Correction : Like-a-Dream

Chapitre 37 : Meredith et son conseil fracassant

Un an plus tard, Molly et Arthur étaient fiancés de façon officielle et attendaient le meilleur moment pour une présentation aux Moon. Les Moon en avaient longtemps voulu à Meredith de leur avoir forcé la main. Meredith avait multiplié les réunions de famille qu'elle organisait chez elle pour tenter de se faire pardonner. Et finalement avec le temps, tout était redevenu normal. Le lendemain d'un dîner avec ses parents, Meredith s'était levée particulièrement de bonne humeur. Rien de toute la soirée n'avait été dit sur Molly et Arthur, une première.

–Bien dormi ? demanda Ignatus.

–Oui merci, répondit Meredith.

Elle s'assit à la table du petit-déjeuné. Ignatus était caché par la Gazette du Sorcier ; alors qu'habituellement, il refermait toujours le journal à l'arrivée de Meredith.

–De mauvaises nouvelles ? demanda-t-elle.

–Il a tué un couple d'origine moldue cette nuit, annonça Ignatus.

–Qui ça ?

–Celui-dont-on-évite-de-prononcer-son-nom.

–Oh...

Meredith reposa sur la table le thé qu'elle s'apprêtait à boire. Elle regarda la une du journal qui masquait le visage de Ignatus, et lut ce qu'il y était inscrit. Le crime de Tom faisait la une du journal.

–Il y avait cette marque au-dessus de leur maison, raconta Ignatus. Tu sais, la marque des Ténèbres... Avec le serpent.

–Oui. Je me souviens.

–Il faudrait qu'ils se dépêchent de l'arrêter, dit Ignatus. C'est quand même incroyable qu'il puisse circuler en Grande-Bretagne comme bon lui semble.

–Je suppose qu'il est trop puissant.

–Il l'était tant que ça à Poudlard ? demanda Ignatus.

Meredith sursauta, elle devenait craintive lorsqu'on lui parlait de Tom Jedusor. Elle se sentait plus vulnérable et imaginait que comme Albus Dumbledore, tout le monde pouvait lire en elle.

–Ce qui m'impressionnait le plus, c'était l'ascendant qu'il avait sur d'autres élèves, dévoila Meredith après réflexion.

–Ça doit être pour ça, conclut-il. Il doit avoir des alliés un peu partout.

Il referma le journal et se leva.

–Bon j'y vais, à ce soir.

Il déposa une bise sur la joue de Meredith et s'avança vers la cheminée. Meredith prit à son tour le journal et découvrit par elle-même les atrocités que le père de son enfant avait causé.

Peu avant l'heure du déjeuner, Meredith s'habilla pour sortir. Elle était conviée chez Magda, comme cela arrivait souvent. Elle pouvait ainsi voir ses petits enfants et sa belle-fille, Edgar n'assistait presque jamais à ces déjeuners qui ne se passaient qu'en semaine. Pourtant cette fois-ci Edgar fut présent au repas. Mona, Terence et Hugh les trois enfants, restèrent pratiquement silencieux tout le long du déjeuner. Ils ne parlaient que lorsqu'on leur posait des questions. Il arrivait parfois à Hugh, plus jeune, de prendre la parole sans y être invité. Aussitôt le regard de son père lui faisait comprendre que ce qu'il avait fait était mal. Meredith se sentait mal à l'aise face à cette situation, d'accord elle aussi interdisait à ses enfants, à l'époque, de prendre la parole aux repas sans y être invités, mais seulement lorsqu'un membre extérieur à la famille était présent. Meredith était-elle donc devenue extérieure à la famille d'Edgar ?

–Magda, les enfants ne parlent jamais à table même lorsque je suis absente ? demanda Meredith lorsqu'elle se retrouva seule avec sa belle-fille, Edgar étant retenu par du courrier qui venait d'arriver.

–Non jamais, répondit Magda après une légère hésitation. C'est une exigence d'Edgar. Je n'y avais pas été habituée, lorsque j'étais enfant, mes parents me laissaient parler comme bon me semblait. J'ai supposé que c'était de cette manière qu'il avait été éduqué.

Magda prit une gorgée de thé, Meredith supposait, ou plutôt espérait qu'elle mentait.

–Non, répondit Meredith. Les enfants devaient seulement bien se tenir lorsqu'ils étaient en société. Pour les repas en famille, ils devaient bien se tenir évidement, mais ils pouvaient parler librement entre eux ou avec nous.

–Vraiment ? dit Magda surprise. Je me demande où il a été chercher...

Elle s'arrêta échangeant un regard avec Meredith. Edgar avait été chercher ses codes de conduite auprès de Marine Moon. Meredith les reconnaissait bien, après tout elle les avait subit toute son enfance. Edgar revint dans la pièce.

–Je vais devoir vous laisser, dit-il. Une réunion de dernière minute...

–Je vais y aller aussi, annonça Meredith en se levant.

Magda se leva à son tour, mais fut stoppée dans son élan.

–Ne te dérange pas, dit Meredith. Edgar va me raccompagner.

Il parut surpris, mais raccompagna sa mère à la porte qu'il ouvrit. Dehors il faisait beau et chaud, le mois de juillet était entamé et l'été bien installé.

–Avec qui est ta réunion ? demanda Meredith.

–Fidel et Grand-père, répondit Edgar.

–Ce sera sûrement très édifiant, dit Meredith un brin sarcastique.

–Sûrement, répondit Edgar avec un froncement de sourcil.

Meredith regarda son fils et reprit.

–Tu sais, dit-elle. J'ai été élevée avec les vieilles doctrines éducatives de la famille.

–Je le sais, dit Edgar. Et j'aimerais que mes enfants puissent avoir une partie de cette éducation.

–Ce n'est peut-être pas la bonne, dit Meredith. Regarde-moi, j'avais beau être la fille parfaite, j'ai eu un enfant hors-mariage.

Edgar recula d'un pas, surpris.

–Qu'est-ce que tu veux dire ?

–Que tu devrais peut-être laisser plus de liberté à tes enfants que Marine Moon ne m'en a accordé à moi-même. Ou bien tes enfants finiront par te détester.

–Tu ne détestes pas grand-mère, dit Edgar avec évidence.

Meredith regarda son fils dans les yeux, silencieuse.

–Tu détestes grand-mère ? dit Edgar abasourdi.

–Par tous les pores de la peau, assura Meredith. Et ton grand-père aussi. Tu n'as pas idée de ce qu'ils m'ont fait subir. Tu n'as pas idée de ce qu'ils auraient pu TE faire subir.

–Mais pourquoi les vois-tu aussi souvent ?

–Parce que j'ai reçu l'éducation des Moon.

Edgar regardait sa mère attentivement.

–Je ne voudrais pas te mettre en retard, dit Meredith. Je m'en vais, passe une bonne journée mon fils.

–Au revoir, dit Edgar lointain.

Meredith s'éloigna avec la sensation d'avoir fait quelque chose de bien.

Moins d'un mois plus tard, bien après le dîner, Edgar débarquait chez ses parents, l'air très en colère.

–C'est de ta faute ! hurla Edgar à sa mère.

Il avança vivement vers elle, Ignatus se plaça entre eux.

–Quoi ? dit Meredith. Qu'est-ce que j'ai fait qui te met dans cet état ?

–Mona, ta petite-fille, s'écria Edgar. Je lui ai accordé plus de liberté, comme tu me l'avais conseillé. Résultat, elle est devenue amie derrière mon dos avec la petite voisine moldue !

Meredith était estomaquée, ce n'était pas ce à quoi elle s'attendait. Effectivement, une amitié entre une moldue et Mona, une Moon ; ne pouvait être une bonne chose.

–De toute façon, je vais lui interdire de la revoir, dit Edgar. Je lui ai dit qu'elle pouvait la voir de temps en temps, mais dès demain je lui dirai que j'ai changé d'avis. Il n'est pas question que ma fille fréquente ce genre... Ce genre... D'individu.

–Edgar, calme toi, ordonna Ignatus. Ta fille a dix ans.

–Et alors ? Il n'est jamais trop tôt pour prendre de mauvaises habitudes.

–Ignatus a raison, reprit Meredith en voyant soudain une solution. Mona a dix ans, l'année prochaine elle ira à Poudlard, elle oubliera complètement cette amie moldue. C'est une erreur qu'elle est en train de commettre, elle doit se rendre compte par elle-même que cette fillette n'est pas à la hauteur de ses fréquentations. Et tu dois le lui expliquer un peu tous les jours de façon subtile, mais tu ne dois pas lui interdire de faire quelque chose. Elle ne comprendrait pas, elle ne verrait pas le vice de cette fillette.

–Ce n'est pas exactement ce que je voulais dire, dit Ignatus à sa femme.

–Tu as raison, convint Edgar. Je ne veux pas que ma fille se retourne contre moi.

Il recula et transplana sans un mot.

Edgar laissa à Mona le choix de ses amitiés, un an plus tard la fillette était toujours amie avec la moldue pour le plus grand désespoir de son père. Seule éclaircie dans ce sombre tableau : Mona allait bientôt faire son entrée à Poudlard. Pour fêter l'événement, une réunion de famille avait été organisée par Marine Moon. Elle n'avait invité les Moon qu'en petit comité, seule Meredith et sa descendance étaient présent. Lorsqu'elle arriva sur place, elle retrouva l'habituelle schéma d'une réunion organisée par sa mère, les enfants étaient à part et les adultes placés selon leur importance près de Augustin. Ce fut le déjeuner que Molly choisit pour amener Arthur pour la première fois aux Moon. Les deux amoureux étaient relégués en fin de table à l'opposé d'Augustin. À la droite d'Augustin était installé Edgar et de l'autre coté Marine. Venait Fabian et Gideon, à coté de Gideon se tenait sa petite amie. Puis Meredith avait sa place, juste avant Ignatus qui avait perdu quelques places après l'histoire avec Molly. Molly et Arthur fermaient cette table. Il était temps qu'ils se marient, Molly avait le ventre un peu rond.

–Tu t'habitueras très vite, assura Meredith à Arthur. C'est leur classement.

–J'espère remonter dans l'estime de tes grands-parents, dit gentiment Arthur à Molly.

–Oh tu sais... commença Meredith qui en doutait. Ils sont vieux, je doute que quoique ce soit change. Ils ont dépassé les quatre-vingt ans tout de même.

–Tu es à la meilleur place dans mon classement à moi, dit Molly.

Elle et Arthur se regardèrent amoureusement.

–Molly, dit Meredith pour rappeler sa fille à l'ordre.

–Désolée, dit Molly en se redressant avec un sourire coupable vers son assiette.

Arthur eut un regard d'incompréhension une seconde, puis réalisa que c'était une fois de plus l'une des nombreuses lubies des Moon et qu'il ne pourrait rien y faire. Il murmura quelque chose à Molly qui aussitôt se mit à glousser.

–Molly ! répéta Meredith.

À nouveau Molly plongea son regard vers son assiette.

–Laisse-les, dit Ignatus. Ils sont jeunes, tu as oublié comme nous étions à leur âge.

–Pas en public, dit Meredith.

–C'est vrai, convint Ignatus.

À un moment du repas, Marine Moon appela Mona. Meredith observa sa petite-fille rejoindre son arrière grand-mère. Elle vit Marine confier à Mona une feuille de papier.

–C'est la liste, dit Molly.

–La liste ? demanda Arthur.

–Une liste de noms que notre grand-mère nous donnait à chacun de nous avant l'entrée à Poudlard, dit Gideon. Dessus il y les noms des personnes qui ont un certain rang social. Mona devra se présenter à chacune des personnes et entretenir de bonnes relations avec eux tout au long de sa scolarité.

–Je comprends, dit Arthur.

Marine et Mona continuaient de parler, elles furent bientôt rejoint par Edgar. Puis Mona s'éloigna, Meredith la regarda passer à ses cotés. Marine Moon allait-elle influencer une génération de plus ? Malheureusement Meredith n'aurait sûrement pas grand-chose à dire, Edgar accordait toujours plus d'importance à sa grand-mère. Et depuis le conseil fracassant de Meredith sur la liberté de choix des enfants, il serait très étonnant que Edgar prenne en considération les inquiétudes de sa mère.

Tout le monde finit par rentrer chez soi, une question avait au moins traversé une fois l'esprit de chacun : dans quelle maison Mona atterrirait-elle ?

Serpentard, la réponse vint deux jours plus tard.

Meredith se sentait fière et un peu déçue, Gryffondor aurait sûrement été plus épanouissant pour Mona. Même si Meredith désapprouvait beaucoup ce que les élèves s'enseignaient entre eux sur l'importance d'être un sorcier de sang-pur. Meredith reçut la lettre annonçant la nouvelle en fin d'après-midi. Ignatus allait bientôt rentrer du travail, et Meredith l'attendait. Elle n'avait que ça à faire de ses journées, bien que le matin elle s'occupait souvent en confectionnant avec l'aide de Pinguy, différents vêtements pour la famille. Chose que Marine Moon faisait également. Meredith tentait d'oublier cette ressemblance entre son emploi du temps et celui de sa mère.

Elle attendait donc dans le salon, un bouquin entre les mains, lorsqu'on sonna à la porte. Elle regarda Pinguy.

–J'attendais une visite ?

–Je n'en ai pas le souvenir, dit l'elfe.

–Bon, va ouvrir, dit Meredith en se levant.

Elle accourut vers un miroir pour réajuster sa coiffure. Elle entendit Pinguy parler avec l'homme qui venait d'arriver. Meredith le vit bientôt entrer dans le salon, elle lui trouvait un air qu'elle connaissait sans parvenir à se souvenir où elle l'avait vu. Pinguy répondit à ses interrogations.

–Kerian McKeller.