Alors là, milles excuses! J'ai pas pris le temps de répondre aux reviews (hontehontehontehonte) mais je les ai lues avec grand plaisir je vous assure!! D'aussi bons commentaires ça peut pas faire autrement que remonter le moral:-)
J'ai pas vraiment d'excuse, à part que j'ai chopé la grippe ET le rhume et que je suis prise d'une grosse flemmardise. Mais ça ne pardonne rien, je sais!
Alors encore MERCI à vous mes amis! Promis je me rattrape au prochain chapitre!
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Chapitre 35 : Les centaures aussi font des prophéties!
Drago Malefoy marchait dans le parc de Poudlard, l'esprit ailleurs, pendant que ses congénères faisaient leurs devoirs à la salle commune. Plus le temps passait, moins il aimait se retrouver en compagnie de sorciers de son âge. Il n'aimait pas la haine qu'il ressentait à leur vue, ni l'envie de destruction qui s'emparait de lui à chaque fois. Sans compter que, depuis l'épisode de la bibliothèque avec Lyra, sa fureur avait redoublé d'intensité…
C'était une soirée magnifique : il n'y avait pas un nuage dans le ciel, les étoiles brillaient de mille feux et les oiseaux commençaient à revenir de leur long voyage vers le sud. Mais cela ennuyait Drago. La lune qui se reflétait sur le lac l'aveuglait, la neige fondue entrait dans ses bottes et le pépiement des oiseaux l'irritait. Agacé par le décor qui l'entourait, Drago s'appuya contre un arbre et ferma les yeux. Il repensait aux évènements des dernières semaines. La fuite de Harry et de Lyra avait causé tout un émoi, et pas seulement dans le monde des sorciers. Des affiches étaient placardées partout; où que vous alliez, vous étiez sûr de rencontrer sur votre chemin le sourire de Lyra ou l'air abruti de Potter. Le ministère, Dumbledore ainsi que des sorciers importants recherchaient la trace des deux adolescents et même les Moldus avaient mis une brigade à leur trousse (les « gentes dames » ou la « pelisse », Drago n'était pas très sûr de ce qu'il avait entendu). Cela le mettait hors de lui. Toute cette histoire était entièrement sa faute et pourtant, ce n'était pas ce qu'il avait prévu. Quand il avait donné les Halluzini en poudre à Winky, il avait clairement spécifié que c'était une surprise pour Harry Potter. Comment Lyra en avait été affectée aussi, cela dépassait Drago. Il voulait simplement que Potter soit renvoyé afin d'être débarrassé de lui une fois pour toutes.
Un son étouffé tira soudainement Drago de ses pensées. Le jeune homme se retourna : il n'y avait personne. Drago sentit la colère le gagner. « Qui ose troubler ma quiétude? Qu'il se montre, que je le tue! » songea-t-il haineusement. Il s'accroupit derrière son arbre et attendit. Moins d'une minute plus tard, une haute silhouette apparut dans un rayon de lune. Drago eut un hoquet de surprise : c'était Firenze le centaure. Ce dernier avait le visage levé vers le ciel et murmurait quelque chose dans une langue étrangère en faisant de grands signes avec ses bras. Drago était si étonné qu'il en oublia ses idées meurtrières. Firenze poursuivit son étrange rituel pendant cinq bonnes minutes, après quoi il entra au château d'un air transi. « Qu'est-ce que ce cheval peut bien mijoter en catimini? » se demanda Drago avec suspicion. Il se promit de mener sa petite enquête.
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-Il faut qu'on parte d'ici, annonça gravement Harry à une Lyra somnolente. Cette nuit.
-Hum, fit Lyra. QUOI? cria-t-elle en se redressant. Partir? Partir pour aller où?
-Moins fort! chuchota Harry.
Il rabattit la couverture de son lit sur leurs têtes pour étouffer le son de leurs voix.
-J'ai réfléchi…, commença-t-il.
-Dans quel guêpier vas-tu encore nous fourrer? l'interrompit Lyra. Je ne veux pas partir, nous sommes bien ici!
-Non, c'est trop dangereux. Nous avons eu de la chance de ne pas être repérés aujourd'hui, mais ce ne sera pas toujours comme ça. Je suis sûr que la maison sera perquisitionnée de nouveau et ce jour-là, nous n'aurons peut-être pas autant de chance. Et puis, imagine les problèmes que cela causerait à Adorabelle! On lui a déjà fait assez de tort comme ça, tu ne crois pas?
-Comment ça, des torts? protesta Lyra. Au contraire, nous lui avons été bénéfiques…elle était carrément apathique avant notre arrivée! Maintenant elle sort de sa chambre, elle mange, elle parle, elle sourit…
-Oui c'est vrai, mais elle pourrait avoir de graves ennuis si on découvrait qu'elle a hébergé deux adolescents en fuite recherchés par l'Ordre de Dumbledore. Et puis à cause de ça, elle s'est brouillée avec sa sœur, et Frederich a quitté la maison!
-Justement! Elle n'a plus que nous et tu voudrais qu'on s'en aille?
-Elle va mieux maintenant, tu l'as dit toi-même! Elle s'en sortira très bien toute seule. Nous ne sommes plus en sécurité ici, Lyra. Avec les soupçons qu'avait Améthyste, il est clair que des membres de l'Ordre reviendront fouiner ici. Et rien ne nous garantit que Frederich ne trahira pas le secret! Il n'a rien à gagner en gardant le silence.
-Bon, soupira Lyra après un moment. Quels sont tes plans?
-Je t'avais rapporté la conversation qu'Adorabelle et moi avions eu le lendemain de notre arrivée, tu te souviens? demanda Harry.
-Oui et alors?
-Elle disait que tout recommençait comme avant. Que les sorciers reniaient les vampires, les géants et les autres créatures pour leurs différences plutôt que de s'allier à eux pour leurs forces. Et puis elle a dit : l'union fait la force.
-La phrase du Choixpeau…
-L'objectif de Poudlard cette année. Réunir les Quatre maisons…
-Qu'as-tu en tête? s'inquiéta Lyra.
-On sait que les trolls et les Détraqueurs sont déjà dans le camp de Voldemort et que les vampires sont encore hésitants, pas vrai? Mais dans notre camp, qui avons-nous?
-Des sorciers…et des elfes.
-C'est exact. Et qui pouvons-nous encore recruter?
-Tu ne penses pas aux centaures j'espère? s'écria Lyra, terrifiée.
-Inutile de compter sur eux, ce serait une perte de temps, grimaça Harry. Non, je pense à un groupe de créatures que personne encore n'a osé aborder…sauf Hagrid.
-Tu veux dire…
Harry acquiesça gravement. Les craintes de Lyra s'en trouvèrent confirmées.
-Les géants, dit Harry. Il faut aller voir les géants et les convaincre de rejoindre notre camp.
Silence.
-Lyra?
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-Dépêche-toi! cria Hermione en enjambant quatre à quatre les escaliers. Ce que tu es lent!
-Je n'y peux rien si j'ai un point de côté! se défendit Ron en s'arrêtant, tout essoufflé, les mains sur ses côtes.
Hermione poussa un soupir d'impatience et s'arrêta.
-Argh! gémit Ron. Ça fait mal! Ouille!
Hermione le regarda s'appuyer sur le mur, s'accroupir par terre et finalement s'étendre sur le dos au beau milieu du palier, pantelant.
-Tu ne crois pas que tu exagères un peu? dit-elle enfin avec agacement. Le bureau de Dumbledore n'est pas si loin et tu as à peine couru.
-Je meurs, dit Ron d'une voix étouffée. Continuez sans moi les gars…
Hermione roula les yeux et s'assit sur une marche de pierre. Elle attendit deux minutes, regarda sa montre et se releva. Ron était toujours étendu sur le dos, les yeux fermés.
-T'as fini ton cinéma? demanda-t-elle. On peut y aller maintenant?
Ron ouvrit un œil, grogna quelque chose qui ressemblait à « Je suis un incompris » et se redressa.
-Ouais, c'est bon, j'arri…AAAAAAAAAAAAH!
Firenze venait de surgir devant Ron à grand galop avant de stopper brusquement.
-V…vous avez failli me piétiner! balbutia Ron, blanc comme un drap.
Mais Firenze ne s'excusa pas et ne semblait pas même savoir où il était. Il avait l'air inexpressif d'une personne en pleine hypnose. Ron et Hermione se jetèrent un regard inquiet.
-Professeur Firenze? appela Hermione. Vous allez bien?
-Dans les profondeurs abyssales…, commença Firenze d'une voix gutturale.
-Que…qu'est-ce qui lui arrive? demanda Ron, éberlué.
-Chut! fit Hermione.
-Dans les profondeurs abyssales – Lorsque nous lèverons le camp – à la rencontre des forces du Mal – Des sorciers reprendront leur vie d'antan.
-Hermione…de quoi parle-t-il?
-Tais-toi Ron je t'en prie…
-Or un sacrifice sera fait… De la main de son propre géniteur… Disparaîtra l'Enfant des Ténèbres. L'Enfant…Des…Ténèbres…
La voix de Firenze devint si basse que Ron et Hermione ne comprirent pas la suite (si suite il y avait). Puis Firenze sembla peu à peu reprendre ses esprits et finit par regarder les deux adolescents d'un air interrogateur.
-Que faites-vous assis dans les escaliers à cette heure? demanda-t-il d'un ton amusé.
-Nous…vous…je…
-Je vois, Mr Weasley. Vous révisez vos pronoms personnels, c'est très bien. Mais le bon ordre serait plutôt : je…tu…il…nous…
-Professeur, l'interrompit Hermione devant l'air médusé de Ron, vous sentez-vous bien?
-Moi? dit Firenze, étonné. Je me porte à merveille.
-C'était quoi ce truc que vous disiez il y a une minute? demanda Ron. Vous parliez des rondeurs abyssales ou quelque chose comme ça…
-Dans les profondeurs abyssales, lorsque nous lèverons le camp, à la rencontre des forces du Mal…, récita Hermione.
-Des sorciers reprendront leur vie d'antan, acheva Ron. Qu'est-ce que ça signifie?
Firenze eut l'air très consterné.
-Je ne me souviens pas avoir rien dit de tel, avoua-t-il.
-Vous aviez l'air comme…en transe! dit Ron.
-Vous avez fait une prophétie, conclut Hermione.
-Il a quoi? s'écria Ron.
-En effet, c'est très possible, dit calmement Firenze comme s'il parlait simplement de l'éventualité de s'être fait cuire un macaroni au fromage pour dîner.
-M…mais ça veut dire que nous rencontrerons Vous-Savez-Qui sous l'océan et que des morts ressusciteront? dit Ron, effaré.
-Oh, il ne faut pas prendre au mot toutes les prophéties de ce monde, Mr Weasley! dit Firenze avec désinvolture. Auquel cas il y a longtemps que nous serions tous devenus fous.
-Mais…
-C'est la grande saison de la Divination ce mois-ci, il n'y a qu'à observer les étoiles pour s'en rendre compte. Bon nombre de sorciers ont fait d'absurdes prophéties qui jamais ne se sont réalisées. Vous voulez que je vous dise? C'est lorsqu'on accorde une réelle importance à ces prédictions qu'elles se réalisent.
Ron et Hermione ne répondirent rien, sourcils froncés et bouches bées. Firenze éclata de rire.
-Allons, ne vous tracassez pas avec ça les enfants. Vous devriez aller au lit maintenant.
-Oui professeur, répondirent Ron et Hermione sans bouger d'un poil.
Mais Firenze était déjà parti vers ses appartements.
-Qu'est-ce qu'il disait à la fin? demanda Ron après un long silence. Quelque chose sur un géniteur…
-De la main de son propre géniteur disparaîtra l'enfant des ténèbres! cita Hermione après un effort de concentration. Oh mon Dieu!
-Lyra! s'exclamèrent-ils en chœur avant de filer comme des flèches vers le bureau de Dumbledore.
Au bas des escaliers, derrière une grande colonne de pierre, apparurent une tête blonde et des yeux gris acier.
-Lyra, murmura Drago d'un ton songeur. L'Enfant des Ténèbres…
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-Vous voulez faire QUOI? s'écria Adorabelle tandis que Lyra bouclait son sac.
-Aller dans la vallée des géants, répéta calmement Harry.
-Voyons Harry c'est insensé! Tu es dingue?
-Je le lui ai déjà dit, intervint Lyra.
-Tu n'as rien dit du tout, tu t'es évanouie, rectifia Harry.
-Ça voulait dire la même chose!
-Mais enfin Harry tu n'y penses pas! continua Adorabelle. Ils vont vous écraser comme des moustiques!
-Ça aussi je le lui ai dit, ronchonna Lyra.
-Je sais très bien comment m'y prendre! dit Harry avec confiance. Hagrid m'a tout expliqué l'an dernier.
-Mais Hagrid fait au moins cinq mètres de plus que toi! Écoute, Harry, je suis flattée que tu aies retenu mes conseils, mais quand je te parlais de l'union des…créatures, ce n'était pas tout à fait ce à quoi je faisais allusion tu sais!
Harry arpentait la maison à la recherche d'objets quelconques qu'il aurait oubliés et Adorabelle le suivait de près.
-A quoi faisais-tu allusion alors? demanda Harry en récupérant une chaussette qui avait glissé sous le canapé.
-Je ne disais pas ça pour toi, répondit Adorabelle en s'accroupissant à ses côtés. Je parlais…en général.
Harry se releva et Adorabelle l'imita.
-Ce n'est pas vrai, dit Harry en fourrant la chaussette dans son sac. Tu as dit « L'union fait la force, Harry. N'oublie jamais ça. »
-Et où as-tu compris que je t'envoyais te faire charcuter chez les géants? s'énerva Adorabelle. Enfin, tu n'es pas sérieux! Tu crois vraiment qu'ils vont t'écouter avec admiration et te suivre jusqu'à Poudlard?
-Tu parles comme Lyra, grogna Harry.
-Si nous sommes deux à te dire la même chose il faudrait peut-être que tu reconsidères tes plans!
Harry laissa brusquement tomber son sac par terre et se tourna vers Adorabelle et Lyra en soupirant.
-Écoutez, dit-il d'un ton impatient, j'ai décidé d'aller chez les géants et je ne compte pas revenir sur cette décision. Vous pouvez en penser ce que vous voulez, je ne demande pas votre collaboration, ni votre approbation. Alors Lyra, si tu ne veux pas venir…libre à toi! Et Adorabelle, si tu n'es pas d'accord avec mon choix…tant pis! J'irai quand même. Il y a un an, j'ai appris que le sort de l'humanité était entre mes mains. Si je gagne, c'en est fini de Voldemort et de la destruction, mais si je perds, c'en est fini de tout le reste. Je n'ai pas d'autre option que de tuer ce monstre ou de mourir et je peux vous assurer que je n'ai pas l'intention de croupir dans un coin en attendant que mon heure vienne! Il est hors de question que je laisse Voldemort gagner sans m'être battu jusqu'au bout, mais toute la bonne volonté de la terre ne changera rien au fait que j'ai besoin d'aide. Il a une armée de créatures toutes plus dévastatrices les unes que les autres alors il est clair que je n'y arriverai pas seul.
-…
-Vous comprenez pourquoi je veux aller voir les géants, maintenant? Ce n'est pas grave si ça ne fonctionne pas. Au moins, j'aurai essayé.
Lyra acquiesça. Adorabelle regarda Harry comme si elle le voyait pour la première fois. Elle sembla tiraillée entre l'idée de continuer d'argumenter et celle de jeter l'éponge. Finalement, elle sourit en secouant la tête.
-C'est fou comme tu me fais penser à James, dit-elle. Ton père serait très fier de toi s'il te voyait.
-Il aurait intérêt, dit Harry avec un sourire. C'est surtout pour le venger que je fais tout ça…
Lyra se sentit soudain très mal. Ces dernières semaines à Hunting Hollow avaient été une trêve des plus bénéfiques pour elle, mais à présent que les vacances étaient passées et que la réalité la rattrapait, ses problèmes reprenaient le dessus. Elle était toujours la fille de Voldemort et c'était toujours par la faute de ce « père biologique » que tant de vies avaient été détruites. Harry ne remarqua pas le trouble de son amie et, après avoir balayé la pièce d'un dernier regard afin de s'assurer qu'il ne lui manquait plus rien, il boucla son sac.
-Tu es prête Lyra? demanda-t-il. Tu as toutes tes choses?
-Euh…, fit Lyra en jetant un œil à ses affaires. Je crois qu'il me manque un truc…
-Si tu parles de ton soutien-gorge, il est dans la chambre qu'occupait Harry, dit Adorabelle d'un ton impassible. Quelqu'un l'a balancé sur le coffre à jouets, apparemment.
Devant l'air interloqué des deux adolescents, elle ajouta :
-Vos airs extatiques et vos disparitions fréquentes pour la chambre à coucher ne trompent personne. Je ne suis pas complètement stupide, vous savez?
Les joues d'Harry et de Lyra prirent une jolie teinte couleur cerise très mûre.
-Eh bien en fait, je parlais de ma brosse à dent, dit Lyra après un moment. Mais je…je vais aller faire un petit tour pour voir si je n'aurais pas oublié…autre chose.
Elle s'éclipsa aussitôt. Harry fit mine de s'intéresser à une fiente qui venait d'atterrir sur la fenêtre du salon et lorsque, au bout de cinq minutes, il releva la tête, sa marraine le fixait de ses grands yeux violets.
-Promets-moi que vous serez prudents, dit-elle d'une voix tremblotante.
Harry marmonna qu'il connaissait déjà toutes les précautions et qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter.
-Je parlais des géants, dit Adorabelle.
-Ah, euh, oui, balbutia Harry. Je le savais.
Il ne fut pas fâché de voir Lyra revenir avec ses bagages intégraux.
-Et comment comptez-vous vous y rendre? s'inquiéta Adorabelle alors qu'ils ajustaient leurs capes.
-En balai, répondit Harry.
-QUOI? fit Lyra en se retournant brusquement.
-Tu ne pensais tout de même pas que nous irions jusque dans les montagnes à la marche?
Lyra grogna quelque chose qui signifiait essentiellement que ce serait un miracle si elle survivait aux géants et au voyage. Harry sentit que le peu de patience qui lui restait allait l'abandonner sous peu.
-Mais en balai, commença Adorabelle d'un ton anxieux, n'est-ce pas dangereux?
-Non, soupira Harry. C'est même plus sécuritaire là-haut que sur la terre ferme, à mon avis.
-Bon, fit Adorabelle, résignée. J'imagine que quoi que je puisse rajouter, rien ne pourra te dissuader?
-Je bien peur que ce soit exact, grommela Lyra. Il est têtu comme une mule.
Harry ne sut s'il devait rire ou se fâcher. Adorabelle eut un rire nerveux, puis elle les serra tous deux dans ses bras.
-Faites très attention à vous! dit-elle. Soyez vigilants!
Les paroles de Maugrey revinrent à l'esprit de Harry : « VIGILANCE CONSTANTE! »
-Et Lyra, n'oublie pas… ne jamais…
-Quitter des yeux son objectif, acheva Lyra. Je n'oublierai pas.
Les quelques leçons de magie sans baguette que lui avaient données Adorabelle étaient encore fraîches dans l'esprit de Lyra.
-Et Harry, dit Adorabelle, je voudrais que tu gardes très précieusement ceci.
Elle sortit de la poche de sa robe un minuscule chalumeau noir aux gravures dorées et le tendit à Harry.
-Ne souffle dedans qu'en cas d'extrême urgence! recommanda Adorabelle. Aucun son n'en sortira, mais si tu es en danger on pourra facilement te localiser.
-« On »? releva Harry d'un air interrogateur.
-Les services Secrets, répondit Adorabelle. En temps normal ils ne s'occupent pas de simples fugues d'adolescents mais ne t'en fais pas, j'y veillerai.
Puis, voyant l'air abasourdi d'Harry et de Lyra, elle ajouta :
-Je travaillais pour la S.S.S, les Services Secrets Sorciers, dans mes plus belles années. J'étais en charge de la sécurité des espions, c'était moi qui répondais aux appels d'urgence et qui dirigeais les équipes de secours. Je devais être plutôt efficace car mon bureau est toujours là. Artagus, le directeur, m'a dit que la porte était toujours ouverte et que je pouvais reprendre mes fonctions quand je le voudrais.
Adorabelle eut un sourire bref et leva ses yeux violets empreints de nostalgie sur le chalumeau qui tenait Harry.
-Il appartenait à Sirius, révéla Adorabelle en pointant l'objet. Ça ne lui a jamais servi. C'était l'un des meilleurs espions que la S.S.S ait jamais eu sous son aile.
C'était trop de révélations d'un coup pour Harry.
-La S.S.S? fit-il, éberlué. M…mais…comment se fait-il que je n'en aie jamais entendu parler?
-Tout simplement parce que les services Secrets tiennent à garder secret ce qu'ils font, dit Adorabelle avec un sourire. Seuls les sorciers ayant des compétences magiques de niveau très élevé connaissent l'existence de la S.S.S, car dès l'obtention de leur diplôme, les services tentent de les recruter.
-Mais Dumbledore est le plus grand sorcier du monde et…
-Évidemment, Dumbledore connaît la S.S.S, l'interrompit Adorabelle. Il a simplement refusé d'y travailler. Ceux qui refusent sont bien entendus voués au secret. Par exemple ton père, qui préférait chasser les mages noirs.
-Mon père était un Auror?
Etre Auror était la seule carrière à laquelle Harry ait jamais pensé. Sachant que son père en était un, son ambition n'en fut que plus vive.
-Et ma mère? voulut savoir Harry.
Personne ne lui avait jamais dit ce que faisaient ses parents.
-Elle était en formation pour être médicomage à Ste Mangouste, lui apprit Adorabelle. Remus entreprenait d'entrer au ministère dans le département de contrôle et régulation des créatures magiques, il souhaitait faire changer les lois concernant les loups-garous et les vampires. Nous avions tous beaucoup d'ambition dans notre petite bande, soupira tristement Adorabelle. Rien pourtant ne s'est passé comme nous l'avions prévu.
-En quoi consistaient les missions de la S.S.S? demanda Lyra d'un ton curieux.
-Oh, toutes sortes de choses, dit Adorabelle d'un ton évasif. Espionner les ministres étrangers, les clans ennemis et autres gens importants… Au fait, motus tous les deux, hein? Je n'arrive pas à croire que je viens de trahir un secret d'état!
-On ne dira rien, juré! dit Lyra.
-Je n'ai pas vu le département de la S.S.S quand je suis allé au ministère l'an dernier, remarqua soudain Harry.
-Les services Secrets ne sont pas affiliés avec le ministère. Le ministre connaît notre existence, mais il n'est au courant de rien en ce qui concerne les missions et ceux qui y participent. Tout cela me manque beaucoup, vous savez… je crois que le temps est venu de reprendre ma place.
Adorabelle les regarda tous deux gravement. Elle prit la main de Harry et replia ses doigts sur le petit chalumeau.
-Je veillerai sur vous, dit-elle. S'il arrive quoi que ce soit… vous n'avez qu'à siffler.
-Ce n'est pas le genre de mission auquel la S.S.S veille habituellement, n'est-ce pas? dit Lyra.
-Ne t'en fais pas, dit Adorabelle en souriant. Artagus ne me refusera jamais rien, je lui ai sauvé la peau trop souvent.
Harry rit et glissa le chalumeau dans la poche de sa cape, avant de jeter un œil au ciel obscure.
-Nous devons partir maintenant, pendant qu'il fait encore nuit, annonça-t-il. Comme ça, on diminuera les risques de se faire repérer.
Adorabelle acquiesça et les serra à nouveau dans ses bras.
-Merci pour tout, dit Harry lorsqu'elle eut relâché son étreinte.
-Oui, ajouta Lyra. De nous avoir hébergés, d'avoir gardé le secret et tout ça…
-C'est à moi de vous remercier, dit Adorabelle. Grâce à vous, je revis.
Le ciel était d'encre et seuls les rayons de la pleine lune permirent à Harry et Lyra de descendre les escaliers sans trébucher. Harry sortit son Éclair de Feu, le cœur gonflé de joie à l'idée de voler à nouveau sur son balai. Il y avait des mois qu'il n'avait ni joué au Quidditch, ni trouvé le temps de s'entraîner. Lyra enfourcha le balai derrière Harry et se cramponna à lui comme un noyé à une bouée de sauvetage. L'Éclair de Feu s'éleva dans les airs après l'habituel coup de pied au sol et Adorabelle, qui les observait du seuil de la porte, devint un petit point clair au loin. Harry lui envoya la main une dernière fois – Lyra ne se sentait pas le courage de détacher sa main de la cape de Harry à laquelle elle s'agrippait fermement – et s'engagea à nouveau sur le chemin sinueux d'une périlleuse aventure.
Dans quel pétrin vont-ils encore se fourrer, ces deux inconscients?
