- Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais je remercie l'esprit du Temps aujourd'hui. Souffla Ginny.

- Tu quoi ? S'étouffa Voldemort.

- Oui, je... je ne sais pas si c'est le fait d'avoir accoucher, ou d'avoir retrouvé notre fille, mais je la remercie.

Face à elle, le mage noir déglutit, un air étrange collé sur le visage.

- Tu dois être plus épuisée que je ne le pensais.

- Non, je suis sérieuse. On a traversé d'affreux malheurs à cause d'elle, mais en fin de compte, tout ne s'est pas mal terminé. Tu es là. Katherine aussi. Et notre fils... notre fils est magnifique. Dit-elle, un immense sourire sur le visage en admirant son bébé endormi contre sa poitrine.

- Au cas où tu l'aurais oublié, on a tous failli y rester. Toi, moi, Magnus, Kathe...

- Mais au final, on est tous en vie. Et ensemble. C'est tout ce qui importe pour le moment. Pas le passé, pas le futur... jute maintenant.

Sur ce point, et devant l'air radieux de la jeune femme, le Mage n'osa répliquer. D'un certain point de vu, elle n'avait pas tort. Ils étaient enfin réunis. Assis à côté de Ginny sur sa méridienne, il ne l'avait jamais vu aussi heureuse qu'à cet instant. Malgré sa pâleur, ses traits tirés, et ses cernes, elle portait sur elle une joie et un sourire, qui aurait pu mettre un terme à toutes les guerres du monde. Les douleurs et l'angoisse de l'accouchement ne l'avaient pas suivi hors de la Chambre des Secrets, inhibés par son bonheur de porter enfin dans ses bras, leur enfant tant attendu. Leur miracle. Et Voldemort devait bien le reconnaître, il n'avait pas été le seul de la soirée. Leur fille était là aussi. Assise devant Ron et Harry, cette dernière les grondait ouvertement tandis qu'elle essayait de désinfecter leurs plaies sans qu'ils ne bougent. Une image étrange, mais amusante qui hypnotisait Ginny autant que les gazouillements endormis de son fils. L'entendre leur rouspéter après, ne faisait qu'exacerber sa ressemblance déjà flagrante avec sa mère, à tel point que c'en était devenu presque déroutant. Leurs sourires, leurs disputes... tout paraissait n'être qu'un copié collé. Mais étonnement, une autre ressemblance ressortait du lot. Celle de Katherine et de son double plus jeune. En soit, ce n'était pas si surprenant. Les deux avaient le même âge et nier la ressemblance aurait été idiote. Katherine portait sur elle, les traits de Jedusor, presque plus que ceux de Voldemort. La même flamme insolente brillait dans leur regard, d'une juvénilité égale, et d'un potentiel tout aussi commun que dévastateur.

Assis à côté d'elle, ce dernier essayait de reprendre son souffle. Après cette soirée et le retour brutal de ses souvenirs, Jedusor ne savait plus trop où il en était. Bien heureux d'être sorti de son état d'ignorance forcé, il n'en demeurait pas moins ébranlé. Ce soir, il avait mis son futur fils au monde. Et cet acte, l'avait plus bouleversé qu'aucune des découvertes qu'il avait pu faire. Sentir la vie de son héritier entre ses mains, le voir prendre son premier souffle, et respirer dans ses bras, lui avait ôter tout mot et toute pensée. N'était resté que lui. Magnus. Son fils. Et puis, il avait vu son double et Ginny le prendre à leur tour, et devant lui s'était alors peint son avenir. Un futur que pour la première de toute sa vie, il avait envié. Sans parler de sa stupéfaction, et de son admiration face à sa future fille. Jamais il n'avait affronté pareil adversaire de sa vie. D'abord gêné d'avoir essayé de la tuer, la jeune femme ne s'en était pas formalisée. Au contraire, et à sa plus grande surprise, elle lui avait offert un sourire enjoué, ainsi que des remerciements sincères pour ce qu'il avait fait. Un revirement de comportement qui l'avait étonné, alors que qu'il y a une heure à peine, ils avaient essayé de s'entre tuer. Mais leur combat, n'avait pu que lui démontrer sa puissance incroyable. Elle pratiquait la magie sans baguette, plus habilement que quiconque dans cette école et peut- être même le monde entier : elle parvenait à invoquer des Feudeymons et à s'en protéger, les deux en même temps ; et contre toute attente, elle avait réussi à le repousser avec presque uniquement de la magie défensive. Un exploit difficile à croire pour son jeune âge, mais qui lui prédisait un avenir tout aussi radieux qu'impressionnant. Un autre trait de famille qui avait touché, et attendrit son cœur sans qu'il ne puisse rien y faire. Une forme de fierté était même apparue en lui. Après tout, qui ne l'aurait pas été en sachant que sa descendance serait aussi, voire plus puissante, que lui. Et puis, d'une certaine façon, trouver des points communs avec Katherine, le rapprochait de cette réalité de famille auquel il avait encore du mal à croire aujourd'hui. Une réalité qui, plus le temps passait, le dérangeait de moins en moins.

Un peu plus loin, et dans un autre registre émotionnel, on pouvait voir Rosalie pleurer dans les bras de ses parents, tout aussi émut qu'elle, si ce n'est plus. La Malfoy n'avait survécu à leur voyage que pour ces instants. Ceux de retrouver les bras aimant de sa mère, et le regard fière de son père. Mais jusqu'à ce qu'elle rencontre Harry et Ron, ces derniers se trouvaient pour elle, soixante-dix ans plus loin. Or aujourd'hui, ils étaient là. Plus jeunes, étonnés et bouleversés, mais quand même là. Tout en retenant mal ses sanglots, la jeune femme parlait inlassablement, incapable de reprendre son souffle entre ses monologues. Elle voulait tout leur dire d'elle, de sa vie, d'eux et du futur, mâchant parfois ses mots à travers ses larmes. Un vrai moulin à parole, identique à Hermione, mais en blonde ; et qui ne put que faire sourire ses parents Ce n'est que quand qu'elle eut enfin fini, et que tout en essuyant ses joues rougies de larmes d'un revers de manches, la Granger renifla dans un soupire inespéré et dit.

- Alors... alors ils sont ici ? Kai, Scorpius et...

- Magnus... oui. Du moins, c'est ce qu'on a découvert dans le futur. Répondit sa fille le cœur gros. C'est pour ça que nous sommes venus. Pour les ramener.

- Vous avez donc un moyen de rentrer ?! S'exclama alors Drago.

- T'emballes pas Malfoy. On a déjà demandé. Intervînt Ron entre deux grimaces douloureuses.

- On a des pistes. Précisa Katherine en continuant ses bandages. Mais rien de bien précis pour le moment...

- Attendez, vous... vous avez débarqué soixante-dix ans dans le passé sans assurance de rentrer un jour ?! S'étouffa Ginny.

- Te fatigue pas non plus sœurette. On leur a déjà fait la morale là-dessus. Vos gosses sont tous des têtes de mules.

Katherine et Rosalie grimacèrent, incapable de le contredire à ce propos. Il était vrai que venir sur un coup de tête, n'avait pas été leur plus grande idée.

- Toujours est-il que oui, ils sont bien là, quelque part dehors. Continua la rousse. La question est maintenant, de savoir où.

- Les localiser ne devrait pas être difficile. Dit Voldemort.

- On a déjà tout essayé, mais rien ne marche. De toute évidence, ils ne veulent pas qu'on les retrouve.

- Mais pourquoi ?

- Etre localisable en pleine guerre est la façon la plus rapide de se faire tuer. Ils le savent, et sont trop malin pour se laisser prendre.

- Tellement malin qu'ils nous empêchent de les retrouver... soupira Harry.

- Attendez, il y a truc que je ne comprends pas. Dit Ginny. On est en 1944 depuis le début, comment on a fait pour les manquer ?! Et puis, ils savent pertinemment qu'à cet époque, Tom est scolarisé à Poudlard, alors pourquoi ne pas être venus ici, comme nous l'avons fait ?

- Même dans la dimension parallèle, ils ont toujours craint de changer le futur. Je doute qu'ils aient changé d'opinion en arrivant ici. Dit Drago.

- Mais ça aurait été le choix le plus logique ! Ils sont coincés ici eux aussi, et Tom est le seul lien qu'ils ont avec leur époque.

- Mais c'est aussi notre père ; du moins, en sens. Répliqua Katherine. Les garçons savent à quel point il était imprévisible à cette époque et ils n'auraient pas pris le risque de lui révéler quoi que ce soit, et de mettre notre avenir.

- Alors où sont-ils dans ce cas ?

- Ce qui est sûr, c'est qu'ils n'errent pas quelque part en attendant que la solution leur tombe du ciel. Où qu'ils soient, ils ont une idée derrière la tête. Dit Rosalie.

- On ne peut pas dire que ça rétrécisse notre champ de recherche...

- Peut-être que si justement.

La remarque de Jedusor surpris tout le monde, aussi bien par sa prise de parole que par l'air très sérieux qui l'habitait à cet instant. Loin de ne pas avoir écouté tout ce qui s'était dit, une évidence lui était apparu. De ce qu'il avait compris, Magnus, Kai et Scorpius étaient tous leurs "enfants", aussi il paraissait illogique qu'ils n'aient pas eu, eux aussi, l'idée de venir à Poudlard. Sauf si une autre alternative s'étaient présentée à eux. Une alternative qui les aurait protégés du risque d'influencer leur propre existence, et les lignes temporelles.

- Pardon ?

- Vous êtes venu ici, parce que vous pensiez que mes pouvoirs vous aideraient à rentrer chez vous. Continua-t-il embrasé par sa théorie. Ma puissance vous a attiré à moi. Et si je me fie à ce que vous dîtes sur eux, il aurait été normal qu'ils fassent la même chose.

- Oui, mais ce n'est pas le cas.

- Exactement ! Cela ne veut donc dire qu'une chose : ils ont trouvé un moyen de s'en passer.

- Et donc ?

- Je dois vraiment tout t'expliquer Wisppert ?! Soupira-t-il dépité.

- Weasley !

- C'est pareil.

- Attends, tu penses qu'ils ont trouvé quelque chose d'autre ? Comprit Ginny. Un échappatoir ?

- Pas quelque chose, mais quelqu'un d'autre. Un sorcier tout aussi puissant, chez qui ils pensent trouver un moyen de rentrer dans leur époque.

- On sait déjà que ce n'est pas Dumbledore. Ils seraient venus à Poudlard, et on les y aurait senti.

- Alors qui ?! Ce n'est pas comme si la liste était très longue.

- Quand nous avons commencé nos recherches, Terrence à entendu des fidèles de Grindelwald parler entre eux. Ils disaient avoir rencontrés des sorciers incroyablement puissants en Ecosse. C'est pour ça que nous sommes partis là-bas. On pensait que c'était eux. Déclara Katherine.

- Qu'est-ce qui vous fait penser contraire ? Demanda Hermione.

- Et bien, on l'ignorait à ce moment-là, mais c'était le repère de Grindelwald. Et puis il a explosé. Ça nous a fait reconsidérer la chose. Grimaça la blonde.

- Où peut-être que vous aviez raison. Souffla alors Voldermort.

- Comment-ça ?

Le mage Noir déglutit, le cerveau en ébullition par la théorie qui se jouait dans son esprit et qui se concrétisait à mesure que le puzzle se dévoilait.

- Il n'existe que peu de sorciers suffisamment puissants en ce monde pour attirer trois voyageurs temporels comme eux. Moi, de toute évidence ; Dumbledore et...

- Grindelwald.

C'est Harry, qui avait soufflé à voix haute le nom auquel tout le monde avait pensé. Le seul, qui avait réussi à comprendre l'horreur du scénario qui s'orchestrait.

- Oh Seigneur...

- Attendez. Bégaya Hermione pétrifiée. Vous... vous n'êtes pas sérieusement entrain de penser que Magnus, Kai et Scorpius sont allés...

- Ça tomberait sous le sens.

- Non ! S'écria-t-elle. C'est...

- Vous êtes bien devenus mes fidèles pour m'approcher. Dit Jedusor. Qu'ils aient fait la même chose avec lui, ne serait pas étonnant.

- Mais... c'est...

- Granger, réfléchit ! Toi, Drago, Blaise et Ginny avez une grande valeur pour quelqu'un comme moi. Reprit-il convaincu. Vous êtes entraînés, résistants, endurants, et avez la faculté de littéralement prédire l'avenir. Alors, imagine ce que trois autres soldats du futur, doublement puissant et prêt à tout, vaudraient pour quelqu'un comme Grindelwald. Ils seraient des fidèles parfaits. Des atouts redoutables pour une guerre contre Dumbledore.

- Il a raison. Souffla Rosalie livide. Je ne me suis jamais sentie aussi proche de Scorpius que quand nous étions en Ecosse. Il... il devait sûrement y être.

- Mais ce repère a été détruit. Dit Katherine. Un événement a précipité Dumbledore là-bas.

- Sa montée en puissance. Souffla Ron, une éclaire de génie dans le regard. Depuis des mois, on entend parler des ravages qu'il fait au monde. Au début je pensais que c'était juste les journaux qui exagéraient le tout, mais si c'était vrai ? Si Grindelwald était vraiment devenu plus puissant qu'il ne l'aurait dû ?

- Alors le cours de chose aurait été modifié. Dit Ginny. Ça expliquerait aussi pourquoi Dumbledore l'a attaqué. C'était une décision impulsive, guidée par la peur de le voir devenir insubmersible.

- Mais ça a échoué ! Grindelwald est peut-être tapis dans l'ombre et blessé, mais il est toujours en vie.

- Ses fidèles le font passer pour un martyre et continuent de recruter. Déclara Harry inquiet. Ils étendent son empire, consolident ses acquis, et répandent terreur et désolation avant sa réapparition. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne fasse une attaque de masse pour marquer son retour.

- Ça explique l'intérêt de Dumbledore pour Magnus. Déglutit Ginny. Il est tellement désespéré qu'il ne pense pas pouvoir le vaincre sans le sacrifice d'un autre puissant sorcier.

- Sauf que techniquement, ce sorcier est le même qui aide Grindelwald à détruire le monde. Hallucina Ron dépité.

- Vous pensez vraiment que c'est ce qu'ils font ? Demanda Hermione incertaine, et les mains de nouveau tremblantes. Je veux dire... c'est assez extrême...

- S'ils sont convaincus que Grindelwald est la clé qui leur permettra de rentrer chez nous, alors oui... dit Rosalie. Ils ne reculeraient devant rien.

- Mais les vies d'innocent sont en jeu !

- Tatie je t'adore, mais il faut vraiment que tu ouvres les yeux. Grimaça Katherine dans un élan néanmoins bienveillant. Ils seraient prêts à laisser le monde brûler pour vous retrouver. Pour rentrer chez nous.

- Quelque chose me dit que c'est déjà ce qu'ils sont en train de faire...


- J'ai trouvé quelque chose. Mais je ne suis pas sûr que ça vous plaire...

- Déjà ? S'étonna Ginny en voyant Terrence rentrer dans la salle sur demande. Mais tu es parti il y a moins d'une heure !

- C'est ce qui s'appelle être doué. Sourit-il en coin.

- Et avoir la grosse tête. Grimaça Katherine en lui tirant la langue.

Terrence ricana, mais perdit bien vite son sourire quand il fallut faire un compte rendu à ses amis. Etant espion, il n'était pas étonnant que ce soit lui que Voldemort ait mandaté pour aller recueillir d'avantage d'information sur la guerre et Grindelwald. Depuis que leur théorie sur Kai, Magnus et Scorpius s'était concrétisée, aucun d'eux n'étaient parvenus à trouver le sommeil. Même Blaise, qui aurait dû dormir 20h par jour à cause de ses somnifères magiques, n'avait pas pu s'y résoudre. Les temps étaient trop tourmentés pour se reposer, et cela, ils l'avaient tous comprit. Quelque part dehors, leurs enfants et amis, participaient et aidaient à la victoire d'un des plus grands mages de l'histoire dans le but presque naïf, que sa magie leur permettrait de rentrer chez eux. Une utopie qui risquait plus de les mener à la catastrophe, qu'au miracle. Dans leur inquiétude cependant, seul Magnus réussissait à fermer l'œil. Une constatation étonnante pour un nourrisson, qui en moins d'une journée, avait plus dormi qu'eux en plusieurs jours d'affilés. Du moins, si on ne comptait par Ron et ses siestes ronflantes sur le canapé. L'enfant, au plus grand bonheur de tous, était en pleine santé et était bien la seule lumière qui éclairait leurs visages moroses. Ses gazouillements amusés et son regard étincelant, avait su ravir le cœur de chacun d'eux, à tel point, qu'ils ne pouvaient se passer de veiller sur lui. Maintenant que la machination de Dumbledore avait pris tout son sens, ils avaient cessé de compter le nombre de sortilèges de protection qu'ils avaient placé sur lui et sur la Salle, l'idée d'être découvert, les rendant plus malades que tout le reste. Du moins, pour le moment ; car Terrence le craignait, il apportait des nouvelles plus nauséeuses encore. La bouche pâteuse, il regarda ses mains qui tenaient l'exemplaire du journal du jour. Un simple de papier trouvé sur un banc à Pré-au-Lard, mais qui, il le redoutait, signifiait bien plus.

- Jedusor et le maître ne sont pas là ? Demanda-t-il en ne voyant que ses oncles et tantes, et en évitant le regard insistant de son père.

- Ils voulaient s'assurer que les mangemorts avaient bien tout oublié de ce qui est arrivé dans la Chambre des Secrets. Le problème est que sans le maître, Tom allait lui aussi tout oublier, alors ils ont dû il y aller à deux. Grimaça Hermione.

- Le maître se balade dans le château ?!

- Sous mon apparence. Précisa Drago. On n'est jamais trop prudent.

- Ouah, je les envierais presque...

- Pourquoi ?! Qu'est-ce que tu as trouvé ? S'inquiéta Rosalie alors qu'elle balançait le landau du bébé, à côté de la Dark Lady.

- Un journal.

- Et bien, quel exploit Monsieur l'Espion !

- Katherine... râla Harry dans un bâillement face à ses railleries.

- Non, c'est sérieux. Ajouta le Zabini. Il... il parle d'eux.

- Quoi ?! Sursauta Ginny.

- Kai, Scorpius, Magnus. Au début je n'ai pas fait le lien et puis ça m'a sauté aux yeux. Ils sont dans le journal.

- Donne ça ! S'écria paniquée, la Jedusor en lui arrachant presque des mains.

La fin de la Guerre, une illusion ? Ou un mensonge ?

Alors que la guerre semblait toucher à sa fin, un nouveau drame est survenu hier après-midi, porteur de la funeste marque des fidèles de Gilbert Grindelwald. Alors qu'on pensait qu'ils n'étaient plus qu'une cinquantaine à fuir les centaines d'aurores les traquant dans tout le pays, de nouvelles attaques ont ravagé le centre-ville du Londres Moldu hier, faisant pas moins de deux cent victimes. Le Ministre Moldu a immédiatement demandé une réunion de crise au Ministère de la Magie, et ce dernier a bien été formel : un groupe d'individu portant la signature du Mage noir, ont commis ces crimes. Or, ils n'étaient pas une dizaine, mais bien une centaine. On compte parmi eux, les adeptes de magie noire les plus recherchés de tout le pays, ainsi que de nouveau sorciers ayant ralliés et gonflés leurs rangs. Bien qu'on pourrait la croire isolée, cette attaque prend cependant un tout autre sens aujourd'hui, car elle est bien la sixième d'une série dont on ignore la fin. Le Ministre de la Magie à, dès ce matin même, renforcé la sécurité de chaque bâtiment sensible, mais les cibles des ravisseurs semblent aléatoires, et le nombre d'adeptes, lui, ne semble que croître davantage.

C'est étonnant, car Grindelwald a été déclaré mort depuis de nombreuses semaines. On s'attendait à en être enfin libéré, mais à mesure que ces attaques se répètent, un nouveau vent de frayeur monte. Certains affirment qu'il n'est pas mort mais simplement blessé, chose que le Professeur de Poudlard, Albus Dumbledore, dément avec ferveur. Mais sans corps, et sans preuve de sa mort, les citoyens du monde Sorciers redoutent que ces rumeurs ne soient fondées. Par ailleurs, les corps des trois hommes de mains de Grindelwald n'ont, eux non plus, pas été identifié parmi les victimes de l'attaque de son QG en Ecosse. Un autre écueil que le Ministre de la Magie et Albus Dumbledore, ont préféré ne pas relever dans leur rapport, mais qui effraie aujourd'hui la population. Réputés comme étant les mercenaires les plus sanguinaires et cruels qu'on n'est jamais pourchassés, ces trois individus ont fait à eux seul, et en quelques mois, plus d'un quart du totale des victimes de Grindelwald lors de cette guerre. Inconnus de tout service de renseignement, on ignore leur visage, et même leur identité. La seule certitude du Ministère est qu'ils sont jeunes, talentueux mais aussi étrangers, or, les Ecole de BeauxBatons et Durmstrang réfutent tout implication dans leur éducation magique, ne faisant qu'épaissir le mystère les entourant. Leur sombre palmarès, fait cependant monter une autre rumeur plus effrayante encore ; celle qu'ils puissent avoir repris le flambeau de leur maître "soi-disant" disparu. Mais là encore, le Ministre de la Magie reste muet. Or, la peur, elle, ne fait que monter en ces heures d'incertitudes.

- Ça ne peut pas être eux ! S'essouffla Hermione, le cœur néanmoins retourné par sa lecture.

- Ils sont trois, étrangers, et invulnérables ! Se défendit Terrence. A part eux, je ne vois qui ça peut-être !

- Kai, Magnus et Scorpius ne sont pas les seuls sorciers talentueux de cette époque, il y en plein d'autre. Émit Rosalie, plus pâle.

- Ces trois fantômes font la-une depuis plusieurs mois. On entend souvent parler d'eux. Soupira Blaise en s'appuyant sur sa canne pour s'asseoir, le journal à la main. Ils sont méchamment connus pour être les sorciers les plus fidèles de Grindelwald. Leurs profils correspondent, mais...

- Ce ne sont pas eux !

- Et si ça l'était ? Proposa Ginny, un regard lourd d'inquiétude sur son fils. Je... je n'ai pas envie de croire que ce soit possible, mais on doit se rendre à l'évidence. S'ils sont désespérés, rien ne les arrêterait de commettre tous ses meurtres. Surtout si ça les fait rentrer dans les bonnes grâces de Grindelwald.

- Je... je crois qu'on a un moyen de s'en assurer. Bégaya alors Katherine.

- Comment ça ?

- Kaï. Souffla-t-elle.

- Kaï ?!

- Oh mais bien sûr ! Kaï ! S'écria Rosalie brusquement dans un sourire étonné et convaincu. Katherine tu es un génie !

- Attendez, de quoi vous parlez ?

- Kaï est le plus fou de tous ! Il... il a toujours eu ça en lui ! Non pas que tu l'ais mal élevé Maman, se corrigea-t-elle, mais il a toujours eu ce petit truc qui le rendait toujours prompt à la colère et à des crises d'hystérie.

- C'est censé nous rassurer ?

- Oui ! Continua-t-elle. Dans notre époque, le fait de devoir combattre, tuer et torturer, a toujours eu un effet addictif chez lui. A chaque fois, Magnus et Scorpius devaient le retenir, le calmer, et parfois même le forcer à s'arrêter. Ils en venaient aux mains, à tel point il pouvait être incontrôlable.

- Et tu trouves ça rassurant ?! Blêmi Ron sceptique.

- Ce que je veux dire, c'est que si l'un de ces hommes est bel est bien Kai, alors ça impliquerait qu'il soit constamment en état de névrose ! Notre guerre était différente, mais celle-ci... celle-ci n'a aucune fin pour lui ! Il doit jouer la comédie, mentir constamment, et toujours être sur ses gardes. Je connais mon cousin et dans cette situation, je peux vous assurer qu'il n'a alors aucune phase de repos psychologique ! Si c'est bien lui, et qu'il est plongé dans cet état depuis des mois, alors je n'ose même pas imaginer son comportement aujourd'hui !

- Mais Scorpius et Magnus sont là pour le recadrer non ? Demanda Drago de plus en plus tremblant.

- S'ils avaient du mal à le faire avant, je doute que ça ce soit arranger aujourd'hui. Mais c'est une bonne chose !

- Une bonne chose ?! Tu viens de décrire Kai comme une version cauchemardesque de Bellatrixe ! S'horrifia Harry.

- Oui ! Parce que qu'il a déjà vécu ça ! Quand il est plongé dans cet état, il prend du plaisir à faire du mal à tous ceux qu'ils tuent, ou torturent ! Il en est même fier ! Et quand il est fier, il en culpabilise. Dit Katherine.

- Et donc ?

- Il laisse une signature.

- Une signature ?

- A ses heures les plus sombres, il était devenu paranoïaque. Il lui arrivait de sortir en pleine nuit pour tuer tous ceux qu'il soupçonnait être des traîtres. Mais il savait que ce qu'il faisait était mal. Kai est quelqu'un de bien ! Il a toujours eu conscience de son problème, mais, en a aussi toujours eu honte... Après chacun de ses meurtres, il réalisait son erreur. Il réalisait qu'il se comportait comme un monstre. Alors, il a cherché un moyen de se contenir de lui-même. De s'empêcher de tuer !

- Comment ? S'étonna Harry.

- Quand il sait qu'il est sur le point de craquer, il grave une marque sur le corps de ses victimes. Pour lui, c'était le symbole de sa maladie, et la seule chose qui arrive le retenir de tuer impunément. C'était pour lui un rappel, qui l'empêchait de commettre l'irréparable.

- Une marque ?

Rosalie se mordit la langue pour ne pas répondre. Elle avait tellement été emballé à l'idée de démasquer son cousin à travers ses anciens démons, qu'elle en avait presque oublié la finalité de sa théorie. Une finalité que Katherine et Terence vinrent à comprendre dans son silence, et qu'elle hésita même a révéler devant les regards demandeurs et à la fois effrayés de son audience.

- Rose ? S'inquiéta Drago.

Elle regarda ses deux amis, paniqué mais ces deux-là avaient baissé la tête, souhaitant soudainement disparaître sous le tapis de la Salle. Oui, leur théorie allait peut-être leur permettre de découvrir où se terraient leurs cousins, mais allait aussi dévoiler un aspect bien sombre d'eux. Un aspect qu'ils avaient tous essayés d'oublier.

- C'est... heu... compliqué. Soupira finalement Terrence en se massant la tempe de gêne.

- Comment-ça ?!

- Kai n'est pas quelqu'un de très expressif en général. Il parle peu de ce qu'il ressent aux autres. C'est une sorte d'armure qu'il s'est forgé, avec le sang de chacune de ses victimes. Mais une seule personne au monde à toujours pu la briser, et voir claire en lui.

- Toi Maman... Finit Rosalie, la gorge serrée.

- Je... je ne comprends pas. Kai est mon fils, et je l'aime peu importe qui il est ! Déclara-t-elle le souffle haché par toutes ses découvertes.

- C'est justement ça le truc. Dit Katherine. Kai le sait, et s'en veut de n'être pas le fils qu'il pense que tu mérites.

- C'est ridicule !

- Oui et non. Parce que c'est ça qui le retient. Se dire qu'il ne te mérite pas, est la seule chose qui l'empêche de tuer. Dit-elle.

- C'est bien joli, mais je ne vois pas en quoi ça nous aide. Dit Ron plus perdu que jamais.

- Un H. Dit alors Rosalie. Il grave le "H" de Hermione sur ses victimes.

- Quoi ?!

- C'était pour lui la seule manière d'avoir honte de ce qu'il fait...

- Seigneur... balbutia la Granger, une main plaquée sur son cœur douloureux.

- Donc si l'un de ses hommes est bien Kai, vous... vous pensez qu'il aurait recommencé à marquer ses victimes ? C'est bien ça ?

- J'en suis convaincue ! Il nous suffit de trouver un survivant ! S'exclama-t-elle.

- On n'en a pas besoin. Intervînt Blaise dans un murmure, depuis sa chaise.

Le journal entre ouvert sur ses genoux, le Zabini avait relu l'article de la gazette. Une fois, puis deux, comme pour s'habituer à l'idée que ces monstres décrit sur papier, pouvaient éventuellement s'avérer être leurs anciens compagnons, un peu fous mais toujours souriant dans ses souvenirs. Ces enfants avaient grandi trop vite, vu trop de chose, et commis trop de malheurs pour assurer leur survie. Ils étaient les premières victimes de leurs vies... et cette simple hypothèse, ne pouvait que laisser un goût amer dans sa bouche. Celui de l'injustice et de la peur qu'ils ne soient, cette fois, aller trop loin pour leur cause. Malgré sa peine, il avait attentivement écouté tout ce qui c'était dit. La théorie ses filleules tenait la route. Plus qu'aucune autre à l'heure actuelle. A tel point qu'avait émerger du tréfonds de sa conscience, une image. Ancienne et floue, mais bien vivante. Celle d'une marque. Celle d'un "H". Sans répondre aux regards interrogateurs que ses amis lui lancèrent, il se leva d'un coup, boitant presque plus vite que sa canne, et s'empressa de fouiller dans une pile de journaux laissée au sol. Être enfermé pendant toute une semaine, entre crise de manque et de paranoïa, ne lui avait laissé que peu de temps pour combler l'ennuie. Mais lire un journal était rapide. Suffisamment pour lui aérer l'esprit un instant, avant de replonger dans ses cauchemars. Les mains tremblantes, il les retourna un à un, page après page, dans un empressement inédit, avant de s'arrêter sur l'une d'elle et de la brandir comme un trophée, qu'il balança sur la table commune à la vue de tous.

- Quoi ? Tu lis journaux maintenant ? S'étonna Drago amusé.

- On s'occupe comme on peut.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Hermione en s'empara du papier froissé.

- Et bien... je crois que c'est ton fils.

Les images du journal ne bougeaient plus beaucoup, pourtant, tout ce qu'on y voyait était une scène de guerre, de victime, et de ruines d'une banque moldue, elle aussi mystérieusement attaquée par des adeptes de magie noir. Le titre n'annonçait que peur et terreur qui se répandait de nouveau dans la ville, mais aucun des sorciers ne prit la peine de le lire. Tous n'étaient focalisé que sur une chose : le pauvre jeune homme que des équipes de secours sortaient des décombres, encore et toujours dans une boucle magique enraillée par les plis du journal. Un homme que l'article qualifiait de "rescapé", et de "miraculé" après avoir été pris en otage dans cette banque, et que celle-ci se soit écroulée. Il ne devait pas avoir plus de quinze ans, et ses vêtements tombaient en lambeaux. Son t-shirt en particulier, était éventré, ne tenant que de peu sur ses épaules affaissées, et dévoilant son torse encore juvénile. Pourtant, dans cette misérable désolation qui se répétait sous leurs yeux, on y voyait quelque chose. De si fugace et flou, qu'ils crurent pendant un instant qu'il ne s'agissait que de leur imagination. Mais c'était bien là. Un "H" ensanglanté sous les morceaux de tissus, qui couvrait le côté gauche de sa poitrine. En guérissant, peut-être un jour remarquerait-il la forme étrange de sa cicatrice, qui contrairement à ce qu'il croirait, n'est pas anodine.

Dans leur découverte, on vit Ron et Harry perdre l'intégralité de leur couleur, tandis qu'Hermione, bouche bée, s'asseyait sur un fauteuil le souffle court. Cela ne pouvait pas être une coïncidence. Ils ne pouvaient pas y croire. Et tandis qu'on pensait que la Granger serait bouleversée de faire face aux crimes de son fils, elle ne réussit qu'à souffler ces seuls mots. Les mots d'une mère, dans un sourire plus radieux que le soleil lui-même.

- Alors c'est vrai... il est là ! Ils sont tous là ! Nos... nos enfants sont vivants !

- Ne reste plus qu'à savoir où ils se cachent, et on pourra tous rentrer chez nous.


Coucou ! Alors, tout d'abord j'espère que ce chapitre vous a plût !

Les choses avancent doucement, mais le dénouement final approche ! Et je ne vais pas vous le cacher, il reste moins d'une dizaine de chapitre à cette fiction. Donc, et puisque que la période d'examens arrivent (et oui, quand il n'y en a plus, il y en a encore... XD) je ne publierais pas la suite avant deux semaines XD Désolé d'avance, mais des révisions s'imposent... et puis cela va me permettre de prendre de l'avance sur les derniers chapitres que j'ai bien l'intention de travailler un maximum pour vous offrir une fin que vous méritez ;) Attendez vous à pas mal de rebondissements, mais pas de panique : je vous l'ait promis et il arrive : Kai et Scorpius reviendront dans le prochain chapitre ;) XDDDD

Voilà, je crois que je vous ai tout dit, et donc c'est à vous de parler ! Donnez moi vos avis et vos ressentis, j'ai hâte de savoir si le retour de nos voyageurs du futur préférés vous donne envie ! Personnellement, j'attend de pouvoir écrire le retour depuis tellement longtemps que je suis plus impatiente que jamais !

Enfin bref, je vous dit à dans deux semaines les amis ! Prenez bien soin de vous ! Je vous embrasse fort, et courage à tous ceux qui comme moi, vont passez des nuits blanches à réviser leurs cours et se droguer à la caféine, ou à la théine (perso, je suis TEA TEAM en force, et je peux pas vivre si je ne bois pas deux théières par jour minima - oui, je sais, je suis folle) ;)

Allez, Bissssoooussss !