Disclaimer : Comme tout le monde le sait, « Harry Potter » et ses personnages appartiennent à JK Rowling (merci à elle de nous les prêter). Cette histoire, par contre, est à moi.
Je vous le dis encore une fois, je suis désolée d'avoir répondu si tard et si laconiquement à vos messages cette semaine (voir la N/A), alors encore une fois un très grand merci à :
Zeugma, Jasmineetaladin, Constancelcd, Cididy, Arwengeld, Maxine3482, Maria Aria, Juliana, AlouetteL, DinaChhaya TalaNokomis, Emilie09, Daidaiiro, SlythenclOw, Kaouhete, Steph Rogue, Guest, Emma, et Fanny
A tous ceux qui ont mis cette histoire en favoris ou en alerte, et à tous les lecteurs anonymes, merci à vous aussi… mais pensez qu'une petite review, en plus, serait énormément appréciée, à la fois par l'auteur… et par sa muse (une petite motivation supplémentaire est tout ce qui lui suffit, certains jours, pour « relancer la machine » ! )
N/A : Vous me pardonnerez peut-être, lorsque vous saurez que c'est aussi pour terminer de vous écrire un petit chapitre, entre deux cours, répétitions ou réunions…
Désolée s'il reste quelques fautes ou incohérences, j'ai eu moins de temps pour me relire.
Encore une fois, le prochain chapitre est, comme celui-ci, sous toute réserve !
Enjoy & Review !
Inquiétudes
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« Monsieur,
J'ai rencontré Remus Lupin, ce soir à Poudlard, il m'a raconté ce qui est arrivé cet après-midi à Spinner's End. Je pense qu'il était venu, avec un autre de leurs amis, pour prévenir le professeur Dumbledore ce que qu'il s'est passé, en sa qualité de président du Magenmagot, afin de prévenir tout ennui à Potter, au cas où vous ou Severus décideriez de porter plainte. Mais là n'est pas mon propos principal.
Je vous écris à vous, parce que je sais que Severus en voudrait à Lupin de m'avoir mise au courant de ce qui lui est arrivé. Or, pour plusieurs raisons, je tiens particulièrement à ce que ces deux-là restent en bons termes.
S'il vous plait, donnez-moi de ses nouvelles ! Remus m'a assuré qu'il allait bien lorsqu'il est parti, mais je connais les effets du Doloris, et je connais Severus et son habitude de minimiser ses problèmes, et de refuser de montrer ses faiblesses. Je me fais du souci pour lui.
Merci d'avoir pris soin de lui. Je sais ce qu'il lui en coute de se sentir redevable de quelque chose, et famille ou pas, il devait être vraiment mal en point pour avoir fait appel à vous.
S'il vous plait, ne me laissez pas dans l'incertitude !
Harmony »
En rentrant dans sa chambre, essoufflée après sa course pour revenir de la volière avant le couvre-feu, elle s'était laissé tomber sur le fauteuil, libérant enfin les larmes qu'elle avait retenues pendant la visite de Lupin et le temps d'écrire sa courte missive à Tiberius. Au bout d'un long moment passé dans une espèce d'état second qui avait progressivement remplacé les larmes, elle frotta ses yeux fatigués avant de lancer un Tempus. Étirant ses muscles ankylosés, elle se leva, étonnée de voir qu'il était déjà plus de minuit. Elle s'apprêtait à rejoindre la salle de bains, avant d'aller se coucher, lorsqu'elle entendit le tambourinement caractéristique d'un bec d'oiseau contre le carreau de sa fenêtre. Fronçant les sourcils, les hiboux n'étaient généralement autorisés à délivrer le courrier que pendant le petit déjeuner, elle alla ouvrir et se trouva nez à bec avec « Hermod ! Mon pauvre chou, dans quel état tu es… » Les hiboux magiques avaient une faculté qui s'apparentait au Transplanage et pouvaient, en cas de courrier urgent, parcourir de longues distances en très peu de temps, mais cela était très éprouvant pour eux. Le pauvre oiseau avait l'air épuisé. Elle s'empressa de le faire entrer et de l'installer sur le perchoir qu'elle avait fait apparaître, près de la cheminée, ouvrant pour lui la boîte de biscuits, préparés par Nela, que Missy avait glissée dans sa valise, avant d'ouvrir la missive.
« Ma chère Harmony,
Je comprends votre anxiété et afin que vous puissiez trouver un peu de repos (si vous connaissez bien Severus, je pense moi-aussi avoir cerné votre propre caractère), je vous réponds immédiatement. Je renverrai le hibou à Poudlard demain matin, lorsqu'il aura récupéré, et vous comprendrez que si je vous envoie ce mot par Hermod, c'est que Severus est avec moi, en parfaite sécurité, et, sinon en aussi parfaite santé, tout au moins en bon état.
J'ai soigné ses blessures, et Vitellius les séquelles du Doloris. Cette tête de mule n'a bien entendu rien voulu entendre de la proposition de repousser ses examens d'une semaine, mais il n'a pas pu échapper à une journée de repos forcé, et je l'ai emmené d'office au manoir, où je veillerai à son complet rétablissement avant de le ramener moi-même à Oxford après-demain. Vous voilà rassurée ?
Bien entendu, il ne sait rien de notre petit échange épistolaire. A ce propos, je vous suis reconnaissant pour m'avoir, même involontairement, offert le nom de ce James qu'il refusait obstinément de me livrer. J'ai vaguement connu Fleamont Potter, dans le petit monde des potions, tout le monde se connait plus ou moins. C'était quelqu'un de bien, et je suis peiné de voir que son rejeton puisse se comporter de cette manière. Severus a refusé de me confier les réels aboutissants de cette affaire, et pour le moment, je préfère ne pas le buter, mais je pense que vous et moi devrons un jour avoir une petite discussion à ce sujet. J'ai en effet l'intuition que vous savez plus ou moins de quoi il retourne, et si j'accepte de ne pas insister auprès de lui sur ce qu'il s'est passé aujourd'hui, je refuse que cela puisse éventuellement se reproduire.
Je peux comprendre les rivalités ou les jalousies qui existent entre adolescents, surtout si l'affection d'une jeune personne est en jeu. Pardonnez-moi mon apparente brutalité, mais vous avez l'air de connaître cette Lily, et d'être en bons termes avec elle… Mais dans ce cas particulier, quoi qu'il y ait pu avoir auparavant entre eux, James Potter a dépassé les bornes de ce qui peut être tolérable.
Maintenant, ma chère enfant, allez dormir l'esprit tranquille, et concentrez-vous sur vos examens. Je me charge de Severus, et Vitellius m'a déjà promis de garder un œil sur lui, à Oxford. J'essayerai de le convaincre de vous écrire un mot, demain, en faisant valoir que nous ne pourrons pas vous cacher ce qui est arrivé bien longtemps, et qu'il vaudrait mieux pour lui qu'il vous l'explique lui-même… sans vouloir vous offenser, bien sûr !
Je vous souhaite toute la chance possible pour vos ASPICs et j'espère vous voir très bientôt tous les deux au manoir, pour fêter vos succès respectifs.
Tiberius Prince »
Enfin soulagée du poids qui pesait sur sa poitrine, Hermione ne put s'empêcher d'éclater d'un rire nerveux à la lecture de certains passages de la missive. Était-elle, elle aussi, vraiment aussi effrayante que Remus avait insinué que Lily pouvait l'être, lorsqu'elle était contrariée ? Au passage, elle caressa la tête d'Hermod, qui la regardait entre ses paupières à moitié fermés. Maintenant, elle pourrait trouver le sommeil.
…
Albus Dumbledore était inquiet. Black semblait avoir compris la leçon, trois ans auparavant. Même s'il n'avait pas été puni à la hauteur de sa faute, le professeur ne lui avait pas caché qu'il ne tolèrerait plus aucune 'plaisanterie' qui pourrait porter atteinte à l'intégrité physique, sans parler de la vie, d'un autre étudiant… fût-il issu de Serpentard et la némésis personnelle du petit groupe de Gryffondors qui se faisait appeler les Maraudeurs. A postériori, il s'en était un peu voulu de son comportement envers le jeune Snape, mais au-delà de la rivalité des garçons, il en allait à l'époque de la liberté et peut-être de la vie de Lupin, sans compter de son poste à la fois au sein du Magenmagot et à la tête de Poudlard. Il aurait peut-être été préférable de jeter un Obliviate au garçon et à Poppy, mais il n'avait pu se résoudre à aller jusque-là.
Il avait pensé qu'avec l'âge, les Maraudeurs mettraient un peu de plomb dans la cervelle et cesserait leurs enfantillages. Un an plus tard, il avait déchanté. Certes cette fois ils n'avaient pas attenté à la vie de Snape, mais ce qu'ils avaient fait était presque aussi grave lorsqu'il s'agissait d'un Serpentard déjà trop proche des idées de Voldemort. En l'humiliant aussi spectaculairement devant la moitié de l'école, ils l'avaient non seulement poussé un peu plus loin dans son ressentiment, mais aussi à un point de non-retour sur la pente glissante qui menait à l'Ombre. Et ceci d'autant plus que la seule chose qui retenait jusqu'alors le jeune homme lui avait aussi été arrachée. Certes, l'insulte faite à miss Evans était immense, mais les circonstances auraient dû rendre la jeune fille plus indulgente… Il soupira avec lassitude. Il aurait pourtant dû se souvenir que la manière de voir la vie des adolescents était bien différente de l'expérience qu'une centaine d'années d'existence pouvait apporter. N'avait-il donc rien appris de ses propres erreurs ?
Il avait toujours, systématiquement, pris leur défense, et tout aussi systématiquement ignoré les avertissements de Poppy Pomfresh, qui avait été la seule à déceler la détresse et surtout les conditions qui avaient été le quotidien de l'enfance du jeune Snape et avaient contribué à forger son caractère. Sombre, ombrageux et solitaire. Il avait volontairement voulu ignorer les raisons de leur inimitié, préférant penser qu'il s'agissait d'une vulgaire histoire de rivalité entre adolescents. Il se rendait compte, maintenant, qu'en punissant pas les Maraudeurs, non seulement il les avait encouragés à continuer, mais qu'à leurs yeux, il avait aussi en quelque sorte cautionné leurs exactions. Au fil des années, le harcèlement, qui s'était d'abord manifesté par des paroles ou des disputes, avait pris des proportions désastreuses et s'était mué en provocations ou attaques presque journalières… sauf que depuis que Lily Evans n'était plus à ses côtés pour le retenir, Severus Snape rendait coup pour coup. Mais aussi doué soit-il, à un contre quatre, ses chances de l'emporter étaient limitées, et lorsque le Serpentard était forcé d'aller à l'infirmerie, ne pouvant parfois pas faire autrement, Poppy remarquait régulièrement de nouveaux stigmates, qui eux, ne pouvaient avoir été causés par son père. Il alléguait alors de simples accidents, et lui, Albus Dumbledore, qui aurait dû être le garant de la sécurité et du bien-être de tous ses élèves, s'empressait de saisir l'explication simpliste, pour ne pas punir ceux qu'il savait pertinemment être les véritables responsables.
Nommer Lupin Préfet avait été un mauvais calcul. Il n'avait pas tenu compte d'à quel point le jeune homme se sentait redevable envers ses amis. Jamais il n'aurait osé s'opposer bien longtemps à eux, et de fait, si le plus souvent, il ne participait pas activement à leurs méfaits, il ne faisait pas grand-chose, non plus, pour les en empêcher. Le fait que ce soir, Black ait accompagné Lupin l'avait alerté avant qu'ils ne lui révèlent les faits. Si même son meilleur ami et complice de toujours désapprouvait ce qu'il avait fait, ce devait être particulièrement grave ! Il avait, et là aussi il s'apercevait qu'il s'était trompé, supposé qu'une fois qu'ils auraient tous quitté Poudlard, les jeunes gens cesseraient ce qu'il avait trop longtemps appelé 'leurs enfantillages'. Pendant un an, cela avait semblé être le cas. Miss Evans s'était fiancé à Potter, et Snape avait commencé un apprentissage à Oxford. Mais aujourd'hui… aujourd'hui James Potter avait dépassé les bornes. Aujourd'hui, non content de s'acharner physiquement sur lui sans aucune raison valable, James Potter avait utilisé un Impardonnable sur un homme à terre, blessé et désarmé, sur la seule suspicion que sa fiancée était allée rendre visite à celui qui avait été son meilleur ami pendant sept ans. Jusqu'où serait-il allé si Remus, pris d'un doute, ne l'avait pas suivi ? Même Sirius avait été assez inquiet et apparemment choqué, pour venir aussi à Poudlard le supplier d'intervenir en faveur de son ami, en cas de problème.
Le comportement de Potter n'était pas sa seule préoccupation. Il avait remarqué que la jeune américaine inscrite aux ASPICs était arrivée dans la grande salle en discutant avec le plus jeune des Black, qu'il soupçonnait fort de déjà porter la Marque des Ténèbres malgré son jeune âge. Elle semblait en effet bien le connaitre, et s'était installée à la table de Serpentard.
En bon Gryffondor et leader du tout nouveau Ordre du Phénix, Dumbledore s'en était alarmé, mais il avait aussi remarqué qu'il n'était pas le seul à jeter de fréquents coup-d'œil de ce côté, et lorsque Lupin s'était levé, et avait à son tour quitté la Grande Salle, suivant de près la jeune fille, il avait commencé à soupçonner que l'affaire était peut-être plus complexe qu'il n'y paraissait. Sirius avait à son tour quitté la table, échappant ainsi à un interrogatoire, sous le prétexte d'aller saluer son frère, et les deux jeunes gens avaient quitté Poudlard dès le retour de Remus dans la Grande Salle.
Un peu plus tard, dans son bureau, il avait reçu le rapport du chevalier en armure. Il semblait évident qu'Harmony Granger était la compagne de Severus Snape, et que Lupin le savait, et l'avait suivie pour l'informer de ce qui était arrivé. Étrangement, la jeune fille semblait tout aussi familière des Maraudeurs et de Lily Evans, que de Regulus Black. Hélas, il n'avait rien pu apprendre de plus après qu'ils soient entrés dans sa chambre. Les tableaux étaient, d'après leurs propres dires, enfermés au fond d'un placard, et avaient de plus, été empêchés d'entendre par un étrange bourdonnement, qui s'était déclenché à l'entrée des jeunes gens.
Oui Albus Dumbledore était inquiet… et passablement contrarié.
…
Après la lettre de Tiberius et une dose de potion anti-migraine, Hermione avait réussi à dormir d'un sommeil à peu près paisible, et le miroir de la salle de bains lui renvoya l'image d'un visage reposé. Ce qui ne l'empêchait pas de bouillir intérieurement de colère contre James Potter. Avant de descendre dans la Grande Salle pour le petit déjeuner, elle renvoya Hermod avec un mot de remerciement pour Tiberius, et renforça ses boucliers, reléguant au fond de son esprit tout ce qui ne concernait pas ses épreuves de la journée. Empoignant son sac, qui ne contenait que du matériel d'écriture et des feuilles de brouillon, elle glissa la lettre qu'elle avait reçue la veille entre les pages d'un livre, avant de quitter sa chambre.
Assise à côté de Regulus, elle laissait errer son regard dans la salle, n'écoutant que d'une oreille ce que lui disait le jeune homme. Soudain, un sentiment de malaise l'envahit. Elle se sentait observée. Elle leva la tête, et rencontra les yeux du directeur fixés sur elle. Ni joyeux, ni pétulants, ils étaient pensifs et spéculateurs. Elle ressentit un fourmillement familier, et éleva volontairement des boucliers solides mais sans aucune finesse. Si elle ne pouvait lui cacher qu'elle était capable de percevoir une intrusion et de la bloquer, elle n'avait pas encore le talent de Severus à rendre son Occlumencie indétectable, et elle ne voulait pas non plus lui montrer jusqu'à quel point elle maîtrisait cette capacité ! L'arrivée des hiboux détourna son attention du directeur, lorsque l'un d'eux vint se poser devant son assiette, lui tendant la patte.
Après avoir détaché la lettre et laissé l'oiseau finir les reliefs de son petit déjeuner, elle décacheta le parchemin et un sourire heureux ne tarda pas à venir éclairer son visage. Regulus gloussa.
—Ce serait trop demander que ce soient les résultats de l'épreuve d'Arithmancie, je suppose ? Mais Severus n'a jamais approuvé les tricheurs.
Hermione lui tira la langue en se levant.
—Mauvaise langue ! Tu ne mérites pas que je te dise, mais monsieur Grincheux t'envoie le bonjour. Bon, ce n'est pas tout, mais on a un examen à passer, tu ferais mieux de te dépêcher de finir ton jus de citrouille, si tu ne veux pas être en retard !
Fuyant la salle, Regulus et le regard de Dumbledore, elle se réfugia sur un petit banc au soleil, isolé par une haie de verdure, pour relire le mot tranquillement.
« Chère Hermony,
Je suis certain que tout va bien se passer, et que tu vas tous les écraser ! Oublie ton Epouvantard, il n'a aucune raison d'exister, MOI, j'ai entièrement confiance en tes capacités. Et si ça peut t'aider à garder le moral, je peux te promettre que je penserai à toi... de toute façon, aujourd'hui, je n'aurai rien d'autre à faire.
A ce propos, j'oubliais, j'ai eu un petit accident, hier, rien de grave, et qui puisse te tracasser. Je vais parfaitement bien. Je te raconterai ça à ton retour, mais Maître Stoke a trouvé pertinent de demander que la suite de mes examens soit décalée d'un jour.
Donne le bonjour pour moi à Regulus.
Avec toute mon affection,
Severus »
Elle retraça du doigt les derniers mots… Toute son affection ? Était-ce une précaution, pour garder leur couverture, au cas où quelqu'un lirait cette lettre ? Dans un accès d'optimisme, elle décida que la réponse était non, et c'est le cœur léger qu'elle prit le chemin de la salle d'examen. Sur le chemin, elle ne put s'empêcher de pouffer : Tiberius avait effectivement réussi à convaincre Severus de lui écrire, et on pouvait difficilement faire plus laconique. Le sarcasme du ''de toute façon, aujourd'hui, je n'aurai rien d'autre à faire'' lui fit lever les yeux au ciel. Quant au ''petit accident'', il se passait de commentaire.
TBC
Un 'tit Lumos pour me soutenir le moral ? (ou au choix, un retourneur de temps pour me donner le temps de vous écrire la suite très vite)
