Pomme en Or, épée de Glace
Bonjour à tous,
Encore une fois désolée pour le retard… J'ai eu un peu de mal à écrire les 3 prochains chapitres, j'espère
qu'ils ne seront pas trop "vagues" et vous plairont. Si vous avez des remarques, des conseils, des idées, je suis preneuse !
Bonne lecture !
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Fin mars 1995
Chapitre 36 : Loin du Monde
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Tout cela avait un sens. Devait avoir un sens.
Mais lequel ? Où était passé Harry Potter ? Était-il en danger ?
Est-ce-que Tom Jedusor aurait accompli le miracle d'apprivoiser une autre magie, bien au-delà de celle qu'il utilisait jusqu'alors ?
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Un chemin de terre marron clair les mena vers une petite prairie. Quelques canapés beiges étaient placés par-ci par-là, et des arches de fleurs ouvraient d'autres passages.
Eloïse s'approcha d'une arche sur laquelle poussaient des roses d'un rouge vif. Un vent assez froid glissa sur elle, et elle entra sur ce nouveau terrain. Un Phénix bleu clair l'accueillit avec une branche de houx dans le bec, et des baies rouges. La neige tombait sans pour autant l'atteindre, mais elle plaça tout de même la cape chaude de son père sur ses épaules.
L'air était frais, et le vent pouvait être glacial.
Un paysage immense se dévoila alors devant elle, des fleurs qui poussaient malgré la neige, des arbres magnifiques qui fleurissaient et dont les fruits lui donnaient faim. Quelques oiseaux qu'elle ne connaissait pas chantaient gaiement, volant tranquillement d'une branche à l'autre.
Elle marcha alors quelques minutes dans la neige, profitant de cet air frais et vivifiant. Elle appréciait l'hiver, tout comme l'été. Chaque saison avait son charme, après tout.
Elle croisa une licorne d'un blanc immaculé. L'animal se fondait dans le décor, et jamais elle n'aurait pensé avoir la chance de voir cet animal de si près.
Sa crinière, par contre, détonnait d'avec tout ce qu'on pouvait lire dans les livres sur les créatures. Cette licorne avait une magnifique crinière d'un bleu assez clair et portait quelques zébrures roses. Elle approcha lentement Eloïse qui put caresser son doux pelage.
Une autre licorne s'approcha doucement et la renifla. Eloïse était aux anges. Le Phénix qui l'avait accueillie chantonnait une mélodie douce qui l'apaisait étrangement.
C'était un endroit merveilleux.
Cet endroit lui faisait oublier ses craintes, la disparition de son demi-frère, la panique qu'elle avait alors éprouvé lors du repas de midi quand Harry avait disparu… comme par magie.
Elle continua sa route, accompagnée des deux licornes, du Phénix, d'un escargot volant et de quelques lucioles. Le temps était clair et le soleil brillait, tandis que la neige continuait de tomber.
Était-ce dû à la magie ?
- Enfant de la Magie, murmura le vent. Bienvenue en ces lieux. C'est un endroit réel, qui vit sa vie ici-bas. Un portail vers d'autres possibilités, vers d'autres connaissances.
Rares furent ceux qui atteignirent ce chemin. Rares sont ceux qui ont la joie de pouvoir atteindre Dromeille.
Profite bien de ce lieu, mon enfant. Car je sais que tu n'as rien de mauvais. Observe, apprends, vis.
Tes amis sont aussi ici. Continue vers le nord, et suit Alix.
- Alix ?
- C'est moi, chantonna le Phénix.
Elle sursauta.
- Tu peux parler avec les animaux, Enfant de la Magie. Toi, le petit Harry, Florian et Luna avez ce don. Les autres l'auront, un jour ou l'autre, mais ils devront se trouver eux-mêmes avant de pouvoir profiter de leurs dons. Va, maintenant.
Eloïse attacha ses longs cheveux et caressa encore une fois les licornes, avant de suivre le petit Phénix.
L'air lui faisait un bien fou, et elle aimait marcher dans la neige. Au loin, elle apercevait déjà les tours d'un château. Elle n'en reconnaissait pas l'architecture, mais ça semblait beau. Magique.
Cet endroit lui plaisait, l'attirait, pour elle ne savait quelle raison.
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Fred et George Weasley.
Descendants de Serpentard – certains Weasley se retourneraient dans leur tombe –, élèves de Gryffondor.
Rusés, malins, rieurs, aimants.
Les frères inséparables. Jumeaux de cœur, d'âme et d'esprit.
Ils étaient eux aussi dans une partie hivernale de Dromeille, admirant les fleurs des arbres environnants, allongés dans la neige.
- Bonjour, jeunes enfants, fit un grand cheval noir.
- Tu peux parler avec nous ? fit Fred en se relevant, plein de neige.
- Bien entendu. Mais c'est difficile pour moi de cerner votre amour pour la neige.
- Il n'y a que l'insomnie qui peut réellement réussir à nous cerner, répondit George.
- Ah, que vous êtes drôles !
Le cheval commença à rire étrangement, ce qui rendit les jumeaux euphoriques.
- Vous êtes ici pour méditer un peu, ou profiter de ces lieux afin de vous ressourcer. Cela reviendra au même, fit le cheval.
- Et Harry ? demanda George.
- Ne vous préoccupez pas de cela, jeunes gens. Votre ami est en sécurité.
- Dumbledore a joint les aurors et tout l'Ordre afin de partir à sa recherche, fit Fred.
- Il y a des choses que seule Magia peut permettre. Vous pourrez vous faire du souci plus tard, mais profitez de cet endroit, afin de ramener de beaux souvenirs à Harry et vos autres amis.
Ne pas s'inquiéter ? Les jumeaux n'y arrivaient pas. Cette disparition avait été terrifiante pour les personnes présentes, à ce qu'Hermione avait raconté, et ils étaient tous dans l'incertitude de le retrouver.
Terrifiante surtout, parce que personne n'avait rien vu arriver, et qu'il avait disparu subitement, sans explications, alors qu'il mangeait avec les autres.
Dumbledore et l'Ordre mettaient actuellement des plans en place afin de mener des recherches, mais ils n'avaient aucune piste.
À part Voldemort.
Mais…
- Oups, je n'ai pas fait exprès ! Pardon ! s'exclama alors une girafe verte à pois noirs qui avait fait tomber un pommier rouge sang à côté de George.
Fred et George sursautèrent violemment sous le rire étrange du cheval – imaginez-vous un cheval qui rit, ça ne vous ferait rien, à vous ? – et leurs pensées furent dès lors plus positives, afin qu'ils puissent profiter du moment présent.
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Florian, descendant et élève de Serdaigle.
Daniel, descendant indirect de Gryffondor, élève de Serdaigle.
Luna, descendante de Serpentard et indirectement de Poufsouffle, élève de Serdaigle.
Rêveurs et doués, aimant lire tout sur tout. Fidèles à leurs amis.
Pas que les autres ne soient pas fidèles également.
Ces trois-là se retrouvaient dans le coin printanier de Dromeille. La danse de Luna avec le lémurien s'était terminée dans une flaque d'eau rose pâle, sous les rires de Daniel et Florian.
Ils se baladaient tranquillement dans la forêt, sans avoir de nouvelles des autres.
Mais un certain apaisement les avait atteints, et leurs visages semblaient bien plus paisibles. Leurs regards étaient attentifs à la nature les entourant.
- Les ados ! couina doucement le lémurien.
- Tu nous suis ? demanda Luna.
- On peut comprendre ? les coupa Florian.
- Oui ! Bon, je peux en placer une ? s'énerva l'adorable petite bête.
- Oui, je t'en prie, fit Daniel en riant doucement.
- Magia vous attend du côté du Printemps, c'est un très très grand parc très immense qui se trouve après l'Arche en bois de Rose à environ… trois-cent cinquante mètres à vol d'oiseau !
- À vol d'oiseau ? fit Florian, sarcastique.
- D'où tu as vu qu'on avait des plumes pour voler, petit Lémurien tout mignon ? renchérit Daniel.
Luna laissa échapper un rire joyeux.
- Au pire, vous pouvez demander à Dédé de vous prendre en charge ! C'est un grand aigle aux plumes brunes et jaunes.
- Ça ira, gentil Lémurien, nous pouvons marcher, répondit doucement Luna.
- Tu nous accompagnes ? demanda Florian.
- Bien entendu ! Je vous aime déjà très beaucoup coolement bien très fort !
Le groupe rejoignit alors une des quatre saisons en compagnie du lémurien aux yeux bleu clair.
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Cora Winterfeuer-Wenzel, jeune demoiselle allant sur ses seize ans le premier avril 1995, était plus vivante que jamais. Adoptée depuis son plus jeune âge par Nikolaus Wenzel, qui était en charge de la gestion du Château de Barlheid, ils avaient découvert qu'elle avait du sang Royal.
Emily Winterfeuer était la dernière descendante directe de la famille royale du Domaine Secret. Les Winterfeuer apparaissaient sur les chronologies de Barlheid dès les années 1400.
Emily, elle, était née en 1977 et était plus âgée que Cora. Elles s'étaient par ailleurs immédiatement entendues et avaient donné plus de vie au château depuis quelques mois que tous les autres héritiers réunis.
Fans ardues de couleurs, de licornes et de créatures gentilles mais aussi hors du commun, elles reprenaient en mains le nom de l'Ancienne Famille Royale qu'était celle des Winterfeuer.
Cora Winterfeuer-Wenzel se trouvait donc dans un champ plus qu'étrange au milieu de Dromeille.
Elle avait insisté auprès de son père afin de suivre ce petit groupe à l'écart des autres. Elle les appréciait déjà, surtout Hella et Daniel.
Le champ était étrange, car elle n'avait jamais vu de légumes qui poussaient sur un sol moelleux.
- Ce sont des sortes de pommes qui poussent sur un croisement de poiriers et plants de tomates, l'informa doucement Emily.
- C'est bizarre…
- La couleur est celle du ciel, comme le ciel est bleu actuellement, le fruit sera bleu aussi.
- Et noir la nuit, du coup ?
- Oui, répondit Emily. Avec quelques étoiles si la nuit est assez étoilée pour se refléter sur la peau du fruit.
- Cet endroit est merveilleux !
- Oui, mais le mieux de tout, c'est qu'il y a des troupeaux de licornes en liberté !
- Genre !
- Si, si, je te le promets, viens ! Peut-être que nous en verrons. Ensuite, ce serait bien de trouver les autres. La Magie voulait nous transmettre un message, il me semble. Et nous avons des choses à faire…
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La Magie avait offert à Eloïse la possibilité de revoir ses amis... une dernière fois.
Ces amis qui l'avaient vu grandir auprès d'eux, qui lui avaient redonnéle sourire dès que c'était possible. Ils avaient toujours été là pour elle.
Son arrivée à Poudlard avait chamboulé toutes ces habitudes, et forcé la disparition d'Eloïse auprès de ses amis. C'était difficile pour elle, plus qu'elle ne l'avait pensé jusqu'ici, de ne plus avoir de contact.
Mais grâce à cet endroit hivernal reculé, elle avait pu exaucer son vœu.
Elle avait atteint le château à l'architecture étrange mais très élégante, d'un blanc pur avec des toits arrondis en argent.
Les portes étaient d'un jaune pâle et la lourde porte d'entrée s'était ouverte dès son arrivée.
Elle avait alors traversé une arche, suivant le phénix qui la suivait partout depuis qu'elle avait mis les pieds ici.
Ses amis étaient là, au bord d'un lac en plein soleil, bronzant et riant de bon cœur.
Ils se souvenaient d'elle, mais pas comme la meilleure amie qu'elle avait été pour eux. Elle avait toujours été à l'écoute de son meilleur ami, et avait toujours eu le soutien des autres du petit groupe qui s'était formé dans leur petite ville.
Elle avait donc pu les revoir, dans ce parc ensoleillé, près du lac. Ils avaient ri, joué, s'étaient raconté tout un tas de choses. Eloïse savait qu'ils étaient sous sortilèges de confusion, car des Oubliettes leur avaient été jeté peu après son départ par certains membres du Ministère sous les ordres de Dumbledore.
Mais la Magie n'avait pas souhaité qu'on efface ce lien d'amitié qui liait ce petit groupe d'amis.
Ce fut un merveilleux moment.
Eloïse dû tout de même les quitter, sous forme d'adieux tristes. Mais ils savaient, au fond de leurs âmes, qu'ils se retrouveraient. Un jour.
Elle marcha doucement sur le pont qui l'avait mené à ce parc, afin de retrouver le Phénix qui l'avait conduite là et s'était mis à l'écart du petit groupe. Avec un sourire sur les lèvres, elle caressa le bel oiseau. Elle était heureuse d'avoir vécu ce petit moment loin du Quartier Général, ou encore de Poudlard... La neige autour d'elle l'apaisait et le soleil la réchauffait encore.
Quelle belle magie.
C'était comme dans un rêve. Elle vit un écureuil courir vers elle et elle s'accroupit.
- Hey, petit écureuil.
- Bonjour Eloïse !
- Tu parles ?
- Dans tes pensées, oui, tu es comme miss Luna, une amie des animaux.
Elle sourit un instant. La petite bête avait des poils longs et sa queue avait quelques mèches orangées parmi son pelage marron.
- Luna est du côté de l'Automne, si tu veux, je te montre le chemin ?
- Oki... mais les autres ne nous attendent pas ?
- Non, ici le temps est ralenti !
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Severus Snape avait dû quitter Dromeille en plein milieu de l'après-midi. Hermione lui avait envoyé un message lui annonçant que Dumbledore réunissait l'Ordre pour une réunion de crise.
Bien entendu, Fumseck aurait pu venir le chercher lui-même, mais il savait que s'il suivait les instructions de Dumbledore – qui ne savait pas que son ancien espion se trouvait à Dromeille – il serait piégé à Dromeille.
Fumseck adorait Dromeille. Encore plus que Barlheid ou Poudlard. Et s'il y mettait les pattes, il ne reviendrait pas avant un bon moment… Et il avait encore des devoirs auprès de ses humains préférés. Et auprès de Melwyn, aussi.
Il avait alors donné son parchemin à Hermione, dans sa chambre, afin qu'elle prévienne le Maître des Potions via leur Livre.
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Arthur et MollyWeasley, Kingsley, Tonks, Lupin, Sirius, Nikolaus, Maugrey Fol'Oeil, McGonagall et Severus Snape se trouvaient autour de la table de la salle à manger du QG.
- Pas de nouvelles pour Harry ? demanda Remus Lupin en se servant un peu de thé.
- Non, aucune, répondit Tonks.
- Nos Aurors ont lancé des recherches aux endroits les plus probables, rajouta Kingsley. Mais le Ministère a du mal à se relever. Il y a de plus en plus d'Imperium qui traînent et il est difficile de savoir à qui l'on peut faire confiance.
Dumbledore se racla la gorge. Peu discrètement. Il venait d'arriver au QG et se devait de mettre certaines choses au clair.
Cependant, il fut heureux de voir que Severus avait pris la peine de venir.
- Bonjour, mes enfants, fit l'homme en prenant place en bout de table. J'ai quelques informations pour vous.
Sirius et Remus se redressèrent sur leurs chaises, alors que Snape observait le mur d'en face avec une application certaine.
- Il y a eu une attaque dans un village près de la côte dans le sud du pays. Il va sans dire que Tom est à l'origine de cela. Beaucoup de Moldus ont dû fuir, une vingtaine de morts reste à compter et identifier. Certains enfants nés-moldus qui devaient faire leur rentrée à Poudlard l'an prochain ont également perdu la vie. Certaines équipes de Nikolaus ont souhaité aider pour les soins et le ravitaillement, afin que les sorciers blessés ne soient pas pris en charge par les autorités.
- Albus, le coupa Nikolaus. Merci de ne pas enjoliver la vérité. L'équipe d'Amélia a quitté l'Autriche parce que tu m'as expressément demandé de l'aide. Ils ont des choses bien plus importantes à régler autre part que dans le sud de ce pays.
Nikolaus commençait à se lasser des phrases longues et belles de son ami d'enfance. Albus était un homme loyal, adorable, et aurait fait un grand-père attentif. Certainement. Mais cet homme se laissait aller au pouvoir, et donnait la possibilité à ses proches d'interpréter différemment les choses. Il ne leur disait pas toute la vérité. Et ce n'était pas la première fois qu'il le remarquait.
Un leader – parce que Dumbledore se considérait comme tel – se devait de dire réellement ce qui se passait au-dehors, et non une version légèrement modifiée qui pourrait influencer les pensées et les réactions de son groupe. Il se devait également de dire « nous allons faire » et non « je vais » ou encore « vous allez ».
- Ne jouons pas sur les mots, Nikolaus, fit gravement Dumbledore. Ils semblaient heureux de venir nous aider.
- Les sourires ne disent pas toujours tout, répliqua froidement Nikolaus.
- Il va sans dire que nous avons besoin d'aide, reprit Dumbledore. Des équipes sont appelées à rejoindre les environs de Poudlard. Tom a prévu plusieurs attaques, selon mes sources, et il nous faut les contrer. Sauver des vies.
La discussion continua ainsi pendant quelques dizaines de minutes, durant lesquelles Albus Dumbledore présentait des cartes et les plans de combats ou encore les endroits qui leur procureraient une sécurité absolue.
Sirius grogna sous le regard sévère de Snape. Sécurité absolue ? A qui voulait-il faire boire ce genre de sottises ?
- Excusez-moi de déranger votre monologue, grogna encore une fois Sirius. Mais qu'en est-il de Harry ?
Sirius semblait contenir sa colère. Peu de personnes l'avaient vu aussi sûr de lui depuis sa sortie de prison, et encore moins couper la parole au Grand Albus Dumbledore.
Sirius ne laissa pas le temps à son ancien directeur d'en placer une, et continua.
- Tous vos plans concernent ceux du Seigneur des Ténèbres, mais où est mon filleul ? En quoi contredire les plans de Vous-Savez-Qui va nous ramener Harry ?
Albus s'était levé, replaçant sa cape sur ses épaules.
- Sirius, du calme, fit doucement Albus. Bien entendu nous nous inquiétons tous pour Harry. Mais il faut rappeler que si Voldemort avait Harry en sa possession, il nous l'aurait fait savoir depuis bien longtemps. C'est pourquoi, Sirius, je n'y apporte que peu d'importance.
Les personnes présentes ouvrirent la bouche, choqués.
- Peu d'importance ? cria Sirius en se levant à son tour. Peu d'importance ? Mais à quoi pensez-vous ! Où est Harry ? Savez-vous où il est ?
- Sirius, calme-toi, fit sèchement Lupin.
- Que je me calme ? Il vient de dire qu'il porte peu d'importance à la disparition de mon filleul !
- Non, non, et non Sirius, fit Dumbledore de son air bienveillant. Tu as mal interprété mes paroles. C'est bien pour cela que je voulais que tu restes avec les membres de l'Ordre en permanence. Tu prends les choses bien trop à cœur et tu ne cherches pas à comprendre la situation, mais t'y lances tête baissée, mon enfant.
Severus Snape commençait à s'énerver doucement.
Contrôler, c'est surtout cela que souhaitait leur ancien mentor. Contrôler et avoir le contrôle.
Pouvoir gérer les situations à sa manière. Pouvoir résoudre les soucis selon ses idées.
Et tout le monde se pliait à ses volontés, parce qu'il était puissant, sympathique, et adorait les bonbons au citron.
C'était… comment disait Eloïse déjà… mignon ?
- Sirius, mon enfant, reprit Dumbledore alors que Lupin forçait son ami à se rasseoir. Voldemort n'a manifesté aucun signe concernant Harry, et nous n'avons aucune piste réelle. Il est alors inutile de fatiguer le peu d'alliés que nous avons pour partir à la recherche d'un endroit inconnu. Mieux vaut donc se concentrer sur les attaques qui risquent d'avoir lieu sur le chemin de Traverse ce soir même !
Dumbledore commençait lentement à perdre patience. Pourquoi personne ne faisait taire cet abruti de Sirius, encore bien trop fragilisé par son passage en prison ?
- Et, si je puis me permettre, entama Snape. D'où viennent ces informations ?
- Un auror de notre côté infiltré au Ministère a entendu une conversation entre McMillian et McNair, commençaTonks.
- McNair, rajouta Maugrey en riant amèrement, a retrouvé son poste de Bourreau comme par un doux miracle. Il peut ainsi assouvir son besoin de trancher la tête des animaux qui ne sont pas acceptés par le Ministre en personne. Et quand je dis animaux…
- Ça ira, Maugrey, le coupa Dumbledore.
- L'excuse du Ministre fut qu'il préféra avoir cet homme sous ses yeux plutôt que dans une prison de laquelle s'échappent des prisonniers tous les mois, reprit Tonks. Enfin, McNair disait que le Chemin de Traverse allait faire ses preuves ce soir, et que ce serait une soirée inoubliable.
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Anja, Blaise, Cora, Daniel, Emily, Eloïse, Hella, Hermione qui était revenue via le Livre, Florian, Fred, George, Luna, Max, Neville, Pansy et Théodore étaient assis en cercle autour d'un tout petit plan d'eau, dans l'herbe bleue.
L'herbe était épaisse et Hermione, qui cherchait une logique à l'existence de cet endroit, se torturait l'esprit. Comment l'herbe pouvait être aussi épaisse qu'un tapis, aussi douce, et… bleue ? Elle voulait comprendre. Mais elle ne comprenait pas.
- C'est le monde magique, chuchota doucement Luna.
Alix, le phénix orange et plus petit que Fumseck, se posa au centre du petit groupe, sur une pierre qui trônait sur l'eau violette. Il commença à chantonner doucement, afin d'apaiser les âmes.
Chacun leur tour, ils fermèrent leurs yeux afin de se concentrer sur cette mélodie douce qui souhaitait leur dire quelque chose.
La méditation pouvait servir à plusieurs choses : avant tout, apprivoiser leur magie. La contrôler, l'ordonner afin de la rendre plus stable et puissante. Et enfin, trouver l'animagus qui correspondait à l'être abritant cette âme qui, elle, abritait ce beau noyau de magie.
Le petit cercle d'adolescents était entouré d'un halo de lumière argentée. Des animaux s'approchèrent doucement d'eux, sans faire de bruit.
Attirés par cette magie ancienne, plusieurs phénix et oiseaux de l'eau – une race oubliée depuis des siècles – se mirent à chanter une douce mélodie.
Le petit groupe, coupé du monde et plongé dans un silence profond mais apaisant, ne remarqua pas le petit groupe d'adultes qui observait ce qu'ils avaient vécu quelques années auparavant.
Une magie puissante se faisait ressentir. Si un être malfaisant avait osé poser ne serait-ce qu'une molécule de sa présence en ces lieux, il aurait été dématérialisé sur le champ.
L'herbe bleue poussa de quelques centimètres, et du lierre vert encercla les adolescents.
Une brise fraîche se faufila parmi les cheveux, plumes et crinières de chaque être présent en cet endroit.
Le temps s'arrêta.
Et la Magie fit ce qu'elle rêvait de faire depuis plusieurs centaines d'années.
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