui de se retrouver dans ce genre de situations, il n'allait pas se priver d'en profiter encore et encore. Ou au moins jusqu'au jour où leur arrangement n'aurait plus lieu d'être parce que Castiel aurait trouvé quelqu'un. Mais il ne voulait pas y penser pour le moment.

- Merci en tout cas Cas … je ne sais pas comment tu fais mais … c'est comme si tu savais à chaque fois ce dont j'ai besoin sans que j'ai à te le dire. Je n'avais pas connu ça avec qui que ce soit d'autre que Sammy.

- Pas même avec Jesse ? Demanda alors Castiel, visiblement surpris par ce qu'il entendait.

Penser à Jesse était douloureux pour Dean. Son ami et sponsor lui manquait cruellement. Il continuait de penser qu'il avait eu raison de le mettre à la porte de son appartement et de ne pas reprendre contact avec lui depuis. Il continuait à penser que c'était lui qui avait raison dans leur dispute. Mais il n'avait jamais passé aussi longtemps sans parler ou voir son ami. Il ressentait son absence physiquement. Comme si on l'avait privé d'un membre. D'une partie de lui. Il espérait que les choses finiraient par s'arranger entre eux. Mais il ne voyait pas d'issue pour le moment. Et il allait devoir en parler à Castiel. Car à terme, son ami poserait des questions.

- Jesse me connaît bien oui … il me connaît sans doute aussi bien que Sam et toi mais … c'est un peu compliqué entre nous en ce moment. On ne se parle plus.

Castiel sembla surpris de l'entendre. Il avait toutes les raisons de l'être. Dean refusait toutefois de lui dire toute la vérité sur leur dispute. Il ne voulait pas que son ami puisse penser qu'il en était la cause.

- Oh et … pourquoi ?

Castiel allait probablement avoir l'idée folle de tenter de les réconcilier. Il savait l'importance que Jesse avait dans la vie de son ami. Il savait tout ce qu'il lui avait apporté par le passé. Mais Dean savait qu'il ne pourrait rien arranger. Pas quand il était au cœur même de leur dispute. Jesse ne l'écouterait pas. Et Dean ne voulait pas qu'il s'en mêle. La seule chose qui pourrait le faire changer d'avis serait de voir son ami lui faire des excuses. Il doutait que cela arrive de si tôt.

- On n'était pas vraiment d'accord sur … disons sur la direction que prend ma vie ces derniers temps et il a dit des choses méchantes et injustes que je ne pense pas pouvoir lui pardonner pour le moment … que je ne pourrais jamais lui pardonner.

- Pourquoi est ce que j'ai la sensation que j'ai quelque chose à voir avec cette dispute ?

Dean combla la distance qui les séparait et passa ses bras autour du cou de Castiel.

- Parce que tu es idiot et égocentrique ?

Castiel ne sembla pas amusé par sa plaisanterie et Dean soupira longuement.

- Ça n'avait rien à voir avec toi. Il est juste … il est frustré que je ne le consulte plus à chaque fois que je prends une décision et peut être qu'il a peur pour moi … peut être même qu'il a toutes les raisons d'être inquiet après tout ce que j'ai fait par le passé mais il n'avait pas le droit de se montrer aussi cruel. Qui sait ? Les choses finiront peut être par s'arranger. Seul le temps nous le dira.

Castiel fronça les sourcils, visiblement sceptique. Mais il n'insista pas pour connaître l'entière vérité. Il accepta ce que Dean lui disait.

- J'espère parce qu'il est ton meilleur ami et que tu as besoin de lui … il a besoin de toi aussi. J'espère sincèrement que vous ne serez pas idiots au point de laisser une dispute gâcher votre amitié.

- Ce n'était pas juste une dispute Cas. C'était … il … je pense qu'il pensait ce qu'il m'a dit … qu'il le pensait depuis un moment déjà. Et c'est sans doute préférable qu'il ait pu enfin me le dire parce que notre amitié était bâtie sur des mensonges et des non dits. Maintenant au moins, je sais ce qu'il pense de moi. Je ne sais juste pas si je peux le lui pardonner ou même si j'en ai réellement envie.

Dean avait envie de garder espoir. Il était en colère contre Jesse mais il n'avait pas oublié tout ce que son sponsor lui avait apporté par le passé. Il n'avait pas oublié qu'il lui avait sauvé la vie à plusieurs reprises. Qu'il avait été le premier à part Sammy à croire en lui. A le pousser en avant et à le convaincre qu'il pouvait s'en sortir. Jesse avait fait énormément pour lui et Dean continuait à lui en être reconnaissant. Il était toutefois lucide. Il savait que leur amitié était extrêmement fragilisée par les mots échangés. Il verrait avec le temps. C'était la seule chose qu'il pouvait faire de toute façon.

- Je trouve ça triste. Et si je peux faire quelque chose … je sais bien qu'il ne m'aime pas beaucoup mais je pourrais aller lui parler et … je ne sais pas, peut être vous aider à arranger les choses.

Dean avait su, dès qu'ils avaient abordé le sujet, que Castiel lui dirait quelque chose de ce genre. Il ne pouvait toutefois pas le laisser faire. Il était néanmoins content de voir qu'il ne s'était pas trompé. Qu'une nouvelle fois, son ami était prêt à tout pour l'aider.

- Merci mais non merci. Je vais lui laisser une chance de s'excuser et j'aviserais ensuite. Je pense qu'on doit régler ça seul si on veut que ce soit durable.

Castiel hocha alors la tête. Dean déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant de reculer pour lui sourire.

- Et puis maintenant, la place de meilleur ami est libre et peut être que je pourrais envisager de te laisser l'occuper. Enfin si et seulement si, tu te sens à la hauteur du challenge que cela représente.

Castiel sourit à son tour. Le moment sérieux était passé et ils pouvaient à nouveau plaisanter.

- Il me semble que je suis à la hauteur … si le fait de te procurer des orgasmes incroyables ne suffit pas à faire de moi le successeur légitime à ce poste, je ne vois pas ce que je peux faire d'autre.

Le simple fait que Castiel soit capable ainsi de plaisanter sur le sexe était une nouvelle preuve qu'il avait évolué. Qu'il avait changé. Et à chaque fois, Dean en avait le souffle coupé.

- Ne sois pas trop sûr de toi. Tu es encore à l'essai, lança t-il en relâchant le cou de Castiel pour s'éloigner de lui.

- C'est noté. Je vais donc redoubler d'efforts, répliqua son ami en souriant de plus belle.

Dean secoua alors la tête en riant. Puis quand il eut retrouvé son calme, il déposa un dernier baiser sur la bouche de Castiel avant de lui demander s'il était prêt à sortir de l'impasse. Son ami se passa une énième fois la main dans les cheveux – c'était inutile, ils refusaient de rester en place – et hocha la tête. Ils sortirent alors doucement et regagnèrent la rue bondée. Dean fit en sorte de marcher suffisamment prêt de son ami pour sentir son bras frôler le sien à chacun de ses pas. Il avait été grandement rassuré par ce qu'ils avaient fait mais il n'était pas encore prêt à être loin de lui. Et Castiel avait raison après tout. Peu importait ce que les passants pouvaient en penser. Dean se sentait bien avec son ami. Soit on l'acceptait soit on passait son chemin. C'était aussi simple que ça.