Bonjour tout le monde :)

Désolée pour le temps de publication, j'ai eu quelques soushis...^^ Bref, je vous souhaite une bonne lecture :)


36. Des nouvelles ?


Harry avait été conduit chez les Weasley, avec Ron et Hermione. Madame Weasley l'avait serré contre son cœur en pleurant de soulagement de le savoir vivant et en bonne santé. L'ambiance était un mélange de bonheur, d'excitation, et de tristesse, pour les amis qu'ils avaient perdus au combat.

Madame Weasley avait insisté pour que Harry monte se coucher, malgré les vives protestations de Ron qui voulait que Harry leur raconte tout ce qu'il avait vécu depuis sa disparition. Lui remerciait secrètement Molly, car il redoutait ce moment et espérait qu'il arriverait le plus tard possible.

Harry était monté dans la chambre de Ron et s'était jeté sur le lit. Il lui était impossible de s'endormir malgré la fatigue qu'il ressentait. Trop de choses se bousculaient dans sa tête…

Il était étendu depuis deux heures quand la porte de la chambre s'ouvrit doucement :

— Harry mon chéri, tu veux bien descendre s'il te plaît ? Dumbledore est là, il voudrait te parler.

Harry acquiesça et se leva. Il avait passé une grande partie de son temps à chercher une histoire qui pourrait convenir...

oOo

— Harry ! Je suis heureux de voir que tu vas bien, dit calmement Dumbledore en lui tapotant l'épaule. Viens t'asseoir.

Le jeune homme prit place sur la chaise que le directeur lui indiquait et en profita pour saluer Lupin qui était présent, ainsi que Ron, Hermione, et Molly. Il était heureux de voir que le comité d'accueil était restreint. Il n'aurait pas supporté de devoir s'expliquer devant des dizaines de personnes.

— Harry, je suis conscient que tu dois être épuisé après ce que tu as vécu aujourd'hui, mais j'aimerais savoir ce qu'il s'est passé...

Voilà, Harry ne pouvait plus reculer.

— Eh bien... que voulez-vous savoir ?

— Mais tout Harry ! s'enthousiasma Ron, qui se recroquevilla sous les regards noirs d'Hermione et Molly.

— Comment as-tu quitté le château Harry ? reprit Dumbledore, comme s'il n'avait pas été interrompu.

— C'est à cause... de Drago Malefoy.

Des exclamations bruyantes venant de Ron troublèrent le silence.

— Qu'est-ce que cette fouine a fait ?!

— En fait, c'est un Mangemort, comme vous devez maintenant le savoir. Il avait pour mission de m'amener à Voldemort – Celui-qui-est-mort – l'interrompit Ron en souriant. Il avait pris du Polynectar, et je croyais que c'était Ron, et voilà, je l'ai suivi sans me poser de questions. Je sais que je n'aurais pas dû mais...

— Quoi ?! Cette fouine a osé prendre mon apparence ! Je vais le...

— Ron ! Tu veux bien le laisser finir s'il te plaît ! intervint Hermione.

— Enfin voilà quoi, je me suis retrouvé dans un cachot jusqu'à aujourd'hui, et vous connaissez la suite.

Harry ne voulait pas s'attarder sur les détails, sa détention n'avait vraiment pas été une partie de plaisir, et il doutait que ses amis souhaitent en entendre tous les détails.

— Oh Harry !

Hermione ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras avec compassion.

— Nous t'avons cherché partout tu sais ! Mais tu n'étais nulle part, dit-elle.

— En effet, certains de nos indicateurs en qui nous avions confiance ont brouillé les pistes, ajouta Lupin avec de la colère dans la voix.

— Nous avons découvert quelques-uns des endroits où Voldemort accueillait ses troupes, grâce à certains Mangemorts qui se sont rendus. Nous avons d'ailleurs retrouvé le professeur Rogue. Il a été conduit d'urgence à Ste Mangouste.

— Le pauvre homme ! s'exclama Molly. J'espère qu'il s'en sortira, après tout ce qu'il a fait pour te protéger Harry.

Tout le monde hocha la tête. Ils avaient enfin la certitude de sa bonne foi, et à cet instant, ils regrettaient de ne jamais lui avoir accordé l'amitié qu'ils auraient due.

— J'étais retenu là-bas. Je me rappelle que je l'entendais... crier. Je suis désolé de n'avoir rien pu faire pour l'aider.

— Harry, reprit Dumbledore, je voudrais en savoir plus sur la façon dont tu t'es échappé, et ce que Drago Malefoy faisait avec toi.

— Comment ça : « il était avec toi » ?!

— Mais oui Ron ! Rappelle-toi, dans le bureau du professeur Dumbledore, lorsqu'on a vu arriver le Patronus de Harry, il a dit que Malefoy était en danger, c'est bien qu'il n'était plus avec les Mangemorts…

Ron se renfrogna d'avoir encore été repris par Hermione.

— Justement, c'est lui qui m'a aidé à m'échapper.

L'étonnement se lisait sur tous les visages.

— Il m'a sauvé le jour où Voldemort avait prévu de me tuer. En le faisant, il a été blessé. Je ne savais plus à qui faire confiance – Harry baissa la tête d'embarras – Voldemort avait dit qu'il y avait encore des taupes parmi nous, dit-il pour se justifier.

— Nous comprenons Harry, assura doucement Lupin.

— J'ai donc décidé de transplaner dans la grotte, et j'ai soigné Drago. Au matin, j'ai voulu venir au château pour vous trouver professeur, mais les Mangemorts sont arrivés, et voilà. C'est sans doute à cause de ça que son père a été tué.

Même Ron fut attristé pour lui. Il ne souhaiterait pas à son pire ennemi de perdre ses proches, et encore moins d'en être responsable.

— D'ailleurs, est-ce que... est-ce que vous l'avez retrouvé ?

Harry essayait de cacher tout l'espoir qu'il mettait dans leur réponse, mais la déception dut se lire facilement lorsque Albus et Remus répondirent négativement.

— Nous avons retrouvé Narcissa par contre, mais elle n'a pas revu son fils, et après que nous lui avons annoncé la mort de son mari, la pauvre femme était trop effondrée pour parler.

— Elle a semblé soulagée d'apprendre la mort de Voldemort, et elle ne portait pas la Marque des Ténèbres. J'ai donc empêché qu'elle soit conduite à Azkaban, dit Dumbledore.

Shacklebolt arriva, accompagné d'Arthur Weasley.

— Dumbledore, si vous avez fini, j'aimerais m'entretenir avec vous.

— J'ai fini en effet. Je te remercie Harry. Tu peux te reposer maintenant, tout est fini...

Dumbledore se leva mais Harry le retint.

— Monsieur, j'aimerais comprendre quelque chose.

L'homme âgé fit un sourire d'encouragement à Harry.

— Lorsque j'étais retenu prisonnier au manoir, Voldemort a parlé des sorts de protections qu'il y avait, dont celui tiré de la salle d'entraînement. Mais voilà, comment ai-je pu me retrouver à l'infirmerie après l'attaque de Crabbe ? Ça n'aurait pas dû marcher ?

— Eh bien vois-tu, cette magie est très ancienne et puissante, et même moi je n'en connais pas tous les secrets, dit-il, ses yeux bleus étincelant derrière ses lunettes en demi-lune. Le sort de la salle n'est pas constant, du moins, je n'ai pas réussi à ce qu'il garde la même puissance que dans la salle d'entraînement. Le flux de magie qui entoure le château n'est pas toujours identique, donc plus le château utilise de la magie, pour animer le plafond magique, les armures ou encore comptabiliser les points des maisons, par exemple, moins le lien qui te protégeait était efficace. Je me suis pourtant efforcé pour que ça n'arrive que très rarement, mais il faut croire que Monsieur Crabbe avait choisi le bon moment.

— Donc... vous aviez tout prévu ? Je veux dire... vous saviez que les Aurors ne pourraient pas me tuer ?

— En effet Harry. Ce que je ne savais pas malheureusement, c'était que le jeune Monsieur Malefoy était devenu Mangemort.

Harry baissa les yeux. Il repensait à la façon dont il avait crié sur le vieux directeur lorsqu'il était allé le voir à Ste Mangouste et il se sentit fautif.

— Je voulais vous dire, je suis désolé pour ce que j'ai dit quand...

— C'est oublié Harry.

Dumbledore se leva et fit une pression amicale sur l'épaule de Harry, avant de partir, accompagné de Remus, le laissant seul en compagnie de Ron, Hermione et Molly.

Le silence régnait dans la cuisine, seulement dérangé par le tic tac de l'horloge. Harry avait l'air si abattu que même Ron n'osait le déranger avec les questions qu'il brûlait de lui poser. Ce fut Molly qui, une fois de plus, sauva Harry en lui conseillant de retourner se coucher.

Il se leva lentement, fit un signe de tête à ses amis et remonta dans la chambre de Ron.

oOo

Harry se réveilla le lendemain, après une longue nuit très agitée. Il n'avait cessé de revivre ses jours de captivité, et n'arrivait pas à se mettre dans la tête que tout était fini. Il avait tué Voldemort ! Ça lui semblait si irréel.

Harry regarda autour de lui. Le soleil était déjà haut dans le ciel, et le lit de Ron n'avait pas été défait. Sa mère avait dû l'obliger à dormir ailleurs pour qu'il ne le dérange pas.

Son crâne menaçait d'exploser. Il se traîna hors du lit et se dirigea directement vers la salle de bain. Une douche brûlante lui ferait le plus grand bien.

Lorsqu'il tourna la poignée, il se retrouva nez à nez avec Ginny. Elle le prit immédiatement dans ses bras. Ils restèrent ainsi, en silence, un long moment.

— Harry, je me suis tellement inquiétée. Je suis si heureuse de te revoir enfin sain et sauf.

Harry pensa amèrement qu'il était loin d'être sauf. Mais jamais il ne pourrait se confier à personne...

— Merci Ginny. Je peux utiliser la salle de bain ?

— Oui bien sûr ! Je vais aller te chercher des vêtements. Ceux de Ron seront trop grands, mais ça devrait aller le temps que quelqu'un te ramène tes affaires de Poudlard.

Harry la remercia d'un bref signe de tête et s'engouffra dans la salle de bain. Depuis la veille, il évitait au maximum d'être en contact avec ses amis, et il avait espéré qu'après une bonne nuit de sommeil, ça lui aurait passé, mais ce n'était apparemment pas le cas.

oOo

— Harry mon chéri ! Viens vite t'asseoir, je t'apporte à manger. J'ai fait un rôti avec des pommes de terre, je sais que tu aimes ça !

Molly était encore plus aux petits soins pour lui. Ça se comprenait, mais il était gêné de l'attention qu'on lui portait. Pendant les prochains jours, voire semaines à venir, il croulerait sous les attentions de tout le monde et il craignait de ne pouvoir le supporter.

oOo

Dumbledore venait régulièrement au Terrier, tout comme certains membres de l'Ordre. Ils venaient pour se tenir au courant, préparer des plans de batailles et repartir. Avoir vaincu Voldemort n'avait pas suffi à éradiquer les actes cruels envers les sorciers et les Moldus. Des Mangemorts persistaient dans leur folie et devenaient de plus en plus dangereux.

Harry s'arrangeait toujours pour tendre une oreille discrète lors de leur réunion. Demander davantage de nouvelles de Drago aurait vraiment fini par paraître suspect. Malheureusement pour lui, il n'y avait plus aucune trace de lui, ni mort, ni vif...

En dehors des alliés, les journalistes et les membres du ministère avaient également envahi la maison des Weasley, au grand dam de ceux-ci, mais surtout de Harry.

Il était littéralement harcelé. Chacun voulait avoir sa propre version des faits, bien qu'il racontât toujours la même histoire. Il avait refusé de recevoir de la visite les premiers jours qui avaient suivi la chute du Seigneur des Ténèbres, mais voyant qu'ils étaient toujours plus nombreux et excités, il avait fini par céder. Plus tôt il aurait raconté son histoire, plus tôt il serait tombé dans l'oubli, avait-il pensé.

— Vous ne pouvez pas négliger votre devoir Monsieur Potter ! Les gens réclament de voir leur Sauveur. Je comprends très bien ce que...

— Désolé mais non, vous ne paraissez pas comprendre Monsieur le Ministre ! Je ne suis pas une bête de foire qu'on exhibe. J'ai tué un homme, je ne vois pas ce qu'i fêter, même si c'était un monstre, répondit Harry avec aigreur.

Le Survivant avait jeté au feu toutes les invitations de gala, toutes les invitations à discourir sur son combat. Peut-être que s'il ne tremblait pas de manque au seul souvenir de Drago, tout se serait passé différemment. Il aurait peut-être même apprécié d'être considéré en héros, de raconter son histoire, même s'il n'avait jamais aimé être au-devant de la scène. Mais tout était différent...

— Bien... Mais réfléchissez-y malgré tout Monsieur Potter. Il ne faudrait pas que les sorciers et sorcières pensent que vous n'avez rien à faire d'eux !

Le ministre se leva brusquement et sortit sans même adresser un au revoir à Harry.

Le jeune homme souffla de lassitude et s'empara d'une pile d'invitations que le ministre lui avait lui-même apportées. Il les ouvrit machinalement et les parcourut rapidement. Toutes ces futilités l'épuisaient. Il se leva et jeta les lettres dans le feu sans aucun égard.

oOo

Les jours passaient, et les journalistes avaient enfin décidé de laisser tomber. Les gros titres de certains journaux étaient peu flatteurs pour Harry, mais il s'en fichait. Ça lui faisait même du bien. Ça l'aidait à s'accrocher à sa vie, à ne pas sombrer dans les souvenirs. Un beau jour, il s'était même réveillé avec la résolution de trouver un remède à la potion ! C'était comme s'il sortait d'un très long rêve. Sa vie reprenait un sens grâce au but qu'il s'était fixé. Il ne pouvait plus continuer à se morfondre et à souffrir du manque d'une personne qu'il n'appréciait même pas ! Malheureusement pour lui, il n'éprouvait plus assez de haine envers Drago pour réussir à contrer les effets de la potion.

Harry s'était plongé dans les livres lors de son temps libre. Et il en avait beaucoup… Dumbledore avait insisté pour qu'il ne retourne pas à Poudlard pour le moment. Ron et Hermione avaient souhaité rester avec lui, mais il en avait été hors de question. Aussi, Harry passait le plus clair de ses journées à lire des ouvrages traitant de potions, mais rien dans les rares livres de la bibliothèque personnelle des Weasley avait trait de près ou de loin à la magie noire...

Il perdait petit à petit l'illusion d'arriver à trouver un antidote un jour.

— Bonjour, Harry ! Molly !

Arthur venait de rentrer. Comme toujours, il souhaitait le bonjour à Harry avant d'embrasser sa femme et de s'asseoir, éreinté, sur la chaise la plus proche.

— Dure journée mon chéri ?

— En effet. Nous devions faire une perquisition de routine chez un sorcier soupçonné de cacher des objets de magie noire, mais nous avons eu la désagréable surprise de voir qu'il ne cachait pas que ça ! Il y avait un Mangemort, Rogers, si tu te souviens de lui, qui était caché dans la cave. Il nous a attaqués et Marks a été blessé.

Madame Weasley poussa un cri d'angoisse.

— Mais rassure-toi ma chérie, nous l'avons maîtrisé rapidement. Ensuite, nous avons accompagné Marks à Ste Mangouste, et j'ai d'ailleurs appris par la même occasion que Severus s'est enfin réveillé...

Rogue ! Mais bien sûr ! Si quelqu'un pouvait en savoir plus sur la potion et ses effets, c'était forcément lui !

Harry pensa soudain avec horreur que son ancien professeur avait tout découvert avant d'être capturé. Maintenant qu'il était réveillé, Dumbledore irait certainement le voir, et il lui dirait tout. Harry eut le sentiment qu'un piège invisible se refermait lentement sur lui. Il fallait qu'il voie son ancien professeur et qu'il le supplie de ne rien dire...

Mais Harry savait que c'était très certainement peine perdue. Son professeur l'avait toujours haï, il se ferait donc un plaisir de le faire souffrir...

— Monsieur Weasley, est-il possible que je me rende à Ste Mangouste ?

— Heu... oui, bien sûr, mais pourquoi ? demanda-t-il avec étonnement, puisqu'il était de notoriété publique que Harry et Severus ne s'étaient jamais entendus.

— Vous savez, je m'en veux de ne pas avoir pu aider Rogue après tout ce qu'il a fait pour nous, mentit Harry, bien qu'au fond de lui, il ressentît malgré tout des remords d'avoir toujours mal jugé son ancien professeur de potions.

— Bien, je remets ma veste et nous y allons si tu souhaites !

— Merci Monsieur Weasley, mais j'aimerais y aller seul. Je ne veux pas vous déranger et...

— Mais tu ne le déranges pas Harry ! Arthur va t'accompagner ! Et puis, ce n'est pas sûr dehors !

Harry n'osa pas insister davantage de peur de paraître suspect. Il sourit en remerciement de la générosité des Weasley et précéda Arthur à la cheminée. Il ignorait encore comment il pourrait voir Rogue seul à seul, mais il espérait vraiment trouver une solution.

Des flammes vertes s'élevèrent hautes dans l'âtre lorsqu'il y jeta la poudre de Cheminette. Il pénétra à l'intérieur et immédiatement, il commença à voyager à travers un nombre incalculable de cheminées. Il resserra fortement ses membres contre son corps et ferma les yeux pour éviter la nausée. Après quelques secondes, il atterrit assez violemment sur ses pieds, ce qui faillit lui faire perdre l'équilibre. Ça faisait des années qu'il n'avait pas utilisé ce moyen de transport. Harry sortit à temps de la cheminée pour ne pas être percuté par Arthur qui semblait arriver calmement de nulle part.

— Je vais en profiter pour prendre des nouvelles de Marks, ça ne te dérange pas Harry ?

— Non, pas du tout Monsieur Weasley, ne put s'empêcher de sourire Harry. C'était une véritable aubaine !

— Je te rejoins tout à l'heure !

Arthur accosta un Médicomage qui passait par là pour connaître la chambre de son collègue, tandis que Harry se dirigeait rapidement vers l'accueil pour demander le numéro de chambre de Severus Rogue.

— Désolée Monsieur... Potter ?! Oh Monsieur Potter ! Si vous saviez ! Tout le monde vous est tellement reconnaissant ! C'est formidable ce que vous avez fait pour nous !...

Harry ne savait plus où se mettre. La réceptionniste parlait de plus en plus fort avec une voix aiguë parfaitement insupportable. Ses cris de joie commençaient à alerter les gens qui se trouvaient à proximité, et beaucoup fixaient maintenant la cicatrice en forme d'éclair si célèbre dans le monde sorcier. Les gens parlaient entre eux, et certains commençaient à avancer vers lui en tendant les mains pour le saluer.

Harry ne s'était pas attendu à ça, il oubliait par moments que seulement une dizaine de jours étaient passés depuis qu'il avait vaincu Lord Voldemort…

— Est-ce que je peux avoir ce numéro de chambre ?! s'impatienta-t-il.

— Je... oui bien sûr, dit-elle en papillonnant des yeux. C'est la chambre 27, au fond du couloir. Mais je suis navrée Monsieur Potter, Monsieur Rogue ne peut pas encore recevoir de visite. Il s'est réveillé aujourd'hui seulement, et après un si long coma...

Harry se rappelait bien ce que ça faisait. Lui-même était resté dans le coma près de trois semaines, il n'y avait pas si longtemps que ça...

— Et... il ne peut pas y avoir d'exception ? demanda Harry, plein d'espoir.

— Non ! Désolé jeune homme…

Harry se retourna et vit que l'homme qui s'était adressé à lui devait avoir à peine cinq ans de plus que lui.

— Je suis le Médicomage chargé de sa santé. Il va déjà être assez fatigué de recevoir la visite de sa femme, alors...

— Pardon ? fit Harry en ouvrant de grands yeux.

— Oui, elle a prétendu être Madame Rogue.

L'homme prit une mine de conspirateur avant de reprendre :

— Parce qu'il est marié, n'est-ce pas ?

— Je... je l'ignore, répondit bêtement Harry, en se rendant compte qu'il ne connaissait rien de la vie privée de Rogue. Peut-être…, je ne le connais pas bien. Sans doute, même, reprit-il, si la femme s'est présentée comme étant la sienne.

Le jeune Médicomage sembla déçu, et Harry n'en comprit pas la raison.

— Et quand est-ce qu'il pourra avoir des visites alors ?

— Si vous ne faites pas partie de sa famille, alors vous pourrez revenir le voir dans une semaine.

Harry faillit dire qu'il était son fils, mais pour rien au monde il ne voulait dire cette phrase !

— Bien, je vous remercie, fit-il, déçu.

— Harry ! Tu es déjà revenu de ta visite ? Nous pouvons y aller ?

Harry expliqua à Arthur que Rogue ne pourrait pas recevoir de monde dans sa chambre avant une semaine, et ils rentrèrent donc au Terrier.

oOo

La semaine avait paru durer une éternité à Harry ! Il s'était efforcé de paraître aussi normal que possible lorsque Ron, Ginny et Hermione venaient lui rendre visite dans la semaine, avec la permission de Dumbledore. Il avait participé aux matchs de Quidditch que Ginny et Ron avaient organisés, écouté Hermione parler des cours et des tonnes de devoirs qu'il aurait à faire s'il décidait de retourner à Poudlard, et supporté Ron qui s'extasiait de sa vie de couple avec Hermione, bien qu'il s'en plaigne aussi beaucoup, notamment parce que s'il ne faisait pas ses devoirs, il n'avait pas le droit à son bisou du soir !

Leur relation était connue seulement de Harry et Ginny. Ron et Hermione avaient tenu à la garder secrète tout le temps que les recherches pour retrouver Harry restaient infructueuses, mais le temps avait passé, et ils ignoraient maintenant comment l'annoncer.

Harry s'abstenait de tout conseil. Il ne se sentait vraiment pas à l'aise pour parler des relations de couple, et encore moins de celle de ses deux meilleurs amis. Il lui arrivait encore d'être surpris de les voir s'embrasser ou de se dire des mots doux. Mais c'était normal, pensait-il. À l'époque où ils s'étaient déclaré leur flamme, il était dans le coma, et par la suite, il avait passé son temps à se détruire à cause de Drago…

C'était vendredi soir, Hermione, Ron et Ginny n'allaient pas tarder à arriver. Ils avaient le droit de quitter Poudlard pour les week-ends et deux fois en semaine. Molly était à l'étage en train de faire le ménage, et Arthur n'était pas encore rentré. Harry regrettait ce qu'il s'apprêtait à faire, mais il n'avait pas le choix. Il se dirigea rapidement vers la cheminée, en vérifiant que personne ne soit là, et prononça bien distinctement le nom de l'hôpital.

Comme la fois précédente, il tourbillonna jusqu'à sentir un sol dur sous ses pieds. Il préféra ne pas penser à la réaction des Weasley quand il rentrerait ! Mais il n'avait vraiment pas le choix, il était peut-être même déjà trop tard. Sans s'attarder davantage, il fonça en direction de la chambre 27.

Harry frappa doucement mais n'obtint aucune réponse. Il ne pouvait plus reculer. Il décida d'ouvrir la porte et d'entrer, quitte à réveiller Severus Rogue, et à en subir le courroux !

La chambre était faiblement éclairée par les rayons du soleil qui filtraient à travers les persiennes. Harry s'approcha du professeur qui paraissait dormir.

Ses traits étaient tirés. Il avait de lourds cernes et une grande cicatrice sur le menton. Il avait aussi l'air plus maigre que dans son souvenir. L'homme s'était réveillé et son regard froid et sombre pesait sur Harry.

— Professeur...

— Que me vaut l'honneur de la visite du Survivant ? fit-il d'une voix grinçante.

Même dans un état qui avait été critique, Rogue n'avait pu résister à l'envie de se montrer narquois avec lui ! Harry sentait qu'il perdait déjà son calme mais il ne pouvait pas se le permettre.

— Professeur... Harry avait réfléchi des centaines de fois à ce qu'il allait dire, et rien ne lui avait paru judicieux ! Je suis heureux que vous alliez mieux et...

— Quel est l'objet de votre visite Potter ? asséna-t-il sans préambule.

Bien que cette façon de faire le mette mal à l'aise, Harry devait bien s'avouer que ça l'aidait aussi énormément.

— Je sais ce que vous avez vu lors de notre dernière rencontre, dans mon esprit, dit-il avec difficulté.

— Mmmph !

Harry aurait préféré qu'il se garde de tous commentaires de ce genre, mais c'était trop demander au professeur de potions !

— En fait, c'était à cause d'un sortilège, d'une incantation plutôt...

— Oui, la potion « Amor aeterna » J'avais deviné seul ! Vous auriez dû venir en parler au directeur, mais non ! Vous...

— Professeur, le coupa vivement Harry, est-ce que... Voldemort m'a dit qu'il n'y avait aucun antidote mais j'avais espéré que vous...

Le visage de Rogue se radoucit imperceptiblement. Harry crut y déceler une forme de pitié. Il sut avant même que Rogue ne parle que tout espoir était perdu.

— Hélas non Potter. Des dizaines de sorciers ont essayé de trouver un antidote, mais en vain. Un homme du nom d'Ernest Gramms avait, paraît-il, approché du but, mais il a disparu soudainement en ne laissant aucune trace de ses travaux derrière lui. Désolé Potter, ajouta-t-il en voyant la mine défaite de Harry.

Même le fait que son ancien professeur paraisse sincère ne lui enlevait pas la sensation de froid glacial qui s'était installée dans son corps. Son dernier espoir, si mince était-il, venait de disparaître totalement.

La porte s'ouvrit et laissa entrer Narcissa Malefoy. Harry eut un cruel pincement au cœur en voyant cette femme à qui Drago ressemblait tant.

— Veuillez m'excuser, dit-elle en sortant discrètement de la pièce.

Harry n'avait déjà que trop tardé. Il ne lui restait plus qu'à rentrer chez les Weasley et à décider de reprendre sa vie au mieux malgré l'épée de Damoclès qui pesait au-dessus de sa tête, ou au contraire, de sombrer totalement.

— Professeur, je voulais vous demander... Je n'ai rien dit à personne et... il n'est plus utile maintenant d'en parler à quiconque, alors...

— Je ne dirai rien sur votre stupidité Potter, vous avez ma parole, lança le professeur en s'efforçant de faire une grimace caustique.

— Merci, Professeur, dit Harry qui n'avait pas osé regarder l'homme dans les yeux. Au revoir.

Harry s'apprêtait à sortir lorsque la voix de son ancien professeur s'était élevée :

— Potter ! Prenez une infusion de martyles broyées tous les soirs, et préparez de la potion Wingteri. C'est avec des racines de jujugs, des feuilles de choux-grave, et de la sève de Bandimon. Je ne vous l'apprends pas, n'est-ce pas... Ça permettra d'atténuer les effets. Ce n'est pas efficace à cent pour cent, mais c'est le mieux que je puisse vous conseiller.

Harry inclina la tête en remerciement. Il était infiniment reconnaissant à son professeur d'avoir fait le maximum pour lui, malgré la haine qu'il lui inspirait.

oOo

Narcissa attendait dans le couloir, droite et fière, comme il l'avait toujours vue. Harry la dépassa sans la saluer mais il fallait qu'il sache, qu'il en ait le cœur net... Il fit demi-tour et s'arrêta devant elle.

— Madame Malefoy, la salua-t-il sobrement.

— Monsieur Potter, répondit-elle de même.

Ses yeux n'exprimaient aucune haine, mais aucune bienveillance non plus. Elle restait dans l'expectative jusqu'à ce qu'il prenne la parole.

— Est-ce que... Est-ce que vous avez des nouvelles de Drago ?

Les grands yeux cristallins de Narcissa Malefoy lancèrent des éclairs avant de se remplir de larmes au souvenir de son fils, et de s'adoucir.

Elle mit quelques secondes avant de secouer négativement la tête.

Harry hocha la tête et partit, le cœur plus lourd que jamais.

oOo

— Harry ! Mon dieu !

— Harry est ici, il est revenu !

— Il est là ? Oh par Merlin, Harry chéri !

Comme il s'y était attendu, ses amis étaient arrivés, ainsi qu'Arthur, et tout le monde avait remarqué son absence.

— Harry mais où étais-tu ?! Nous nous sommes fait un sang d'encre !

— Désolé Molly, je ne voulais pas vous inquiéter. Je pensais être revenu plus rapidement.

— Mon dieu, Harry ! Qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Hermione lui agrippait les épaules et le secouait presque comme s'il était un prunier. Il avait beau essayer de ne pas sembler accablé, il ne pouvait pas, et naturellement, aucune des personnes présentes ne pouvaient comprendre son état moral.

— Rien, ça va bien, d'accord ? Je suis allé voir Rogue, mais vous savez comment il est ! Pour rien au monde il ne renoncerait à être blessant, donc je suis juste de mauvaise humeur.

— Ah ! Ce bon vieux Severus ! Ça ne m'étonne pas ! s'exclama Arthur joyeusement. Ça prouve qu'il va mieux. Allez les enfants, c'est fini, laissez Harry tranquille. Mais tu me promets de ne plus partir sans nous prévenir Harry ?

— Oui, Monsieur Weasley, encore désolé.

oOo

L'incident passé, Harry resta seul un moment, jusqu'à ce qu'une main réconfortante vienne lui caresser l'épaule.

— Tu veux qu'on en parle Harry ?

— Merci Ginny, mais il n'y a rien à dire, tenta-t-il de la rassurer.

— Allez viens, on n'a pas besoin de parler pour se consoler.

Ginny avait attiré Harry dans ses bras et lui caressait la nuque. Il se laissa aller à cette chaleur humaine et éprouva pour Ginny une immense gratitude. C'était extraordinaire cette capacité qu'elle avait à le comprendre et le réconforter d'un geste.

Tout espoir n'était peut-être pas perdu finalement. S'il pouvait éprouver de la gratitude et de l'affection envers quelqu'un, ça valait peut-être le coup de se battre ?


Et non, Harry n'a pas raconté la vérité, j'espère que vous n'êtes pas déçues^^ Si vous avez la moindre question, je me ferais un plaisir de vous répondre ;)