Chapitre 35
Elle n'avait ni chaud ni froid. Lightning ne ressentait rien. Le cœur battant la chamade, la respiration lourde et rapide, elle tournait sur elle-même, se demandant où elle avait atterri. Elle était pieds nus, debout au milieu d'une vaste étendue sableuse qu'elle reconnu rapidement comme étant une plage. Derrière elle se trouvait une mer noire ne miroitant d'aucun scintillement, semblant aussi opaque que de l'huile. Le seul mouvement qu'il y avait était celui des vagues qui s'échouaient, sans bruit, sur le rivage.
Lightning compris tout de suite que si elle n'entendait pas le son des vagues, c'était à cause de l'enfer qui faisait rage de l'autre côté. Un combat sans merci semblait avoir lieu, envahissant et anéantissant l'immense cité qui lui faisait à présent face. Une ville sombre où jamais le soleil ne perçait les nuages gris et bas. Faite de piliers, d'immeubles et des bâtisses en bétons, ouvragés et froids, serpentée par des ruelles étroites et lugubres desquelles s'échappaient souvent des fumées noires et dévorantes. Un endroit où aucune vie ne pouvait prospérer. Où il n'y avait plus de passé, de présent ni d'avenir. Un endroit à la fois déprimant, inquiétant et dangereux, que Lightning avait intimement connu à une époque. Le Valhalla.
Son cœur rata un battement et son souffle eut un accroc tandis qu'en levant les yeux, elle pouvait voir le temple d'Etro, toujours aussi majestueux, imposant de force et de puissance. Elle se souvenait encore de ses nombreux combats pour protéger ce sanctuaire. Elle avait quitté ce monde en le croyant en paix, mais un chaos terrifiant semblait l'avoir englouti.
Le ciel était zébré, déchiré par l'énergie magique qui explosait aux quatre coins du Valhalla. L'air était étrangement étouffant, alors que des bourrasques de vent s'élevaient vers les nuages, formant des tornades dévastatrices qui détruisaient tout sur leur passage. Des éclairs dansèrent au loin à l'instant où une gerbe de flamme incendia le ciel. Au moment où elle leva les yeux, elle remarqua le nombre impressionnant de créatures qui sillonnaient le firmament. Des bâtiments étaient détruits, ravagés par des explosions. Ce n'était plus le Valhalla qu'elle avait connu et pour lequel elle s'était battue. Celui-là était à deux doigts de sombrer sous la puissance ennemie.
Une cacophonie éclata autour d'elle et, par instinct de survie elle courut se mettre à l'abri. Elle ne savait pas si sa présence ici était réelle ou non. Mais si c'était le cas, il valait mieux pour elle qu'elle évite de se faire repérer, surtout s'il était question de ce à quoi elle pensait. Se cachant sous des débris écroulés, elle tourna ensuite toute son attention vers le combat titanesque qui faisait rage autour d'elle. Des hurlements perçant vrillèrent ses tympans et elle grimaça à l'instant où elle remarqua Bahamut dans le ciel. Imposant et fier, il faisait face à une dizaine de créatures ailées que Lightning avait du mal à identifier de là où elle se trouvait.
En revanche, le choc qu'il y eut au moment de l'impact, après qu'ils aient attaqués, sembla se répercuter jusqu'à elle par vagues. Tous les os de son corps vibrèrent, alors que le sol tremblait sous ses pieds. La respiration haletante et le cœur tambourinant fortement dans sa poitrine, Lightning avait la désagréable impression que tout se déroulait devant elle comme dans un film. Rêvait-elle ? Mais si c'était le cas, elle serait incapable de s'en rendre compte.
Pourtant, elle avait conscience de ce qui se passait, même si, parfois, les images semblaient un peu floues et imprécises. Elle n'était pas certaine de savoir vraiment quoi en penser. Cependant, quand elle leva de nouveau les yeux vers le ciel gris zébré de flammes et de fumée, elle le vit nettement. Bhunivelze. Il n'était pas encore entier, mais une moitié de son corps avait déjà traversé un trou béant qui menait tout droit vers le néant. Il avait réussi à créer une porte et à rejoindre le Valhalla. S'il y avait une chose que Lightning ne pouvait pas lui retirer, c'était bien sa détermination et l'ardeur qu'il mettait à accomplir sa vengeance. Il ne manquait plus grand-chose pour qu'il pénètre définitivement le royaume d'Etro et alors, ce serait leur perte à tous.
La première fois qu'elle l'avait vu, elle se souvenait s'être dit qu'il était imposant, mais Bhunivelze était tellement plus que ça. Alors qu'elle l'avait actuellement sous les yeux, encaissant les attaques pourtant virulentes et destructrices de Shiva et Brynhildr comme s'il ne s'agissait que de vulgaires moucherons, elle le trouva impressionnant et surtout terrifiant. Comment avait-elle été capable de l'affronter à l'époque ?
Une onde de magie, puissante et dévastatrice, traversa tout le Valhalla, faisant trembler sol et édifices. Elle prit la forme d'une vague de brouillard, attaquant Bhunivelze de plein fouet. Elle le toucha, rongeant ses membres apparents comme de l'acide, mais eut à peine l'air de le déranger. Cette ordure était réellement puissante et Lightning n'était pas certaine que cette simple vague de magie soit suffisante pour le freiner. Elle leva instinctivement le nez vers le ciel, cherchant Etro du regard. Mais la déesse de la mort n'était visible nulle part et l'ancienne guerrière se demanda ce qu'elle attendait pour entrer, elle aussi, dans le combat. Après tout, c'était son royaume, ainsi que son existence, qui étaient en danger.
Des bruits d'explosions se firent entendre au-dessus de sa tête et Lightning se mit aussitôt à couvert. Une lutte sans merci faisait rage. C'était une guerre pour leur survie, mais, après avoir passé de longues minutes à y assister, elle n'était plus vraiment certaine du vainqueur. De plus, elle craignait que sa présence dans ce monde ne soit pas que le fruit de son imagination. Cependant, tout se mit à tourner, lui faisant soudainement perdre pied avec cette réalité. Son cœur s'emballa, ressentant au plus profond d'elle ce désagréable et terrifiant sentiment de perdre tout contrôle.
Le sol se déroba sous ses pieds tandis que les bâtisses et les débris qui l'entouraient se faisaient flous. Sa vision se troublait à l'instant où elle se sentait comme tirée en arrière par un lien invisible mais fort. Une nouvelle vague de magie éclata, semblant l'envelopper, lorsqu'elle fut définitivement éjectée de ce monde. Ses yeux se fermèrent sur la dernière image qu'imprimèrent ses rétines. Les anciens eidolons de Vanille et de Hope, Hécatonchire et Alexandre, venant prêter main forte à Bahamut, Shiva et Brynhildr, lançant toutes leurs forces dans une attaque massive et explosive.
Avant que l'inconscience ne la gagne, Lightning sentit enfin la présence d'Etro. L'aura de cette dernière semblait l'entourer comme dans un cocon chaleureux et protecteur, l'arrachant à l'horreur qui faisait rage dans son monde. Mais le bien être qu'elle éprouvait se dissipa presque aussitôt au moment même où la voix d'Etro résonna à ses oreilles. Sans intonation, elle perça sa poitrine comme une lame froide et impitoyable.
- J'ai besoin de toi. Viens à moi, Championne.
oOo
Lightning se réveilla en sursaut. Haletante et en sueur, elle se redressa brutalement dans son lit. Son cœur battait la chamade, tandis qu'une douleur lancinante, gênante, pulsait dans sa poitrine. Mais cette brûlure disparut bien vite, la laissant quelque peu perplexe. Au final, elle mit ça sur le compte de son rêve.
Cependant, une sourde angoisse vint nouer son ventre, alors que l'idée que cela soit plutôt une prémonition venait s'imposer à son esprit. Assise au milieu de ses draps, elle eut soudainement peur. Elle était inquiète du véritable sens de cette vision. Un poing serré contre sa poitrine, Lightning inspira profondément, enfouissant au fin fond de son esprit toutes ses sombres pensées. Un frisson traversa ses épaules nues et elle cligna des yeux, se rappelant de sa nudité. Un rayon de lumière passait par l'interstice des épais rideaux de sa chambre et instinctivement, elle tendit la main sur le côté opposé du lit. Ses doigts ne rencontrèrent que le vide.
Lightning tourna la tête, s'apercevant que Fang n'était déjà plus là. Elle fronça les sourcils, se demandant où elle était encore passé. Ce n'était pas la première fois que la pulsienne partait en douce ainsi. Mais l'ancienne guerrière commençait sérieusement à trouver ça louche. Habituellement, jamais la brune ne partait sans lui dire où elle allait et ce qu'elle comptait faire. Lightning avait bien posé quelques questions, mais sa femme évitait habilement le sujet ou se contentait de lâcher quelques brèves réponses, certainement dans l'espoir que cela atténue sa curiosité. Ce qui, finalement, était loin de réussir. Au fond d'elle, Lightning sentait qu'il y avait quelque chose d'anormal.
Se rallongeant lentement dans son lit, elle se demanda comment toute cette histoire allait évoluer. Un élancement dans le creux de sa poitrine lui arracha une grimace et elle se frotta instinctivement, mais cela n'apaisa en rien la brûlure. Son cœur fit une embardé alors qu'elle réalisait que l'endroit qui lui était douloureux, juste là sur le renflement d'un de ses seins, était la position exacte où, des années auparavant, se trouvait sa marque de l'cie.
Elle n'en avait parlé avec personne, mais depuis son réveil, elle avait l'impression que la présence d'Odin s'était affirmée. Comme si plus les jours passaient, et plus elle gagnait en force. La chaleur qu'elle sentait dans sa poitrine avant l'attaque de Cocoon se faisant de plus en plus vivace à présent. Et si, au début, elle avait trouvé ça réconfortant de savoir son ancien eidolon là, quelque part en elle pour la protéger, maintenant, elle craignait de comprendre ce que cela pouvait vraiment vouloir dire. Alors, toujours allongée sur son lit, Lightning inspira profondément, refusant de se laisser dominer par ses émotions. Tout ça n'était peut-être qu'une coïncidence et la lancinante douleur qu'elle sentait pulser dans sa poitrine, n'était certainement qu'un effet secondaire de l'épouvantable puissance qu'elle avait utilisé. Avec le temps, elle disparaitrait.
Une fois qu'elle aurait réintégré son époque, Odin partirait et toute cette histoire ne serait plus qu'un vague souvenir. Quant à son rêve, ce n'était que le fruit de son imagination. Ça faisait six mois qu'elle était prisonnière d'un passé qui ne lui appartenait pas, au cœur d'une guerre dont elle ne savait pas grand-chose, son subconscient commençait seulement à un peu trop travailler. Tout allait finir par rentrer dans l'ordre, elle essaya de s'en convaincre autant que possible. Mais pourtant, au fond d'elle, Lightning avait l'impression de pouvoir encore entendre la voix d'Etro résonner à ses oreilles. Cette voix qui l'appelait, l'attirait, la poussant presque dans les bras de la déesse. Ce sentiment avait quelque chose de déroutant et d'inquiétant, parce qu'elle se doutait que c'était loin d'être normal.
L'ancienne championne tourna la tête vers la fenêtre, cachée derrière les épais rideaux. Les yeux dans le vague, elle pensa qu'il n'y avait qu'une seule explication. Quoi qu'elle ait pu faire, elle portait et porterait probablement toujours au plus profond d'elle-même la marque d'appartenance à Etro. Ce lien invisible et unique qui l'avait pendant longtemps attachée contre son grè à la déesse de la mort comme sa fidèle guerrière.
Mais à présent, elle était humaine. Elle avait le droit de choisir et peu importe qu'elle abrite en son sein son ancien eidolon, si, dans le pire des cas, tout était vrai, il était hors de question qu'elle se laisse mener par le bout du nez. Elle inspira, retirant sa main de sa poitrine et ignorant du mieux qu'elle le pouvait la légère brulure qui semblait doucement se répandre dans son torse. Elle se retourna sur le ventre, enfouissant la tête dans son oreiller et fermant les yeux. Elle était encore fatiguée.
D'une main elle chercha la couverture, qu'elle remonta sur son corps nu et frissonnant de froid, bien décidée à dormir encore quelques heures. Quand elle se réveillerait de nouveau, Fang serait certainement rentrée de sa promenade matinale et toutes ses inquiétudes lui sembleraient lointaines. Elle pourrait se concentrer sur la suite des évènements et sur le fait de convaincre Fang de révéler aux habitants toute la vérité. Et si cette tête de bois ne voulait rien écouter, eh bien Lightning le ferait elle-même. Elle savait qu'Hagen serait une oreille attentive aux moindres détails. Epuisée, elle se laissa volontiers sombrer dans le sommeil.
oOo
Appuyée contre l'encadrement de la baie vitrée de son salon, Hagen profitait d'un calme reposant, un bol de thé entre les mains. Elle n'avait plus aucun patient depuis plusieurs semaines et ses journées étaient redevenues paisibles, ce qui n'était pas pour lui déplaire.
Avec l'aide de Vanille, elle avait eu le temps de refaire le plein d'herbes médicinales, et de concocter tous les remèdes qui pouvaient lui être utiles, certains dont elle avait épuisé le stock. La vie avait repris son court et les villageois retrouvaient lentement leur sérénité. Cependant, ils nourrissaient quand même tous une angoisse palpable à l'idée d'essuyer une nouvelle attaque de masse provenant de Cocoon et, cette fois, de ne pas en réchapper. Il fallait tempérer les esprits et calmer les tensions, ce qui était difficile avec une pulsienne farouche qui sautait sur ses ergots comme un chat sauvage dès qu'elle était approchée.
La plupart des pulsiens rongeaient leur frein, notamment Fergus et les dirigeants du village, pour en savoir plus, ayant les informations de la bouche de Fang au compte-goutte. Elle était silencieuse et fermée sur le sujet et la brève conversation qu'elle avait eue avec Vanille une heure auparavant la confortait dans l'idée que toute cette histoire allait mal finir, à force. Soupirant doucement, les yeux dans le vague, Hagen se rappela les paroles de la plus jeune.
oOo
Il était encore tôt, mais Hagen avait déjà fini son petit déjeuner. Elle était en train de faire une rapide vaisselle quand elle remarqua que Vanille arrivait derrière elle. L'aînée des guérisseuses resta surprise pendant une seconde face à la mine un peu abattue qu'affichait la plus jeune. Haussant un sourcil, elle passa sa langue sur ses lèvres et attrapa un torchon qui traînait sur le plan de travail pour s'essuyer les mains.
- Qu'est-ce qui se passe, Vanille ? demanda-t-elle gentiment en se retournant.
Un lourd soupir lui répondit. Vanille s'appuya contre l'îlot de la cuisine, fermant brièvement les yeux avant de faire face à Hagen.
- Il faut que je rejoigne Fang dans les cages de la forge.
- Elle essaie encore de soutirer des informations à la soldate ? comprit tout de suite la guérisseuse.
Vanille acquiesça, retenant visiblement un autre soupir dans le creux de sa gorge.
- Mais ce n'est pas vraiment ce qui me chagrine, marmonna-t-elle.
Hagen fronça les sourcils, penchant légèrement la tête sur le côté.
- Alors qu'est-ce qui ne va pas ?
- C'est le fait que je préfère ça, ce que nous faisons, plutôt que de la regarder tuer Nabaat.
Un éclair de compréhension traversa l'esprit d'Hagen. Cette dernière pinça les lèvres, ne sachant pas vraiment quoi dire. Elle n'était pas la mieux placée pour discuter de ce sujet, après tout.
- J'ai cru comprendre que Fang… était une l'cie. Elle est restée plutôt silencieuse sur sa mission, mais… Si sa mission est de…
- Je sais, râla la jeune rouquine. Ça ne m'empêche pas de vouloir repousser l'échéance.
- Sa mission, c'est de tuer la cocoonienne ? C'est bien ça ? demanda doucement Hagen, n'étant sûre de rien au final.
Vanille se mordit la lèvre inférieure et haussa les épaules.
- Je crois que même Fang n'est pas réellement certaine de ce qu'est sa mission, finit-elle par grommeler. Mais je suppose que c'est ce qui doit se passer.
- Mais tu n'es pas certaine que ça soit une bonne idée, répondit Hagen.
La jeune femme porta une main à son front. Elle se frotta une tempe du bout des doigts et Hagen reposa son torchon pour croiser les bras sous sa poitrine.
- Je ne sais plus ce que nous devons vraiment faire, soupira Vanille. Et Fang est tellement bornée !
- Qu'est-ce que Light pense de tout ça ?
Vanille leva les yeux vers elle, affichant une mine accablée. Hagen fronça les sourcils lorsque la jeune pulsienne répondit enfin.
- C'est une partie du problème.
- Ne me dis pas…
- Elle n'est pas au courant que Nabaat est toujours en vie, coupa-t-elle.
L'aînée des guérisseuses écarquilla les yeux, surprise. Dans un sens, elle comprenait mieux, maintenant, la raison du calme si serein de Lightning. Depuis qu'elle était réveillée, son amie ne semblait pas s'inquiéter et encore moins s'intéresser à leur prisonnière. Mais jusqu'à présent, elle avait uniquement vu la rosée qu'entre les murs de sa maison, pourtant, ça faisait un mois qu'elle était réveillée.
- Fang ne veut pas lui dire, ajouta Vanille, la coupant dans ses réflexions.
Hagen claqua la langue contre son palais, mécontente d'apprendre une telle nouvelle.
- Je ne sais plus quoi faire, Hagen.
L'aînée des guérisseuses pinça les lèvres et s'approcha de sa cadette.
- J'ai presque abandonné l'idée de faire entendre raison à Fang, poursuivit cette dernière.
- Tu pourrais toujours dire la vérité à Light ? proposa Hagen.
- J'y ai pensé, mais je crains que cela n'aggrave la situation plus qu'autre chose. Nous nous sommes déjà disputées, Fang et moi, à propos de ça.
- D'accord, mais je ne suis pas certaine que ça soit judicieux de continuer à lui mentir.
Vanille soupira, visiblement tendue à cause de la désagréable position dans laquelle elle se trouvait.
- Oh, ça, je le sais, Hagen ! râla-t-elle. Mais quand il est question de Light, même moi j'ai du mal à raisonner Fang.
Après un instant de silence, la jeune guérisseuse la quitta enfin, laissant cette dernière se plonger de nouveau dans ses réflexions.
oOo
Finalement, Hagen s'était fait infuser un second thé avant de le boire lentement, se demandant ce qu'elle pouvait faire pour aider Vanille. La matinée avait alors défilé doucement et plus de deux heures avaient passé sans qu'elle ne trouve d'autre solution que celle de mettre Fang au pied du mur.
Elle avala la dernière gorgée de sa boisson et alla déposer son bol dans l'évier de sa cuisine. Une petite promenade dans le village ne pourrait lui faire que du bien. Les réparations des habitations étaient presque entièrement terminées et, déjà, quelques murmures circulaient concernant la fête de la Beltaine qui approchait. Elle avait lieu à la première pleine lune du mois de mai et d'ici là, tout le monde espérait pouvoir la célébrer.
Beltaine était une fête importante pour les pulsiens, peut-être même l'était-elle plus encore que Samain. Lors de cette célébration, les villageois priaient pour les récoltes futures, pour que ces dernières soient abondantes et saines. Mais ils priaient aussi pour la survie du gibier, que la chasse soit prolifique, sans qu'aucune sècheresse ne s'abatte sur le pays malgré un été rude. Beltaine, c'était le renouveau. La transition entre la saison froide et la saison chaude. Cette période signifiait généralement la renaissance.
A la différence de Samain, la coutume voulait qu'à la Beltaine, les habitants offrent et reçoivent un présent. Rien de mirobolant, il fallait seulement que ça vienne du cœur. Un cadeau de générosité, qui effacerait la saison passée pour commencer un nouveau départ. C'était plein d'espoir et d'affection. Habituellement, ce n'était rien de plus que les premières fleurs qui avaient éclos ou une pierre précieuse, pour les chanceux qui avaient réussi à en trouver. Parfois, les jeunes amoureux s'offraient des produits de qualité, quelque chose qui devait témoigner de leur amour, mais qui voulait surtout dire que celui-ci était vrai et allait être long et heureux.
Dans un coin de son esprit, Hagen se demandait comment ça allait se passer cette année. Pour l'instant, elle préférait ne pas trop y penser, mais la date se rapprochait, en sachant que d'ici quelques jours ils seraient déjà en avril. Pour elle, Beltaine était plus importante que jamais, cette année. L'hiver avait été rude, et pas uniquement à cause de la saison. Ils avaient tous besoin de ce renouveau.
Pour éviter les conflits, elle comme Mirta jugeaient préférable que la paire d'alter-ego qui se trouvait dans le village n'entrent pas trop en contact. La plupart du temps, les adolescentes restaient chez elles. De toute façon, la jeune Fang continuait d'être renfermée et agressive, ne sortant que si sa mère lui demandait d'aller lui faire une course rapide. C'était un peu plus difficile pour la jeune Vanille, mais Hagen lui avait donné assez de leçons pour l'occuper pendant le mois entier. Un coup d'œil à sa pendule la laissa un peu surprise. C'était la fin de la matinée et ni Fang, ni Vanille n'étaient revenues. De plus, Lightning n'était toujours pas levée. Fronçant légèrement les sourcils, elle se fit la réflexion que c'était peut-être là l'occasion de passer un peu de temps avec son amie.
Hagen avait l'impression que la brune faisait tout son possible pour garder sa femme éloignée du village et des habitants. Elle trouvait ça idiot. Peu importe l'avenir, il fallait avant tout profiter du présent. La guérisseuse se doutait déjà que toute cette histoire avait dû avoir un terrible impact sur le temps, il ne restait plus qu'à attendre pour en voir les conséquences.
Déterminée, Hagen esquissa un léger sourire, prête à jouir du beau temps à l'extérieur. Elle prit la direction des chambres, bien décidée à aller tirer sa paresseuse d'amie du lit. Elle ne s'arrêta qu'un instant devant la lourde porte en bois, avant d'hausser les épaules et d'entrer dans la pièce. Pendant un quart de seconde, elle resta surprise face à la pénombre qui emplissait la chambre, mais elle se reprit rapidement.
Dans les maigres rayons de lumière qui passaient par les interstices des rideaux, Hagen distingua une forme dans le lit. Elle fut réellement étonnée de constater que Lightning était vraiment toujours en train de dormir. D'ordinaire, la jeune femme était plutôt une lève-tôt et les rares fois où elle avait dû la tirer du lit, c'était lorsqu'elle déprimait. Mais la guérisseuse avait appris à anticiper ces moments.
Fronçant légèrement les sourcils, elle pénétra la chambre et se dirigea d'un pas assuré vers la baie-vitrée. Esquissant un sourire sournois, elle tira d'un coup sec sur les rideaux, nimbant soudainement la pièce d'un vif éclat de lumière.
- Allez ! Debout là-dedans ! s'exclama-t-elle fortement en se retournant vers Lightning.
Un grognement lui répondit, mais Hagen ne répliqua rien, restant aussi silencieuse qu'une tombe. Elle faisait face à son amie, cette dernière étant complètement nue.
- Hagen ! s'écria-t-elle justement.
La rosée agrippa fermement les rebords de son draps entre ses mains, couvrant autant de peau qu'elle le pouvait. Son visage de poupée, habituellement imperturbable, avait pris une teinte écarlate et la guérisseuse porta l'une de ses mains devant ses lèvres, camouflant du mieux possible son amusement. Finalement, elle abandonna et esquissa un large sourire, haussant les épaules et levant les yeux au ciel. Elle était aussi une femme, après tout, et surtout, elle était guérisseuse. C'était loin d'être la première paire de seins qu'elle voyait.
- Ne sois pas aussi offusquée, s'exclama-t-elle, réprimant difficilement son sourire. Je te rappelle que j'ai déjà vu tout ce qui se trouve sous cette couverture.
Elle afficha une mine suggestive, prenant un malin plaisir à gêner Lightning. Cette dernière sembla, d'ailleurs, rougir un peu plus.
- Ce n'est pas pareil ! finit-elle par pester. Les fois précédentes, j'étais inconsciente.
- C'est vrai, pouffa doucement Hagen. Excuse-moi. Je pensais vraiment te trouver réveillée… Et habillée.
Lightning se redressa correctement en position assise, s'enroulant fermement dans sa couverture.
- J'ai dû me rendormir sans m'en rendre compte.
Son visage de poupée reprenait doucement sa teinte de porcelaine et ses traits affichèrent une mine confuse. Hagen se rapprocha d'elle, curieuse d'une telle réaction.
- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-elle gentiment.
La jeune femme cligna des yeux et tourna son attention vers elle. Après un instant, elle esquissa un léger sourire et secoua la tête.
- Non… Non, ça va. Tout va très bien.
Quelques mois auparavant, Hagen aurait probablement pu s'y laisser prendre, mais aujourd'hui, il lui était facile de noter les différences. Ce vague sourire qu'affichait son amie n'était pas vrai.
- Tu es sûre ?
- Certaine ! acquiesça Lightning.
Hagen se tendit légèrement, mordant l'intérieur d'une de ses joues. Un long silence les enveloppa, pendant lequel la guérisseuse hésitait entre abandonner le sujet et insister. Elles se perdirent chacune dans leurs pensées et avant qu'Hagen ne sache quoi faire, un raclement de gorge attira son attention. Son regard rencontra celui, océan, de la jeune femme en face d'elle, qui arborait un air inquisiteur.
- Tu voulais quelque chose de spécial ? demanda-t-elle, un sourcil relevé sur son front.
La guérisseuse écarquilla les yeux, se rappelant soudainement du but premier de sa visite.
- Oh ! Oui, pardon, répliqua-t-elle. Je pensais que nous aurions pu aller nous promener et profiter de ce beau soleil pour discuter, rien que toutes les deux.
Le visage de Lightning s'éclaira aussitôt. Mais, une seconde après, elle tourna la tête vers la porte de la chambre, semblant prendre conscience de quelque chose d'anormal.
- Tu es seule ? demanda-t-elle.
- Hum… Comment ça ?
- Fang n'est pas là ?
Plissant les légèrement les yeux, Lightning tourna la tête vers Hagen. Celle-ci se redressa et pinça les lèvres. Elle prit le temps de réfléchir quelques instants, avant de secouer la tête.
- Non… Je ne l'ai pas vue.
Elle sentit son estomac se nouer, désapprouvant totalement d'être mise dans une telle situation, même si dans un sens, elle avait l'impression que ce mensonge était un juste retour des choses. Elle n'avait pas menti : ni elle, ni les habitants n'en voulaient à Lightning pour l'attaque qu'avait subi le village. Mais apprendre d'une telle façon qu'elle leur avait cachée être une ancienne soldate de Cocoon lui avait un peu fait l'effet d'avoir été trahie.
Pourtant, Hagen n'aurait pas dû être si surprise. Elle avait souvent eut le sentiment que la rigidité de cette jeune femme était plus qu'un simple masque. Maintenant, elle était certaine que c'était un vestige d'un long et lourd passé de soldate et, pendant une seconde, la guérisseuse s'était demandé comment elle devait réagir face à cette révélation. Puis Lightning s'était réveillée et Hagen avait réalisé que rien n'avait changé. Sa façon de voir la rosée était identique, ayant plus de respect encore pour elle qu'auparavant. Jamais elle ne pourrait associer les traits de cette horrible cocoonienne à son amie.
Hagen avouait, cependant, s'être sentie blessée d'avoir été victime de telles cachoteries. Elle pensait qu'elle et Light étaient devenues de bonnes amies. Que cette dernière savait qu'il lui était possible de lui faire confiance. Peut-être même qu'elle aurait pu l'aider, si seulement elle lui avait parlé. Peut-être même qu'ils auraient pu anticiper cette attaque. Au fond, elle espérait quand même que toute cette histoire n'ait pas entièrement ruiné le peu de tolérance et d'estime qu'avaient réussi à avoir les habitants pour la rosée.
Lightning soupira, sortant Hagen de ses pensées. Elle posa aussitôt son regard sur son amie, toujours assise et enroulée dans sa couverture au milieu de son lit.
- Je me demande bien ce qu'elle fabrique en ce moment, grogna-t-elle entre ses dents, visiblement mécontente.
- Demande-lui, répondit Hagen, haussant nonchalamment les épaules.
- Je l'ai déjà fait ! Mais, je ne pense pas avoir besoin de te dire à quel point Fang peut être bornée et cachotière, quand elle le veut.
La guérisseuse esquissa un sourire en coin, contente dans un sens de voir le mauvais caractère de Lightning refaire surface.
- Un peu comme toi, répliqua-t-elle finalement, d'un ton doux et insouciant.
Lightning tourna tout de suite la tête vers elle, affichant une mine à la fois curieuse et inquiète.
- Comment ça ? De quoi tu parles ?
- Tu m'as caché beaucoup de choses… Claire.
Les sourcils de la rosée se froncèrent, les traits de son visage se plissant dans un air de peine et de remords. Depuis le premier jour où elle avait vu Lightning, Hagen s'était doutée que cette femme était plus complexe qu'elle ne le laissait imaginer. Si elle avait été certaine que Lightning serve réellement à la désigner, elle était beaucoup moins sûre que ce prénom soit réellement son identité. Mais la guérisseuse avait rapidement remarqué la différence entre Fang et Vanille.
Peu importe que cette dernière connaisse vraiment le prénom de sa belle-sœur, elle ne prenait jamais l'initiative de s'en servir, alors que Fang prenait des libertés qui, de toute évidence, lui étaient entièrement accordées. Cependant, Hagen était un peu curieuse de savoir ce qui avait pu pousser son amie à renier ainsi qui elle était.
- C'est rare que… que je me serve de mon prénom, répondit enfin Lightning, après un long silence.
- J'avais cru comprendre.
- Peut-être… que nous pourrions en discuter pendant notre promenade ? proposa gentiment la rosée.
Hagen sourit, hochant la tête, satisfaite de voir que son amie ne prenait pas la fuite.
- C'est une excellente idée !
- Très bien ! Attends-moi, je me dépêche d'enfiler une tenue correcte.
La guérisseuse pouffa de rire.
- Je suis sûre, pourtant, que tu ferais beaucoup d'heureux en te trimballant ainsi ! répondit-t-elle fortement, tandis que Lightning s'enfermait déjà dans la salle de bain.
Elle n'obtint aucune autre réponse qu'un simple grognement qui passa la barrière de la porte en bois. Secouant doucement la tête d'amusement, Hagen alla s'asseoir sur le rebord du lit, attendant patiemment le retour de la jeune femme.
Dans un petit coin de son esprit, la guérisseuse se demanda si celle-ci était vraiment prête pour une sortie dans le village. Ça allait être la première fois en un mois qu'elle allait se retrouver face aux habitants, et la plupart étaient tous restés silencieux sur leur position vis-à-vis de la rosée. Toutefois, il était impossible que cette dernière ne reste plus longtemps cloîtrée dans cette maison. Ce n'était qu'une question de jours avant qu'elle ne prenne elle-même la décision de sortir. Et puis, cette promenade ne pouvait que leur faire du bien, autant à elle qu'a Lightning. Elles avaient toutes les deux besoin de se retrouver.
oOo
Ce n'est qu'une heure plus tard que Lightning sortit enfin de la salle de bain, vêtue de pied en cape. Pendant ce temps, Hagen avait bien cru que Fang allait rentrer, avant même qu'elles n'aient pu poser un orteil dehors, mais non. La brune était partie en début de matinée et depuis, Hagen n'avait aucune nouvelle. Ce n'était pas dans ses habitudes, ne partant jamais plus d'une heure ou deux, certainement au risque que Lightning ne se pose trop de questions.
- Je suis prête ! s'exclama justement cette dernière, se plantant face à elle.
La guérisseuse posa ses yeux sur son amie, debout près de la porte de la chambre. Elle posa un châle en laine sur ses épaules, haussant un sourcil dans sa direction.
- Quelque chose ne va pas, Hagen ? demanda-t-elle.
- Non, répondit la guérisseuse, secouant doucement la tête. Non, tout va très bien. On y va ?
Lightning acquiesça et Hagen se leva pour la suivre dans le couloir. Elles rejoignirent le salon puis la porte d'entrée, où la grande rousse s'empara d'un fichu qu'elle enroula autour d'elle. Posant son regard sur son amie, elle remarqua que celle-ci jetait des coups d'œil dans la pièce, semblant chercher quelque chose.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
Lightning haussa les sourcils, revenant visiblement à la réalité, et se tourna aussitôt vers elle.
- Je me demandais seulement où était passé Bahamut, répondit-elle tranquillement.
- C'est vrai… ça fait plusieurs jours que je ne l'ai pas vu, approuva Hagen. Depuis l'attaque, en fait.
Un léger voile de tristesse passa sur le visage de la rosée. Elle pinça les lèvres, affichant une mine contrite. Hagen posa une main sur son avant-bras, compatissant à sa peine.
- Il s'est peut-être juste sauvé, réconforta-t-elle.
- Oui, probablement, répondit doucement Lightning.
- J'en suis sûre ! Il est partit faire le joli cœur et il va faire tomber toutes les petites chattes sous sa patte. Peut-être même qu'il reviendra.
Lightning secoua la tête, soupirant, mais le sourire qui étirait ses lèvres rassura Hagen.
- Allez ! En route !
La guérisseuse ouvrit la porte, ébloui un instant par le temps qu'il faisait à l'extérieur. Elles descendirent les quelques marches du porche, appréciant la chaleur agréable des premiers rayons printaniers. Hagen espérait que ce temps allait durer, mais ils n'étaient pas à l'abri de nouvelles pluies froides et torrentielles dans les prochaines semaines.
Elles marchèrent tranquillement côte à côte. C'était plaisant de retrouver la fermeté des sols en terre battue, plutôt que la boue et le glissant de la neige. Les oiseaux chantaient une belle symphonie et Hagen suivit des yeux un couple de pies, ces dernières aimant faire leurs nids près des habitations. Resserrant les pans de son châle autour d'elle lorsqu'une petite brise s'engouffra dans ses vêtements, elle détailla Lightning du coin de l'œil. La guérisseuse avait l'impression que quelque chose n'allait pas chez elle et elle eut le sentiment de ne pas se tromper, quand celle-ci porta une main à l'une de ses tempes pour se la masser.
- Tu vas bien ? demanda aussitôt Hagen, son instinct professionnel prenant le dessus.
Lightning tourna la tête vers elle, affichant une mine étrangement réservée.
- Oui, ça va, répondit-elle après un instant. J'ai seulement un peu mal à la tête.
- Tu aurais dû me le dire avant qu'on ne parte, réprimanda la guérisseuse.
- Je n'allais certainement pas manquer une si belle promenade. Ça va passer, ne t'inquiète pas.
- J'aurais au moins pu te donner un remède contre la douleur.
La rosée haussa les épaules et lui adressa uniquement un léger sourire, signifiant que ça n'avait aucune importance. Hagen fronça les sourcils.
- Tu sembles fatiguée en ce moment, insista-t-elle doucement.
- Pas plus que d'habitude, contra Lightning, sans pour autant rentrer plus dans les détails.
La discussion s'arrêta là et Hagen soupira doucement. Elle savait qu'elle n'obtiendrait rien de plus de cette tête de bois. Finalement, c'était peut-être l'occasion d'aborder des sujets plus sensibles, surtout si son amie était disposée à lui parler. Cependant, elle ne voulait pas la brusquer, c'est pourquoi elle décida de commencer en douceur, reprenant la conversation là où elles l'avaient arrêtée une heure auparavant.
- Je peux te poser une question ? demanda-t-elle doucement.
- Hum…
Hagen esquissa un sourire sous la vague réponse qu'elle reçut et poursuivit :
- Pourquoi est-ce que tu n'utilises plus ton prénom ?
Lightning haussa les épaules, prenant un instant pour réfléchir avant de répliquer :
- Disons… qu'à un moment j'ai dû faire un choix… Et j'ai décidé de le laisser derrière moi, avec le passé auquel il était associé.
- Et quel était ce passé ? osa Hagen.
- Ma mère, soupira Lightning en une courte réponse.
La guérisseuse pencha la tête vers elle, lui adressant un regard curieux. La rosée pinça les lèvres, puis ajouta :
- Elle est décédée quand j'avais quinze ans. Je me suis retrouvée seule à élever ma petite sœur, alors j'ai changé de nom et pris un nouveau départ.
Elle secoua la tête, poussant un rire sans joie.
- Ça n'a certainement pas été le meilleur de toute mon existence, mais j'ai fait ce qui me semblait bien pour Serah.
Hagen acquiesça, comprenant la position de son amie. Ce n'était jamais simple de se retrouver seule. A quinze ans, Lightning était encore si jeune. Elle avait énormément de choses à découvrir encore, et pourtant, elle avait dû tout sacrifier.
- En tout cas, c'est un très joli prénom. Je crois bien que c'est la première fois que je l'entends. Il doit être typique de Cocoon.
- Certainement, approuva négligemment Lightning.
La guérisseuse lui jeta un coup d'œil en coin, curieuse. Il était évident que son amie n'avait pas envie de poursuivre cette conversation plus longtemps. Toutefois, Hagen insista quand même.
- Donc… Comment dois-je t'appeler ?
La rosée tourna la tête vers elle, un sourcil haussé.
- Light, ça ira très bien, répondit-elle d'une voix sans timbre.
Hagen esquissa une moue déçue, avant de répliquer :
- Pourtant, Fang utilise ton prénom.
- Fang a la manie de faire ce qui lui plaît, quand ça lui plaît. Et puis…
- Et puis… ? incita Hagen.
Lightning resta silencieuse, une étrange rougeur venant colorer ses joues. La guérisseuse pinça les lèvres puis esquissa un sourire discret, ajoutant d'un ton un peu perfide :
- Ça ne te dérange pas quand ça vient d'elle. Finalement, tu aimes bien entendre ton vrai prénom… dans la bouche de ta femme.
La rosée lui adressa un regard en coin, les rougeurs s'étendant doucement jusqu'à son cou.
- C'est mignon, sourit Hagen.
- Tu te moques de moi ? grogna Lightning.
- Ce n'est pas mon genre voyons !
Cependant, Hagen avait un large sourire qui contredisait ses paroles. Un court silence les enveloppa, avant qu'un soupir ne se fasse entendre de la part de Lightning. La guérisseuse porta son attention sur son amie.
- Ma sœur est la seule à utiliser parfois mon prénom, en dehors de Fang. Je me rends compte qu'avec le temps, ça ne me dérange plus vraiment. Je suppose que finalement, j'ai réussi à me réconcilier avec mon passé, à l'accepter.
Elles restèrent silencieuses, pensives chacune de leur côté. Pendant un moment, elles marchèrent calmement le long du sentier terreux qui conduisait jusqu'à la place commerciale d'Oerba. Bientôt, cette dernière apparut à l'horizon.
- Tu sembles avoir vécu beaucoup de choses, et te traîner un lourd passé, finit par exprimer Hagen.
- Pas vraiment, répondit Lightning, haussant vaguement les épaules.
Les réponses de cette dernière étaient succinctes et cela frustrait Hagen. Pinçant les lèvres, elle décida de poser la question qui lui brûlait la langue depuis plus d'un mois.
- Cette soldate de Cocoon, elle fait… faisait partie de ton passé, non ?
Lightning tourna aussitôt la tête vers elle, les sourcils froncés et une mine circonspecte peignant les traits de son visage.
- Comment ça ? demanda-t-elle avec une certaine réserve.
- Vous avez eu une histoire toutes les deux ?
- De quoi ? s'exclama Lightning, les yeux écarquillés de surprise. Il n'y a jamais rien eu entre Nabaat et moi !
- Vraiment... ? Pourtant, vous sembliez bien vous connaître.
Lightning pris un air horrifié qui, dans le fond, rassura Hagen. Elle n'eut pas le temps de répliquer que la rosée déclarait :
- Je suppose… Que tout officier supérieur se doit de connaître ses jeunes recrues.
Elle était visiblement gênée, peut-être même intimidée de devoir avouer son plus grand secret. Le pire qu'elle pouvait avoir en se trouvant dans un village de pulsiens en guerre contre Cocoon. Hagen remarqua une lueur de remord traverser son visage et toute la colère qu'elle avait pu ressentir auparavant disparut comme un soufflet. C'est plus sereine qu'elle gagna la place commerciale aux côtés de Lightning, se dirigeant lentement vers l'un des bancs qui faisaient face à la plage.
Le soleil se reflétait en des millions d'étincelles sur la surface lisse et le spectacle la laissa sans voix. Elle adorait ces belles saisons, à contempler les paysages verdoyants des collines et la beauté presque féerique de la mer. Les activités du village avaient repris depuis plusieurs semaines et Oerba grouillait de monde. Des enfants couraient, s'amusant à se poursuivre. Un peu plus loin, la guérisseuse pouvait voir un groupe de femmes, certaines, comme Swann, faisant partie du groupe de féministes de Mirta. Elles discutaient – caquetaient, plutôt, pensa Hagen – ensemble comme des poules dans un poulailler et, de là où elle était, elle pouvait parfaitement les voir leur lancer des œillades. Cependant, elle était bien incapable de dire si elles étaient médisantes ou, au contraire, respectueuses envers le fait que Lightning leur ait, en quelque sorte, sauvé la vie.
Finalement, après un long moment à avoir profité d'un calme relatif compte tenu du bruit urbain qui régnait autour d'elles, Hagen reprit la parole.
- Alors… Tu étais seulement une soldate de Cocoon ? Sa… subordonnée ?
- C'était il y a très longtemps. Et je n'avais rien à voir avec Nabaat, répondit Lightning en secouant doucement la tête. En fait… Nous ne faisions même pas partie de la même unité.
- Vraiment ? fit Hagen, surprise. C'est étonnant. Vous faisiez pourtant toutes les deux partie de l'armée de Cocoon et elle semblait réellement te connaître par cœur.
- Rien d'extraordinaire pour une malade psychotique et obsessionnelle. Rien que d'y penser, ça me fait froid dans le dos, mais je t'assure, je ne connaissais pas Nabaat. En tout, j'ai dû la croiser deux ou trois fois en six ans. J'ai été la première surprise d'apprendre qu'elle nourrissait une telle…. fascination à mon égard.
Elle s'arrêta dans sa tirade, expirant doucement avant de reprendre.
- Quant à l'armée de Cocoon…
Lightning se coupa aussitôt. Hagen l'observa tandis que son amie posait, consciemment ou non, son regard sur le monde-sphère, omniprésent dans le ciel de Gran Pulse. Pour la première fois depuis qu'elle connaissait la rosée, la guérisseuse se demanda quelle place occupait Cocoon dans le cœur de Lightning. En six mois, elle n'avait jamais prêté attention aux réactions de son amie et elle avouait un peu honteusement ne pas s'être préoccupée de savoir si, dans un sens, son pays natal lui manquait.
Lorsqu'elle avait intercepté la conversation qu'elle avait eue avec la jeune Vanille, Hagen avait eu le sentiment que son amie nourrissait une certaine rancœur envers Cocoon, mais, au fond, ce monde restait l'endroit qui l'avait vue naître et grandir. Vestige de souvenirs qu'elle gardait précieusement en elle à présent. Même si Lightning avait trahi Cocoon pour des raisons qui étaient encore floues pour Hagen, il était impossible que sa patrie et son peuple ne lui manquent pas de temps en temps. Hagen était persuadée que si elle se trouvait dans la même situation qu'elle, elle aurait bien du mal à gérer le fait de ne plus être chez elle. Peut-être que cette conversation était plus difficile pour la rosée qu'elle ne l'avait imaginé.
- Ecoute, finit-elle donc par lâcher, nous ne sommes pas obligées de parler de tout ça, si tu n'en a pas envie.
- Si ! répondit aussitôt Lightning. Si, nous devons en parler. Je veux en parler avec toi. Tu… tu es la personne qui mérite le plus de savoir toute la vérité. C'est juste… que je ne sais pas trop par où commencer.
Soupirant doucement, elle tourna la tête vers l'océan, les myriades d'étincelles semblant faire briller ses prunelles azur.
- Prend ton temps, répondit gentiment Hagen, un sourire aux lèvres. Je t'écouterai attentivement, alors… commence par le début.
Lightning parut soulagée, comme rassurée qu'elle se montre à la fois compréhensive et douce, alors la guérisseuse resta silencieuse, lui laissant le temps d'arranger ses pensées pour bien débuter son récit.
- D'accord, soupira-t-elle après un instant. Alors… Pour mettre ce point au clair, Nabaat et moi n'avons jamais fait partie de la même unité. L'armée de Cocoon est divisée en deux. D'un côté, la PSICOM, l'élite, chargée de repousser toute attaque d'intrus qui en auraient après Cocoon. Et de l'autre côté, il y a la Garde Civile.
Hagen fronça les sourcils. Il lui semblait avoir déjà entendu ce terme quelque part et il lui fallut une minute pour se souvenir que c'était exactement les mots qu'avait prononcés Nabaat.
- La Garde Civile, c'est à cette unité là que tu appartenais, c'est bien ça ?
Lightning acquiesça doucement, gardant les yeux au loin.
- Mon rôle était de maintenir l'ordre ainsi que de protéger les habitants. Les innocents.
La guérisseuse esquissa aussitôt un sourire à l'entente de ces mots. Le poids qu'elle avait sur le cœur depuis des semaines s'allégea à ces révélations. Elle sut, à cet instant, qu'elle ne s'était jamais trompée sur la personnalité de Lightning. Peu importe qu'elle soit une ancienne soldate ou qu'elle ait des airs froids et rigides provenant d'un conditionnement antérieur, au fond d'elle, la rosée était quelqu'un de bien. Dévouée à la survie et à la protection de son prochain, ne faisant aucune distinction par rapport aux origines. Pour elle, toute vie était fragile et importante. Si aujourd'hui, Joia était encore en vie, c'était certainement grâce à la bonté de cette femme.
- Cependant, reprit la voix de cette dernière, sortant Hagen de ses pensées, le Cocoon dont je te parle est celui de mon époque. Je ne sais pas comment est celui d'ici.
- Et ton époque… où se situe-t-elle ? demanda Hagen.
Lightning ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma aussitôt, la guérisseuse ajoutant :
- Attends ! Ce n'est pas trop risqué de…
- Je pense qu'au point où nous en sommes, rien ne pourrait causer plus de dégâts qu'il y en a déjà, coupa la rosée.
- Tu es sûre ? insista quand même la guérisseuse.
- Veux-tu que je continue, ou pas ?
Hagen leva les yeux vers ceux de son amie qui avait tourné la tête vers elle. Un petit sourire en coin étirait ses lèvres, mais il ne la trompa pas. Etrangement, aucune lueur ne venait éclairer son visage pour faire briller ses prunelles et, au fond, la guérisseuse avait le désagréable sentiment de percevoir une certaine note de fatalisme se refléter dans ces derniers. Sa poitrine se serra d'une sourde crainte, mais elle pinça les lèvres, préférant ne pas se laisser dominer par ses émotions. Il n'y avait probablement pas de raisons de s'inquiéter.
- Continue, répondit-elle alors, sa curiosité l'emportant.
Lightning acquiesça puis se détourna, baissant la tête vers ses mains jointes sur ses cuisses. Elle soupira, puis se lança.
- A cette époque, sur Cocoon… Je n'existe pas.
Hagen fronça les sourcils et la rosée se tourna vers elle, les traits tirés par l'anxiété. La guérisseuse était statufiée sur son siège, attendant la suite, le souffle coupé à l'idée des révélations.
- Je ne verrai le jour que dans six cent ans… Six siècles nous séparent, Hagen.
La rousse écarquilla les yeux, choquée, elle devait bien l'avouer. Son cœur rata un battement avant de prendre un rythme rapide. Elle s'était doutée dès les premiers instants que Lightning avait voyagé à travers le temps, mais jamais elle n'aurait imaginé que la distance qui les séparait soit aussi grande. A cet instant précis, elle comprit mieux les réticences de son amie à s'ouvrir complètement à elle ou aux habitants. Mais surtout, elle comprenait aussi les réactions de Vanille et celles de Fang. A cette pensée, une autre surgit aussitôt.
- Comment c'est possible ? Fang et Vanille… Comment…
- Elles vont devenir des l'cie. Elles se cristalliseront avant de se réveiller, six siècles plus tard. Je vais tout te raconter.
Au cours des prochaines minutes, c'est exactement ce qu'elle fit, et Hagen l'écouta attentivement, sans l'interrompre une seule fois. Elle resta pourtant difficilement silencieuse quand elle fut frappée par l'horreur d'apprendre que son monde, quoique les pulsiens fassent pour le sauver, allait quand même finir par mourir sous le joug de Cocoon. Elle fut réellement horrifiée de connaitre le destin réservé à Fang et Vanille. Que ce dernier ne serait rythmé que par la guerre, les combats, la peur et la souffrance.
Lightning lui expliqua qu'elles ne se réveilleraient que dans six siècles, à son époque sur Cocoon, dans le but de poursuivre la guerre commencée jadis et, cette fois, détruire définitivement le monde-sphère, mais de l'intérieur. Cependant, ayant perdu la mémoire, elles se cacheraient dans les vestiges de Pulse, sauf que le fal'cie Anima était lui aussi réveillé, prêt à reprendre là où il s'était arrêté, avant de s'endormir.
Son amie n'omit aucun détail sur toutes les aventures qu'elle avait vécu, de la tragédie qui frappa Serah, à ce qui la poussa elle et son groupe à trahir Cocoon et à s'allier à Fang et Vanille. Si pendant toute la première partie du récit de la rosée, Hagen avait été chamboulée, elle fut cependant charmée de pouvoir être témoin, à travers les mots de Lightning, de la toute première amitié qui naquit entre des cocooniens et des pulsiens. Mais aussi de cet amour inconditionnel qui allait éclore entre Lightning et Fang.
Là, assise sur l'un des nombreux bancs d'Oerba, la guérisseuse resta stupéfaite face à toutes ces révélations. Le ton de Lightning restait inchangé, lent sans être bas, il entraînait Hagen qui ne perdait pas une miette du récit. Elle n'avait même plus vraiment conscience d'être au milieu du village. Quand son amie en arriva à la chute de Cocoon, Hagen ne savait pas vraiment quoi en penser. Elle s'était sentie absorbée par toutes ces péripéties et, pendant une seconde, toute cette histoire lui sembla folle.
Lightning fit enfin une pause, laissant planer autour d'elles un silence pesant. Hagen jeta inconsciemment un coup d'œil vers Cocoon, comme pour s'assurer encore de sa présence, car, l'espace d'un instant, elle aurait presque pu avoir l'impression que le monde-sphère avait disparu.
- Finalement, tous les survivants de Cocoon ont atterri sur Gran Pulse. De retour sur le monde auquel nous appartenons tous, au final.
Hagen acquiesça silencieusement, n'étant pas certaine que sa voix ne lui fasse pas défaut.
- Je t'avoue, poursuivit Lightning, que les débuts n'ont pas été faciles. La vie ici est bien plus difficile que sur Cocoon, et beaucoup ont eu du mal à accepter ce changement radical. Mais nous avons réussi à nous en sortir. Nous avons survécu.
Esquissant un léger sourire, la guérisseuse resserra les pans de son châle. Elle observa les habitants qui grouillaient dans le village, vaquant chacun à leurs occupations. Certains leur accordaient des regards insistants en passant, mais aucun de faisait mine d'une quelconque hostilité envers Lightning, et, au fond d'elle, Hagen en était rassurée.
- Je me rends compte, répliqua-t-elle enfin, qu'il y avait une part de vérité dans ta première version.
- Bien sûr, approuva Lightning. Dans un sens, ma famille et moi avons réellement étés rejetées de Cocoon. Ça fait dix ans que nous vivons sur Gran Pulse. J'ai seulement omis certains détails, ne pouvant révéler toute la vérité.
- C'est vrai que toute cette histoire peut paraitre un peu folle, acquiesça Hagen.
Lightning pinça les lèvres et hocha la tête. Un court silence les enveloppa avant que la guérisseuse n'ajoute :
- Où vivez-vous ? même si je me doute que Gran Pulse doit être bien différent après six siècles d'abandon.
- Disons… que la vie y est plus sauvage, peut-être ? Nous ne savons pas si des pulsiens vivent toujours de notre temps. On a bien exploité de nombreuses zones, mais sans succès. Et puis, il a fallu qu'on établisse rapidement un secteur protégé, alors on a fini par construire un petit village.
Un léger sourire étira ses lèvres, et Hagen fut attendrie de voir l'affection qu'avait son amie pour son village.
- Nous l'avons appelé « New Bodhum ». Je dirais qu'il se trouve… à l'est d'Oerba, dans une sorte de cuve qu'offre la falaise.
Elle se tourna vers l'océan, pointant un doigt au loin. Pour Hagen, il n'y avait rien d'autre à l'horizon qu'une vaste étendue d'eau, mais peut-être que dans six siècles, la topographie aurait assez changé pour créer de nouveaux endroits propices à la civilisation.
- Il est bien situé, on n'a pas à se plaindre. Nous pouvons nous nourrir de la pêche autant que de la chasse, et les falaises protègent toute une partie du village.
Hagen sourit, acquiesçant doucement.
- Pourquoi ne pas avoir repris Oerba ? demanda-t-elle toutefois.
Lightning tourna la tête vers elle. Leurs regards se croisèrent, se fixant pendant un instant avant qu'elle ne se détourne vers la plage. Un vent frais s'engouffra dans leurs vêtements, accompagné des rires d'un groupes d'enfants qui s'amusaient à se pourchasser autour de la fontaine.
- Chez nous, répondit Lightning, Oerba n'est plus qu'une ville en ruine. Le vestige d'un lointain et terrible passé. Pour Fang et Vanille… c'est un cimetière dans lequel elles ont laissé leurs souffrances. A New-Bodhum, nous avons tous pris un nouveau départ, laissant tout ça derrière nous. Après tout ce que nous avons vécu, c'était mieux ainsi.
Lightning soupira, se taisant une seconde avant de reprendre.
- Aucune des deux ne voulait vivre de nouveau dans ce village. Et je crois… qu'aujourd'hui, je comprends mieux pourquoi. En revanche, je t'avoue que j'aimerais beaucoup savoir s'il y a toujours des pulsiens à notre époque. Ça leur ferait du bien de savoir qu'elles ne sont pas les dernières de leur peuple.
- Peut-être que ça finira par arriver, rassura Hagen.
Elle ne savait pas vraiment comment réagir. Que pouvait-elle bien dire de toute façon ? Elle se sentait un peu étrangère de ce monde, de l'existence de Fang et de Vanille, qu'elle connaissait, pourtant, depuis qu'elles étaient toutes petites. Dans un sens, cela lui faisait mal de ne plus faire partie de leur vie, de ne pas pouvoir contempler leur bonheur, mais dans un autre, elle était certaine que du Valhalla, elle veillait quand même sur elles.
Lightning reprit son récit, racontant d'une voix basse et lente, ce qui l'avait conduite à traverser le temps pour atterrir six cent ans dans le passé. Au fond d'elle, Hagen avait le sentiment qu'il y avait quelque chose d'étrange. Il y avait cet inexplicable lien qui semblait exister entre son amie et Etro, mais aussi cet étonnant respect que semblait avoir Lightning pour la déesse de la mort.
Elle était incapable de dire si elle se faisait des idées ou pas, tellement elle avait l'impression d'avoir la tête qui tournait sous l'avalanche des aveux. Beaucoup d'éléments avaient du sens à présent, même si certains points lui semblaient encore un peu flous, mais elle ne s'en préoccupait pas vraiment. Hagen était une femme qui pouvait encaisser énormément de choses, mais elle avouait avoir eu son compte de révélations pour la journée.
Elle avait conscience du sérieux de la situation et de la présence de ce deuxième l'cie, que mentionna Lightning. C'était un risque pour Oerba, mais au moins, le village pourrait se préparer à tout instant pour une nouvelle attaque. Elle était vraiment ravie de la confiance qu'avait son amie envers elle et, soudainement, Hagen sentit son estomac se tordre. Une boule obstrua sa gorge et elle fut honteuse de mentir, à son tour, à la rosée. Hagen avait toujours désapprouvé le mensonge et si elle devait utiliser de telles méthodes, il lui fallait toujours une bonne raison, ce qui n'était pas le cas actuellement.
Connaissant les agissements de Fang depuis plusieurs semaines, il lui semblait normal que son amie soit aussi au courant. Surtout qu'elle avait le sentiment que Lightning était, sans aucun doute, la première concernée dans toute cette folle histoire.
oOo
Note : Voilà. Exceptionnellement, le prochain chapitre arrivera le 4 juin... J'ai pris du retard qu'il faut que je rattrape, et j'ai fait l'erreur de me lancer dans Once Upon a Time dernièrement... Donc... Bref.. A dans trois semaines pour la suite. Ne m'en voulez pas trop...
