Hello tout le monde !

J'ai terminé ce matin à 6h' mais je tenais plus debout, ni assise d'ailleurs,

alors je poste maintenant.

Mais je pense que vous allez aimer ce qui va se passer ici !

*

Un immense merci à vous...
On approche des 4.000 reviews...

J'arriverai jamais à vous remercier correctement pour tout ça !

Le prochain chapitre c'est exceptionnellement dans une semaine,

vendredi.

Je pars en vacances avec ma tante que je vois peu,

alors je m'accorde une pause dans les publications d'une semaine.

*

Passez une bonne semaine,

bonne lecture tout le monde !

Prenez soin de vous

et profitez de chaque instant qu'on vous donne !

Tiffany.


Miss Caramel ou Camille : Oui j'ai adoré Remember Me. Je t'avoue que je ne comprends pas du tout les critiques sur ce film, parce qu'il est splendide, assez drôle (va le voir en VO, le p'tit Patty il a deux trois répliques en français assez tordantes!), et la fin est vraiment sciante ! J'ai beaucoup aimé !

pauline : Je crois qu'Edward a suffisamment vécu de merdes comme ça, sans rajouter d'hemorragie interne au bordel. De plus, je compte terminer cette histoire bientôt. Si je dois rajouter un truc comme ça, j'ai pas fini ! Je trouve déjà assez grave le fait d'une maltraitance psychologique pendant dix ans... si en plus je dois lui faire avoir une hemorragie interne... on s'en sort plus !

Une chose a attiré l'attention de certaines...
oui il n'y a pas eu de préservatifs entre eux pour les retrouvailles,

mais comme je l'ai déjà précisé sur un chapitre précédent

Bella prend la pilule donc NON pas de surprise dans le maxi-kinder, ici,

parce que l'idée des parents jeunes a déjà été exploité plusieurs fois, donc non !


Point de vue de Carlisle.

Edward n'aurait pas pu se montrer plus courageux qu'en revenant ici, de lui-même et en acceptant désormais de se battre. Je ne sais pas ce qui s'est passé dans sa tête durant sa visite à son oncle, mais ça avait été un déclic. Nous n'avions plus un ado perdu et soumis, mais j'avais l'impression d'avoir à faire face à un homme désormais ! Il était revenu et ma fille, en un instant, avait retrouvé toutes ses couleurs.

La soirée tirait à sa fin, Rosalie, Emmett et Alice étaient repartis. Jasper écrivait dans un coin du salon et Maria se douchait. Esmé terminait de ranger le lave-vaisselle en jetant un coup d'oeil au canapé, où Bella et Edward étaient toujours enlacés, riant tous deux à une quelconque histoire. Ma femme me souriait avant d'embrasser les enfants et d'aller se coucher.

- Bella, tu tardes pas à aller au lit, tu as cours demain...

Elle soupirait et bougonnait contre le torse d'Edward qui souriait.

- Il est pas si tard que ça Papa ! T'exagères, il est que... 00h25 ! Bon ok j'y vais...

Voir sa petite mou tristounette me la rappelait enfant, quand elle boudait parce qu'on lui refusait un bonbon peu de temps avant un repas... Elle se levait et Edward se redressait pour embrasser sa joue.

- J'te rejoins dans cinq minutes...

- Deux minutes...

- Trois ?

- Une !

- J'arrive dès que j'ai fini...

- T'es méchant... râlait-elle avant de l'embrasser encore et de monter.

Edward souriait d'un air un peu comme ébahi et Jasper éclatait de rire.

- J'veux pas te vexer Ed mais là, t'as vraiment une tête d'abruti mon pote !

Edward lui balançait un des coussins du canapé sur la tête.

- Rolala ! Aucun sens de l'humour ce gars !

- Edward, je peux te voir dans mon bureau cinq minutes ?

- Hey, dites-le si je vous fais chier ! râlait mon fils
- T'as pas fini toi ?

Il notait quelque chose et mettait un point vif avec son stylo sur ses feuilles avant de se relever.

- Si, là j'ai fini, allez j'vais au pieu, bonne nuit ! Et faites pas de bêtises, ça ferait désordre !

Edward et moi regardions Jasper monter à l'étage.

- Vous vouliez me parler ?

- Oui...

Edward se rasseyait sur le canapé et me fixait.

- Ecoutez Carlisle... Si c'est pour la lettre et pour ce retour imprévu je... je peux partir si ma présence vous fait un poids. Je peux aller à l'hôtel ou chez Alice en attendant de me trouver une chambre quelque part...

Je ne pouvais retenir un soupir. Edward restera toujours Edward ! On aura beau le lui dire dix mille fois, il aura toujours cette impression d'être de trop !

Je m'asseyais sur le canapé à côté de lui.

- Je crois qu'on a écoulé les trois minutes que Bella t'a autorisé à rester seul alors je vais faire bref...

Il eut un léger sourire.

- Tu es ici chez toi ! La maison est grande, on a de la place, tu es avec Bella, il est hors de question qu'on envisage de te laisser livré à toi-même. J'imagine que les clés qu'on t'a donné sont toujours chez ta mère...

- Oui... J'ai pas pensé à les mettre systématiquement dans ma chambre...

- Y a pas de problème, je la vois demain et la semaine prochaine je lui demanderai qu'elle les amène pour que tu les ais si jamais tu dois partir et qu'on soit pas là quand tu reviens...

- Merci...

- J'ai pas pu m'empêcher d'entendre que tu veux faire cette expertise psychologique ?

- Ouais... Je crois que si j'ai la moindre chance de prouver que cette bagarre c'est... le résultat de dix ans de merde... faut que je le fasse ! Je veux pas avoir à repartir pendant que ce mec sera avec ma mère !

Il était déterminé. Plus que déterminé...

- Tu te sens prêt à faire ça ?

Il acquiessait en me fixant. C'était une nouveauté troublante. Jamais depuis qu'on le connaissait, il ne s'était exprimé en regardant les gens en face... Il avait toujours eu le regard fuyant.

- Je suis prêt, Carlisle...

Je pressais son épaule brièvement. J'étais fier de lui. Fier qu'il se lance.

- Bien. Pour ce qui est du lycée... Il te reste quatre semaines de cours avant la semaine de révision du bac. Tu veux reprendre ?

Je n'étais pas certain qu'il veuille y retourner. Dans tout Port Angeles, même à l'hôpital, des rumeurs circulaient sur ce qui s'était passé. Attaquer un Pasteur ne semblait pas vraiment bien vu ! Ca m'énervait au plus profond. Je n'imaginais pas ce que pouvaient penser les élèves de son lycée.

- Ouais... Je voudrais bien y retourner... J'ai conscience que des gens auront probablement parlé mais je m'en fiche !

- Je t'emmènerai mardi moi-même au lycée et je prendrais rendez-vous avec ton directeur pour justifier ton absence. Tu profiteras de la journée de demain pour essayer de voir ce que tu as pu manquer et rattraper un peu ton retard. D'accord ?

Encore une fois, il acquiessait. Un petit silence se faisait et je sentais qu'il y avait une chose supplémentaire.

- Tu veux me parler d'autre chose ?

Il passait ses dents sur sa lèvre inférieure, visiblement soucieux, les sourcils froncés.

- Vous m'en voulez pour ce que j'ai fait à Bella ?

C'était là une bien grande question. Bien sûr que j'en voulais à Edward de l'avoir faite pleurer... mais les circonstances n'étaient pas faciles. Il avait explosé, il n'y avait pas grand chose à dire.

- Je sais que tu n'as pas fait ça par amusement. Je comprends ce que tu as pu ressentir... Cette visite chez ton oncle t'a fait du bien ! Ca se voit. J'ai lu ta lettre et elle m'a beaucoup touché. Sincèrement.

Il eut un petit sourire qu'il effaçait rapidement.

- Je pense ce que j'ai mis dessus... mais je veux pas que vous imaginiez que... comment dire ? Que je fais de vous un substitut de mon père... Je veux pas que vous croyez que je vais exiger de vous une présence quotidienne ou... ou je sais pas moi... de faire des trucs comme un père fait avec son fils. Je peux pas exiger ça... Je voulais juste que vous sachiez que tout ce que vous avez fait pour moi a été très important... J'ai jamais vraiment eu l'habitude qu'on s'occupe de moi comme ça, alors... c'était très nouveau et...

- Edward... Je ne me sens pas forcé de faire ça. Si je m'occupe de toi, c'est parce que je t'apprécie, parce que tu es avec ma fille et qu'ici, tu es considéré comme quelqu'un à part entière. Si je dois passer du temps avec toi, je le fais par plaisir, et non par contrainte, tu comprends ? Je suis sincèrement flatté que tu me considères avec autant d'égards et je suis très heureux de pouvoir faire tout ça pour toi ! Tu sais, quand Esmé est venue vivre chez moi avec Emmett, ça a été dur pour lui. Il était très petit et a connu son père. Il s'est beaucoup replié vers Esmé. Il ne voulait même pas que je lui tienne la main pour traverser la route. Petit à petit, il a compris qu'Aro ne ferait rien pour lui. Alors il a accepté que je l'emmène à ses entraînements de judo, après d'athlétisme, de football américain, de basket, de baseball. Mais jamais je ne me suis senti obligé de faire ça. Je l'ai fait parce que ça m'embêtait que ce petit n'ait pas quelqu'un avec qui partager tout ça autre que sa mère. Et parfois, je ressens la même chose pour toi. Je suis heureux de t'aider, je ne le fais pas par contrainte.

Et c'était sincère ! J'aime vraiment beaucoup ce gosse. Sans que je ne m'y attende vraiment, il m'étreignit quelques secondes.

- Merci Carlisle...

- Je t'en prie... D'ailleurs... J'ai eu six billets par mon travail pour le prochain match de baseball des Mariners contre Oakland Athletics... Ca te plairait de venir ?

- Ah ben... ouais avec plaisir oui !

- Jasper sera sur son tournage mais Emmett va venir. Je vais proposer à un collègue de travail de venir avec nous. Ca sera sympa !

- Ca sera avec joie... Merci Carlisle !

- Si Bella accepte de te laisser partir...

Nous nous mettions à rire.

- On parle de moi là ?

Bella apparaissait en pyjama et en pantoufles. Oh ho... On avait dépassé les trois minutes !

- Oui oui oui, t'énerves pas Bella ! Je le laisse venir se coucher !

- T'exagères Papa ! Je suis pas un tyran quand même !

Edward souriait et se levait pour la rejoindre.

- Bonne nuit les enfants !

- Bonne nuit Papa !

- Bonne nuit Carlisle !

Ils s'éclipsèrent à l'étage et je me servais un verre d'eau avant d'aller vérifier que Karlyne dormait bien et de redescendre me coucher.

..::..

Point de vue de Bella.

Que c'était bon ! Je savais que pour la première fois depuis un mois, j'allais dormir. Mais vraiment dormir. Ses bras chauds autour de mon corps m'avaient cruellement manqué ! Edward sortait de ma salle de bain en pantalon de pyjama et en tee-shirt. J'étais déjà couchée du côté du mur, recouverte jusqu'au cou. Il posait sa trousse de toilettes sur son sac de voyage à peine défait et m'adressait un petit sourire avant de venir s'allonger.

C'était ça ! C'était cette chaleur-là que je voulais avoir autour de moi pour toujours ! Cette chaleur intense, que rien d'autre ne remplace. Et son odeur.

Je me rapprochais de lui et il rabattait la couette sur nos deux corps enlacés. Il embrassait mon front alors que nos jambes s'intercalaient et que je passais mon bras gauche autour de sa taille. Le nez contre son torse, j'inspirais profondément alors qu'il m'embrassait le nez et le front, où il laissait ses lèvres quelques instants. Il émettait un léger gémissement et raffermissait sa prise sur moi, les yeux clos. Il était beau... presque serein ! Après de longues minutes silencieuses, il murmurait contre moi d'une voix éraillée.

- Tu m'as manqué...

C'était idiot mais... je me suis mise à sourire, brièvement. On avait ressenti la même chose...

- Tu m'as manqué aussi...

A ma grande joie, je l'observais avoir la même réaction que moi : un léger sourire. Il rouvrait les yeux et tombait sur les miens. Sa main se posait sur ma joue qu'il caressait légèrement.

- J'ai pris une décision, Bella...

- Laquelle ?

S'il était entrain de me dire qu'il voulait partir de cette maison, c'était hors de question !

- Je ne partirais plus et je ne te quitterais plus avant que tu me dises que t'en as marre de moi...

Je me rapprochais encore plus de lui si c'était possible, une grosse sensation de satisfaction au fond de mon ventre.

- J'espère que t'as de la patience...

Il eut un petit rire et m'embrassait.

- Mon oncle et ma tante vont venir à Port Angeles d'ici trois semaines. Tu ne pourras pas échapper à faire leur connaissance. Mon oncle est très têtu !

Ca me rendait très heureuse qu'il me présente à sa famille !

- Ca sera avec plaisir... Il a l'air gentil ton oncle...

- Ouais... il est assez cool comme type... Ma tante aussi d'ailleurs ! Ils forment un couple solide !

Je me retournais sur le dos, toujours dans ses bras. Ses mains étaient posées sur mon ventre et il m'embrassait l'épaule et le cou.

- Qu'est-ce que tu as fait là-bas ?

L'index de sa main droite remontait vers mon épaule et il traçait de petits cercles en fixant son doigt.

- Pas grand-chose... J'ai passé mon temps entre la maison et le cimetière sur les tombes de mon père et son frère Anthony...

J'ignorais s'il voulait continuer à m'en parler. Après tout, nous n'avions pas encore abordés le sujet.

- Ton oncle a dû te raconter beaucoup de choses sur eux...

- Ouais... Il m'a aussi montré des photos...

Il restait silencieux un moment et je le savais pensif. Il se redressait sur son coude et nouait sa main droite à la mienne.

- Je suis pas parti pour te faire du mal, Bella...

Je posais ma main droite sur sa joue pour essayer de l'apaiser. Il était parti à cause de Marcus, et je le savais très bien.

- Tu sais ce que j'ai ressenti et ce que je ressens pour toi... J'ai besoin de savoir comment tu as vécu ça... J'veux dire... Je sais que je t'ai blessé... Et je ne veux pas que ça recommence...

Il embrassait le creux de ma main et plantait ses yeux dans les miens, décidé.

- Dis-moi Bella... N'ais pas peur...

Il était décidé à mettre les choses à plat, et je crois que j'en avais besoin aussi...

- Oui... j'ai eu mal... Je t'en ai voulu... quand tu m'as dit que tu n'avais pas de billet de retour, je me suis sentie... trahie. J'ai pensé que je n'étais pas suffisamment digne de confiance pour que tu me dises que t'avais envie de prendre du recul.

Il fronçait les sourcils.

- Tu as cru que je ne te faisais pas confiance ?

Une boule se formait dans ma gorge. Et dire que ce matin encore en me levant je la ressentais si présente au fond de moi...

- J'aurai dû savoir que c'était pas le cas, mais... mille choses se sont bousculées dans ma tête... Je suis partie sans chercher à comprendre. Et le matin quand je suis revenue et que Papa m'a tendu la lettre que tu lui as écris, j'ai réalisé que tu ne partais pas à cause de moi... mais à cause de Marcus... Et ça m'a rendu folle ! Pour moi, c'est comme si t'abandonnais... que tu te disais que tu n'y arriverais plus... que malgré tout ce que je voulais faire pour t'aider, tu te sois dit : «oh ben non, tant pis»... et je... bon sang Edward !

Les larmes qui me menaçaient commençaient à tomber et c'était comme si je perdais mon souffle à ressasser toutes ces idées que j'avais manié maintes et maintes fois à chaque heure durant son absence. Il me rapprochait de lui et embrassait mes joues, avant de me ramener contre son torse. Là, tout contre lui, je pouvais me laisser aller sans crainte, sans jugement. Il était rentré... pour de bon !

- J'ai eu si mal, si tu sa... savais ! hoquetais-je.

Il me serrait plus contre lui.

- Pardonne-moi Bella... Shhhh... Ne pleure plus... c'est fini Bébé... Fini... Je ne pars plus... On va rester ensemble, pour le meilleur et pour le pire...

Le sentir embrasser chaque parcelle de mon visage me réchauffait. Ces larmes que je n'avais osé montrer à personne coulaient pour lui...

- Jure-le... Jure-le moi...

- Je te le jure sur ma vie, Bella ! Je te l'ai dit... Je ne partirais que si tu me dis que tu en aimes un autre ou que tu ne veux plus de moi... C'est fini... Et si je dois retourner chez mon oncle, tu viendras avec moi...

Il se contortionnait pour m'attraper un mouchoir et me le tendre. Il me serrait contre lui.

- J'ai compris une chose en voyant les tombes de mon père et de son frère. Le peu de bonheur qu'on a... il faut le savourer. Mon père a toujours repoussé l'échéance... il s'est dit : «Une dernière mission et je vais vivre avec ma femme et mon fils...» et il a été tué. Il ne faut plus jamais qu'on remette à plus tard ce qui nous donne du bonheur, ou qu'on le reporte dans des cas comme Marcus... Je ne veux plus faire dépendre ma vie et mon futur des choses qui nous entourent. Je sais ce que je veux, et je le ferai dans l'instant. Si je veux une glace à la fraise, je vais m'en acheter une. Si j'ai envie de dire merde à quelqu'un, je le lui dirai. Si j'ai envie d'aller dire à Elisabeth tout ce qui s'est passé, je le ferai sans craindre personne. Je n'ai plus peur d'être quelqu'un, Bella. J'ai envie d'exister. Et d'exister avec toi ! Chaque seconde que l'on vit, c'est une raison d'être heureux. Et si j'ai envie d'un avenir avec toi, je ferai tout pour que ça se passe comme ça... comme dans ton cahier... Tu peux pas savoir ce que ça m'a fait de lire tes mots sur le mariage, les enfants... Je ne me suis jamais autant trouvé con qu'à cet instant... Quand tu as quitté la chambre, je suis resté et j'ai lu tes lignes... je me suis même dit : «Si elle revient, je reste...» ... Je n'aurai pas dû suspendre mon avenir à cet ultimatum débile. J'aurais dû partir à ta recherche... Désormais, si je veux rester, je resterai. Il n'y aura plus d'ultimatum. C'est fini les suppositions merdiques et les questions sans réponses ! Maintenant, c'est moi qui donnerait les réponses avant de poser les questions. Et je sais qu'un jour, pas demain, pas dans un mois, mais dans quelques temps, je te demanderai de m'épouser. On va se marier, Bella... Si tu veux de moi comme c'était marqué dans ton cahier, je t'épouserai.

Ce fut incroyable comme en cet instant, mon coeur se serrait et se mettait à battre avec force. Jamais je n'aurai imaginé entendre ça dans sa bouche... Il était revenu pour rester ! Pour réaliser notre rêve... Je me redressais sur mon coude, face à lui, comme piquée au vif, incertaine d'avoir bien entendu... J'étais captivée par ses mots... je voulais les garder en moi toute ma vie...

- C'est ce que tu veux, vraiment ?

- Oui Bella... C'est ce que je veux si tu le veux...

Je perdais ma respiration subitement. On finirait par se marier...

- Oui... C'est ce que je veux !

Ses yeux s'illuminèrent alors, sûrement en reflet des miens. Je n'arrivais pas à y croire... croire que finalement, tout se terminerait bien. J'avais pleuré ce matin et ce soir, j'apprenais qu'on finirait par se dire «oui»...

- Vraiment, Bella ?

Il s'asseyait dans le lit et je suivais son mouvement, attrapant ses mains.

- Oui... Oui, Edward !

Il lâchait mes mains dans un grand sourire et je me jetais à son cou. Ses bras serraient ma taille avec force alors que de nouvelles larmes roulaient sur mes joues.

- Je veux qu'on se marie... qu'on fasse notre vie... qu'on efface tout ce qui a été mauvais...

- Je t'aime Bella... Je t'aime plus que tout au monde...

- Je t'aime Edward... Je te soutiendrai toujours... Tout le temps !

Il m'éloignait de lui et un visage radieux m'apparaissait alors, brillant. Une larme descendait sur sa joue mais il l'effaçait bien vite. Sur ma taille, ses mains tremblaient.

- On va se marier alors...

Je ne pouvais retenir un rire.

- C'est parti pour...

Ses mains remontaient à mon visage et il déposait ses lèvres sur les miennes, accrochant notre amour pour toujours.

- On va se marier !

- Oui ! On va se marier !

Il avait beau me le répéter, je n'arrivais pas à réaliser que d'ici six mois, un an voire deux, je marcherai vêtue d'une robe blanche magnifique comme l'avait été Rosalie, avançant sûrement timidement au bras de Carlisle, rivée sur Edward déjà devant l'autel, une foule de visages plus ou moins connus tournés vers nous.

Il me prenait de nouveau dans ses bras et me serrait, une force encore inconnue collant nos corps l'un contre l'autre. Je passais mes mains dans ses cheveux, fixant ses yeux brillants de plaisir, comme jamais encore je ne les avais vu pétiller. Il m'allongeait sur le matelas. Un léger sourire flottait sur son visage et avec lenteur, il remontait le haut de mon pyjama, déposant des baisers mouillés sur mon ventre nu.

Petit à petit, chaque vêtement de nuit disparaissait de nos corps, laissant place à des baisers humides délicieux et des caresses voluptueuses, grisantes. Il n'y eut plus aucune parole inutile, exceptés des «je t'aime» volés. Ses doigts glissaient sur mes cuisses, caressant chaque courbe de mon corps. Son index stimulait avec délicatesse ma féminité mais j'avais l'impression ce soir que ce n'était plus utile. Je voulais l'essentiel, je le voulais lui. Tout simplement. Sans chichis. Sans excès. Son sexe frôlait ma cuisse alors qu'il pénétrait deux doigts dans mon antre. J'étais déjà prête pour lui... depuis longtemps. J'interrompais difficilement sa caresse qui me procurait énormément de plaisir.

- Viens en moi... Je suis à toi... murmurais-je avec peine, tant mon coeur battait fort.

Ses lèvres se posaient sur les miennes et il attrapait un préservatif dans mon tiroir avant de le déchirer pour le mettre. Il se positionnait entre mes cuisses et me pénétrait en prenant son temps. Lorsqu'il butait au fond de mon corps, nous laissions tous deux échapper un gémissement de plaisir. Il prenait possession de mon âme au plus profond de moi-même. Ses va-et-vient calmes me donnaient l'impression que cette nuit allait s'inscrire dans l'éternité.

Dans notre éternité.

Peu à peu, le plaisir envahissait nos sens et il accélérait en moi. Je le poussais sur le dos et me réinstallais à califourchon sur lui, reprenant notre mouvement. Ses mains sur mes hanches et les miennes sur son torse, nous nous laissions guider par la jouissance, lorsque l'orgasme nous frappait tous les deux, dans des soupirs et halètements stoppés par nos bouches scellées. Je relâchais chacun de mes muscles, engourdie, allongée sur son torse. Nos corps frémissaient de ce plaisir et de nos coeurs battants une chamade désordonnée l'un contre l'autre, savourant ce secret que nous garderions jalousement jusqu'à ce que le jour vienne où nous devrions le dévoiler.

.

Quand le réveil sonnait ce matin-là, je me réveillais avec l'impression d'avoir dormie cent ans. J'étais bien, heureuse de voir le sourire d'Edward endormi. Il était heureux et moi aussi !

En bas, Jasper et Maria prenaient leur petit-déjeuner. Carlisle et Esmé étaient déjà partis travailler. Tous deux me regardaient étrangement et mon frère arborait un large sourire. Jasper sentait tout. Il avait une espèce de don qui faisait qu'il savait quand j'étais bien ou mal. Je me servais mon chocolat et mes céréales. Quelques minutes plus tard, Edward descendait en pyjama en se frottant les yeux. Il me souriait en s'installant à califourchon sur le banc en bois à côté de moi et m'embrassait dans le cou.

- Ah ben ça y est ! Vous émergez...

Nous regardions Jasper qui se retenait de rire.

- Elle a dû être courte la nuit, non ? Elle l'a été pour nous aussi ! On a décidé d'investir dans les boules kiès, cette année ! Je me demande si le lapin blanc d'Alice au pays des merveilles a autant copulé dans sa vie !

- La ferme Jasper !

J'émiettais ma tartine de pain et lui lançais une boulette de mie au visage. Edward souriait, sa main gauche massant mon dos en de petits cercles.

- Sale gosse tiens ! râlait mon frère en me relançant la mie.

Maria levait les yeux au ciel en souriant.

- Il lui en faut peu pour s'amuser...

Nous nous mettions à rire et nous terminions nos petit-déjeuners tous les quatre avant que je prenne ma voiture pour partir au lycée. J'avais hâte qu'Edward revienne. Je ne serai plus seule. Tout recommencerait comme avant...

Les au-revoir furent difficiles, même si ce n'était que quelques heures. Quand je rentrerai ce soir, il sera là. Il m'attendra.

..::..

Point de vue d'Edward.

J'avais passé une bonne partie de ma matinée à vouloir essayer de rattraper mes cours mais j'avais la tête ailleurs. A cette nuit précisément. Je savais que je venais de changer moi-même mon avenir, mais j'en étais heureux ! C'était ce que je voulais et Bella aussi le voulait. Alors, pourquoi attendre ?

La maison des Cullen était calme. Jasper et Maria étaient partis à Seattle pour le tournage et ne reviendraient que ce week-end. Carlisle et Esmé travaillaient, Karlyne était chez sa nourrice et Bella au lycée. J'avais hâte d'y retourner avec elle... Qui l'aurait cru ça ? Mais maintenant que je savais que mon avenir était lié au sien étroitement, je ne voulais plus la perdre des yeux, ne serait-ce que l'espace d'un instant.

Le soir, j'étais heureux de retrouver du monde dans la maison. Comme la veille, Bella et moi ne nous lâchions plus. Elle m'avait ramené les cours d'aujourd'hui et j'avais passé une partie de la soirée à lire ce qui avait été étudié. Kate lui avait fait des photocopies de ses notes et même Tanya, pour les deux cours que j'avais seulement en commun avec elle. Elle m'épatait un peu... Elle changeait elle aussi ! Par contre Irina... c'était peine perdu. En y réfléchissant bien, j'avais vraiment été pathétique... Je n'étais même pas amoureux d'elle ! Je connaissais l'amour maintenant avec Bella. Et ce que j'avais pu ressentir pour Irina, ça me paraissait tellement insignifiant. Et ça, c'était pas plus tard qu'il y a six mois...

Bella et moi allions nous coucher quand Carlisle toquait à la porte.

- Edward... Ta mère rentre à l'hôpital demain à 10h30, tu voudras y aller ?

- Ouais... J'y serai !

- J'ai rendez-vous avec le directeur du lycée à 15h30, je pense que tu pourras reprendre les cours mercredi. Ca serait bien que tu sois avec moi au rendez-vous !

- Pas de problème. J'apporterai le cahier à Charlie avant d'aller à l'hôpital demain.

- Très bien ! Dormez bien ! Bonne nuit chérie !

- Bonne nuit Papa !

Je m'allongeais auprès de ma compagne et mesurais pleinement la chance que j'avais de l'avoir et de savoir qu'elle voulait être mienne à l'avenir. Bella s'écroulait peu de temps après s'être allongée, faisant de moi la personne la plus comblée de pouvoir la voir dormir, bouger, parler. C'était quelque chose dont je ne pourrais jamais me lasser... Jamais ! Plusieurs fois dans la nuit, elle murmurait mon prénom et disait «On va se marier...». J'ignorais que ça la travaillait tant que ça. J'avais vu dans ses yeux tout son bonheur. Si tout se déroulait comme prévu, j'aurais aimé faire d'elle ma femme après le bac, avant la rentrée. Les rentrées universitaires ne débutaient jamais avant mi-septembre, début octobre pour la plupart. Bella serait majeure en Septembre et moi en Juin. Ca aurait été parfait mais le délai un peu bref pour organiser un mariage. Alors, je pense qu'il serait plus sage d'attendre l'année prochaine. Mais après tout, nous n'étions pas pressés. Je savais qu'elle me dirait «oui» une fois que je poserai officiellement le genou à terre devant tout le monde et que je lui offrirai une bague. Là, c'était juste un secret. Un nouveau secret entre nous.

*

J'entrais dans le commissariat, mon cahier noir dans la main. Charlie était derrière son bureau. J'étais heureux qu'il soit seul !

- Bonjour chef Swan !

- Oh, Edward ! Assis-toi... Que me vaut l'honneur de ta visite ?

Ses yeux se portaient déjà sur le cahier noir entre mes mains et je crus voir un sourire satisfait sur ses lèvres.

-Edward, tu laisses ce cahier ici ! Selon le contenu, on verra si tu dois passer une expertise psychologique, mais j'ai bon espoir sur cette hypothèse. On te contacte chez les Cullen ! Reste joignable !

- Bien Chef !

- Sam te convoquera sûrement, vu qu'il est officiellement chargé de l'enquête... Il te demandera sûrement comment tu as retrouvé cette preuve. Tâche de trouver quelque chose de plausible. Alice ne doit pas être mêlée à ça, de près ou de loin, compris ?

- C'est ma meilleure amie, Charlie ! Elle ne plongera pas !

- Je sais ! J'ai confiance en toi ! Mais trouve-toi quelque chose de solide. Sam ne fera pas d'histoires, mais si c'est Gerandy qui t'interroge, prépares-toi ! C'est un fouille merde !

- C'est noté ! Je vais trouver un truc ! Merci pour tout...

- Allez, file !

Je me levais et quittais rapidement le commissariat, réfléchissant à ce que je pourrais bien trouver pour parer aux questions.

*

Quelle galère quand même ! Il était 10h45 quand je me garais devant l'hopital. Un noeud s'était formé dans mon estomac. Mais je devais le faire ! Je n'avais plus le choix ! Je croisais Carlisle dans les couloirs, qui m'informait qu'Elisabeth se trouvait déjà dans sa chambre au service oncologie. Elle n'avait pas été prévenu ni de ma visite, ni de mon retour. A moins que Jerry ne l'ait fait ! Je me dirigeais dans la chambre 127 mais au moment où j'allais toquer, la porte s'ouvrait sur un infirmier en blouse blanche, la cinquantaine, les cheveux bruns et les yeux bleus. Il souriait et avait la tête tournée vers ma mère. Je l'entendais rire.

- Oh ! Oh bonjour jeune homme... Je peux vous aider ?

Sur son badge, il y avait marqué «Eric».

- Oui... en fait je cherche la chambre d'Elisabeth Voltero...

- Vous êtes Edward, je suppose ? J'ai beaucoup entendu parler de vous ! En bien, je vous rassure !

Il me tendait la main et je la serrais. Il avait de la poigne ce type ! Mais il me faisait bonne impression !

- Je n'ai pas eu ce plaisir...

- Je suis Eric. Je suis infirmier ici et je m'occupe souvent de votre maman...

- Oh... D'accord !

- Elle est sage la plupart du temps mais des fois, elle se dissipe pour un rien ! Tâchez de la gronder une bonne fois pour toutes, qu'elle m'obéisse mieux ! Le plus dur est de la faire avaler ses plateaux repas !

- Ils sont dégoutants vos plateaux, Eric ! lançait Elisabeth.

Elle avait la voix joyeuse et ça me donnait envie de sourire. Elle semblait moins fatiguée... Etait-ce bon signe ?

- Vous voyez ce que je vous disais ? Indisciplinée !

- Je vais essayer d'arranger ça, plaisantais-je.
Eric me tapotait le dos et sortait de la chambre.

- Je repasse d'ici une heure, Elisabeth ! Edward, je vous revois bientôt ! Carlisle m'a proposé de venir assister au match des Mariners samedi avec mes deux fils ! Il m'a dit que son gendre venait. Je suppose qu'il parlait de vous !

- Ca doit être quelque chose comme ça, oui !

- Et bien alors à samedi, ou à tout à l'heure si vous êtes encore là !

Il partait dans le couloir. Ce type avait l'air vraiment sympa !

J'entrais dans la chambre et refermais la porte derrière moi.

- Hey, il est cool ce type !

- Edward...

Je me tournais vers ma mère. Elle était allongée dans son lit, un livre fermé posé sous la main, son dossier un peu remonté. Elle semblait choquée, pas tant que ça puisqu'elle avait dû nous entendre. Mais elle était étonnée, c'était certain ! Elle avait également meilleure mine.

- Salut...

- Tu es rentré ? Mais quand ça ?

- Dimanche matin...

Je me sentais tout à coup idiot. Je ne savais plus pourquoi j'étais là... Elisabeth se redressait dans son lit.

- Mais tu... comment...

- Jerry m'a payé le billet retour...

Elisabeth me fixait, visiblement incrédule. Je m'installais sur la chaise à côté du lit. C'était comme si des années et des années s'étaient passées depuis que je ne l'avais plus revu... C'était très étrange... C'était ma mère, et à la fois une inconnue...

- Edward... Je suis... surprise de te voir là...

- Je sais. C'est Carlisle qui m'a dit de venir...

- Oh... Tu es chez eux ?

- Oui...

Elle me regardait, ses yeux naviguant sans cesse.

- Et Bella...

Bella... ma Bella...

- Bella va bien...

- Tu es...

- Oui... Avec elle... Elle m'a pardonné...

- C'est une fille bien !

- Je sais...

- Elle a beaucoup souffert de ton départ...

- Ce sujet est clos, Elisabeth ! On en a parlé elle et moi... On a de nouveaux projets... ensemble...

- Ah... vraiment ?

J'acquiessais. Même si je creuvais d'envie de le hurler sur tous les toits, ça resterait entre elle et moi jusqu'à ce que ce soit nécessaire !

- Je suppose que ça ne me regarde plus...

- Ca te regardera... en temps voulu...

Un petit sourire naissait sur son visage. Je décidais de changer de sujet.

- Il est cool ce type que j'ai croisé là...

- Oui... C'est Eric ! Je l'aime bien...

- Il t'apprécie aussi on dirait. C'est ton infirmier particulier ?

De légères rougeurs envahissaient ses joues. Oh ho...

- Elisabeth ? Est-ce qu'il faudrait que je sache des choses à ce sujet ?

- Non ! Mais tu es bête ! souriait-elle. C'est juste quelqu'un avec lequel je m'entends bien... c'est tout !

Bizarre, bizarre !

- Mouais... Je vais sûrement me renseigner samedi s'il vient au baseball !

- Tu oublies que je suis mariée...

En un instant, c'est comme si la faible passerelle qu'on venait de construire s'écroulait... et je devais encore taper sur les planches de bois effondrées... j'allais la blesser...

- Ca m'est difficile d'oublier ça...

Je me levais et marchais dans l'espace de la chambre.

- Tu t'en vas déjà ?

- Non...

Il fallait que je lui dise !

- Je sors du commissariat et... je vais probablement devoir subir une expertise psychologique...

Je n'entendais rien, alors je me retournais pour la voir. Elle me fixait, comme si elle n'en croyait pas ses oreilles.

- Cette expertise fait suite à un cahier que j'ai tenu en début d'année... sur Marcus...

Elle fronçait les sourcils.

- Sur Marcus ?

J'acquiessais et soufflais un bon coup.

- Elisabeth... je... j'ai été persécuté par Marcus...

- Quoi ? Qu'est-ce que tu me racontes ?

Ses yeux semblaient perdre en intensité. Elle allait me dire de partir !

- Il a passé son temps à me répéter que... j'étais un gamin de merde. Que jamais rien ni personne ne pourrait espérer quelque chose de positif de ma part... Quand j'avais des 7 ou des 8 à l'école, il me disait que si je n'avais pas 11/10, j'étais mauvais. J'ai passé ma vie à me dire que c'était impossible... Et lui, il me disait que si je voulais être un homme, j'irai chercher ce 11 !

Elle fronçait les sourcils mais ne disait rien.

- Ce soir-là où tu as perdu Mrs Kauntz... il était venu me chercher à l'école et j'avais eu 7 en auto-dictée. Tu es rentrée en pleurant et il m'a dit que c'était de ma faute à cause de cette note. J'en ai été malade toute la nuit...

- C'était pour ça que...

- Que j'ai refusé de retourner à l'école pendant trois jours ? Oui ! Que l'école est devenue une terreur pour moi ? Oui. Quand il me gardait les soirs où tu travaillais, il me disait de ne pas m'asseoir à côté de lui, parce que sinon, toute ma merde allait retomber sur lui et que ce n'était pas acceptable, parce que lui était un homme... Il m'a toujours dit que j'avais de la chance que tu sois là mais qu'un jour, un de nous deux partirait. Il a traité Bella de traînée... j'ai explosé. Je l'ai frappé. Il a riposté, il m'a cogné et m'a envoyé valser la tête contre le mur. Quand tu es arrivé, j'avais repris le dessus. Quand tu t'es faite hospitaliser pour ton cancer, il m'a fermé dehors parce que j'étais sorti en boîte et que je suis rentré à deux heures, au lieu de minuit. J'ai dû aller dormir chez Alice. Et ta dernière hospitalisation,Marcus avait bu, il m'a coincé et a balancé sa bouteille de bière sur le mur à côté de ma tête. Il m'a dit d'aller m'enfermer dans ma piaule. Il t'a dit que j'avais fugué et qu'il avait défoncé la porte parce que je ne lui ouvrais pas. Mais j'étais parti chez Bella.

Je m'arrêtais. Elle me regardait, muette. J'ignorais comment elle pouvait se sentir à cet instant. Ce n'était que ma parole contre celle de son mari... Mais si elle avait un temps soit peu d'estime pour moi... de confiance... elle accepterait ma version des faits.

- Je ne te veux pas de mal, Maman. Je t'aime mais... je peux plus être proche de toi tant qu'il sera là... Depuis un moment, je tiens des cahiers sur ça, que je relisais et brûlais quand ils étaient terminés...

- C'était donc ça les choses semblables à des cahiers dans la cheminée ?

Elle savait. Elle les avait vu !

- Souvent, je retrouvais des espèces de cahiers calcinés et illisibles... mais... je croyais que c'était... des vieux brouillons dont Marcus ne se servait plus...

- C'était mes cahiers...

Ses yeux se perdaient dans le vide.

- Il en restait un que je n'avais pas terminé. Je l'ai amené au commissariat. Il est considéré comme preuve... Je voulais que tu le saches...

Elisabeth eut un soupir et appuyait sa tête sur le dossier derrière elle, levant les yeux au plafond. Elle secouait sa tête légèrement de droite à gauche et sa poitrine s'agitait de légers spasmes. Je regrettais d'être venu lui dire ça ici... elle allait entamer un traitement... j'étais très égoiste !

- Tu m'en voudras sûrement toute ta vie... Tu ne me croiras peut-être même pas... mais je voulais te le dire... te donner ma version... et je ne voulais pas que tu l'apprennes par quelqu'un d'autre. Je vais avoir 18 ans et une fois mon bac en poche, je compte me trouver un appartement pour commencer ma vie avec Bella et entrer en fac... Je ne veux pas d'une vie pleine de tourments pour elle. Je veux qu'on parte tous deux sur de bonnes bases. Si je te dis tout aujourd'hui, c'est parce que je le lui dois... Je dois me battre pour notre avenir. Je l'aime c'est tout et... je suis prêt à tout risquer pour elle...

Elisabeth posait ses mains sur son visage et se mettait à pleurer. Je lui avais fait du mal... je le savais ! Mais si la vérité avait éclaté par quelqu'un d'autre, ça aurait été pire. Je n'étais pas soulagé, mais c'était une chose faite.

- Tu m'as toujours dit que je ressemblais à papa... Jerry m'a fait comprendre à quel point on pouvait avoir nos similitudes. Je n'irai jamais faire la guerre comme lui, mais je veux me battre différemment...

Elisabeth relevait la tête vers moi et des larmes roulaient sur ses joues. Elle restait muette de longues minutes. Il était temps pour moi de partir. Alors que j'esquissais un mouvement, elle me tendait la main. Je fronçais les sourcils. C'était comme si une lueur infime s'allumait, commençant à vaincre l'obscurité.

- Pourquoi tu n'as rien dit plus tôt ?

- Je... j'en sais rien mais... peut-être que je n'avais pas de raison de le faire... Là j'en ai une.

Elle éclatait en sanglots, ses mains sur son visage.

- C'est pas possible... c'est pas possible...

- Ca l'est, Elisabeth. C'est ce qui s'est passé.

Elle fermait les yeux et appuyait sa tête contre le dossier du lit à nouveau.

- Je vais te laisser réfléchir à tout ça... Je te demande pas de choisir... mais tu sais juste ce qui s'est passé... du moins tu as ma version...

Je pressais sa main brièvement mais réalisais qu'elle ne la pressait pas en retour. J'étais un peu déçu... mais je comprenais qu'elle ait besoin de temps pour digérer et surtout pour savoir qui elle allait croire...

Je posais ma main sur la poignée.

- Edward... Pourras-tu un jour me pardonner ?

Mon coeur s'accélérait. Je n'étais pas venu pour rien...

- Ca prendra du temps pour tout effacer, Elisabeth... Mais je vais essayer de faire ce tri le plus rapidement possible...

Je la regardais une dernière fois et quittais la pièce, ne sachant même pas si je la reverrai un jour.

*

Pas mal d'élèves tournaient leurs têtes sur notre passage... A 15h30, Carlisle et moi entrions dans le bureau du directeur. Il avait eu vent des rumeurs et m'avait demandé ma version des faits. Certificat médical en main pour mes blessures, je pouvais réintégrer l'école le lendemain même ! En sortant, je me dirigeais vers Bella pour la serrer dans mes bras.

- Tu as parlé à ta maman ?

J'acquiessais, toujours contre elle. Ses mains naviguaient sur mes reins alors qu'Alice, venue aux nouvelles, passait sa main dans mon dos.

- Ca lui a fait un choc... J'aurais pas dû le lui dire à l'hôpital... Même si ton père m'a juré que ça n'influerait pas le traitement... j'ai mal calculé mon coup... Elle a eu l'air assommé...

Bella prenait mon visage en coupe.

- Il fallait qu'elle sache de toute façon... Dans n'importe quel endroit, ça lui aurait fait un choc... Elle t'aime Edward... Ce n'est qu'une question de temps. Elle a besoin d'y réfléchir, d'accord ?

Je fis «oui» de la tête avant de l'embrasser rapidement. La cloche sonnait, elle avait cours de sport. Elle me donnait des photocopies de cours que j'étudierai dans sa volvo en attendant qu'elle sorte.

Ce soir-là, nous grimpions dans la cabane pour nous retrouver, en silence. Je retrouvais ma place et c'était comme si j'avais l'occasion de recommencer ma vie, en laissant derrière moi Elisabeth, qui avait toujours été mon seul repère... C'était un choix et je l'avais fait.

..::..

Point de vue d'Elisabeth.

Tout était dit. On se faisait toujours un scénario des choses, mais c'était à chaque fois pire que ça...

L'ignorance de la situation m'avait fait mal. Mais la vérité encore plus. Des années et des années où je croyais que mon fils avait ce comportement parce que j'avais manqué quelque chose. Oui, j'avais manqué à tout pour lui, surtout de lucidité.

Et j'avais manqué aussi de voir ce qui couvait... Un Marcus différent. Un Marcus qui était capable d'harceler Emmett et Rosalie Cullen pour leur relation. Un Marcus capable de frapper mon fils... de le rabaisser. Edward n'avait jamais eu confiance en lui... mais comment l'aurait-il pu ? J'avais manqué à tout. J'avais laissé mon fils avec mon mari, croyant, qu'à défaut d'être totalement heureux, il serait traité avec respect.

Toute la haine que rejetait Edward dans ses discours quand il s'adressait à lui venait de là... Je ne croyais pas que mon petit garçon puisse être méchant «par plaisir»... Il avait été conditionné pour ça ! Et oui je n'avais rien vu. Mais ce n'était pas moi qui lui avait sans cesse répété qu'il était mauvais. Ca n'excusait rien, je serai toujours la responsable n°1...

Edward ne me pardonnerait pas. En l'espace de six mois, mon fils était devenu un homme, et était parti. Il ne reviendrait pas de son histoire avec Isabella... Ils allaient la vivre cette histoire ensemble... Je ne pouvais espérer qu'une chose : qu'elle sache lui faire oublier tout ce que je n'avais pas su être et faire pour lui...

La porte de la chambre s'ouvrait. Marcus !

- C'est incroyable ça ! Ils veulent me faire faire questionner par un psychiatre ! Tu te rends compte ? Ce connard d'Uley m'a appelé pour me dire qu'ils allaient faire intervenir un psy ! JE NE SUIS PAS FOU ! TOUT CA C'EST LA FAUTE D'EDWARD !

Edward disait la vérité. Je le savais.

- DEGAGES DE LA MARCUS ! TU DEGAGES ! JE NE VEUX PLUS TE VOIR ! TU AS DEUX JOURS POUR FAIRE TES VALISES ET TROIS POUR CONTACTER UN AVOCAT QUI ETABLIRA LES PAPIERS DU DIVORCE !

- QUOI ? MAIS T'ES AUSSI CINGLEE QUE TON FILS TOI C'EST PAS POSSIBLE !

Eric arrivait dans la chambre en courant.

- Hey ! Qu'est-ce qui se passe ici ?

- Il se passe qu'elle pète un plomb ! Administrez-lui un calmant !

Le visage d'Eric devenait rouge.

- C'EST PAS A ELLE QUE J'AI ENVIE D'ADMINISTRER LE CALMANT ! ALLEZ BARREZ-VOUS D'ICI !

Il l'entraînait dehors sous des protestations vigoureuses. C'était terminé ! Dix minutes plus tard, Eric revenait et fermait la porte derrière lui.

- C'est fini Elisabeth... Il ne peut plus accéder à l'hôpital. Carlisle l'a envoyé valser dans la rue ! On va reporter votre séance de radiothérapie à demain... Je vais vous administrer un cachet pour dormir un peu... Et si vous avez besoin de quelque chose, je suis là !

- Est-ce que... vous pouvez rester ?

Il s'installait dans le siège à côté avec un léger sourire.

- Il était hors de question que je m'en aille...