Elle regarda autour d'elle, et Dumbledore, lisant dans ses pensées lui proposa doucement :

- Donnez-moi cette boite, Théodora, le temps que vous lisiez votre lettre.

Elle la lui tendit et une fois débarrassée, elle déchira fébrilement l'enveloppe écarlate. Elle déplia le parchemin et découvrit une belle écriture ronde, un peu penchée. Cependant, ses yeux n'arrivaient pas à lire le moindre mot, comme si elle avait oublié comment faire.

- Prenez vote temps Théodora, lui dit le professeur, c'est tout à fait normal qu'après tant d'années vous ayez du mal à renouer avec le souvenir de votre mère.

- Oui professeur.

- Aller, maintenant, tous à la Grande Salle, pour un déjeuner qui, je pense, est bien mérité !

Les trois amis rejoignirent donc Remus et Peter à la table des Gryffondors, et Dumbledore apparut peut de temps après à la table des professeurs, lorgnant d'un œil gourmant un rosbeef saignant juste devant lui.

- Alors ? Demanda Remus, il te voulait quoi Dumbledore ?

- Mon oncle est passé me donner le testament de ma mère, répondit Théo dans un souffle, encore sous le choc, tout en posant la boite près de son assiette sur la table.

- Quoi ?! S'écria Remus en manquant de s'étouffer.

- Ouais, et il est pas très marrant son oncle, rajouta Sirius en engouffrant une énorme fourchette de haricots. Il est un peu du même style que Lucius-le-cactus, avec des cheveux moins soyeux, quand même.

- Et donc, c'est ça ton héritage ? Demanda Peter.

- Ouais.

- Et tu vas pas l'ouvrir ?

- Si, surement, mais pas maintenant. J'ai pas envie que tout le monde sache ce que c'est.

Sentant bien que c'était un sujet délicat, ils arrêtèrent de lui parler de la boite et de la lettre. Ils s'attaquèrent plutôt à la coiffure étrange et pour le moins effrayante d'une élève de Serpentard, et Théodora retrouva aussi tout son enthousiasme.

Après le déjeuner, ils remontèrent au dortoir et Théodora cacha la boite sous son lit avec la lettre.

L'après-midi se déroula sans incident notable

Quand vint la fin de leur dernier cours, qui était métamorphose, tous les élèves se dirigèrent vers leur salle commune afin de commencer l'énorme pile de devoirs que les professeurs leur avaient donnés tout au long de la journée.

Les Maraudeurs chassèrent des premières années du canapé installé devant la cheminée et s'y affalèrent. Ils sortirent ensuite leur devoir de potion et tentèrent de comprendre ce que leur avait enseigné Slughorn durant le cours du jour.

- Heu… Attend une seconde, tu es en train de me dire que le jus de Pixie est utilisé dans les trois quart des antidotes mais qu'il est mortel ? Demanda Sirius en se grattant le nez du bout de son crayon avec un air de débile profond.

- Oui, Patmol, c'est ce qu'on a appris aujourd'hui, le principe de la neutralité. Tu aurais compris j'en suis sure, si tu avais pas passé le cours à te retourner pour lancer des clins d'œil ridicules à Jennifer Howard répliqua Théo en finissant d'écrire une phrase sur son propore parchemin.

- Ouais ben écoute faut que j'arrive à garder ma sexitude d'avant ! Elle est en péril avec ton petit copain !

- C'est pas mon petit copain de une, et de deux c'est pas vraiment le plus important à l'école.

- Enfin bref, vas y explique moi encore une fois ce qu'est que ce truc de neutralité.

Après une heure à batailler avec Sirius pour lui faire comprendre qu'il pouvait mettre du jus de Pixie dans son antidote sans que ça le désintègre sur place (il fallu pour ça l'aide de Remus) , les 5 amis descendirent à la Grande Salle afin de diner.

En arrivant, ils tombèrent sur un spectacle qui ajouta à la morosité de Théo et à l'agacement de Sirius. Un troupeau de filles avaient encerclé un Serdaigle et gloussaient en essayant d'être celle qui arriverait à se tenir le plus proche de lui. Ce Serdaigle n'étant autre que Nathaniel, Théodora leva les yeux au ciel, irritée, et alla s'asseoir à côté de Lily tandis que Sirius, la même expression sur le visage, se laissait tomber en face d'elle en même temps que Théo. James, quand à lui, rayonnait comme un bisounours qui vient de manger un gâteau au miel et a qui on a promis d'aller faire un tour sur un arc en ciel. Il s'assit de l'autre côté de Lily et la serra dans ses bras avant de lui claquer un baiser retentissant sur le sommet du crâne. Remus et Peter s'assirent de chaque côté de Sirius, ni l'un ni l'autre n'osant évoquer Nathaniel qui était pourtant dans leur champ de vision. Les gloussements des dindes se faisaient entendre malgré le vacarme des couverts et des conversations et Théodora avait de plus en plus de mal à se retenir de se lever et de retourner une droite phénoménale à la première des dindes qui croiserait son chemin. Puis se rendant soudain compte de l'état dans lequel elle était à cause de pimbêches qui tournaient autour d'un garçon qui ne lui plaisait même pas, elle secoua la tête, se redressa, et adressa un sourire éclatant au petit groupe, avant de se servir de sa cuillère comme d'une catapulte pour envoyer des morceaux de chou fleur sur les Poufsouffles.

Une fois le repas terminé, tout le monde remonta d'un pas morose vers les dortoirs afin de finir leurs devoirs avant d'aller se coucher, sauf l'équipe de Quidditch de Gryffondor, qui se dirigea en trainant les pieds vers le terrain gelé. Le moment était venu de reprendre l'entrainement. Une fois tout le monde changé ils sortirent sur le terrain, le vent froid leur frappant le visage sans ménagement. Leur écharpe enroulée autour du cou, tout le monde monta sur son balai et décollèrent. Le capitaine de l'équipe, qui n'était autre que James, commença à leur donner ses instructions.

- Bon, comme il fait froid et que c'est la rentrée, on va pas faire grand-chose.

- C'est vrai, ca fait pas du tout deux semaines qu'on est rentré, dit Théo en enfilant ses gants, et tu as pas du tout fait exprès de repousser l'entrainement parce que tu voulais pas avoir froid.

- Pas du tout, j'ai repoussé l'entrainement pour passer du temps avec Lily.

Et il passa devant elle lentement l'air hautain, les bras tendu sur le manche de son balai.

« Aller, en avant » se dit Théo en suivant son capitaine bisounours.