Bonjour à tous !
Pour commencer... il y a quelques temps je vous annonçais mon amour ! Sachez que je vous adore, vous qui me reviewez (et vous qui me lisez, même si je ne peux pas vous le dire ^^) !!! Je voulais commencer par vous dire que, rien qu'avec vos reviews, j'aurais voulu vous mettre le chapitre suivant quelque chose comme... tout de suite ! Mais cela n'était pas exactement possible, malheureusement... Cependant, sachez que je prévoyais de publier dans quelques temps encore, parce que je rentre en cours et je ne suis pas certaine de pouvour publier aussi souvent ! Mais, grâce -à cause serait plus juste- à mon prof de maths (que j'assassinerais bien), j'ai écrit, et etc. ce qui fait que voici la suite :D
Ensuite... merci, merci, et merci ! Vous êtes de sublimissimes revieweurs (tous ceux qui le font) et ce dernier chapitre ainsi que mon pathétique appel à votre avis m'ont fait découvrir de nouveaux lecteurs ! Donc... euh... je vous aime ! J'ai eu surtout des reviews anonymes, alors attention, je vais m'en donner à coeur joie :D
Rin : est-il nécessaire que je te réponde ? Tu sais déjà qu'à part ton amour pour la mayonnaise et 'l'entremattage', je t'aime ! et sache que j'ai sauté partout parce qu'ils se sont embrassés!
Rosine : Merci fois mille (x3) ^^ Je suis sur-heureuse que ce chapitre te plaise, et plus encore la scène finale :D T'as le droit de la lire autant de fois que tu veux, c'est gratuit ! Je suis donc... heureuse !!! oh et... pas de notes pas utile pour ce chapitre !!
phénarète : Ah ! je viens de me découvrir quelqu'un qui me lit *saute en l'air* Merci beaucoup pour la review (rien que ça!) et pour ce contenu encore plus !! l'utilisation de "du grand art" m'a fait bondir dans la maison (je suis quelqu'un d'impulsif :p) Je ne peux qu'être absolument ravie de tout ce que tu dis, et espérer de tout coeur que tu continueras à aimer, tant le style que le contenu !!!
dobbymcl : Merci pour le review, une fois encore ! vraiment merci. Pour ce que tu dis du début... je ne peux qu'être 'contente' d'avoir bien rendue cet état dépressif... Pour la fin, la 'fameuse', je ne peux qu'être encore plus heureuse de voir que ça te plait malgré le fait qu'il ne s'agit pas d'un couple que tu a tendance à apprécier !! Merci encore !
entalea : Merci, tout d'abord ! Ensuite, que tu me dises que c'est bien écrit n'est pas déplaisant, loin de là. C'est même... génial ! Quant au baiser, et bien... ravie que tu en ais aimé la description etc. ! voici la suite !
Lou : Bonjour bonjour, et merci pour la review ! et contente que tu sois d'accord pour le 'placement' du baiser.
Voilà ! Alors, veuillez m'excuser si ce que je dis ne veux pas vraiment dire grand-chose. Je suis complétement crevée... vraiment, désolée ! Ensuite (je suis sûre qu'il y avait autre chose...) ah oui ! Donc, je vous remercie d'un mouvement général de prendre le temps de me lire. Et je ne peux qu'espérer que ce que j'écris continue à vous plaire ! Comme pour tout le monde, à part une seule et unique personne, rien ne m'appartient d'Harry Potter !
Et enfin, je vous souhaite une bonne lecteur, et j'attends votre avis ! Bises, Bergère !
Chapitre 36 : Confessions, et Severus.
Lorsque Septima Vector avait franchi le seuil de la Salle des Professeurs, ce jour-là, elle avait tout de suite eu la sensation de quelque chose d'anormal. Le calme y était surnaturel : pas un chuchotement de conversation, pas un bruissement de feuille. Il n'y avait que le son du vent dehors, affaibli pourtant, chuintant à peine. Normalement, à cette heure, et encore plus puisqu'il n'y avait pas de cours, la pièce aurait dû être remplie. Pourtant, personne ; chacun devait vaquer à ses occupations, et ils n'avaient pas trouvé nécessaire de venir s'installer ici. A leur place, elle aurait sans doute fait pareil s'il n'avait pas fait un froid intenable dans son bureau et ses quartiers. Elle n'avait jamais compris pourquoi, mais de décembre à mars, la température avoisinait les 10 degré dans ses appartements… chose, bien sûr, absolument insupportable. Elle s'en était plainte à plusieurs reprises, mais rien ne semblait résoudre le problème.
Quoiqu'il en soit, elle avait appris à faire de la Salle des Professeurs, avec son bruit et ses aléas, son bureau et même, une partie de l'année, son lieu de vie. A 35 ans, enseignant depuis 8 années déjà à Poudlard, elle était tout compte fait plutôt satisfaite de sa vie : grande, intelligente, et plutôt jolie, elle travaillait dans un domaine qui l'intéressait, à un endroit tout-à-fait sympathique. Très sincèrement, elle ne se plaignait pas et était contente de ce qu'elle avait : que pourrait-elle attendre de plus ? Un amoureux transi, peut être… mais ce n'était définitivement pas son objectif principal.
Habituée à l'endroit comme elle l'était, elle avait plus la sensation d'être un lundi soir, vers 10 heures du soir, qu'aujourd'hui à… elle jeta un œil à la grande horloge dont elle percevait seulement maintenant le claquement rythmé. Cinq heures. Elle secoua la tête, mais avec un sourire : après tout, ça ne lui ferait jamais que davantage de silence et de tranquillité pour se détendre et tenter de corriger quelque copies. Cependant, en lançant le tas de feuille qu'elle tenait à la main, dans un claquement, elle aperçut la tête d'un de ses collègues, se retournant brusquement dans son fauteuil.
« - Filius ?
- Oui…, souffla-t-il d'un air las. »
Elle se rendit immédiatement compte que quelque chose n'allait pas : il était trop tard, bien sûr, mais elle venait de prendre conscience du fait que, sans doute, il aurait préféré ne pas être dérangé. Cependant, il y avait quelque chose dans son ton qui lui donnait cette impression de quelque chose d'anormal. Un peu la même impression que celle qu'elle avait eu en pénétrant dans a pièce, mais en plus prenant. Elle jeta un œil aux copies sur la table, et prit sa décision : elle ne pouvait pas décemment s'installer là à corriger des parchemins avec son collègue qui avait un problème, elle ne savait pas quoi, à côté d'elle.
Peut être cela pouvait-il devenir un défaut, mais elle ne supportait pas de ne pas aider les gens : ce comportement se remarquait en particulier avec ces élèves à qui elle donnait des devoirs très compliqués et pour le moins fastidieux, mais à qui elle pouvait réexpliquer une dizaine de fois la même chose. Dans ce cas, elle sentait un vague désagrément dans son estomac à l'idée de ne pas chercher à savoir quel était le problème. Elle secoua la tête, fit quelque pas vers le fauteuil où se tenait son collègue.
« - Vous allez bien ?
- Oui, dit-il en hochant la tête et en se redressant tandis qu'elle s'asseyait sur le fauteuil à la droite du sien dont le 'Severus Rogue' c'était définitivement effacé.
- Vous êtes sûr ? »
A nouveau, le petit homme hocha la tête vigoureusement. Pourtant, elle ne parvenait pas à se détacher de cette sensation : quelque chose ne collait pas. Elle le jaugea rapidement : il tenait à la main un parchemin plié un nombre innombrable de fois. Il semblait près à ce déchiré, et pourtant le professeur le tenait en y faisant très attention. Elle jeta un œil à son visage défait, puis à nouveau à la lettre : sans être voyante et sans calculs métaphysiques, il lui semblait logique que le problème était là. Une nouvelle, une annonce…
« - Il s'est passé quelque chose ? demanda-t-elle doucement en faisant un signe de tête vers le papier. »
Il se tourna un peu brusquement vers elle, la dévisageant (sans doute assez impoliment, mais tant pis…) : c'était quelque chose qu'il aurait voulu garder pour lui. Pourtant… il devait avouer que le partager avec quelqu'un pourrait peut être le soulager. C'était quelque chose de personnel dont il ne parlerait pas à n'importe qui… mais la vérité était qu'il avait envie de le lui dire. Il s'entendait particulièrement bien avec sa collègue… et puis, la jeune femme n'était pas une gamine, elle devait avoir une dizaine d'années de moins que lui… elle comprendrait, il en était sûr. Elle ne se moquerait pas de l'étrangeté de la situation.
« - Mon ex-femme est très malade.
- Ex-femme ? ne put-elle s'empêcher de demander avec un froncement de sourcil. Elle s'en repentit immédiatement : mais quelle imbécile ! elle touchait à sa vie privée. Elle fut donc plutôt étonnée de l'entendre répondre.
- Oui… c'est une histoire compliquée…
- Vous pouvez me le dire, si vous voulez…
- Oh, c'est sans intérêt, fit-il avec un pâle sourire.
- Je vous jure que si, si c'est important pour vous, répondit-elle avec un sourire un peu plus franc qui lui éclaircit légèrement le cœur.
- Et bien…, dit-il avant de la regarder un instant, pesant une dernière fois le pour et le contre. Il lui faisait confiance. Plus qu'il ne l'aurait cru. Nous nous sommes mariés jeunes, amoureux transis etc. Et… un an avant que je ne commence à enseigner à Poudlard, avec je ne sais plus quel héritage, elle a apprit que j'avais des origines Gobelins. Ca m'avait toujours paru si logique, rien qu'à mon apparence, que… je ne le lui avais jamais dit… Quoiqu'il en soit, continua-t-il après une pause, elle m'a dit qu'elle devait me quitter, qu'elle ne pouvait pas épouser quelqu'un ayant du sang Gobelin… tout en m'expliquant qu'elle était toujours amoureuse de moi. Il fit une nouvelle pause, la regardant assez fixement en finissant. Je n'ai jamais vraiment bien compris… Alors nous avons divorcé, et depuis on se voit une fois par an, dans un café… »
Sa voix expira dans un soupir, et elle ne trouva rien à dire pour le moment : que répondre à ça. Ca avait un côté tragédie Classique, destin irréversible et terrible. Elle pouvait voir dans ses yeux que, s'il ne l'aimait plus avec passion comme autrefois, il portait encore une affection très profonde à son ex-épouse. Sans doute n'avait-il jamais tout à fait tiré une croix sur elle… de ce point de vue, elle trouvait cette idée de se revoir régulièrement assez mauvaise, destructrice. Sans doute l'ex-Madame Flitwick avait-elle pensé bien faire, n'étant manifestement pas totalement détachée de son mari elle non plus… mais, objectivement, ce n'était pas autre chose qu'un moyen de s'enfoncer dans une situation inextricable.
Lui restait silencieux, manifestement prostré, rejouant dans sa tête le film de ses quelques années de bonheur. Il s'y était fait, bien sûr, avec le temps. Mais la savoir malade, comme cela… il avait l'impression que c'était la fin. Il avait peur. Il se sentait abandonné, oublié. C'est pourquoi la voix de sa collègue le tira assez violemment de ses pensées. Elle avait un air un peu inquiet, sincère…
« - Mais, ça ne doit pas être grave. Enfin, je veux dire, elle est jeune…, sur ce elle hésita. Non ? »
Elle haïssait sa maladresse : comment était-il Merlin possible qu'elle n'arrive pas à formuler une phrase à propos ? Elle marchait sur des œufs, et elle avait la sensation de parvenir à en fissurer une demi-douzaine à chaque pas. C'était frustrant… mais pourtant, elle n'arrivait pas à se taire ; et elle fut grandement soulagé de constaté qu'il n'avait l'air ni offensé ni davantage déprimé.
« - Ils lui ont trouvé un cancer de poumon…, il soupira… Phase terminale. Il lui jeta un œil et ajouta, avec un presqu'sourire attendri, elle fumait des cigarettes moldus.
- Oh, je vois… Je suis…, elle suspendit sa phrase devant l'inutilité de ce qu'elle allait dire. Elle le regarda. J'aimerais pouvoir dire que je comprends, ajouta-t-elle.
- Merci, dit-il avec un sourire. »
A nouveau, ils se turent. Elle n'osait plus parler à nouveau, avec cette sensation qu'elle allait encore dire une imbécilité de la pire sorte… mais que cette fois ça ne passerait pas. Dans une telle situation, tout un chacun, même de la plus douce nature, pouvait facilement être touché à vif et s'emporter. Elle-même était très facilement sujette à ce genre de choses : la grande phrase de sa mère à son sujet, pendant des années, avait été qu'elle était gentille, jolie et intelligente, mais sanguine... Elle secoua la tête : qu'est-ce que ces réflexions venaient faire là, bon sang ?
« - C'est quelqu'un de très gentil, vous savez.
- Je n'en doute pas, dit-elle en souriant avec une certaine indulgence.
- Elle dit qu'elle n'en a plus que pour 2 mois à peine…, dit-il, et elle fut surprise par le changement soudain de sujet.
- Oh…
- Je n'y avais jamais pensé, mais j'aurais cru que la médecine sorcière était efficace contre le cancer, quelque soit ça forme.
- Je…, commença-t-elle avant de se taire. Elle devait avouer avoir le même sentiment.
- Et bien non, expliqua-t-il tristement. C'est rare chez les sorciers, et on ne peut le soigner… Il poussa un soupir. Quelle idée de fumer !
- Hum-ha, opina-t-elle dans un son étouffé.
- Je vous raconte ma vie, n'est-ce pas ? fit-il après une pause. Je suis désolé…
- Non ! Non ! interrompit-elle. Je veux dire… ça ne me pose pas de problème.
- C'est gentil.
- C'est sincère. Je…
- Oui ? demanda-t-il.
- Non, non, ce n'est pas mon problème ! s'exclama-t-elle, soudain gênée.
- Je vous ai raconté mes histoires, alors allez-y : je ne le prendrais pas mal.
- J'espère, fit-elle avec un pâle sourire avant d'inspirer et expirer profondément. Vous allez aller à l'hôpital ?
- Demain, je pense… »
Elle hocha la tête, et ils retombèrent dans le silence pendant cinq minutes, peut être plus, peut être moins (quoiqu'elle en doutât). Ce n'était pas un de ces silences à proprement parler pesant… mais l'atmosphère n'était pas des plus agréables pour autant. Elle sentait que l'entrevue était finie, devait se finir ici… mais elle n'osait pas se lever, ne serait-ce pour le prétexte futile de tirer un rideau ou de redresser une plante (plante inexistante se dit-elle, après réflexion). Elle se rendait compte qu'il lui avait été beaucoup plus facile de s'immiscer dans la vie d'un collège -et ami ?- qu'en ressortir ne l'était… C'est pourquoi, lorsqu'il se remit à parler, de cette voix un peu éraillée que l'on a lorsque l'on hésite à parler depuis quelques temps, elle retint un soupir de soulagement et un large sourire.
« - Je vais aller répondre. »
Elle lui adressa un petit sourire encourageant, et se leva un quart de seconde après lui, le laissant passer devant elle et ne bougeant plus jusqu'à ce qu'il est passé le seuil. Sans conviction, elle rejoignit le fauteuil qui faisait face à son tas de copies abandonné. Elle s'assit, en saisit une mais au premier regard elle s'en sentit dégoûtée. Restant ainsi, la feuille à la main, son regard se perdit vite dans le vague tandis qu'elle s'appuyait contre le dossier de son fauteuil. Elle avait cette sensation face à la vie, cette impression diffuse, cette remise en question. Pas même de la tristesse, à peine de la mélancolie. Un air de vague, un air de flottement, d'incertitude. Le retour de ce grand questionnement existentiel et inhérent à toute vie humaine : qui suis-je ? où vais-je ? dans quel état j'erre ? Elle rit un peu sottement au calembour… Dans quelle étagère ? Elle ne savait pas dans laquelle se ranger, quoiqu'à première vue, elle ferait un adorable livre d'Arithmancie. Elle secoua la tête : mais Merlin, qu'est-ce qui lui passait par la tête ? Un instant plus tard, cependant, elle était à nouveau perdue dans des réflexions plus ou moins sérieuses, plus ou moins complexes…
.
Ces lèvres, sans doute, n'auraient jamais dû se rencontrer. Ou peut être le devaient-elles, par quelque coup du destin, quelque choix divin, quelque simple concours de circonstances…
Mais, qu'elles l'eussent dû ou non, et que le mot erreur soit raisonnablement applicable à ce fait ou non… Cela ne changeait rien à la pure et simple vérité : ces lèvres se touchaient, pressées l'une contre l'autre. Assez doucement. Et un tel mouvement ne pouvait s'appeler que baiser… il n'y avait pas d'autre mot un tant soit peu approprié. Un baiser. S'embrasser.
Alors qu'il resserrait insensiblement son étreinte, comme pour l'approcher un peu plus, il eut comme un coup foudroyant de lucidité : dans son esprit, la barbarie d'une lumière crue sur ce qu'il faisait. La conclusion vint vite, naturellement, facilement : il était en train d'embrasser Minerva McGonagall ! Ouvrant brusquement les yeux, il s'éloigna violement et resta l'espace d'un instant immobile, béat, à la regarder, tout aussi semblable à une statue, ne comprenant pas plus, ne réfléchissant pas plus. Ils se regardèrent sans parvenir à réfléchir, ni l'un ni l'autre. Ils n'y arrivaient pas, ils tournaient à vide. Et puis, d'un coup, un autre mot l'éveilla de sa torpeur. Embrassé… Dans un flot désordonné, il se mit à penser à tout ce que cela impliquait, au geste que ça impliquait, tandis qu'il se levait brusquement et partait en courant presque, en s'enfuyant, véritablement bouleversé.
Sans prêter la moindre attention à ceux qu'il croisait, marchant toujours plus vite avec cette vague peur de pleurer, il se dirigea à toute allure vers les cachots pour chercher le calme. Cependant, arrivé face à l'entrée de ses appartements, il ne s'arrêta même pas et ne donna qu'un regard dépréciateur au portrait qui gardait l'entrée : il avait besoin d'un endroit vide. Vraiment vide. Totalement vide. Un endroit pour déverser sa colère. Il s'enfonça dans les couloirs étroits, traversa les vieilles toiles d'araignées, se frotta à la poussière noirâtre des murs, et finit par entrer dans une salle désaffectée, probablement un lieu de détention pour élèves il y avait quelques siècles. L'endroit lui était familier : c'avait été un refuge d'adolescent.
Arrivé, et ayant refermé la porte, il commença à l'accabler de sorts de protections, l'un après l'autre, avant de sembler revenir à la raison… Il prit une large inspiration et se retourna, sentant à nouveau une insurmontable vague le submerger. Pour tenter de s'en décharger, il extermina la moindre trace de quoique ce soit des murs et du plafond, la pièce devenant plus que propre, et pourtant toujours aussi glauque. Il ne pensait pas. Il ne pouvait pas et ne voulait pas. Il verrait à penser plus tard. Pour le moment, il était trop rageur contre il ne parvenait pas à savoir quoi pour penser. Chaque début d'idée et de souvenir déclenchait un regain d'énergie. Après avoir fait exploser en mille morceaux le seul vestige de meuble de la place, il entreprit de le métamorphoser, encore et encore. Une table, une chaise, un matelas, une boite aux lettres. Et puis d'autres choses, des bêtises : un service à thé, un bout de tôle rouillé, un grand morceau de tissu noir, un arbuste, un calamar, un vase, et à nouveau une table. Mais, soudain, il s'arrêta et, transformant l'objet en un tas de poussière le fit disparaître : de toutes les choses possibles, il avait fallu qu'il métamorphose des objets ! Il ne les avait pas ensorcelés, il n'avait pas cherché à faire un ballet avec… non ! Il avait utilisé cette espèce de reste de bois pour en changer l'apparence. L'apparence ! En rageant, il se retourna et lança un sort au hasard, lequel, frappant la porte accablée de sortilèges de protection, lui fut renvoyé puissamment. Surpris, il esquiva et s'apprêta à répondre avant de se rappeler que ce n'était pas un attaquant mais une porte qu'il avait lui-même rendue absolument inaccessible ! Il ferma les yeux, inspira profondément, presqu'à s'en faire mal, et expira le plus longtemps possible, jusqu'à ne plus pouvoir respirer, ne plus pouvoir rien faire d'autre qu'absorber précipitamment une parcelle d'air et un peu d'oxygène.
Et il se mit à réfléchir, parce qu'il n'y avait plus l'ombre d'une autre alternative. Réfléchir à ce qu'il avait fait… ce qu'il avait fait ! Merlin ! Il ferma les yeux… l'idée même ne passait pas.
Quelle folie ! La pensée même de cette… chose… était une folie. Une folie pure et simple, étrange et ridicule ! Mais qu'était-ce donc ? Qu'avait-il donc fait ! Quelle connerie… Comment avait-il pu faire ça, de son plein gré ? Il n'avait rien absorbé, il était dans un état normal, il ne se sentait pas trouble. Il savait qu'il était Severus Rogue… et il savait que ce qu'il venait de faire n'était pas une invention.
Maintenant qu'il était revenu à un calme relatif, il ressentait cette impression persistante de lèvres contre les siennes. De lèvres que lui-même avait choisi de venir embrasser… Choisi ? Quoi choisi ? Non, non, ce n'était pas un choix. On ne pouvait nommer cela un choix. Ca n'en était pas un : jamais il n'aurait fait un tel choix sciemment et raisonnablement. …N'est-ce pas ?
Il laissa échapper un grognement de frustration et d'énervement : évidement ! Comme si lui personne censée et maîtresse d'elle-même entre toutes avait pu faire cela de manière raisonnable. Non, non, et non. Non ! C'avait été une impulsion.
Une impulsion ridicule, imbécile et irréfléchie : il n'arrivait même pas à croire que, même sous le coup d'un quelconque emportement, il ait pu être aussi stupide. L'embrasser ? Et quoi d'autre, hein ? Se laisser aller comme avec cette écervelée de Pfliffer, et finir avec des embarras jusqu'au cou !? Des problèmes qui se seraient peut-être même révélés plus grave ! Ah…
Se rendant compte que, tout de même, c'était trop, il souffla bruyamment, regrettant désormais d'avoir réduit à rien la table… il n'avait plus d'endroit ou s'assoir. Or, maintenant, il ressentait le besoin de s'appuyer, de trouver quelque chose pour le soutenir. Pas de sièges, rien… il poussa un autre soupir et finit par se laisser glisser contre un des murs. Il ferma les yeux, et commença à respirer, le plus doucement qu'il pouvait, cherchant à regagner un peu de paix, et à oublier. S'il avait put, il aurait oublié tout de suite… mais il ne trouvait ni le courage ni la force de tenter la périlleuse entreprise de se lancer un sort d'Oubliettes, ou d'extraire une pensée dont il savait qu'il resterait plus que de larges séquelles (autant dire qu'il s'en souviendrait tout autant).
Lentement, sa respiration devint régulière, presque calme, pas si loin de celle d'un homme endormi. Cet état, si inhabituel, de sérénité, le ramena dans ses souvenirs ; et n'ayant pas la force de balayer son esprit, il se laissa lentement aller à revivre la scène. Etrangement, il eut l'impression de voir et ressentir des choses qu'il n'avait, quelque part, pas eu le temps ou la capacité de percevoir.
Le baiser : il y avait une douceur dans ce baiser. Il y avait un besoin. Un besoin d'arrêter ces pleurs, de les forcer à se tarir. Et peut être autre chose, mais il ne pouvait le dire, même maintenant. Une douceur. La douceur était incroyable, timide, simple. Il avait serré ses épaules, et il avait fallu qu'il pousse le mouvement plus loin, au bout ou presque. Une main posée sur son bras, des lèvres venues en effleurer d'autres ; cela était logique, un enchainement naturelle, un approfondissement. Il n'avait pas cherché l'entremêlement des langues, le ballet des bouches, la passion de l'absolu ; et ce n'était qu'une pression de lèvres. Plus que posées, moins que forcées… juste appuyée. C'était indescriptible… il se répétait.
La pression, juste le toucher : les autres sens en pause. L'odeur sans fragrance, le goût sans perception, l'ouïe soumise au silence. Et la vue, entre tous, inexistante. Il ne parvenait pas à se souvenir de son visage avant, pendant. L'après la montrait immobile, dans l'incompréhension, étrange. Mais il n'y avait pas d'image pour avant, parce qu'il ne regardait pas, parce qu'il ne faisait que faire, toucher. Effleurer l'épaule, presser les lèvres. La douceur, et l'impression toujours sur ses lèvres…
Les yeux fermés, il passa les doigts sur ses lèvres, lentement : la sensation ne partait pas. Elle était prégnante et incroyable. Où cela allait-il le mener ? Ou plutôt, où cela allait-il les mener ? Car ils étaient deux, dans le processus ; et quoique l'un et l'autre embarqués, il était bien celui qui tenait la barque… il l'avait embrassée. Lèvres à lèvres… Il secoua la tête.
Cela ne pouvait que mener nulle part… il ne parvenait pas à définir son sentiment face à cette vérité. Mais c'était bien vrai : qu'est-ce que deux personnes comme eux pouvaient bien avoir comme explication pour s'embrasser… ? Rien. Ils étaient trop différents, n'est-ce pas, pour qu'une telle relation, une telle chose, puisse fonctionner. Non, non, ils étaient trop différents, vraiment…
Lui était un homme fermé, froid, mauvais. Il avait cette distance, cet enfermement, ce manque de sentiment ; et il l'avait en tout. Même avec Lily, il avait créé une distanciation. Rongé par le mal qu'il avait fait et qu'il ferait encore, par celui qu'il avait dû subir étant enfant, il ne connaissait pas de sentiment positif : il ne ressentait rien sinon du remord, des regrets, de la haine, de la peur. Et il le savait : il avait conscience qu'on le taxait de manquer de cœur à raison ; parce qu'il n'avait plus de cœur, ou plus assez, le sien étant parti aussi loin que possible de son esprit pour être moins accablé. Il n'avait rien à offrir, et il n'osait pas prendre. Quelque part, ses pensées étaient celles d'un vieil homme aigri et dépressif.
Elle, au contraire, cachait un cœur sous la carapace : elle savait rire, sourire. Elle connaissait ces mots si loin qu'étaient l'amour et l'amitié… elle savait en être proche si elle le voulait. Elle portait de la bonté en son sein, de la douceur ; et celles-ci, cachées souvent, n'en étaient que plus puissantes. Sans le montrer, elle avait une générosité innée qu'il ne pouvait qu'admirer tant il se savait égoïste et fermé…
Pour une fois, il ne voulait pas d'égoïsme. D'ailleurs, que gagnerait-il à prolonger cette mascarade ? Que voulait-elle dire ? Lui, qui ne savait pas aimer, ou du moins ne le savait plus depuis ce qui paraissait des siècles… qu'est-ce qui l'avait poussé à l'embrasser ? Etait-ce juste ces larmes ? Non… cela paraissait impossible, ridicule. Il devait y avoir quelque chose d'autre, dans le fond ; un sentiment ou une envie très certainement horriblement égoïste et dont il se sentait honteux sans même le connaître encore. Il rouvrit les yeux mais, se sentant agressé par le peu de clarté qui régnait, les referma bien vite pour ressentir, à nouveau, cette impression sur ses lèvres. Il ne savait pas trop ce qu'il en pensait, mais il avait conscience qu'il pourrait recommencer ce geste sans s'en sentir gêné… pour ne pas dire qu'il en serait plutôt heureux.
Poussant un long soupir, il se força à ouvrir les yeux et se redressa légèrement contre le mur, appuyant son dos désormais parfaitement droit contre la pierre, les genoux repliés, à la manière d'un enfant, et pourtant avec cette rigidité si caractéristique. Il scanna lentement la totalité de la pièce vide, et laissa échapper un autre son, un peu plaintif : il ne pouvait s'attacher. Il n'était d'ailleurs pas quelqu'un d'attachant, et il n'y avait personne au monde qui voudrait de lui comme d'un être humain. Il était une machine, un exécutant… être un homme n'était pas vraiment dans ses possibilités. Déjà, avoir réussi à s'attirer une certaine sympathie de la part de sa collègue était incroyable… comment avait-il pu tout envoyer en l'air en l'embrassant sous le prétexte qui lui semblait à lui-même spécieux qu'elle pleurait ! Quel imbécile… jamais il n'aurait osé briser une unique amitié ainsi ; et voilà que sans savoir comment il venait de briser l'infime part d'humanité qu'il avait réussi à se construire. Il fronça à peine les sourcils… amitié ? Un fin sourire, improbable, vint se déposer sur ses lèvres au souvenir de leurs querelles d'adolescents avant d'être effacé brusquement… il avait brisé tout cela ! Après, depuis des années, avoir créé un lien, il venait de le casser en mille morceaux par un geste déplacé. Inconsciemment, en l'embrassant, il avait cherché à passer le cap supérieur… trop peu d'affection à son égard faisait qu'il ne savait poser de frontière : elle lui avait donné un peu, il avait fallu que son instinct de naufragé tente de prendre le tout.
Il n'était pas attachant, et il ne pouvait pas s'attacher…
Après avoir réussi à penser avec autant d'honnêteté et, objectivement, il est possible de dire qu'il y avait de la vérité pure dans certaines de ses réflexions, il se sentit soudain étrange et, en se redressant, se retrouva presque chancelant en se rendant compte du cheminement qu'avait pris son esprit. Quoi ? Que venait-il de penser ? Qu'il avait eu envie d'avoir une relation avec Minerva McGonagall… quelle mauvaise blague ! Bien sûr que non : il ne voulait pas relation, pas d'attachement ! Il était quelqu'un de lointain, de solitaire, voyons ! Comme s'il cherchait à avoir des relations avec des gens différents, autres ! Non, décidément, c'était trop fort ! Il laissa échapper un grognement en se relevant complètement, redevenant le Severus Rogue des jours habituels. Il ne voulait rien avoir à faire avec quiconque… et encore moins elle !
Elle avait eu l'audace, avec ces pleurnichements indignes, de lui faire faire un geste absolument anormal et contre lui-même ; elle l'avait fait trahir Lily. Il plissa les yeux, tentant de se convaincre qu'il lui en voulait et s'en sortant plutôt bien. Rapidement, il repoussa tout les concepts d'amitié, d'amour voire même de cohabitation et décida arbitrairement qu'il la haïssait. Non, il n'adresserait plus la parole à ce trouble-calme, cette vieille imbécile qu'il avait embrassé ! C'était de sa faute de toute façon, et il ne voulait pas en entendre parler ! Il tentait de se faire croire qu'il était en colère, et non qu'il créait se sentiment pour cacher ses peurs, ses hésitations, et une vague honte.
Les pensées qu'il avait eu précédemment n'était que des foutaises sans profondeur, et c'était elle et ce qu'elle l'avait poussé à faire qui en était la cause… n'est-ce pas ? En continuant ces réflexions, il en serait bientôt arrivé à conclure qu'elle l'avait embrassé et qu'il n'avait rien demandé puisque, de toute façon, il l'avait toujours haïe. Cependant, entendant les vagues répercussions de l'horloge qui sonnait 6 heures, il poussa un soufflement énervé et entreprit de défaire la multitude de sorts qui entravait la porte, tout en la maudissant tant qu'il le pouvait et se lamentant auprès de Merlin pour son malheur et sa malchance en une suite de grommèlements insensés et qui auraient plus prêté à rire qu'autre chose.
Dès qu'une pensée contraire à ce qu'il avait décidé de penser venait s'installer dans le flot de ses réflexions, il s'empressait de la balayer violement, sans la regarder de trop près, de peur que trop de vérité ne s'y soit immiscé et qu'il se retrouve obligé de reconnaître la bêtise de sa décision. Naturellement, la dédaigner n'allait en rien régler son problème… mais il n'avait jamais su se tirer d'embarras et de questionnements existentiels autrement qu'en rejetant puissamment la faute sur l'autre. Alors, dans cette situation qu'il n'était pas sûr de vouloir comprendre, il oubliait toutes les réflexions sensées et sentimentales qu'il avait pu avoir, et se dépêchait de ne plus penser à rien qu'à sa faute à elle, uniquement et exclusivement à elle. Elle, la pauvre, qui n'avait fait que le croiser dans un couloir alors qu'elle baignait ses mains de larmes…
Ayant fini de déloquer la porte, d'un geste brusque du poignet il la fit s'ouvrir sans la toucher, et parti sans se retourner pour retrouver ses appartements où il trouverait quelque chose de la première importance à faire pour ne plus réfléchir… Mme Pomfresh n'avait-elle pas dit qu'elle était presque au bout du stock de Pimentine ? Sans doute…
Pas vraiment satisfait de lui-même, il se mit au travail dès qu'il attint son laboratoire. S'il avait cherché à analyser son comportement, ce qu'il n'aurait fait pour rien au monde tant cela aurait été dangereux, il se serait rendu compte qu'il s'aveuglait à n'en plus pouvoir ; mais avant tout que ce besoin de réagir aussi fortement, de manière si disproportionnée, montrait bien qu'il était touché très profondément, si ce n'est bouleversé. Il s'était empêtré dans des contradictions, rejetant toute affection alors qu'il ne rêvait que de cela, et se faisant croire qu'il la haïssait quand, au fond, il n'y avait bien qu'elle, parmi les vivants, pour qui il pouvait dire éprouver au moins de l'amitié, de l'attachement, en somme. De l'admiration, il en avait pour Dumbledore, de la haine pour quelques uns, de l'indifférence pour le reste… et pour elle une forme de tendresse. Pour avoir l'impression d'avoir poussé cette tendresse trop loin, il décidait de la réduire à zéro ce qui, bien sûr était impossible. Mais de cela, il ne voulait pas en entendre parler : il préférait se contredire lui-même et s'aveugler, ne serait-ce que pour un temps, pour foncer droit dans un mur sans le voir, et ne pas anticiper le choc parce qu'il n'avait pas eu à subir la vue de l'obstacle ; que de chercher une solution autre, se remettre en question dans une quête de chemins de traverse.
Voili-voilou. Je vous ai explorer Severus en long en large et en travers ! Et, comme vous le constatez, malgré mon début sur d'autres personnages, je ne suis pas sadique au point de ne pas vous mettre au moins une réaction :D
Enfin... what did you think, dear all of you ???
