Bonjour tout le monde,
Comment allez-vous ? Je suis très impressionnée par l'enthousiasme que vous mettrez ces derniers temps pour cette histoire. J'espère que cela durera jusqu'à son terme vers lequel on s'approche petit à petit. Je vous remercie pour vos nombreuses reviews auxquelles j'ai répondu avec beaucoup de plaisir. Je vous laisse avec le chapitre 35.
Bonne lecture, Patmol25
L'incorrigible attraction
Chapitre 35
« Je te jure que si tu lui fais du mal, je te tue ! »
La main appuyée contre la gorge de Blaise Zabini, Harry était traversé par une vague de rage incontrôlable. Il sentit Viktor Krum s'agiter derrière lui, se demandant s'il devait intervenir ou pas mais il resta sagement en retrait, ses yeux scannant leur environnement avec attention. Drago, près d'eux, se contenta de arquer un sourcil en observant les deux garçons s'affronter du regard sans un mot. Blaise était écrasé contre le mur en pierre de Westminster, comme s'il n'était absolument pas dérangé par l'attitude et les mots menaçants de Harry. Cela semblait en fait lui faire ni chaud ni froid et ça attisa davantage la colère de Harry.
Il attendait de croiser Blaise depuis deux jours mais le garçon aux origines italiennes n'était pas passé près de lui dans les couloirs de l'université avant ce moment. Quelques regards intrigués commencèrent à traîner sur eux mais Harry, la mâchoire contractée, ne pouvait pas lâcher du regard son camarade.
« Sérieusement, Potter ? » renifla ce dernier avec mépris. « Tu me fais quoi là au juste ? La scène du grand frère protecteur ? C'est touchant. Vraiment touchant. »
« Ferme-là, Zabini, » gronda t-il en resserrant sa prise sur le métisse. « Je ne veux plus que tu t'approches de Hermione. »
« Pourquoi ? Je suppose que tu as découvert mon affiliation à une organisation qui nous concerne tous de près ou de loin. »
Le rictus méprisant de Blaise le fit trembler de rage et il se retint de toute ses forces pour ne pas lui flanquer son poing dans la tronche. Il prit une grande inspiration, se remémorant la façon dont Tom, sans réaliser la portée de cela, lui avait indiqué avoir rendez-vous avec Drago Malefoy et Blaise Zabini au Club Serpentard dans les locaux de la mafia. Après la surprise, Harry avait réclamé davantage d'informations concernant Zabini et son implication dans la mafia. D'abord étonné par sa soudaine agitation, Tom lui avait indiqué que la famille Zabini traînait plus ou moins près de la mafia depuis des décennies et que le fils n'était pas contre d'effectuer quelques missions pour lui pour amasser un peu d'argent.
Apprendre cela avait scié les jambes de Harry avant de le mettre hors de lui. Blaise Zabini tournait autour de Hermione depuis des semaines. Des mois même. Et au moment où sa meilleure amie commençait doucement à abaisser ses barrières, il se révélait en fait être un mec de la mafia. Autant dire que Harry refusait cela pour sa plus proche amie. Ça ne lui convenait pas. Hermione en souffrirait. Entièrement et complètement et elle ne pourrait jamais accepter cette situation.
« Elle rêve de devenir avocate. Elle n'acceptera jamais un mec tel que toi, » siffla Harry. « Elle va s'attacher à toi pour se rendre compte finalement que tu n'es pas celui qu'il lui faut. Tu dois la connaître un minimum maintenant et savoir combien elle est attachée à des valeurs totalement antinomiques aux tiennes. »
« Oh, je suppose que tu préfères qu'elle se mette avec ton espèce de pote rouquin qui bave à ses pieds mais qui est incapable de veiller à son bonheur ? » cracha Blaise.
D'un mouvement sec du bras gauche, Blaise parvint à se libérer et en moins de trois secondes, il retourna la situation. Ce fut Harry qui se retrouva collé contre le mur, les pierres froides s'accrochant à son gilet, la poigne de Blaise le tenant immobile. Aussitôt, Krum s'élança mais Harry l'arrêta d'un regard. Il avait besoin d'un garde du corps pour le protéger de Greyback et de ses hommes mais sûrement pas des petits cons comme Zabini.
« Tu as bien conscience de l'absurdité de ta réaction ? » siffla le métisse en se penchant vers lui. « Tu es celui qui se fait baiser par le patron de tout ça et tu viens pleurnicher que ta copine se rapproche de moi ? »
Les mots crus du garçon le frappèrent de plein fouet et Harry cligna des yeux, le souffle coupé. Il poussa un grognement rageur mais son adversaire était bien plus grand et musclé que lui à son grand effroi.
« Hermione n'est pas comme moi. Elle n'acceptera jamais un tel truc et tu vas la forcer à en souffrir. Ou bien, tu vas lui mentir pendant des mois en prétextant être quelqu'un d'intègre alors même que c'est loin d'être le cas. Elle ne mérite pas ça et tu le sais aussi bien que moi ! »
« Peut-être veux-tu aller la mettre en garde ? Oh, mais il me semble que c'est ton secret le mieux gardé n'est-ce pas ? Le fait que tu fricotes avec ce monde si noir, si dangereux et mauvais et surtout que tu te fais sauter par Mr le Directeur, » se moqua ouvertement Blaise, arrachant un grognement menaçant à Krum. « Potter, t'es vraiment mal placé pour dire quelque chose quand tout le petit monde de Tu-Sais-Qui sait exactement ce que tu fais dans son lit. »
« Ferme ta gueule Zabini ! » cria Harry, hors de lui.
La fureur lui brûla les yeux et sa vision se brouilla un moment. C'était probablement car les mots de Zabini reflétaient la vérité que c'était aussi dur pour lui à entendre et à accepter sans moufeter. Il gigota pour se défaire de la prise de Zabini mais celui-ci resta immobile, comme si ses efforts étaient absolument ridicules pour le faire bouger ne serait-ce que d'un centimètre. Fou de rage et humilié par son infériorité physique évidente, Harry parvint à lever la jambe droite et à flanquer un coup de pied à Zabini, lui arrachant un grognement furieux.
« Calmez-vous les mecs, » intervient Drago d'un ton amical en constatant les regards de plus en plus nombreux posés sur eux. « Nous jouons dans le même camp après tout, non ? Ce n'est pas nécessaire de régler nos différends de cette façon. »
« Lâche-le Zabini, » persifla Krum en s'approchant du noir jusqu'à presque être collé à lui. « Lâche-le tout de suite ou j'attrape ta main qui le tient et je la réduis en bouillie. »
Pour la première fois, Harry comprit pourquoi Tom avait désigné Viktor Krum comme son garde du corps personnel. Le visage du bulgare s'était transformé en un ensemble menaçant et vraiment flippant. Comme s'il s'était redressé et qu'il savait soudainement quoi faire de son corps, ses muscles ressortaient dangereusement. Ses yeux étaient devenus noirs de colère et Harry vit l'hésitation grandir dans le regard sombre de Zabini. Krum se rapprocha encore d'un pas, faisant tendre l'étudiant contre lequel il était collé.
« Tu sais qu'Il pourrait m'ordonner de te tuer simplement car tu t'es adressé de la sorte à son compagnon, » ajouta le bulgare d'un ton soyeux. « Et tu sais que je m'applique toujours à accomplir mon travail avec le plus grand soin et la plus grande précision. »
La confiance de Zabini s'évapora aux mots de Viktor et il relâcha totalement Harry dont la respiration s'était encore plus accélérée face à la menace proférée par son garde du corps. Il y eut un moment de silence électrique où Harry fixait Zabini qui le lui rendait tandis que Krum gardait son regard rivé sur le noir. Puis, dans un reniflement dédaigneux, Blaise fit un pas sur le côté pour se dégager du faible espace entre Harry et Viktor dans lequel il se trouvait à présent.
Drago jeta un regard incertain à Harry mais ce dernier était encore partagé entre la confusion et la fureur pour s'en apercevoir. Sans un mot de plus, Zabini reprit son sac tombé au sol au moment de l'agression de Harry puis fit volte-face, s'éloignant à grandes enjambées dans le couloir de l'université. Harry poussa un soupir tremblant et passa une main sur son visage, conscient d'avoir laissé sa colère et son inquiétude guider ses actions. Et il s'était attaqué à clairement plus fort que lui. L'humiliation de l'intervention de Viktor lui brûlait encore la poitrine et il s'efforça de rester neutre.
« Tout va bien ? » s'enquit Viktor d'une voix professionnelle. « Je serais obligé d'informer Tom de cet incident. »
« Non ! » s'écria Harry tandis que les yeux gris de Drago s'animaient d'une lueur inquiète. « Il n'a pas besoin de savoir cela. Il va en faire des tonnes alors qu'il s'agit simplement d'un malentendu entre Zabini et moi. »
« Mon travail est de vous protéger, Harry, » rappela le garde du corps en adoptant de nouveau le vouvoiement comme pour lui montrer le sérieux de la situation. « Blaise Zabini s'est montré comme une menace à votre encontre et j'ai été obligé d'intervenir pour votre sécurité. Je me dois d'en faire un rapport. »
« Absolument pas ! Je veux simplement que Zabini arrête de tourner autour de Hermione. Pas qu'il ait des ennuis à cause de cela, » insista Harry, les sourcils froncés. « C'est une histoire qui ne concerne pas Tom. »
L'hésitation se dessina dans le regard du garde du corps et Harry se baissa pour prendre son propre sac. Sa respiration était encore saccadée de sa confrontation avec Zabini. Si Hermione venait à apprendre leur échange, elle voudrait absolument en connaître les raisons. Et Zabini avait raison sur une chose : il ne pouvait et ne voulait pas la mettre dans la confidence de l'existence de la mafia et de la position de Tom dans tout cela. Ça donnait un point non négligeable à Zabini mais Harry était bien déterminé à surveiller les gestes de celui-ci à l'encontre de sa meilleure amie.
« Je trouve que c'est une bonne idée, » approuva aussitôt le blond dans l'espoir de ne pas voir l'espérance de vie de son ami se raccourcir. « Blaise est franchement intéressé par Granger. Ça l'a rendu fou de te voir intervenir de cette façon dans leur relation et il a un peu perdu les pédales. Je vais lui en parler. »
« Ce n'est pas parce que Tom et moi sommes ensembles que tout le monde doit flipper de m'adresser un mot de travers, » protesta Harry en s'éloignant du mur pour reprendre sa route. « Il n'a même pas à être au courant de toute cette histoire. Il n'y comprendrait d'ailleurs rien ! »
Krum poussa un soupir désabusé tandis que Drago lui lançait un regard rempli de gratitude. Harry était encore trop bouleversé pour rassurer le blond. S'il était furieux après Blaise, il ne voulait pas que Tom et son comportement démesuré s'en mêle. D'autant plus qu'il ne voulait pas être considéré uniquement comme la personne partageant le lit de Tom Jedusor. Merde ! Il était quand même un peu plus que ça, non ?
« Tom le ferait vraiment tuer ? » demanda t-il en lançant un regard furtif à son garde du corps.
« C'est une possibilité. »
Quelques heures plus tard, Harry était parvenu à se délester de sa colère contre Zabini et seule la joie chatouillait dans sa poitrine au moment où son filleul courut dans sa direction, les bras grands ouverts. Harry, dans un éclat de rire enthousiaste, se pencha pour réceptionner le petit garçon et le soulever de terre, le faisant sauter dans les airs. Ted le récompensa par de grands rires et des yeux brillants. Harry l'approcha un peu plus de lui pour lui plaquer un baiser sur la joue avant de le décoiffer d'une main.
« Ha'ry ! » s'écria le garçon, souriant de toutes ses dents. « Ha'ry, câlin ! »
En ce milieu du mois de mai, la température était très douce et permettait même aux Potter de faire un barbecue dans le jardin pour célébrer l'arrivée du week-end. Lily avait profité d'une après-midi libre – fait exceptionnel – pour passer au supermarché, acheter des grillades et contacter leurs amis pour les convier à la maison. Harry cala Ted contre sa hanche, écoutant le garçon babiller avec force tout en se rapprochant des parents de ce dernier.
« Bon courage, » lui souffla Remus en lui serrant la main. « Depuis qu'il s'est réveillé de sa sieste, il n'arrête pas de parler. Pas même une seconde même si on y comprend pas toujours quelque chose. »
« Je confirme, » grimaça Tonks en l'embrassant sur une joue. « Je me demande d'où il tient cela. »
« Oh oui, c'est très étonnant, » ironisa Harry en lançant une œillade amusée à Remus. « Je suis certain que cela vient de Remus et de son habituelle manie à parler. Encore et encore. »
Tonks plissa le front en notant son ironie et elle s'éloigna d'eux en secouant la tête, faussement vexée. Harry et Remus éclatèrent de rire, s'attirant les yeux arrondis de Ted dont la conversation lui avait échappé. Le bambin se blottit contre Harry, son nez s'enfouissant dans le creux de son épaule. Harry sourit doucement quand il commença à jouer distraitement avec la chaîne en argent offerte par Tom et qui ne le quittait plus depuis Noël.
Sirius fut le dernier à arriver sur sa moto, un large sourire aux lèvres. Il les rejoignit directement dans le jardin. Il les salua tous avant de s'affaler sur une chaise installée autour de la table du jardin. Ils avaient déjà commencé à boire un coup et Sirius ne s'offusqua pas de ne pas avoir été attendu pour cela.
« J'étais occupé à payer un verre à une jolie demoiselle quand je me suis rendu compte que Lily allait encore me houspiller d'être en retard. J'ai dû abandonner ma charmante compagnie au milieu d'un pub, » regretta Sirius avec une mine de chien battu. « Je t'assure Lily que tu m'en dois une si elle refuse de répondre à mes prochains appels de ta faute. »
« C'est plutôt elle qui devrait me remercier de lui éviter une peine de cœur de la part de Sirius Black ! » rétorqua la rousse en le menaçant d'un doigt. « Je me demande quand est-ce que tu cesseras de courir tous les jupons de Londres. »
« Le problème avec cette ville, c'est le renouvellement permanent des habitants et des touristes, » soupira Sirius en secouant la tête d'un air franchement dépité. « Je suis toujours, et ça Lily crois-moi ce n'est pas de mon ressort, mais je suis toujours contraint de faire de nouvelles rencontres. »
« Et une chose en amenant une autre, » compléta James en apportant un saladier rempli de chips sur la table du jardin, « il se doit de ne refuser aucun rencontre potentielle. »
« Au cas où il s'agit de la femme de sa vie, » acheva Remus.
Les trois hommes se regardèrent avant d'éclater de rire comme si tous ces arguments avaient savamment été travaillé entre eux par le passé. Lily roula des yeux mais son sourire démentait son agacement. Harry laissa un sourire éclore sur ses lèvres, sincèrement amusé par les pitreries de son parrain. Il avait déjà rencontré quelques copines de l'homme mais cela ne durait jamais assez longtemps pour qu'elles participent à plus de trois repas avec eux. D'ailleurs, Sirius finissait toujours par s'excuser de faire entrer une nouvelle personne dans leur cercle mais James se contentait de lui flanquer une claque dans le dos amical. Sirius était tout bonnement incapable de s'engager dans une relation durable et stable avec qui que ce soit. Parfois, il marmonnait ne pas avoir trouvé la personne lui donnant la réelle impression de vouloir finir sa vie avec. Et Harry était persuadé que la vérité se situait justement là.
Lui-même était certain, absolument certain même, d'avoir trouvé cela en la personne de Tom. Peu importe combien l'homme pouvait être mesquin, grossier, froid voire même dangereux comme l'avait montré leur dernière dispute qui avait sérieusement ébranlé les fondations de leur couple. Tom Jedusor lui procurait un bonheur jamais inégalé jusque là et Harry savait, tout au fond de lui-même, que personne n'était capable de remplacer l'homme. Ce fut à ce moment là que Harry prit conscience de sa chance d'avoir déniché la personne avec laquelle il rêvait de finir sa vie. Sans avoir le moindre doute malgré l'incongruité de leur situation.
En pensant à son petit-ami, son cœur s'accéléra et une expression niaise traversa son visage. Il la masqua en enfouissant son visage dans le cou de Ted, à présent assis sur ses genoux, et en lui faisant des chatouilles avec ses doigts. L'enfant se tortilla aussitôt dans tous les sens en éclatant de rire. Il parvint à se faufiler hors de ses genoux, s'éloignant de lui en courant, les bras levés dans les airs. Harry le regarda faire en riant avant de croiser le regard de son propre parrain. Le même sourire complice traversa leurs lèvres en se rappelant leur propre relation.
« Alors les examens approchent ? » lui demanda Tonks en plongeant sa main dans le saladier de chips.
« Lundi, » grimaça Harry. « Les partiels du deuxième semestre sont étalés sur les deux prochaines semaines et ensuite, je suis en vacances. Je crois que c'est cette idée qui me motive justement pour les quinze jours qui arrivent. »
« En vacance au début du mois de juin ? » s'offusqua Sirius dans un sourire. « Franchement Remus, pourquoi tu n'as pas été enseigné à l'université plutôt qu'en école secondaire ? Tu n'es pas en vacances avant le mois de juillet toi ! Tu n'as pas l'impression de te faire arnaquer ? »
« Complètement, » rit Remus avant de hausser les épaules. « Mais je suis sûr que les jeunes adultes sont encore pires que les adolescents alors je suis bien content d'être en secondaire. »
La conversation se poursuivit naturellement et encore une fois, Harry fut submergé par la joie de se sentir si bien et à l'aise dans sa famille. Une petite voix lui rappela combien la présence de Tom lui plairait. Mais l'homme avait raison sur deux choses : non seulement, ils ne pouvaient pas prendre le risque de voir son statut de patron de la mafia être découvert par les membres de sa famille mais en plus de cela, Harry n'était pas prêt à assumer son homosexualité auprès de sa famille.
Il commençait tout juste à le faire auprès de ses amis. D'ailleurs, Hermione était venue boire un café la semaine dernière chez Tom. Le moment avait été un peu embarrassant au début car, cette fois-ci, Tom ne se sentait pas très à l'aise de voir une quasi inconnue empiéter son territoire privé. Mais cela s'était finalement bien passé et ils avaient tous les deux discutés avec véhémence d'un dernier décret de loi passé sur un sujet quelconque. Les yeux de son amie avaient clignoté d'une lueur admirative à l'encontre du trentenaire et Harry s'était senti bêtement fier de cela.
Mais malgré tout, Harry ne se sentait pas en mesure de réunir ses parents et de leur confier son attrait pour les hommes. Il avait à plusieurs reprises imaginé différents scénarios, du plus heureux au plus dramatique. Mais aucun ne l'avait convaincu de se lancer. Tom ne lui disait plus grand-chose à ce sujet après avoir été particulièrement dur envers lui, seulement de le faire au moment où il s'en sentirai capable. L'homme n'avait pas été confronté à cette situation et de toute façon, il refusait catégoriquement d'évoquer ses parents si ce n'est pour lui dire que sa mère était morte en couche et que son père était décédé suite à un incident. Mais Harry ne parvenait pas à savoir quel était cet incident justement.
« Tu es bien pensif, » remarqua sa mère alors qu'ils étaient tous les deux dans la cuisine en train de couper des tomates pour une salade. « C'est ta petite-amie qui envahit toutes tes pensées ? »
Le ton taquin de Lily le fit rougir et il ne répondit pas, les yeux baissés sur la planche à découper devant lui.
« Tu sais que tu peux l'inviter parmi nous dès que tu le souhaites, » ajouta Lily avec douceur. « Ton père saura se comporter correctement pour ne pas t'embarrasser. Je m'en assurerai personnellement. »
« Je sais, » rit Harry en évitant toujours son regard. « Je vois bien comme il se retient déjà de ne pas me poser de questions à ce sujet alors qu'il en meurt d'envie tous les jours. »
Mais Harry n'était pas certain que la patience et la curiosité de son père ne finisse pas par atteindre ses limites. Notamment après la scène pitoyable qu'il lui avait offert dans la cuisine de la maison familiale.
« Pourquoi Sirius et Narcissa Malefoy ne se parlent plus ? » demanda t-il soudainement en relevant la tête pour regarder sa mère. « Je sais qu'ils sont cousins et au commissariat, après la fusillade, il y avait vraiment un malaise évident entre eux. »
Lily croisa son regard, si semblable au sien, avant de froncer légèrement les sourcils. Elle tourna la tête vers la grande fenêtre donnant sur le jardin, là où tout les invités étaient réunis. Elle poussa un soupir en faisant glisser les tomates coupées en rondelles de la planche à découper à un saladier.
« L'histoire des Black est assez particulière. Sirius n'est jamais parvenu à y trouver sa place comme il a déjà pu le dire à chacun d'entre nous. Ce n'était pas forcément une famille très… droite, » confia t-elle. « Peut-être devrais-tu en parler à Sirius si cela t'intéresse vraiment ? Ton parrain saura mieux te répondre que moi. »
« Tu veux dire qu'ils trempaient dans des affaires pas très nettes ? »
« Je dis surtout que la famille Black était très riche et que cela lui a permis de passer à travers les mailles du filet de la justice pendant des années, » dit Lily. « Et la plupart des membres se sont mariés ou liés à d'autres familles peu recommandables. »
« Comme les Malefoy ? Je sais que papa et toi les connaissiez avant que je commence mon stage là-bas. Si tu penses qu'ils ne sont pas recommandables, pourquoi m'avez-vous laissé faire mon stage chez Lucius Malefoy ? »
Soucieux de ne pas paraître trop pressant, Harry s'efforça de réguler à la fois le ton de sa voix et les traits de son visage. Il s'affaira à faire glisser ses propres tomates soigneusement coupées dans le saladier pendant que sa mère préparait la vinaigrette en quelques gestes experts.
« Tu sais, rien n'a jamais pu être réellement prouvé contre l'un ou l'autre des membres de la famille Black ou Malefoy et bien d'autres. Soit par manque de preuves, soit car la corruption des policiers, des juges et des avocats existe bien malheureusement, » répondit Lily. « Peu importe nos doutes sur quelques affaires pas très claires, Lucius Malefoy possède malgré tout la boîte de communication la plus réputée et développée de Londres. C'était une véritable opportunité pour toi. Une chance même d'y faire tes premiers pas. »
Harry ne répondit pas tout de suite, laissant les mots de sa mère tourner dans son esprit. Il n'était pas certain que les Malefoy se soient contentés de quelques petites sombres affaires. La place de Lucius dans la mafia restait à déterminer pour Harry qui, malgré sa curiosité légendaire, s'efforçait de distinguer sa relation avec Tom et l'existence de l'organisation criminelle. S'il voulait en savoir un minimum, Harry ne tenait pas à connaître tous les tenants et aboutissants de la mafia. Non seulement il n'en faisait pas partie mais en plus de cela, il n'était pas certain de pouvoir gérer sereinement toutes les informations.
« Je sais que tu as été très perturbé par la fusillade du mois de février et par les inquiétudes de ton père et de Sirius à ton égard, » soupira Lily en versant la vinaigrette dans le saladier. « Mais nous savions que si Lucius voulait te réduire au silence, il le pouvait sans conteste. »
« Ce n'est pas le cas, » répondit automatiquement Harry. « Je ne sais rien à ce sujet. »
« Je te crois. Tu nous l'as assuré une bonne dizaine de fois mais dès la première fois, je t'ai cru. Je te fais confiance. »
La sincérité dans la voix de sa mère lui fit l'effet d'un coup de poignard dans l'estomac et il se détourna vivement d'elle, se précipitant sur le frigo pour l'ouvrir, afin de masquer son malaise. Un frisson parcourut son corps. Mon dieu. Quelle serait sa réaction en se rendant compte que toute la confiance placée en lui n'était en réalité qu'une regrettable erreur ? Depuis sa rencontre avec Tom, Harry n'était plus le même jeune adulte honnête et de confiance. Il avait inévitablement mis un pied dans l'engrenage du mensonge. Engrenage qui était d'ailleurs en train de l'engloutir, petit à petit.
« Narcissa n'est pas une femme méchante mais elle s'est tournée vers des personnes qui ne correspondent absolument pas au caractère de ton parrain, » soupira Lily. « Je suis toutefois persuadée qu'elle est peinée de ne plus avoir du tout de contact avec son cousin malgré la situation. »
Pour se redonner contenance, Harry attrapa une bouteille de jus de fruit et dévissa le bouchon avant de boire à même le goulot sous le regard désapprobateur de Lily. Harry lui lança un sourire d'excuse en se tournant de nouveau vers elle, davantage maître de ses émotions.
« Vous devez avoir des connaissances communes, non ? » demanda t-il, l'air de rien.
Depuis le dîner chez les Malefoy, son esprit ne cessait de se repasser les mots de Narcissa à Severus Snape concernant ses propres parents. La mère de Drago semblait sous-entendre que le tireur à gage connaissait ses parents. Plutôt bien d'ailleurs et notamment sa mère. Il n'avait pas osé interpeller Tom après avoir vu la façon dont Narcissa et Severus avaient tu la conversation devant lui et Lucius.
« Très probablement, » répondit légèrement la rousse. « Mais Narcissa et Lucius sont un peu plus âgés que nous. Nous avons fréquenté la même école secondaire mais nous avions trop d'années d'écart pour vraiment côtoyer les mêmes personnes. »
« Mais papa, Sirius et Mr Malefoy se détestent, » insista Harry. « Ce n'est pas pour rien. Vous avez quand même certainement passé du temps ensembles. Ou avec les mêmes personnes. »
Lily lui jeta un regard surpris, étonné par sa soudaine véhémence et Harry s'efforça de se calmer. Sa mère avait toujours trop bien su repérer ses émotions et si elle venait à discerner son inquiétude, elle se poserait inévitablement des questions.
« Je trouve juste que c'est dommage, » justifia t-il d'un ton plus calme. « De rencontrer du monde, de le côtoyer puis finalement, avec les années, de le perdre de vue. Tu ne trouves pas ? »
« Tu t'inquiètes pour ton amitié avec Ron ? » s'enquit Lily, le prenant de court. « Il me semblait que ça allait mieux entre vous deux. »
« C'est le cas. Tout va bien. C'était juste… une réflexion comme ça. »
Comprenant que le nom de Severus Snape n'allait pas traverser les lèvres de sa mère, Harry abandonna cette bataille dans l'immédiat. Il savait à présent quand reculer pour pouvoir mieux avancer par la suite. À sa prochaine rencontre avec l'homme, Harry l'interrogerait sur sa relation avec ses parents, surtout sa mère, lors de leurs plus jeunes années.
Tous les deux retournèrent dans le jardin. Sirius et James s'affairaient autour du barbecue duquel s'élevait déjà une épaisse fumée blanche. Ils étaient tous les deux en train de rire bruyamment tout en fumant une cigarette. Tonks était au téléphone, quelques pas plus loin, et parlait avec agitation, les sourcils froncés. Remus jouait avec son fils et un ballon. En les voyant arriver les bras chargés de salades, Ted se précipita vers eux, les lèvres entrouvertes dans un émerveillement enfantin hilarant.
« J'ai faim ! » s'extasia le garçon de bientôt trois ans.
« La première tournée arrive bientôt, » promit James en agitant un morceau de carton pour faire du vent au-dessus des flammes. « J'espère que vous avez faim ! »
Effectivement, Lily avait acheté bien trop de viande mais ils étaient tous affamés en ce début de soirée et ils attendaient tous impatiemment de passer à table. La température avait commencé à descendre, les obligeant à enfiler un chandail mais c'était encore suffisamment agréable pour prendre le dîner dehors. Au moment du dessert, il serait peut-être nécessaire de rentrer.
« Qui était-ce ? » s'enquit Remus à sa femme quand elle revint près d'eux.
« Maugrey, » grogna Tonks en s'asseyant sur sa chaise. « Il oublie que congé signifie vraiment congé. Même dans la police. »
James lâcha un rire amusé en arrivant près d'eux, un plat en inox chargé de viandes grillées. Harry s'empressa de lui dégager une place au centre de la table. Sirius poussa un soupir en s'affalant à côté de son filleul et il s'empressa d'éteindre le reste de sa cigarette sous le regard noir de Lily.
« Il est un peu tendu en ce moment, » confia James, un sourire aux lèvres. « On est en train de préparer un gros coup et ça met toute le monde un peu sur les nerfs. »
« Tu veux dire tout ceux dont le cul est collé à une chaise ? » renifla Sirius en se servant une dose généreuse de salade de riz.« Maugrey nous met la pression pour être certain que le jour où on fout un coup de pied dans la petite fourmilière qu'on va bientôt détruire, il pourra allez voir ces bureaucrates et leur prouver l'efficacité de nos services. »
« J'ai hâte de pouvoir intégrer une équipe comme la vôtre, » regretta Tonks tout en servant à manger à Ted. « Je ne dis pas que je m'ennuie mais j'aimerai être dans un service un peu plus spécialisé. Comme la criminalité ou la brigade des mineurs. »
« Attends encore une ou deux années et tu pourras demander une mutation, » dit James. « Avec le bon boulot que tu fais, il n'y a pas de raison que ça foire. Et Sirius et moi, on viendra y mettre notre petit grain de sel au cas où. »
Le sourire de la jeune femme était resplendissant et le repas put commencer sur cette promesse. Tout en se servant deux saucisses et une brochette, Harry se demanda un instant quelle était la grosse affaire sur laquelle son père et son parrain bossait en ce moment. Sa curiosité face à leur métier le démangeait toujours mais il rongea son frein. Tant que l'enquête n'était pas terminée, il pouvait rêver pour avoir la moindre information. Il en saurait peut-être davantage plus tard.
À la fin du dîner, Harry était repu et il regretta d'avoir dévoré autant de viande et de ne presque plus avoir de place pour le dessert. Tonks et Remus s'étaient arrêtés à une boulangerie pour apporter une tarte au citron. Harry s'enfonça dans son siège, profitant de ce début de week-end relaxant. Avec l'approche des partiels, il était déterminé à réviser les deux prochains jours et il avait même dit à Tom ne pas pouvoir passer un peu de temps avec lui que ce soit samedi ou dimanche.
Un sourire aux lèvres, il découvrit un SMS de celui-ci lui demandant comment sa soirée se passait. L'homme avait grogné de savoir qu'ils n'allaient pas se voir du week-end. Harry aurait pu réviser chez lui mais il n'était pas certain de pouvoir lui-même se contrôler si Tom était à proximité. Ses joues s'échauffèrent à ses pensées indécentes.
Depuis la soirée au Club Serpentard, leur relation s'était encore fortifiée et Harry se remémorait sans cesse la façon dont Tom lui avait enfin répondu à sa déclaration. Certes, ce n'était peut-être pas un je t'aime tonitruant et romantique mais ce moi aussi était bien mieux que ce que Harry avait espéré jusque là. Même si l'attachement de Tom à son égard ne faisait aucun doute, l'entendre à haute voix l'avait bouleversé. Sincèrement. Il était sûr de ne pas réentendre ces mots avant un bon paquet de semaines – de mois ou d'années même – mais peu importe : Tom qui s'était promis de ne jamais lui répondre dans ce sens l'avait fait.
« Ça a l'air d'être une personne qui te rend vraiment heureux. »
Harry sursauta et cacha aussitôt l'écran de son téléphone alors que son parrain s'était penché vers lui pour lui souffler cette phrase à l'oreille. Il rougit violemment en remarquant que la terrasse était presque vide. James et Lily étaient en train de se chamailler dans la cuisine d'où venait de grands éclats de rire. Tonks était montée à l'étage pour coucher Ted dans un lit parapluie et Remus s'était réfugié dans le salon, le regard traînant sur le nouveau bouquin de Lily. Seul Sirius était encore présent, assis à côté de lui, une cigarette entre les lèvres.
« Papa t'en a parlé ? » supposa Harry, le cœur battant à toute allure.
« Tu sais comment est James, » répondit Sirius en souriant. « Il meurt déjà d'envie d'en savoir plus alors ne même pas pouvoir en parler le rendait dingue. »
Malgré lui, Harry ne parvint pas à être fâché après son père. Ce n'était pas une telle surprise de savoir que Sirius connaissait l'existence de sa soi-disant petite-amie. Plus les jours avançaient, plus Harry prenait conscience que ses mensonges devenaient de plus en plus importants. Et de plus en plus difficile à rectifier.
« Ce quelqu'un doit être très spécial pour que tu refuses ainsi d'en parler ou de le présenter à tes parents, » ajouta son parrain d'un ton délicat sans le regarder.
Les oreilles de Harry bourdonnèrent en entendant Sirius utiliser un tel pronom indéfini plutôt que féminin. Il n'était guère étonné que son parrain soit interloqué par sa soudaine crainte de présenter la personne avec laquelle il entretenait une relation à ses parents. James et Lily avaient toujours accueilli tout le monde les bras ouverts, sans concession. Ils seraient même encore plus prévenants pour mettre à l'aise sa petite-amie au sein de leur famille.
Sauf que la réalité n'était pas aussi simple, qu'il ne s'agissait pas d'une petite-amie. Sirius avait-il deviné quelque chose ? Harry jeta un regard furtif à l'homme mais ce dernier fixait l'horizon tout en fumant tranquillement. Sirius et lui avaient toujours eu une relation très particulière qui à la fois l'enchantait et le dérangeait. Car son parrain était constamment parvenu à lire entre les lignes, à discerner ce qu'il cachait, à deviner ce qu'il ressentait sans rarement se tromper. Pouvait-il, encore une fois, avoir réussi cela ?
« Ouais. C'est quelqu'un de spécial, » avoua Harry d'une voix étranglée.
A la semaine prochaine :)
