Chapitre 42 : Première nuit et petit déjeuner… (Nuit du 19 au 20 mars)

Nous arrivâmes très tard au Havre et un fiacre nous conduisit dans un hôtel où nous avions réservé une chambre pour la nuit. Après un souper frugal, nous montâmes dans nos chambres. Watson nous souhaita de passer une bonne nuit.

Première nuit tout les deux… Et pas de canapé dans la chambre ! Juste un fauteuil…La nuit serait difficile si je devais m'allonger à ses côtés…Elle dû encore une fois lire dans les pensées parce qu'elle me dit :

- Pas de chance mon cher époux ! Tu vas être obligé de partager ma couche…

- Je me contenterai du fauteuil…ainsi demain, au réveil, je serai tout courbatu et Watson saura que j'ai respecté ma parole en dormant ailleurs que dans le lit !

- Tu es sérieux ? me demanda-t-elle avec une petite moue désapprobatrice. Allez, ne fait pas le délicat et viens dans le lit ! Tu l'as bien fait chez toi et c'était autrement plus dangereux qu'ici ! La preuve, Watson t'as entendu quand tu es venu me rejoindre au lit !

- J'aurais mieux fait de rester tranquillement dans mon canapé moi ! J'ai juste réussi à lui donner du grain à moudre ! Au petit déjeuner les insinuations recommençaient !

- Au point où nous en sommes…de toute façon, je l'ai bien mouché au matin ! Watson n'a qu'à penser ce qu'il veut ! Je m'en fiche !

- Non ! Trop dangereux ! Déjà que ce matin, lorsque tu as eu des nausées, il m'a dit que c'était un symptôme de femme enceinte d'un mois ! Il pense que je suis responsable de ton état…Je ne suis pas sûr que Meredith ait noyé ses soupçons en disant que tu étais indisposée !

- Watson est plus soupçonneux que tous les policiers de Scotland Yard réunis ! Quoiqu'on lui dise ! De toutes façons, même si tu dors dans le fauteuil, il n'y croira pas une seconde et pensera que tu joues la comédie pour lui !

- Non Hélène ! Je vais rester dans le fauteuil… désolé !

- Bien, comme tu veux. Mais si tu changes d'avis au cours de la nuit…tu sais où me retrouver.

- Justement, si je veux garder les idées claires il vaut mieux que je reste loin de ton corps ! Passe une bonne nuit.

- Toi aussi, me dit-elle avec une moue de dépit.

Mon refus de partager sa couche l'avait étonné et surtout peiné fortement. Je pense qu'elle avait envie que nous reprenions les petits jeux ce que nous avions commencé il y a un mois…

Elle se coucha dans le lit et j'éteignis les lampes avant de me coucher dans le fauteuil. Oh bon sang ! Une vraie planche de bois ! Bonne chance pour trouver le sommeil !

Cela rendait les choses encore plus difficiles ! Je mourais d'envie de la rejoindre sous les draps et de me blottir contre elle… Mais si je me laissais envahir par des envies de libertinage mon enquête en pâtirait. Vu les conneries que j'avais faites il y a un mois…je ne voulais pas mettre le travail par terre. Mon boulot impliquait des sacrifices…il me fallait garder la tête froide !

Vers le milieu de la nuit, je n'en pouvais plus ! Impossible de dormir, mon dos et ma nuque me demandaient de mettre fin à ce martyr. Alors je me levai silencieusement et allai m'allonger à ses côtés, mais sur la couverture pour éviter toutes tentations !

Pas un frémissement de son côté. Elle dormait à poings fermés. Tant mieux ! Je m'enroulai dans mes deux couvertures et trouvai le sommeil rapidement.


Oh que je suis vicieuse! Couper mon chapitre à cet endroit! Vous avez le droit de hurler! J'aime le suspense... (musique "les dents de la mer"!)